LES ENFANTS A L’EGLISE
Traduction Elena Tastevin

Où et comment doit se tenir le petit chrétien pendant l’office ? Les parents se demandent s’ils peuvent laisser leur fille tenir sa poupée ou encore jouer avec des bouts de cierges.

Le protopresbytre Fedor Borodine, recteur de l’église Saint Côme et Damien, père de 5 enfants s’en est entretenu avec le correspondant de « Neskoutchny Sad » Sophia Poutchkova.

Certains adolescents ne peuvent pas rester calmes à l’office ne fût-ce que pendant 10 minutes alors que des enfants de 5 ans se tiennent debout pendant toute la liturgie sans bouger. Aussi le maintien de l’enfant à l’église n’est pas fonction de son âge mais de son aptitude à prier. L’enfant qui ne voit pas pratiquement aucune action a beaucoup de mal à se concentrer. Aussi, il se sentirait mieux devant l’autel où il peut regarder ce qui se passe. Les parents et le père spirituel de l’enfant doivent le laisser assister à l’office le temps pendant lequel il est capable de rester concentré.

Bien entendu si l’enfant est encore petit, s’il pleure ou gambade dans l’église il faut le maintenir dans le réfectoire. Parfois, il vaut mieux ne pas amener l’enfant à l’église mais le laisser dormir à la maison. En effet, les petits sont souvent fatigués après la sortie de l’école.

LES ENFANTS A L’EGLISE
Nous avons souvent tort en imposant aux enfants des contraintes qu’ils ne peuvent pas assumer. Par exemple, les parents arrivent à l’église bien avant les heures et la liturgie avec un enfant de 5 ans. En grandissant le petit se souviendra toujours du mal au dos et aux jambes, d’un office incompréhensible et très long. Ce n’est pas la joie.

Les enfants ne doivent pas être surchargés par l’office. Mes propres souvenirs d’adolescent liés à l’église sont associés au mal au dos. Notre famille n’était pas religieuse, c’était ma marraine qui m’emmenait à l’église. Je ne comprenais rien, personne ne m’expliquait rien. Par exemple, quand on présentait le calice je pensais « Enfin ». Et quelle déception j’éprouvais à l’époque lorsque l’on l’emportait. Parce que cela signifiait qu’il fallait attendre encore 30 minutes avant la communion. Quand je sortais de l’église ma marraine me donnait des tartines et un thermos et je pensais « C’est fini, maintenant ils me laisseront tranquille pendant 6 mois » même si globalement je me réjouissais d’aller à l’église.

Quand il y a plusieurs enfants dans une famille, il est préférable d’aller au début de l’office avec les grands et au moment où l’on dit le « Notre Père » avec les petits.

Dans l’une des églises de Moscou il y a une garderie où l’on peut laisser les enfants. Ils y suivent le catéchisme et c’est au moment du canon eucharistique ou plus tard qu’on les fait entrer dans l’église. C’est une expérience intéressante parce que les parents peuvent prier tranquillement et que les enfants ne se fatiguent pas à l’office et ne restent pas désœuvrées.

Espace enfant

Aujourd’hui une famille nombreuse a du mal parce que souvent il n’y a pas de place même pour installer la poussette sans parler de la possibilité de changer l’enfant et le faire manger. Je pense, que l’espace enfant doit exister dans toutes les églises. Aller à l’église avec trois ou quatre enfants est un exploit surtout pour une femme enceinte. L’espace enfant peut être séparé par une fenêtre insonorisée pour que l’enfant puisse regarder. De plus cet espace pourrait être équipé par les haut-parleurs si bien que l’enfant entendra l’office sans que ses cris soient entendus par les paroissiens

LES ENFANTS A L’EGLISE
Pardon, votre enfant joue avec des anges !

Les tous petits peuvent apporter des jouets à conditions qu’ils ne soient pas sonorisés. On peut laisser l’enfant jouer, par exemple, dessiner ou modeler les restes de cierges dans la mesure où cela ne perturbe pas l’office. Aujourd’hui les enfants ne sont pas capables de percevoir quoi que ce soit si leurs mains ne sont pas occupées. Il me semble que les petits peuvent s’assoir sur la marche devant l’autel. Ils ont des âmes intègres et pures, c’est comme s’ils étaient assis aux pieds du Christ. Nous ne devons pas répéter les fautes des apôtres qui ne laissaient pas les enfants s’approcher du Christ. Il est tout de même important d’inculquer aux enfants la conscience du mystère qui est celui de l’Eglise. Lorsque l’enfant s’amuse parce qu’il ne peut plus rester sans bouger il faut se rappeler qu’un jour une dame est venue voir Saint Séraphin de Sarov et son enfant s’est mis à courir et à s’amuser dans sa cellule. La dame a eu honte de son fils mais le saint père lui a dit que son enfant était en train de jouer avec les anges.

Les enfants qui bavardent sans vergogne font preuve d’un comportement inadmissible. Il s’agit d’un enfant qui oublie Dieu et préfère jouer et bavarder.

Une fois un de nos adolescent qui servait dans l’autel faisait semblant qu’il avait affaire dehors pendant la liturgie. Il descendait dans la cave et y volait de l’argent. Un jour nous avons appris que deux adolescents passaient leur temps dans notre cave à boire du thé et à bavarder. Il faut arrêter les enfants lorsque leur comportement frise l’insolence et souvent il suffit de leur faire une remarque avec amour sans les punir. Il ne convient d’appliquer que très rarement des punitions sévères.

LES ENFANTS A L’EGLISE
Nous ne pouvons pas forcer un enfant d’aimer la liturgie. La décision d’aimer Jésus ou non murit dans l’âme de chacun et nous ne pouvons pas décider pour autrui. Le prophète Samuel avait de mauvais enfants alors que lui-même avait été élu pour transmettre le message de Dieu. Nous pouvons cependant susciter la curiosité de nos enfants pour les offices. Il aurait fallu éditer un manuel liturgique accessible, similaire à la série « la physique ou les mathématiques pour tous. Il faudrait également traduire les chants et les tropaires les plus fréquents.

Il vaut mieux se passer d’un surveillant

Les enfants doivent être pris en charge dans l’église. Souvent nous voyons une mère qui prie pieusement alors que ses enfants courent, poussent les chandeliers, font du tapage et dérangent tout le monde. Les parents doivent surveiller leurs enfants. Dans notre église il y une personne qui s’occupe des petits c’est mais en principe la fonction des parents. Les enfants doivent savoir qu’il est interdit de jouer pendant l’office. Une chose est de dessiner, les amusements en sont une autre.

On peut et il faut faire des remarques aux enfants. Si dans mon enfance j’avais essayé de grignoter des graines de tournesol l’adulte le plus proche m’aurait réprimandé. Actuellement, nous n’avons plus le droit de faire des remarques aux enfants d’autrui. La société ne s’occupe plus de l’éducation de ses jeunes et c’est très mal. Nous devons faire comprendre à nos enfants que l’office religieux est saint.


LES ENFANTS A L’EGLISE
Souvent l’enfant se faufile pour être le premier à communier.

Il s’est habitué à être l’un des premiers quand il était petit. Parfois l’enfant va bousculer les plus petits. Il faut lui dire dans ce cas qu’il sera le dernier à communier. La fois prochaine il ne recommencera pas. Il faudrait aussi prévoir un espace où les adolescents pourraient rester entre eux après la fin de la liturgie. Chaque cours de catéchisme devrait avoir un « Club des anciens » pour maintenir les liens d’amitié tissés par les adolescents. A l’université ou au travail l’homme est entouré de non croyants et pour tenir il a besoin de communiquer avec ses anciens camarades de catéchèse.

« Neskoutchny Sad »

Дети на богослужении

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 16 Juin 2017 à 10:50 | 16 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Daniel le 13/04/2013 16:13
J'ai lu des conseils absolument différents ailleurs, comme quoi!

2.Posté par Nikolas: Et quelles étaient ces conseils ? le 14/04/2013 14:07
Et quelles étaient ces conseils ?
Merci de nous les faire partager.

3.Posté par Marie Genko le 14/04/2013 16:26
Les conseils ci-dessus me semblent être ceux qui sont le plus souvent suivis dans nos églises...?
J'aimerais moi aussi connaître là-dessus la position de Daniel.

Merci par avance.

4.Posté par Daniel le 15/04/2013 01:20
Je partage volontiers les conseils qui viennent du livre suivant disponible :
http://orthodoxinfo.com/praxis/youngchildren.aspx

Je résume les points essentiels

1° Préparation avant de venir à l'église typiquement le dimanche

On arrive à l'heure en préparant au besoin les affaires la veille. Un peu comme pour aller à l'école dirais-je. La veille on lit les prières de préparation à la communion avec les enfants même si ceux-ci ne comprennent pas encore.

2° En entrant dans l'église

On rappele aux enfants que leur attitude doit être calme, pas de rires, pas de bruits. On ne joue ABSOLUMENT PAS avec les cierges éteints ou allumés qui sont liés à la prière des gens. On ne joue pas non plus avec les restes des bougies, ce qui distrait les gens.

3° Pendant l'office

La participation à l'office consiste à être attentif. Les enfants sont orthodoxes, et il est spirituellement dommageable de ne pas leur apprendre à assister à l'office comme il se doit. Donc pas de jeux, même silencieux, dans un coin car cela indique à l'enfant que la liturgie est une chose pour adulte qui ne le concerne pas. Moralité, gardez vos enfants à portée de bras et ne les laissez pas errer dans l'église.

4° Pour la communion

On apprend à ses enfants à jeûner. La communion n'est pas un droit... un enfant qui se comporte mal ne doit pas communier et c'est le parent lui-même qui doit prendre cette responsabilité.

Et naturellement, les adultes doivent donner l'exemple par un comportement irréprochable!

5.Posté par Marie Genko le 15/04/2013 08:34
Cher Daniel,

Merci pour cette précieuse indication.

En ce qui me concerne, je pense qu'il faut agir avec discernement.
Certains enfants sont naturellement ecclésialisés!
Je pense que c'est un don particulier qu'ils ont reçu du Seigneur! Tout petits, ils sont fascinés par la liturgie et sont heureux d'y assister.

Pour d'autres enfants, les choses sont infiniment moins faciles, ils ont franchement de la peine à tenir en place, et il peut être contre productif d'essayer de leur imposer une longue présence à l'église!
Forcer un enfant peut l'éloigner pour très longtemps de l'amour de la Liturgie que nous souhaitons au contraire lui inculquer....

Je pense que c'est à nous de comprendre quelle est la meilleure approche avec chacun.

Je tiens à préciser que je suis la grand-mère de dix petits-enfants....et ils sont loins d'être de petits anges parfaits...!

6.Posté par Daniel le 15/04/2013 09:45
@ Marie Genko

Je change juste deux mots de votre phrase et ça donne :

"Pour d'autres enfants, les choses sont infiniment moins faciles, ils ont franchement de la peine à tenir en place, et il peut être contre productif d'essayer de leur imposer une longue présence à l'ECOLE! Forcer un enfant peut l'éloigner pour très longtemps de l'amour de l'APPRENTISSAGE que nous souhaitons au contraire lui inculquer...."

J'ai remarqu qu'on n'avait aucun souci à se discipliner et à discipliner pour les choses mondaines: tout le monde arrive à l'heure au cinéma, au concert, les enfants arrivent à l'heure à l'école grâce aux parents, les enseignants tiennent à un certain ordre dans les classes, les parents y insistent, mais dès que les choses deviennent ecclésiales, le laxisme règne.

Les gens arrivent globalement en retard à l'église, même ceux usuellement ponctuels pour le cinéma, les enfants qui devraient bien se tenir à l'école sont libres de ne pas le faire dans l'église... Etrange, non? Peut-être révélateur des priorités...

7.Posté par Cyrille le 15/04/2013 15:17
Bonjour,

Pour essayer de mettre tout le monde d'accord, je dirais que :

- il me semble que Daniel parle des adolescents et des préadolescents, tandis que Marie parle d'enfants plus petits.

- je pense qu'inculquer l'amour de l'école et l'amour de Dieu (la foi est un don) sont des choses différentes... et que l'approche doit donc être différente.

Je suis, moi-même, pour que les petits puissent dormir dans l'église, derrière, où ils ne gênent personne. Comme ça, d'une pierre deux coups : les parents peuvent venir plus tôt et on habitue les petits aux senteurs et aux sons (à condition que le chœur soit à la hauteur ! :-) ). Et ce dès le plus jeune âge, dès après la naissance quand la mère doit encore rester dans le narthex et même avant la naissance afin que ces sons et odeurs soient liés au confort de la vie fœtale...

Dans le cas d'enfants rébarbatifs, souvent c'est parce qu'on ne les a pas habitué à l'église. Chaque cas me semblant être différent, c'est à la communauté, forte de son père spirituel (quand il est à la hauteur de la tâche) de voir ce qu'on peut faire, les parents restant maître chez eux. Et je suis entièrement d'accord avec l'article quand on parle de crèches auprès de l'église, de catéchisme pendant la première partie de l'office, de réunions après l'office (c'est le principe d'un communauté), pas forcément autour d'agapes où les jeunes en auraient vite assez (vous pensez... rester à table avec les grands !) mais des réunions plus ciblées, comprenant bien évidemment de la nourriture, par tranche d'âge, les adultes étant avec le prêtre qui peut répondre à leurs innombrables questions... Il me semble que le dimanche, sauf exceptions, doit être consacré à cela.

Revenant sur le prophète Samuel, on ne peut que constater que les enfants des familles ou le père est un prêtre sont souvent les moins assidus...

Un petit conseil : éloignez de leur environnement de tous les jours tout objet électronique, surtout les jeux et les téléphones : dans le monde actuel, c'est au moins la moitié du travail qui sera déjà faite !

Bonne semaine.

8.Posté par Daniel le 15/04/2013 19:59
@ Cyrille

L'article que j'ai résumé parle de jeunes enfants en anglais, depuis les bébés jusqu'à l'adolescence. Le fait d'habituer les enfants à l'église commence à la maison. Si on ne prie jamais en famille, l'enfant ne saura jamais ce qu'est la prière et ne comprendra pas pourquoi à certains moments il faut avoir une attitude différente.

Je ne suis pas favorable au catéchisme pendant la liturgie qui revient à exclure les enfants de celle-ci (à nouveau le message comme quoi l'église serait un truc d'adulte), et au passage la fait rater aux adultes qui font le catéchisme. J'ai vu cela dans certaines paroisses, les enfants déboulaient tout excités pour la liturgie des fidèles, à se demander ce qu'ils avaient pendant le catéchisme, jouer?

Un point clef à mon avis est l'exemple que doivent donner les adultes; bien souvent il est horriblement mauvais.

9.Posté par Mischa le 15/04/2013 21:28
Я наблюдал ТРИ разных подхода к детям в храмах

Один в храмах Архиепископии - сам видел как дети валялись на полу перед солеёй, кричали, плакали, бегали по храму и мешали молящимся. Родители их не останавливали и говорили " это ангелы"

Другой подход это в храмах РПЦ и РПЦЗ
Детей старались / маленьких и плачущих/ как можно меньше держать во время литургии. Если они начинали плакать то их уводили. Во время службы в воскресенье всегда есть группы/ занятия с детьми. Их стараются приводить в храм на самые главные "куски" литургии, молитвы, объясняют как могут.

Дети конечно "ангелы" но многие не понимают, что шуметь. бегать и мешать молящимся взрослым -этого делать не следует

10.Posté par Cyrille le 16/04/2013 01:47
@Daniel : je suis bien évidemment d'accord avec vous sur le 1er paragraphe ; tout commence à (ou est en parallèle avec) la maison.
Le problème à notre époque est le temps : quand voulez-vous apprendre le catéchisme aux enfants ? Il ont tellement peu de temps entre les activités sportives (judo, tennis, football, natation,équitation, etc.) et autres que, par exemple, certains parents ne les emmènent jamais aux vigiles : "pas le temps" ! Samedi soir, par exemple, ils ont "judo" ou "musique" ou...
Si on peut bloquer le dimanche comme "Jour du Seigneur", c'est parfait, sinon, je ne vois pas trop quand leur transmettre, en groupe, les connaissances et l'amour qu'ils devront avoir pour le Créateur.
On peut comprendre que peu d'enfants soient capables de rester au "garde-à-vous" pendant une liturgie qui dure deux heures ! Autant utiliser une heure pour bien faire (et non jouer, bien évidemment !)

@Миша: Согласен с Вами, что в Архиепископии часто царствует дух "все позволительно - нельзя притеснять детей - нельзя наказывать". Это дух ложной свободы о котором пишут св. отцы и который пахнет социалистической революцией или, как минимум, эпохой "Просвещения". А настоящие ангелы, притом, ведут себя в храме хорошо и достойно ;-)
Дети, конечно, не должны слишком мешать молитве. Может быть в Архиепископии молящиеся менее чуствительные к крикам... более святоносные :-)

11.Posté par Marie Genko le 16/04/2013 08:56
Cher Cyrille,

Lorsque vous écrivez:

"Может быть в Архиепископии молящиеся менее чуствительные к крикам... более святоносные :"

Je vous comprends en boutade...!

Je crois que dans toutes les juridictions chaque paroisse est différente et la patience du prêtre varie d'une paroisse à l'autre aussi.
il y a des personnes plus égoïstes (pour ne pas dire mal élevées!) que d'autres qui ne se formalisent pas de gêner toute une assemblée de fidèles en prières en laissant leurs enfants se conduire en dépis du bon sens.
Heureusement je ne crois pas que cela soit la norme, ni dans l'archevêché ni ailleurs ...!

Pour ce qui est des activités sportives, musicales et autres, je crois qu'une grande frange des parents orthodoxes ne sont pas conscients que le développement de la spiritualité d'un enfant va de pair avec son éducation physique et intellectuelle!

Je dirais même que dans le monde où nous vivons, il est plus important que jamais d'apprende à un enfant que l'enseignement dispansé par l'Eglise doit primer sur le reste!
La pression de l'amoralité ambiante est si forte, qu'il faut la prévenir dès la petite enfance!

Si nous n'y prenons pas garde, nos adolescents devienent imanquablement les victimes du système actuel!

12.Posté par Tamara Schakhovskoy le 10/05/2013 17:04
Pénible souvenir d'un mariage à Saint-Serge il y a quelques années : placée à la hauteur des mariés, j'ai vite remarqué qu'une toute petite fille (2 ans environ) avec un biberon dans les mains se mettait constamment dans les pieds des mariés, sur la traîne, ou juste derrière le prêtre, au point que tout mouvement de ce dernier aurait abouti à lui marcher dessus - tout cela sans l'intervention d'un quelconque parent. J'en ai naïvement déduit qu'ils devaient être plus loin dans la foule des invités et ne voyaient pas ce qui se passait...

Au bout d'un certain temps, voyant que quelques tentatives de son petit frère pour la retenir étaient infructueuses et prenant les mariés en pitié (c'est quand même LEUR grand jour !, me suis-je dit. Ils ont le droit de ne pas être dérangés, pour se concentrer totalement sur la bénédiction de leur union), je me suis finalement permis de la faire tout doucement reculer de quelques dizaines de centimètres, au moment où elle se trouvait devant moi. Elle n'a d'ailleurs pas protesté. Mais le père qui se trouvait en fait tout près m'a publiquement apostrophée et agressée verbalement, en plein office, me demandant de quoi je me mêlais et pour qui je me prenais.
Quand j'ai tenté de lui faire observer que son petit bout de chou gênait la célébration, et risquait elle-même se faire bousculer, il n'en a été que plus furieux, proclamant que les enfants ne gênaient jamais et qu'ils avaient tous les droits de s'approcher autant qu'ils voulaient parce que l'église leur appartenait, eux les coeurs purs (ou quelque chose de ce genre, heureusement le temps a passé et je n'ai plus les mots exacts en tête)...

J'ai été tellement secouée par la violence et la grossièreté du ton de ce jeune père que cela m'a gâché toute la joie d'être là pendant un long moment. Je me suis demandé avec amertume comment les comportements respectueux qu'on nous a inculqués autrefois avaient pu se perdre à ce point, y compris parmi certains rejetons de l'émigration. Les régressions soixante-huitardes n'ont pas fini de faire des ravages, hélas.

13.Posté par Daniel le 10/05/2013 19:47
@ Tamara

J'ai effectivement vu des comportements similaires; les parents laissent faire leurs enfants et quand un autre adulte essaie d'intervenir, il essuie leurs foudres! J'ai déjà entendu rétorquer : "un adulte concentré dans la prière n'est pas dérangé par un enfant". Quand on ne ressort pas le traditionnel "Laissez les enfants venir à moi" entièrement sorti de son contexte. Mais cela dit, quand les adultes eux-mêmes papotent dans l'église, que peut-on dire aux enfants.

Ceci est très culturel. En Afrique, les choses ne se passeraient jamais comme cela; l'éducation étant plus collective n'importe quel "grand" (adulte ou enfant plus grand) du groupe peut morigéner un enfant... Cela ne posera pas de problème pour les parents... L'auteur américaine que je citais précédemment conseillait cette méthode du fait que l'église étant une famille, chacun était un peu responsable de l'autre... Je pense donc que vous avez eu entièrement raison.

Dans certaines paroisses, le marguillier est officiellement également chargé d'un certain maintien de l'ordre. A la cathédrale Saint Alexandre de la Neva, cela incombe aux dames ayant un brassard. Mais comme disait Louis de Funès dans "le Gendarme à Saint Tropez", "le gendarme c'est l'ordre et l'ordre c'est impopulaire", surtout de nos jours.

14.Posté par Tchetnik le 11/05/2013 10:25
Les choses ne se seraient pas passés comme cela en France autrefois, mais le refus de toute autorité et de toute fermeté au prétexte fallacieux qu'elles seraient contraires à la Charité est classique desormais.
Je me demande bien où ils ont vu que les enfants avaient le coeur pur par ailleurs. N'imorte quel enseignant peut vous certifier le contraire. Ils ont certes l'image de Dieu mais aussi al déchéance dont ils ne seront préservés qu'au prix d'une éducation juste, leur donnant un discernement juste du bien et du mal aisni que des idéaux de vertu de l'Église, et, quon le veuille ou non, des règles de comportement qui concrétisent ces idéaux. Et dont ils ne sont pas dispensés.

Piété, miséricorde, justice et fermeté disait Bossuet.

Mais avec une église qui renonce à transmettre les valeurs évangéliques pour ne devenir qu'une association folklorique...

Le prêtre aurait pu dire quelque chose, il y avait bien motif. Surtout après le comportement odieux du père (qui ne devra pas s'étonner plus tard des problèmes de son enfant-tyran). On n'éduque pas les enfants à l'église, c'est trop tard. A l'Église, on voit le résultat de l'éducation des familles (dans la mesure où elles existent encore).

On parle d'éduquer les enfants, mais les parents devraient être la première cible.

15.Posté par Daniel le 11/05/2013 12:00
@ Tchetnik

Souvent, le prêtre ne dit rien car il ne veut pas perdre ses fidèles, déjà si peu nombreux!

16.Posté par Tchetnik le 11/05/2013 21:25
@Daniel

En effet, cette complaisance trouve là sa raison d'être.

Les prêtres devraient se rendre compte qu'ils ne sont pas là pour faire plaisir aux gens et que de tels "fidèles" sont déjà perdus. Pas définitivement, mais perdus quand même.

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