La librairie et la boutique du Centre spirituel  de la Cathédrale orthodoxe russe à Paris
La librairie et la boutique du Centre spirituel et culturel sont très bien fournies. Vous trouverez un grand choix de livres de prière et d’histoire, de cartes postales, de calendriers, de publications pour enfants.

Beaucoup de titres en russe comme en français, un rayon est consacré aux ouvrages pour enfants, également dans les deux langues.

Les visiteurs trouveront des icônes sur bois et sur métal, des croix pectorales et de baptême. Souvenirs traditionnels russes. Cierges, prosphores, encens et chapelets. CD et DVD. Clochettes et objets en porcelaine. Livres d’art.

Une brochure en français, récemment parue, consacrée à l’histoire de la construction du Centre.

La librairie et la boutique du Centre spirituel  de la Cathédrale orthodoxe russe à Paris
Accueil chaleureux. Vous trouverez également les horaires des offices et le programme du Centre culturel. Possibilité de visites guidées.

La cathédrale et la librairie sont ouvertes chaque jour de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 19h00. Adresse 1 quai Branly – 75007 Paris.

Pour nous trouver: Transport RER : Pont de l’Alma – Musée du quai Branly
Metro : Alma – Marceau, ligne 9
Bus : 42, 63, 72, 80, 92.

PHOTOS pour "PO" Daniel Naberejny

La librairie et la boutique du Centre spirituel  de la Cathédrale orthodoxe russe à Paris

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 21 Août 2017 à 10:15 | 0 commentaire | Permalien

Constantin Andronikof : Fête de la Transfiguration "La bénédiction des fruits"
La liturgie de ce jour-là est suivie par un rite touchant et lourd de sens : celui de la bénédiction des fruits. Les nations méridionales apportent à l'église le raisin, symbole de tous les produits de la terre. Avec le blé, le raisin constitue les "espèces" de l'eucharistie. Les peuples septentrionaux, à défaut de vigne, apportent les pommes, dont le symbolisme n'est pas indifférent : c'est celui de la connaissance du bien et du mal. (1)

Avant la Transfiguration, les fruits sont encore "enténébrés", comme la nature d'Adam et à cause d'elle ; ils n'ont pas encore été touchés par la lumière de l'Esprit ; de même qu'Adam, microcosme et roi de la nature, n'a pas encore obtenu la capacité de divinisation. Les produits de la terre le sont que matière. Ils ont reçu la grâce de vivre, puisqu'ils existent ; celle de la sanctification, puisqu'ils ont eu la grâce de la palingénésie du Baptême (2) ; non pas encore celle de l'illumination dans la beauté édénique. La Trinité le leur communique sur le Thabor. (3)

En Russie, par exemple, les paysans ne mangeaient pas de fruits avant le 6 août, date de la Transfiguration. Ce jour-là, ils venaient à l'église faire bénir des pommes rouges (le rouge, couleur du sang, symbolise la vie ; et le mot voulait dire beau).

Si l'homme n'avait pas à faire d'acte propitiatoire ni à demander de sanctification pour la nature avant qu'il n'eût été chassé du Royaume, y ayant été saint et dans la présence continuelle de Dieu ; et s'il n'aura plus à le faire dans le Royaume retrouvé, où il n'y a "pas de temple, car le Seigneur, Dieu Tout-puissant, en est le temple" (4), car, "quand le pardon des péchés est acquis, il n'y a plus d'offrande pour le péché" (5) ; entre l'exil et le retour, l'homme élève vers le ciel ce qu'il tire de la terre. La Transfiguration étant la vision prophétique de l'illumination finale, l'Église veut en étendre la lumière sur les fruits de la nature, dès lors que celle-ci a reçu la sanctification baptismale dans le Jourdain, et à l'époque de l'année ou ces produits mûrissent au soleil et où l'homme est sur le point de récolter ce qu'il a semé.

Certes, l'usage de faire bénir les produits du sol remonte aux offrandes antiques et se retrouve dans toutes les religions sacrificielles. Ce qui nous intéresse directement ici, c'en est l'origine vétéro-testamentaire. La première oblation de cet ordre que mentionne l'Écriture est celle de Caïn (6) ; la deuxième, celle d'Abel (7).

L'on aperçoit tout ce que la théologie et la symbolique peuvent en tirer. En tout cas, ce fut un rite de l'ancienne alliance, prescrit au Sinaï (8) et codifié par le Lévitique (9). Il a été repris assez tôt par l'Église du Nouveau Testament, comme en témoignent la 3e des "Constitutions Apostoliques" (10) et le 28e canon du VIe Concile Œcuménique. La coutume est aussi restée d'apporter à bénir fleurs et branchages le Dimanche des Rameaux, à la Pentecôte, à l'Exaltation de la Croix ; des préparations de miel, de blé et de fruits secs, à Noël ; des gâteaux spéciaux et des œufs, à Pâques ; le pain, à toutes les liturgies eucharistiques.

Constantin Andronikof
Le Sens des Fêtes - Cerf 1970
pp 251-253
Lien
Constantin Andronikof : Fête de la Transfiguration "La bénédiction des fruits"

Notes

(1) Voici l'essentiel de la prière pour "la consommation du raisin le 6e jour d'août":
"Bénis, Seigneur, ce fruit nouveau de la vigne... qu'il soit pour notre joie, en T'apportant un don pour la purification des péchés, par le corps sacro-saint de Ton Christ".
Prière "pour ceux qui apportent les prémices des légumes" (ou des pommes): "Seigneur notre Dieu, Toi qui as enjoint à chacun de T'apporter ce qui est à Toi et qui vient de Toi" (paroles de l'anaphore)... "accepte maintenant ce qu'apporte Ton serviteur (untel) et rends-le digne de demeurer ainsi dans Tes retraites éternelles..."
(2) cf. Le Sens des Fêtes chapitre III La Théophanie pp. 175-224
(3) Le refus de l'Esprit de vie et l'ignorance de la Transfiguration par la grâce sont parmi les grandes indigences du matérialisme. Celui-ci voue la matière à une existence sans avenr et la chair, à une mort sans résurrection. Il renonce au renouveau éternel et se condamne soit au statu quo, dans une durée indéterminée, soit à l'entropie mortifiante. Outre la notion de matière, et pour les mêmes raisons "pneumatiques", la notion d'énergie perd la majeure partie de son sens et sa profondeur dans le matérialisme.
(4) Apocalypse chapitre XXI, verset 22
(5) Épître aux Hébreux chapitre X, verset 18
(6) Genèse chapitre IV, verset 3
(7) ib., verset 4
(8) Exode chapitre XXIII, verset 19
(9) Lévitique chapitre XXIII, versets 10 sq.
(10) Si cette compilation syrienne est du début du Ve siècle, elle a été faite à partir de documents bien plus anciens (P.G.I, 555 sq.)

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 20 Août 2017 à 17:19 | 0 commentaire | Permalien

Archiprêtre Alexandre Borissov : Il y a 26 ans, l’échec du putsch communiste en Russie
L’appel lancé par la municipalité de Moscou aux unités entrées dans la capitale sur l’ordre des putschistes a été rédigé par l’archiprêtre Alexandre Borissov. La revue « Neskoutchny Sad » a demandé à l’archiprêtre Alexandre Borissov, recteur de la paroisse Saints Cosme et Damien à Choubino, dans la proche banlieue de Moscou , de raconter ses souvenirs des journées d’août 1991

"Peu avant les évènements d’août le patriarche Alexis II m’avait nommé recteur de la paroisse Cosme et Damien, rue Stolechnikov, dans le centre ville. Sous le régime soviétique cette église servait d’imprimerie au Ministère de la Culture. Les responsables de l’entreprise nous ont attribué un local dans lequel nous disions régulièrement des offices d’action de grâce et des acathistes. La paroisse à laquelle je restais rattaché était celle de la Vierge du Signe, non loin du port fluvial. C’est le matin du 19 août 1991, fête de la Transfiguration du Seigneur, que nous avons appris la nouvelle du putsch. J’ai, bien sûr, officié la liturgie. De 1990 à 1993 j’ai été député du Conseil de Moscou.

Archiprêtre Alexandre Borissov : Il y a 26 ans, l’échec du putsch communiste en Russie
Immédiatement après la fin de l’office je me suis rendu à l’Hôtel de ville de Moscou. Près de 50 députés s’y étaient rassemblés. J’ai fait la proposition d’adresser un message du Soviet de Moscou aux unités entrées dans la capitale. Le projet de texte que j’ai élaboré a été adopté à l’unanimité par le bureau du Soviet. L’appel commençait ainsi : « Chers frères soldats ! Les communistes veulent à nouveau vous lancer contre votre peuple ». Le texte se terminait par les mots : « Tu ne tueras point ! ».

Nous avons réussi, à imprimer cet appel à mille exemplaires d’une manière clandestine et nous avons tiré autant d’exemplaires du Manifeste lancé par Boris Eltsine. Je faisais alors partie du Conseil de la Société biblique de Russie. Nous avions en stock un grand nombre d’évangiles en format de poche, don de la société des « Frères de Gédéon ». Le 20 août nous avons chargé un minibus de livres et de tracts et nous sommes allés les distribuer aux soldats. Lorsque je suis sorti du car, vêtu de ma soutane, avec ma croix pectorale, arborant aussi l’insigne de député de Moscou mon apparence fit une telle impression sur les officiers et les miliciens qu’ils nous laissèrent nous approcher des chars et des véhicules blindés. Plusieurs collaborateurs de la Société biblique, mon épouse ainsi que des paroissiennes de mon église participaient à cette action.

Chargés de caisses remplies d’évangiles nous frappions aux hublots des tanks. Un soldat se montre. Je lui demande combien d’hommes d’équipage compte ce blindé. Silence. J’explique que nous voulons distribuer des évangiles. Le soldat fait un sourire et répond qu’ils sont cinq. A chacun d’entre eux nous donnons un livre et un tract. En une soirée nous avons réussi à distribuer près de deux mille livres et autant d’appels du Soviet de Moscou. Commencée dans les parages de l’hôtel Baltchoug l’action s’est poursuivie Pont Kamenny, puis Place du Manège et rue Tverskaya. Un seul militaire a refusé d’accepter notre don. Les officiers ne faisaient pas obstacle à cette distribution, au contraire, ils se montraient plutôt bienveillants.

Le lendemain matin j’ai appris que trois jeunes gens avaient péri pendant la nuit dans le tunnel du Nouvel Arbat en essayant d’arrêter l’avancée des tanks. Avec l’aide de quelques paroissiens et chantres nous avons confectionné un crucifix en assemblant des planches et nous nous sommes rendus sur les lieux pour y chanter une panikhide, office funèbre. Des traces de sang étaient encore apparentes sur le sol.

Archiprêtre Alexandre Borissov : Il y a 26 ans, l’échec du putsch communiste en Russie
Par la suite nous avons appris que le général Routzkoy avait pris l’avion pour la Crimée où était retenu Gorbatchev pour le libérer. Les membres du Comité des situations extraordinaires ( organisateurs du putsch) avaient été arrêtés. Un meeting avait été organisé près la Maison Blanche (siège du parlement). J’y ai pris la parole en ma qualité de député et j’ai appelé les participants à se rendre à la manifestation que nous organisions. Un immense drapeau aux trois couleurs de la Russie, 70m x 15m., ornait la Maison Blanche. Puis nous allâmes avec cet étendard de la Maison Blanche jusqu’à la Place Rouge. J’étais aux premiers rangs de cette marche, accompagné d’un ami prêtre. Nous portions tous les deux nos soutanes et nos croix. Il a fallu près de 500 personnes pour porter le drapeau. Nous étions en liesse car nous comprenions que le danger d’une guerre civile avait été évité.

Nos espoirs ne sont pas tous réalisés. Mais l’Eglise est à nouveau libre et en plain épanouissement. Des paroisses nouvelles s’ouvrent constamment, il est possible d’acquérir facilement les Saintes Ecritures, des ouvrages religieux. Cependant l’intelligentsia russe n’était pas tout à fait prête aux changements démocratiques. De nombreux députés ont fait preuve de cupidité.


Archiprêtre Alexandre Borissov : Il y a 26 ans, l’échec du putsch communiste en Russie
Deux fois par semaine notre paroisse offre des repas aux sans abri. Ils sont très nombreux à Moscou et c’est malheureusement un phénomène nouveau. Il y a parmi eux des victimes d’escrocs qui spéculent sur l’immobilier mais la majorité sont des alcooliques et des toxicomanes. Les conflits inter ethniques se sont exacerbés à la suite de la chute de l’URSS et bien des gens en souffrent.

Les erreurs ont certes été nombreuses. Mais malgré certaines déceptions je ne regrette en rien de m’être ainsi comporté en ces journées d’août 1991. Nous avons fait de notre mieux pour éviter une effusion de sang. C’était de la part d’un croyant la réaction la plus naturelle qui puisse être.
....................................
L’archiprêtre Alexandre Borissov
Traduction "PO"

L’archiprêtre Alexandre Borissov : « A la Loubianka, on m’a prévenu que j’allais avoir des problèmes »

L'archiprêtre Alexandre Borissov : l’indifférence est l’ennemi numéro 1 de l’église

Archiprêtre Alexandre Borissov : Il y a 26 ans, l’échec du putsch communiste en Russie
"Une coïncidence qui n'est pas un hasard: le lundi 19 août 1991, est le jour de la fête de la Transfiguration pour les Russes orthodoxes. Ce même jour, en Union soviétique, un coup d'Etat se fomentait. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que la fête de la Transfiguration signifie la joie de voir la Lumière, c'est-à-dire le Christ en gloire et par là même d'être transfiguré.

On peut voir là un signe irréfutable de la sainteté de la Russie, sainte par sa sainte et immense patience (que d'aucuns prennent pour une indéfinie, intolérable et incompréhensible soumission) et le signe aussi que le moment était venu pour être transfiguré à la stupeur du monde entier, mais non de ceux qui savent qu'un jour "ceux qui pleurenty seront consolés".

Anne Khoudokormoff/Vienne/Autriche

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 20 Août 2017 à 09:00 | 2 commentaires | Permalien

CONDOLÉANCES DU PRIMAT DE L’ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE APRÈS L’ATTENTAT DE BARCELONE
Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a exprimé ses condoléances au roi Philippe VI d’Espagne, après l’attentat survenu à Barcelone. La veille au soir, un fourgon lancé à grande vitesse ? a foncé sur la foule dans la zone piétonne de la rue Rambla, dans le centre de Barcelone. Au 18 août, 13 personnes ont été tuées, plus de 100 blessées.

Sa Majesté Royale Philippe VI, Roi d’Espagne

Sire,

C’est avec une profonde douleur que j’ai appris la nouvelle de l’attentat commis à Barcelone, tuant et blessant de nombreuses personnes. Recevez mes sincères condoléances. En ces jours de deuil, je m’afflige avec le peuple d’Espagne, avec les parents et les proches des victimes et des blessés.


Je prie le Seigneur très-miséricordieux de donner courage et réconfort aux familles des victimes et d’accorder aux blessés un prompt rétablissement.

Agréez, Sire, l’expression de mes profondes condoléances.

+CYRILLE

PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

CONDOLÉANCES DU PRIMAT DE L’ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE APRÈS L’ATTENTAT DE BARCELONE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 19 Août 2017 à 12:27 | 0 commentaire | Permalien

Homélie pour la fête de la Transfiguration
Frères, il nous arrive, à nous chrétiens, d’être interpellés par nos contemporains agnostiques ou ayant perdu la foi sur l’utilité et le caractère pratique du message du Christ.

Certains d’entre nous sommes en effet tentés d’intellectualiser un peu trop notre foi, ou encore de la socialiser à outrance, au détriment de la dimension proprement sotériologique. Je ne dis pas qu’il ne faille pas impliquer notre intellect lorsque nous scrutons la Parole du Christ. Au contraire, notre foi serait vaine si elle n’avait l’adhésion intégrale de notre raison. Ce que je veux dire, c’est que nous ne pouvons réduire le christianisme à une théologie abstraite, de même qu’il ne peut être considéré comme le signe d’une identité particulière.

La foi chrétienne est tout à fait concrète et, si j’ose dire, pragmatique. Ou plutôt, elle est essentielle, puisqu’elle nous touche au plus profond de notre nature, elle transfigure notre être tout entier. Aujourd’hui, lorsque nous célébrons la Transfiguration de Jésus-Christ, c’est le moment de nous en rappeler.

"La Transfiguration" : une icône de mère Marie (Skobtsov)

Je vais dire une chose un peu écrue, en vous demandant de me pardonner cette façon de parler, mais si la Transfiguration du Christ ne concernait que lui, notre Seigneur et Sauveur, nos contemporains agnostiques auraient eu raison de se moquer de nous et du caractère purement abstrait et intellectuel de notre foi. Mais nous, croyants, nous savons fermement que la Transfiguration de Jésus ne concerne pas lui seul, le Verbe devenu chair, le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme. Elle est l’icône de notre propre transfiguration qui est rendue possible non par nos mérites, mais par l’incarnation de Dieu. D’ailleurs, tout ce qui est accompli par le Christ est une figure de ce qui doit nous arriver : sa mort, sa résurrection, son ascension et, bien sûr, sa transfiguration. Le Seigneur Jésus est le premier-né d’entre les morts, il nous précède dans le Royaume de Dieu, il a la primauté de tout en toute chose, comme notre guide, les Prémices de l’humanité tout entière.

Ainsi, frères, célébrer la Transfiguration de Jésus-Christ, ce n’est pas commémorer un événement passé, sans lien immédiat avec le présent. Célébrer la Transfiguration du Seigneur, c’est d’abord contempler l’union parfaite et indissoluble de la divinité et de l’humanité dans l’unique Christ, c’est aussi découvrir, avec une fascination pleine de gratitude filiale, la gloire incroyable que Dieu a réservée à ses saints, à ceux qui, dans le Christ, deviennent ses fils. C’est de voir combien grand est l’amour de Dieu pour nous, combien merveilleux est le dessein salutaire de la Trinité qui cherche irrévocablement à conduire l’humanité vers sa propre sainteté et béatitude. Dieu n’abandonne pas son image. Et quand cette dernière s’éloigne de lui et se défigure dans le mal et le péché, le Créateur lui-même descend, l’assume et la transfigure au contact avec sa divinité toute pure. L’humanité tout entière est transfigurée dans le Christ Jésus qui montre cette gloire afin que nous n’ayons plus jamais d’autre désir que celui de l’union extraordinaire, mais réelle, vraie, avec la Source de la vie. La lumière divine dans l’humanité assumée du Seigneur nous est révélée pour que nous n’ayons d’autre désir, comme Pierre, que de demeurer éternellement sur la Montagne avec notre Sauveur.

Séminaire Russe
Homélie pour la fête de la Transfiguration du Seigneur (2012)

Homélie pour la fête de la Transfiguration

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 19 Août 2017 à 08:18 | 0 commentaire | Permalien

84 millions de roubles en 6 ans ont été investis à la réhabilitation par l'Eglise des toxicomanes
Le site du Patriarcat de Moscou "патриархия.ru" annonce que le 6 ème anniversaire de la création du Fonds de bienfaisance Saint-Jean de Cronstadt, qui s'occupe de l'aide aux toxicomanes, a été fêté le 3 août 2017 au couvent Saintes Marthe et Marie.

Avec la bénédiction du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, la divine liturgie a été célébrée dans l'église de l'Intercession de la Sainte Vierge par le président du Département synodal pour les actions de bienfaisance et les affaires sociales de l'Eglise, l'évêque Panteleimon d'Orekhovo-Zuevo et par le directeur du Centre de coordination pour la lutte contre la toxicomanie de ce Département et président du conseil d'administration du Fonds Saint-Jean de Cronstadt, l'évêque Méthode de Kamensk et Alapaiev.

Après la divine liturgie dans l'église de l'Intercession de la Sainte Vierge, un Te Deum fut célébré devant l'icône de la sainte martyre et grande-duchesse Elizabeth Feodorovna, fondatrice du couvent Marthe et Marie.

« Dans votre diocèse, on honore pieusement la mémoire de la sainte martyre Elizabeth ; je pense que le couvent Marthe et Marie est particulièrement cher à votre cœur, a déclaré l'évêque Panteleimon à l'évêque Méthode. Nous sommes heureux d'avoir la possibilité de prier ici avec vous la sainte martyre, afin qu'elle nous renforce dans nos actions d'amour et de charité ».

84 millions de roubles en 6 ans ont été investis à la réhabilitation par l'Eglise des toxicomanes
Dans le cadre du 6 ème anniversaire du Fonds Saint-Jean de Cronstadt, l'évêque Méthode a remis des médailles du souvenir à ceux qui y travaillent : Alexandre Toukhou, collaborateur du Fonds, s'est vu remettre la médaille de la Grande-Duchesse Elizabeth du troisième degré ; des diplômes d'honneur épiscopaux ont été décernés au chef de la direction et coordonnateur du système d'aide aux toxicomanes du Département synodal de bienfaisance Alexis Lazarev ainsi qu'à plusieurs collaborateurs du Fonds.

Lors de la réunion avec le personnel et les invités, l'évêque Méthode a noté qu'au cours de son existence, le Fonds Saint-Jean de Cronstadt a gagné 14 prix et subventions. Et il a conclu : « Deux fois de suite, nous avons reçu des subventions de 2 ans de la part du Ministère du Développement économique, nous avons été quatre fois lauréats du concours "Initiative orthodoxe", nous avons reçu trois fois des subventions de l'organisation non-gouvernementale "Ligue pour la santé des nations". Hier encore, nous avons gagné le concours pour l'octroi de subventions du Président de la Fédération de Russie d'un montant de plus de 6 millions de roubles. En tout, nous avons réussi à obtenir des prix et des subventions pour un montant de plus de 46,5 millions de roubles, et la valeur totale des projets réalisés, incluant nos fonds propres, a atteint 84 millions de roubles. Pour une petite fondation comme la nôtre, ce sont des indicateurs assez élevés ».

Lire Les enfants derrière un mur de pierre

Nombreux sont les projets réalisés par le Fonds Saint-Jean de Cronstadt, qui est la réunion en un seul réseau des centres de réhabilitation des toxicomanes placés sous l'égide de l'Eglise orthodoxe russe : la formation et la reconversion du personnel pour le réseau ecclésiastique des centres de réhabilitation des toxicomanes, ainsi que l'activité de coordination, d'enseignement méthodique et d'analyse approfondie.

84 millions de roubles en 6 ans ont été investis à la réhabilitation par l'Eglise des toxicomanes
L'un des problèmes, que l'on n'arrive pas jusqu'à présent à surmonter, est l'attitude négative de la société à l'égard des toxicomanes, a également déclaré l'évêque Méthode : « les toxicomanes sont perçus comme des criminels. On a plus tendance à vouloir les punir, qu'à les aider, les soigner, les sauver, » a-t-il constaté avec regret.

Lire :
« La réhabilitation des toxicomanes en Russie grâce à l'Eglise Russe Orthodoxe. Ces jeunes, qui se sentent vides intérieurement, apprennent à se reconstruire en respectant les règles de la vie monastique avec les offices religieux, la prière et le travail obligatoire. La réalité de la situation en Russie revêt l'ampleur d'une catastrophe nationale. Les drogues détruisent maintenant ceux qui n'avaient pas été détruit par l'alcool.... Quelques aspects de la vie monastique en Russie et ailleurs..

L'évêque Panteleimon a fait part de ses premières expériences de relations avec les toxicomanes, en 1979 : « Pendant huit ans, nous avons aidé une jeune femme à se défaire de sa dépendance. Elle consommait de la drogue depuis très longtemps, son mari était toxicomane, elle vivait dans un environnement hippie. Avec l'aide de Dieu, elle a abandonné la drogue, elle chante maintenant dans le chœur, peint des icônes. Un jour, elle m'a apporté une liste de ses amis décédés en me demandant de prier pour eux ; deux pages, écrites des deux côtés, et à côté de chaque nom la raison de sa mort : overdose, tué, mort en détention... J'ai compris à quel point la drogue est une chose terrible, et combien il est difficile de s'arracher à sa dépendance ».

Et il ajoute : « Nous devons raconter chacune de ces histoires, dire que ces gens meurent et que nous pouvons les aider. Lorsque vous faites un travail de routine, que vous pensez que vous envoyez simplement des papiers et recherchez une aide financière, n'oubliez pas que grâce à ces papiers et à l'argent sont sauvés non seulement la vie, mais l'âme de ces personnes ».

84 millions de roubles en 6 ans ont été investis à la réhabilitation par l'Eglise des toxicomanes
Dans chaque diocèse, les prêtres doivent avoir une information sur le centre ecclésiastique de réhabilitation auquel envoyer le toxicomane qui demande de l'aide, comment aider un membre de sa famille, a également souligné l'évêque Panteleimon. En particulier, cette question devrait être résolue par un réseau unique de centres ecclésiastiques de réhabilitation des toxicomanes qui serait créé par le Centre de coordination de lutte contre la toxicomanie du Département synodal de bienfaisance.

Le Fonds de bienfaisance Saint-Jean de Cronstadt a été créé en août 2011 pour financer les initiatives de l'Eglise dans le domaine de la lutte contre la toxicomanie, du développement du système ecclésiastique de réhabilitation et d'aide aux toxicomanes. Son fondateur est le Département synodal pour les actions de bienfaisance et les affaires sociales de l'Eglise.

Aujourd'hui, en Russie, il y a plus de 200 structures orthodoxes d'aide aux toxicomanes, dont plus de 70 centres de réhabilitation, 12 centres de resocialisation, 9 centres de soins ambulatoires, 40 centres de consultation, 7 centres de motivation et 62 groupes d'entraide. Chaque année s'ouvrent au moins 10 nouvelles structures ecclésiastiques d'aide aux toxicomanes.

Le 2 Août, s'est ouvert un nouveau centre de réhabilitation, « L'Espoir inextinguible », dans le village de Sidorovo, du district municipal de Ramenskoye,

Lien Pravoclavie ru Traduction Marie et André Donzeau

84 миллиона рублей за 6 лет были направлены на церковную реабилитацию наркозависимых

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Août 2017 à 23:57 | 1 commentaire | Permalien

*** Une visite du Pape de Rome n’est pas à l’ordre du jour.

Moscou. 19 août 2017. INTERFAX — La question de l’Ukraine sera examinée lors de la prochaine visite à Moscou du [cardinal Paolo Parolin, ]url: http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Le-cardinal-Parolin-en-Russie-au-mois-d-aout_a5111.html Secrétaire d’État du Vatican, du 20 au 24 août.

« La question ukrainienne n’a pas été ôtée de l’ordre du jour. Cette question reste un problème dans les relations entre nos deux Églises en raison des actions destructrices des gréco-catholiques en Ukraine ; la question a aussi une dimension humanitaire, » a déclaré ce mardi sur notre site Interfax-religia le hiéromoine Stéphane (Igoumnov), secrétaire du Département synodal aux relations extérieures en charge des relations entre les Églises chrétiennes.

Il a également ajouté : « l’Église orthodoxe russe apprécie la position du Vatican sur cette question qui n’autorise pas d’utiliser le Saint-Siège afin de spéculer sur une escalade dans la crise ukrainienne et faire que le conflit dans ce pays devienne un conflit inter-religieux. »

Le père Stéphane a également souligné que la visite du cardinal Secrétaire d’État intervient dans le cadre des échanges entre les deux Églises qui se sont activés depuis la rencontre du Pape et du Patriarche, cette visite « est une étape normale dans la coopération qui se développe dans différentes directions. […]

l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique-romaine sont les communautés chrétiennes les plus importantes dans le monde. Leurs leaders ne craignent pas de prendre leur responsabilité et d’influer de leur autorité sur les processus qui apparaissent aujourd’hui dans nos sociétés, d’élever leur voix pour la défense de la moralité traditionnelle, pour le soutien aux chrétiens persécutés dans différentes régions du monde, et tout particulièrement au Proche Orient, et pour toute autre question dont dépend l’avenir de toute l’humanité. »

Répondant à une question sur l’éventualité d’une visite du pape François à Moscou , le père Stéphane a rappelé que le Cardinal lui-même a, dans une interview, déclaré qu’il n’aborderait pas cette question avec le Patriarche.

Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Août 2017 à 23:00 | 0 commentaire | Permalien

Extrait de la conférence prononcée le 1 novembre 2010 par le métropolite de Volokolamsk, Hilarion, Président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou à l'Académie théologique de Moscou

Quelle était l'attitude de l'Eglise orthodoxe aux catholiques au début du dialogue? Il convient tout d'abord noter que l'Eglise orthodoxe officielle ne reconnaît par aucun document, décret ou définition l'efficacité et l'action salvatrice des Sacrements de l'Eglise catholique. Mais en fait, l'Orthodoxie accueil en son sein les Catholiques depuis des siècles en pratiquant le même rite d'accueil que celui qui est pratiqué de nos jours par les catholiques pour recevoir les chrétiens orthodoxes. Cela signifie que lorsque nous recevons au sein de l'Eglise orthodoxe une personne baptisée dans l'Eglise catholique, nous ne le rebaptisons pas; si la personne a été confirmée dans l'Église catholique, nous ne le chrismons pas; s'il était un prêtre catholique, nous ne l'ordonnons et le recevons dans le même ministère.

Reste ouverte la question de la reconnaissance des ordres religieux catholiques - il n'y a pas de pratique uniforme, parce dans l'Église catholique elle-même il n'existe pas de conception du monachisme semblable au notre. Mais comme pour les sacrements - en cas de réception d'un Catholique dans l'Église orthodoxe, nous ne répétons pas les sacrements qu'il a reçu dans l'Église catholique.

Cette pratique peut être interprétée de différentes façons. Selon une interprétation il n'y a que des formes vides dans l'Eglise catholique, mais lorsque la personne entre dans l'Eglise orthodoxe ces formes se remplissent rétroactivement par la grâce de Dieu. Cette interprétation est assez largement répandue. Il existe une autre interprétation, selon laquelle l'Eglise orthodoxe a effectivement admis le sacrement catholique, bien qu'il n'y ait pas de communion sacramentelle entre les deux Églises.

Ces deux points de vue coexistent aujourd'hui dans l'Eglise orthodoxe, mais ni l'un ni l'autre ne peuvent être considérés comme un point de vue officiel puisqu'il n'y a pas de position panorthodoxe sur la validité des sacrements de l'Eglise catholique à ce jour. De plus, il existe différentes pratiques. Il y a des régions où le prêtre catholique ne sera pas accepté dans leur ministère; par exemple, sur le mont Athos, si un prêtre catholique veut se convertir à l'orthodoxie et devenir moine du Mont Athos, il sera rebaptisé, chrismé puis ordonné diacre et prêtre. C'est ce qui s'est passé pour le célèbre théologien français, l'Archimandrite Placide (Desaix), qui était prieur d'un monastère dans l'Eglise catholique (ce qui correspond pour nous à Archimandrite), mais en devenant orthodoxes au Mont Athos, il a été rebaptisé, chrismé et ordonné dans le diaconat et le sacerdoce.

Patriarchia.ru /point 3, traduction V. Golovanow/

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Août 2017 à 23:39 | 0 commentaire | Permalien

À la recherche de starets, les gens comblent leur vide spirituel
Irina Yakousheva s’entretient avec l’Higoumène Pierre /Meshcherinov/ le 8 août 2017

« Qui sont ces „touristes de la spiritualité” ? Qu’est-ce qui pousse ces paroissiens laïques vers la spiritualité monacale ?

Les monastères peuvent-ils survivre sans pèlerins ? Qu’est-ce qu’un regard serein sur la vie monacale ? » Telles sont les interrogations de l’Higoumène Pierre.

Qu’est-ce qui pousse les gens à faire de si nombreux pèlerinages, comment se porte le « tourisme de la spiritualité » ?

— Pour ce qui est des gens extérieurs, des non pratiquants, c’est là une mode, une démonstration de réussite sociale. Les gens aisés aiment se rendre au Mont Athos, en Grèce, en Terre sainte. Pour ce qui est des monastères de notre pays, seuls quelques-uns, comme Valaam, suscitent un tel intérêt. Nos monastères de province n’attirent pas particulièrement ce genre de groupes de pèlerins. Il y a un type donné de sermons adressés aux gens aisés : on leur parle pèlerinages, dons, restaurations d’églises et de monastères, c’est une bonne action qui leur est accessible. Suivre les Commandements du Christ leur est plus difficile, mais faire un don manuel, ça, ils le peuvent.

À la recherche de starets, les gens comblent leur vide spirituel
Est-ce que ces pèlerinages sont d’une quelconque utilité ?

— Pour ces gens, d’aucune utilité, c’est une tromperie, au lieu de les ouvrir à la vie chrétienne, on leur propose de se racheter simplement. Pour ce qui concerne les monastères, c’est une autre question, beaucoup plus complexe. Je considère que les monastères doivent être fermés non seulement aux touristes, mais à toute personne extérieure. Un monastère est une communauté de religieux qui se sont consacrés au perfectionnement intérieur et la présence de personnes extérieures, même pour participer aux offices est une entrave à cette recherche. Mais depuis longtemps chez nous les choses se sont établies autrement : le monastère est considéré par les laïcs comme un modèle, modèle pour ce qui est des offices divins ou de la pastorale, et il faut en tenir compte. Si le monastère est un lieu de réclusion, cela implique que les frères subviennent à leurs besoins par leur travail, et, selon moi, ce travail ne peut pas être simplement agricole, car il ne rapporte pas beaucoup et n’est pas très compatible avec le travail sur soi. Ce doivent être de petites communautés qui se livrent au travail intellectuel, en piètre estime dans notre pays, tout ça est donc comme une utopie.

Mais nos monastères grand ouverts au monde ont besoin de vivre. Ils accomplissent leur rôle liturgique et pastoral et en espèrent, en retour, soutien et aide matérielle. Telle est la situation de nos monastères, mais le but de la vie monacale est le perfectionnement intérieur, ce qui, selon moi, ne peut être d’aucun rapport.

Peut-on changer le statut des monastères de sorte que les moines n’aient plus à se plaindre et que l’on puisse s’y rendre en pèlerinage ?

— Ce qui est regrettable c’est que nous avons tous une règle unique : le monastère est un lieu de vie communautaire centré sur les offices divins. Or historiquement, jusqu’au XIXe et début du XXe siècle, les monastères étaient de types différents : ermitages, vie communautaire ou dans le monde. Et les petits monastères pouvaient tenter de vivre comme je l’ai décrit plus haut. Quant aux grands monastères dont l’activité est à visée pastorale et éducative, tout doit y être fait pour que la communauté n’ait pas à se disperser dans la vanité du monde. Ainsi, par exemple, ici au monastère Saint-Daniel, ce ne sont pas les frères qui prennent en charge les groupes de pèlerins, mais un service touristique avec des guides professionnels qui présentent le monastère aux visiteurs. Donc des compromis sont possibles.

Mais les croyants, pourquoi deviennent-ils des « touristes de la spiritualité », qu’est-ce qu’ils ne trouvent pas dans l’église à côté de chez eux et qu’apportent-ils aux monastères ?

— Les pèlerins croyants sont, pour le moine retiré dans son monastère, un énorme fardeau qui sape véritablement la vie spirituelle. À y regarder sans détours, monachisme et sainteté n’ont pas grand-chose en commun. Dans la tradition ancienne, dans les monastères de vie communautaire, il y avait un ou deux prêtres qui se consacraient exclusivement aux célébrations liturgiques pour les moines, et non pas du tout pour les visiteurs laïques (saint Sabas le sanctifié). Ensuite tout a changé, ce qui, de mon point de vue, est contraire au monachisme. Pourquoi est-ce que les gens affluent dans les monastères ? Certainement parce qu’ils ne sont pas satisfaits par la pastorale de leur paroisse. Ici nous abordons un problème que j’ai soulevé il y a longtemps : nous n’avons aucune pédagogie de la pastorale qui nous permettrait d’ouvrir les gens à la vraie vie chrétienne qui est, avant tout, une vie intérieure, la vie de l’homme en Christ, pour laquelle la vie en l’église n’est qu’un moyen, un secours, une aide, etc. Quand cela manque, en l’homme se crée un vide qu’il commence à combler par des pèlerinages.

Dans les temps anciens, les pères de l’Église disaient que les pèlerinages n’ont rien à voir avec la vie chrétienne, que ce n’est que perte de temps et d’argent, que cela « désoriente », attire l’attention non sur la vie non pas intérieure, mais extérieure… et l’on en est toujours au même point. Il est d’autant plus pénible de vivre une vie intérieure que l’on ne nous y prépare pas. Voilà pourquoi les gens cherchent des starets, ou je ne sais qui.

Et pourtant ils cherchent et trouvent semble-t-il, les visites de monastères y participent ?


— Bien sûr, on me dit que l’offre fait en grande partie naître la demande. Et c’est vrai, en 25 ans de vie pastorale, j’ai rencontré quelques personnes qui m’ont interrogé sur la vie intérieure, m’ont demandé comment prier, qui sont ces « cœurs purs », que veut dire l’apôtre Paul quand il écrit : « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. » (Col. 3,3), qu’est cet « homme intérieur » dont parlent les apôtres, etc. Toutes ces choses n’intéressent presque personne. Ce qui intéresse le chrétien comme le non chrétien c’est quel est l’avenir, que faut-il faire pour qu’il soit bon ?

C’est ça la demande, mais dans l’Église du Christ il y a la charge de pasteur pour s’opposer à cette « religiosité de tous », pour enseigner la vérité, proclamer l’Évangile et la vie intérieure en Christ et non pas les starets-thaumaturges. Et comme ça n’existe pas, les monastères s’emplissent de « pèlerins » à la recherche de starets. Bien sûr, les moines authentiques en souffrent. Mais de nos jours autour des monastères s’est créée une sous-culture, avec ses aspects économiques aussi, mais elle vit, et se défend si nécessaire.

À la recherche de starets, les gens comblent leur vide spirituel
Est-ce qu’il y a un moyen raisonnable de sortir de cette situation ? Faut-il changer tout le système, le statut des monastères ? Ou faut-il expliquer aux gens ?

— La solution raisonnable n’est ni dans les révolutions ou dans les réformes, il faut simplement que chacun apprécie la situation en chrétien, d’un œil lucide. Je ne dis qu’il est aujourd’hui impossible de vivre au monastère et d’y sauver son âme, c’est tout à fait possible, mais il faut que toute chose soit à sa place et que les gens ne se fourvoient pas dans les livres anciens, qu’ils regardent les choses en face. Quand je m’apprêtais à entrer au monastère Saint-Daniel (je considère que du point de vue de l’organisation, c’est le meilleur), un prêtre, à qui j’ai posé la question, m’a dit : « n’hésite pas, le monastère est comme tous les autres, c’est comme dans les livres, comme chez les pères — humilité et obéissance. » Il s’est avéré que ce n’est pas tout à fait comme ça, il y a une spécificité.

À qui veut entrer dans les ordres il faut dire la vérité : ce qui l’y attend, les dangers qui le guettent, quelles sont les embûches, alors il s’y retrouvera. Sans soutien pastoral on a du mal à y parvenir. Ma génération qui a reçu la tonsure à la fin des années quatre-vingt ou au début des années quatre-vingt-dix, il n’y avait rien de tout cela, nous partions de zéro et, bien sûr, nous trompions quant à ce qui est dit dans les livres des saints pères et ce que signifie la vie monacale contemporaine, surtout dans les grands monastères urbains. Je veux souligner que l’on peut vivre dans de tels monastères, s’y attacher et participer à les améliorer en quelque sorte, chacun à sa place. Mais il faut dire aux novices les choses telles qu’elles sont, sans rien dissimuler derrière les saints pères, sans les désorienter. L’expérience de notre génération le permet.

Et comment faut-il s’adresser aux pèlerins-touristes ?

— Comme aux gens riches qui visitent les lieux saints, il faut leur dire la vérité : venez, laissez des dons, mais sachez que ça ne vous ouvrira pas les portes du Paradis. Il faut leur dire que l’important est de suivre les Commandements du Christ dans leur vie quotidienne et leur vie sociale : ne pas tricher, ne pas mentir, ne pas s’enorgueillir, ne pas voler, et ainsi de suite, et alors, en cinquième ou dixième position, en option, en tant que « repos spirituel », un voyage au Mont Athos ou à Jérusalem pourra leur être salutaire. Mais qu’un aucun cas ce ne peut « racheter » leur vie dissolue. Il faut le dire ! Ça en surprendrait sûrement quelques-uns, parce que de leur confesseur ils n’entendent que des mots indulgents : « Nous sommes tous gens faibles et pécheurs, construis nous un clocher et tes péchés te seront remis. »

Les « starets », c’est tout une sous-culture, une idéologie pseudo-ecclésiale à laquelle on doit substituer une authentique pédagogie ecclésiale saine. Mais pour le moment ce n’est visiblement pas une priorité de notre vie ecclésiale.

Entretien mené par Irina Yakousheva
Поиском старцев люди заполняют духовную пустоту
Source : Pravmir.ru Traduction "PO"

À la recherche de starets, les gens comblent leur vide spirituel

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Août 2017 à 22:23 | 13 commentaires | Permalien

Les trois Sauveurs:  miel, pommes, pain
"Pour moi, Dieu me garde de trouver ma fierté autre part que dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ." Galates (6.14)

Les trois Sauveurs

Août est un mois particulièrement festif: outre "la Dormition" (15/28 août), bien connue et largement célébrée, il n'y a pas une mais trois fêtes du Christ: "la Procession de la Sainte et Vivifiante Croix à Constantinople " le 1/14 Août, , "la Transfiguration" le 6/19 Août, la seule des trois qui soit bien connue, et la fête "de l'icône de la face du Christ non faite de main d'homme" le 16/29 Août.

En Russie ces trois fêtes sont donc appelées respectivement "Premier Sauveur", "Deuxième Sauveur" et "Troisième Sauveur".

Les trois Sauveurs:  miel, pommes, pain
Ces fêtes ont aussi des noms populaires liés aux activités agricoles, qui "récupèrent" probablement d'anciennes célébrations païennes: la première est le "Sauveur du miel" car le miel nouvellement recueillie est béni et goûté ce jour là; Transfiguration est appelée "Sauveur des pommes" car on bénit les premières récoltes de fruits et de légumes; et la troisième est le "Sauveur du pain" puisqu'on y bénissait les premiers pains faits avec le blé de la nouvelle moisson, ou encore le "Sauveur des noisettes" (premières récoltes des fruits secs)…

La Procession de la Sainte et Vivifiante Croix à Constantinople

La procession du Vénérable Bois de vie de la Croix - Création du Seigneur : Dans le Horologion grecque de 1897, la dérivation de cette fête est expliqué :

" En raison des maladies qui surviennent en Août, il était d'usage, dans les temps anciens, pour mener le Vénérable Bois de la Croix à travers les rues et les places de Constantinople pour la sanctification de la ville, et pour le soulagement de la maladie. À la veille (31 juillet ), elle a été prise par le Trésor impérial, et déposée sur l'autel de la grande église de Sainte-Sophie (La Sagesse de Dieu). De cette fête jusqu'à la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, ils portaient la croix à travers la ville en procession, offrant à la population à vénérer. C'est aussi la procession de la Croix vénérable".

Dans l'Eglise russe, à la fin de la Liturgie «il y a une procession de l'église pour la sanctification de l'eau et pour l'édification du peuple, dans toutes les villes et les lieux".(In. le "Compte de l'Ordre des services à la sainte, Catholique et Apostolique Grande église de la Dormition," compilé en 1627 par ordre du Patriarche Philarète de Moscou et de toutes les Russie.) La croix est vénérée comme le dimanche de la Croix du Grand carême. Elle est rentrée dans le sanctuaire après les vêpres du soir.

Une Petite sanctification de l'eau se fait aussi avant ou après la liturgie et la fête était parfois appelée "Sauveur de l'Eau" (actuellement la Petite sanctification de l'eau chaque mois en Russie, ce qui était auparavant de règle dans les monastères.)

Avant la révolution, cette fête était aussi associée avec le souvenir du Baptême de la Rus, le 1er Août, 988 selon les Chroniques du XVIe siècle : "Le Baptême du Grand Prince Vladimir de Kiev et de toutes les Russies a été le 1er Août". Actuellement cette commémoration a plutôt lieu le 28 juillet, jour de la fête de St Vladimir.

Et cette fête marque aussi le début du carême de la Dormition de la Mère de Dieu.

V.Golovanow d'après: Cosaque.over-blog

Les trois Sauveurs:  miel, pommes, pain
Le "Sauveur des pommes" le 19 août

"Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. " Marc 9.1

"Le Sauveur *qui jadis, dans le désert, *guidait Israël grâce à une colonne flamboyante *c'est le Christ *qui aujourd'hui, sur le Mont Thabor, *a resplendi d'une lumière indicible. " Extrait du Canon de la fête par St Cosmas de Maïouma

6/19 août, fête de la Transfiguration

La fête de a commencé à être célébrée au IVe siècle, en Asie, probablement chez les Arméniens. Ceux-ci la célèbrent d’une manière particulièrement solennelle : ils s’y préparent par un jeûne de six jours et la font durer trois jours. Comme plusieurs autres fêtes chrétiennes, la Transfiguration semble avoir remplacé une fête païenne, une " fête de la nature " : la bénédiction des fruits nouveaux, le jour de la Transfiguration, est peut être un vestige de cette origine. Très tôt adoptée dans l’Église grecque, cette fête ne s’est introduite qu’au IXe siècle dans l’Église latine ; et encore n’est-ce qu’au XVe siècle qu’elle a été généralement adoptée en Occident. (ibid.)

La Transfiguration constitue en Russie la plus importantes des trois "Fêtes du Sauveur" du mois d'août . Héritée de la Russie médiévale, c'est une importante fête religieuse mais également agricole et … culinaire (!)

Les fidèles apportent à l'église des pommes et autres fruits d'automne (poires, prunes, raisins) pour les faire bénir et une atmosphère de fête règne le jour suivant: les fruits sont bénis après la Liturgie solennelle et les fidèles les goûtent et les partagent avant d'aller déjeuner. Il est en effet d’usage d'en offrir généreusement aux autres et un proverbe dit que « Même le mendiant pourra manger une pomme pour le Deuxième Sauveur ».

Les pommes incarnent la vie, l'immortalité et la générosité. Le jour du "Sauveur des pommes" elles ont même des pouvoirs particuliers: celui on peut faire un vœu en croquant une pomme... Cette fête marque la fin de l'été, la chaleur diminue et il peut commencer à faire froid…Cf. dossier

Bien entendu, le gâteau aux pommes traditionnel fait partie de la fête!

Les trois Sauveurs:  miel, pommes, pain

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 14 Août 2017 à 17:45 | -1 commentaire | Permalien

Le carême de la Dormition
Le carême de la Dormition débute le 14 août et se termine le 28 août.

Il précède la dernière des douze grande fête de l'année liturgique – la Dormition de la très sainte Mère de Dieu

Les Règles du carême précise que durant tout le carême, il est interdit de manger du poisson, exception faite de la fête de la Transfiguration (19 août). Les samedis et dimanches il est de coutume de consommer de la nourriture cuite accompagnée d'huile végétale est autorisée, les mardis et jeudis – sans huile végétale et les lundis, mercredis et vendredis – que de la nourriture sèche. Le carême de la Dormition dure deux semaines , mais la sévérité de son ascèse est comparable au grand carême.

La bénédiction du nouveau miel qui a lieu traditionnellement le premier jour du Carême de la Dormition. Source

http://www.paperblog.fr/2211346/regles-du-careme-de-la-dormition/ http://www.paperblog.fr/2211346/regles-du-careme-de-la-dormition/


Rédigé par l'équipe de rédaction le 14 Août 2017 à 07:16 | 0 commentaire | Permalien

Malo Tresca

En chantier depuis 2009, le projet de nouveau catéchisme de l’Église orthodoxe russe, exposé dans une version non définitive publiée fin juillet, défend que « l’œcuménisme ne contredit pas l’enseignement orthodoxe ».

En s’ouvrant à la modernité, ce projet catéchétique, plébiscité par le patriarche Kirill de Moscou, s’expose aux critiques anti-oecuméniques dans les rangs de l’Église. Un projet pour « s’ouvrir à la modernité » et redécouvrir les racines de l’Église orthodoxe russe, après 70 ans d’athéisme forcé et au lendemain de la dislocation du bloc soviétique en 1990 et 1991.

Évoqué pour la première fois en 2008 lors de l’Assemblée des évêques, examiné depuis 2009 par une commission composée notamment de théologiens renommés du pays, et lancé avec la bénédiction du Patriarche Kirill de Moscou, le projet de catéchisme « contemporain » de l’Église orthodoxe russe a été présenté, dans une nouvelle version, à la fin du mois de juillet.

Réflexions autour des fondements de la foi orthodoxe, principes fondamentaux de l’ordre canonique et de la vie liturgique de l’Église, bases de son concept social, de ses positions quant à la liberté et aux droits de l’homme… : cette nouvelle version, qui n’est pas définitive, est en partie ouverte aux commentaires des internautes et des fidèles jusqu’au mois de novembre.

Un document « facilement accessible »

L’élaboration de ce nouveau catéchisme « résulte de la volonté de l’Église orthodoxe russe d’avoir un document résumant sa foi, sa doctrine et son enseignement, facilement accessible à l’homme moderne », explique le Père Jivko Panev, maître de conférences en droit canonique, en histoire des Églises locales à l’institut Saint-Serge.

Il s’interroge toutefois sur « l’utilité future, pour les pasteurs et les fidèles, d’un texte de plus de 350 pages ». « De la même manière que l’Église catholique a élaboré, à l’époque, sa doctrine sociale et son catéchisme [en 1992], l’Église orthodoxe russe – portée par le patriarche Kirill – a publié au début des années 2000 ses Fondements de la doctrine sociale (1) et s’apprête à renouveler son catéchisme », ajoute le responsable du site Orthodoxie.com.

Des discussions œcuméniques « conformes au droit canonique »

Dans la sixième et dernière partie du document, la commission synodale consacre, de manière inédite, une dizaine de pages à l’attitude de l’Église orthodoxe russe et des fidèles vis-à-vis « des non-orthodoxes ». « L’œcuménisme ne contredit pas l’enseignement orthodoxe », affirme le texte, alors que la nécessité de s’ouvrir à l’œcuménisme, très promue au sein de l’Église catholique, est encore bien loin de faire l’unanimité dans les rangs de certaines Églises orthodoxes. Certaines condamnentrégulièrement toute tentative de rapprochement avec le Vatican.

Le document veut se prémunir d’éventuelles critiques en citant l’un des points du discours du grand rassemblement panorthodoxe de Thessalonique prononcé en 1998 : « Les représentants [impliqués dans le mouvement œcuménique durant ces dernières décennies] ont toujours été entièrement fidèles et obéissants à leurs autorités respectives de l’Église et ont agi en accord avec les règles canoniques, l’enseignement des conciles œcuméniques, les pères de l’Église et la sainte tradition de l’Église orthodoxe ».

Un projet porté par le patriarche Kirill


Par l’élaboration de ce nouveau catéchisme, « cette ouverture de l’Église orthodoxe russe se produit vraiment sous la houlette du patriarche Kirill de Moscou, très positif quant au rapprochement avec les catholiques », poursuit le Père Panev.

Il rappelle notamment la grande proximité du patriarche Kirill avec le métropolite Nicodème, mort en 1978 au Vatican dans les bras de Jean-Paul Ier, puis son passé de directeur des relations extérieures du Patriarcat, qui lui a permis de développer les prémices d’un dialogue œcuménique et de jeter les bases d’une doctrine sociale de l’Église orthodoxe russe.

Mais les positions œcuméniques de Kirill, le premier patriarche de l’Église orthodoxe russe à avoir rencontré un pape, en février 2016, après plus de mille années de séparation, prêtent aussi, au sein de sa propre Église, le flanc à la critique.

La déclaration conjointe des deux responsables religieux contenait des expressions « qui ne sont nullement indiscutables, voire parfois erronées », avait alors publiquement réagi le Père George Maximov, du Patriarcat de Moscou, avant d’exhorter l’Église romaine à « confesser la vérité et abandonner ses faux dogmes ».

Une « méfiance » vis-à-vis de l’œcuménisme

Alors que plusieurs grandes figures historiques de l’Église orthodoxe n’ont cessé de réaffirmer, ces dernières décennies, leur méfiance vis-à-vis des « dangers » liés au mouvement œcuménique, des figures éminentes de l’orthodoxie – notamment bulgare et géorgienne – ont réaffirmé leurs réticences après le concile panorthodoxe de Crète en 2016. LIEN La Croix

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Août 2017 à 09:14 | 26 commentaires | Permalien

Le premier voyage  du pape François en Russie en préparation
Le numéro deux du Vatican Pietro Parolin, à Moscou du 20 au 24 août, évoquera l'éventualité d'un voyage officiel du pape François en Russie, ce qui constituerait une première historique, a-t-il précisé mercredi dans un entretien au quotidien Corriere della Sera.

Voyage compliqué politiquement. "La préparation d'un éventuel voyage du Saint-Père François en Russie relève des objectifs de ma visite", a indiqué au journal italien le Secrétaire d'État au Vatican (chef du gouvernement), tout en annonçant ses dates de voyage.

Dans une interview en mars dernier au journal allemand Die Zeit, le pape François interrogé sur ses projets de voyages internationaux, avait déclaré : "je ne peux pas aller en Russie, car alors je devrais aussi aller en Ukraine". Mgr Parolin n'est pas interrogé sur ce point. Il doit s'entretenir notamment à Moscou avec le président russe Vladimir Poutine et des hauts représentants religieux, dont le patriarche Kirill, à la tête de l'Église orthodoxe russe.

La paix, une priorité. "Dans ce moment historique où nous assistons à une augmentation des tensions et des conflits dans diverses parties du monde, la paix constitue pour le pape François et pour moi personnellement une priorité claire et incontournable", a commenté le bras droit du pape. Le Saint-Siège nourrit "un intérêt particulier" pour la vaste zone de l'Europe orientale, qui "outre des riches traditions culturelles et religieuses, a un rôle à jouer dans la recherche d'une meilleure stabilité du continent et une meilleur unité, y compris dans les relations est-ouest", souligne-t-il. SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Août 2017 à 20:50 | 5 commentaires | Permalien

Saint et Grand-Martyr PANTELEIMON +305
Le Saint et glorieux Martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d'un sénateur païen, Eustorgios, et d'une Chrétienne, Euboulie, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l'art médical, au point que l'empereur Maximien, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel.

Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché Saint Hermolaos (cf. 26 juil.), le Saint Prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l'invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu'un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement.

Le coeur exultant de joie à l'audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement Saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi.

Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d'éprouver la vérité des promesses d'Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l'enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le Saint Baptême.

Il resta ensuite auprès du Saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu'il était resté au palais, occupé par la guérison d'un homme proche de l'empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n'en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Saint et Grand-Martyr PANTELEIMON +305

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu'il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l'aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l'homme retrouva l'usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l'âme, car il reconnut que le Christ l'avait guéri. Il fut baptisé par Saint Hermolaos, en compagnie d'Eustorgios, qui ne tarda pas à s'endormir en paix.
Saint et Grand-Martyr PANTELEIMON +305

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s'adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies SUITE VIE DU SAINT MARTYR PANTELEIMON
Saint et Grand-Martyr PANTELEIMON +305

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 9 Août 2017 à 12:56 | -1 commentaire | Permalien

COMMENT UN FRANCAIS A DEMENAGE A IVANOVO ET TROUVE UN SENS A SA VIE : L’HISTOIRE DE JEAN-MICHEL COSNIEAU
Traduction Laurence Guillon pour "PO"

Le directeur d’une agence parisienne de publicité, Jean-Michel Cosnieau est arrivé à Moscou dans les années 90. Il y a dirigé des boîtes de nuit. Il est ensuite devenu orthodoxe et vit entre Moscou et son village près d’Ivanovo. Jean-Michel jette un regard critique sur le monde occidental contemporain et croit dans les perspectives de la Russie. Il l’a raconté à la correspondante du site « Pravoslavie i mir ».


Sur son arrivée en Russie

C’était en 96. Ma femme a péri dans un accident d’avion, entre Paris et New-York. C’était horrible. Et j’avais décidé de changer de vie. En France, j’avais des parents aisés, un poste de directeur régional d’une des plus grosses agences de publicité de Paris. J’arrivai à Moscou, où personne ne me connaissait, et je recommençai tout à partir de zéro.

Je voulais commencer une nouvelle vie. J’ouvris un petit bar, et décidai de vivre plutôt à Moscou qu’à Paris. Non, je n’avais pas peur. C’était bien sûr un énorme bordel. Mais je sentais palpiter autour de moi une énergie qui me plaisait beaucoup. Il y a vingt ans, en comparaison de maintenant, c’était tout simplement une autre planète.

La Russie évolue très vite. Et comme j’avais étudié autrefois la politologie à la Sorbonne, il était intéressant pour moi de tout observer et d’essayer de tout comprendre. La Russie se développait sous mes yeux.

COMMENT UN FRANCAIS A DEMENAGE A IVANOVO ET TROUVE UN SENS A SA VIE : L’HISTOIRE DE JEAN-MICHEL COSNIEAU
Sur ses recherches spirituelles

La vie est une expérience. En tous cas, mon arrivée ici, c’était encore une petite expérience dans le cours de ma vie. Ce qui était important, je me suis tout de suite senti ici chez moi.

Je ne suis pas 100% français. Mon père est originaire de la Bretagne, d’une famille de jésuites, nous avions même un prêtre parmi nous. Ma mère est une juive de Varsovie, une communiste, avec toutes les conséquences afférentes. On ne me parlait presque pas de religion dans mon enfance. Je ne suis jamais allé à la synagogue, bien que ma mère soit juive. Je me souviens de l’église catholique, j’y allais quand j’étais en vacances chez mon grand-père et ma grand-mère. Mais alors, je n’y comprenais naturellement rien. Ma mère était communiste, mon père, après dix ans d’étude chez les jésuites, n’abordait jamais ce thème.

Bien que probablement, je ressemble à mon père. Sa famille voulait qu’il fût ordonné. Il a étudié dix ans et ensuite, il a quand même abandonné, cela ne lui a pas plu. Quand on oblige un jeune homme à apprendre le latin, le grec, l’anglais, l’allemand, c’est difficile. Il rencontra d’abord ma mère, puis il finit bouddhiste au Laos.
J’étais ouvert à ces questions, j’avais moi-même lu, d’abord sur le bouddhisme et la méditation, ensuite la Bible, les philosophes, Lev Chestov et les orthodoxes, et il y a dix ans, je décidai de devenir orthodoxe.

Sur la Russie, ses lois et ses règles.

J’ai eu dans mon enfance une éducation très sévère. Je lisais beaucoup, la télé m’était interdite. Sans doute que c’est ce qu’il faut. Parce que lorsque je me suis retrouvé ici, à Moscou, la vie n’avait aucune limite, et il fallait se construire sa propre discipline et décider comment vivre. Mes règles intérieures, c’était sans doute tout ce que j’avais appris autrefois de mes parents et de ceux qui ont suivi. Bien que je ne comprisse pas que la moitié de tout cela n’était pas juste. Et je décidai d’emblée qu’ici, c’était un autre pays, et que je devais m’y adapter. Et j’obéissais simplement.
Durant 20 ans, je n’ai eu aucun conflit avec mes partenaires russes, bien que j’aie eu plusieurs fois peur. Mais je savais toujours qu’il fallait simplement écouter, comprendre et savoir que nous n’avons jamais entièrement raison. Un autre pays, d’autres lois, d’autres limites.

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Bien sûr, l’année 96, c’était encore la période Eltsine… Et ce que j’ai trouvé en Russie, ce n’était pas l’iniquité, c’était simplement un peuple qui voyait pour la première fois un autre style de vie. Et ils voulaient tout essayer, et tout était comme ça, extra…
Et ensuite, tout a changé. Poutine est arrivé, et les lois sont apparues. J’avais beaucoup d’amis qui, pendant dix ans, s’étaient conduits comme des fous. Et ensuite, ils se sont mis à penser à la religion, à l’orthodoxie. Ils ont réfléchi sur leurs racines.

Ces temps de folie sont passés et d’autres sont venus. Bien sûr, il y a moins de lois ici qu’en Occident, mais c’est mieux que lorsqu’il en a trop. De toute façon, les Russes sont souples, en ce qui concerne Dieu, la loi, l’Etat. Chacun a sa façon à lui de les considérer, et ce n’est pas plus mal.

J’ai toujours pensé que la philosophie, la culture, et la religion sont des choses plus importantes que l’argent. Cela a toujours été comme cela pour moi. Et en Russie, j’ai simplement décidé que ce pays n’était pas le mien, qu’il n’y avait rien ici qui me revenait, et que j’aidais simplement des amis à diriger leur affaire, ouvrir des bars, des restaurants. Pour moi, c’était une expérience, car à Paris, je ne m’occupais pas de telles choses.

COMMENT UN FRANCAIS A DEMENAGE A IVANOVO ET TROUVE UN SENS A SA VIE : L’HISTOIRE DE JEAN-MICHEL COSNIEAU
Sur la vie en Russie

A Paris, j’étais directeur d’une agence de publicité. Nous travaillions pour une compagnie de tabac. Quand on a voté la loi contre la publicité des cigarettes, nous avons ouvert une chaîne de bars sous une seule marque commerciale. Ensuite, j’ai ouvert un bar de cette sorte à Madrid, et ensuite, je suis allé en ouvrir un à Moscou (il a eu un certain temps beaucoup de succès) et je ne suis pas revenu en arrière.
Ensuite j’ai ouvert à Moscou seize bars les uns après les autres, pas tous pour moi. Les uns en tant que designer, les autres… je ne suis pas architecte, mais je peux, par exemple, dessiner des plans. En gros, pour autant que je me souvienne, les premières dix années à Moscou, je n’ai pas cessé de faire la bringue.
Puis j’ai rencontré une femme avec laquelle je suis resté huit ans. Elle était d’une famille musulmane, mais ces musulmans étaient comme des Russes, pas de prières, rien… Et nous faisions ensemble de la méditation.

Je gagnais alors beaucoup d’argent, et nous avons cherché comment en donner à ceux qui n’en avaient pas et décidé d’organiser des repas pour les retraités. Nous avons mis en place un fond de bienfaisance, avons pris contact avec quelques prêtres. Ceux-ci nous ont demandé si nous étions orthodoxes.
Nous avons réfléchi à la question avec mon amie. Et ensuite, nous avons commencé à lire la « Philocalie » pendant nos méditations, Grégoire Palamas et tout ce qui s’ensuit. Nous avons essayé de méditer à travers la prière de Jésus. Puis, nous avons décidé de nous faire baptiser.

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Elle l’a fait un mois plus tôt que moi. J’ai rencontré un prêtre formidable. Nous avons discuté de qui j’étais, d’où je venais, comment je voyais la vie, et il m’a baptisé. Je ne peux pas dire que je vais à l’église tous les jours, mais je ressens en moi cette communion.
Nous avons commencé à nous occuper de bienfaisance et distribuions chaque mois cinq ou six tonnes de nourriture pour les retraités. Nous avions pour eux beaucoup de compassion, ils étaient vieux, orthodoxes, beaucoup avaient traversé la guerre, perdu leurs proches.
Au bout de quelques années, les retraités ont commencé à percevoir leur retraite. Et nous nous sommes demandés que faire encore. Nous avons regardé les orphelinats de Moscou. Là, il y a quelquefois des surprises, mais dans l’ensemble, ils sont à l’aise : ils reçoivent beaucoup d’argent, ils ont des facilités, ils peuvent donner beaucoup aux enfants, dans l’ensemble, tout est normal.

Ensuite, mon amie a décidé qu’elle voulait vivre près d’un monastère. Pas dedans, mais à côté. Bien sûr, c’était dommage, mais je ne contrariai pas ces relations, je construisis la maison où nous vivons maintenant, comme frère et sœur.
Nous aidons les gens autour. C’est dans un petit village entre Souzdal et Ivanovo. Nous avons construit une grande maison, acheté des chèvres, comme dans une ferme. C’est une toute autre vie qu’à Moscou.

Ici, je reste assis la nuit à fumer. Je peux dormir dans un petit lit dans une maison sans eau, me promener simplement dans la forêt, c’est très agréable. Ici, pour moi, c’est la vraie vie. Je vais plus souvent à l’église, où elle chante.
Je ne dirai pas que j’ai vraiment trouvé la foi et lis la Bible chaque jour, mais je ressens quelque chose intérieurement, une sorte d’atmosphère, c’est le plus important.

Quand le prêtre m’a baptisé, il m’a dit : pas la peine de lire, pas la peine de rien, l’orthodoxie doit venir du cœur.

Sur la religion

Je pense qu’il y a un seul Dieu et différents chemins pour y arriver. Pour moi, l’orthodoxie est à présent le chemin le plus chaud et le plus cordial.
Mais je pense qu’être un chrétien orthodoxe, cela signifie lire la Bible chaque jour. Pour moi, c’est comme les paroles de saint Augustin : « Etre chrétien, cela veut dire faire le bien que tu peux le faire, et ne pas faire le mal que tu veux le faire ». Et pour moi, tout est là.
Et combien de fois on prie, trois fois ou cinq fois, ce n’est pas le plus important. L’aspect rituel est très différent, mais ce n’est pas important.
Au début, je m’intéressais encore au bouddhisme. Et le bouddhisme, la méditation, m’ont aidé à comprendre le monde, à me comprendre. Mais la méditation sans la foi, c’est vide.

COMMENT UN FRANCAIS A DEMENAGE A IVANOVO ET TROUVE UN SENS A SA VIE : L’HISTOIRE DE JEAN-MICHEL COSNIEAU
Ensuite, quand j’ai commencé à lire Palamas, ses travaux sur l’hésychasme, je suis passé du bouddhisme à l’orthodoxie. Mais c’est moi qui y ai pensé, le père ne m’a rien conseillé. Il a juste dit : « Tu es maintenant notre frère, et c’est le principal ».
Mais les offices tous les jours, pour moi, bien sûr, c’est trop, il faut de la mesure en tout.

Mais une fois par semaine, le dimanche, ça va… Ici, pas loin, il y a un monastère d’hommes, aller là bas une fois par semaine, c’est juste ce qu’il me faut. Je pense que lorsque je serai vieux, je pourrai vivre là bas, aider à la ferme, enseigner l’anglais à l’orphelinat… Mais je ne suis pas encore prêt.

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Maintenant, la vie, ce n’est déjà plus, bien sûr, une expérience. Je ne veux plus m’occuper de clubs ni de restaurants. J’ai toujours beaucoup lu, j’écris maintenant mon premier livre. Mais dans l’ensemble, je ne sais pas de quoi je voudrais m’occuper. Ce que je sais exactement, c’est que je voudrais passer plus de temps au monastère. Peut-être que j’irai là bas tous les deux ou trois mois, pour y vivre un mois ou deux.

Sur les relations entre les gens en Russie et en Europe

J’ai presque 60 ans, on peut considérer que je suis un retraité. Voir le monde, c’est bien, mais vivre en Europe, c’est non. D’ailleurs, je pense que la plupart des Russes ne savent pas vivre au-delà des frontières. J’ai vécu à New-York, à Madrid, à Paris… Moscou, c’est une ville étrange, ici, la liberté existe. Bien sûr, si je veux faire de la politique, entrer dans l’opposition au gouvernement, c’est autre chose, mais je ne le ferai pas.
Maintenant, par exemple, à Paris, tous parlent de politique, et cela les avance à quoi ? Le gouvernement est presque en faillite.

D’un côté, c’est très intéressant de parcourir le monde, de regarder comment vivent les gens. J’ai, par exemple, une petite maison à Marrakech. C’est très intéressant de voir comment vivent les musulmans locaux, ce sont des gens tranquilles et ouverts. Ils ne ressemblent pas du tout aux musulmans qui sont maintenant à Paris. On peut y vivre, mais ce n’est pas ma culture.

Et ici, je suis chez moi, mon grand-père venait d’Odessa, peut-être que cela se fait sentir. Bien que je ne sois jamais allé à Odessa. J’ai été à Kiev, en Crimée. Peut-être qu’un jour je voudrai m’y construire une maison. Les gens m’y plaisent beaucoup, et c’est là bas très beau ; on verra, pour l’instant, je n’ai rien décidé, pour moi, toutes les variantes sont ouvertes.

Dans tous les cas, ce n’est pas nous qui choisissons, c’est la vie qui nous donne les opportunités. Il faut être ouvert et les deviner. Peut-être que si je n’avais pas rencontré ma deuxième femme, rien ne serait arrivé. Maintenant, je sais seulement ce que je ne veux pas. Je ne veux pas vivre comme là bas.
Quand on me demande quelle est la différence entre les Français et les Russes, je réponds : « C’est très simple. Les Russes ont une âme ». Ils peuvent être très durs, terribles, mais s’ils t’ouvrent leur cœur, c’est pour toujours ».

J’ai quelques amis russes que je peux toujours appeler si j’ai un problème, et ils diront toujours : « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Et c’est tout, pas de questions. Les Français diront : « Oh pas maintenant, je ne sais pas ». C’est le plus important.


Sur les perspectives de la Russie

La ville, l’architecture, on peut changer tout cela, mais le principal, ce sont les relations entre les gens. Voici pourquoi je vis ici, ici je suis bien. Et c’est bien aussi quand je vis au monastère.

Là, tout est si simple : personne ne va te juger ou t’accuser, personne n’attend rien de toi. Simplement « allons à la pêche » ou « allons cueillir des champignons », ou « il faut aller chercher la chèvre », c’est tout, la vie est simple.

Comme dit mon amie : «Eh bien alors, si j’avais une robe de plus ou une voiture, un bijou, ça me servirait à quoi ? » Et voilà qu’elle veut vivre là bas, elle ne veut vivre nulle part ailleurs. Et voici ce que j’apprends aussi, là bas, être content de ce que je n’ai pas. C’est aussi très important. Parce que dans la vie, on peut toujours crier que quelque chose nous manque. Il y a toujours quelqu’un de supérieur, de plus beau, de plus riche que nous, il ne faut pas regarder cela.

J’ai quelques amis riches et je vois comment ils vivent. Ils boivent beaucoup, et aucun d’eux n’est heureux. Et quand je suis parti au monastère, ils avaient une vie assez dure. Mais de toute façon personne n’était heureux.
Je pense que la grande chance de la Russie, c’est qu’elle est entrée dans l’histoire mille ans après l’Europe. La civilisation occidentale en est déjà à la décadence, alors que les Russes ont encore mille ans. Les civilisations meurent, regardez l’Amérique, la civilisation occidentale, mais la Russie a encore des perspectives.Quand je vivais à New-York, c’était même pire qu’à Paris. Et maintenant, tous les peuples sont comme cela ; ils veulent de l’argent, ils regardent la télé, ils ne lisent presque pas.

En Russie, maintenant, on lit moins aussi, c’est vrai, mais quelquefois, je suis dans le métro et je vois des gens lire de vrais livres. A Paris, non. Alors que là, il y a un contenu. C’est pourquoi pour les cinq cents ans à venir, on sera mieux en Russie que nulle part ailleurs. Et ensuite… nous verrons.
J’ai vécu à Paris, et je peux dire : là bas, on peut y passer une semaine en touriste, mais y vivre est impossible. Parce que tout est vide : alentour, c’est beau, tout le monde s’habille bien, mais ce n’est pas la vraie vie. Quand je discute avec de vieux amis en France, ils sont tous mécontents, ils se plaignent que tout va mal : des impôts élevés, trop de criminalité, mais ils ne font rien. Ici, quand je discute avec des amis russes, personne ne répète à l’infini : « Oh là là, comme ça va mal, bla, bla, bla ». Parce qu’ils savent : s’ils ont des problèmes, ce sont leurs problèmes. Alors qu’en France, tout le monde attend que le gouvernement s’en occupe, ils ne feront jamais rien d’eux-mêmes. Ici, c’est la liberté.

Oui, j’ai des amis qui vivent comme cela : ils prennent une cuite, ils en sortent, ils gagnent beaucoup d’argent, et ils recommencent du début. Oui, je connais des gens comme cela, mais ils savent gagner de l’argent. En France, ils sont peu nombreux à le faire. Alors qu’ici, il y a des perspectives.

Bien sûr, Moscou, ce n’est pas la Russie, et je n’ai pas été partout. Mais j’ai des amis en Sibérie, j’ai des amis français qui vivent à Samara, j’ai ouvert un bar à Rostov sur le Don. Il y a des régions qui sont même plus dynamiques que Moscou. Je vois le village où nous vivons, à côté du monastère. Il y a dix ans, tout était complètement abandonné et les toits de travers. Maintenant, quand nous avons commencé à aider, ils sont tous venus, ont regardé tout autour et ils ont tout peint et redressé les toits eux-mêmes.

Je pense qu’il n’y a nulle part de solution globale. Simplement chacun doit aider son petit cercle et alors tout sera normal. Il y a des solutions locales et des solutions globales. Maintenant, ce petit village, où nous avons notre maison, est devenu tout autre, qu’il y a dix ans. Il a une dynamique.

C’est vrai, je ne la sens pas partout, et elle est parfois négative. C’est vrai qu’on peut aider de façon diverse. Quand j’étais étudiant, j’aimais beaucoup Che Guevara. Et je me souviens de sa phrase : « Il n’est pas suffisant de donner du poisson au peuple, il faut lui apprendre à le pêcher ».
Et cela ressemble beaucoup à ce qui se passe maintenant au monastère. Quand nous avons reconstruit la petite église, les habitants des alentours ont commencé d’eux-mêmes a tout remettre en ordre. C’est pareil à Ivanovo : je vois comment c’était il y a dix ans, et comment c’est devenu. Les gens se sont mis à travailler, les uns à la ferme, les autres ailleurs.

Oui, une autre génération est arrivée ; ils travaillent, partent deux ou trois fois par an à l’étranger, mais restent russes. Ils savent qu’il y a une culture russe, peuvent parler d’Akhmatova, de Tsvetaieva et ils aiment la Russie. Pour toute nation, un tel amour est une idée fondatrice. J’ai parmi mes amis des Ouzbeks et des Tadjiks. Peut-être qu’ils sont musulmans, mais ils aiment la Russie.

Je n’aime pas le mot « patriote », il est très dur, mais je pense qu’aimer son pays, c’est important. Bien sûr, il y a une certaine quantité de gens qui n’aiment que l’argent, mais dans l’ensemble, la majorité de gens, ici, restent quand même des Russes.

Lien Pravoslavie i mir

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COMMENT UN FRANCAIS A DEMENAGE A IVANOVO ET TROUVE UN SENS A SA VIE : L’HISTOIRE DE JEAN-MICHEL COSNIEAU

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Août 2017 à 08:19 | 0 commentaire | Permalien

Mémoire éternelle - Sophie Eltchaninoff est décédée
Condoléances à toute la famille Eltchaninoff +++ Sophie Eltchaninoff a été rappelée à Dieu dans la nuit du 3 au 4 août.

Des panikhides seront célébrées à son domicile samedi 5 août à 16h et dimanche 6 août à 18h (Issy les Moulineaux, 51 rue du Général Leclerc, Batiment C3, sonnez à ELTCHANINOFF

Lundi 7 aura lieu à 18h30 une panikhide à la paroisse de la Présentation de la Vierge au Temple (91 rue Olivier de Serres, paris 15).


Mémoire éternelle - Sophie Eltchaninoff est décédée
L'enterrement aura lieu le mardi 8 aout : 8h liturgie puis 9h30 office des funérailles à Olivier de Serres. Puis 11h départ pour le cimetière de Sainte Geneviève des Bois où l'inhumation aura lieu à 12h.

Photo: date de juin 2013 - Nadia Lebedeff / paroisse de la Présentation de la Vierge au Temple/

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Août 2017 à 18:21 | -1 commentaire | Permalien

Le directeur du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe de Paris enfin nommé
Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré l’automne dernier au 1 Quai Branly à Paris, sera dirigé par un diplomate de carrière – Leonid Kadychev.

Leonid Kadychev occupait auparavant le poste de directeur adjoint du département européen du ministère russe des Affaires étrangères et a récemment terminé sa mission à Paris en tant que ministre-conseiller de l'ambassade de Russie.

Le choix d’un diplomate professionnel pour diriger cette institution qui réunit sur le même territoire une église orthodoxe, des salles d’expositions, un amphithéâtre de conférence et des espaces pour les activités éducatives diverses, s’explique par le fait que le Centre est la propriété de l'administration présidentielle russe.

Conformément à son statut juridique, c’est une partie intégrante de l'ambassade de Russie en France.

La cérémonie officielle d’inauguration du Centre a eu lieu le 19 octobre 2016 en présence du ministre russe de la Culture Vladimir Medinski.

Il était au départ prévu que les présidents russe et français inaugurent cette institution, dotée d’un symbolisme important en tant que vitrine culturelle et spirituelle de la Russie en France, mais la visite de Vladimir Poutine à Paris a été annulée. Le président russe a visité le centre le 29 mois dernier, après sa rencontre avec le président Emmanuel Macron à Versailles. Lien

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Août 2017 à 16:23 | 0 commentaire | Permalien

Saints Martyrs – "Strastoterptsi" - BORIS et GLEB
Le 24 juillet/ 6 août, mémoire des Saints Martyrs BORIS et GLEB, nommés ROMAIN et DAVID au Saint Baptême; premiers Saints canonisés de l'Église russe, ils sont aussi les premiers représentants des Strastoterptsi, c'est-à-dire les Saints laïcs "qui ont souffert la passion sans résistance", catégorie de Saints particulière à l'hagiographie russe à laquelle appartiennent aussi le saint empereur Nicolas 1 et sa famille.

Mille ans déjà

C'était en 1015, le 24 juillet (calendrier julien évidemment!).

Mais revenons un peu avant.

En 988, le prince Vladimir de Kiev – païen adorateur de Peroun – se détourne de ses idoles et, comme Clovis en son temps, "brûle ce qu'il a adoré et adore ce qu'il a brûlé"... Bref, en 988, Vladimir reçoit le baptême (1).


Saints Martyrs – "Strastoterptsi" - BORIS et GLEB
Plus conséquent que le roi des Francs, Vladimir, à compter de ce jour, vécut en chrétien et modifia les lois en tenant compte de l'Evangile.

Il avait eu, précédemment, de nombreuses concubines, et par conséquent de nombreux enfants.
A sa mort, en 1015, il fallut partager le royaume.

Enfin, en théorie. Car Sviatopolk – un cousin ou un demi-frère (2) – ne l'entendait pas de cette oreille. Et pour supprimer toute contestation décida de supprimer les éventuels contestataires.

Rien que de très banal, me direz-vous.

Jusque là, oui.

Saints Martyrs – "Strastoterptsi" - BORIS et GLEB
Vladimir, le prince de Kiev avait deux fils, Sviatopolk et Iaroslav lorsqu'il épousa la princesse byzantine Anne.

Mais lorsque Boris, le premier des fils de Vladimir à être pourchassé apprit que Sviatopolk en voulait à sa vie, il refusa tout d'abord de le croire. Et quand la nouvelle lui fut confirmée, il s'exclama: "Béni soit Dieu! Je ne m'enfuirai pas d'ici ni ne m'opposerai à mon frère aîné. Que la volonté de Dieu soit faite!"

Quoiqu'il ait avec lui une armée, il décida de congédier ses troupes tout en envoyant une supplique à son frère pour implorer sa clémence.
Malgré la crainte qu'il avait, il décida de ne pas fuir, et au matin, il fit célébrer les matines par un prêtre, et pria ainsi : "Seigneur Jésus-Christ, Toi qui as daigné apparaître sur la terre sous forme humaine et qui t'es laissé volontairement clouer sur la Croix, Toi qui as accepté la passion à cause de nos péchés, donne-moi aussi d'accepter la mienne. Je la reçois non de mes ennemis, mais de mon frère: Seigneur, ne la lui impute pas comme péché."

Les envoyés de Sviatopolk arrivèrent durant l'office mais attendirent qu'il soit terminé, puis se précipitèrent dans la tente pour le tuer. Boris supplia son frère de lui laisser encore quelques instants pour prier Dieu, puis il dit en pleurant: "Approchez, frères, et terminez votre office, et que la paix soit avec mon frère et avec vous." Les hommes lui plongèrent alors leurs lances dans le corps.

Voila, en résumé, ce qui s'est passé le 24 juillet 1015...

Peu après, Gleb, autre fils de Vladimir, subit le même sort, s'y soumettant lui aussi sans résister, à l'imitation du Christ.

Je sais bien, qu'admirer les Strastoterptsi (les saints qui ont accepté de souffrir la Passion sans se défendre) est plus facile que de les imiter. Mais il est encore plus facile d'oublier qu'ils ont fait cela.

Alors, rien que pour ne pas oublier...

Source: http://cigales-eloquentes.over-blog.com/2015/07/mille-ans-deja.html

Saints Martyrs – "Strastoterptsi" - BORIS et GLEB
Без Бориса и Глеба не было бы Александра Невского

Une autre version des faits

La version ci-dessus est celle de l'hagiographie officielle basée sur la "Chronique de Nestor" (3) mais plusieurs historiens la mettent en doute en se basant sur d'autres sources historiques (4). D'après eux Boris et Gleb furent les seuls des 11 frères (ou ½ frères) de Sviatopolk à lui faire allégeance et c'est Iaroslav dit le Sage, fils d'une autre épouse de Vladimir, Rogneda de Polotsk, et 2ème dans l'ordre de succession, qui les fit tuer justement à cause de leur alliance avec Sviatopolk. Mais après sa prise de pouvoir Iaroslav fit enjoliver l'histoire par les chroniqueurs…

(1) Le prince Vladimir appartenait à la dynastie des Rurikides a commencé à gouverner Novgorod en 970. En 978 il s’empare du pouvoir à Kiev et en 988 il opte pour le christianisme en tant que religion d’Etat. Nous ne savons pas avec précision où et quand a été baptisé le prince Vladimir, à Kiev, Chersonèse ou Berestov, non loin de Kiev. Il est cependant évident que la christianisation de la « Rus » a déterminé pour l’essentiel l’avenir du pays.

(2) La mère de Sviatopolk était une Grecque prénommée Julia, épouse du frère ainé de Vladimir, Yaropolk, Grand prince de Kiev que Vladimir avait fait tuer en 980 pour s'emparer du pouvoir. D'après les chroniques, Julia était alors enceinte de Sviatopolk, Vladimir l'épousa et adopta l'enfant pour faire son 1er héritier…

(3) "Chronique des temps passés" ou " Chronique de Nestor" rédigée à la Laure des Grottes de Kiev vers la fin du XIe siècle ou le début du XIIe

(4) Thietmar ou Dithmar, évêque de Mersebourg (975-1018), "Chronique de l'histoire d'Allemagne"; "Dit d'Eymundr Hringsson" (XIVesiècle)

V.Golovanow
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 6 Août 2017 à 09:26 | 0 commentaire | Permalien

« Nous comprenons que des temps difficiles sont venus pour l’Ukraine. Nous prions pour la prospérité de l’Ukraine et l’union du peuple. L’Église orthodoxe auto-administrée d’Ukraine, sous la présidence du métropolite Onuphre, est justement le symbole de l’unité du peuple».

Les représentants des Églises orthodoxes autocéphales, venus à Kiev le 23 juillet à l’occasion de la fête de saint Antoine de la Laure des Grottes, ont exprimé leur soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique et son primat le métropolite Onuphre. Un briefing a été organisé pour les médias, auquel ont participé le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que des évêques des Églises locales orthodoxes de Jérusalem, Bulgarie, Chypre, Grèce et Pologne. Entre autres, le métropolite de Bostra Timothée (Patriarcat de Jérusalem) a déclaré : « Nous comprenons que des temps difficiles sont venus pour l’Ukraine. Nous prions pour la prospérité de l’Ukraine et l’union du peuple. L’Église orthodoxe auto-administrée d’Ukraine, sous la présidence du métropolite Onuphre, est justement le symbole de l’unité du peuple ». Le métropolite de Roussé Nahum (Église orthodoxe bulgare) a rappelé qu’en son temps, l’Église bulgare avait subi également ce phénomène négatif qu’est le schisme, mais avec la prière et l’aide de Dieu, il a été surmonté. « Notre Église aussi soutient toujours l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que son primat, S.B. le métropolite Onuphre et tous les évêques.

Les hiérarques des Églises orthodoxes autocéphales ont exprimé leur soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine
Nous élevons des prières devant l’autel afin que le Seigneur garde et affermisse le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine avec les évêques, les clercs et le peuple ukrainien fidèle », a assuré Mgr Nahum.

Le métropolite de Tamassos et Oreini Isaïe (Église orthodoxe de Chypre) a attiré l’attention sur la question de l’unité de l’Église en Christ : « Le corps du Christ est un, et qui est lié avec le corps du Christ est lié avec Lui. Je dois le dire : qui est en union avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, est en union avec nous.

C’est la seule Église canonique en Ukraine », a souligné l’évêque. Le métropolite de Kitros, Katerini et Platamon Georges (Église orthodoxe de Grèce) a fait remarquer : « Notre présence ici revêt un caractère symbolique. Pendant la liturgie, que nous célébrons aujourd’hui avec les représentants d’autres Églises orthodoxes locales et les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine, est témoigné notre unité panorthodoxe autour du calice du Christ et dans l’Esprit Saint. L’Église orthodoxe de Grèce et toutes les autres Églises orthodoxes du monde reconnaissent comme seule Église canonique d’Ukraine, l’Église orthodoxe d’Ukraine ayant à sa tête S.B. le métropolite Onuphre ». SUITE Orthodoxie.com

Поддержку канонической Украинской Православной Церкви и Ее Предстоятелю Блаженнейшему Митрополиту Киевскому и всея Украины Онуфрию выразили представители Поместных Православных Церквей, прибывшие на торжества в Киев 23 июля, сообщает Информационно-просветительский отдел УПЦ.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 4 Août 2017 à 11:17 | 0 commentaire | Permalien

Le 3 août 2008 Alexandre Soljenitsyne était rappelé à Dieu
La mort d’un z/k Никита Кривошеин «На смерть одного з/к»

C’était à Moscou, Izmaïlovo, une soirée entière à m’immerger dans le cahier de « Novy Mir » avec « Ivan Denissovitch », puis des nuits blanches à déchiffrer de médiocres copies du « Pavillon des cancéreux » et du « Premier cercle ». De retour à Paris, le choc de « L’archipel ».

Pour moi ce sont là des évènements d’ordre existentiel. Les communistes, eux, avaient perçu dans les textes d’Alexandre Issaevitch que le glas s’était mis à sonner pour eux.

Tous ceux qui, comme moi, avaient séjourné derrière les barbelés, pour les Russes, pour le monde, ont senti que la délivrance était là.

En tandem avec le défunt prince Constantin Andronikof il m’a été donné d’interpréter en simultanée la première émission de Bernard Pivot « Apostrophes » avec Alexandre Soljenitsyne. La portée de sa voix prophétique, le rayonnement qui émanait de sa personnalité, tout ceci, a apporté des résultats tangibles : les communistes et les socialistes perdirent avec fracas les élections nationales qui suivaient de peu l’émission. L’agonie des ces formations avait commencé.

On peut gloser autant que l’on veut sur « le rôle de la personnalité dans l’histoire », il n’en reste pas moins que sans Alexandre Issaevitch « la doctrine d’avant-garde » aurait continué à prospérer en Occident et que la Russie n’aurait pas connu son 21 août 1991. La statue de Félix Dzerjinsky se dresserait toujours dans le centre de Moscou.

L’écrivain a vu sa prédiction de retour en Russie se réaliser, seulement en 1994, malheureusement.

Peu avant son retour en Russie Soljenitsyne était à nouveau présent sur le plateau d’Apostrophes, à nouveau interprété par Constantin Andronikof et moi-même. Pas une ombre d’amertume chez l’interviewé, au contraire, une liesse à peine contenue.

Ne pas croire en la sélectivité de la grâce qui touche les peuples, les personnes c’est ne croire en rien et c’est ce qui est si bien montré dans le recueil « Sous les décombres » : il est évident que le défunt Alexandre Issaevitch avait été choisi par la Providence.
Peu avant de regagner sa géhenne le camarade Staline disait à ses complices : « Sans moi, vous serez comme des chatons aveugles ! ». Pardonnez moi la périphrase : saurons nous, sans Soljenitsyne, « Comment réaménager notre Russie » ?

Le destin a fait que notre famille a connu une présence d’Alexandre Issaevitch : mon père était parmi les détenus de « la charachka » à Marfino (« Le premier cercle »), il s’y est lié d’amitié avec Nerjine, Roubine et Sologdine. Alors que la tchéka cherchait fébrilement à mettre la main sur le manuscrit de « L’archipel » le défunt Alexandre Ougrimov (l’un des personnages des « Invisibles ») se présenta dans le deux pièces de mes parents avec deux épais dossiers : « ça restera sous votre sommier une dizaine de jours… ». Accepter ces textes en consigne était un risque de vie.

En février 1974 mon père fut convoqué au service des passeports le lendemain de l’arrestation de Soljenitsyne pour y obtenir les papiers permettant d’émigrer. Une fois à Paris ma mère entendit l’appel lancé par Soljenitsyne aux Russes exilés d’écrire des mémoires et de les lui envoyer. Agée de 77 ans, elle se mit à l’écriture pour éditer « Les quatre tiers d’une vie » dans la série « Bibliothèque de mémoires russes ». Alexandre Issaevitch lui envoyait des lettres pour l’encourager à persévérer.

L’une des derniers cadeaux que Soljenitsyne nous a laissé, la monographie « Deux siècles ensemble » avait été rédigée avec l’aide de l’un de mes meilleurs amis de camp, Vladimir Telnikov.

Il est difficile d’évoquer la mémoire de l’écrivain sans s’exposer d’une manière personnelle : mais chaque Russe conscient de l’être, chaque chrétien est concerné par Soljenitsyne au plus profond de son être. En tant qu’ancien z/k comment ne remercierai-je pas le couple Soljenitsyne d’avoir institué un Fonds d’aide aux anciens déportés ? Ils sont encore fort nombreux en Russie à connaître de vieux jours plus que difficiles.

Nikita Krivocheine,2008, Paris

RELIGARE
Le 3 août 2008 Alexandre Soljenitsyne était rappelé à Dieu

PRIERE

Comme il m'est aisé de vivre avec Toi, Seigneur !
Comme il m'est aisé de croire en Toi !

Quand mon intelligence s'écarte stupéfiée
ou se décourage,
quand les plus intelligents
ne voient pas plus loin que ce soir
et ignorent ce qu'il faut faire demain

Tu m'envoies la claire certitude
que Tu es
et que tu prendras soin
que toutes les voies du bien ne restent pas bouchées.

Parvenu à la crête de la gloire humaine,
je me retourne avec étonnement sur le chemin parcouru
à travers la désespérance à ce point
d'où j'ai pu renvoyer à l'humanité
un reflet de Tes rayons.

Et tant qu'il sera nécessaire
que je les reflète encore
Tu me donneras de le faire.
Quant à ce que je n'aurais pas le temps d'accomplir –
C'est que tu l'auras imparti à d'autres.

A. Soljénitsyne

"PRIERE" traduite par Daniel Struve, forum ACER-MJO

Rédigé par Nikita Krivochéine le 3 Août 2017 à 22:33 | 7 commentaires | Permalien

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