La Nativité du Christ, Icône de Sa descente aux enfers
Par professeur Nicolas Ossorguine

Dans l’Eglise orthodoxe, la Nativité du Christ est une fête très importante. Liturgiquement, l’Eglise voit en elle l’icône de la fête de Pâques. C’est la raison pour laquelle, dans la partie consacrée aux éphémérides du « Psautier commenté », la fête de la Nativité est appelée « Pâques, fête de trois jours ».

La notion de « trois jours » doit être comprise non pas sur le plan de temps (durée), mais dans le sens qualitatif : liturgiquement les offices de la Nativité contiennent des éléments du Vendredi Saint, du Samedi Saint et de Pâques. Ces éléments se retrouvent dans les offices des 24 et 25 décembre, à savoir : 1) le 24 – XII « les Heures Royales » (Vendredi Saint), 2) le 25-XII les Vêpres avec la liturgie vespérale de Saint Basile (Samedi Saint) et enfin 3) la liturgie eucharistique matinale de Saint Jean Chrysostome le jour de la Nativité (Pâques).

Dans la mesure où le 24 décembre correspond aux deux derniers jours de la Semaine Sainte, l’Eglise prescrit un carême semblable à celui de cette semaine Il est très important de comprendre que, du moment où il y a relation très étroite entre les évènements liés à la fête de Pâques, fête mobile et les évènements de la Nativité, fête fixe, l’expression liturgique de la Nativité se manifeste simultanément à travers ces deux cycles : fixe et mobile (pascal).

En ce qui concerne le cycle mobile (pascal), la semaine en est une sorte d’unité où le septième et dernier jour, samedi, est étroitement lié avec le premier (ou huitième), dimanche, et c’est précisément le Samedi Saint avec Pâques qui rend ce couple de jours de la semaine très particuliers, comme vision du « Jour Un » du début de la création : «Dieu appela la lumière : jour et les ténèbres : nuit. Il y eu un soir et il y eu un matin, Jour Un ». (Gen. 1,5)

Le Samedi Saint correspond au domaine occupé par les ténèbres (nuit) et Pâques à la lumière (jour).

Ainsi le samedi aux prix de la mort du Christ (Sa descente aux enfers), est libéré des ténèbres, et la lumière de la Résurrection envahit son domaine ; et le Jour Un prend l’aspect du Huitième où il n’y plus de ténèbres.

« De nuit, il n’y aura plus ; il se passeront de lampe ou de soleil pour s’éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux Sa Lumière et ils règneront dans les siècles des siècles » (Apoc. 22,5).

Liturgiquement cette particularité du samedi et du dimanche se manifeste dans la fête de la Nativité du Christ chaque fois qu’il y a occurrence du 24 décembre (« Vendredi et Samedis Saints » de la Nativité) avec le samedi ou le dimanche de la semaine.

En ce qui concerne le 25 décembre, si ce jour (la fête) est un dimanche, l’aspect liturgique ne subit aucun changement. L’office dominical est supprimé et toute l’attention est concentrée sur l’évènement de la Nativité du Seigneur dans lequel l’Eglise voit aussi sa Résurrection.
Quant au 24 décembre, qu’il tombe un samedi ou un dimanche tout d’abord il n’y a pas de carême (au plan liturgique), ensuite la structure liturgique elle-même subit des modifications notables.

D’une manière générale, la célébration de la liturgie de Saint Basile est un signe de la préparation à un évènement important, surtout lorsque cette liturgie est célébrée en liaison avec les vêpres – c’est une sorte d’entrée (eucharistique) dans les ténèbres (descente aux enfers) pour porter le coup mortel et définitif à la mort elle-même.

Remarquons, à propos du samedi, que dans l’année liturgique, la liturgie eucharistique vespérale est célébrée uniquement le Samedi Saint : Une fois le Christ descendu aux enfers la mort est vaincue, et le samedi (de l’année liturgique) devenant l’expression de cette victoire, sa liturgie eucharistique est obligatoirement matinale et de Saint Jean Chrysostome, comme au jour de Pâques…

Dans le cas où le 24 décembre coïncide avec le dimanche, un détail liturgique supplémentaire justifie cette affirmation : aux Matines de ce jour, l’office dominical (selon l’octoèque) est pratiquement supprimé, il est remplacé par des éléments hymnographiques composés en vue de ce cas et placés dans le Ménée (l’office des Saints Pères). A travers ces éléments l’Eglise met l’accent sur la Passion du Christ qui précède Sa Résurrection et les hirmi (l’hirmos est une hymne chantée au début de chaque ode du canon) du canon dominical sont remplacés par ceux des Matines du Samedi Saint. En conclusion, rappelons la stichère dominicale des matines à Laudes du 5e ton pascal : « Tu as passé à travers le tombeau comme Tu es né de la Mère de Dieu ».

Nouvelles de Saint Serge N°15, Noël 1989
En pièce jointe PDF le texte complet accompagné de schémas

Professeur Nicolas Ossorguine
nativite_20001.pdf Nativité 20001.pdf  (553.33 Ko)
nativite0001.pdf Nativité0001.pdf  (333.39 Ko)
La Nativité du Christ, Icône de Sa descente aux enfers

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 16 Avril 2014 à 14:57 | 0 commentaire | Permalien



Recherche



Derniers commentaires


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile