L'Orthodoxie et les mariages mixtes
Vladimir GOLOVANOW

«Si quelqu’un réprouve le mariage et dédaigne une femme fidèle et pieuse s’unissant à son mari, ou en désapprouve une autre comme ne pouvant entrer dans le Royaume de Dieu, qu’il soit maudit. Si quelqu’un de ceux qui gardent la virginité au nom du Seigneur vient à s’élever contre les personnes mariées, qu’il soit interdit de célébration». Canons 1, 9 et 10 du Concile de Gangre (date inconnue au milieu du IVe siècle)

"Pour le Chrétien, le mariage est bien plus qu’un simple contrat juridique, ou le moyen de perpétuer l’espèce et de satisfaire aux nécessités temporaires de la nature, il est, selon saint Jean Chrysostome, «le sacrement de l’amour», l’union éternelle des époux dans le Christ. Dès l’origine, les chrétiens ont marqué leur mariage de la bénédiction de l’Eglise et de la participation commune à l’Eucharistie, forme antique du sacrement du mariage.

«Ceux qui se marient doivent contracter leur union avec l’accord de l’évêque, afin qu’elle ait lieu dans le Seigneur et qu’ils ne se marient pas par concupiscence» écrivait le saint martyr Ignace le Théophore. Selon Tertullien, le mariage «affermi par l’Eglise, confirmé par le sacrifice [l’Eucharistie] est scellé par la bénédiction et enregistré dans le ciel par les anges». «Il est nécessaire d’appeler les prêtres et par des prières et des bénédictions d’affermir les époux dans leur vie commune afin… qu’ils vivent dans la joie, unis par l’aide de Dieu», disait saint Jean Chrysostome. Saint Ambroise de Milan montrait de même que «le mariage doit être consacré par l’intercession et la bénédiction du prêtre». (cf.1)

L'Orthodoxie et les mariages mixtes
La position face aux mariages mixtes varie fortement selon les Eglises. Ce thème est à l'ordre du jour du Concile panorthodoxe et les débats qui lui furent consacrés éclairent ces différentes positions. L'Eglise russe de son côté a pris très concrètement position en 2000 dans le texte cité ci-dessus et des réponses différentes sont apportées dans d'autres situations (voir plus loin). L'analyse suivante propose un résumé de ces positions.

Débats et consensus préconciliaires

Ce point fut d'abord débattu à la commission préparatoire de 1971 où les positions des différentes Eglise furent présentées. Un rapport consensuel et une proposition furent adoptés par la 2e Conférence préconciliaire (Chambésy, 1982). En voici l'essentiel (1)

Mariages avec les chrétiens hétérodoxes

L’Église russe accepte que « la sanctification, par le mariage ecclésiastique, des noces de chrétiens orthodoxes avec des chrétiens hétérodoxes, peut avoir lieu dans le cas où le côté non orthodoxe reconnaît la signification de la bénédiction de l’Église orthodoxe » …

b) L’Église de Grèce considère
qu’il vaudrait mieux éviter les mariages mixtes, sans faire de différence entre les Églises et les confessions, et ne les permettre qu’en présence de circonstances particulières.

c) L’Église de Pologne propose, que conformément à l’esprit œcuménique et sur le fondement des relations locales interconfessionnelles, les mariages mixtes avec tous les baptisés soient reconnus valides.

"Il est évident, commente le métropolite Hilarion, que les opinions exprimées ici sont liées aux situations dans lesquelles se trouvent les Églises mentionnées. Ainsi, l’Église russe accomplit son ministère dans un milieu confessionnel mixte, l’Église de Grèce, dans un milieu ethnique et confessionnel unique, tandis qu’en Pologne, le milieu hétérodoxe est dominant. Dans ses conclusions, la commission décida que «ce problème n’implique pas un point de vue orthodoxe unique, ce dont témoigne la diversité de la pratique des Églises locales». Selon l’avis de la commission, «il serait souhaitable que la réunion préconciliaire laisse une relative liberté dans la résolution de cette question en tenant compte des conditions locales existantes»."

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Position commune adoptée par la Conférence préconciliaire: elle confirme la proposition de la commission en ajoutant qu'il fallait "empêcher le mariage des orthodoxes avec les hétérodoxes selon l’acribie canonique, mais cependant le bénir par condescendance et humanité sous la condition définie que les enfants de ce mariage soient baptisés et éduqués dans l’Église orthodoxe. Les Églises orthodoxes locales autocéphales peuvent prendre leurs décisions, relativement à l’application de l’économie, dans des cas individuels, en fonction de leurs besoins pastoraux particuliers" (ibid.)

L'Orthodoxie et les mariages mixtes
Mariage entre orthodoxes et non-chrétiens ou non-croyants

Il y a un clivage encore plus net entre partisans d'une position rigoureuse et tenants d'une certaine souplesse.

Position rigoureuse: Pour l’Église de Chypre, «il est interdit au chrétien de conclure mariage avec les non-chrétiens » (14e canon du IVe concile œcuménique). De même l’Église de Tchécoslovaquie ne peut pas bénir le mariage d’un chrétien orthodoxe avec un non-chrétien (juif, musulman, etc.).

Position souple: L’Église russe reconnait que des mariages mixtes de cet ordre sont interdits par le 72e canon du concile "In Trullo", mais néanmoins, elle considère que «les conditions contemporaines de l’existence de l’Église de Dieu sur terre demandent avec insistance le retour à la pratique des trois premiers siècles du christianisme, relativement à la question des mariages mixtes». À cette époque, suivant l’apôtre Paul (1 Cor. 7,12 – 14,16) « l’Église avait une attitude condescendante envers les mariages mixtes». En outre, «dans les canons les plus anciens, il n’y a pas d’interdit en ce qui concerne cette question». L’Église de Grèce considère que la réunion préconciliaire pourrait permettre et appliquer l’économie dans la question du mariage avec les non-chrétiens. L’Église de Pologne propose de «discuter la possibilité de bénir l’un des deux futurs conjoints dans le cas où l’un des deux est non- croyant».

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Dans le texte adopté unanimement la commission propose, «d’une part que soient étudiés les modes d’application de l’économie, d’autre part que soit laissée la liberté aux Églises locale de résoudre la question de l’application de l’économie en cas de nécessité» et la Conférence Préconciliaire a ajouté: «Le mariage entre orthodoxes et fidèles des autres religions ou des non-croyants est absolument interdit selon l’acribie canonique. Mais en cas de tels mariages, les Églises orthodoxes locales autocéphales peuvent néanmoins appliquer l’économie pastorale au conjoint orthodoxe, en fonction de leurs besoins pastoraux particuliers ».

Les bases de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe
(Ch. X. Morale personnelle, familiale et sociale)(2)


L'Orthodoxie et les mariages mixtes
Respect du mariage civil

"Le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe remarquait avec regret le 28 décembre 1998 que «quelques confesseurs regardent comme non valides les mariages civils ou exigent la dissolution du mariage d’époux ayant vécu ensemble de nombreuses années mais n’ayant pu pour différentes raisons célébrer leur union à l’église… Certains pasteurs et confesseurs ne délivrent pas la communion aux personnes mariées civilement, assimilant semblable union à la fornication». L’arrêt adopté par le Saint-Synode déclare: «tout en soulignant la nécessité du mariage sacramentel, rappeler aux pasteurs que l’Eglise orthodoxe regarde avec respect le mariage civil»."

Règle du mariage entre Orthodoxes

"La communauté de foi des époux membres du corps du Christ est une condition essentielle pour un mariage pleinement chrétien au sein de l’Eglise. Seule une famille unie dans la foi peut devenir «Eglise domestique» (Rom 16, 5; Phil 1, 2) dans laquelle le mari et la femme grandissent avec leurs enfants dans le perfectionnement spirituel et la connaissance de Dieu. L’absence de communauté d’idées représente une sérieuse menace à la plénitude de l’union conjugale. C’est pourquoi il est du devoir de l’Eglise d’appeler les chrétiens à contracter un mariage «seulement dans le Seigneur» (1 Cor 7, 39), c’est à dire avec ceux qui partagent leurs convictions chrétiennes."

Economie du mariage mixte:

"L’arrêt du Saint-Synode cité ci-dessus évoque également le respect de l’Eglise pour les mariages dans lesquels seul l’un des époux appartient à la foi orthodoxe, conformément aux mots de l’apôtre Paul: «Le mari non-croyant se trouve sanctifié par sa femme croyante et la femme non-croyante par son mari croyant» (1 Cor 7, 14). Les pères du Concile de Trullo se fondèrent également sur ce texte des Saintes Ecritures pour reconnaître valide l’union de deux personnes qui, «étant encore incroyantes et ne s’étant pas encore unies au troupeau orthodoxe, ont conclu un mariage civil», si par la suite l’un des époux se convertit (canon 72). Cependant, le même canon et d’autres définitions canoniques (4e Concile œcuménique, 14; Laodicée, 10, 31) de même que les œuvres des écrivains chrétiens de l’Antiquité et des pères de l’Eglise (Tertullien, Cyprien de Carthage, saint Théodorit et saint Augustin) s’opposent à la conclusion de mariages entre les orthodoxes et les représentants d’autres traditions religieuses.

Conformément aux prescriptions canoniques antiques, l’Eglise ne bénit pas les mariages conclus entre orthodoxe et non-chrétien tout en les reconnaissant comme valides et en ne considérant pas ces époux comme vivant en concubinage. Dans un esprit d’économie pastorale, l’Eglise orthodoxe russe, aujourd’hui comme par le passé, estime possible le mariage entre chrétiens orthodoxes et catholiques, membres des Eglises orientales et protestants confessant la foi au Dieu Trinité, à condition que le mariage soit béni par l’Eglise orthodoxe et que les enfants soient élevés dans la foi orthodoxe. La même pratique est observée depuis des siècles dans la plupart des Eglises locales."


L'Orthodoxie et les mariages mixtes
Historique de l'autorisation des mariages mixtes

"L’ukase du Saint-Synode du 23 juin 1721 autorisait le mariage des prisonniers suédois demeurant en Sibérie avec des jeunes filles orthodoxes, aux conditions exposées ci-dessus. Le 18 août de la même année cette résolution du Synode recevait un fondement biblique et théologique détaillé dans une Lettre Synodale spéciale. Le Saint-Synode s’est par la suite appuyé sur cette lettre pour les cas de mariages mixtes dans les gouvernements annexés de Pologne, ainsi qu’en Finlande (ukase du Saint Synode de 1803 et 1811). Dans ces régions, était d’ailleurs autorisée une définition plus libre de l’appartenance confessionnelle des enfants (cette pratique s’était temporairement étendue aux gouvernements des Pays Baltes). Enfin, les règlements sur les mariages mixtes furent définitivement fixés pour tout l’Empire russe dans les Statuts sur les consistoires ecclésiastiques (1883). Nombre de mariages dynastiques illustrent la pratique des mariages mixtes, où la conversion de l’époux non orthodoxe à l’Orthodoxie n’était pas considérée comme obligatoire (à l’exception du mariage de l’héritier du trône impérial). Ainsi, la sainte martyre grande-duchesse Elisabeth Fiodorovna épousa-t-elle le grand-duc Serge Alexandrovitch, tout en demeurant membre de l’Eglise évangélique luthérienne. Ce n’est que plus tard, qu’elle se convertit à l’Orthodoxie par un choix personnel."

Pratiques peu homogènes

Et en fait les pratiques sur le terrain ne sont pas homogènes. S'il y a des prêtres qui respectent les prescriptions conciliaires décrites, bon nombre d'entre eux s'en tiennent à une stricte acribie, refusant tout mariage mixte et considérant les couples mariés civilement comme des fornicateurs… "Les «Fondements de la doctrine sociale» autorisent les mariages mixtes et pourtant tous les prêtres ne les acceptent pas" a déclaré le métropolite Hilarion de Volokolamsk en 2010. Et le métropolite soulignait qu'il reçoit souvent des plaintes de fidèles à qui des prêtres refusent le mariage religieux avec des fidèles d'autres confessions. "Ainsi, a dit le métropolite, il y a un problème quand il existe une position officielle, mais qu'on ne la connaît pas en pratique".

En milieu hétérodoxe dominant

La pratique dans les pays où l'Orthodoxie est minoritaire varie selon les Eglises mais se rapproche généralement plus de l'application de l'économie. Les mariages mixtes sont souvent célébrés sans condition particulière avec des chrétiens d'autres confessions et, si le conjoint hétérodoxe vient aussi d'une famille pratiquante, un ministre du culte hétérodoxe peut assister au sacrement orthodoxe et ajouter sa bénédiction. L'inverse se produit parfois aussi mais il n'y a généralement pas de concélébration…

Le patriarcat d'Antioche semble montrer l'exemple d'une pratique particulièrement large de l'économie. Le métropolite du Mont-Liban Georges (Khodr), qui dirige le plus grand diocèse libanais, explique ainsi qu'il y a 60 % de couples mixtes dans son diocèse. "Lors des funérailles, on voit toujours présents à la fois un prêtre orthodoxe et un prêtre maronite. Chez nous, les gens vivent ensemble et n’ont pas beaucoup de théologie dans la tête," précise-t-il.

Cette pratique de l'économie concerne en fait essentiellement le principal groupe catholique au Liban, les Maronites, une Eglise ancienne très spécifique, qui "n’ont pas une théologie propre" pour le métropolite Georges. "Nos divergences proviennent du fait qu’ils sont rattachés à Rome. Par ailleurs, nous n’accusons plus les Églises orientales orthodoxes d’être monophysites ; nous avons compris ensemble que reconnaître une ou deux natures du Christ signifie la même chose : pour nous tous il est Dieu et homme. Il faut dire que la plupart des chrétiens arabophones (au Liban et en Syrie) n’ont pas vraiment conscience de divergences entre les confessions chrétiennes : ils sont conscients qu’une véritable unité de foi existe entre nous tous, que nous soyons de tradition orthodoxe ou catholique. Et ils réclament l’hospitalité eucharistique réciproque !

Lire aussi L'Eglise russe et la diaspora!

De fait, dans la pratique, nous acceptons les laïcs catholiques à notre table de communion. Et les prêtres maronites acceptent les orthodoxes à la leur. Sans qu’il y ait eu de décision canonique... Par contre nous ne concélébrons pas avec les prêtres maronites. Pas encore..." conclut Mgr Georges. Et au-delà de ce cas particulier, mais sans aller jusqu'à l'hospitalité eucharistique, on rencontre souvent des situations de ce type là où l'Orthodoxie est minoritaire face au Catholicisme, y compris dans la diaspora.

L'Orthodoxie et les mariages mixtes
Conclusion

Il est probable que les textes préconciliaires des années 1970-80 sur le mariage seront repris par la nouvelle Commission mise en place pour préparer le Concile panorthodoxe à partir de septembre 2014. Il ne semble pas toutefois que le sens général du document sur le mariage mixte doive être modifié, avec son rappel de l'acribie canonique interdisant le mariage mixte et la nécessaire économie permettant aux Eglises de donner une réponse ecclésiale aux situations de la société actuelle.

Par contre, il est probable que les formes dévoyées du mariage et de la famille, qui sont maintenant souvent légalisées en Occident, feront l'objet d'une ferme condamnation à la suite de celles qui ont déjà été promulguées par les représentants de l'Eglise russe.

***
Cf. In "Les bases de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe" § 10.1 – 10.2 voir aussi ici et ici

(1) D'après la "Conférence sur la préparation du saint et grand concile de l’Eglise orthodoxe" du le métropolite Hilarion de Volokolamsk (2011)
(2) «Les Fondements de la doctrine sociale», Les éditions du Cerf-Istina, Paris, 2007, p. 114-116.http://orthodoxeurope.org/print/3/6.aspx. Traduit du russe par Claire Jounievy (Ch. X. Morale personnelle, familiale et sociale)(2)
(3) In: http://unitedeschretiens.fr/Metropolite-Georges-Khodr.html

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 20 Juin 2017 à 12:40 | 97 commentaires | Permalien


Commentaires
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97.Posté par Vladimir.G: nL'Église russe et la plupart des autres Églises orthodoxes (à l'exception notable de l'Église de Géorgie) suivent effectivement les prescriptions du documents de Crête et appliquent l'économie le 06/03/2017 14:27
L'Église russe et la plupart des autres Églises orthodoxes (à l'exception notable de l'Église de Géorgie) suivent effectivement les prescriptions du documents de Crête et appliquent l'économie pour célébrer les mariages mixtes et accorder ainsi cette grâce à ceux qui viennent la demander. Comme je le souligne, c'est l'une des occasion qui s'offre à nos pasteurs pour catéchiser ces couples et les nombreux exemples positifs que je connais (à commencer par celui de la sainte néomartyre Élisabeth que j'ai cité) justifient à l'évidence cette pratique.

Il y a bien entendu des échecs, des couples mixtes ou non, qui abandonnent la religion ou en changent ... Mais je pense que les bons exemples prévalent comme pour Sodome, quand l'Eternel dit: «Je ne la détruirai pas à cause de ces 10 justes.»

96.Posté par Daniel le 14/02/2017 22:54
@ Justine (98)

Je pense que cela dépend des personnes mariées. La cérémonie du mariage orthodoxe confère la grâce pour mener à bien une vie de personnes mariées. Mais cette cérémonie est faite pour les orthodoxes (et par les orthodoxes) comme son texte l'indique, car le but du mariage est spirituel et non purement romantique. Il ne s'agit pas d'une simple bénédiction mais d'une demande de la grâce pour bâtir un foyer orthodoxe pour époux orthodoxe dont le but est de s'aider l'un l'autre pour aller au paradis en vivant une vie orthodoxe.

Prenons le cas de 2 personnes mariées non orthodoxes, mariées selon leur rite religieux ou même civilement. Ces personnes n'ont jamais été considérées dans le monde orthodoxe comme non mariées ou vivant en concubinage ou commettant un péché particulier. Ils ne commettent pas la fornication.

Si les deux conjoints mariés civilement sont orthodoxes et qu'il n'y a pas eu mariage religieux, on peut estimer qu'il ont fait le choix dommageable de se passer de la grâce divine.Il en est de même s'ils vivent maritalement sans mariage.

Si l'un des deux conjoints est orthodoxe et marié civilement avec un non orthodoxe, la situation est variable. Si le couple était formé avant l'entrée d'un des deux dansl'orthodoxie, l'église, suivant saint Paul, indique bien que l'union en question n'a pas à être rompue, ce qui veut bien dire qu'il ne s'agit pas de concubinage ou de fornication. L'aspect marital n'est donc pas nié.

Mais si en effet l'un des deux était orthodoxe avant son mariage, le mariage religieux orthodoxe ne devant être possible pour les raisons pré-indiquées, par le choix d'un conjoint non orthodoxe, il y a aussi manifestation du désir de se priver de la grâce divine.

95.Posté par justine le 14/02/2017 18:26
A Daniel, post 97: En Grèce, le mariage civil n'est pas reconnu comme mariage par l'Eglise, lequel est par définition un sacrement, alors que le mariage civil est simplement un acte séculier. En principe donc, les mariés civilement sont considérés comme vivant en concubinage, leur union étant dépourvue de la bénédiction de Dieu.

94.Posté par Daniel le 14/02/2017 16:56
Le mariage religieux n'est pas un droit: il est soumis à des conditions, comme toute chose. Les personnes aui ne peuvent y avoir accès et demeurent orthodoxes ne sont pas exclus de l'église comme il est écrit dans le message 96. Elles en demeurent membres, ce qui est le cas à moins qu'elles ne changent de religion. Si elles font un mariage civil, elles ne sont pas en concubinage mais mariée civilement, tout simplement, sans plus. Le mariage civil n'équivaut pas à de la fornication.

J'ai aussi des histoires de personnes engagées dans des mariages mixtes, célébrés à l'église orthodoxe au terme duquel le conjoint orthodoxe s'est converti à la religion de l'autre conjoint... Le diable pourvoit aussi très bien.

93.Posté par Vladimir.G: Dieu pourvoit à la suite comme le montre le mariage du grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov avec la princesse luthérienne Élisabeth de Hesse-Darmstadt (1884) le 13/02/2017 17:58
Pour revenir sur le sujet principal, il y a bien deux façons d'aborder les mariages mixtes:

- L'acribie stricte qui les rejette et promeut le respect de la tradition biblique rappelée en 90. Mais faut-il alors priver de mariage religieux les couples qui passent outre? Les considérer comme vivant en concubinage? Cela amènerait le rejet hors de l'Église d'un très grand nombre de croyants dans la plupart des Églises ...
- L'économie permet de résoudre ce dilemme, comme le soulignent tant le document du "concile de Crête" que "La doctrine sociale de l'Église russe" rappelés dans l'article.

Et, très souvent, Dieu pourvoit à la suite, comme je l'ai écrit, tant parmi mes proches et connaissance que par ce magnifique exemple (rappelé dans l'article) qu montre le mariage mixte du grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov avec la princesse luthérienne Élisabeth de Hesse-Darmstadt en 1884: la grande duchesse Élisabeth se convertit à l'Orthodoxie sept ans plus tard, contre l'avis de son père, devint moniale après l'assassinat de son époux, fut martyrisée en 1918 et canonisée, devenant l'une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie ... Les voies de Dieu sont bien souvent impénétrables!

92.Posté par Tchetnik le 12/02/2017 14:53
@Justine

On se comprend.

L'Eglise est parfaite comme Corps du Christ mais doit hélas revêtir des vases d'argile humains pour pouvoir accomplir sa mission de Salut et de Sanctification et ce sont ces vases qui sont fragiles et qui peuvent répandre leur contenu. Les hommes sont toujours ce qu'ils sont capables de chuter, mais heureusement, aussi de se relever, c'est même ce qui fait leur beauté.

91.Posté par Vladimir G: "sans fondement" le 12/02/2017 11:49
J'ai reporté sur le fil approprié mon commentaire au poste 91 à propos du nombre d'Orthodoxes en France pour laisser cet échange aux mariages mixtes...:
http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/FRANCE-le-dynamisme-demographique-de-la-communaute-orthodoxe-necessite-de-nouveaux-lieux-de-culte-malgre-des-moyens_a4236.html?com#last_comment

90.Posté par justine le 11/02/2017 19:34
A Tchetnik, post 90: Je ne pense pas qu'on doive imputer ce gâchis à l'Eglise, laquelle est à jamais Sainte, par la Sainteté de la Trinité et des Saints, mais uniquement aux pasteurs-loups déguisés ou inaptes qui par la permission de Dieu occupent aujourd'hui bien des trônes épiscopaux dans le monde orthodoxe, indignes de leurs saints prédécesseurs et qui ne sauraient être identifiés à la Sainte Eglise.

89.Posté par Tchetnik le 10/02/2017 12:03
@Pandelis

La « sécularisation » est certainement une part de l’explication de cette baisse de fréquentation, mais n’explique certainement pas tout.

Cette désaffection a commencé à une époque où cette sécularisation n’était pas encore si évident d’une part et d’autre part, la sécularisation touche TOUTES les communautés religieuses, Chrétiennes en particulier, et toutes ne connaissent pourtant pas une telle désaffection en qualité comme en quantité qui touche près de 90 pour cent des fils et petits-fils d’immigrés. Ce qui prouve que les vraies et premières raisons en sont ailleurs, notamment dans une absence quasi-totale de catéchèse, une ignorance totale des réalités de la foi que les parents ne peuvent alors transmettre à leurs enfants, et dans le refus total de toute mission d’évangélisation, d’instruction auprès du peuple de la nation accueillante comme auprès des immigrés couplé à une folklorisation de la mission de l’Église à laquelle on fait jouer des rôles de conservatoire de traditions ethniques superficielles qui ne sont pas les siens et qui sont spirituellement comme patriotiquement du reste, contre-productifs.

Ajoutons à cette ignorance de fond qui semble délibérément entretenue au nom de considérations perverties sur la Tradition Patristique à laquelle on substitue un sous-produit de traditions populaires pas forcément inspirées, le maintien d’un ritualisme infantile sur des aspects secondaires et folkloriques de la liturgie, entre autres des langues « sacrées » incompréhensibles pour la plupart. On privilégie une forme douteuse sur le fond. Et les parents, ignorants des réalités de fond de la foi en Dieu trinitaire, ayant limité leur pratique à un ritualisme infantile, se révèlent incapables de transmettre à leurs enfants la connaissance de Dieu, ce que, en tant que parents, ils devraient pourtant absolument faire. En Bref, l’Église Orthodoxe en occident n’a produit qu’un immense gâchis assez comparable a celui de l’Education (sic) Nationale (resic) avec les mêmes immenses moyens pour produire des mégots, les mêmes complaisances, les mêmes mondanités, carriérismes…

Et pourtant les moyens existaient, les donateurs affluaient, il y avait des opportunités de bâtiments, du monde dans le églises à l’origine, une moisson à faire parmi une populations et nations locales pas si inintéressées que cela par le Christianisme et la vie spirituelle…

88.Posté par Tchetnik:enfumage le 10/02/2017 11:41
Si les chiffres de l'OFPRA et eux mentionnés par les registres des paroisses que l'on peut recroiser seraient "sans fondement", alors on se demande bien d'où Vladimir tire son chiffre fantaisiste de "300 000 à 500 000 Orthodoxes en France", vu qu'aucune statistique n'est d'avantage autorisée à indiquer la religion de nos jours...

Il se trouve que dans son livre "La Russie Fantôme", Marina Gorboff cite ce chiffre...Quand on est trahi par les siens.

L'étude de Nicolas Ross, comme on l'avait démontré, ne porte pas sur un chiffre global des Russes dans les années 1920, mais pour une autre période.

87.Posté par Daniel le 09/02/2017 20:13
@Pandélis (86)

En fait, chez les Grecs en Amérique une grande partie des mariages sont aussi des mariages mixtes (et l'archidiocèse grec des Etats-Uis est très oecuméniste).

Ainsi, cet article de l'archidiocèse grec aux Etats-Unis indique que plus de 60% des mariages célébrés dans la juridiction sont des mariages mixtes, et ce nombre est amené à croître.

Et cela datait de 2008: "More than 60 percent of marriages conducted annually in the Greek Archdiocese of America are interfaith and this trend is becoming increasingly common, according to a report published by Christos and Mary Papoutsy, publishers of Hellenic Communications Service."

http://www.goarch.org/archdiocese/departments/marriage/interfaith/guest-writers/interfaithmarriage

Les Juifs sont aussi énormément touchés par le phénomène des mariages mixtes au passage.

Quant à l'attitude à avoir en situation où il ya peu de conjoints orthodoxes potentielles, elle est illustrée par l'exemple d'Isaac et de Rébecca. Abraham ne voulant pas que son fils épousât une païenne, se débrouilla pour trouver une femme croyante. On mentionne Isaac et Rébecca dans l'office du mariage, c'est peut-être pour quelque chose et très paradoxal de les citer en cas de célébration d'un mariage mixte car ils sont exactement l'exemple de ce qu'il faut faire et de ce que ne font pas ceux qui entrent dans un mariage mixte.

86.Posté par Vladimir.G: Mgr Pickel, évêque de Saratov: ère nouvelle dans les relations entre catholiques et orthodoxes le 09/02/2017 19:03
Votre témoignage, bien cher Pandeli, est particulièrement précieux car la communauté grecque est bien peu présente sur ce site et nous la connaissons mal, contrairement à la communauté russe. Je partage avec vous l'opinion que la déchristianisation et la "laïcité militante" font de la France un cas très particulier parmi les pays occidentaux et représentent un défi majeur tant pour les Orthodoxes que pour les autres Chrétiens.

Mais je serais très intéressé à avoir plus de précisions sur votre vécu de cette période des 60-70 dernières années qui nous est commune, si je comprends bien. Avez-vous remarqué une nette baisse des baptêmes-mariages-obsèques? De la présence aux Liturgies dominicales? Vous parlez d'organiser "leurs obsèques religieuses et les colives" dans votre 59: cela aussi est en baisse?

Je ne connais aucun cas de mariage inter-religieux (juif, musulman, bouddhiste...) parmi les Orthodoxes russes en France (il y avait pourtant bon Nombre de Juifs parmi les émigrés russes toutes "vagues" confondues). Marseille constitue peut-être un cas très particulier? En tous cas il est absolument impossible d'envisager aucun mariage religieux dans ce cas et je rappelle dans mon article que "l’Eglise (russe) ne bénit pas les mariages conclus entre orthodoxe et non-chrétien tout en les reconnaissant comme valides et en ne considérant pas ces époux comme vivant en concubinage." C'est à l'évidence une situation différente des "mariages mixtes" dont nous parlons, acceptés par "économie" tant par l'Église russe que par les Églises signataires du document du du "concile de Crête" et célébrés à l'Église. C'est uniquement de ces derniers cas que je parle tant dans mon article que dans mes commentaires.

PS: les chiffres cités dans le commentaire 87 restent toujours sans fondements: aucune étude des "registres des églises - quand ils existent" (sic) n'a été publiée et ceux de l'OFPRA ne mentionnent pas la religion car ce serait illégal! Un historien spécialisé comme N. Ross donne, pour l'avant guerre, des chiffres clairement plus bas (http://www.seminaria.fr/Video-Conference-de-M-Nicolas-ROSS-Les-orthodoxes-russes-en-France-apres-1917-Les-premieres-annees_a633.html) et, pour l'actualité, les chiffres des pays voisin où de telles statistiques sont autorisées - Italie, Suisse, Allemagne - montrent tous une forte progression du nombre d'Orthodoxes... Ce commentaire cite deux fermetures de paroisses en France. En cherchant on devrait pouvoir en citer UNE BONNE DIZAINE... mais en consultant l'annuaire de Cantauque (http://www.monastere-cantauque.com/annuaire-orthodoxe.html) on constate que, sur les 220 lieux de cultes recensés, PLUS DE CENT PAROISSES ORTHODOXES ONT ÉTÉ FONDÉES DEPUIS LA GUERRE, dont plusieurs dizaines depuis 1990. Ainsi, rien qu'à Lyon, il y en a eu 8 sur les 12 paroisses orthodoxes qui fonctionnent actuellement (dont quatre non-canoniques, Cf. https://lyon-orthodoxie.com/annuaire/.) Et je répète que, dans les paroisses que je connais, il y a des couples et des enfants issus de mariages mixtes qui non seulement pratiquent baptêmes-mariages-obsèques mais viennent aussi, pour certains, aux offices dominicaux et font suivre le catéchisme à leurs enfants (contrairement à certains couples orthodoxes que nous ne revoyons pas après les baptêmes...)

85.Posté par Tchetnik le 08/02/2017 22:35
@Théophile

Il est plus que probable que Pandelis et vous ayez raison tous les deux.

84.Posté par Théophile le 08/02/2017 16:08
Cher Pandelis,

Plutôt que d'accuser la laïcité, les Musulmans ou les Juifs - la société - de nos malheurs, faudrait-il plutôt se demander comment une foi si magnifique et pure que la foi orthodoxe n'a-t-elle pas essaimé ces dernières décennies dans nos contrées?
Je ne crois pas que cela soit sociologique (et externe), mais plutôt le résultat de politiques partisanes des diverses "églises" orthodoxes.
Bien sûr l'Ennemi profite de chaque situation pour semer l'ivraie, mais il faut reconnaître que le problème vient d'abord de volontés très peu pastorales, très peu centrées sur la foi.
Au moins, les Musulmans sont simples et directes - au centre il y a la foi en Dieu et la piété - ils sont très accessibles. Chez nous, il y a de la politique à tous les niveaux et cela donne des fruits prévisibles (division, médiocrité, médisances, etc.).
Il suffit de regarder les émissions religieuses sur France2 le dimanche, pour se rendre compte de la pauvreté du témoignage orthodoxe. Nous sommes inaudibles.
Après, c'est une époque compliquée, et il faut quand même avancer sur le chemin de la foi et ne pas se décourager.

83.Posté par Tchetnik le 08/02/2017 15:55
Entre 450 000 et 500 000 orthodoxes en France dans les années 20, moins de 150 000 encore de nos jours, cela s'appelle en base 10, un recul. Recul vécu aussi personnellement dans plusieurs dizaines de paroisses en France ET à l'étranger.

Les chiffres sont du reste concrets, se fondant sur les registres des églises - quand ils existent - et sur ceux de l'OFPRA pour la France.

Il suffit de voir ce que sont devenues les églises d'Ugine, de Champagne sur Seine, de Québec, de Montréal pour s'en convaincre, en sachant que ces exemples aussi bien concrets et vérifiables ne sont pas exhaustifs. Les témoignages qui parlent de quelques poignées de vieillards dans chaque paroisse sont aussi bien concrets et réels.

Le problème étant que les mariages mixtes - au demeurant logiques et difficilement condamnables en soi dans le contexte - ne sont pas la seule cause de cette désaffection, il s'en faut de beaucoup.

82.Posté par Pandelis le 08/02/2017 12:06
Je ne partage pas la dernière réflexion de Vladimir, en ce qui concerne tout au moins la communauté grecque de Marseille et de France au sein de laquelle je vis depuis 62 ans. Je pense que cette satanée laïcité propre à la France a été et reste néfaste à ma communauté depuis 1945 à nos jours. En ce qui concerne notamment notre religion, sa pratique, et parmi tous ces facteurs, les mariages mixtes avec des hétérodoxes, favorisés aussi par cet œucuménisme latent qui règne en maître depuis cette période. Partout ailleurs dans le monde, et particulièrement en Amérique et en Australie où vivent des millions de grecs Orthodoxes, et où il n'y a surtout pas de laïcité à la Française, les mariages mixtes sont très minoritaires et l'œucuménisme laisse indifférents mes coreligionnaires grecs Orthodoxes. En France, la laïcité a favorisé les juifs depuis la fin de la guerre, et aujourd'hui elle favorise aussi les musulmans, permettant la déchristianisation du pays et le recul du papisme, de même que par ricochet celui de l'Orthodoxie. Dans ma communauté, même s'ils restent très minoritaires, on voit poindre des mariages civils de jeunes femmes issues de familles très pratiquantes avec des musulmans. C'est une catastrophe pour notre communauté qui a subit le joug et les massacres, à cause de notre fois, par les Ottommans et turcs musulmans au cours des 6 derniers siècles. Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu aie pitié de nous pécheurs +++ Très Sainte Mère de Dieu sauve nous pécheurs

81.Posté par Vladimir G: La situation n'a pas vraiment changé entre les années 20 et 80... le 07/02/2017 22:57
En écrivant "Années 20 en France, il y a environ 400 000 orthodoxes en France issus des immigrations russe et grecque" on entend que la plupart de ces émigrés étaient Orthodoxes. Cela est justifié puisque tous étaient baptisés et mariés à l'Église, seule institution d'état-civil dans les pays d'origine. Mais pour ce qui concerne la pratique religieuse, elle était pour la plupart réduite aux manifestation d'état-civil (baptêmes-mariages, obsèques), avec les mâtines pascales en plus pour les plus fervents. Ainsi mes grands-parents m'ont rapporté cette plaisanterie qui circulait alors: "c'est curieux, chaque fois que je vais à l'église j'entends chanter 'Christ est ressuscité!' racontaient-ils..." Cette réalité est confirmée par le nombre de paroisses: il y en avait quelques dizaines dans les années 20, une centaine à peine avant la guerre, et personne ne m'a parlé de milliers de croyants à la Liturgie dominicale...

La situation n'a pas vraiment changé dans les années 80, que j'ai personnellement vécues; si le nombre de paroisses avait peu augmenté, la plupart des émigrés et leurs descendants, de mariages mixtes ou non, s'y mariaient toujours,y baptisaient, leurs enfants et y enterraient leurs parents (il suffit de relever les dates sur les tombes du cimetière russe de Ste Geneviève des Bois!) Les écoles paroissiales fonctionnaient aussi, passant du jeudi au mercredi de même que les camps d'été des association de jeunesse, avec leurs aumôniers... "La Fraternité Orthodoxe," fondée en 1971 dans la foulée du Comité inter-épiscopal orthodoxe (crée en 1967), était en plein essor dans l'espoir du prochain concile panorthodoxe. La disparition que certains prédisaient déjà se faisait attendre...

Les années 90-2000 apportèrent un changement d'échelle: le nombre de paroisses fut multiplié par 2-2,5 et de nouvelle juridictions apparurent; les baptêmes-mariages (mixtes ou non)-obsèques, décuplèrent; les Liturgies dominicales firent le plein ... Ce mouvement continu et les mariages mixtes influent peu: comme je l'ai déjà écrit, bon nombre des "convertis"* viennent de mariages mixtes: il y en a dans ma paroisse, ma famille, parmi mes amis et c'est aussi le cas pour un bon tiers des enfants qui suivent mon cours de catéchisme...

Voici donc le tableau que j'ai personnellement vécu depuis 70 ans dans un bonne douzaine de paroisses différentes à travers toute la France... Je ne prétends pas livrer là le résultat d'une étude exhaustive, mais c'est un témoignage concret, vécu, et non des idées générales puisées à des sources invérifiables.

* J'utilise le terme "convertis", entre "", dans le sens que lui donne le père Serge Model (http://archiepiskopia.be/content/biblio/fr/Model/MissionOrthoBelg.pdf), "ces Occidentaux de souche» devenus orthodoxes", par opposition à la grande masse des Orthodoxes issus de l'émigration (parfois à la 3ème ou 4ème génération...)."

80.Posté par Pandelis le 07/02/2017 13:04
En plein accord avec les posts 81 de Tchetnik et 82 de Justine. J'en partage totalement l' analyse sur les mariages mixtes d'un ou d'une Chrétienne Orthodoxe avec un conjoint ou une conjointe qu'on est toujours en droit de nommer hérétique, qu'il ou qu'elle soit papiste ou protestant.

79.Posté par Tchetnik le 07/02/2017 12:57
@Justine

Et encore s'il n'y avait que cela (que vous combattez à juste titre du reste)...

Je crains que chez eux, l'"oeucuménisme" aille encore bien plus loin en qualifiant de "frères" les Juifs et les Musulmans. Frères en humanité, certainement (mais à ce compte-là, les cannibales de Papouasie le sont aussi), mais certainement pas en religion.

78.Posté par justine le 07/02/2017 08:01
Post 81: On pourrait ajouter: ou a s'embrasser "fraternellement" et se feliciter d' "avoir la meme foi" et d'"etre une seule et meme chose" et se livrant a d'autres zizanies ecumenistes qui otent tout discernement entre orthodoxie et heresie.

77.Posté par Tchetnik le 06/02/2017 09:16
@Daniel

On ne saurait mieux dire.

Les familles s'acculturent, les personnes se fixent, les modes de vie se stabilisent, c'est un mouvement logique.

Si l'Eglise avait réellement fait son travail, c'est le conjoint Occidental qui serait devenu Chrétien Orthodoxe, avec une catéchèse adaptée, un discours de présentation - notamment historique mais pas que - intelligent et pertinent. Mais quand on est trop occupé à faire des blinis ou à danser...

76.Posté par Daniel le 04/02/2017 17:15
Années 20 en France, il y a environ 400 000 orthodoxes en France issus des immigrations russe et grecque. Années 1980, le nombre a fondu comme neige au soleil et ne sera renforcé que par la perfusion externe de la nouvelle immigration, perfusion qui ne concerne pas les Grecs au passage. Si ce nombre a fondu entre 1920 et 1980, c'est simplement que les mariages qui ont eu lieu n'ont pas transmis la foi, dont fort probablemetn, uen grande floppée voire majorité de mariages mixtes.

75.Posté par Vladimir.G: Sur le fil dédié... le 03/02/2017 14:39
Bien chère Justine,

Pour ne pas "polluer" les échanges de ce fil consacré aux MARIAGES MIXTES, thème particulièrement important pour nous ici, je vous propose de reporter le débat sur les documents du Concile de Crête sur un fil dédié.

Je reporte donc votre post sur http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Lettre-de-l-eveque-Irenee-de-Batchka-a-propos-du-Concile-de-Crete-Pourquoi-je-n-ai-pas-signe-le-texte-du-Concile-reuni_a4834.html?com#comments et lui répond là.

Merci de votre compréhension

74.Posté par justine le 03/02/2017 12:01
A Vladimir, post 77: "le document adopté par le concile de Crête est très important. Il a été signé, à ma connaissance, par tous les évêques présents et n'a pratiquement fait l'objet d'aucune contestation sérieuse à ce jour". Cette phrase constitue une simple repetition de la propagande fanariote en faveur de ce concile faussement nomme "panorthodoxe".

A rappeler tout d'abord la prise de position officielle du Saint Synode de l'Eglise de Russie (15 juillet 2016) qui souligne que les textes adoptes a Kolymbari "n'expriment pas le consensus orthodoxe general" et ont besoin d'etre revus. Ensuite, "tous les eveques presents", cela signifie 159 sur environ 700 eveques que compte l'Eglise Orthodoxe, et dont 10 seulement avaient le droit de vote et ont vote. Enfin: "N'a pratiquement fait l'objet d'aucune contestation serieuse" - le fait est que ce texte sur les mariages mixtes a ete expressement rejete par les Saints Synodes des Eglises d'Antioche, de Bulgarie et de Georgie.

73.Posté par Vladimir.G: effectivement mis en pratique jusque dans des endroits où "l''''immense majorité de la population est pratiquante et non œcuméniste" et donne très souvent de bons résultats même dans notre environnement français pratiquement déch le 02/02/2017 14:05
Restant bien dans le débat sur les mariages mixtes, je pense effectivement que le document adopté par le concile de Crête est très important. Il a été signé, à ma connaissance, par tous les évêques présents et n'a pratiquement fait l'objet d'aucune contestation sérieuse à ce jour - le synode de l'Église de Grèce vient encore de le confirmer (*); il constitue donc un socle de référence pour l'ensemble de l'Orthodoxie. On voit dans le témoignage de Pandèlis qu'il est effectivement mis en pratique jusque dans des endroits où "l'immense majorité de la population est pratiquante et non œcuméniste" et je peux témoigner, pour ma part, qu'il donne très souvent de bons résultats même dans notre environnement français pratiquement déchristianisé...

(*) Cf. mon commentaire 26 sur http://www.boursier.com/actualites/reuters/le-roux-appelle-a-la-vigilance-face-aux-actes-anti-chretiens-200009.html?fil87

72.Posté par justine le 01/02/2017 09:58
A Vladimir, post 70: Celui qui a lance la discussion sur un chemin de traverse, n'est-ce pas vous-meme par votre commentaire no 60 ou vous invoquez la decision anticanonique - contraire aux canons de Saints Conciles Ecumeniques - du pseudo-concile de Crete d'abandonner la question des mariages mixtes a la discretion de tout le monde?

Cette invocation qui pouvait induire en erreur des lecteurs, appelait une mise au point, puisque ce pseudo-concile n'est pas reconnu par le plerome de l'Eglise, et votre propre Eglise, celle de Russie, a synodalement pris position en soulignant que les textes de cette reunion partielle ont besoin d'etre revus. Malheureusement, au lieu de vous corriger, vous semblez vouloir continuer a induire les lecteurs en erreur.

71.Posté par Vladimir.G: revenir au thème de ce fil: LES MARIAGES MIXTES. le 30/01/2017 18:59
Le commentaire 66 de notre bien chère Justine nous a lancé sur un chemin de traverse - le débat sur l'œcuménisme orthodoxe qui tourne en rond de fil en fil... Je propose à ceux qui souhaitent continuer ce thème de commenter la dernière prise de position du métropolite Hilarion de Volokolamsk (http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Aujourd-hui-catholiques-et-orthodoxes-doivent-temoigner-de-leur-unite_a4969.html).

Mais pour ce fil de discussion, je propose de revenir au thème de l'article: LES MARIAGES MIXTES. En effet, le commentaire 63 de Pandèlis témoigne d'une vraie réalité que nous rencontrons dans toutes les familles orthodoxes confrontées à cette situation. J'y mettrais toutefois deux atténuations:
- Dans un très grand nombre de cas, ces familles mixtes qui s'éloignent de l'Orthodoxie ne coupent pas tous les liens: elle reviennent demander baptêmes et obsèques (les "colives" dont parle Pandelis en 59), voire mariages religieux, et se considèrent donc souvent comme faisant toujours partie de l'Orthodoxie...
- Et dans d'autres cas cela va beaucoup plus loin: les enfants sont élevés dans l'Orthodoxie (j'en ai régulièrement dans mon cours de catéchisme), le conjoint catholique vient à nos Liturgies et, parfois, finit par rejoindre l'Orthodoxie (c'est, de fait, les cas de bon nombre des "convertis"* de notre paroisse!)

* J'utilise le terme "convertis", entre "", dans le sens que lui donne le père Serge Model (http://archiepiskopia.be/content/biblio/fr/Model/MissionOrthoBelg.pdf), "ces Occidentaux de souche» devenus orthodoxes", par opposition à la grande masse des Orthodoxes issus de l'émigration (parfois à la 3ème ou 4ème génération...).

70.Posté par Irénée le 25/01/2017 23:50
@Tchetnik
Vous avez sans doute raison pour le COE en tant qu'institution.
Mais je parlais plutôt de ce qu'a pu produire la rencontre entre certains saints (ou personnalités de grande qualité spirituelle) orthodoxes participants à l'activité du COE avec de nombreux délégués hétérodoxes. J'ai pu constater de très nombreux exemples d'une vision du christianisme transformée après ces rencontres.

69.Posté par Vladimir G: ".. je pense que, parmi elles, il y en a un certain nombre dont le cœur est justement un terrain fertile. Elles rapportent dans leurs Églises ce qui a été dit, racontent ce qu’elles ont entendu." Mgr Hilarion de Volokolamsk. le 25/01/2017 10:03
Je prie les lecteurs de m'excuser pour la faute de français grossière dans la dernière phrase du 1er paragraphe de mon commentaire 71. Il faut lire "malgré qu'en AIENT ceux qui essayent à toute force de travestir sa pensée..."

Et, pour le fond, je souligne encore la formule de Mgr Hilarion qui confirme bien ce que nous pensons, Irénée et moi: "...je pense que, parmi elles, il y en a un certain nombre dont le cœur est justement un terrain fertile. Elles rapportent dans leurs Églises ce qui a été dit, racontent ce qu’elles ont entendu."

68.Posté par Tchetnik le 24/01/2017 15:42
@Irénée

Ce que vous dites est juste par ailleurs, mais force est de reconnaître que pour le COE, les résultats parlent d'eux-mêmes.

67.Posté par Vladimir G: "Un nom nous réuni et nous rapproche - Jésus-Christ," le 24/01/2017 09:43
"Un nom nous réuni et nous rapproche - Jésus-Christ,"

" le but de st Nikolas est avant tout de convaincre les hétérodoxes de retourner a la totalité et la plénitude de la vraie Foi." Évidement! Et pour cela il n'y a que DEUX CHOSES À FAIRE:
SE RENCONTRER ET PARLER, SE RENCONTRER ET PARLER, SE RENCONTRER ET PARLER... Et c'est bien l'exemple que nous montre St Nicolas en devenant l'un des fondateurs du mouvement œcuménique depuis la première conférence de « Foi et Constitution » (Lausanne en 1927) jusqu'à cette AG du COE où son intervention, 18 mois avant de s'endormir dans le Seigneur, constitue un véritable testament spirituel malgré qu'en est ceux qui essayent à toute force de travestir sa pensée...

Et je suis tout à fait d'accord avec vous, bien cher Irénée, que l'effet produit par les paroles de saint Nicolas, et plus généralement par ces rencontres, est probablement bien plus important que les quelques manifestations bruyantes constatées ici ou là. Il est déjà certain que les délégations orthodoxes à ces réunions ont repris sa ligne directrice, jusqu'au concile de Crête qui cite la "déclaration de Toronto" (1950) qu'il avait largement inspirée. Et Mgr Hilarion de Volokolamsk, porte-arole de l'Église russe, explique après la Xème assemblée COE à Pusan (République de Corée, 2013) "Nous ne nous engageons jamais avec qui que ce soit dans la voie des compromis. Mais rappelez-vous la parabole évangélique sur le semeur. Lorsque nous jetons la semence, nous ne savons jamais si elle tombera sur la pierre, sur les ronces, ou si les oiseaux la déroberont, où encore si elle tombera sur une terre fertile. Dans la salle des sessions plénières du COE étaient présentes environ 2000 personnes et je pense que, parmi elles, il y en a un certain nombre dont le cœur est justement un terrain fertile. Elles rapportent dans leurs Églises ce qui a été dit, racontent ce qu’elles ont entendu." (http://orthodoxie.com/interview-du-metropolite-hilarion-de-volokolamsk-au-sujet-de-la-xeme-assemblee-du-conseil-oecumenique-des-eglises-a-pusan/

66.Posté par justine le 24/01/2017 08:45
De l'effet des paroles de Saint Nikolaj sur ses auditeurs nous renseigne le fait suivant: quelques annees apres le discours en question, le COE decida qu' aucune "eglise" membre n'aurait le droit de revendiquer etre en possession de la totalite de la Verite, toutes n'en possedant qu'une partie, l'Eglise Orthodoxe comprise. Et toute l'ideologie du PSE dans tous ses documents depuis lors se resume en ce mantra: toutes les "eglises" du COE, heretiques et orthodoxes melees, forment ensemble l'Eglise Une, Sainte etc. - o le blaspheme!

65.Posté par Irénée le 23/01/2017 14:15
Je vous trouve un peu dure Justine, et surtout très péremptoire dans vos propos.
Que savez-vous de l'effet produit par les paroles de saint Nicolas sur les participants à cette conférence ? Rien sans doute...
Alors ne jugez pas trop vite. La parole du juste marque le coeur de ceux qui l'écoutent.Je suis moi persuade que les interventions orthodoxes ont beaucoup d'influence depuis des décennies sur les "chrétiens" qui les entendent. Ce n'est pas parceque les conversions ne sont ni bruyantes ni spectaculaires qu'elles n'ont pas lieu !

64.Posté par justine le 22/01/2017 15:47
Comme le montre la phrase: "le fait est que, si chaque dénomination contient seulement une partie de la foi chrétienne, l'Eglise orthodoxe contient la totalité et la plénitude de la vraie foi 'qui a été transmise aux saints une fois pour toutes' (Jude 1:3).", le but de st Nikolaj est avant tout de convaincre les heterodoxes de retourner a la totalite et la plenitude de la vraie Foi. Et il sait parfaitement, comme le montrent maints autres de ses propos, qu'est-ce qui les en empeche, a savoir leurs heresies. Si devant cette assemblee du COE en 1954 il tient se langage, cela ne signifie aucunement qu'il est en contradiction avec St Athanase le Grand. Simplement il parle en missionaire - avec peu de resultats d'ailleurs, car ses auditeurs encore et encore se bouchent les oreilles et vont dans la direction opposee. On est en 2017 et les paroles de St Nikolaj ne les ont pas encore atteints....

63.Posté par Vladimir.G: "Un nom nous réuni et nous rapproche à Evanston - Jésus-Christ," saint Nicolas Velimirovitch (deuxième Assemblée du COE, Evanston, 1954), le 21/01/2017 17:12
"Un nom nous réuni et nous rapproche à Evanston - Jésus-Christ," lance saint Nicolas à la deuxième Assemblée du COE (Evanston,1954), à laquelle il participa en personne 18 mois avant de reposer dans le Seigneur. "Comme mentionné plus haut (*), le fait est que, si chaque dénomination contient seulement une partie de la foi chrétienne, l'Eglise orthodoxe contient la totalité et la plénitude de la vraie foi 'qui a été transmise aux saints une fois pour toutes' (Jude 1:3)."*

Que ceux qui ont des oreilles...

* Source: St. Nicolai Velimirovic, “Догађај у Еванстону” publié dans “Слобода” du 20 Octobre 1954 et repris dans "Collected Works". Vol. 13, Himmelsthür, 1986, p. 42-46 (en serbe). Traduit de l'anglais par Vladimir Golovanow d'après Julija Vidovic, "St. Nicolas Velimirovic and St. Justin Popovic on Ecumenism", OrthodoxHandbook on Ecumenism. Resources for Theological Education, чијисуиздавачи P. Kalaitzidis, T. Fitzgerald, C. Hovorun, A. Pekridou, N. Asproulis, D. Werner and G. Liagre, VolosAcademy, WCC, Regnum Books International, Oxford, Volos, Greece, 2014, p. 263-272. Disponible en PDF à partir de https://icp.academia.edu/JulijaVidovic/Papers.)

62.Posté par justine le 21/01/2017 11:17
Comme le mentionne Pantelis (post 63), en Grece, en effet, les heretiques ne sont pas nommes Chretiens, conformement a l'enseignement des Saints Peres. Voir par exemple le 1er Discours contre les Ariens par Saint Athanase le Grand, chapitre 1, para 2-4, ou ce Pere souligne que les Chretiens tiennent leur nom du fait qu'ils suivent le Christ, alors que les heretiques suivent les inventeurs de leurs heresies et sont de ce fait nommes "Ariens" ou "Macedoniens" ou "Meletiens", ou, pour transposer son argument a l'epoque moderne, "Lutheriens", Calvinistes", "Papistes" etc., car ils suivent Arius, Macedonius, Meletius, Luther, Calvin, le pape etc.

Et il conclut: "Comment pourraient-ils appartenir a l'Eglise Catholique (c'est a dire a l'Eglise Une Sainte, Catholique et Apostolique, n.d.trad.) ceux qui ont secoue d'eux-memes la Foi apostolique et sont devenu les auteurs de nouveaux maux?"

(accessible en anglais au site http://www.newadvent.org/fathers/28161.htm

61.Posté par Vladimir G: "LE SACREMENT DU MARIAGE ET SES EMPÊCHEMENTS" le 21/01/2017 10:35
"LE SACREMENT DU MARIAGE ET SES EMPÊCHEMENTS"

"Quant aux mariages mixtes, et il y en a de nombreux dans l'archipel depuis plus de 4 décennies avec l'ouverture au tourisme, ils n'ont lieu que dans l'Orthodoxie, de même que les baptêmes."

Cette phrase de Pandèlis (63) illustre parfaitement la position du "concile de Crête" sur le sujet, ce qui est bien normal puisque ce document a été explicitement signé, à ma connaissance sans aucune restriction, par les églises de Grèce et de Constantinople (l'archipel du Dodécanèse doit faire partie de cette dernière?). Il semble que la plupart des commentateurs le critiquent sans les avoir lu: ce texte précise exactement (dans le Titre II):

5. Concernant les mariages mixtes contractés par des orthodoxes avec des non-orthodoxes et des non-chrétiens, il a décidé que :
i. Le mariage entre des orthodoxes et des non-orthodoxes est empêché selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo).
ii. Il importe que la possibilité d’appliquer l’économie ecclésiale concernant les empêchements au mariage soit décidée par le Saint-Synode de chaque Église orthodoxe autocéphale, conformément aux principes des saints canons et dans un esprit de discernement pastoral en vue du salut de l’homme.

Mais ce texte mérite d'être connu en entier, en particulier le titre I qui traite du mariage orthodoxe:
"1. L’institution de la famille est aujourd’hui menacée par le phénomène de la sécularisation, ainsi que par le relativisme moral. L’Église orthodoxe enseigne la sacralité du mariage comme sa doctrine fondamentale et indubitable. L’union librement consentie entre un homme et une femme en est une condition indispensable."
...

Suite. https://www.holycouncil.org/-/marriage

60.Posté par Daniel le 21/01/2017 08:54
Peut-être Vladimir, pourriez-vous nous expliquer le sens de cette phrase: " si vos parents n'avaient pas été mariés, vous seriez nés dans le péché..."

Le fait de pratiquer la fornication est en effet un péché (relations sexuelles hors mariage) mais l'enfant qui nait des suites de ces relations n'a pas commis la fornication. Chacun est responsable de ses propres péchés.

59.Posté par Pandèlis le 21/01/2017 00:27
En réponse à la question de Daniel, mes parents ne se sont jamais mariés. Ils se sont fiancés officiellement très jeunes à l'âge de 19 et 20 ans, puis ont vécu ensemble un peu plus d'un an après ma naissance. De familles immigrées tous les deux. Ma mère, fille de grecs orthodoxes très pratiquants, dernière d'une progéniture de 12 enfants, avait vu ses sœurs de 20 ans ses aînées, nées chez nous dans l'île en Grèce, se marier à Marseille avec des compatriotes insulaires coreligionnaires. Ce à quoi aspiraient mes grands-parents pour ma mère et l'une de ses sœurs de deux ans son aînée. Mon père, lui était un fils d'immigrés italiens, catholiques romains, peu pratiquants, mais qui eux aussi étaient cantonnés dans leur culture religieuse. Donc ça s'est mal teminé pour le jeune couple après ma naissance, et ils se sont séparés. Quant à ma tante et deux de mes cousines qui avaient a peu près l'âge de ma mère, elle se sont mariées et ont baptisé leurs enfants chez les papistes, mais le résultat n'a pas été meilleur, car elles n'ont jamais été acceptées dans leur belle famille, du fait de leur culture et surtout de leur religion qu'elle n'ont jamais reniée. Actuellement, dans la communauté grecque Orthodoxe de Marseille, quelques jeunes hommes de parents très pratiquants se sont mariés et ont baptisé leurs enfants chez les papistes, au désespoir de leurs parents qui ne les voient plus fréquenter la paroisse grecque orthodoxe de la ville. Alors en toute fraternité Chrétienne Orthodoxe avec Vladimir qui peut considérer que je suis né dans le péché, car d'une union hors mariage, je préfère mon vécu dans l'unique Église de Notre Seigneur Jésus Christ, que celui de mes cousins, cousines et enfants de mes cousins qui baptisés dans l'hérésie ont perdu la vraie et unique foi, celle de leurs ancêtres Chrétiens Orthodoxes. D'ailleurs, il, n'y a qu'en occident et dans les pays hétérodoxes pour parler d'œcuménisme. En Grèce et particulièrement dans l'archipel du Dodécanèse, surtout dans mon île d'origine qui en fait parti et où je vis actuellement, l'immense majorité de la population est pratiquante et non œcuméniste. Ce qui me surprenait dans ma jeunesse, mais plus maintenant, c'est que mes compatriotes et ça n'a pas changé depuis, pour déterminer la religion d'une personne lui posent la question suivante: « Est-tu christianos (chrétien)? », sous entendu chrétien Orthodoxe, car en dehors de l'orthodoxie, il ne considèrent pas les hérésies comme faisant partie de l'Unique Église de Notre Seigneur Jésus Christ. Quant aux mariages mixtes et il y en a de nombreux dans l'archipel depuis plus de 4 décennies avec l'ouverture au tourisme, ils n'ont lieu que dans l'Orthodoxie, de même que les baptêmes. Les décisions prises en Crète au sujet des hétérodoxes, ne seront jamais appliquées dans les faits chez nous en terre Orthodoxe.

58.Posté par Daniel le 20/01/2017 21:06
Le témoignange de Pandélis nous indique donc une statistique éclairante: sur ce qui semble être une dizaine de mariage mixte, seul un cas, le sien a conduit à élever l'enfant dans l'orthodoxie et ce du fait de la séparation des parents. Dans ces conditions, difficile d'applaudir béatement quand on entend parler de mariage mixte, à moins d'être adogmatique, oecuméniste ou partisan d'une intégration de l'orthodoxie dans un volapuck chrétien confus, ce qui est d'ailleurs, le désir de certains oecuménistes.

@ Pandélis: vos parents se sont-ils mariés uniquement civilement en France et s'ils se sont mariés religieusement, dans quelles églises?

57.Posté par justine le 20/01/2017 06:50
Le Concile de Crete reste ce qu'il est - une reunion a part d'une partie minoritaire de hierarques orthodoxes a l'orthodoxie douteuse et dont les decisions, contraires aux saints canons et a la Tradition orthodoxe ne sauraient engager l'Eglise. Les mariages mixtes sont et restent donc interdits pour les Orthodoxes qui veulent etre fideles a leur Eglise. C'est par le souci de sages pasteurs pour le bien-etre et le salut de leurs ouailles et non par les criteres de la mentalite seculiere et des "church politics" que cette interdiction a ete scellee une fois pour toutes dans les canons des Conciles Ecumeniques.

56.Posté par Vladimir.G: beau témoignage... le 18/01/2017 17:43
Merci Pandèlis pour ce beau témoignage...

Mais en fait votre exemple illustre clairement la nécessité du mariage mixte (qui a été reconnu par le concile de Crête... à la discrétion de chaque Église locale): si vos parents n'avaient pas été mariés, vous seriez nés dans le péché... Ensuite, les voies de Dieu sont impénétrables et vous illustrez aussi l'attrait des obsèques religieuses et des colives orthodoxes même sur le hétérodoxes ...

55.Posté par Pandèlis le 18/01/2017 09:03
Membre de la communauté grecque Orthodoxe de Marseille, l'une des plus anciennes de France, je puis affirmer à 62 ans que je suis contre les mariages entre Orthodoxes et juifs, musulmans ou athées convaincus. En ce qui concerne les mariages entre Orthodoxes et Hétérodoxes ou non baptisés, je suis pour à condition que le conjoint ou la conjointe hétérodoxe soit Chrismé dans l'église Orthodoxe ou que le non baptisté devienne Orthodoxe par le Saint Baptême.

Je m'explique. Issu d'une famille d'immigrés grecs Orthodoxes de par ma mère, je suis né à Marseille d'une union avec un hétérodoxe catholique, mon père. Baptisé catholique romain à cause de mon père, comme dans toutes les unions mixtes de ma famille où mes cousins et cousines ont été baptisés catholiques romains. Lorsque j'avais un peu plus d'un an, mes parents se sont séparés et j'ai eu la chance d'être élevé par ma mère, et mes grands parents, oncles et tantes célibataires, grecs et tous orthodoxes pratiquants. J'allais régulièrement à l'église avec ma grand mère qui me faisait communier aux saints mystères de Notre Seigneur Jésus Christ, alors même que je n'étais pas Chrismé. C'est à l'âge de 20 ans que j'ai décidé de régulariser la situation, et je me suis fait Chrismé. J'étais enfin pleinement Chrétien Grec Orthodoxe!

Tout ce vécu a fait que j'étais et suis toujours peu favorable aux mariages mixtes. C'est pour cela qu'à 30 ans je me suis marié avec une compatriote de mon île d'origine, en Grèce, uniquement à l'église et les autorités Françaises ont reconnu mon mariage religieux. De cette union, nous avons eu trois enfants, tous baptisés chez nous dans l'île. De même mon fils aîné s'est marié dans l'île, vit en grèce et nous avons l'immense bonheur d'avoir une petite fille chrétienne Orthodoxe. Pour mes cousins et cousines baptisés catholiques romains, ils n'ont reçu aucune éducation religieuse, et lorsque leur père ou mère décèdent, ils font appel à moi pour organiser leurs obsèques religieuses et les colives, car ils n'ont aucune connaissance de l'Orthodoxie. Ce vécu explique mon à priori défavorable aux mariages mixtes.
J'ai le bonheur de vivre actuellement dans mon île d'origine, de voir communier ma petite fille et pratiquer ma religion à 1000%. Un vieux dicton de notre île dit pour le mariage: « il vaut mieux une chaussure de chez toi, même si elle est ressemelée !!!!!! »

54.Posté par Vladimir.G: traditions avec "t" minuscule... le 24/08/2016 15:11
traditions avec "t" minuscule

Je n'ai jamais rencontré d'orgue, ni aucun instrument de musique, dans une église orthodoxe et, tout au moins dans l'Église russe, il y a un chant spécifique pour l'entrée de la fiancée... Mais les traditions (avec "t" minuscule) varient d'un pays à l'autre. Ainsi, si on ne voit pratiquement jamais de chaises en Russie, il y en a couramment en Grèce...

En revanche les pétales de fleurs (et le riz, le blé, voire les pièces de monnaie) sont courants un peu partout, de même que la fiancée au bras de son père (ou de son remplaçant)...

53.Posté par Daniel le 22/08/2016 22:36
Quelques commentaires sur le récit du mariage libanais au Canada.

« Ce n’est pas que la religion l’interdit, mais ce n’est pas souhaitable qu’un homme et une femme vivent ensemble avant de se marier.": il y a un manque de connaisance, vivre maritalement sans être marié est bien évidemment un péché, cela s'appelle la fornication.


"Précédé d’une pluie de pétales de roses lancée par les bouquetières, le petit page intimidé s’est risqué sur le tapis rouge de l’allée portant le coussin de velours avec les alliances. Dans le jubé de l’église d’Antioche de la Vierge Marie résonnent avec puissance les premières notes de la Marche nuptiale à l’orgue. Tout de blanc vêtue, Nayla fait son entrée au bras de son père dans ce lieu de culte d’Ahuntsic (Montréal)_. À l’avant, sous le majestueux lustre éclairant les icônes peintes sur la nef, une caractéristique propre aux églises chrétiennes orthodoxes, attend le fiancé, fébrile, une fleur blanche à la boutonnière."

Le descriptif n'est absolument pas orthodoxe mais témoigne de l'emprunt d'usage hétérodoxe ou plus exactement occidentaux:

- pétales de rose répandu sur le sol
- marche nuptiale à l'orgue
- entrée de la mariée au bras du père

52.Posté par Vladimir.G: Mariage mixte à la libanaise le 22/08/2016 20:24
Mariage mixte à la libanaise:

L'histoire se passe à Montréal. D’origine libanaise, Nayla est maronite tandis que Jean est chrétien orthodoxe. Ils se connaissaient depuis 5 ans mais, respect de la culture oblige, le couple libanais a vécu chacun chez soi durant le temps de leur fréquentation, comme le veulent les égards à la religion, chrétienne orthodoxe et maronite. « Ce n’est pas que la religion l’interdit, mais ce n’est pas souhaitable qu’un homme et une femme vivent ensemble avant de se marier. En tout cas, au Liban, ça ne se fait pas vraiment, explique Nayla. Ici, il y a des Libanais qui vivent ensemble avant de se marier. Mais nous, on a voulu respecter nos parents, la façon dont ils nous ont élevés et habitués à notre culture. »

Au Liban, un peu moins de la moitié des habitants se disent chrétiens. Les maronites sont les plus nombreux, suivis des orthodoxes d’Antioche (Grecs orthodoxes).

Un déjeuner de fiançailles

Cela n’a pas empêché les deux amoureux d’apprendre à se connaître au fil des rencontres, notamment à un restaurant de petit déjeuner à Laval, lieu de leur premier rendez-vous. C’est aussi là que, trois ans plus tard, à une date qui ne coïncidait pas avec l’anniversaire de leur première rencontre, Jean a demandé la main de sa douce. « On est allés déjeuner comme on le fait souvent. Mais cette fois, il avait une bague de fiançailles », dit Nayla en souriant.

Elle explique qu’au Liban, les fiançailles se font généralement au cours d’une rencontre entre celui qui veut se fiancer et la famille de l’élue de son coeur. Mais les parents de Nayla sont au Liban — la jeune femme ayant immigré toute seule pour venir entamer des études universitaires à Montréal. La famille de Jean, elle, vit aujourd’hui au Québec après un séjour au Qatar. Jean a grandi ici à partir de l’âge de 8 ans. « On est allés plus vite », dit Jean. Distance oblige, les parents de Jean ont rencontré les parents de sa belle par Skype. « Mais j’avais déjà dit oui. C’est moi qui décide », précise Nayla. Mes parents m’ont fait confiance. Ils savent que je suis mature et que je sais ce que je veux. Ils étaient contents pour moi. »


Dimanche, jour de mariage

Précédé d’une pluie de pétales de roses lancée par les bouquetières, le petit page intimidé s’est risqué sur le tapis rouge de l’allée portant le coussin de velours avec les alliances. Dans le jubé de l’église d’Antioche de la Vierge Marie résonnent avec puissance les premières notes de la Marche nuptiale à l’orgue. Tout de blanc vêtue, Nayla fait son entrée au bras de son père dans ce lieu de culte d’Ahuntsic (Montréal)_. À l’avant, sous le majestueux lustre éclairant les icônes peintes sur la nef, une caractéristique propre aux églises chrétiennes orthodoxes, attend le fiancé, fébrile, une fleur blanche à la boutonnière.

On est dimanche 16 h. Chez les chrétiens orthodoxes et maronites, ce jour saint est aussi le jour préféré pour le mariage. Mais la religion voyage et le culte s’adapte. « Ici, beaucoup de gens se marient le samedi parce qu’ils ne travaillent pas le lendemain », reconnaît Jean Dallal. « Nous, on tenait à se marier le dimanche, alors on a cherché une longue fin de semaine, mais tout était occupé. »

Le couple tenait néanmoins à se marier dans cette église, sous la bénédiction du père Michel Fawaz, très apprécié dans la communauté. Nayla est maronite, mais rien ne l’empêche d’assister à la messe et de se marier où elle le souhaite. « Dans la tradition, c’est la femme qui suit la religion de l’homme. Mais moi, j’aime cette église et j’aime aller là-bas. C’est sûr que je suis attachée aux traditions dans lesquelles j’ai grandi, mais même quand j’étais au Liban, je pouvais aller dans une autre église que la mienne. »

Des rites et des rires

Dans la tradition orthodoxe, les mariés sont couronnés et doivent faire trois fois le tour de l’autel avec des bougies, mains jointes, en compagnie de leurs témoins et du prêtre. Nayla a ri quand le Père Michel a tenté de mettre la couronne sur sa tête, sa coiffure l’empêchant de bien tenir. « Je n’arrêtais pas de rire », raconte en riant la jeune femme au sens de l’humour aiguisé. Elle a aussi beaucoup ri à la salle de réception qui a accueilli les nouveaux mariés et plus d’une centaine d’invités, lorsque fut le temps d’ouvrir le bal. « Je marchais sur ma robe. J’avais le fou rire », ajoute-t-elle.

La cérémonie, entièrement en arabe, s’est terminée par la traditionnelle photo des mariés avec famille et invités sur le parvis de l’église. Au père Michel qui passait par là, on demande pourquoi il n’y a pas eu de consentement, le fameux « oui, je le veux », de la part des mariés. La réponse, bien au contraire de ce qui entoure Dieu, ne recelait pas de mystère : « Mais est-ce bien nécessaire ? Que pensez-vous qu’ils sont venus faire ? » a-t-il répondu, faisant un clin d’œil.

Article complet avec photos sur: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/478255/quatre-mariages-et-un-enterrement-flirt-orthodoxe-a-la-maniere-libanaise

51.Posté par Daniel le 20/03/2016 20:58
Le plérôme de l'Eglise s'est exprimé par le concile in Trullo voici des siècles, celui-ci s'étant prononcé contre le mariage mixte. Une synaxe élargie à quelques évêques additionnels est tout, sauf le plérôme de l'église.


50.Posté par Vladimir.G: débat complètement surréaliste! le 20/03/2016 15:51
Ce débat est en fait complètement surréaliste: alors que le mariage chrétien subit une attaque sans précédent en Occident de la part de ceux qui veulent imposer les unions homosexuelles, la GPA et autres turpitudes (le projet de texte conciliaire commence très justement par cela:"L’institution de la famille est menacée aujourd’hui par le phénomène de la sécularisation de même que du relativisme moral,") il se trouve des Orthodoxes pour contester le mariage avec un Chrétien d'une autre obédience! Sur ce texte important, qui réaffirme avec force et explique la position orthodoxe sur "la sacralité du mariage comme sa doctrine fondamentale et indiscutable. L’union libre entre un homme et une femme en est une condition indispensable," vous ne parlez que de ce détail qui, en fait, ne fait que confirmer la pratique largement reçue dans pratiquement toute l'Orthodoxie.

Si l'Église de Géorgie le refuse (l'article 7 le lui permet sans discussion...) - grand bien lui fasse! Mais qu'elle laisse l'ensemble du plérôme se consacrer aux vrais problèmes!!!

49.Posté par Daniel le 20/03/2016 10:35
Au passage, Jésus s'adresse aux pécheurs pour qu'ils se repentent, pas pour qu'ils continuent sur leurs voies pécheresses. La courtisane a arrêté son péché et à la femme adultère, il dit "Va et ne pèche plus".

"Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait." Matthieu 5:48

48.Posté par Daniel le 19/03/2016 22:17
L'église est ouverte à tous, pour que les gens s'y transforment, pas pour qu'ils transforment l'église. A cause de l'ouverture au pécheur, en matière conjugale rien n'interdirait de donner la communion à des personnes vivant maritalement sans aucun mariage (civil ou autre) ou à terme de célébrer des mariages homosexuels.

J'ai aussi connu des cas où le mariage mixte a été célébré dans l'église orthodoxe avec la condition d'élever les enfants dans la foi orthodoxe, et la condition n'a pas été respectée, madame (qui était orthodoxe) est devenue protestante comme ses enfants.

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