L’Église orthodoxe en France aujourd'hui
V.G.
De 175 à 500 000 Orthodoxes en France?

Il est très difficile de dénombrer les Orthodoxes en France car, contrairement à des pays comme l'Allemagne ou les Etats Unis, il n'y a pas statistiques publiques recensant l’appartenance religieuse (le dernier recensement officiel date de 1872 et il est interdit de poser cette question) et, comme les chiffres sont faibles, toujours inférieurs à 1% de la population, il n'est pas possible de se baser sur des sondages. De plus il n'y a pas de définition universellement admise et le concept le plus généralement appliqué considère comme Orthodoxes les personnes baptisées et chrismées dans l'Orthodoxie. Cette définition est en partie discutable, puisque parmi ces personnes là certains ont pu changer de confession ou de religion, ou s'éloigner vers une irréligiosité actuellement très répandue, voire décéder sans être pris en compte.

C'est néanmoins la seule approche qui puisse permettre d'obtenir des données numériques vérifiables, en s’appuyant sur les chiffres donnés par les paroisses, et les différents experts qui interviennent sur ce sujet doivent évidement croiser et corriger ces données. Les résultats que donnent trois études sérieuses que nous connaissons varient cependant du simple au triple comme je le dis en titre de ce chapitre.

- L'intéressante étude globale sur le Christianisme dans le monde faite par The Pew Research Center, dont nous avons déjà parlé, estime à 370 000 le nombre des "Orthodoxes" chalcédoniens et non-chalcédoniens. Eu égard à l'importance de l'Eglise arménienne et des autres "Chrétiens historiques" (1), les Orthodoxes chalcédoniens représenteraient environ la moitié de ce chiffre soit 175 000.

- Le très officiel Rapport Machelon de 2006 (1), auquel participait Monsieur Jean-François COLOSIMO, professeur à l’Institut de théologie Saint-Serge, et qui auditionna Monseigneur EMMANUEL, président de l'AEOF, évalue les membres de l’Église orthodoxe à 300 000.

- Enfin "l'Annuaire de l’Église Orthodoxe de France" (2) écrit dans l'introduction à sa nouvelle édition (octobre 2013): "alors qu’à la fin du XIXe siècle, on estimait à 20 000 le nombre d’orthodoxes en France, ce nombre, en 1990, était évalué à 200 000. Aujourd’hui, suite aux récents apports d’une immigration diversifiée, la France compterait de 400 000 à 500 000 baptisés orthodoxes". Il ne donne pas de précision sur la méthode qui permet d'avancer ces chiffres…

Il serait certainement possible d'aller plus loin en faisant une enquête auprès des clercs et des paroisses: cela pourrait faire l'objet d'un mémoire de sociologie parrainée par l'AEOF…

Orthodoxie diversifiée et adaptée
(D'après l'introduction à "l'Annuaire de l’Église Orthodoxe de France" cité ci-dessus)

L’Église Orthodoxe en France, s’est structurée à partir des différentes vagues d’émigration, provenant de pays majoritairement orthodoxes. Ce sont principalement l’émigration russe dans les années 1920, et grecque après 1922, qui ont entraîné un afflux de fidèles nécessitant la création de paroisses et de diocèses. Puis il y eu le vagues successives de la fin du XXe siècle qui démultiplièrent les juridictions. Ces nouveaux fidèles viennent de l’ancienne Union Soviétique, de Roumanie, des pays issus de l’ancienne Yougoslavie, et du Moyen-Orient. A ces fidèles d’origine étrangère s’en ajoute un nombre croissant d’origine française, ayant découvert la foi dans l’Église orthodoxe.

L’origine nationale des fidèles explique qu’une bonne partie des paroisses utilisent, dans les célébrations, la langue liturgique de leurs « Églises-mères » : grec, slavon, roumain, serbe, géorgien, arabe.

Toutefois, le nombre de communautés utilisant le français dans la liturgie et la catéchèse est en croissance continue. C’est en 1927 à Paris, que fut créée la première paroisse de langue française : la paroisse de la Transfiguration et de Sainte Geneviève, confiée au père Lev Gillet. D’autres communautés suivirent, très minoritaires pendant longtemps. Depuis les années 1970, de nouvelles paroisses francophones ont vu le jour, non seulement à Paris, mais sur l’ensemble du territoire. Elles sont devenues majoritaires aujourd’hui, répondant aux besoins pastoraux de fidèles français, mais aussi des enfants et petits-enfants d’immigrés, de plus en plus intégrés à la société française.

On compte en France environ 240 paroisses, une bonne vingtaine de communautés monastiques, deux écoles de théologie, des organisations comme la Fraternité Orthodoxe, et de nombreux mouvements de jeunesse. Les prêtres et les diacres, au nombre d’environ 300, sont en majorité mariés et exercent le plus souvent une activité professionnelle.

Les paroisses se regroupent en diocèses dépendant de patriarcats situés en Europe Orientale ou au Moyen-Orient. Pour institutionnaliser les relations des diocèses ayant juridiction en France, un Comité Interépiscopal orthodoxe fut créé en 1967, dont l’une des missions était de permettre aux juridictions canoniques d’adopter des positions communes dans les relations œcuméniques. En 1997, lui a succédé l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (A.E.O.F), instance de concertation entre évêques. Pour les problèmes communs, elle assume le rôle de porte-parole de l’épiscopat orthodoxe en France. A cette date sont membres de « l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France » :
- Le métropolite Emmanuel,
- l'archevêque Job., de l’Exarchat Russe, (tous deux dépendant du patriarcat de Constantinople) ;
- l’évêque vicaire Ignace du patriarcat d'Antioche ;
- l'archevêque Nestor du patriarcat de Moscou ;
- l'évêque Luka du patriarcat de Serbie ;
- le métropolite Joseph
- l’évêque vicaire Marc du patriarcat de Roumanie ;
- l'archevêque Michel de l'église Russe hors frontières-patriarcat de Moscou
- et enfin, le métropolite Abraham du patriarcat de Géorgie.


Les communautés ressortissant des Églises de Bulgarie et d'Ukraine dépendent d'évêques résidant à l'étranger. Chaque laïc orthodoxe, s’il veut être authentiquement orthodoxe, est censé être rattaché à l’une des paroisses ou communautés dépendant de l’un des membres de « l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France », eux-mêmes membres du synode de leur patriarcat respectif.

Et des Eglises non-canoniques comportent des groupes plus ou moins importants et ne dépendent aucunement d’un patriarcat orthodoxe.

A ce sujet, l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France met en garde contre l’utilisation abusive du nom d’Église Orthodoxe : « L’ecclésiologie orthodoxe est une ecclésiologie de communion qui se manifeste dans l’unité de la foi et du calice, attestée par la succession apostolique et la conciliarité des évêques. Concernant la France, les Églises orthodoxes canoniques sont représentées par tous les évêques qui sont membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Elle seule est habilitée à manifester l’unité et la canonicité de l’Église orthodoxe dans ce pays. En conséquence, toute personne se prétendant « évêque orthodoxe » sans être en communion avec ladite Assemblée ne peut se prévaloir d’un statut canonique orthodoxe en France. L'Assemblée des Évêques Orthodoxes en France tient donc à mettre en garde les personnes dont la bonne foi pourrait ainsi se trouver surprise et déclare que la responsabilité de l’Église orthodoxe en France ne saurait être aucunement engagée par les activités ou les déclarations de toute personne ou de tout groupe n’étant pas en communion avec elle ».

C’est seulement par son appartenance à une communauté sous la juridiction d’un évêque canonique que le fidèle participe à la plénitude de l’enseignement et de la vie de l’Église. Comme le dit l’archimandrite Placide Deseille, l’Église « demeure une, représentée par toutes les Églises locales, qui demeurent en communion entre elles et avec les grands patriarcats et centres de communion ecclésiastiques restés fidèles à la foi orthodoxe. C’est pourquoi nous devons tenir à cette communion ecclésiastique comme à la prunelle de nos yeux, nous devons avoir la passion de cette unité dans l’Église ».

Une orthodoxie ouverte
(D'après Olivier CLÉMENT, extrait de "L'Orthodoxie en France", 24 mai 2001)

Après des années d'incertitude liées à l'affaiblissement biologique de l'émigration russe, une relève se précise maintenant avec une pléiade d'hommes jeunes dont -signe des temps -aucun n'est d'origine russe. [...]

L'avenir reste précaire, comme le souligne la situation en province. Les prêtres manquent, ou sont insuffisamment formés. [...] Paradoxalement, dans une Eglise qui met si fortement l'accent sur la vie liturgique, beaucoup de paroisses de la province plus lointaine n'ont qu'une liturgie eucharistique par mois, ne parviennent pas à disposer d'un chœur, manquent de toute catéchèse (J.-C. Roberti, op. cit., p. 196). Seuls, le renforcement et l'action vraiment commune de l'Assemblée des évêques pourront remédier à cette situation.

Mais le véritable problème pour les orthodoxes en France est de parvenir à se situer, aussi bien par rapport aux Eglises dont ils sont originellement issus que par rapport aux traditions culturelles et religieuses de la France.

Globalement, en ce qui concerne le premier aspect du problème, on peut dire que ce que l'on a appelé, d'une manière vague et commode, "l'école de Paris" a su unir le sens de la Tradition et celui d'une libre recherche, a su mettre au service de l'orthodoxie les vertus Intellectuelles de l'Occident. Cette "école" a compris la situation nouvelle des chrétiens dans une société sécularisée et, loin d'avoir peur ou de maudire, elle a vu dans cette situation l'appel à une foi plus consciente, plus personnelle, discrètement rayonnante. . [...] Plus largement, c'est bien d'une telle orthodoxie que nous sommes amenés à porter témoignage, au moment où tant d'Eglises locales accentuent l'autocéphalisme, le ritualisme et la xénophobie.

Référence:
(1) Cf.: Rapport Machelon de 2006 "Les chrétientés historiques (environ 750 000 personnes)connaissent un élargissement notable, tout en gardant une représentation éclatée. À l’Église orthodoxe (estimée à 300 000 membres), et à l’Église apostolique arménienne (même ordre de grandeur), il faut ajouter les fidèles que comptent les diverses Églises orientales indépendantes ou unies à Rome (copte, syriaque, chaldéenne, maronite, etc.)."

(2) Cet remarquable annuaire édité par le monastère de Cantauque est une resource unique pour l'Orthodoxie française. Il comprend:
- Une carte des lieux de culte orthodoxe en France (45 x 55 cm)
- La présentation de l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France.
- Les évêchés des différentes juridictions
- La liste des 220 lieux de culte, par départements et par juridictions.
- La liste des 300 prêtres et diacres et leurs coordonnées.
- Les monastères et les écoles de théologie.
- Les mouvements, les institutions et les médias.
- Les librairie et les ciergeries
- La liste des clercs aumôniers
- Les ateliers de chant liturgique et d’iconographie.
- Séminaire orthodoxe russe - Maison Sainte-Geneviève

La communauté orthodoxe moldave dispose désormais d’une église qui lui est propre dans le XVI arrdt de Paris
Le site officiel de l’Eglise orthodoxe russe existe désormais en langue étatique de la République Moldave

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Janvier 2014 à 10:42 | 24 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Tchetnik le 10/01/2014 11:21
La seule méthode qui pourrait être simple et avoir un début de sérieux serait de prendre un groupe de paroisses de toutes juridictions, d’en étudier les chiffres de fréquentation, de les recroiser avec les registres et de les extrapoler à l’ensemble des paroisses en France. Méthode qui atteindrait très vite ses limites du reste, compte tenu de la grosse différence entre les cathédrales qui accueillent entre 100 et 300 personnes pour les fêtes et certaines paroisses qui ne comptent que 4 personnes…Une telle méthode risque d’être prétexte à ne prendre en compte que les cathédrales, en oubliant qu’elles demeurent de exceptions en fréquentation (exceptions pourtant déjà pas si brillants que cela) et qu’elles connaissent un turnover de passage très important, plus même que ceux qui sont inscrits.

Enfin, la seule étude sérieuse prendrait beaucoup de temps, demanderait de consulter tous les registres paroissiaux, de les comparer, de les recouper (et ces registres sont souvent introuvables) et d’étudier en plus la fréquentation réelle de toutes les églises sur une période d’au moins un an. Cette méthode serait la seule capable de fournir un chiffre significatif, mais elle prend du temps et des moyens.

2.Posté par Vladimir.G le 10/01/2014 18:45
Il ne faut rien exagérer. On pourrait s'inspirer de la méthodologie des études de Alexei Krindatch aux USA (http://www.orthodoxreality.org/) et commencer par adresser un questionnaire aux 300 clercs et 240 marguilliers répertoriés dans l'annuaire... Traiter environ 500 questionnaire n'est pas terrible et on aurait déjà une meilleur vision pour envisager d'aller plus loin...

Ce qui manque, c'est la volonté de faire...

3.Posté par Irénée le 10/01/2014 20:29
Les remarques et propositions de Tchetnik sont justes. Il me semble cependant qu'à partir de nombre de paroisses et lieux de culte, on doit pouvoir s'approcher d'un chiffre raisonnable...
Si nous prenons 250 lieux (paroisses et monastères), avec une moyenne de 40 personnes par lieu (de 20 à 60 fréquentant régulièrement ce lieu, nous arrivons à 10 000. En majorant ce chiffre en tenant compte des "cathédrales" (pas si nombreuses !) et de certaines grosses paroisses, nous arrivons tout au plus à un chiffre qui se situerait entre 12 000 et 15000.
Par expérience personnelle, il me semble que l'on peut estimer que "gravitent autour de chaque église des personnes orthodoxes (amis, famille, compatriotes...) et également des personnes qui viennent faire baptiser leurs enfants, se marier, ou solliciter le prêtre pour les funérailles, ou à Pâques.
Ce chiffre peut être estimé à 4 ou 5 fois le nombre de paroissiens réguliers.
Nous aurions ainsi entre 48 000 et 75 000 "fidèles" ayant, à des niveaux divers, une relation avec une communauté paroissiale.
Les 500 000 personnes évoquées dans l'article de référence existent peut-être... mais il ne me semble pas sérieux de les prendre en compte.... tout au moins si on s'intéresse à la vie de l'Eglise, et pas à des approches ethno-sociologiques.

4.Posté par Alexandre le 11/01/2014 08:07
Le chiffre de 500 000, même s'il peut rassurer certains, ne reflète pas la réalité.
C'est un peu comme les 64% de français qui se déclarent catholiques mais ne sont que 4.5% à se rendre à la messe tous les dimanches, une belle blague.
S'il y a entre 175 000 et 500000 orthodoxes chalcédoniens et en prenant un taux de pratique plus élevé que les catholiques (difficile de faire pire en même temps, mais avec la politique de nos évêques on peut s'attendre au pire), prenons 10% de pratiquants (et je suis généreux), on se situe entre 17 500 et 50 000 pratiquants réguliers, ce qui n'est pas brillant surtout si l'on penche vers les 17 500...
Ce qui expliquerait aussi pourquoi il est difficile d'avoir une étude sérieuse, vu les résultats on peut comprendre que certains préfèrent continuer à entendre le mythe des 500 000 voire 800 000 orthodoxes durer le plus longtemps possible pour ne pas remettre en cause leur choix de rester attaché à du folklore ethnoculturel et à leur carrière au dépend de l'évangélisation.
S'il l'on compare à la croissance des évangéliques, qui sont passés de 45 000 à 500 000 en 60 ans, il devrait y avoir au moins 2 millions d'orthodoxes en France actuellement dont près de la moitié de pratiquants réguliers et convertis, mais nos évêques en ont décidé autrement.

5.Posté par Tchetnik le 11/01/2014 09:31

Le questionnaire adressé directement aux prêtres est une bonne idée.

Surtout que les registres, quand ils existent, ce qui n'est pas toujours le cas, ne sont pas toujours remplis comme il le faudrait. Dans certains pays, quand le prêtre est aussi officier d'État Civil, la chose est un peu plus aisée et fiable.

Un questionnaire aurait le mérite de s'adresser aux personnes qui, d facto, ont la meilleure vue d'ensemble et possèdent les données les plus fiables de la fréquentation réelle des églises, même si ces données peuvent rester un peu approximatives.

En étant très optimiste, en comptant à la fois les paroissiens provenant du fond d'origine et le turnover (en général majoritaire) qui l'accompagne, à 300 personnes en moyenne par paroisse, les occasionnels, on arrive à un chiffre de 75000-80000 Orthodoxes réguliers. Chiffre qui demeure aléatoire et très optimiste.

La comparaison entre les registres des inscrits et le nombre réel des assistants est souvent très instructive. La plupart des inscrits sont fantômes.

6.Posté par Vladimir.G le 14/01/2014 12:14
"Les 500 000 personnes évoquées dans l'article de référence existent peut-être... mais il ne me semble pas sérieux de les prendre en compte.... tout au moins si on s'intéresse à la vie de l'Eglise, et pas à des approches ethno-sociologiques."

Il y a plusieurs points à souligner concernant les tentatives de dénombrer les orthodoxes:

- Le chiffre 400-500 000 donné, au conditionnel, par l'annuaire du monastère de Cantauque est celui qui provient au plus du terrain: les auteurs ont pris la peine de répertorier communautés et clercs, et leurs déduction concernant les fidèles résultent de cette enquête. Je pense qu'ils sont plus proches de la réalité que ceux qui n'enquêtent qu'au niveau des juridictions ou font des extrapolations à partir d'évaluations personnelles…

- J'ai pris bien soin de préciser qu'il s'agit lé, à mon sens des "personnes baptisées et chrismées dans l'Orthodoxie". Je suis d'accord avec les commentateurs qu'il ne s'agit pas de pratiquants réguliers: j'en connais beaucoup qui ne vont à l'église qu'à Pâques, voire uniquement aux "BME" (baptêmes, mariages, enterrements :-)) et considèrent l'Eglise comme un service dû. Faut-il néanmoins s'en désintéresser? Ne sont-ils pas justement ces brebis égarées dont le Bon Pasteur s'occupe en priorité (Mt XVIII,12-13 et Lc XV,3-7)? Nombre d'entre eux sont d'ailleurs prêts à répondre quand on les appelle…

- Concernant les "bonnes brebis" il me semble impossible de les comptabiliser en France sans faire une enquête ciblée et toute évaluation générale reste fantaisiste. On peut en fait les classer en différentes catégories: il y a ceux qui sont inscrits dans une paroisse et fréquentent l'église plus ou moins régulièrement et il y a ceux qui ne sont pas inscrits mais communient tous les dimanches … etc.

Je vais prendre l'exemple concret de notre petite paroisse lyonnaise: nous avons une liste de plus de 150 familles qui reçoivent nos informations (cela représente prés de 350 personnes, enfants compris). Moins de la moitié cotise à la paroisse, moins d'une centaine de personnes viennent +/- régulièrement à nos offices mensuels: nous avions plus de 75 personnes à Noël et prés de 200 à Pâques. Là il y avait des inconnus et quelques-uns se sont inscrits, mais en fait nous avons des nouveaux pratiquement chaque mois…

Je pense que ces 400-500 000, qui comptent beaucoup de nouveaux arrivants comme l'indique le texte (200 000 en 1990… suite aux récents apports d’une immigration diversifiée), sont la cible privilégiée de notre témoignage comme le précise par exemple Mgr Nestor dans sa dernière interview.

7.Posté par Tchetnik le 14/01/2014 16:16
""Faut-il néanmoins s'en désintéresser?""

-S'en désintéresser, non,

Mais les éduquer certainement.

Sous peine de les voir transformer l'Église n simple couleur folklorique superficielle et de voir leurs enfants s'en éloigner, comme cela s'est déjà produit pour des dizains de milliers d'entre eux.

Certains "Chrétiens Orthodoxes" ne semblent comptabilisés dans les chiffres qu'en vertu de leur origine ethnique et du présupposé religieux qui l'accompagne.

Les "nouveaux arrivants" ne sont pas tous Chrétiens Orthodoxes, il s'en faut de beaucoup. Parmi ceux qui le sont, bon nombre n'ont aucune formation ni culture spirituelle, ce qui pose un grave problème.

8.Posté par Irénée le 14/01/2014 16:38
Je ne voudrais pas insister, mais il me semble illusoire, et d'une certaine manière dangereux de vouloir s'accrocher à des chiffres ne reflétant pas la réalité.
Nous aurions avec ce chiffre de 400-500 000 personnes, plus de 2000 personnes par paroisse ! ce qui me semble totalement délirant !
Quiconque fréquente les paroisses en France observe bien la fréquentation. Même en prenant le chiffre proposé par Vladimir pour le jour de la fête de Pâques, nous sommes à 10% du chiffre avancé.
Chacun d'entre nous a l'occasion en marchant dans les rues de nos villes d'entendre parler russe, géorgien ou roumain dans l'autobus ou au restaurant, mais pour autant ces personnes ne sont pas mobilisées pour participer à une vie paroissiale !
C'est un peu comme si on disait qu'avec 36 000 français vivant en Chine, on avait une communauté de 20 000 catholiques ! C'est sans doute statistiquement vrai, mais cela ne correspond pas à la réalité !

9.Posté par Vladimir.G le 15/01/2014 17:54
Bien cher Irénée.

Vous ne semblez vous intéresser qu'aux "bonnes brebis": ceux qui "fréquentent les paroisses" et dont, à mon sens, aucune évaluation sérieuse n'est envisageable en France sans faire une enquête directe. Toutes les études que je cite semblent par contre comptabiliser "toutes les brebis", que l'article défini comme "les personnes baptisées et chrismées dans l'Orthodoxie", concept dont il précise bien les limites: "parmi ces personnes là certains ont pu changer de confession ou de religion, ou s'éloigner vers une irréligiosité actuellement très répandue, voire décéder sans être pris en compte," et on pourrait trouver d'autres biais… Faute de mieux c'est le seul outil que nous avons actuellement…

En repartant de notre petite paroisse où, comme je l'écris, nous identifions donc actuellement environ 350 personnes dont 100 viennent régulièrement (mais jamais tous ensemble!) et 200 sont venues à Pâques en 2011-22012 (dont un certain nombre de non inscrits… Je ne prends pas en compte 2013 car nous étions ensemble avec une autre paroisse…). Mais si on essaye de compter les personnes qui ne paraissent qu'aux BME et les baptisés et chrismés "dormants", en se fondant sur quelques familles que nous connaissons, nous pouvons facilement tripler le nombre d'Orthodoxes identifiés et nous arrivons donc à 950-1000. Notre paroisse ne représente certainement pas la moyenne: nous avons subi une scission il y a 5 ans, nous n'avons pas de prêtre sur place et aucune activité en dehors d'une Liturgie mensuelle; aussi votre chiffre de 1800-2000 en moyenne, soit le double de notre petite paroisse, ne me choque pas et aboutit bien à cette fourchette haute des estimations de 400-500 000. Mais je n'ai aucune certitude là-dessus et j'aimerais bien savoir comment les spécialistes du monastère de Cantauque ont fait leurs calculs car, comme je l'indique clairement dans l'article, les autres évaluations sont 2 ou 3 fois plus basses…

Et je suis bien d'accord avec Tchetnik que nous devons "éduquer" tous ces Orthodoxes "dormants". D'après mes estimations il y en a 9 pour 1 peu ou prou actif. Et là aussi je serais d'accord avec les critiques adressées à nos paroisses: bien peu d'efforts sont faits en ce sens!

10.Posté par Daniel le 15/01/2014 22:35
Pour éduquer les orthodoxes dormants, il faut établir le contact avec eux, mais comment le faire s'ils ne viennent qu'aux baptêmes, mariages et enterrements, en les considérant souvent comme des événements mondains. Cela doit faire 2 heures par an au plus... Il faudrait penser à d'autres formes de communication, aller vers eux plutôt qu'attendre qu'ils viennent. C'est peut-être l'occasion de penser à d'autres formes ministères... comme des visites à domicile par des laïcs ou que sais-je...

11.Posté par Vladimir. G: L'ÉGLISE UKRAINIENNE EN BRETAGNE le 15/08/2015 20:18
L'ÉGLISE UKRAINIENNE EN BRETAGNE

Bienvenue à la paroisse orthodoxe ukrainienne St Nicolas à Languidic (Morbihan).
Renseignements - informations: Mme Zoya Delerm-Shapkina (tel.:+33(0)6 98 85 1404, ascuegorukr@gmail.com), et père Ilarion (tel.: +33(0) 387 690752, jkeim@free.fr)

Cette jeune communauté s'est constituée il y a quelques mois et l'association cultuelle a été déclarée le 10 avril 2015 en préfecture. Les célébrations se déroulent presque tous les mois depuis le début de l'année dans la chapelle Notre-Dame-des- Fleurs de Languidic, prêtée par le recteur de la paroisse, le père Raphaël, avec la bénédiction de l'évêque. Cette chapelle, un bijou gothique flamboyant, a été construite à partir de 1451 et restaurée et agrandie aux 18e et 19e siècles.

L'office se déroule essentiellement en ukrainien et slavon, avec aussi des ectenies en français car les paroissiens sont essentiellement des Ukrainiens, des Russes et des Géorgiens qui trouvent ainsi une célébration dans leur langue d'origine et dans leurs traditions. Il y a aussi des Français qui ont trouvé leur foi en orthodoxie.

Je remercie Mme Zoya Delerm-Shapkina, présidente de l'Association orthodoxe du Morbihan, qui nous a donné des informations sur l’histoire de la création de la paroisse. Native de Kharkiv, de père russe et de mère ukrainienne, mariée à un Français et vivant en France depuis 2009, elle n'avait pas trouvé de paroisse orthodoxe plus proche que Quimper (85 km, 50 mn. en voiture, voir plus loin). En été 2014 elle a commencé à rassembler quelques coreligionnaires de la région et à organiser cette nouvelle paroisse: la première Liturgie fut ainsi célébrée le 21 décembre 2014. Chaque Liturgie mensuelle rassemble une trentaine de participants, pour la plupart arrivés durant les dernières décennies. Les Ukrainiens sont les plus nombreux et ils sont fixés dans la région, comme les Russes, alors que les Géorgiens qui arrivent en deuxième position pour le nombre, sont pour la plupart en attente d'un statut de réfugié politique.

LA TROISIEME JURIDICTION DU PATRIARCAT DE CONSTANTINOPLE EN FRANCE?

Le célébrant est le père hiéromoine Ilarion de "l'Eglise Autocephale orthodoxe Ukrainienne en diaspora” (http://www.uaoc-diaspora.com/index.htm), que je remercie pour son interview téléphonique. Ce Lorrain de 64 ans, né Jean-François Keim dans une famille catholique, a découvert la liturgie byzantine dans sa jeunesse grâce aux nombreux gréco-catholiques ukrainiens déportés d'Ukraine occidentale par les Allemands pour travailler dans les mines et les usines de Lorraine. Il a ensuite trouvé l'Orthodoxie et a été ordonné diacre (1982) puis prêtre (1983). Il est actuellement recteur de la paroisse ukrainienne St André-le-Premier-Appelé à Châlette-sur-Loing (Loiret), prêtre desservant de l'église de la Sainte-Trinité-Saint-Nicolas à Nilvange (Moselle, Archevêché "de Daru") et il concélèbre tous les mois à St Nicolas du Port (Meurthe-et-Moselle), devant la relique de Saint Nicolas de Mire, avec le père Nicolas Nikichine, directeur du centre de pèlerinage du diocèse de Chersonèse. Il vient donc maintenant presque tous les mois célébrer à Languidic et pense à s'installer en Bretagne car à Nilvange comme à Châlette le besoin pastoral se réduit du fait du vieillissement de la population et des prêtres de paroisses proches (respectivement Metz et Paris) peuvent couvrir ses besoins, alors que l'afflux de nouveaux migrants orthodoxes en Bretagne ouvre un grand champ de mission pour l'Église. Il insiste beaucoup sur le besoin que ressentent ces migrants de retrouver des offices dans leur langue de prière et dans la tradition slave à laquelle ils sont attachés et que lui-même apprécie beaucoup, en tous les cas plus que les différentes traductions francophones adaptées avec plus ou moins de bonheur!

Le père Ilarion dépend de l'archevêque Jean Derewianka qui réside en Belgique. Ce diocèse comprend une trentaine de paroisses en Europe occidentale (Royaume Uni, Allemagne, Belgique et France) et Océanie (Australie et Nouvelle Zélande). Il y a deux autres paroisses dans notre pays, à Paris 19e (6 rue de Palestine, 75019) et à Chalette-sur-Loing (16, rue Gaston-Jaillon, Vésines), qui existent depuis les années d'après-guerre. L'archevêque Jean ne participe pas ni à l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (AEOF) ni à aucune assemblée épiscopale des pays où se trouvent ses paroisses et ne fait que bien peu de communication extérieure...

"LE DIOCESE UKRAINIEN DU PATRIARCAT DE CONSTANTINOPLE", dont se réclame officiellement l'association cultuelle dans sa déclaration, est donc la 3ème juridiction de ce patriarcat en France, avec la "Métropole grecque orthodoxe de France” (http://www.metropolegrecque.fr/) et "l'Archevêché des églises russes en Europe occidentale" (www.exarchat.org/).

Cette Église tient ses racines du baptême de la Rus de Kiev par St Vladimir (988) et, plus près de nous, elle est issue de l'Eglise autonome des provinces occidentales ukrainienne d'avant-guerre qui faisaient alors partie de la Pologne: lorsque Constantinople reconnut en 1921 l'autonomie de l'Eglise orthodoxe de Pologne, comme héritière de la métropole de Kiev dont le rattachement à Moscou en 1686 fut déclaré non canonique (Eglise déclarée autocéphale en 1924 et reconnue par Moscou en 1948), une église autocéphale (UOAC) fut aussi proclamée en Ukraine occidentale. Supprimée lors de l'invasion par l'Armée Rouge (1939), rétablie sous l'occupation allemande (1941-44), son épiscopat qui est resté vivant émigrât en 1944 et se rallia aux diocèses orthodoxes ukrainiens de l'émigration, essentiellement en Amériques.

Après la réimplantation de l'OUAC en Ukraine à partir de 1990, les diocèses de la diaspora s'organisèrent en deux Églises autonomes, des USA et du Canada, qui furent pris sous l'omophore de Constantinople en 1995. L'archevêque Jean dépend de celle des USA (Ukrainian Orthodox Church of the USA, http://www.uocofusa.org/), dirigée depuis 2013 par le métropolite Antoine (John Scharba) et qui comprend un autre évêque, Mgr Daniel (Volodymyr Zelinsky), Président du Consistoire.

LE GRAND MANQUE D'INFORMATION SUR LES COMMUNAUTÉS ORTHODOXES

Il existe vraiment un problème d'information sur l'Orthodoxie en France: Mme Zoya Delerm-Shapkina nous a dit qu’en 2009 elle n'avait pas trouvé d'église orthodoxe dans le Morbihan. Une petite église orthodoxe a pourtant été construite fin 2014 à 12 Km de Languidic (à Ti Sant Gweltaz, au Luidic près de Locmaria sur la commune de Quistinic exactement, cf. http://orthodoxologie.blogspot.fr/2014/12/aide-pour-une-eglise-orthodoxe-en.html) par la Fraternité Orthodoxe Saint-Martin-le Miséricordieux et Sainte Marie- la-Nouvelle (de Paris) avec la bénédiction du Métropolite Joseph (diocèse de l'Église de Roumanie). Mais cette communauté-là, tout comme la communauté orthodoxes ukrainienne de Languidic, sont inconnues des annuaires orthodoxes et des moteurs de recherche. Le site http://orthodoxesenbretagne.blog.free.fr/public/html/paroisses_AEOF.htm, par exemple, recense 10 paroisses orthodoxes en Bretagne, mais aucune dans le Morbihan, et le site de la métropole Roumaine (http://www.mitropolia.eu/fr/site/184/) ne semble pas en connaitre non plus…

Et je me permettrais de faire un vœu: que l'AEOF fasse de cette information une priorité afin que chaque Orthodoxe puisse rapidement et facilement trouver les paroisses canoniques les plus proches !

12.Posté par Irénée le 17/08/2015 16:48
Cher Vladimir,
Merci pour vos informations sur l'orthodoxie en Bretagne.
Mais vous me semblez faire preuve de beaucoup d'impatience...

L'association n'existe que depuis 4 mois, et les célébrations liturgiques n'ont pas encore pris un rythme régulier. De plus, le prêtre desservant semble encore habiter en Moselle si je vous ai bien lu !!

On ne peut pas reprocher aux différents annuaires et sites de n'avoir réagi avant que cette jeune communauté n'ai vraiment pris son envol et sa vitesse de croisière.
Quant à leurs voisins "roumains", vous devriez vérifier sérieusement si cette communauté fonctionne !

13.Posté par justine le 17/08/2015 20:10
Cette Eglise ukrainienne de la diaspora semble plutot etre du cote des schismatiques, en tout cas elle a pris clairement position contre la Russie et donc contre le Patriarcat de Moscou.
Voir le site de la branche canadienne: http://www.uocc.ca/en-ca/news/euromaidan/.

Selon leur notice historique http://www.uocc.ca/en-ca/about/history/ ces Ukrainiens etaient a l'origine des Uniates et ils ont cree de maniere peu canonique leur propre eglise uniate au Canada: ("Ukrainian Greek Orthodox Church of Canada UGOCC, portant ce nom au moins jusqu'en 1985. Puis de maniere mysterieuse le G disparait du nom et il ne reste que que UOCC, Ukrainian Orthodox Church of Canada, laquelle est recue en 1990 par le Patriarcat de Constantinople.

A noter que les emigrants ukrainiens orthodoxes rejoignaient d'habitude la Mission russe en Amerique et non pas ce groupe uniate.

14.Posté par Daniel le 17/08/2015 21:32
@ Justine

De toute façon, les groupes ukrainiens sont souvent plus religieux que politiques, et ce, même quand ils sont "canoniques".??

15.Posté par Tchetnik le 17/08/2015 21:39
A quand une énnième "paroisse" pour les Gagaouzes, les Caréliens et autres Tchoutchmeks...

16.Posté par Vladimir. G: des précisions sur l''''Orthodoxie au Morbihan le 17/08/2015 23:36
Bien chers Irénée et Justine,

Je vous remercie de votre intérêt pour ma petite publication. Je pense que donner des nouvelles des paroisses orthodoxes en France devrait être une priorité pour chacun de nous et je m'y emploi du mieux que je peux. Mais je regrette que les paroisses ne fassent pas plus d'effort pour se faire connaitre et qu'il n'y ait pas un blog ou site qui centralise ce type d'information et permette de s'y retrouver…


17.Posté par Irénée le 18/08/2015 15:52
Merci Vladimir, MAIS ENCORE UNE FOIS il me semble souhaitable de laisser un peu de temps... Et de ne pas publier trop de choses avant que la communauté n'ai commencé sa vie liturgique de manière stable et régulière.

Il aurait aussi pu être intéressant que vous étendiez votre petite enquête aux autres paroisses de la région. Les fidèles d'une nouvelle communauté viennent le plus souvent de quelque part ! Et en province la création de nouvelles paroisses peut aussi fragiliser les communautés déjà existantes.

Quant au Blog dont vous souhaitez la création, il devrait vérifier soigneusement les informations et le sérieux des projets dont il est question.... Justine nous a bien informé de l'histoire un peu tortueuse de certains groupes ukrainiens !

18.Posté par Vladimir. G: Reprise des offices le 04/10/2015 20:43
Bien cher Irénée,

Vous serez certainement heureux d'apprendre que les offices de la paroisse St Nicolas à Languide reprennent ce mois-ci après la pause estivale...

19.Posté par Irénée le 04/10/2015 23:00
Ce n'est plus une pause estivale, ce sont des grandes vacances !
Et je regrette que vous n'ayez pas donné suite à mon conseil d'appeler les paroisses canoniques de la région. Il me semble qu'une information de qualité se doit d'être au moins un peu vérifiée...

20.Posté par Vladimir.G: nouveau site Web pour la paroisse orthodoxe russe de Bordeaux le 02/12/2015 15:23
nouveau site Web pour la paroisse orthodoxe russe de Bordeaux

La paroisse orthodoxe russe St Sérafim-de-Sarov (Patriarcat de Moscou) fonctionne à Bordeaux toute l'année. Tél. 09 81 17 47 96 Recteur: Archiprêtre Père Innokenti Viaud: 05 53 60 97 98/06 . Il y a aussi un diacre.

Les offices liturgiques se déroulent à l'église Sainte-Germaine, 15, rue François Xavier 33520 Bruges, donné à la paroisse par la congrégation catholique Ste. Marthe (le site francophone du diocèse est bien en retard sur ce point!)

La paroisse vient de se doter d'un nouveau site en russe (http://egliserusse-bordeaux.fr/) et les informations en français sont disponible sur https://sites.google.com/site/cercledetudesrusses/informations-culturelles/paroisse-orthodoxe-russe-a-Bordeaux

21.Posté par Vladimir.G: Nilvange : l’église orthodoxe derrière la porte du garage le 26/12/2015 17:33
Nilvange : l’église orthodoxe derrière la porte du garage

C’est une chapelle discrète mais bien vivante. Depuis plus d’un siècle, les fidèles de la communauté russe orthodoxe entretiennent et préservent les traditions de leur Eglise à Nilvange; dédiée à la sainte Trinité et à saint Nicolas, elle accueille chaque mois une trentaine de fidèles venus de toute la région.

Un dôme en fer forgé surmonté d’une croix byzantine marque l’entrée au milieu d’une longue rangée de garages, rue de Verdun à Nilvange. L’église orthodoxe russe de la ville n’a rien d’un bâtiment tape à l’œil. Mais depuis près d’un siècle, elle reste l’un des rares lieux de culte russe orthodoxe en Lorraine et accueille toujours un office mensuel.

« Mais pourquoi une église orthodoxe russe à Nilvange ? On me pose toujours la question », sourit Boris Loukatcheff. Le représentant du conseil paroissial raconte avec passion les hasards de l’Histoire qui ont vu naître l’église nilvangeoise au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Alliée de la France durant la Grande Guerre, l’armée russe reste fidèle au tsar après la révolution bolchévique de 1917. En 1918, à la fin des combats, ces troupes ne seront pas rapatriées en Russie mais demandent l’asile à leurs alliés, dont la France. « Beaucoup de soldats russes sont restés à Paris, Nice ou Cannes… », explique ainsi Boris Loukatcheff. Si une poignée d’officiers rejoint aussi la vallée de la Fensch, c’est par un autre hasard de l’Histoire. « Le directeur de la SMK (Société métallurgique de Knutange) avait épousé la fille de l’ambassadeur de Russie. Il a ainsi fait venir un noyau d’officiers à Nilvange et leur a donné du travail à l’usine. » Cette petite communauté russe s’installe dans des baraquements au Konacker et c’est là qu’est créée la première église. « Elle aura trois autres adresses », sourit Boris. Né à Nilvange, lui-même sera baptisé dans la seconde : rue des Vosges. « Dans les années 1930, c’est une église en dur construite en même temps que le dispensaire mis à disposition de la communauté russe. »

Les reliques de saint Nicolas

Ce n’est qu’en 1946 que l’église orthodoxe emménage rue de Verdun, à Nilvange. « La SMK voulait récupérer le bâtiment de la rue des Vosges pour y installer une crèche. Elle nous a, en contrepartie, attribué cinq cellules de garage. »

Tous les objets du culte orthodoxe – dont une très belle iconostase (la cloison de bois peinte séparant le sanctuaire où se tient le prêtre de la nef de l’église) – tous "faits main" par les membres de la communauté ont été réinstallés et préservés depuis, comme le lieu soigneusement entretenu par une communauté désormais plus discrète. « Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté russe de Nilvange a été divisée par deux. Staline ayant promis l’amnistie, beaucoup sont retournés en Russie. » Reste les descendants de cette première génération - « nés ici, nous avons tous épousé qui un Italien, qui une Polonaise, qui une Française… », sourit Boris Loukacheff – mais ils ont fait en sorte de perpétuer les traditions. La Saint-Nicolas, saint auquel est dédiée l’église, attire notamment les fidèles qui, conformément au calendrier grégorien du culte orthodoxe, la célèbrent le 18 décembre. À cette occasion, depuis quelques années, l’église orthodoxe de Nilvange accueille les reliques de saint Nicolas – transférées de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port – et s’ouvre à une cérémonie œcuménique.

Sans attendre l’année prochaine, la chapelle orthodoxe mérite ainsi plus qu’un coup d’œil. Une bonne résolution pour 2016 : guetter les Journées du patrimoine. Si on lui demande, Boris Loukacheff se fera un plaisir de raconter encore, en direct, l’histoire du lieu et des rites orthodoxes.

Lucie BOUVAREL.

Article et photo: http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2015/12/26/nilvange-l-eglise-orthodoxe-derriere-la-porte-du-garage

22.Posté par Vladimir.G: A Toulouse Notre-Dame des Sables : réhabilitation orthodoxe le 22/01/2016 18:07
Notre-Dame des Sables : réhabilitation orthodoxe

Discrète, située en bordure du chemin de Boudou (chemin du Bon Dieu )et à hauteur de la rue Carnot, la chapelle Notre-Dame des Sables de Launaguet connaît depuis déjà quelques semaines d'importants travaux de réhabilitation, de mise aux normes actuelles et de sécurisation. Une résurrection pour ce lieu de culte resté inutilisé pendant 8 ans et désormais occupé par la paroisse orthodoxe roumaine de Toulouse, «La Protection de la Mère de Dieu» qui utilisait depuis 2008 l'église Saint-Antoine à Toulouse.

Notre-Dame des Sables est désormais louée par le diocèse catholique pour un montant symbolique et dans le cadre d'un bail de très longue durée, 30 années au moins. Construite par un particulier dans cette zone maraîchère au tout début des années 1960, elle avait été acquise par le diocèse catholique en 1980. D'abord église de quartier, elle était par la suite devenue lieu de pèlerinage paroissial annuel jusqu'en 2007, avant sa mise en sommeil.

Nombreux ont été les Launaguétois à s'arrêter dès lors devant le chantier ouvert cet été avant de se déclarer satisfaits de ce que l'église reste un lieu de culte plutôt qu'elle ne fasse place à un immeuble ou un commerce. Le nécessaire urgent ayant été paré, la vie paroissiale régulière de cette communauté orthodoxe a été inaugurée par son évêque, Mgr Marc Alric, le 24 octobre dernier. Les travaux d'aménagement, d'adaptation et d'embellissement de la chapelle et de ses abords sont d'ailleurs toujours en cours.

Rappelons que l'orthodoxie (Église d'Orient) est une confession chrétienne, sœur jumelle du catholicisme (Église d'Occident) et que l'église orthodoxe compte quelque trois cents millions de membres dans le monde dont la majorité vit en Europe Orientale et du Nord, le long du littoral nord-est de la Méditerranée et au Proche Orient.

À ce jour, la paroisse ouvre ses portes le dimanche : l'office commence à 8 h 30 et se poursuit par la liturgie à partir de 10 heures.

Église Notre-Dame des Sables

185 Chemin de Boudou, 31140 Launaguet. Bus ligne 26 Arrêt Carnot ou ligne 61 Arrêt Moulis. Répondeur/Fax : 09 72 13 32 87
La Dépêche du Midi http://www.ladepeche.fr/article/2016/01/22/2261047-notre-dame-des-sables-rehabilitation-orthodoxe.html

Commentaire de VG: toujours l'aide inestimable de l'Église catholique: " louée par le diocèse catholique pour un montant symbolique et dans le cadre d'un bail de très longue durée, 30 années au moins..."

23.Posté par Vladimir.G: L'Orthodoxie dans la Sarthe le 14/02/2016 15:59
En Sarthe, la communauté orthodoxe, qui est l'une des principales confessions chrétiennes, compte environ 250 personnes. Outre la paroisse du Mans (métropole grecque, http://www.metropolegrecque.fr/2011/10/visite-de-la-paroisse-de-la-nativit%C3%A9-du-christ-au-mans.html, site inaccessible), qui célèbre son culte dans la crypte de l'église Saint-Benoît, les fidèles connaissent bien le monastère Saint Silouane ("Le Maine libre" 14.02.2016).

Le monastère orthodoxe de Saint-Mars-de-Locquenay (Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale)a été fondé le 1 août 1990 par le Père Syméon, prêtre de la paroisse parisienne Notre Dame Joie des Affligés, avec la bénédiction de son Père spirituel et celle de l’archimandrite Sophrony, disciple de Saint Silouane. La communauté était alors constituée du fondateur et de deux novices. Une ancienne ferme abandonnée va être restaurée progressivement en bâtiments conventuels. La grange sera transformée en église principale. Une seconde église en crypte, permettra à la communauté d’y célébrer les offices de semaine. La cour deviendra le jardin d’agrément.(http://www.monastere-saint-silouane.eu/Saint_Silouane/Accueil.html; Visite du monastère sur [http://www.lemainelibre.fr/en-images/saint-mars-de-locquenay-visite-au-monastere-orthodoxe-saint-silouane-photos-13-02-2016-154531].)

24.Posté par Vladimir.G:surreprésentation des "convertis" parmi les paroissiens actifs, les moines et le clergé orthodoxe. le 22/12/2016 19:41
Une information venant de Bretagne (http://www.lepenthievre.fr/2016/12/21/portrait-sylvain-baron-sera-ordonne-lecteur-de-l-eglise-orthodoxe/) nous apprend la bénédiction de deux lecteurs. Si l'un peut être d'origine grecque (Théophile Vladis), le Plaintelais Sylvain Baron est un "convertis"* et raconte sa conversion dans l'article. Cet évènement illustre un côté qui peut sembler paradoxal de la situation de l'Orthodoxie en France: la surreprésentation des "convertis" parmi les paroissiens actifs, les moines et le clergé orthodoxe.

En effet, toutes les études disponibles, et encore la dernière en date sur l'Allemagne (http://www.religion.info/2016/12/20/allemagne-un-panorama-des-eglises-orthodoxes-et-orientales/), confirment l'évaluation du père Serge Model: "environ 1% des orthodoxes des pays concerné" (http://archiepiskopia.be/content/biblio/fr/Model/MissionOrthoBelg.pdf). Par ailleurs, toutes les études disent aussi que "moins de 10% des Orthodoxes recensés sont des pratiquants réguliers" mais, par expérience, je peux dire que si cette affirmation se vérifie pour les Orthodoxes issus de l’émigration, qui constituent comme on l'a vue 99% des recensés, elle ne s'applique pas du tout aux "convertis" dont la pratique régulière approche 100%. Et cela se comprend puisque, pour eux, l'Orthodoxie est un véritable choix de vie et non la manifestation d'une appartenance culturelle comme c'est majoritairement le cas pour les immigrés et leurs descendants. Cette différence de pratique explique la présence visible des "convertis" dans les paroisses, où ils forment souvent le noyaux dur des paroissiens actifs, alors que les paroissiens issus des différentes émigrations et quel que soit le nombre de générations nées en France, restent largement majoritaires mais se rangent en deux catégories: un petit noyau d'actifs, souvent anciens et qui gardent l'administration des paroisses, et un grand nombre de paroissiens irréguliers. Du fait de cet engagement important, il n'est étonnant que les "convertis" soient aussi fortement présents parmi les moines et les clercs dans les principales juridictions orthodoxes.

On doit toutefois regretter qu'aucune étude ne soit malheureusement disponible pour mettre des chiffres en face de ces constatations.

25.Posté par Baron Sylvain le 17/01/2017 17:18
Bonjour,
J'ai pris connaissance de votre article N°24 posté le 22/12/2016 sur votre site. Celui-ci ne reflète pas exactement la réalité. En effet, Il me semble important de préciser que je ne suis pas un converti au sens où vous l'expliquez mais plutôt une personne qui a rencontré et découvert un Dieu aimant et plein de miséricorde.

Quand je suis arrivé à l'abbaye Royale de St Michel de Bois Aubry près de Luzé dans l’Indre et Loire (en 1980), je n'avais aucune expérience de Dieu et je n'étais pas baptisé, donc j'étais libre. Mes parents ne sont pas des croyants et plutôt à l’opposé. C'est donc "neuf" que je suis entré dans cette abbaye où j'ai vu et pris conscience de la lumière, celle qui est entrée en moi et qui depuis me soutient. Des personnes (entre autre un oblat nommé Jean Marot) ont pris le temps de me parler, de m'écouter et peu à peu, tout ado que j'étais, j'ai pris conscience de quelque chose de plus grand que moi. Il a fallu beaucoup de temps pour que je décide de me baptiser et je l'ai fait à 33ans. Ensuite, j'ai encore pris du temps pour découvrir cette foi naissante. Puis, dans le cadre de mon travail, je suis arrivé sur St Brieuc (terre de mes ancêtres) où dans l'église de Plerin - le Sépulcre (Chapelle du St Esprit), j'ai rencontré le Père jean Michel Sonnier qui a été indispensable pour que ma foi se pose et se développe. Peu à peu, j'ai eu la grâce de pouvoir aider notre église où j'ai trouvé depuis une place.

Je rends également grâce une fois de plus aux paroissiens qui m'ont accepté comme j'étais, avec mes défauts et mes qualités et Dieu sait que j'ai des défauts. Bientôt, j'entrerai dans ce ministère avec crainte et je prie Dieu de me pardonner. Maintenant pourquoi l'église orthodoxe?? Et bien je n'en sais rien. Jésus est venu me chercher où j'étais et comme j'étais au moment où j'en avait le plus besoin, c'est tout. Je rendrai grâce toute ma vie à cette église qui m'a accueilli, où j'ai fait cette rencontre qui a changé ma vie. Je suis conscient que le travail est encore long mais je sais par dessus tout qu'il est là, quelque part autour de nous et qu'il nous aime tellement que nous ne pouvons pas lui dire non, il faut juste ouvrir son cœur.

Seigneur Jésus apprends moi encore à ouvrir mon cœur car je suis tellement humain.

26.Posté par Vladimir G: Noël orthodoxe à Annecy le 18/01/2017 10:10
Merci beaucoup bien cher Sylvain pour les précisions que vous apportez sur votre itinéraire vers l'Orthodoxie (25).

J'utilise le terme "convertis", entre "", dans le sens que lui donne le père Serge Model (http://archiepiskopia.be/content/biblio/fr/Model/MissionOrthoBelg.pdf), "ces Occidentaux de souche» devenus orthodoxes", par opposition à la grande masse des Orthodoxes issus de l'émigration (parfois à la 3ème ou 4ème génération...). Comme je l'explique dans mon post, ces deux populations se distinguent tant par la pratique générale que par l'accès au sacerdoce et vous faites clairement partie de la première ...

27.Posté par L'EGLISE ORTHODOXE EN BELGIQUE des origines à nos jours le 05/02/2017 18:44
L'EGLISE ORTHODOXE EN BELGIQUE
des origines à nos jours

L'Eglise orthodoxe en Belgique, comme dans les autres pays occidentaux, se trouve dans une situation que l'on a pu qualifier de "paradoxale" ; alors que nombre de nos contemporains manifestent un certain intérêt vis-à-vis de l'Orthodoxie, sa spiritualité, son esthétique liturgique ou iconographique, … et que l'Eglise orthodoxe a été reconnue en 1985 par l'Etat belge comme culte officiel (au même titre que les cultes catholique, protestant, anglican, israélite et musulman), on peut constater un manque de connaissance évident, non seulement parmi la population environnante, mais souvent parmi les orthodoxes eux-mêmes, des destinées de celle-ci. Il convenait, dès lors, de tenter d'en donner un aperçu.

Suite de ce passionnant article du père Serge Model sur http://archiepiskopia.be/old/Fra/bibliotheque/Model/orthbelg.htm

Le père Serge donne beaucoup de précisions sur l'Orthodoxie en Belgique, qui est de fait aussi diverses qu'en France car issue des mêmes phénomènes migratoires; ils n'élude pas la question statistique, aussi complexe qu'en France, en donnant des sources:
"6. Données statistiques
On estime généralement qu'aujourd'hui, la Belgique compte entre 70.000 et 80.000 chrétiens orthodoxes [39] , soit moins d'un pour cent de la population. Certains vont jusqu'à avancer le chiffre de 100.000 fidèles, mais cela paraît excessif. En l'absence de tout recensement dans ce domaine, l’évaluation reste de toute manière assez imprécise.

Dans cet ensemble, la communauté grecque [40] constitue l’écrasante majorité (sans doute près des deux-tiers). Elle est suivie, par ordre d'importance, par les Russes ou assimilés, les Ukrainiens, Biélorusses ou Polonais, les Roumains, les Bulgares, les Serbes, les Géorgiens et enfin les Belges ou autres Occidentaux "convertis", tant francophones que néerlandophones. Ces derniers sont estimés à un millier environ.

Quant au nombre de lieux de culte, il y en a aujourd’hui une quarantaine, de types divers (paroisses, chapelles, monastère), répartis sur tout le territoire belge . Ceux-ci sont desservis par cinq évêques résidents dans le pays, 40 prêtres et 11 diacres, appartenant à diverses communautés."

Il est bien regrettable qu'il n'y ait pas d'étude de ce niveau en France...

28.Posté par Vladimir G: le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera-t-il en une génération? le 13/07/2017 12:19
« A ce rythme, on est fondé à estimer qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement,» écrit Christophe Levalois dans un excellent article très bien documenté qui livre un tableau historique et actuel de l'Orthodoxie en France (https://fr.aleteia.org/2017/07/07/lorthodoxie-en-france-dhier-a-aujourdhui/). Ce pronostic est fondé sur la parution de "l’Annuaire 2017 de l’Église orthodoxe" (http://www.monastere-cantauque.com/annuaire-orthodoxe.html) qui compte en France "environ 280 paroisses, une bonne vingtaine de communautés monastiques, trois écoles de théologie, des organisations comme la Fraternité Orthodoxe, et de nombreux mouvements de jeunesse."

Je voudrais souligner et confirmer la progression spectaculaire de l'Orthodoxie en France depuis la guerre et les changements entre les juridictions:

- Comme le dit l'article la métropole roumaine qui est largement en tête: alors qu'elle n'avait qu'une paroisse avant la guerre, celle de Paris dont il est question dans l'article elle en compte 91! Le schisme qui avait frappé la juridiction après la guerre a été résorbé en 2009 et cette réunification fait certainement partie du dynamisme de cette Église dont l'aspect patriotique est particulièrement marqué! C'est clairement à cette juridiction que nous devons l'essentiel de la croissance du nombre d'Orthodoxes en France.

- passé en seconde position "Daru" décline très nettement: d'une bonne centaine de paroisse en 1946 elle se retrouve à moins de 60 communautés ...

- La métropole grec a plus que doublé sur cette période, passant d'une quinzaine de paroisses à plus de 30 communautés aujourd'hui, et s'affirme spirituellement avec les méthoques athnonites dont le rayonnements spirituel est incontestable bien au delà de la communauté grecque...

- Le nombre de communautés du diocèse de Chersonèse a quintuplé depuis la guerre, atteignant maintenant 69 (dont 24 en France) alors que l'Église russe à l'étranger a perdu des plumes du fait des schismes entre 2000 et 2007, passant sous la barre des 10 communautés (contre une quinzaine avant-guerre...)

- Si le diocèse serbe a perdu des paroisses récemment, sa progression reste spectaculaire: je n'ai pas trouvé mention d'aucune paroisse serbe avant guerre (si quelqu'un trouve l'information contraire j'en serais heureux!) Il a en particulier ramassé plusieurs paroisses ECOF après l'éclatement de cette structure en 2001.

- Les juridictions moins importantes - antiochienne, bulgare, géorgienne... montrent aussi la progression et la diversité de l'Orthodoxie en France: partant de zéro, elles rassemblent plusieurs dizaines de paroisses qui démontrent l'attachement des Orthodoxes de France à leurs Églises d'origine. Ainsi le cas de l'unique paroisse du patriarcat de Géorgie est typique: elle a été fondée en opposition avec une paroisse géorgienne qui existe de longue date mais se trouve dans la juridiction grecque (Constantinople) ...

- Les juridictions non canoniques enfin, qui tentent souvent d'acculturer l'Orthodoxie en France avec des rites plus ou moins folkloriques, soulignent aussi la diversité de l'Orthodoxie et servent souvent de sas au Français de souche pour rejoindre l'Orthodoxie sans choisir au départ une juridiction attachée à des racines culturelles bien spécifiques. Ainsi nombre de paroisses de l'ancienne ECOF (Église Catholique Orthodoxe de France) ont rejoint différents diocèses canoniques alors que se multiplient les Églises Orthodoxes "des Gaules", "Celtique", "Française" ou "de France"...

Si l'on excepte ces juridictions marginales, l'essentiel de ces paroisses est toujours fondé par et pour les émigrés, même si la langue liturgique est même si la langue liturgique est maintenant majoritairement le français, et je partage la conclusion de l'article cité: "les défis /de l'Orthodoxie en France/ concernent la poursuite de l’enracinement local et de la coopération entre les différentes paroisses et diocèses, l’intensification du dialogue avec les autres confessions chrétiennes ainsi que les différentes traditions religieuses, mais aussi avec l’ensemble de la société."

29.Posté par Vladimir G: nouvelle église russe de Chypre ? le 13/07/2017 14:33
PS: pour les curieux. Dans alteia.fr, l'article de Christophe Levalois sur "L’orthodoxie en France : d’hier à aujourd’hui" est curieusement illustré par la photo de la nouvelle église russe de Chypre située à Episkopi (15 Km à l'est de Limasol.) ...

30.Posté par Vladimir G: la nouvelle cathédrale russe de Paris le 14/07/2017 10:19
PPS: toujours pour les curieux. Le site orthodoxie.com, qui publie l'intégralité de l'article (lien), a préféré remplacer la photographie de la nouvelle église russe de Chypre par celle de la nouvelle cathédrale russe de Paris... Une sorte de reconnaissance de cette cathédrale longuement par une bonne part des Orthodoxes russes parisiens! orthodoxie.com ne cite pas la publication de fr.Alitea.org, pourtant antérieure à la sienne...

31.Posté par Vladimir G: la nouvelle cathédrale russe de Paris le 14/07/2017 15:15
Encore un mastique! J'en suis vraiment désoléé Il faut lireÈ

Une sorte de reconnaissance de cette cathédrale longuement attaquée par une bonne part des Orthodoxes russes parisiens!

32.Posté par Vladimir G: "France : présence de l’Église orthodoxe." Par Religioscope le 19/08/2017 13:15
France : présence de l’Église orthodoxe

Par Religioscope, 18 août 2017

Publiée au printemps 2017, une nouvelle édition de l'Annuaire de l'Église orthodoxe en France permet d'avoir une vue d'ensemble de l'implantation actuelle des juridictions orthodoxes et des paroisses orthodoxes dans ce pays. Il existe aujourd'hui en France des paroisses relevant du Patriarcat de Constantinople (Métropole grecque, Exarchat des églises de tradition russe [cathédrale de la rue Daru] et Archevêché ukrainien d'Europe occidentale), du Patriarcat d'Antioche, du Patriarcat de Moscou (Evêché russe de Chersonèse et Archevêché russe hors frontières [siège à Genève]), du Patriarcat de Serbie, du Patriarcat de Roumanie, du Patriarcat de Géorgie et du Patriarcat de Bulgarie. Dix évêques appartiennent à l'Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), établie en 1997. « On compte en France environ 280 paroisses, une bonne vingtaine de communautés monastiques, trois écoles de théologie », tandis que les prêtres et les diacres « au nombre de 330, sont en majorité mariés et exercent le plus souvent une activité professionnelle ». Même si l'immigration continue de marquer fortement la présence orthodoxe en France, l'introduction de l'annuaire précise que les paroisses francophones sont aujourd'hui majoritaires.

Une utile carte géographique accompagne l'annuaire. D'un seul coup d'œil, elle confirme les concentrations les plus fortes autour des trois plus grandes villes françaises (Paris, Lyon et Marseille), mais aussi dans les régions de Nice, de Strasbourg et de Lille. Il existe cependant encore une douzaine de départements français sans une seule communauté orthodoxe organisée. La carte permet également de constater la forte croissance de la présence du Patriarcat de Roumanie. Dans un utile article de synthèse sur l'histoire et la situation présence de l'Église orthodoxe en France, publié en juillet 2017 sur le site Orthodoxie.com, le P. Christophe Levalois note que la Métropole roumaine compte aujourd'hui le plus grande nombre de paroisses (91). Plus généralement, au rythme de progression actuelle (par rapport aux données des précédentes éditions de l'annuaire), le P. Christophe Levalois estime qu'il est raisonnable d'estimer « qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement ». Quant au nombre de fidèles, il est difficile de l'évaluer, car tout dépend de ce qu'on entend, selon qu'il s'agit d'une simple identification, d'une visite occasionnelle dans une église ou d'une pratique plus ou moins régulière. Le chiffre de 500.000 est avancé et pourrait correspondre à la réalité au sens large, mais « ceux qui se rendent régulièrement à une célébration [...] sont moins nombreux, sans doute plusieurs dizaines de milliers », estime le P. Christophe Levalois.

Assemblée des Évêques Orthodoxes de France, Annuaire de l’Église orthodoxe en France, Villebazy, Éd. Monastère de Cantauque, 2017.
Il peut être commandé directement auprès de l’éditeur (paiement par chèque):
http://monastere-cantauque.com/annuaire-orthodoxe.html
Il est également possible de le commander auprès de la Librairie du Monastère de la Transfiguration (paiement par Paypal, plus commode pour les personnes résidant en dehors de la France ou n’étant pas en mesure d’établir des chèques), qui est par ailleurs une bonne ressource pour des commandes de livres orthodoxes en langue française:
http://www.librairie-monastere.fr

P. Christophe Levalois, « L’Orthodoxie en France : histoire et situation présente », Orthodoxie.com, 12 juillet 2017
http://orthodoxie.com/lorthodoxie-en-france-histoire-et-situation-presente/

L’annuaire précité n’inclut bien sûr que les paroisses reconnues comme canoniques par l’AEOF, et donc en communion avec les patriarcats orthodoxes historiques. Comme le note l’annuaire, il existe en France un nombre assez important de groupes indépendants qui se désignent comme orthodoxes, sans être reconnus comme tels par l’AEOF, qui « met en garde contre l’utilisation abusive du nom d’Église orthodoxe ». Il existe une tentative en ligne de les répertorier:
https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1tybTqI1G2dbTy0VXkrKU8tj8rEw&hl=en_US&ll=
46.93390765398808%2C2.7610207000000173&z=6

Précisions sur l'Orthodoxie en France:
- C'est bien la métropole roumaine qui est largement en tête avec 91 communautés alors qu'il n'y en avait qu'une avant la guerre, celle de Paris, qui date de la fin du XIXe. Soulignons que le schisme qui avait frappé la métropole après la guerre a été résorbé en 2009 et cette réunification fait certainement partie du dynamisme de cette Église dont l'aspect patriotique est particulièrement marqué! C'est clairement à cette juridiction que nous devons l'essentiel de la croissance du nombre d'Orthodoxes en France.

- Le déclin de "Daru" est très net : d'une centaine de paroisse en 1946 elle se retrouve à moins de 60 communautés ...

- La métropole grec a plus que doublé depuis la guerre, passant d'une quinzaine de paroisses à plus de 30 communautés aujourd'hui, et le rayonnements spirituel des méthochion athnonites est incontestable bien au delà de la communauté grecque...

- Le nombre de communautés du diocèse de Chersonèse a quintuplé depuis la guerre, atteignant maintenant 69 (dont 24 en France) alors que l'Église russe à l'étranger a perdu des plumes du fait des schismes entre 2000 et 2007, passant sous la barre des 10 communautés (contre une quinzaine avant-guerre...)

- Si le diocèse serbe a perdu des paroisses récemment, sa progression reste spectaculaire: je n'ai pas trouvé mention d'aucune paroisse serbe avant guerre (si quelqu'un trouve l'information contraire j'en serais heureux!) Il a en particulier accueilli plusieurs paroisses ECOF après l'éclatement de cette structure en 2001.

- Les "petites" juridictions montrent aussi la progression et la diversité de l'Orthodoxie en France: partant de zéro, elles rassemblent une dizaine de paroisses qui démontrent l'attachement des Orthodoxes de France à leurs Églises d'origine. Ainsi le cas de l'unique paroisse du patriarcat de Géorgie est typique: elle a été fondée en opposition avec une paroisse géorgienne qui existe de longue date mais se trouve dans la juridiction grecque (Constantinople) ...

Ce sont les émigrés qui tirent toujours l'Orthodoxie en France et ce sont les juridictions les plus attachées à leurs racines culturelles qui montrent la plus grande progression. Cette affirmation doit toutefois être nuancée si on prend en compte les juridictions non canoniques: prés de 100 paroisses son recensées sur https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1tybTqI1G2dbTy0VXkrKU8tj8rEw&hl=en_US&ll=44.01795200000001%2C4.505187599999999&z=8 et là un grand nombre est d'entre elles est fondé par des Occidentaux de souche. Ce phénomène joue un rôle non négligeable dans la progression de l'Orthodoxie, d'autant que, dans de nombreux cas les fidèles finissent par rejoindre l'Orthodoxie canonique, individuellement ou par paroisses entières (cf. le cas ECOF signalé plus haut).

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