On va ouvrir en Russie la première maison de retraite pour prêtres
La maison de retraite sera dédicacée à saint Jean de Cronstadt qui prenait grand soin des ministres du culte.

La maison de retraite pour les serviteurs de l’Église sera construite près le monastère Saint-Jean de Soura dans la région d’Arkhangelsk (Soura est le village où est né saint Jean de Cronstadt). Selon le site du diocèse d’Arkhangelsk l’établissement accueillera des prêtres devenus veufs, dont personne ne peut s’occuper.

Le bâtiment sera construit près de l’abbatiale de la Dormition. Le projet comporte un complexe de cellules sur un niveau avec cuisine, salle à manger, infirmerie et dépendances. Les premiers matériaux de construction, des blocs de béton pour réaliser la chape de fondations, ont été acheminés par la rivière Pinega. L’ensemble aura une surface au sol d’environ 400 m².

On va ouvrir en Russie la première maison de retraite pour prêtres
Actuellement l’Église orthodoxe russe gère quelques dizaines d’hospices qui se distinguent par les moyens dont ils disposent, par le type d’établissement (ce peut être un appartement urbain ou un bâtiment spécialement construit) et leur activité (simple accueil ou accueil médicalisé, voire hospitalisation).

Les maisons de retraite pour prêtres en Europe

En 2007, la première maison de retraite pour prêtres catholiques a été créée à Marijampolė par la conférence épiscopale de Lituanie, elle est située face à la basilique du Saint-Archange-Gabriel. Selon les déclarations de son directeur, Viduta Batchkerne, à l’agence BNS un tel établissement est indispensable : « Il y a beaucoup de prêtres âgés dont personne ne peut s’occuper. Ils n’ont ni enfants, ni proches et pourtant les personnes âgées ont des besoins particuliers. Selon le droit de l’Église catholique, les ministres du culte occupant des fonctions de responsabilité peuvent rester à leur poste jusqu’à 75 ans. « Les uns peuvent encore être valides, d’autres ont rencontré des problèmes de santé plus tôt. » Autrefois c’étaient les paroisses qu’ils avaient desservies qui les prenaient en charge, mais dans les cas très lourds, les choses sont difficiles. »

La maison de retraite comporte des chambres simples ou doubles, une chapelle, et des ascenseurs pour les invalides. À son ouverture, elle a accueilli huit prêtres, le plus âgé avait 90 ans, le plus jeune près de 70. Elle peut recevoir 45 pensionnaires. En Lituanie, 80 % des 3,5 millions d’habitants se disent catholiques romains.

On va ouvrir en Russie la première maison de retraite pour prêtres
En 2009, c’est en Bulgarie que s’est ouverte une maison de retraite pour prêtres. La décision de sa création a été prise lors du séminaire « Les ponts de l’entente — dialogue des religions chrétiennes » et le document officiel instituant l’établissement a été cosigné par l’évêque Dométien de Vidnoïe et l’évêque Joseph Homeyer d’Hildesheim (en Allemagne).

Cet établissement est la première réalisation sociale commune réalisée par des représentants des Églises orthodoxe et catholique en Bulgarie. Il est situé dans le monastère Saint-Jean de Rylsk et abrite 22 prêtres orthodoxes et catholiques qui bénéficient des meilleures conditions de vie, de repos et de services médicalisés ou sociaux. La religion traditionnelle de la République bulgare est l’orthodoxie.

Source : Rublev.com
В России откроется первый приют для пожилых священников Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Juin 2017 à 18:04 | 0 commentaire | Permalien

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
L’Espagne que nous ne connaissons pas. L’archiprêtre André Kordotchkine, recteur de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine de Madrid partage ici avec nous son amour pour les reliques de saint Jacques le Majeur, le Suaire de notre Seigneur, une parcelle de la Sainte Croix et la geôle de la sainte martyre Léocadia.

Parfois on nous demande en quoi la vie orthodoxe à l’étranger diffère-t-elle de celle de la Russie. Il me semble qu’il y a une différence, importante, peut-être pas pour tous, mais pour beaucoup. Quand on vit à Moscou, par exemple, ou à Saint-Pétersbourg, si on a le cafard, on peut aller au monastère du Don ou sur les bords de la Smolenka, et alors ça va mieux, ou ça passe totalement. Si on est à Madrid, on n’a nulle part où aller, nulle part où recharger ses batteries.

C’est ce que je pensais quand je suis arrivé à Madrid, il y a douze ans, quand nous avons commencé à officier là où avant nous venaient des immigrés latino-américains ou marocains pour téléphoner chez eux ou vendre des pêches et des tomates. Ce n’est pas facile de commencer quelque chose, d’essuyer les plâtres, pensai-je. Mais petit à petit nous avons appris que nous n’étions pas les premiers. L’histoire passée de notre paroisse nous est apparue, elle remonte jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, nous avons découvert un prêtre remarquable : le père Constantin Koustodiev qui officiait à Madrid dans les années 1860, nous avons feuilleté les pages de l’histoire de l’Église indivise en Espagne.

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
Photo - Le chemin de Saint Jacques

En Angleterre, tous les orthodoxes savent qui est le premier martyr d’Albanie, quels sont les saints celtes anciens, ils font des pèlerinages à Walsingham et autres lieux saints. En Espagne, rien ! Nous avons commencé à explorer « la géographie orthodoxe » de la péninsule ibérique. Et nous avons visité certains lieux, pas une fois unique, mais à plusieurs reprises, en famille, avec la paroisse.

1. Santiago de Compostella

Saint-Jacques de Compostelle est la capitale de la Galice. Cette région s’étend au nord-est de l’Espagne. En y venant, ceux qui connaissent les côtes méditerranéennes seront surpris : des champs verdoyants, des bouleaux, les vagues de l’océan et des gens différents : les Galiciens sont les descendants d’anciennes tribus celtes, ils ont gardé le souvenir de leur passé. Arrêtez-vous au bar « Casa das Crechas » où aiment se retrouver les nationalistes locaux ou tout simplement allez écouter la cornemuse galicienne sur la place Obradoiro, près de la cathédrale, vous comprendrez où vous êtes tombé.

Selon la légende, on a trouvé ici, au IXe siècle, les reliques de saint Jacques le Majeur (de Zébédée). Les Espagnols croient que c’est lui qui a introduit la nouvelle du Christ dans leur pays, les spécialistes aujourd’hui sont sceptiques sur cette question. On se demande comment saint Jacques aurait pu venir en Espagne avant de finir en martyr, comme décrit dans les Actes des Apôtres (Ap 12, 12), comment ses restes ont pu se retrouver en Espagne, pourquoi est-ce que les anciens chroniqueurs et historiens ne disent rien de son évangélisation. Quoi qu’il en soit, la légende de saint Jacques est profondément ancrée dans la culture espagnole.

Le Chemin de Compostelle, cette toile de voies qui réunit différentes villes européennes a créé au Moyen-âge un espace européen uni bien avant l’Union européenne. Au cours des dernières décennies, ces chemins ont été empruntés par un nombre toujours croissant de pèlerins. Les voyageurs russes ont formé un groupe sur Facebook. En outre, un petit nombre d’orthodoxes habitent Saint-Jacques de Compostelle et aux alentours ; régulièrement nous célébrons pour eux des offices dans la cathédrale.

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
Photo- Une parcelle du Saint Suaire de Turin, cathédrale Saint Sauveur, Oviedo

2. Oviedo

Les habitants des Asturies sont fiers d’être d’authentiques Espagnols, et non des Maures métissés de Cordoue ou Grenade. Quand les Arabes musulmans ont envahi la péninsule ibérique beaucoup de reliques chrétiennes ont été évacuées à Oviedo, la capitale de « l’Espagne libre ». La plus importante de ces reliques est le saint Suaire (Pañolón) qui reposait sur le visage du Christ lors de son ensevelissement, l’apôtre Jean en fait mention : « Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part. » (Jn 20, 6-7)

Les savants ont prouvé la similitude entre le suaire de Turin et celui d’Oviedo, il faut toutefois souligner que celui-ci n’a pas bougé de place depuis le milieu du IXe siècle. Dans cette même cathédrale se trouvent les reliques de la sainte martyre Eulalie de Mérida, du saint martyr Euloge de Cordoue, etc.

Il y a à Oviedo et dans ses environs de nombreuses églises préromanes du IXe siècle situées dans des endroits très pittoresques, qui a vu Santa Cristina de Léna ne manquera pas de se souvenir de l’église Pokrov sur la Nerl. Les paysages sont ici différents des autres paysages d’Espagne : ils sont dramatiques, montagneux. Dans les Picos de Europa, on se croirait dans les Alpes. Les habitants des Asturies disent que leur pays est « Paraiso natural (un Paradis naturel) ».

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
Photo - Chasse contenant les reliques de la martyre Eulalie de Barcelone

3. Barcelone

Barcelone, ce n’est pas que l’architecture de Gaudi ou les chants interprétés par Freddy Mercuri ou Montserrat Caballe. Dans la cathédrale de Barcelone, l’une des plus belles villes d’Espagne, reposent les reliques de sainte Eulalie de Barcelone, patronne du lieu, qui, selon la tradition, a connu le martyre au IVe siècle. Les reliques de la sainte ont été miraculeusement inventées le 23 octobre 877 par l’évêque Frodoi à l’endroit où se dresse aujourd’hui l’église Santa Maria del Mar.

Comme le culte de cette sainte a débuté plusieurs siècles après la mort de sainte Eulalie de Mérida et que par beaucoup de détails leur martyre se confond, de nombreux savants pensent qu’Eulalie de Barcelone n’a pas existé et que son culte n’est que la répétition de celui de la sainte de Mérida. Mais les Catalans considèrent ces allégations comme « impériales » et défendent leur sainte. Son introduction au Martyrologe de notre Église est due aux travaux de Dimitri de Rostov, elle est célébrée le 12 février en Occident et le 22 août/4 septembre selon le calendrier de l’Église orthodoxe russe.

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
Photo - Une parcelle de la Sainte Croix

4. Santo Toribio de Liebana

Le monastère de Santo Toribio de Liébana, en Cantabrie, abrite le Lignum Crucis, la plus grande parcelle de la Sainte Croix connue hors du Vatican. Selon la tradition, elle a été transmise au monastère en même temps que les reliques de saint Thuribe (Toribio) au VIIIe siècle. Tous les ans la Croix est sortie de la chapelle où elle est conservée pour la vénération de pèlerins. Les enfants chahutent quelque peu, mais les plus âgés s’en approchent avec ferveur. Depuis plusieurs années que nous venons au monastère, c’est toujours le même moine qui présente la Croix, calme et bienveillant pour tous ceux qui viennent recevoir la bénédiction la Croix sans bien comprendre l’importance de l’événement. Les montagnes de Cantabrie se dressent autour du monastère et au-dessus se trouve la caverne où, au VIe siècle, vivait saint Thuribe, son fondateur.

Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre
5. San Millán de la Cogolla

Le monastère a été fondé par saint Æmilianus (Millán) Cuccullatus (474–574) dont la vie a été écrite par l’évêque Braulion de Saragosse (Caesaraugusta) aux environs de 640.


Millán a été ordonné prêtre et affecté une paroisse après quarante ans de vie en ermite, certainement pas en reconnaissance de ses vertus, car dans l’Église wisigothe on se méfiait des moines-ermites et l’on s’efforçait de contrôler.

Il ne resta pas longtemps dans sa paroisse, grâce aux râleurs et aux envieux, il put retourner à sa vie d’ermite et fut de son vivant reconnu thaumaturge.

Dans la bibliothèque du monastère sont conservés les plus anciens codex comportant des notes en castillan, en Espagne ce monastère est considéré comme le berceau de la langue espagnole.

La partie supérieure du monastère (Suso) est un complexe de grottes creusées du VIe au XIe siècle.

Ensuite plus bas, lorsque le monastère s’est agrandi, au XIe siècle, on a construit des nouveaux bâtiments (Yuso) où aujourd’hui reposent les reliques du saint, la châsse (exécutée au XIe siècle) est constituée de plaques d’ivoire enluminées.


Certaines se trouvent dans différents musées, dont l’Ermitage. Non loin du monastère se trouve la grotte de l’ermite Émilien. C’est un de mes endroits préférés en Espagne.

Essayez d’y venir en automne, vous traverserez les vignobles de Rioja et ferez l’ascension jusqu’à la grotte du saint qui, sans aucun doute, deviendra votre ami.

Une icône peinte par Eugène Maliaguine

6. Monastères rupestres

En Espagne septentrionale, entre le Pays basque, Burgos et Palencia, sont conservés de nombreux ensembles de monastères rupestres dont certains remontent au VIe siècle. Vous penserez ici, bien sûr, aux monastères de Crimée. Cette région est appelée, non sans une certaine exagération, la « Cappadoce espagnole ».

Photo - Une église dans les grottes « Cappadoce espagnole ».
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7. La vallée du Silence

La « vallée du Silence » ou « Thébaïde de Bierzo » se trouve non loin de Ponferrada. C’est un lieu où le monachisme s’est installé très tôt. L’église Santiago de Peñalba date du Xe siècle. C’est ici qu’est enterré le saint évêque d’Astorga Guennadij. À une demi-heure de marche, on atteint la grotte où le saint a vécu en ermite et où, devenu évêque, il aimait à se retirer.

On peut continuer sur ce chemin de montagne pour atteindre les ruines du monastère San Pedro de Montes, fondé par saint Fructueux de Braga au VIIe siècle. Ici, il n’y a pas d’hôtels, mais des « casas rurales » que les habitants louent aux touristes et voyageurs. À Santiago de Peñalba, on peut descendre chez Desiderio qui vous régalera pour le dîner d’un bon « botillo », ce plat traditionnel des montagnards du León.
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8. Les églises wisigothes de Castille-León

À 23 km de Samora se trouve l’exceptionnelle église San Pedro de la Nave qui aurait dû être ensevelie lors de la construction d’un barrage, mais grâce aux efforts de l’architecte et historien Manuel Gomes-Moreno elle a été déplacée en 1930–1932.

Ses chapiteaux sont ornés de sculptures représentant le sacrifice d’Abraham, Daniel dans la fosse aux lions et autres. Selon la tradition, cette église date du VIIIe siècle, mais on a aussi avancé une datation plus récente (IXe – XIe siècles). Le merveilleux recteur de cette église est le père Luís Santamaria qui aime à dire qu’il est le plus jeune curé dans la plus vieille église du diocèse.

On trouve une autre église unique à Venta de Baños : San Juan de Baños, construite en 661 sur ordre du roi wisigoth Réceswinthe qui avait été sauvé par les eaux d’une source coulant à proximité de l’église. N’oubliez pas de prendre avec vous une bouteille vide !

Photo - Chapitre de l’église San Pedro
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9. León

Dans la province de León, il faut absolument visiter la Colegiata de los Reyes, admirer ses fresques romanes, en particulier celle où les mois sont personnifiés chacun avec ses travaux et occupations. À côté, se trouve la basilique où en 1063 ont été accueillies les reliques de saint Isidore de Séville.

Le saint évêque Isidore est, sans conteste ,la figure la plus marquante de la patristique espagnole. Après la mort de son frère aîné Léandre, Isidore lui a succédé sur la chaire d’Hispalis (Séville). Isidore et son frère aîné sont entrés dans l’histoire comme combattants inflexibles de l’arianisme. Isidore a présidé le IIe concile de Séville qui, en 619 [IVe concile de Tolède qui, en 633], a condamné l’hérésie des « acéphalites », puis le IVe concile de Tolède en 633 [Ve en 636]. Le saint évêque est décédé le 4 avril 636, selon le calendrier mozarabe de Récémunde, c’est aussi le jour où il est commémoré.

La vénération de saint Isidore, du temps de l’Église indivise, a largement dépassé les frontières de l’Espagne. Outre deux calendriers mozarabes du Xe siècle, son nom est mentionné dans le Martyrologe d’Usuard, codex français du milieu du Xe siècle, dans les litanies du Psautier de Charlemagne et dans d’autres textes liturgiques français et allemands des IXe–XIe siècles. Dante place Isidore dans l’Empyrée, au dixième ciel.

Isidore est l’un des nombreux saints de l’Église indivise à qui est consacré un chapitre du Synaxaire rédigé par Macaire, hiéromoine du monastère athonite Saint-Simon-Pierre édité en 2011 à Moscou par le monastère Srétensky. Isidore est également mentionné par l’Église orthodoxe en Amérique.
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Photo - Chasse contenant les reliques de Saint Isidore

10. Toledo

La grande majorité des touristes qui se rendent à Madrid essaie d’aller à Tolède, ancienne capitale espagnole située à une heure de route de l’actuelle. Peu savent que la Toletum romaine est le lieu du martyre de sainte Léocadie, morte dans une geôle au début du IVe siècle.

Sur le lieu de l’inhumation de la sainte, le roi wisigoth Sisebut fit construire, en 618, une église où se tinrent les IVe, Ve, VIe et XVIIe conciles de Tolède ; c’est ici que se trouvent les tombeaux des évêques de Tolède Eugène, Ildefonse et Julien. Dans la Vie d’Ildefonse est précisément décrite l’invention des reliques de sainte Léocadie au VIIe siècle. L’église fut détruite durant l’invasion arabe, mais jusqu’à ce jour le lieu d’inhumation de la sainte est conservé dans l’église Cristo de la Vega. À Tolède se trouve également l’église Sainte-Léocadie élevée, selon la tradition, à l’emplacement de la maison natale de la sainte.

Au VIIIe siècle, les reliques de la sainte furent translatées à Oviedo, et aujourd’hui les pèlerins, venus vénérer le suaire de notre Seigneur qui est gardé dans la « Cámara santa » de la cathédrale, peuvent accéder à l’étage inférieur de la chapelle, dans la crypte sainte Léocadie où étaient conservées ses reliques.

Au XIe siècle, à l’époque d’Alfonse VI, les reliques de sainte Léocadie se trouvaient dans l’abbaye flamande Saint-Gilles (à Bruges) d’où elles sont revenues le 26 avril 1587. Aujourd’hui, elles sont dans la cathédrale de Tolède, dans « el Ochavo », une chapelle habituellement fermée au public. Une châsse contenant une partie du chef de la sainte est conservée dans l’église orthodoxe Sainte-Marie-Madeleine de Madrid.
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Photo - Cathédrale de Tolède, icône de la Sainte martyre Lèocadie (peinte par Eugène Maliaguine) , don offert par des fidèles de l’Eglise orthodoxe russe

11. Jaca et ses environs

Cette ville du nord de l’Aragon garde la mémoire de la sainte Eurosie (Orosia) martyrisée à l’époque des invasions arabo-musulmanes. Ses reliques ont été déposées dans la cathédrale de Jaca au XIe siècle. Les premières mentions de sa mort et de son culte remontent au XIIIe siècle. Selon la tradition, établie en 1493 par le moine tchèque Juan du monastère Monte Oliveti, elle serait originaire de Bohème. Mais dès le début du XVIIe siècle, cette version a été contestée.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas faux de dire que dans le culte que lui accorde l’Église, elle représente un lien vivant entre l’antique Espagne et le monde chrétien orthodoxe. Son chef repose dans l’église du village de Yebra de Basa, d’où un sentier pittoresque mène à travers la montagne à une église construite sur le lieu de son martyre.
Pèlerins venus de Madrid, nous avons emprunté ce sentier, mais nous devions redescendre pour rejoindre notre autocar par un autre chemin, indiqué sur la carte.

Nous l’avons cherché, mais en vain. Un orage s’annonçait, venu non d’en haut, mais de côté, il avançait droit sur nous, comme ça arrive en montagne. Il n’y avait âme qui vive. Il aurait été dangereux de descendre. Tout à coup, nous avons aperçu un berger, son accent aragonais m’a paru bizarre, mais bientôt l’explication vint. Basile était originaire de Tchernivtsi, et plus de la moitié de notre groupe était ukrainienne. Difficile de dire qui fut le plus heureux de cette rencontre, lui, nous ou son chien Trotski. Nous sommes descendus de la montagne dans des jeeps de la Garde civile et je me suis promis de ne plus JAMAIS faire confiance aux cartes et emmener quelqu’un sur un chemin que je n’ai emprunté moi-même au moins une fois.

Malgré tout le voyage a été merveilleux. Nous avons encore devant les yeux les pics des Pyrénées, les prés, le berger, son chien Trotski et l’image de sainte Eurosie protectrice de ceux que surprend l’orage.

En octobre 2016, nous organisons pour les Russes orthodoxes un pèlerinage, que j’espère conduire, sur les lieux saints d’Espagne. Venez, nous serons heureux de vous accueillir.

Photo Lieu du martyr de sainte Eurosie Orosia , Nord de la province d’Aragon
Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre

TRADUCTION " PO"
Испания: 11 святых мест, которые нужно посетить Протоиерей Андрей Кордочкин

Испания, которую мы не знаем. Мощи апостола Иакова Зеведеева, плат Спасителя, часть Креста Господня и темница мученицы Леокадии. Своей любовью к испанским святыням делится настоятель прихода в честь Марии Магдалины в Мадриде протоиерей Андрей Кордочкин.
Espagne : Onze lieux saints où il faut se rendre

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Juin 2017 à 16:39 | 19 commentaires | Permalien

L’existence de ce séminaire Sainte-Geneviève est le fruit de la volonté du patriarche de Moscou Alexis II, volonté poursuivie par son successeur Cyrille. Leur but : permettre à des futurs prêtres de l’Eglise orthodoxe russe de se former aux meilleures facultés françaises, de connaître la réalité quotidienne de l’Occident, du poumon occidental de l’Eglise, de ses clercs et de ses fidèles. Et aussi de se faire connaître ; le moyen, en sus de la prière, de se retrouver entre frères d’un même Père, de retrouver la pleine communion entre chrétiens.

Si les rives de la Seine, quai Branly à Paris, servent d’écrin aux bulbes dorés de la cathédrale orthodoxe russe depuis le 5 décembre 2016, à 22 km de là, celles de la rivière Yerres à Epinay-sur-Sénart peuvent s’enorgueillir de border depuis 2009 le seul séminaire orthodoxe russe hors de Russie.

Ce documentaire donne à voir et écouter ce que pensent ces prêtres, professeurs et séminaristes orthodoxes russes à propos de l´Occident, de la France et de ces catholiques qu´ils sont venus découvrir à la demande de leur patriarche.

Documentaire Le Paris orthodoxe russe réalisé par Jérôme Mauduit et coproduit par KTO et Crescendo Media Films, diffusé le lundi 19 juin à 20h40
"Le Paris Orthodoxe Russe"- Naissance et vie d'un séminaire


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Juin 2017 à 22:41 | Permalien

Le 9 juillet 2017 pèlerinage à l'église de St.Denys l'Aréopagite et St. Jean-Baptiste à Saintines
Le 9 juillet 2017, avec la bénédiction de l'évêque Nestor de Chersonèse (Patriarcat de Moscou) aura lieu un pèlerinage à l'église de St. Denys l'Aréopagite et St. Jean-Baptiste à Saintines, (dept. de l'Oise).

Contacts: prêtre Nicolas Nikichine ou Madame Inna Botcharova
+33 (0)6 50 64 01 26 / +33 (0)6 20 34 95 46
nicolas.nikichine@gmail.com ------ SITE " PALOMNIK"


C’est le seul endroit près de Paris, où il y a une source miraculeuse. Depuis le XIIIe siècle, les pèlerins de toute la France viennent à Saintines pour se baigner dans les eaux sacrées de cette source bénéfique.

Saintines, village du Valois, et son petit millier d'habitants cachent un véritable trésor. Une fontaine miraculeuse qui coule au pied de l'église Saint-Denis-Saint-Jean-Baptiste et que les fidèles célèbrent chaque année à la Saint-Jean. Certains n'hésitent pas à s'y jeter tout habillés, espérant s'y laver de leurs pêchés ou obtenir de bonnes grâces. C'est le cas des orthodoxes notamment, qui sont plusieurs centaines chaque année à faire le pèlerinage dans l'Oise.

Programme et affiche ...suite >>>>

Le 9 juillet 2017 pèlerinage à l'église de St.Denys l'Aréopagite et St. Jean-Baptiste à Saintines
« La source jaillit depuis des milliers d'années. Un point d'eau est source de vie. C'est sans doute une source druidique, d'abord païenne, qui a été christianisée au Ve ou au VIe siècle. Le bassin rectangulaire de 2 m de profondeur sert aussi de baptistère à l'antique comme il n'en reste que de très rares exemplaires, en Italie notamment, mais aussi à Poitiers.

La fontaine, à laquelle on accède par un escalier, aurait aussi des vertus curatives. « On dit qu'elle guérit l'épilepsie, mais la plupart des fidèles viennent d'abord y demander des grâces ou y faire des dévotions. Ce pèlerinage était très suivi jusqu'au début des années 1970, et il est ensuite tombé en désuétude »

Outre la fontaine, l'église recèle un autre trésor. Une phalange d'un doigt de saint Jean ramenée par un seigneur d'une croisade au XIIIe siècle.

Le 9 juillet 2017 pèlerinage à l'église de St.Denys l'Aréopagite et St. Jean-Baptiste à Saintines

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Juin 2017 à 14:48 | 0 commentaire | Permalien

Lituanie: béatification de Mgr Théophile Matulionis, martyr de l’ère soviétique
C’est la première fois qu’un Lituanien est béatifié dans sa patrie et le premier martyr lituanien de l’époque soviétique

Une célébration présidée par le cardinal Amato, entouré d’une délégation européenne

L’évêque lituanien Théophile Matulionis (1873-1962), martyr du communisme soviétique, à 89 ans, a été béatifié dimanche 25 juin 2017, dans la capitale de sa patrie, Vilnius : il a connu le goulag, les prisons, et la surveillance permanente de l’occupant.

La célébration a conclu Un Festival de la jeunesse de Lituanie qui a débuté vendredi 23 juin 2017.

La béatification a été présidée sur le parvis de la cathédrale Saint-Casimir de Vilnius, au nom du pape François, par le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, entouré des évêques de Lituanie et d’une délégation du Conseil des conférences des évêques d’Europe (CCEE) présidée par l’archevêque de Gênes (Italie), le cardinal Angelo Bagnasco, dont le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster (Grande-Bretgne), et Mgr Stanisław Gądecki, archevêque de Poznań (Pologne).

Les organisateurs ont accueilli quelque 20 000 personnes, non seulement de Lituanie, mais aussi de Lettonie, de Pologne, de Biélorussie, de Russie, notamment de Saint-Pétersbourg où Mgr Matulionis a été ordonné évêque clandestinement.

C’est le 16 décembre dernier que le pape François a approuvé la publication d’un décret reconnaissant son martyre : il ne fallait pas d’autre miracle que sa constance dans la persécution et face à la mort. Il faudra en revanche un miracle reconnu comme dû à son intercession pour sa canonisation éventuelle. SUITE

Lituanie: béatification de Mgr Théophile Matulionis, martyr de l’ère soviétique

Пострадавший от советской власти литовский архиепископ причислен к лику блаженных
ИНТЕРФАКС/BNS -

Вильнюс. 26 июня. - Подвергавшийся преследованиям со стороны советской власти архиепископ Теофилюс Матулёнис в воскресенье был торжественно причислен к лику блаженных Католической церкви на Кафедральной площади Вильнюса. в воскресенье был торжественно причислен к лику блаженных Католической церкви на Кафедральной площади Вильнюса.
Lituanie: béatification de Mgr Théophile Matulionis, martyr de l’ère soviétique

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Juin 2017 à 12:21 | 0 commentaire | Permalien

« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »
Serge Tchapnine président de l’association "Arthos":

"L’association fait paraître, depuis 2015, un almanach intitulé " Les Saints Dons". Trois cahiers en sont déjà sortis, ils sont consacrés à la culture chrétienne moderne. "Arthos" organise fréquemment des exposition d'icônes . Une galerie d'art chrétien moderne a été mise en ligne" Contact info@artos.org

Le démarrage du projet « Les Saints de l’Église indivisée » a été annoncé par son commissaire Serge Tchapnine

Objectifs du projet :
- Attirer l’attention des communautés chrétiennes d’Orient et d’Occident sur les images de la sainteté et des saints du premier millénaire ;

- Multiplier les témoignages d’orthodoxes et de catholiques sur les racines chrétiennes de l’Europe moderne ;
- Développer la culture chrétienne moderne ;
- Développer les échanges culturels entre les communautés chrétiennes des pays européens et de la Russie.

« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »
Mission : créer et présenter dans le cadre d’une exposition une nouvelle iconographie des saints de Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Irlande, Italie, Espagne, France et d’autres pays européens, avec une réflexion sur leurs représentations dans le cadre du canon iconographique en essayant de voir leur exploit spirituel dans la lumière des réalités du XXIe siècle, et non dans la vision du « christianisme abstrait ». De quoi nous parlent les saints aujourd’hui ? La recherche des réponses à cette question est l’objectif principal de notre projet.

128 peintres d’icônes de 10 pays – Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Russie, Roumanie, Serbie, États-Unis, Ukraine et France – ont exprimé leur volonté de participer à ce projet.

Une exposition de 100 à 130 œuvres réalisées dans des techniques traditionnelles (détrempe à l’œuf, encaustique, mosaïque, broderie, ciselure, gravure) sera préparée vers le mois d’août 2017.

Le démarrage du projet « Les Saints de l’Église indivisée » a été annoncé par son commissaire Serge Tchapnine, rédacteur en chef de l’almanach de la culture chrétienne moderne « Les Saints Dons » / ДАРЫ /. Il invite à y participer des peintres d’icônes, des historiens de l’art, des théologiens, des communautés chrétiennes et des centres culturels de différents pays.
« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »

Ce projet a été mentionné pour la première fois en juillet 2016 au Laboratoire de l’art et de l’architecture chrétienne moderne qui s’est tenu à Serguiev Possad, avec la participation d’artistes et historiens de l’art russes, ukrainiens et italiens. Le président du Conseil de tutelle du projet « Images des Saints de l’Église indivisée » est Innocent, l'évêque de Nijni Taguil et de Serov (qui avant son ordination a reçu une formation d’architecte et d’artiste) ; le président du Conseil d’experts est Irina Yazykova, historienne de l’art, vice-recteur de l’Institut biblique et théologique Saint-André l’Apôtre, professeur au séminaire de Kolomna.

Selon son initiateur, l’impulsion à la réalisation de cette idée qui germait depuis longtemps a été donnée lors de la rencontre du Pape François et du Patriarche Cyrille à Cuba en février 2016. Selon Tchapnine, cette rencontre historique « peut ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du dialogue du christianisme occidental et oriental, qui n’a jamais été interrompu mais a connu des périodes difficiles, en particulier tout récemment ».
« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »

Sur le site de la communauté de soutien à la culture chrétienne moderne « Arthos » les objectifs du projet sont définis comme suit : attirer l’attention des communautés chrétiennes d’Orient et d’Occident sur les images de la sainteté et des saints du premier millénaire ; fournir un témoignage commun des orthodoxes et des catholiques sur les racines chrétiennes de l’Europe moderne ; développer la culture chrétienne moderne et les échanges culturels entre les communautés chrétiennes des pays européens et de la Russie.

Il ne s’agit pas simplement de peindre des icônes des saints de l’Église indivisée, la mission du projet est beaucoup plus large : créer et présenter une nouvelle iconographie des saints de Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Irlande, Italie, Espagne, France et d’autres pays d’Europe, avec une réflexion sur leurs représentations dans le cadre du canon iconographique et une tentative de voir leur exploit spirituel à la lumière des réalités du XXIe siècle, et non sous le prisme du « christianisme abstrait ». « De quoi nous parlent les saints aujourd’hui ? La recherche des réponses à cette question est l’objectif principal de notre projet », souligne Serge Tchapnine.

« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »

Les participants s’enregistrent déjà sur le site créé en automne 2016, qui publiera très prochainement des documents de travail tels que la liste des saints, des textes hagiographiques, des illustrations (icônes, fresques, miniatures), des textes juridiques, et par la suite, une exposition virtuelle des icônes sélectionnées pour l’exposition.

Les expositions sont les événements majeurs du projet. Dans un premier temps, elles seront organisées en Russie, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, avant d’être accueillies dans plusieurs pays européens. Selon Tchapnine, les négociations sont en cours avec des salles en Italie, Pologne, Allemagne et Espagne.


« Arthos » invite les peintres d’icônes à participer au projet « Les Saints de l’Église indivisée »
« Il m’est difficile d’imaginer l’évolution des relations entre les Églises d’Orient et d’Occident sans faire référence à la Tradition de l’Église indivisée, à ce qui nous réunit dans l’histoire du monde chrétien. Les images des saints ayant rayonné dans différents pays et vénérés en Orient et en Occident, par l’Église catholique et les Églises orthodoxes locales, sont un chapitre très important de cette Tradition.

Pendant des siècles une place particulière dans le dialogue entre l’Orient et l’Occident a été occupée par l’art – l’architecture religieuse, la sculpture, les arts appliqués et, bien évidemment, la peinture d’icônes. Le XXe siècle a permis de « redécouvrir » l’icône orientale et, plus largement, la problématique de la théologie de l’image pour l’Église orthodoxe tout comme pour l’Église catholique. Notre projet est appelé à poursuivre cette communication fraternelle et à y inviter des artistes et peintres d’icônes, des communautés chrétiennes, des centres culturels et salles d’exposition d’Europe et de Russie », conclut l’auteur.

Yulia Zaïtseva Blagovest-info
Содружество «Артос» приглашает иконописцев к участию в проекте «Образы святых неразделенной Церкви»


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Juin 2017 à 05:26 | 9 commentaires | Permalien

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."
Archevêque Job de Telmessos

Nous venons d’entendre la lecture d’un passage de l’Évangile du saint apôtre et évangéliste Mathieu qui est un extrait du fameux sermon sur la montagne, un discours prononcé par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ à ses disciples ainsi qu’à une large foule réunie (Mt 5,1-8,8).

La portion la mieux connue de ce discours est bien évidemment celle des Béatitudes, qui se trouve au début, et que nous chantons presque à chaque Divine Liturgie. Ce sermon contient aussi la prière du Seigneur, le Notre Père, que nous récitons quotidiennement.

Mais aujourd’hui, le passage nous interpelle en nous rappelant que « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6, 24 ; Lc 16, 13).

Ces paroles de notre Seigneur pourraient suggérer qu’il existe une symétrie parfaite entre les deux maîtres : le bien ou le mal, un ange ou un démon, la vertu ou le vice, Dieu et l’argent. Car c’est précisément aux richesses matérielles que les Hébreux désignaient par le nom de mammona.

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."
Selon saint Augustin « i[servir Mammon, c’est être l’esclave de celui que sa perversité a préposé aux choses terrestres, et que le Seigneur appelle prince de ce monde (Jn 12, 31). […] En effet, quiconque est esclave des richesses s’attache à un maître dur et à une domination funeste ; enchaîné par sa cupidité, il subit la tyrannie du démon, et certes, il ne l’aime pas ; car qui peut aimer le démon ? Mais cependant, il le supporte ]i» (Sur le sermon sur la Montagne 2, 14, 47. PL 34, 1290).

Notre Seigneur attire notre attention sur les choses éternelles

Or, dans son sermon sur la montagne, notre Seigneur Jésus-Christ attire notre attention sur les choses éternelles. Il souligne que le but de notre vie n’est pas cette vie passagère sur terre, mais la vie éternelle dans son Royaume dont notre vie terrestre n’est que le prélude. Saint Basile, reprenant la parabole du marchand, nous rappelle les paroles du Christ : « Le royaume des cieux est semblable à un marchand en quête de pierres précieuses ; lorsqu’il en a trouvé une d’un grand prix, il court vendre tout ce qu’il a, afin de pouvoir l’acheter » (Mt 13, 45-46). Saint Basile poursuit en disant : « La pierre précieuse désigne assurément ici le royaume des Cieux, et le Seigneur nous montre qu’il est impossible de l’obtenir, si nous n’abandonnons tout ce que nous possédons : richesse, gloire, noblesse de naissance et tout ce que tant d’autres recherchent avidement.

Le Seigneur l’a déclaré, il est du reste impossible de s’occuper convenablement de ce que l’on fait, quand l’esprit est sollicité par des objets divers : Personne ne peut servir deux maîtres, a-t-il dit, et encore : Vous ne pouvez servir en même temps Dieu et Mammon. C’est pourquoi le trésor qui est dans le ciel est le seul que nous puissions choisir pour y attacher notre cœur : Car où est votre trésor, là est votre cœur (Mt 6, 21). Si nous nous réservons donc des biens terrestres ou un superflu périssable, notre esprit y demeure enfoui comme dans la fange et notre âme reste incapable de contempler Dieu ; elle devient insensible aux désirs des splendeurs du ciel et des biens qui nous sont promis. Or, ces biens, nous ne pouvons les obtenir que si une aspiration ardente nous porte à les demander sans cesse et nous rend léger l’effort pour les atteindre » (Les grandes règles, question 8).

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."
Il y a deux chemins : l’un de la vie, l’autre de la mort

Par ailleurs, l’évocation des deux maîtres dans l’évangile d’aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler un autre enseignement que nous trouvons dans la Didaché des douze apôtres, un document chrétien du 1er-2e siècle, concernant les deux voies. « Il y a deux chemins : l’un de la vie, l’autre de la mort ; et il y a une grande différence entre les deux chemins. Le chemin de la vie est celui-ci : en premier, tu aimeras le Dieu qui t’a créé, en second ton prochain comme toi-même ; et tout ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui… (Didaché 1). Quant au chemin de la mort, « il est mauvais et plein de malédiction ; meurtres, adultères, convoitise, fornication, vols, idolâtries, pratiques magiques, sorcellerie, rapines, faux témoignages, hypocrisie, duplicité du cœur, ruse, orgueil, malice, arrogance, avarice, obscénité, jalousie, insolence, faste, forfanterie, absence de toute crainte. Persécuteurs des hommes bons, ennemis de la vérité, amis du mensonge, qui ignorent la récompense de la justice, qui ne s’attachent pas au bien ni au juste jugement, qui sont en éveil non pour le bien mais pour le mal, qui sont loin de la douceur et de la patience, qui aiment la vanité, qui courent après la récompense, qui n’ont pas de pitié pour le pauvre et ne se mettent point en peine des affligés, qui méconnaissent leur propre Créateur, meurtriers d’enfants, et meurtriers par avortement des créatures de Dieu, qui se détournent de l’indigent et accablent les opprimés, avocats des riches, juges iniques des pauvres, pécheurs de part en part ! » (Didaché 5).

Hélas, combien il est lamentable de nos jours de constater, sous prétexte d’évolution de la société, du principe d’égalité, de liberté d’expression ou de droits de l’homme, que l’avortement ou encore le « mariage » de même sexe se voient légalisés, de même que la pornographie, l’adultère, ou encore la fornication soient admises comme faisant partie de la normalité. Combien il est regrettable de voir, soit disant à cause d’un langage « politiquement correct » ou de principes de communication, que l’hypocrisie, le mensonge, l’orgueil et la ruse soient promus comme des vertus sociales sans lesquels le citoyen ne serait réussir dans la société. Combien ces réalités sont éloignées des idéaux chrétiens ! Combien ce mode de vie est superficiel et loin de l’authenticité ! Combien ces choses sont incompatibles avec une vie centrée sur le Christ.

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."
Il n’y a pas de demi-mesure dans l’enseignement de l’Évangile

Or, être chrétien signifie non seulement une fidélité au Christ, mais aussi une intégrité et une entière dédicace à notre Seigneur. On ne peut plaire à la fois au monde et à Dieu. Il n’y a pas de demi-mesure dans l’enseignement de l’Évangile. Il ne peut nous faire ni chaud ni froid.

C’est ce que le Seigneur affirme dans l’Apocalypse de manière très dure : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant !

Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche » (Ap 3, 15-16).

Et c’est précisément ce que saint Jean Chrysostome nous rappelle : « Si vraiment nous donnons la première place aux réalités spirituelles, nous n’aurons pas à nous préoccuper des biens matériels, car Dieu, dans sa bonté, nous les procurera en abondance. Si, au contraire, nous veillons uniquement à nos intérêts temporels sans prendre soin de notre vie spirituelle, le souci constant des choses terrestres nous conduira à négliger notre âme. Nous perdrons alors les biens spirituels et n’en retirerons aucun avantage matériel » (Catéchèses baptismales 8, 19-20 ; SC 50, 257).

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."
Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ne veut qu’une seule chose : que nous soyons libres de tout souci temporel et que nous nous préoccupions des choses spirituelles. « Cherchez donc, nous dit-il dans l’évangile d’aujourd’hui, les biens spirituels et je pourvoirai moi-même amplement à tous vos besoins matériels. […] Regardez les oiseaux du ciel, ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit » (Mt 6, 26).

Puissions-nous le servir en vérité, avec sincérité et sans hypocrisie, comme notre seul Maître, comme l’unique Seigneur et Maître de notre vie, et hérité de son Royaume, où lui revient gloire et adoration, avec son Père sans commencement et son Esprit saint, bon et vivifiant, dans les siècles des siècles. Amen.

Lien: Archevêque Job de Telmessos Blog personnel du représentant du Patriarcat œcuménique auprès du COE

Troisième dimanche après la Pentecôte: " Nul ne peut servir deux maîtres..."

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 25 Juin 2017 à 10:58 | 0 commentaire | Permalien

 2014 - 2017 Crise a l'ITO  Saint-Serge à Paris !
Le 19 juin 2014, Son Eminence l’Archevêque Job de Telmessos a concélébré la Divine Liturgie en l’église Saint-Serge à Paris à l’occasion de la clôture de l’année universitaire de l’Institut de Théologie Orthodoxe avec l’Archiprêtre Nicolas Ozoline, Doyen de l’Institut, l’Archiprêtre Nicolas Cernokrak, directeur de la formation théologique à distance, l’Archiprêtre Jean Boboc, chargé du cours de bioéthique, l’Archiprêtre Serge Model, de Bruxelles, du Prêtre Joachim, étudiant malgache, et du Prêtre Nicolas Kazarian, chargé de cours.

2017 - Communiqué de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge suite à l’assemblée générale qui s’est tenue le 22 juin

Lire aussi Samuel Lieven Un coup dur pour l’Institut Saint-Serge


A la fin de la Divine Liturgie, l’Archevêque Job de Telmessos a prononcé le discours suivant

Nous venons de célébrer la Divine Liturgie, l’action liturgique centrale de la vie ecclésiale, dont elle est la source et le sommet. C’est en effet de la structure de la liturgie que s’organise et se structure l’Église elle-même. Si l’évêque préside la Divine Liturgie, ce n’est pas de manière honorifique, mais parce qu’il agit en lieu et figure du Christ (eis topon kai tupon Christou). C’est de là que découle son autorité dans l’Église, comme l’enseigne l’ecclésiologie eucharistique des Pères de l’Église, rappelée par le Père Nicolas Afanassieff, illustre théologie de cet Institut, et plus récemment par Mgr Jean Zizioulas, le métropolite de Pergame. Je veux croire que cette théologie n’est pas seulement enseignée dans notre Institut de théologie, mais qu’elle est aussi mise en pratique tant par nos enseignants que par nos étudiants.

Malheureusement, l’observation que j’ai pu faire depuis ma prise de fonction à la tête de notre archevêché et de notre Institut, durant les six derniers mois où j’ai patiemment, attentivement et silencieusement été à l’écoute, montre qu’il existe plusieurs disfonctionnements et problèmes au sein de notre Institut, d’ordre ecclésial, administratif et académique, et ma conscience pastorale ne me permet pas de me taire davantage. Alors que nous devrions aujourd’hui nous réjouir en cette cérémonie de clôture académique, le cœur n’est malheureusement pas à la fête, car nous sommes profondément attristés pour de nombreuses raisons.

Cette situation inquiétante, que plusieurs semblent tout simplement ignorer, n’est pas uniquement mon soucis personnel, mais préoccupe non seulement l’archevêché, mais aussi l’Église Mère, le Patriarcat œcuménique.

Personne n’ignore que ce n’est pas l’Institut qui a fondé notre archevêché, mais bel et bien l’archevêché, en la personne du Métropolite Euloge de bienheureuse mémoire, qui a fondé l’Institut. Par conséquent, dès l’origine le rapport de l’Institut vis-à-vis de l’archevêché a toujours été un rapport d’enfant à sa Mère, car il ne pourrait en être autrement. Or, malheureusement, on observe ces derniers temps un éloignement, voire même un estrangement de l’Institut par rapport à l’archevêché, et plus généralement, par rapport à l’Église. D’aucuns préfèreraient, semble-t-il, le concevoir tel un institut laïc, supervisé de loin par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et non comme une institution ecclésiastique, trahissant par là la conviction et le souhait des pères fondateurs.

Ceci a été illustré par la tentative de changer le règlement intérieur de l’Institut, entre mon élection et mon intronisation, visant à réduire complètement le rôle de l’archevêque en tant que recteur à un rôle honorifique et quasi inexistant. Cette décision prise à l’unanimité par le corps enseignant n’a bien évidemment pas pu recevoir mon approbation, car contraire à l’esprit et à la lettre des statuts de notre archevêché et du tome patriarcal établissant notre exarchat, et de ce fait non valable. Par ailleurs, dans un courrier qui m’a été adressé, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche me rappelait que l’Institut est bel et bien administré par un doyen travaillant sous la supervision de l’archevêque des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, et qu’il était de mon ressort, en ma qualité de recteur, de veiller au bon ordre de notre Institut.

Cette tentative que nous pourrions qualifier de coup d’état n’est pas nouvelle, puisque, depuis 5 ans, l’archevêque dirigeant n’est plus élu président de l’association Institut de Théologie Orthodoxe (ITO), contrairement à la coutume bien établie et attestée dans les statuts eux-mêmes, tel que déposés en Préfecture, où nous pouvons lire que le métropolite Euloge était président de l’Association I.T.O. lors de sa constitution en 1932, et que le métropolite Wladimir en était le président lors de la modification des statuts en 1947. Ne pas vouloir élire l’archevêque président de l’Association I.T.O. aujourd’hui signifie non seulement vouloir entrer en guerre avec lui personnellement, mais s’opposer à l’Archevêché et au Patriarcat œcuménique en se détournant de l’esprit et de la lettre des statuts et du Tomos patriarcal.

Par ailleurs, nous pouvons observer une chose similaire dans l’évolution des statuts l’Association pour le Maintien et l’Entretien de l’Institut de Théologie Orthodoxe (AMEITO). Alors que les statuts au moment de sa fondation, en 1948, prévoyaient que l’archevêque dirigeant était le président d’office (ex officio), et que ce dernier désignait comme vice-président l’un de ses évêques auxiliaires, les statuts actuels ne font aucune référence ni à l’archevêque, ni à l’archevêché.

On reconnaît l’arbre à ses fruits. Si cette tendance laïcisante portait des fruits, d’aucuns pourraient peut-être la considérer comme souhaitable. Malheureusement, cette tendance de vouloir s’éloigner de l’Église et de s’en séparer, manifestée par cette volonté que l’Institut cesse d’être une institution ecclésiale et au service de l’Église, se traduit malheureusement par une mauvaise gestion et un mauvais niveau académique.

Au lieu de nous réjouir en ce jour de clôture académique, nous sommes tout d’abord attristés en constatant l’état de délabrement des bâtiments. Nous sommes aussi attristés par l’état des finances de l’Institut, qui se trouve sur le point de déposer son bilan, finances qui ne permettent pas de payer les professeurs régulièrement et convenablement.

Par ailleurs, nous avons appris que près de 400 000 euros ont été détournés ces trois dernières années des caisses de l’AMEITO et du Fond de dotation de l’Institut, alors même que des assemblées générales se sont réunies pour valider les comptes. Certes, d’aucuns diront que ce sont des entités distinctes de l’I.T.O., et que tout va bien dans le meilleur des mondes. Néanmoins, nul n’ignore que l’AMEITO et le Fond de dotation existent dans le seul but unique de faire fonctionner l’I.T.O. et qu’ils sont administrés pratiquement exclusivement par des membres de l’I.T.O. Un tel scandale financier est une honte non seulement pour notre Institut, mais aussi pour notre Archevêché, au sein duquel de nombreux fidèles apportent des dons généreux à ces entités, étant convaincus d’aider ainsi au bon fonctionnement de l’Institut et contribuer ainsi à la vie de l’Église. Vouloir ignorer ce problème est par conséquent une attitude irresponsable par rapport à nos donateurs et donne une très mauvaise image de l’I.T.O. Devant une telle situation grotesque, montrant une complète incompétence dans la gestion, n’aurait-on pas normalement attendu des administrateurs de ces entités qu’ils démissionnent ?

Sur le plan académique, nous avons récemment appris que d’après la loi ESR de juillet 2013, la reconnaissance par l’État de notre Institut ne concerne que l’établissement et non les diplômes qu’il délivre. En effet, selon celle-ci, les établissements d’enseignement supérieur privés ne peuvent pas délivrer de diplômes nationaux tels que la licence, le master ou le doctorat. Les établissements d’enseignement supérieur privés peuvent cependant délivrer des diplômes en convention avec un établissement d’enseignement supérieur public ou bien, lorsque la convention n’a pas été signée, par les services rectoraux qui organisent le contrôle des connaissances pour l’obtention du diplôme. Malheureusement, rien n’a été fait par les personnes s’étant appropriés de la direction de notre Institut, et de ce fait, nos diplômes de licence, master et doctorat ne sont non seulement pas reconnus, mais illégaux.

Par ailleurs, j’ai entre mes mains le rapport d’analyse de notre Institut, fait par l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et rendu au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui est négatif par rapport à la qualité académique de l’Institut, soulignant l’absence de projet et de stratégie de recherche, l’absence d’informations et une organisation complexe et incohérente.

Cette situation lamentable ne peut plus durer, et devant un si grand nombre de disfonctionnement nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à mener une politique de l’autruche en fermant les yeux devant les problèmes.

Dans les circonstances actuelles, je ne peux aujourd’hui apposer ma signature sur les diplômes qui, je vous le rappelle, sont actuellement non reconnus par l’État et illégaux, puisque ce serait donner mon approbation et mon consentement à une telle situation dont je serait complice.

C’est pourquoi je vous invite à entreprendre une réforme en profondeur. Je suis là pour vous aider, en ma qualité d’archevêque et de recteur, non seulement avec mes compétences ecclésiales et canoniques, mais aussi avec mes compétences académiques et scientifiques, vérifiées et validées par une université d’état.

Si vous collaborer avec moi et avec l’Église, de grandes choses pourront être accomplies et de grands maux pourront être guéris. Si vous vous fermez et vous opposez à l’Église, alors il faudra en accepter les conséquences.

Indépendamment de votre choix, l’archevêché en tant que propriétaire des lieux ne peut se permettre de les abandonner à la ruine. C’est pourquoi des travaux seront entrepris dans les mois qui viennent, indépendamment de votre choix, afin de remettre de l’ordre dans la propriété.

Je prie le Paraclet, dont nous avons célébré il n’y a pas si longtemps la venue sur les Apôtres, de vous inspirer le discernement nécessaire et de vous accorder la sagesse dans vos choix pour remédier à cette situation anormale qui nous attriste profondément et qui préoccupe l’Église dans son ensemble, tout en étant assuré que nous nous reverrons très prochainement.

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 2014 - 2017 Crise a l'ITO  Saint-Serge à Paris !

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 24 Juin 2017 à 17:18 | 19 commentaires | Permalien

Inauguration en Crimée d’une exposition d’icônes en fil de lin
Ces icônes en fil de lin exposées à l’église Saint Nicolas le Thaumaturge (Aloushta, Crimée) ont pour auteur le professeur Vladimir Denschtchikov.

Il est le fondateur d’une école iconographique nouvelle : sans avoir recours à quelque moyen technique que ce soit chaque nodule de fil de lin est noué à la main, la méthode employée est celle du macramé.

L’artiste a breveté cette technologie. Seuls les faces et les mains des Saints sont peints sur toile.

On a le sentiment de voir des miniatures tridimensionnelles sous verre. Cette iconographie est respectueuse des canons. Nombre de se trouvent dans des collections particulières.

Chaque icône représente de trois à six mois de travail.

Выставка уникальных икон, созданных почетным академиком Крымской академии наук, профессором Владимиром Денщиковым, открылась в храме-маяке Николая Чудотворца в поселке Малореченское (Алушта).
Inauguration en Crimée d’une exposition d’icônes en fil de lin

En 2010 l’une d’entre elles a été présentée en cadeau au patriarche Cyrille. Une autre avait été remise au défunt Monseigneur Vladimir, métropolite de Kiev et d’Ukraine.
Inauguration en Crimée d’une exposition d’icônes en fil de lin

Les œuvres de Vladimir Denschtchikov ont été exposées en Autriche, en Hongrie, en Allemagne et en Ukraine. Lien Interfax et ICI trad PO
Inauguration en Crimée d’une exposition d’icônes en fil de lin


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Juin 2017 à 16:39 | 0 commentaire | Permalien

LE SCHISME SECULAIRE DES VIEUX-CROYANTS VA-T-IL SE RÉSOUDRE?
V. Golovanow

L'événement le plus dramatique – le schisme de 1666.

Au début du XX siècle, l'influence des russes issus du milieu vieux-croyant se fit ressentir davantage laissant de nombreuses empreintes à Moscou en dehors de leurs communautés: pavillons individuels, théâtres, usines, écoles et hôpitaux.

Les communautés de vieux-croyants nous ont laissé un riche patrimoine: des nécropoles, des églises ainsi que des pavillons étonnants réalisés dans le style art nouveau commandés par des entrepreneurs et mécènes - les dynasties vieux-croyantes des Morozov, Shchukine, Riabouchinsky, Goutchkov, Soldatenkov.,,,

Le cimetière Rogojskoïe est un cimetière de Moscou où se trouve le centre spirituel et administratif de la branche de l'Église orthodoxe vieille-ritualiste russe acceptant d'ordonner des prêtres. L'autre cimetière d'origine vieille-ritualiste à Moscou est le cimetière de la Transfiguration qui au départ avait été ouvert pour les vieux-ritualistes refusant l'ordination de prêtres dans leur Église.

Tombes de la famille Morozov

LE SCHISME SECULAIRE DES VIEUX-CROYANTS VA-T-IL SE RÉSOUDRE?
MANŒUVRES DIPLOMATIQUES

La président russe V. Poutine a rendu visite le 31 mai 2017 au primat de l'Église des vieux-croyants, le métropolite Cornelius, à leur centre métropolitain de Moscou - Rogojskoïe qui existe depuis plus de 200 ans.

C'est un fait historique sans précédent: jamais aucun chef de l'état russe n'a rencontré un responsable des vieux croyants depuis que le fondateur du mouvement, le protopope (archiprêtre) Avvakoum, refusa de se soumettre aux ordres du tsar Alexis au XVIIe siècle.

Cette rencontre a suscité beaucoup de commentaires rappelant que la réunion du patriarcat de Moscou avec l'Église russe à l'étranger (ROCOR) en 2007 a été précédée d'une rencontre de V. Poutine avec le primat de cette Église séparée, le métropolite Laure, en 2003 à New York…

Mais ces spéculations ont été immédiatement refroidies par le métropolite de Volokolamsk Hilarion, chef du Département synodal des affaires ecclésiastiques extérieures, à l'occasion de la présentation de son nouveau livre le 1er juin 2017 à Moscou: "Il faut surmonter le schisme qui s’est produit dans l’Église orthodoxe russe au XVIIème siècle, mais cela ne se produira pas bientôt", explique le métropolite en exprimant le regret qu’actuellement les deux Églises « sont encore assez loin de travailler concrètement à surmonter ce qui en son temps a divisé les fidèles orthodoxes de notre patrie ».

Le métropolite a en revanche souligné qu’il entretenait de bonnes relations avec le métropolite Corneille, qu’il rencontre régulièrement, et il a également estimé que la visite récente que lui a rendue le président russe était liée à son soixante-dixième anniversaire et au prochain 400ème anniversaire de la naissance du protopope Avvakoum

LE SCHISME SECULAIRE DES VIEUX-CROYANTS VA-T-IL SE RÉSOUDRE?
Nous allons brièvement analyser les raisons historique de ce schisme et la situation actuelle

MYTHES ET RÉALITÉS

Contrairement à une opinion largement répandue, l'ancien rite russe, qui provoqua le schisme des Vieux-croyants, ne provient pas des erreurs des copistes, mais tire ses racines de l'une des plus anciennes traditions liturgiques orthodoxes abandonnée au Moyen-âge par Byzance.

Les vieux-croyants ne différent en effet de l'Orthodoxie officielle que sur des questions de rites et de pratique, mais en respectent totalement tous les dogmes des foi. Ils se sont séparés de l'Église orthodoxe russe en refusant les réformes introduites par le patriarche Nikon en 1666-1667 qui aligna le rite russe sur Byzance. Ce fut le schisme ("Raskol" en russe).

LE SCHISME SECULAIRE DES VIEUX-CROYANTS VA-T-IL SE RÉSOUDRE?
Du XVIIe siècle à la fin du XIXe, l'Église officielle et l'Administration impériale avaient le monopole total de l'information religieuse. Les réformes niconiennes ayant été ratifiées par les conciles de Moscou de 1666-1667, les opposants furent stigmatisés comme schismatiques et les causes du schisme présentées de façon biaisée.

Cette version est toujours largement rependue parmi les Orthodoxes, mais les recherches scientifiques menées dès la fin du XIX siècle (A.A. Dmitrievski, N.F. Kapterev, A.V. Kartachev …) montrent que, si les différences étaient bien réelles, elles n'avaient pas surgi par erreur mais remontaient à l'ancienne règle du Stoudios qui avait pénétré en Russie dès sa christianisation.

L'ANCIEN RITE RUSSE

Les missionnaires de Constantinople qui christianisèrent la Russie au Xe siècle apportèrent les rites alors en vigueur – ceux de la règle studite, établie par saint Théodore le Studite (759 - 826), higoumène du monastère de Stoudios à Constantinople à partir de 788-789. Il y développa un nouveau typicon, fondé sur les règles de saint Basile de Césarée (ca. 330 - 379) et saint Pacôme le Grand (v. 292 - 348), qui s'imposa progressivement à Constantinople (le mont Athos l'adopta en 962) jusqu'au XIIIe siècle. Cette règle s'appliqua aussi aux monastères fondés en Russie: la version d'Alexis le Studite (patriarche de Constantinople en 1025-1043) fut traduite en slavon et introduite par saint Théodose (+1074) à la Laure des Grottes (Kiev) après 1054; de là elle fut diffusées dans la majorité des monastères et paroisses russes.

À partir des XIIe-XIIIe siècles la règle studite fut graduellement remplacée à Constantinople par l'ancienne règle de Jérusalem, appelée Sabaïte car elle fut établie par saint Sabas le Sanctifié (439 – 532). L'Église de Byzance subit aussi l'influence latine, qui aboutit à l’Union de Florence (1439). La règle de Jérusalem néogrecque devint la référence universelle du monde byzantin, mais sa diffusion en Russie fut retardée par la domination mongole, qui coupait la Russie de Byzance comme de l'Occident. Son introduction y fut commencée aux XIVe – XVe siècles par les métropolites de Kiev et de toutes les Russies Cyprien (+1406) et Photius (+1431), mais sa généralisation fut encore ralentie par la rupture avec Byzance qui suivit le concile de Florence.

Ainsi, avant la réforme de 1666 - 1667, l'Église russe utilisait une règle hybride conservant des éléments de la règle studite, avec ses nombreux éléments paléochrétiens et paléobyzantins, à côté de ceux la règle de Jérusalem. Nikon et ses partisans manquaient de connaissances de la tradition ecclésiastique et les conseillers grecs ignoraient déjà la tradition studite; de ce fait les différences entre les textes russes et ceux alors en vigueur à Constantinople furent prises à tort pour des innovations ou des erreurs causées par des traductions fautives ou arbitraires, alors qu'elles provenaient de la règle originelle... Et c'est cet ancien rite russe qui est toujours en vigueur chez les Vieux-croyants.

LE SCHISME SECULAIRE DES VIEUX-CROYANTS VA-T-IL SE RÉSOUDRE?
FOI ET RITUALISME

Les livres imposés par la réforme furent de nouvelles traductions des livres liturgiques selon la règle néogrecque. Comme les chrétiens orthodoxes dans l’Empire ottoman n’eurent pas le droit d’imprimer les livres ecclésiastiques, ils durent recourir aux typographies européennes: la première édition imprimée du typicon Sabaïte est celle de Venise en 1545.Les livres liturgiques que Nikon fit traduire furent imprimés par les typographies des Jésuites à Rome, Venise et Paris (les premières éditions imprimées en slavon datent de 1610 et la première édition en Russie est celle de 1682, après la réforme…)

Et ils furent non seulement imprimés mais aussi rédigés en Italie à l'aide de sources des chrétiens de l’Italie méridionale qui pratiquaient le rite byzantin. Des glissements occidentalisants y apparurent; ils furent soulignés par les opposants à la réforme et, comme les livres et rites anciens furent anathémisés, de nombreux fidèles pensèrent que les vérités de la foi, qui avaient trouvé leur expression dans les rites et les livres à partir des premiers siècles, avaient été modifiés dans ces nouveaux textes. Cela accentua le rejet de la réforme qui, au départ, tenait surtout à la modification des rites.

Les principaux rites touchés sont, par exemple:

- Le signe de croix se fait désormais avec trois doigts dressés, l'index, le majeur et l'annulaire au lieu de deux (trois doigts réunis symbolisent la sainte Trinité, deux doigts repliés représentent les deux natures de Christ – divine et humaine – c'était précédemment le contraire!);
- Dans le Credo, le Saint-Esprit devient « source de vie »au lieu « vraie source de vie »;
- L'alléluia binaire est remplacé per une triple répétition
- Les processions se firent d'ouest en est au lieu de suivre le cours du soleil pour montrer qu'on va vers le Christ, le soleil du monde;
- Le nom de Jésus, prononcé traditionnellement comme "Isous" fut transformé en "Iisous";
- La liturgie fut célébrée avec cinq au lieu de sept phosphores, etc.

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Le ritualisme tient une place très importante dans l'expression de la foi en Russie:

forme et contenu sont indissociables pour les croyants russes: « Aucun peuple chrétien de l'Europe ne possède un sentiment aussi aigu et brûlant de Dieu dans la matière, dans les objets sacrés que les Russes. La séparation nette du pur et de l'ignoble, du sacré et du profane dans la piété russe n'a comme précédent que, dans l'Israël ancien, le rapport à l'Arche d'Alliance (…). Comme prototype et anticipation de la vie juste, le peuple russe aime appréhender la vie quotidienne dans un contexte rituel et spirituel ; il aime que la vie quotidienne domestique autant que la vie publique soient comprises dans leur aspect ecclésial. Il aime considérer que, dans le creuset du culte ecclésial, tout ce qui est plein de grâce soit transformé de terrestre et périssable en quelque chose de pur et sacré,» écrit l'historien et théologien A.V. Kartachev (In « Le sens de la vieille-croyance », Paris 1924; Citation du journal «Tserkov» Moscou, 1992-2, page 18).

Cet aspect devint prépondérant chez les tenants des anciens rites: pour les Vieux-croyants cela va même encore plus loin. Les rites sont inséparables de la manifestation de leur piété comme l'écrit en 2002 l'évêque vieux-croyant Mikhaïl Semionov: « De quelle foi aux rituels peut-on parler ici ? Pour nos ancêtres les rites sont "la manifestation évidente de la vérité dogmatique…" comme écrit Klioutchevski***, et l'aspiration à conserver un tel rite-symbole n’est-elle pas naturelle ? On peut craindre que l'altération du rite n'en vienne à ébranler, à perdre la vérité de la foi habillée en cette enveloppe sacrée» (in « Apologie de la vieille-croyance », "Tserkov", Moscou, 2002, 4-5, page 19).

* V.O. Klioutchevski (1841 - 1911) est un historien russe;cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Klioutchevski

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DIVISIONS, PERSECUTIONS, EXODE …

Les vieux croyants furent anathémisés par le concile local de 1656 et firent l'objet de terribles persécutions durant les XVIIème et XVIIIème siècles, allant jusqu'au bucher (immolation du protopope Avvakum) et à des auto-immolations. À l’époque soviétique ils subirent le même sort que l'Église officielle. Ils sont chassés vers la Sibérie, les bords du lac Baïkal, le grand nord; certains choisissent l'exil et des communautés de « vieux croyants » se sont ainsi formées de la Roumanie (alors sous domination turque, on les appellent "Lipovènes") au Canada, aux États-Unis et en Amérique du Sud. Des communautés de plusieurs dizaines de membres ont ainsi conservé jusqu'à nos jours un russe très pur, des vêtements, des traditions et des chants du temps de Pierre le Grand.

Privés d'évêques, les vieux croyants se divisent en plusieurs Églises qui soit se passent de prêtres pour les sacrements (« sans popes »), soit ont recours à des prêtres consacrés dans l'Église officielle et qui choisissent de les rejoindre (presbytériens). Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que la mouvance la plus importante, "L'Église orthodoxe vieille-ritualiste russe", presbytérienne, se dote d'une hiérarchie en invitant un évêque serbe.


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MOTEURS DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Avant la révolution les Vieux-croyants étaient plus de quinze millions dans l'empire russe, avec vingt diocèses et plus de deux mille paroisses. Contrairement aux clichés encore répandus ils n'étaient pas tous des paysans enfermés dans des communautés archaïques; il y avait parmi eux de grands entrepreneurs qui furent les moteurs du développement économique de la Russie et détenaient une bonne partie du capital industriel russe (citons les Morozov, Mamontov, Riabouchinski, Rakhmanov /mes aïeux/ ou Soldatenkov, /aïeux du père Nicolas Soldatenkov/.) Ils sont tous les équivalents russes des Rothschild et Rockefeller.

Les communautés de différents rites ont formé une véritable économie parallèle, offraient des avances avantageuses, sans intérêts et même parfois sans rien demander en retour, aux personnes de la même confession, tout en mettant en place ce qu’on appelle aujourd’hui des assurances sociales et œuvres caritatives. Les entrepreneurs géraient les capitaux de la communauté, les faisant passer pour les leurs afin d’alléger l’imposition et d’éviter la pression fiscale et les prélèvements des autorités.

Au début du XXème siècle, des capitalistes « vieux croyants » se sont sérieusement lancés en politique, tout en facilitant la vie des ouvriers de leurs usines et en essayant de faire adopter une législation du travail plus adaptée : cette « responsabilité sociale » faisait également partie de l’esprit de collectivisme des anciens orthodoxes. Parallèlement, des membres de clans financiers et industriels des vieux croyants se sont liés aux révolutionnaires en les finançant, et ce avant tout pour faire pression sur le gouvernement du tsar. Au début de la révolution en 1917, les vieux croyants étaient ainsi assez puissants pour avoir une influence sur le tsar

Les persécutions bolchéviques ne les épargnèrent pas plus que l'Église officielles et ils ne seraient actuellement qu'environ deux millions en Russie, toujours divisés en plusieurs juridictions dont la plus importante est "L'Église orthodoxe vieille-ritualiste russe" ("Русская Православная Старообрядческая Церковь"), qui en regrouperait près de la moitié. Le centre métropolitain de cette Église se trouve au complexe du cimetière Rogojskoïe à Moscou; son chef porte depuis 1988 le titre de Métropolite de Moscou et de toute la Russie (titulaire actuel : Corneille depuis le 18 octobre 2005). Сf

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QUELLE PLACE DANS LA SOCIETE?

L'attitude envers eux reste ambivalente: certains orthodoxes conservateurs leur reprochent l'insoumission à la hiérarchie ecclésiastique en considérant comme mineures les divergences sur les textes et les rites; mais il y a aussi ceux qui apprécient les vieux-croyants, comme Alexandre Soljenitsyne qui voit en eux les porteurs de la conscience et de la religion russe authentiques qui ont été détruites par les dérives provoquées par le schisme et la réforme de l’Église sous Pierre le Grand (in Alexandre Soljenitsyne, "La Russie sous l'avalanche", 1998) et il y a des théologiens orthodoxes qui vont chercher chez eux des racines authentiques. Ainsi le père Alexandre Schmemann, même s'il ne partage pas l'engouement de Soljenitsine comme le montre leurs échanges, s'en inspire peut être pour sa critique du "byzantinisme"…

« Le Raskol… ce fut la dissipation irréparable de la précieuse énergie nationale, ce fut un malheur immense dans la vie de l'Église et du peuple, une nouvelle catastrophe intérieure dans les destins de la Russie sacrée. Il a brisé l'âme du peuple et a obscurci la conscience nationale. Les zélateurs de la Russie sacrée l’ont emporté dans le secret et la clandestinité. Mais les classes officielles, ayant perdu l’instinct religieux, ont imperceptiblement succombé aux sortilèges d’une nouvelle culture : la culture laïque occidentale sécularisée. Le schisme religieux a entraîné le schisme de la conscience nationale, la catastrophe a été double et ce fut très compliqué.

Deux Russies apparurent : l’une populaire, avec l'image de la Russie sacrée dans l'esprit et le cœur, l’autre gouvernementale, cultivée, le plus souvent pas vraiment nationale. Cette catastrophe double eut pris au dépourvu la Russie sacrée, non préparée, comme la première catastrophe de l'invasion latine. Maintenant il arrive un ennemi ou concurrent beaucoup plus puissant. C'est la sécularisation mondiale de la culture européenne ; le remplacement de la théocratie par l’anthropocratie, l’autorité de Dieu par celle de l’homme; le christianisme par l'humanisme, le droit divin par les droits de l’homme, l’absolu par le relatif, la fin de interdiction des idées fausses et de la volonté de les diffuser. Le but de la Russie sacrée fut le ciel, celui de la nouvelle Russie c’est la terre. Là où le législateur était Dieu par l'Église, maintenant c'est l’homme autonome par le pouvoir de l'État armé de l'instruction scientifique… Pierre le Grand a opposé à la thèse de la Russie sacrée l'antithèse de l'État laïc et de la culture laïque. »

A.V. Kartachev, in « "La Russie sacrée" dans les destinées de Russie. » Cours pour la connaissance avec la Russie, Paris 1938 // Essai sur la Russie sacrée, Moscou 1991 (Paris 1956))

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VERS UN RAPPROCHEMENT?

Des tentatives de surmonter le schisme eurent lieu sans résultat au XIXe siècle et ce n'est qu'en 1905 qu'un décret de l'empereur Nicolas II autorisa réellement les communautés de Vieux-croyants à pratiquer leur rite.

En 1800, un décret de Paul 1 autorise la pratique du "vieux rite" permettant la réception de paroisses vielles ritualistes dans l'Église russe et un décret de Nicolas II en élargissait les possibilités. Bien que la majorité des vieux-croyants refuse l'équivalence des anciens et des nouveaux rites et textes, plus de 800 paroisses pratiquant l'ancien rite faisaient partie de l'Église russe en 1918. On appelle ce mouvement "Edinovérié", mot formé sur les radicaux "édin" – un et "véra" – foi, qui souligne bien l'unité de foi malgré la différence de rites. Ces paroisses avaient pratiquement disparues sous le régime soviétique. En 1971 le patriarcat de Moscou lève l'anathème de 1656 à l'encontre des vieux croyants, qui ne sont donc plus considérés comme des « hérétiques » et le rapprochement s'accélère après le renouveau de l'Église russe. Une "commission pour les paroisses de tradition liturgique ancienne et la coopération avec les vieux croyants" fut créée en 2004 et un Centre patriarcal fondé en 2009 avec les mêmes objectifs Il y aurait actuellement dans l'Église russe un peu plus de 30 paroisses pratiquant le vieux rite, dont 1 aux USA, Pennsylvanie) **. Un vicariat dédie au vieux rituel a été crée au sein de l'Église russe à l'étranger (ROCOR); il dépend de l'évêque de Caracas Pierre (Bērziņš), qui a été sacré en 2008 selon le vieux rite***.

De nombreux contacts ont été développés récemment sous la responsabilité du métropolite de Volokolamsk Hilarion, responsable de la "commission pour les paroisses de tradition liturgique ancienne et la coopération avec les vieux croyants", avec l’Église orthodoxe vieille-ritualiste russe presbytérienne dirigée par le métropolite Corneille, qui regroupe environ 1 million de vieux croyants. Ces contacts ne montraient pas d'avancées notables, comme le souligne Mgr Hilarion dans son communiqué cité en introduction, mais …

Il n'est pas impossible qu'une annonce soit faite à l'occasion du 400-e anniversaire de la naissance du protopope Avvakoum en 2020: l’Eglise russe va participer mais ne fait pas (encore?) partie du "Comité d’organisation" de ces commémorations qui est présidé par le métropolite Cornelius et comprend aussi des représentants des vieux croyants "sans prêtres" ainsi que du ministère fédéral de la culture Cf. .
Au cours de la première réunion de ce comité le 24 mars dernier, le métropolite Cornelius a indiqué que cette commémoration peut donner une nouvelle impulsion au processus de rapprochement si elle donne lieu à "du travail commun, une bonne coopération…"


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La visite du président Poutine, certainement en accord avec le patriarcat, marque probablement une volonté d'accélérer le processus: en nous appuyant sur l'exemple de la réunification avec ROCOR, nous pouvons faire l'hypothèse que, malgré le démenti diplomatique de Mgr Hilarion, les deux Églises se dirigeraient vers un rapprochement du même type: l’Église orthodoxe vieille-ritualiste deviendrait une Église autonome au sein de l'Église russe en gardant ses spécificités, en particulier son ancien rite. Bien entendu, comme pour ROCOR, ce processus peut encore prendre plusieurs années … mais les commémorations de 2020, dans 3 ans, s’insèrent bien dans ce possible calendrier. Et pour le président Poutine c'est encore une occasion de se poser en pacificateur et d’asseoir son influence sur une nouvelle frange du "Monde Russe", en Russie comme hors de ses frontières.

Renvois:
** ICI
*** ICI
Sources principales:
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Orthodoxes_vieux-croyants
- Job Getcha, «Le Typikon décrypté. Manuel de liturgie byzantine», Cerf, 2009, p40-52
- Blackwell W. L. The Old Believers and the Rise of Private Industrial Enterprise in Early Nineteenth-Century Moscow // Slavic Review. – 1965. – Vol. 24, N 3.
- A.B. Borodkin, "«ТРУД ДУХОВНЫЙ» И «ТРУД ДОСТОЙНЫЙ». ЭВОЛЮЦИЯ СТАРООБРЯДЧ,ЕСКОЙ ЭКОНОМИЧЕСКОЙ МОДЕЛИ во второй половине XVII–начале XX вв." Scientific revue of the Baikal State University", 2010, Vol.11. N2, p.5-15

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P.O. a consacré de nombreuses publications à la problématique des vieux-croyants. Nous complétons le texte élaboré par Vladimir Golovanow


ÉGLISE GREBENCHIKOVA DES VIEUX-CROYANTS /GREBENŠČIKOVA BAZNĪCA/
Рижская Гребенщиковская старообрядческая община


Si vous alliez à Riga, très belle ville, magnifique architecture art moderne, ne manquez pas de visiter la nombreuse communauté de vieux-croyants "GREBENCHIKOVSKAYA " russophones et son église où vous pourrez admirer une très riche collection d'anciennes icônes. D'abord construite en bois en 1760, l'église orthodoxe Grebenchikova actuelle date de 1814 et se reconnaît grâce à son dôme doré. Elle accueille aujourd'hui une large congrégation de Vieux-Croyants ainsi que de nombreuses icônes que cette dernière a pris soin d'emporter avec elle lors de sa fuite de Russie au XVIIIe siècle.

La communauté compte de nombreux jeunes. Film consacré à l'école du dimanche et à la colonie de vacances des vieux-croyants. Atelier de fonderie, copie de vieilles icônes en bronze et laiton.

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L'église orthodoxe Grebenchikova actuelle date de 1814 et se reconnaît grâce à son dôme doré

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Les vieux croyants vont bientôt construire une église consacrée à ceux qui ont péri pour leur foi dans le camp des Solovki. Ce sera la première en Russie. L'église situera dans la ville de Lioudinovo, région de Kalouga. C'est en 2013 qu'il avait été décidé de la construire.

Une administration spéciale vient d'être mise en place qui aidera les vieux croyants venus de d'Amérique latine s'installer dans le territoire de Primourje et la région d'Amoursk. Deux médiateurs en charge des vieux croyants rapatriés ont récemment été nommés.

Près de Moscou, une communauté de vieux-croyants garde la mémoire d’un Français converti à l’orthodoxie.

Issue d’un schisme d’une violence inouïe avec l’Église orthodoxe russe, l’Église vieux-croyant tente de se perpétuer dans une Russie en pleine mutation. Un Français chez les vieux-croyants

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Juin 2017 à 13:40 | 16 commentaires | Permalien

Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
Nicolas Imbert

Fondé en 1925 par Dom Lambert Beauduin, cette cité monastique se distingue par la coexistence, dans une seule et même communauté, de deux traditions liturgiques : d’une part celle de l’Occident (rite latin) et d’autre part celle de l’Orient (rite byzantin).

Ayant l’aspiration profonde d’une unité entre chrétiens, la vocation de ce monastère s’inscrit dans une démarche œcuménique que la célébration des deux liturgies inaugure et réalise par un « rapprochement des âmes » que formulait de ses vœux le père Beauduin. Un désir de rapprochement qui n’entre pas en dissonance avec l’identité bénédictine du monastère, bien au contraire.

Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
En effet, saint Benoît, patriarche du monachisme en Occident, s’enracine dans la tradition patristique dont il invoque l’héritage dans sa règle monastique par les « enseignements des saints Pères, dont la pratique amène l’homme jusqu’aux sommets de la perfection » ou encore par les Vies des Pères du Désert et des Institutions de Saint Cassien qui sont d’après lui des « instruments de vertus pour moines vraiment bons et obéissants« . (1)

Des relations avec le monastère orthodoxe du Mont Athos

Cette proximité entre l’identité bénédictine de Chevetogne et l’Orthodoxie se traduit aussi par les relations du monastère avec le Mont Athos.

En effet, si les relations entre le Mont Athos et les bénédictins cessèrent à partir de la fin du XIIIe siècle — période qui annonçait la clôture de la présence d’un monastère de bénédictins amalfitains sur la sainte Montagne installés depuis le Xe siècle — les moines bénédictins de Chevetogne s’attachèrent à renouer des liens étroits avec ce haut lieu de l’Orthodoxie.

Durant le XXe siècle, plusieurs moines de Chevetogne se sont plongés des mois durant dans le quotidien des moines du Mont Athos dans la perspective de redécouvrir les profondeurs de la spiritualité hésychaste, au cœur même de la règle athonite. (2)

Récusant toute logique d’uniatisme, c’est par l’immersion complète dans la spiritualité orthodoxe que ces moines bénédictins expriment le désir d’un dialogue fondé sur la connaissance mutuelle de l’Occident et de l’Orient chrétiens.

À chaque office au sein du monastère de Chevetogne, les cloches des deux églises latines et byzantines entonnent à l’unisson leurs mélodies qui rappellent la beauté de l’héritage spirituel des « deux poumons » de l’Église. (4)

L’église byzantine se singularise par son son architecture de tradition russe et ses fresques de tradition grecque conjuguant ainsi la beauté de l’art divin à l’histoire du christianisme.

Chaque jour y sont célébrés les matines et les vêpres en slavon, tout comme la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, le dimanche matin. De plus, la célébration de la Liturgie en slavon permet d’instaurer une certaine proximité avec l’Église orthodoxe russe avec laquelle le monastère entretient des relations fraternelles. Des relations qui se traduisent par des invitations mutuelles en Belgique et en Russie pour mieux se connaître et s’aimer. (5)

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L’Église latine, quant à elle, dispose d’un atrium et d’une coupole ornés de deux magnifiques fresques romanes — écrites du talent divin d’un moine iconographe russe — représentant la Jérusalem céleste et le Christ pantocrator. (6)

Également dotée d’une bibliothèque exceptionnelle qui recueille en son sein plus de 150 000 ouvrages, le monastère donne la possibilité à chaque retraitant de s’y documenter et étudier les écrits des Pères de l’Église, les théologies orientales et occidentales, la philosophie…

Les moines de Chevetogne, aussi connus pour être à la pointe dans la polyphonie orthodoxe de tradition russe, ont été amenés depuis les années 60 à réaliser de nombreux enregistrements dont il est toujours possible de se procurer les CDs. Actuellement, le monastère bénéficie d’un système d’enregistrement qui permet de suivre, à distance, les offices en direct du monastère à partir de leur site Internet. (7) Chacun peut donc, chez soi, écouter les chants de Chevetogne et s’élever vers le Ciel. LIEN ALETEIA
.......................
(1) Cf Règle de Saint Benoit – verset 2 à 7 du chapitre 73
(2) Cf l’article « Pélerins bénédictins au Mont Athos » écrit par Fr. A. Lambrechts dans la revue Irénikon /1998/
(3) L’ « uniatisme » est une conception ecclésiologique qui visait à convertir les orthodoxes au catholicisme. Cette conception est aujourd’hui abandonnée par l’Église catholique depuis la déclaration de Balamand datant de 1993.
(4) Cette expression fut utilisée par saint Jean Paul II dans son encyclique Ut Unum Sint /1995/ pour désigner l’Occident et l’Orient chrétiens comme les deux poumons de l’Eglise.
(5) Cf l’article « Les contacts entre l’Église orthodoxe russe et le monastère d’Amay-Chevetogne », écrit par Fr. A. Lambrechts dans la revue Irénikon /2003/
(6) Cf histoire et photos
(7) Monastere de Chevetogne


Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
Père Antoine Lambrechts
Mgr Basile Krivochéine, l’Eglise catholique et Chevetogne

« Mes causeries ont suscité parmi eux un grand intérêt — écrit-il à son frère Igor après sa visite à Chevetogne, en mars 1957. C’est un plaisir (et en même temps extrêmement triste) de voir que ces « uniates » (6) (ils sont tous de différentes nationalités occidentales — des Belges, des Français, etc.) ont à l’égard de l’Eglise orthodoxe russe (= du Patriarcat de Moscou) plus de sympathie, de compréhension et de bienveillance que beaucoup de nos émigrés hybrides.

Mais je dois ajouter, que l’on peut trouver une telle attitude de sympathie seulement chez une petite minorité de Catholiques. Le Vatican et la grande majorité des hiérarques catholiques se comportent à l’égard de l’Eglise orthodoxe russe sans amitié, et souvent même avec hostilité » (7).

Devenu évêque de Bruxelles, il nous honorait presque chaque année par sa participation aux « Semaines d’études œcuméniques », fondées pendant la deuxième guerre mondiale par le P. Clément Lialine, moine de notre communauté. Ces Semaines d’études ont toujours eu un caractère théologique, patristique ou monastique.

Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
Les participants de différentes Eglises pouvaient y aborder des problèmes d’actualité œcuménique en toute franchise, et Mgr Basile y intervenait volontiers au vif des débats (8). Les journées se terminaient d’habitude par la célébration des Vêpres byzantines en slavon et Mgr Basile acceptait alors de réciter le psaume invitatoire, le psaume 103.

En 1980, il nous a honorés également en publiant aux Editions de Chevetogne, la version française de son œuvre capitale sur la vie et la spiritualité de Syméon le Nouveau Théologien. « Dans la lumière du Christ » (9).

A partir des années soixante, notre monastère était, grâce à lui, obligatoirement sur le programme de toutes les visites officielles — ou autres — des hiérarques du patriarcat de Moscou, ce qui nous a permis d’élargir considérablement nos contacts œcuméniques parmi le clergé en Russie.

Parfois, Mgr Basile semblait même vouloir nous considérer comme étant de sa juridiction lorsqu’il nous manifestait gentiment son mécontentement de nos contacts avec l’archevêché russe de Constantinople ou avec l’Eglise russe hors-frontières. « Vous êtes quand-même pour le patriarcat de Moscou ! », nous disait-il alors…

/// Nous n’étions certainement pas les seuls Catholiques — en Belgique ou ailleurs — en qui il avait confiance. Sans doute, son séjour à Oxford, sa participation aux célèbres congrès patristiques d’Oxford, et surtout sa nomination comme évêque de Bruxelles lui a permis de s’ouvrir aux autres chrétiens et d’approfondir ses contacts avec les Catholiques. Une lettre (10) de 1939, où il met sa mère en garde contre la piété catholique, nous montre quel chemin il a parcouru dans ce sens depuis sa période athonite....

Suite et LIVRE

Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
Basile KRIVOCHÉINE « Dans la lumière du Christ. Saint Syméon le Nouveau Théologien (949-1022) » Vie, Spiritualité, Doctrine / Chevetogne [Belgique]. Éditions de Chevetogne — 1980; " Editions de Chevetogne«, la version française de son œuvre capitale sur la vie et la spiritualité de Syméon le Nouveau Théologien.

Dans la Lumière du Christ. Mgr Basile voulait illustrer par là une attitude très caractéristique envers ce grand Saint et mystique chez certains clercs et théologiens orthodoxes du siècle dernier. C’était, en effet, Mgr Basile qui a commencé et stimulé l’édition des textes originaux de St Syméon. Plusieurs savants en Occident ont contribué à cette édition. Avant le travail de Mgr Basile, St Syméon était encore peu connu en Occident (et, comme la remarque de ce prélat orthodoxe le montre, Syméon était souvent ignoré même dans le monde orthodoxe, bien que ses Hymnes et quelques sélections de ses Discours aient été publiées dans la Philocalie, en grec, slavon, russe et roumain).

Le monastère de Chevetogne est unique en son genre: un pont entre l’Orient et l’Occident
Assis : Mgr Basile, le moine Gabriel (Chevetogne), Michel Van Parys, le diacre Gery Lemaire, le père Michel Van Parys, Mgr Basile. (6) Debout : l’archimandrite Joseph Lamine, le métropolite Emelianos, le diacre Gery Lemaire et le père Daniel Gelsi Plus de photos rencontres

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Juin 2017 à 21:38 | Permalien

L’Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF) appelle à enlever la dépouille de Lénine  de la Place Rouge
Le Concile des évêques de l’EORHF vient de se réunir à Munich. Le service de presse du Concile diffuse le texte d’un message du Synode dont voici un extrait :

« Nous appelons à enlever de la Place Rouge la dépouille de Lénine qui fut l’instigateur du pouvoir athée en Russie. L’idéologie criminelle qu’il préconisait a été le prétexte de l’extermination de millions de victimes.

Nous préconisons également l’effacement de tous les symboles de l’athéisme et invitons à cesser de glorifier les noms des assassins communistes dans la toponymie des villages, des villes, des rues et des places, des gares et des parcs.

Le Synode rappelle que 2017 est l’année du centenaire de la révolution de 1917, du rétablissement du trône patriarcal ainsi que du dixième anniversaire du rétablissement de l’unité de l’Eglise russe ».

A la fin de cette session du Synode une nouvelle cathédrale érigée à Munich à la mémoire des Nouveaux martyrs tombés pour la foi sous le pouvoir soviétique a été solennellement consacrée par le métropolite Hilarion, primat de l’EORHF et Monseigneur Onuphre, métropolite de Kiev et d’Ukraine (PM).

Lien Interfax Traduction "PO"

Lire aussi le 19 Mars 2017 Le concile des évêques de l’EORHF appelle à évacuer de la Place Rouge la dépouille de Lénine

Архиерейский собор РПЦЗ: Мы призываем распрощаться с богоборчеством и прославлением убийц

Послание Архиерейского Собора Русской Православной Церкви Заграницей, прошедшего в Елизаветинском женском монастыре в Бухендорфе (Германия) с 9 по 16 июня 2017 года ПравМир
L’Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF) appelle à enlever la dépouille de Lénine  de la Place Rouge

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 19 Juin 2017 à 08:20 | 0 commentaire | Permalien

LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
Le second dimanche après la Pentecôte, une semaine après avoir fêté tous les saints, l’Eglise russe célèbre une Toussaint russe.

Cette célébration vit le jour au XVIème siècle sous le saint métropolite Macaire de Moscou & de toutes les Russies mais fut abandonnée au siècle suivant lors des réformes du Patriarche Nikon. Cette fête fut restaurée à la suite du concile local de Moscou le 26 août 1918.

L’initiateur de la restauration de cette fête fut un professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg, Boris Touraev. Il fut du reste le co-auteur avec le hiéromoine Athanase Sakharov de la première édition de l’office parue en 1918. Une seconde édition de cet office parut en 1956 et fut publiée par le Patriarcat de Moscou.

Une révision de cet office fut effectuée en 2002 et fut intégrée aux Ménées du mois de mai (elle présente quelque variante avec la version de 1956, en particulier pour le prokimenon de la liturgie).

Curiosité liturgique, les différents stichères des vêpres ou des matines, ainsi que les tropaires des odes du canon du jour à matines énumèrent les noms d’un très grand nombre de saints russes. Des formules spéciales pour les prières de la litie énumèrent de même de longues listes de saints russes.

L’office de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie se combine avec celui du dimanche, ton 1. Les lectures de la liturgie, qui s’ajoutent à celle du IInd dimanche après la Pentecôte, reprennent celles du dimanche de tous les saints de la semaine précédente. Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.
SUITE
LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE

Il est intéressant de noter que l'office du XVIème siècle ne fut pas repris en 1918, mais un office spécial fut composé sur le modèle de celui consacré à Tous les Saint de l'Athos et c'est l'office généralement utilisé dans l'émigration, sans les révisions de 1956 et 2002.

Chaque ode du canon des matines regroupe les saints d'une région particulière, et s'achève par le théotokion de l'icône de la Mère de Dieu la plus célèbre de cette région :

1) les premiers saints russe, et l'icône de la Protection de la Mère de Dieu
3) ceux du Sud de la Russie, et l'icône de Potchaev
4) ceux de Moscou, et l'icône d'Ivéron
5) ceux de Novgorod, et l'icône du Signe
6) ceux du Nord, et l'icône de Tikhvine
7) ceux de Rostov, Souzdal et Vladimir, et l'icône de Vladimir
8) ceux de Kazan et de l'Est, et l'icône de Kazan
Source


« Nous fêtons aujourd’hui la mémoire de tous les saints qui ont illuminé la terre russe, de tous les saints de notre grande Église russe multinationale.

"Parlant de la terre russe, nous ne parlons pas seulement du territoire actuel de la Fédération de Russie, mais de toute la Rus’ historique qui différait autrefois sensiblement des frontières politiques de la Russie actuelle, mais dont l’unité spirituelle continue à s’étendre à un espace spirituel tout à fait particulier, unissant des gens vivant dans des villes et des pays différents. Lorsque nous parlons des saints de la terre russe, nous parlons des saints de la Rus’ historique, de ceux qui se sont illustrés en Russie, de ce grand cortège de saints que vénère l’Église orthodoxe ukrainienne, partie intégrante du Patriarcat de Moscou, des saints de Biélorussie, de Moldavie, des Pays Baltes, d’Asie centrale, de Chine et du Japon, de tous les saints des pays où l’Église orthodoxe russe a étendu son ministère, a semé sa semence de salut.

Toutes les terres de la Rus’ historique ont eu leurs saints. Ce qui signifie que le Divin Semeur, qui a choisi notre terre pour y semer sa Parole divine, n’a pas élu une terre caillouteuse, ni une terre où la semence de la Sainte Orthodoxie tomberait dans les épines, ni une terre où les oiseaux mangeraient ce qu’Il a semé. Il a choisi une terre fertile, où la parole du salut donne des fruits nombreux et étonnants (cf Mt 13, 1-8 ; Mc 4, 1-19 ; Lc 8, 4-8). Le cortège des saints de la terre russe est aujourd’hui celui de nos intercesseurs et de nos protecteurs. Durant des siècles, de saints pontifes, des martyrs, des confesseurs, des vénérables, de pieux princes, des fols-en-Christ se sont levés par grâce de Dieu en tous lieux de la Rus’ historique. Il n’y a pas de pays sur le territoire canonique de l’Église orthodoxe russe, où, en dehors des saints connus du monde entier et de toute l’Église russe, ne soient vénérés des saints locaux, ayant illuminé un lieu concret, une ville concrète, dans des circonstances historiques concrètes à une époque concrète.

LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
Chacun de nous a des saints préférés parmi les saints russes, ceux dont nous portons le nom, ceux dont nous vénérons les reliques, ceux qui ont joué un rôle particulier dans notre propre cheminement. On ne peut pas énumérer tous ces saints ni leurs exploits, mais l’on peut dire en ce jour solennel et radieux pour l’Église orthodoxe russe que la parole salvatrice de Dieu a donné de bons fruits et des fruits abondants sur notre terre. Ce n’est pas une raison pour nous enorgueillir, ni pour nous élever au-dessus d’autres pays et d’autres peuples, mais c’est l’occasion de réfléchir à la responsabilité historique que le Seigneur a confié à chacun de nous. Lorsque nous faisons mémoire de tous les saints russes, nous commémorons non seulement des gens ayant vécu dans un passé lointain, mais aussi ceux qui ont vécu très récemment, les nouveaux-martyrs et confesseurs, dont l’exploit a particulièrement affirmé notre sainte Église orthodoxe russe.

Nous savons que des saints vivent aujourd’hui même sur notre terre, que l’Église n’a pas encore glorifiés. L’exploit de la sainteté qui nous a été légué par nos prédécesseurs et que nous contemplons avec une telle netteté dans les visages des saints de la terre russe, se poursuit encore de nos jours.

Comme dans toutes les paroisses de l’Église orthodoxe russe, nous avons lu une prière pour l’apaisement du conflit en Ukraine. Nous parlons aujourd’hui d’Ukraine, mais cette terre s’appelait aujourd’hui Rus’ de Kiev. Il n’y a pas si longtemps, cette terre était encore une partie d’un seul et même état. Bien que ce soit aujourd’hui un état indépendant, elle reste partie d’un même espace spirituel que nous appelons l’Église orthodoxe russe. La plupart des fidèles ukrainiens, malgré les efforts pour les arracher à l’unité de l’Église entrepris depuis plus de 20 ans, gardent cette unité en dépit des circonstances difficiles.

LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
(…)

Nous adressons au Seigneur cette ardente prière pour l’Ukraine, Lui qui a semé Sa parole sur cette terre et fait mûrir d’abondants fruits de sainteté. Nous prions la Mère de Dieu qui a toujours été considéré comme la patronne de la Rus’ : ce n’est pas un hasard si la Russie était appelée et est encore appelée « l’apanage de la Mère de Dieu ». Et nous prions aussi aujourd’hui tous les saints russes, leur demandant de rétablir l’unité de la Sainte Russie. Non pas l’unité politique, mais l’unité spirituelle. Afin que la haine s’apaise, que les gens soient à nouveau inspirés par les idéaux de sainteté, de pureté, de moralité, de spiritualité, ce que la Russie a donné à notre peuple et au monde entier.

Demandons au Seigneur d’incliner sa miséricorde vers la Sainte Russie, afin que les hostilités s’apaisent et que la paix triomphe, afin que la paix règne pour de longues années sur notre terre par les prières de tous les saints ayant illuminé la terre russe. Amen. "

Homélie du métropolite Hilarion de Volokolamsk le 22 juin 2014


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Juin 2017 à 07:25 | 1 commentaire | Permalien

À Munich, a été consacrée une église dédicacée aux victimes de la foi dans la période soviétique
INTERFAX, qui reprend le communiqué du service de presse de l’Église orthodoxe ukrainienne — Le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine a présidé la consécration de la cathédrale des Nouveaux-Martyrs et Confesseurs de la Foi et la liturgie concélébrée avec des évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne et des évêques de l’Église orthodoxe russe Hors-frontières ayant à leur tête le métropolite Hilarion d’Amérique orientale et de New-York.

Une communauté russe s’est formée à Munich dès 1798, date de l’ouverture d’une ambassade de l’Empire russe. Au début, les diplomates et leurs familles fréquentaient, au centre de la ville, l’église du Saint-Sauveur où le poète Fiodor Tioutchev a fait baptiser ses cinq enfants.

En 1993, la communauté a signé l’acte d’achat pour un million de marks allemands et il a été possible d’entreprendre la reconstruction de l’église. Durant les travaux, il est apparu que dans le cimetière proche reposaient près de cinq cents prisonniers russes.

À Munich, a été consacrée une église dédicacée aux victimes de la foi dans la période soviétique

Lien Trad PO / В Мюнхене освятили русский собор в честь погибших за веру в советские годы/
À Munich, a été consacrée une église dédicacée aux victimes de la foi dans la période soviétique

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Juin 2017 à 11:15 | 1 commentaire | Permalien

La procédure de canonisation des  Nouveaux martyrs  est freinée, l’accès aux document étant devenu impossible – dit le recteur de l’église du polygone de Boutovo.
Le recteur de l’église des Nouveaux martyrs et Confesseurs de l’église du polygone de Boutovo, en banlieue moscovite, l’archiprêtre Cyrille Kaleda a fait part des problèmes survenant dans le processus de canonisation des victimes ayant péri en URSS en raison de leur foi.

« Le procédure de canonisation des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise Russe est arrêtée car nous n’avons plus accès aux documents d’archive. D’autant plus qu’il existe une crainte partagée par les chercheurs en charge de cette procédure que ces documents soient tout simplement perdus. » a remarqué le prêtre dans un interview accordé au site du diocèse de Moscou. »

Comme il l’a expliqué, ces documents sont gardés dans des enveloppes qui furent cousues par la suite avec un fil.

« Et même si ces enveloppes venaient à être ouvertes, dans un certain temps, il est impossible de savoir dans quel état nous allons leur contenu. En effet, il est difficile de savoir s’il sera possible de lire quoi que ce soit sur un papier, datant de plus de 70 ans et plusieurs fois cousu avec du fil » a remarqué le clerc.

La procédure de canonisation des  Nouveaux martyrs  est freinée, l’accès aux document étant devenu impossible – dit le recteur de l’église du polygone de Boutovo.
Il a aussi informé que parmi les personnes désignés en tant que « saints, certaines s’avèrent être douteuses, n’apportant pas les preuves réelles de sainteté à l’Eglise, selon des informations nouvelles » et en conséquence la décision de les retirer du calendrier orthodoxe a été prise par le Patriarcat de Moscou.

« En même temps, le Patriarche Cyrille a souligné que cela ne signifie pas que leur commémoration locale doit s’arrêter. Par exemple, en l’honneur de Saint Basile de Kineshma et de quelques autres personnes des églises sont édifiées, et ils sont vénérés et l’on prie en invoquant leurs noms, on baptise selon leurs noms, leur vénération n’est aucunement interdite. Néanmoins, la vénération collective, par l’ensemble de l’Eglise, n’est pas recommandée et par conséquent, leurs noms ont été exclus de la liste des saints cités par le calendrier de l’Eglise » a rajouté le père Cyrille Kaleda.

Le polygone de Boutovo reste un endroit unique en Russie, en raison du grand nombre de saints dont les reliques y demeurent dans un seul et même lieu. A l’heure actuelle, il y a environ un millier de noms de clercs et laïcs, fusillés à Boutovo, en raison de leur foi, parmi lesquels une centaine ont été élevés au rang de Saints.

En même temps, le titre de nouveaux martyrs et confesseur de l’Eglise russe a été accordé à plus de 1760 personnes.

Moscou, 5 juin. INTERFAX Traduction père Dimitri Shibaeff


La procédure de canonisation des  Nouveaux martyrs  est freinée, l’accès aux document étant devenu impossible – dit le recteur de l’église du polygone de Boutovo.
Настоятель храма Новомучеников и Исповедников на подмосковном Бутовском полигоне протоиерей Кирилл Каледа заявил о проблемах с канонизацией жертв гонений на веру в СССР. "Процесс канонизации новомучеников и исповедников Церкви Русской сведен на нет, потому что мы потеряли доступ к документам. Более того, есть опасения, и архивные работники их подтверждают, что эти документы могут быть просто утрачены", - рассказал священник в интервью сайту Московской городской епархии. Как пояснил он, эти документы заложены в конверты, которые потом прошили ниткой.

Lire "Les nouveaux martyrs de la terre russe" éditions Résiac, archiprêtre Michel Polsky, 1976

Nouveaux Martyrs et confesseurs de la foi 112 Résultats pour votre recherche

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Juin 2017 à 22:35 | 0 commentaire | Permalien

Le dimanche 17 juin 2017 le patriarche Cyrille consacrera, à proximité de la cathédrale du Christ Sauveur, un monument consacré à "l’Union de l’Eglise".

Il s’agit là d’un événement historique, la signature de l’Acte d’union des deux branches de l’Eglise orthodoxe russe. Ce document a été signé le 17 mai 2007 dans la cathédrale du Christ Sauveur.

Le sculpteur a représenté le patriarche Alexis II et Monseigneur Laure, métropolite de New York, tous deux défunts. Ils se tiennent sur un globe terrestre fracturé tenant dans leurs mains la cathédrale ainsi que l’Acte qu’ils viennent de signer.
Lien et PO

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Juin 2017 à 17:23 | 0 commentaire | Permalien

France: La Nuit des églises, du 24 juin au 2 juillet 2017
La 7ème édition de La Nuit des églises, évènement national français lancé par la Conférence des évêques de France, se tiendra du 24 juin au 2 juillet 2017, annonce ce communiqué de la CEF

Cette initiative est soutenue par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours et chargé des questions d’art sacré pour la Conférence des évêques de France.

À quelques jours du début de l’événement, partout en France, des églises ont déjà répondu à cette invitation : ouvrir leurs portes le temps d’une ou plusieurs soirées et ainsi permettre la découverte de ce patrimoine à travers des programmes culturels, artistiques et spirituels, tout en faisant l’expérience de la rencontre.

Pour cette nouvelle édition, le concept a évolué et il s’adresse maintenant à un réseaux plus élargi. La Nuit des églises n’invite pas seulement les communautés paroissiales à s’investir mais incite également les mouvements et associations locales, les aumôneries de jeunes, les congrégations religieuses, etc. à organiser cet évènement culturel et missionnaire. Le but est que chacun puisse localement, selon sa sensibilité, ses affinités et ses compétences, proposer l’ouverture d’une église pour une nuit (ou une soirée) afin que la communauté parvienne à se rassembler autour d’un projet.

France: La Nuit des églises, du 24 juin au 2 juillet 2017
Enfin, un changement de période a été opéré. Jusqu’à présent, cette nuit exceptionnelle se limitait au seul premier samedi du mois de juillet. Cette année, les communautés locales pourront ouvrir leur église selon leurs possibilités entre le 24 juin et le 2 juillet 2017. Un évènement paroissial déjà existant ou programmé pendant cette semaine peut devenir un évènement « Nuit des églises ».

Les programmes qui se préparent permettront encore de découvrir autrement ces édifices pas comme les autres, leur architecture, leur décor et leurs trésors, sans oublier leur atmosphère, sous une lumière nouvelle.


France: La Nuit des églises, du 24 juin au 2 juillet 2017
Née en 2011, cette invitation, simple et profonde, veut permettre aux visiteurs de se sentir chez eux au sein de l’Église et dans l’église. Elle s’adresse aux communautés paroissiales et aux habitants dont ces églises sont le cadre de vie quotidien mais qu’ils ne connaissent pas forcément.

ZENIT

France: La Nuit des églises, du 24 juin au 2 juillet 2017
C 2011 года во Франции по инициативе католических епископов Франции ежегодно проводится неделя "Открытых ночей в храмах" В этом году с 24 июня по 2 июля храмы откроют двери для посетителей ночью по всей стране
В приходах будут устраивать чтение Библии, концерты и выставки

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Juin 2017 à 15:38 | 0 commentaire | Permalien

LES ENFANTS A L’EGLISE
Traduction Elena Tastevin

Où et comment doit se tenir le petit chrétien pendant l’office ? Les parents se demandent s’ils peuvent laisser leur fille tenir sa poupée ou encore jouer avec des bouts de cierges.

Le protopresbytre Fedor Borodine, recteur de l’église Saint Côme et Damien, père de 5 enfants s’en est entretenu avec le correspondant de « Neskoutchny Sad » Sophia Poutchkova.

Certains adolescents ne peuvent pas rester calmes à l’office ne fût-ce que pendant 10 minutes alors que des enfants de 5 ans se tiennent debout pendant toute la liturgie sans bouger. Aussi le maintien de l’enfant à l’église n’est pas fonction de son âge mais de son aptitude à prier. L’enfant qui ne voit pas pratiquement aucune action a beaucoup de mal à se concentrer. Aussi, il se sentirait mieux devant l’autel où il peut regarder ce qui se passe. Les parents et le père spirituel de l’enfant doivent le laisser assister à l’office le temps pendant lequel il est capable de rester concentré.

Bien entendu si l’enfant est encore petit, s’il pleure ou gambade dans l’église il faut le maintenir dans le réfectoire. Parfois, il vaut mieux ne pas amener l’enfant à l’église mais le laisser dormir à la maison. En effet, les petits sont souvent fatigués après la sortie de l’école.

LES ENFANTS A L’EGLISE
Nous avons souvent tort en imposant aux enfants des contraintes qu’ils ne peuvent pas assumer. Par exemple, les parents arrivent à l’église bien avant les heures et la liturgie avec un enfant de 5 ans. En grandissant le petit se souviendra toujours du mal au dos et aux jambes, d’un office incompréhensible et très long. Ce n’est pas la joie.

Les enfants ne doivent pas être surchargés par l’office. Mes propres souvenirs d’adolescent liés à l’église sont associés au mal au dos. Notre famille n’était pas religieuse, c’était ma marraine qui m’emmenait à l’église. Je ne comprenais rien, personne ne m’expliquait rien. Par exemple, quand on présentait le calice je pensais « Enfin ». Et quelle déception j’éprouvais à l’époque lorsque l’on l’emportait. Parce que cela signifiait qu’il fallait attendre encore 30 minutes avant la communion. Quand je sortais de l’église ma marraine me donnait des tartines et un thermos et je pensais « C’est fini, maintenant ils me laisseront tranquille pendant 6 mois » même si globalement je me réjouissais d’aller à l’église.

Quand il y a plusieurs enfants dans une famille, il est préférable d’aller au début de l’office avec les grands et au moment où l’on dit le « Notre Père » avec les petits.

Dans l’une des églises de Moscou il y a une garderie où l’on peut laisser les enfants. Ils y suivent le catéchisme et c’est au moment du canon eucharistique ou plus tard qu’on les fait entrer dans l’église. C’est une expérience intéressante parce que les parents peuvent prier tranquillement et que les enfants ne se fatiguent pas à l’office et ne restent pas désœuvrées.

Espace enfant

Aujourd’hui une famille nombreuse a du mal parce que souvent il n’y a pas de place même pour installer la poussette sans parler de la possibilité de changer l’enfant et le faire manger. Je pense, que l’espace enfant doit exister dans toutes les églises. Aller à l’église avec trois ou quatre enfants est un exploit surtout pour une femme enceinte. L’espace enfant peut être séparé par une fenêtre insonorisée pour que l’enfant puisse regarder. De plus cet espace pourrait être équipé par les haut-parleurs si bien que l’enfant entendra l’office sans que ses cris soient entendus par les paroissiens

LES ENFANTS A L’EGLISE
Pardon, votre enfant joue avec des anges !

Les tous petits peuvent apporter des jouets à conditions qu’ils ne soient pas sonorisés. On peut laisser l’enfant jouer, par exemple, dessiner ou modeler les restes de cierges dans la mesure où cela ne perturbe pas l’office. Aujourd’hui les enfants ne sont pas capables de percevoir quoi que ce soit si leurs mains ne sont pas occupées. Il me semble que les petits peuvent s’assoir sur la marche devant l’autel. Ils ont des âmes intègres et pures, c’est comme s’ils étaient assis aux pieds du Christ. Nous ne devons pas répéter les fautes des apôtres qui ne laissaient pas les enfants s’approcher du Christ. Il est tout de même important d’inculquer aux enfants la conscience du mystère qui est celui de l’Eglise. Lorsque l’enfant s’amuse parce qu’il ne peut plus rester sans bouger il faut se rappeler qu’un jour une dame est venue voir Saint Séraphin de Sarov et son enfant s’est mis à courir et à s’amuser dans sa cellule. La dame a eu honte de son fils mais le saint père lui a dit que son enfant était en train de jouer avec les anges.

Les enfants qui bavardent sans vergogne font preuve d’un comportement inadmissible. Il s’agit d’un enfant qui oublie Dieu et préfère jouer et bavarder.

Une fois un de nos adolescent qui servait dans l’autel faisait semblant qu’il avait affaire dehors pendant la liturgie. Il descendait dans la cave et y volait de l’argent. Un jour nous avons appris que deux adolescents passaient leur temps dans notre cave à boire du thé et à bavarder. Il faut arrêter les enfants lorsque leur comportement frise l’insolence et souvent il suffit de leur faire une remarque avec amour sans les punir. Il ne convient d’appliquer que très rarement des punitions sévères.

LES ENFANTS A L’EGLISE
Nous ne pouvons pas forcer un enfant d’aimer la liturgie. La décision d’aimer Jésus ou non murit dans l’âme de chacun et nous ne pouvons pas décider pour autrui. Le prophète Samuel avait de mauvais enfants alors que lui-même avait été élu pour transmettre le message de Dieu. Nous pouvons cependant susciter la curiosité de nos enfants pour les offices. Il aurait fallu éditer un manuel liturgique accessible, similaire à la série « la physique ou les mathématiques pour tous. Il faudrait également traduire les chants et les tropaires les plus fréquents.

Il vaut mieux se passer d’un surveillant

Les enfants doivent être pris en charge dans l’église. Souvent nous voyons une mère qui prie pieusement alors que ses enfants courent, poussent les chandeliers, font du tapage et dérangent tout le monde. Les parents doivent surveiller leurs enfants. Dans notre église il y une personne qui s’occupe des petits c’est mais en principe la fonction des parents. Les enfants doivent savoir qu’il est interdit de jouer pendant l’office. Une chose est de dessiner, les amusements en sont une autre.

On peut et il faut faire des remarques aux enfants. Si dans mon enfance j’avais essayé de grignoter des graines de tournesol l’adulte le plus proche m’aurait réprimandé. Actuellement, nous n’avons plus le droit de faire des remarques aux enfants d’autrui. La société ne s’occupe plus de l’éducation de ses jeunes et c’est très mal. Nous devons faire comprendre à nos enfants que l’office religieux est saint.


LES ENFANTS A L’EGLISE
Souvent l’enfant se faufile pour être le premier à communier.

Il s’est habitué à être l’un des premiers quand il était petit. Parfois l’enfant va bousculer les plus petits. Il faut lui dire dans ce cas qu’il sera le dernier à communier. La fois prochaine il ne recommencera pas. Il faudrait aussi prévoir un espace où les adolescents pourraient rester entre eux après la fin de la liturgie. Chaque cours de catéchisme devrait avoir un « Club des anciens » pour maintenir les liens d’amitié tissés par les adolescents. A l’université ou au travail l’homme est entouré de non croyants et pour tenir il a besoin de communiquer avec ses anciens camarades de catéchèse.

« Neskoutchny Sad »

Дети на богослужении

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 16 Juin 2017 à 10:50 | 16 commentaires | Permalien

La visite en France du président Poutine le lundi 29 mai a eu deux aspects.

Le chef d’État russe a rencontré Emmanuel Macron, le nouveau président de la République française, avec qui il a inauguré l’exposition « Pierre le Grand, un tsar en France. 1717 » qui est le signe d’un « partenariat particulier » entre le Domaine national de Versailles et de Trianon et le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. À cette exposition sont présentés plus de cent cinquante objets qui retracent « l’un des événements diplomatiques et culturels majeurs du début du règne de Louis XV ».

Mais en même temps le président Poutine a visité le Centre spirituel et culturel inauguré en décembre 2016 dans le 7e arrondissement de la capitale française sur le quai Branly. Cet ensemble comprend une cathédrale orthodoxe, un bâtiment d’expositions, une école, ainsi que la chancellerie du diocèse de Chersonèse, une salle de concert et des appartements pour le clergé et le personnel du service culturel de l’ambassade de Russie.

La cathédrale a été consacrée le 4 décembre dernier par le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie en présence de nombreux invités dont Svetlana Medvedeva, présidente du Fonds d’aide socio-culturelle, Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, de l’archevêque Luigi Ventura, nonce apostolique en France. Dans son homélie, le Patriarche a « remercié la ville de Paris en la personne de son maire et tous ceux qui ont accueilli favorablement le projet de construction de cette cathédrale » ; puis Sa Sainteté a ajouté : « Comme me l’a dit il y a peu à Londres une personne très cultivée et célèbre, ce qui aujourd’hui se passe entre la Russie et l’Europe occidentale, c’est simplement un vent qui souffle contre le toit d’une maison où habitent des gens qui vivent du passé et du présent, se chauffent au coin de la cheminée, accueillent d’autres gens. »

Le passé et le présent qui unissent la Russie et la France sont encore apparus tout récemment à la session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe.


Dans le procès-verbal daté du 9 mars 2017, on peut, entre autres, lire la décision d’inscrire au ménologe de l’Église orthodoxe russe, pour la vénération de toute l’Église, sainte Geneviève protectrice de Paris où elle a vécu à la fin du IVe ou au début du Ve siècle. On considère que pendant l’invasion des Huns conduits par Attila, Paris a été sauvé par l’intercession de Geneviève, qui avait alors 28 ou 29 ans: de façon tout à fait inattendue les barbares ont contourné la ville. Par les prières de Geneviève, le roi païen Clovis a embrassé la foi chrétienne, devenant ainsi le chef de file de la dynastie chrétienne de grands rois de France, les Mérovingiens aux longs cheveux. Ainsi la décision du Saint-Synode n’est pas seulement un geste spirituel adressé aux chrétiens français, c’est aussi pour beaucoup une preuve de la transformation de la Russie elle-même et de la compréhension de son nouveau rôle dans son entourage historique.

Mais il y a aussi quelque chose que la Russie attend de l’Occident.

Dans son discours lors de la consécration de la nouvelle église du monastère de la Sainte-Rencontre à Moscou, le président Poutine a relevé l’importance et la signification de l’événement pour les croyants orthodoxes, mais aussi pour toute la société : « Voici pourquoi : cette église est dédiée à la Résurrection de notre Seigneur et aux Nouveaux Martyrs, c’est-à-dire à la mémoire de ceux qui ont été réprimés pour leur foi dans la période de l’athéisme combattant, ceux qui sont morts de la répression, et en même temps c’est la preuve vivante d’une réconciliation. » La voie de la réconciliation signifie que nous ne renonçons à aucune des parties de notre complexe histoire millénaire. Mais aussi qu’il y a des erreurs qui méritent non la malveillance, mais qu’elles soient corrigées. Le Patriarche a parlé de l’une de ces erreurs en février de cette année lors de la visite d’Anne Hidalgo, maire de Paris, à la cathédrale du Christ-Sauveur.

Le Patriarche présentait les icônes anciennes venus de tous les coins du monde :

« C’est en effet une collection unique, mais elle est unique non seulement du point de vue historique ou artistique, elle est unique aussi parce que ces icônes reviennent de l’étranger en Russie. Sous le pouvoir soviétique beaucoup d’objets d’art ont été exportés à l’étranger, souvent à la suite d’actes criminels : les icônes étaient volées dans les églises puis exportées clandestinement et ainsi coupées de tout lien avec l’Église russe. Avant d’être élu patriarche, j’étais en charge des relations extérieures de l’Église et je m’étais fixé pour objectif de restituer à mon pays les œuvres iconographiques les plus importantes. J’ai, par miracle, pu retrouver deux collections privées que l’on s’apprêtait à vendre chez Christie’s en lots séparés parce que c’était plus rentable pour les vendeurs. Mais ce qui aurait été déplorable car ces collections auraient été dispersées dans le monde entier. Nous avons acquis la première collection en 1996, la seconde l’a été il y a peu, en 2007 ou 2008, grâce à des bienfaiteurs, car ces collections étaient assez chères. »

En France, il y a aussi des objets sacrés qui y sont apparus après 1917.


Par exemple, dans les collections du Louvre se trouve le scapulaire du saint prince André de Bogolioubovo, autrefois conservé dans la cathédrale de la Dormition de Vladimir, il a été vendu par les bolcheviques après la révolution. Ou encore l’icône de la Mère de Dieu « Jeu de l’Enfant » du XVIe siècle qui autrefois se trouvait à la Laure de la Trinité-saint-Serge. Elle a été achetée en 1933 dans un magasin Torgsin par Woldemar Verlaine, représentant à Moscou de la Croix Rouge.

La Russie qui construit de nouvelles églises et qui lance des ponts vers l’Église catholique (témoin l’accord du Vatican pour que les reliques de saint Nicolas le Thaumaturge, qui vont quitter Bari pour la première fois depuis 930 ans, soient présentées à Moscou), la Russie donc montre qu’elle renonce à une attitude de conflits. Il y a en Occident des gens qui le comprennent et font un pas vers elle. Comme le rappelait il y a peu John Tefft, l’ambassadeur des États-Unis, qui visitait le monastère de la Mère-de-Dieu-de-Tikhvine, où est présentée l’icône de Notre Dame de Tikhvine rendue en 2004 par Chicago. Cet exemple montre qu’il est temps que l’Occident reconnaisse que la Russie a renoncé au communisme en lui rendant les objets sacrés qui lui appartiennent. Espérons que la France fera partie des pays disposés à le faire.

Stanislav STREMIDLOVSKY
Lien Bogoslov ru Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Juin 2017 à 15:13 | 0 commentaire | Permalien

Pour le centenaire de la révolution 1917, une deuxième église va être construite à Moscou à la mémoire de ceux qui sont morts pour leur foi pendant l'ère soviétique
La construction d'un nouvel ensemble ecclésiastique en l'honneur des nouveaux martyrs et confesseurs de Russie sera achevée cette année 2017 à l'est de Moscou.

Le député de la Douma de Moscou Vladimir Ressine, chargé du programme de construction des églises dans la capitale, cité lundi par son service de presse a déclaré, après avoir visité cette église : "Cette année a une signification symbolique particulière. Il y a exactement cent ans que, dans l'histoire de la Russie, a commencé un mouvement de destruction des fondements spirituels de l'Etat et avec eux celle des églises, dans toute la Russie. Il a été possible d'inverser ce mouvement, de trouver des ressources spirituelles, en se fondant sur la foi du peuple et son désir de rétablir la justice historique et de rendre à la Russie, notamment à Moscou, les lieux saints autrefois détruits".

Lire Le patriarche Cyrille a consacré à Moscou une église dédiée aux victimes de la foi sous le pouvoir soviétique

Selon Vladimir Ressine, les Moscovites, "en dépit de la crise et des sanctions, avec leurs propres moyens et leur propre travail, ont tout fait pour que le programme de construction d'églises orthodoxes dans la ville prenne de l'ampleur".

Le député a dit que les travaux de construction sur le site ont commencé dès 2015. Actuellement, les maçonneries sont réalisées. Le coffrage de la coupole est prêt et installé, la charpente est en cours de fixation, les couvertures sont faites et les travaux d'ingénierie sont achevés. Le presbytère est en cours de construction. Vladimir Ressine a donné jusqu'à la mi-juin pour achever la préparation de la première coulée de béton.

"Tous les travaux de génie civil doivent être achevés en Novembre," a-t-il déclaré.

Fin mai à Moscou, sur la place de la Loubianka, une première église en l'honneur des nouveaux martyrs et confesseurs a été consacrée par le Patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Le président de Russie Vladimir Poutine assistait à la cérémonie.

Interfax religion Traduction Marie et André Donzeau

В Москве в год столетия революции построят еще один храм в честь погибших за веру в советские годы

Lire Il est temps que l’occident reconnaisse que la Russie a renoncé au communisme en lui rendant les objets sacrés qui lui appartiennent

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Juin 2017 à 14:27 | 0 commentaire | Permalien

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