V.G.

La proximité entre Coptes, l'Eglise la plus nombreuse des "Chrétiens Orientaux" séparés depuis le IVème siècle, et Orthodoxes a été montrés au cours d'un débat précédant (commentaires 4 & 8 en particulier). De plus les Coptes sont en premières ligne dans les attaques contre la Chrétienté et leur avenir nous concerne donc directement. Le site chrétien d'actualité "La Vie " (1) publie les portraits des trois favoris pour l'élection du prochain pape d'Alexandrie dont les différences me semblent très importantes pour l'avenir de cette Eglise-sœur (les titres sont dans l'article d'origine):


EGYPTE: 14 CANDIDATS A LA PAPAUTE

Le porte-parole de l'Eglise copte-orthodoxe aux Etats-Unis a déclaré dimanche que le nombre de candidats à la succession du pape Shenouda III était de 14 jusqu'à présent. L'élection se tiendra en septembre, après un processus complexe dont l'actuel intérimaire du siège, Anba (Mgr) Bakhomious, a reconnu qu'il devrait probablement être simplifié par le prochain pape. Il a en outre déclaré que lui-même, malgré les appels de membres éminents de la communauté, ne se présenterait pas.

Parmi les favoris à l'élection, un trio de tête se dessine déjà.

Le premier est l'évêque délégué à la jeunesse, le très populaire Anba Moussa, 74 ans, chirurgien de formation avant d'entrer au monastère. Les puristes lui reprochent sa famille protestante, mais ses qualités de négociateur, son image consensuelle et sa forte influence sur la jeunesse copte sont des atouts importants. Depuis qu'il s'occupe des jeunes, il a favorisé la création de plusieurs commissions avec et pour eux: le Groupe pour la Participation Patriotique, afin d'inciter les jeunes coptes à s'investir dans la vie publique égyptienne, en partenariat avec des associations de jeunes musulmans; le Groupe pour le développement culturel, qui œuvre à la pérennité de la culture copte; et le Groupe Economique, qui vise à favoriser l'émergence d'entreprises dans la communauté. Dès le début de la révolution égyptienne, il s'était fendu de deux tribunes dans la presse pour soutenir la révolte du 25 janvier 2011, avant même la chute de Moubarak.

Le second est Anba Bishoy, actuel secrétaire du Saint-Synode, âgé de 70 ans. Il représente l'aile radicale de l'Eglise. Après un diplôme en génie mécanique, il est ordonné prêtre au monastère de la Vierge Marie. Son influence sur l'Eglise est considérable; il est le seul à pouvoir intervenir, comme cela s'est passé plusieurs fois, lorsque des problèmes surviennent dans des diocèses dont il n'est pas le titulaire. Il jouit d'une solide réputation de théologien, bien qu'il n'ait aucun diplôme. Chargé de l'œcuménisme, il s'est taillé une réputation d'intransigeance, en qualifiant notamment les mariages entre coptes et évangéliques "d'adultères". Du côté des relations avec l'islam, il ne s'est pas fait que des amis non plus, en déclarant par exemple que l'Egypte était copte et que les musulmans n'y étaient qu'invités, ou en critiquant certains versets du Coran Soutien déclaré du fils de l'ex-dictateur, Jamal Moubarak, il n'a jamais eu un mot de soutien pour la révolution.

Le troisième est le plus jeune, Anba Youanis, qui n'a que 52 ans. Lui aussi chirurgien, il est devenu le secrétaire, l'ami et le confident du dernier pape Shenouda III. Célèbre pour sa dévotion mariale, il est devenu l'emblème des "Koiak midnight praises", les liturgies nocturnes du mois marial de Koiak qu'il célèbre avec ferveur, il a également une réputation de grande humilité. Il entretient de solides relations avec des membres important du gouvernement actuel, ce qui peut se révéler un atout précieux. La rumeur court qu'un moine du monastère de Saint-Paul aurait prophétisé son accession au siège pontifical après Shenouda.

Natalia Trouiller - publié le 02/05/2012
(1) "La Vie "

Rédigé par Vladimir GOLOVANOW le 2 Mai 2012 à 10:53 | 8 commentaires | Permalien