Encore adolescent, il lut les fameux "Récits d’un pèlerin russe", publiés anonymement à la fin du XIXe siècle
JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD, JOURNALISTE, ÉCRIVAIN ET ESSAYISTE

Dans ces colonnes, le 27 juillet dernier, j’évoquais un récent voyage en Russie avec les Amis de La Vie, et combien nous avait frappés ce spectaculaire retour au christianisme, après trois quarts de siècle d’un régime athée et hostile à la religion orthodoxe. Les nombreux messages reçus m’ont amené à dialoguer avec un frère catholique hors du commun. Serge ­Grandais se présente lui-même comme un « pèlerin de Dieu ».

Né en 1942, il a passé 40 années de sa vie à sillonner le monde à pied. Au départ, il s’agissait de lutter contre un asthme précoce. Puis tout changea. Encore adolescent, il lut les fameux "Récits d’un pèlerin russe", publiés anonymement à la fin du XIXe siècle, l’un des chefs-d’œuvre de la tradition orthodoxe.

Cette lecture bouleversa le jeune garçon. Elle lui révéla les vertus proprement spirituelles de la marche – des vertus qu’appréciait Charles Péguy. Les déambulations de Serge, devenu frère Serge, devinrent vite d’authentiques pèlerinages. « Le pèlerin, dit-il aujourd’hui, est un chercheur de sens, pour lui et pour les autres. »

Encore adolescent, il lut les fameux "Récits d’un pèlerin russe", publiés anonymement à la fin du XIXe siècle
Ceux de Serge furent si nombreux que je n’en citerai que quelques-uns. Compostelle en 1979, quand ce n’était pas encore à la mode ; marche vers l’Ukraine en 1994 ; sur les traces du Nantais Urbain Guillet, refondateur de l’abbaye cistercienne de Bellefontaine, en 2009 ; équipée de 2 500 km, de Tours à ­Szombathely, en Hongrie, sur le chemin de saint Martin (né au IVe siècle).

Plus récemment, frère Serge a cheminé seul en Russie et dans les pays baltes. Deux longues marches accomplies par ce septuagénaire en 2007 et 2011, l’une de 1000 km et l’autre de 700.

Elles ont donné naissance à un livre saisissant : Un pèlerin en Russie (Saint-Léger productions), publié à l’automne 2016. Non seulement sa lecture m’a arraché à mon train-train, mais, de proche en proche, elle m’a incité à aller un peu plus avant dans cette initiation à la riche tradition orthodoxe.

Mon été fut donc assez largement occupé par ces lectures. Celle des Récits d’un pèlerin russe, cité plus haut, à laquelle s’est ajouté un bref volume contenant trois récits inédits, mais aussi celle d’un gros ouvrage de l’archimandrite Sophrony, Saint Silouane l’­Athonite (1866-1938). Vie, doctrine, écrits (Cerf). Silouane fut l’un des grands starets (sages) du mont Athos. On lui doit notamment une exhortation passée à la postérité : « Tiens ton âme en enfer et ne désespère pas. » SUITE

Encore adolescent, il lut les fameux "Récits d’un pèlerin russe", publiés anonymement à la fin du XIXe siècle

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 6 Septembre 2017 à 17:51 | 0 commentaire | Permalien



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