Décès de l’archiprêtre Nicolas Lossky -  Mémoire éternelle! Вѣчная память!
Les funérailles auront lieu en l'église Saint-Serge (93 rue de Crimée), mercredi 25 octobre à 10H.

L’archiprêtre Nicolas Lossky
, l’une des figures importantes de l’émigration russe de Paris, vient de décéder à l’âge de 87 ans.

Né le 20 novembre 1929, petit-fils du philosophe russe Nicolas Lossky et fils de Vladimir Lossky, il a été docteur ès lettres, professeur émérite de civilisation britannique à l’université de Paris-X-Nanterre, professeur d’histoire de l’Église en Occident à l’Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge) et directeur de l’Institut supérieur d’études œcuménique.

Ordonné prêtre en 2006, il a desservi la paroisse Notre-Dame-joie-des-affligés et Sainte-Geneviève à Paris / Diocèse de Chersonèse PM/ .

Décès de l’archiprêtre Nicolas Lossky -  Mémoire éternelle! Вѣчная память!
Rencontre avec Nicolas Lossky, théologien français d’origine russe

Le théologien français d’origine russe Nicolas Lossky, avec son sens du dialogue et sa liberté de pensée, a participé aux plus hautes instances de dialogue entre catholiques et orthodoxes : il a été membre de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises pendant 25 ans, du Groupe mixte de Travail entre l’Église catholique et le Conseil œcuménique des Eglises de 1998 à 2006, et de la commission mixte de dialogue catholique-orthodoxe française pendant plus de vingt ans.

Il est toujours membre du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) - son unique membre orthodoxe titulaire qui ne soit pas prêtre ou évêque. Aujourd’hui âgé de 76 ans, N. Lossky est diacre à la paroisse Notre-Dame Joie des Affligés et Sainte-Geneviève, rue Saint-Victor à Paris (Patriarcat de Moscou), et professeur à l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge (Patriarcat de Constantinople) : il peut donc être un lien privilégié entre les deux Patriarcats, en un moment de grande tension. De fait, depuis quelques années il a eu à se soucier de l’unité des orthodoxes en France, plus encore peut-être que de l’unité des chrétiens SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Octobre 2017 à 21:00 | 1 commentaire | Permalien

DEUX NOMINATIONS au Diocèse de Chersonèse
Par décret de Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse, en date du 17 octobre 2017, l’archiprêtre Nicolas Ozoline, appartenant au clergé de l’Archevêché des églises russes en Europe occidentale, fait désormais partie du clergé du Diocèse de Chersonèse, il officiera à l’église-cathédrale des Trois Saints Docteurs, Paris. Lien et biographie.

DEUX NOMINATIONS au Diocèse de Chersonèse
Le prêtre Georges Egorov, membre du clergé de l’église des Trois Saints Docteurs, est, sur décret de Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse, en date du 7 octobre 2017, nommé recteur de l’église de la Nativité de Saint Jean à Perpignan. A partir de 2009 le père Georges avait en charge la communauté du diocèse de Chersonèse dans cette ville. Lien

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Octobre 2017 à 15:18 | 0 commentaire | Permalien

Nouveau martyr: le prêtre  Mikhaïl Bogoroditski (1872 - 1937)
Le saint prêtre martyr Mikhaïl est né en 1872, dans le village de Stoudenetskie Vyselki, district de Lipetsk, gouvernement de Tambov, dans la famille du sacristain Trophim Ivanovitch Bogoroditski.

La femme de celui-ci, Daria Alexeïevna, était illettrée, mais cela ne l’empêchait pas d’élever ses enfants dans la foi et la piété ; de ses six fils, quatre devinrent des prêtres et un diacre. En 1897, Mikhaïl Trophimovitch termina le séminaire de Tambov et se maria avec Maria, fille de l’archiprêtre Fiodor Charov, qui exerçait dans la ville de Kozlov, dans l’église consacrée à l’icône de la Mère de Dieu «Joie de Tous les Affligés ».

A ce moment, le père Fiodor, qui avait servi quarante ans, n’avait déjà plus de forces, et Mikhaïl Trophimovitch fut ordonné prêtre à sa place, comme c’était alors l’usage. Par la suite, le père Mikhaïl et Maria Fiodorovna eurent treize enfants.

Elevé par une mère pieuse, le père Mikhaïl se distinguait par une attention constante aux besoins de ses paroissiens. A n’importe quel heure du jour ou de la nuit, il partait confesser et communier les malades, recevait chez lui les pauvres et les pèlerins, intercédait pour les familles démunies afin que leurs enfants fussent pris dans les lycées au compte du gouvernement. Pour son fervent ministère, le prêtre fut promis au rang d’archiprêtre.

Nouveau martyr: le prêtre  Mikhaïl Bogoroditski (1872 - 1937)
Le père Mikhaïl fut arrêté la première fois, au moment de la confiscation des biens de l’Eglise, en 1922
La deuxième fois, pour avoir refusé de reconnaître les réformateurs, en 1927. Après son arrestation, ces derniers allèrent chez lui essayer de convaincre sa femme de se rendre à la prison pour lui demander de rejoindre « l’Eglise vivante », et alors, l’assurèrent-ils, car ils étaient proches de l’Oguépéou, il serait libéré. Maria Fiodorovna se mit à pleurer : elle désirait, bien sûr, la libération de son mari mais elle savait qu’il n’accepterait jamais cette proposition, et, en fin de compte, déclara à ses visiteurs que si elle allait la lui transmettre en prison, il la chasserait, et elle perdrait son estime pour toujours.

Le père Mikhaïl fut bientôt libéré, mais les persécutions contre lui et sa famille ne cessèrent pas ; les autorités augmentaient constamment leurs impôts, et en conséquence, leur maison et tous leurs biens furent confisqués.

En 1930, l’Oguépéou tenta de fermer toutes les églises de la ville de Kozlov et, pour cela d’en arrêter les prêtres. Le 3 février 1930, ils furent enfermés en prison, et parmi eux, l’archiprêtre Mikhaïl. On les accusa d’avoir fondé une organisation contrerévolutionnaire antisoviétique. Le jour suivant son arrestation, le père Mikhaïl fut interrogé, et, répondant aux questions de l’inspecteur, dit : « Je n’ai jamais fait d’agitation contrerévolutionnaire et ni dans l’église, ni parmi les citoyens, je n’ai jamais rien dit d’antisoviétique ».

Les témoins, appelés après son interrogatoire, indiquèrent que le prêtre se plaignait de ses difficultés et se lamentait tout haut : « Mais combien de temps cela va-t-il encore durer ? Ou qu’on aille, il n’y a rien, on ne trouve même pas un croûton de pain ». Il disait qu’il ne restait rien d’autre à faire que patienter, la main de Dieu arrêterait les exactions de nos agresseurs. Ayant vu des réformateurs arpenter le cimetière, le père Mikhaïl aurait dit : « Vous vous êtes vendus au pouvoir. Le pouvoir fait des horreurs et vous aussi. Le pouvoir nous tourmente, nous autres orthodoxes, et c’est ce que vous faites aussi. Eh bien soit, nous l’endurerons et là haut, peut-être, nous serons récompensés. » Il arrivait alors effectivement que les autorités fussent ressenties comme occupantes. Mais lorsque ce n’était pas le cas, elles provoquaient ce genre de réactions, affirmant cela à propos d’elles-mêmes, comme si elles s’étaient elles-mêmes perçues comme des forces d’occupation.


Nouveau martyr: le prêtre  Mikhaïl Bogoroditski (1872 - 1937)
Le 19 mars 1930, la troïka de l’Oguépéou condamna l’archiprêtre Mikhaïl à cinq ans de détention et il fut envoyé dans un camp de concentration de la région de Novosibirsk.

Libéré en 1935, le père Mikhaïl se rendit d’abord chez lui, à Kozlov, rebaptisé par les autorités Mitchourinsk, mais ne put y exercer, car son église avait été confisquée par les réformateurs. Il s’en alla au village de Bielomiestnaïa Dvoïnia, dans la région de Tambov. Il y vécut seul : ses enfants adultes s’étaient dispersés, et les plus jeunes étaient restés avec son épouse à Mitchourinsk. Le 25 décembre 1936, le père Mikhaïl écrivit à sa fille : « Tu m’écris que tu as les nerfs ébranlés, je vais t’indiquer un très bon remède que j’ai expérimenté sur moi-même, c’est de s’en remettre entièrement à la volonté de Dieu. Rappelle-toi que quoiqu’Il fasse, il le fait pour le mieux. Comme le meilleur docteur donne de doux remèdes comme, le plus souvent, des amers, le Seigneur nous en donne de doux et aussi d’amers, pour le salut de notre âme. Renforce ta foi par la prière, à la maison et à l’église, par la lecture de la parole de Dieu et en particulier du saint Evangile, et tu seras toujours tranquille et heureuse. Cela , je te le dis, je l’ai expérimenté sur moi-même. » Au début de 1937, le président du selsoviet prévint le père Mikhaïl : « Bogoroditski, allez-vous en, on doit vous arrêter,» – « Et à qui laisserai-je l’église et mes paroissiens ? » répondit simplement le prêtre.

Absolument prêt à son arrestation et à la nécessité de porter à nouveau la croix de son témoignage, le père Mikhaïl s’en alla dans sa famille, à Mitchourinsk faire quelques réparations domestiques, rassembler et retaper ses vêtements de détenu : une veste ouatinée et un manteau de toile imperméable. Maria Fiodorovna l’accompagna à la gare, et ils prirent congé pour toujours. Que transmettre et que dire, quand l’âme pressent la séparation non pas temporaire, avec ses proches, mais avec la vie elle-même ? Que transmettre de plus important ? L’amour de Dieu et de son église, la prière pour le repos de celui qui s’en va, en particulier l’aide active, au sein de l’église, des enfants pour leurs parents, le pardon de tous et le souvenir de l’heure de sa mort.

Le 14 octobre 1937, le père Mikhaïl écrivit à sa femme, à ses enfants et à ses petits enfants :

« Mes chéris, mes inoubliables : maman, mes enfants, mes petits enfants ! Quand je mourrai, je vous demande de m’enterrer de façon chrétienne, ne m’oubliez pas dans vos saintes prières. Faites célébrer pour moi les quarante services. Faites la charité au nom de mon âme pécheresse. « La charité, comme dit la Parole de Dieu, libère de la mort et couvre beaucoup de péchés. » Donnez des prosphores pour le repos de mon âme. C’est d’une grande utilité pour les âmes, quand on prélève un fragment de prosphore en leur nom et qu’on le dépose dans le calice. Je vous en prie, chers enfants ! N’abandonnez pas votre mère, estimez-la comme votre chère maman, qui vous a élevés et nourris. Vous savez combien elle a traversé de maladies, de chagrins et de nuits sans sommeil, pour vous mettre sur pieds. Pour votre piété filiale, Dieu ne vous privera pas de sa grâce. Ne gardez pas de dettes envers elle. Je vous demande à tous pardon, en particulier à toi, maman, j’ai devant toi beaucoup de sujets de repentir. Chers enfants ! Vous aussi, pardonnez-moi, j’ai parfois été trop sévère envers vous, bien que ma sévérité fût la conséquence de mon amour pour vous. Et je vous pardonne à tous, à tous !

Je vous en prie, chers enfants, chers petits enfants, priez avec ferveur, n’oubliez jamais le Seigneur, notre Créateur. Faites votre salut ! La mort se tient derrière le dos de chacun de nous.
Je vous bénis tous au nom de notre Seigneur Jésus Christ. Je vous souhaite en Son Nom une vie bonne et heureuse, et, après votre mort, la vie céleste du paradis. Amen. Votre papa qui vous aime, l’archiprêtre Mikhaïl… Je vous le demande, lisez ce testament à tous mes enfants et petits enfants. »

Nouveau martyr: le prêtre  Mikhaïl Bogoroditski (1872 - 1937)
En 1937, en relation avec une nouvelle étape dans les persécutions contre l’Eglise Orthodoxe Russe, les collaborateurs du NKVD interrogèrent des témoins au sujet de l’archiprêtre Mikhaïl. L’un d’eux indiqua que, lorsque le père Mikhaïl avait appris que les autorités voulaient fermer les églises, il s’était mis à célébrer chaque jour et une fois, en entrant dans l’église, le témoin avait soi-disant entendu un sermon, au cours duquel il disait que les communistes écrivent dans la constitution que l’on peut librement pratiquer sa religion tout en fermant les lieux de culte. Pour éviter le châtiment de Dieu, il ne fallait pas permettre la fermeture des églises.

Une autre femme indiqua que le prêtre, en signe de protestation, s’était mis à célébrer tous les jours, lui intimant de venir en amenant d’autres kolkhoziennes croyantes. Dans l’église, au moment du sermon, le père Mikhaïl invitait les fidèles à ne pas laisser les communistes fermer une église orthodoxe. Les croyants s’étaient mis à venir plus souvent se confesser et communier aux Saints Dons du Christ. « Mais le prêtre n’est en rien impliqué dans aucune activité contre révolutionnaire », disait le témoin en conclusion.

L’enquêteur, peu satisfait de ces dépositions, convoqua des témoins « de service » ou encore « titulaires », comme on les appelait, qui signèrent les procès-verbaux des interrogatoires rédigés par lui-même. Le 12 novembre 1937, le père Mikhaïl fut arrêté. Il vivait alors si pauvrement qu’il n’avait qu’une seule paire de bottes, si vieilles qu’elles se trouvaient alors en réparation; ’il fallut, pour qu’il pût se chausser, l’envoyer chez le cordonnier, et les collaborateurs du NKVD durent l’attendre.

Deux jours plus tard, le père Mikhaïl fut interrogé, mais il refusa de se reconnaître coupable en quoi que ce soit. L’enquêteur demanda si le prêtre connaissait les témoins cités, et le père Mikhaïl répondit qu’il en connaissait un seul parmi tous ceux qu'on lui présentait, et quand l’enquêteur lui lut sa déposition, le prêtre répondit qu’elle était mensongère.

Le 20 novembre, la troïka du NKVD condamna l’archiprêtre Mikhaïl à être fusillé ; il le fut le 7 décembre 1937 et on l’enterra dans une fosse commune inconnue.

FOMA Traduit par Laurence Guillon

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Octobre 2017 à 12:10 | 0 commentaire | Permalien

Un livre à trois mains – une catholique, une protestante et une orthodoxe – pour un dialogue œcuménique vaste et audacieux
Claude Ducarroz, Shafique Keshavjee et Noël Ruffieux signent “Pour que plus rien ne nous sépare”, aux éditions Cabédita. Un livre à trois mains – une catholique, une protestante et une orthodoxe – pour un dialogue œcuménique vaste et audacieux.

Deux ans, 18 rencontres et des heures de travail ont été nécessaires pour aborder plus d’une trentaine de thématiques, de la Bible à l’écologie en passant par la place des femmes dans les communautés chrétiennes. La méthode est originale: un article de fond par thème rédigé par l’un des auteurs, suivis des commentaires des deux autres protagonistes pour aboutir à une prise de position commune. En filigrane, une certitude: “la réconciliation des Eglises doit brûler au cœur de tout chrétien”. Et un espoir: que leur démarche soit contagieuse.

Un livre à trois mains – une catholique, une protestante et une orthodoxe – pour un dialogue œcuménique vaste et audacieux
Après les guerres sanglantes entre confessions vint le temps de la réprobation paisible. Le vingtième siècle fut ensuite une période d’espoir en matière d’œcuménisme. On pensait l’unité à portée des Eglises. Qu’en est-il aujourd’hui?

Shafique Keshavjee (SK): Le XXe siècle a effectivement été le siècle de l’œcuménisme. Il a donné lieu à un rapprochement incroyable entre les différentes Eglises chrétiennes à travers la création du Conseil œcuménique des Églises, notamment, ou le Concile Vatican II. Il faut prendre la mesure de cet énorme progrès, malgré les déceptions et les crispations de ces vingt dernières années durant lesquelles nous nous sommes habitués à une certaine limite.

Claude Ducarroz (CD): Dans l’Eglise catholique, j’ai l’impression qu’il n’y a plus vraiment d’urgence. Je crains que nous nous habituions à la situation. Nous sommes en bonne relation avec les autres, certes, mais toujours en-deçà de la convocation du Christ à l’unité. Nous nous sommes habitués à une forme de parallélisme tranquille, sans passion pour le progrès.

A ce parallélisme tranquille, vous opposez la quête d’unité. C’est d’ailleurs le sous-titre de votre ouvrage, “trois voix pour l’unité”. Clarifions les termes. De quelle unité parlons-nous?

SK: L’unité est un des termes les plus complexes qui soit. Nous ne proposons ni une uniformité, ni une juxtaposition, mais une communion qui articule unité et diversité, sur le modèle de la Trinité.

CD: Personne n’a de recette magique pour une unité réussie. Mais une chose est sûre: l’unité se construit sur un manque. L’autre, tel qu’il est dans son altérité, me manque.

Noël Ruffieux (NR): Le sentiment de manque est très peu répandu dans les milieux orthodoxes. Nous pensons posséder tous les moyens de salut. D’où un sentiment d’autosatisfaction qui s’oppose à toute quête d’unité. J’essaie de faire comprendre qu’à côté de “son Eglise”, il y a d’autres disciples de Jésus. Ils sont “à côté”: c’est en soi le signe d’une imperfection profonde de l’institution.

Qu’espérez-vous susciter à travers votre démarche?

SK: Nous avons essayé d’élever notre regard. Très rapidement, nous nous sommes confrontés à des divergences et des blocages institutionnels ou personnels. Mais nous avons choisi de regarder au-dessus de ces obstacles pour montrer que c’est possible.

CD
: Avec l’ambition de faire quelques pas ensemble pour entraîner d’autres à le faire aussi. Nous espérons que la démarche sera contagieuse.

On le remarque au fil des pages: l’unanimité l’emporte assez facilement sur des questions d’éthique sociale qui touchent à l’écologie, la solidarité ou l’économie. Ne faudrait-il pas déplacer le curseur du dialogue œcuménique, en se concentrant sur ce qui rassemble et en laissant un peu de côté les divergences doctrinales? SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Octobre 2017 à 09:55 | 0 commentaire | Permalien

Ce weekend sur les ondes de France Culture est consacré au centième anniversaire de la révolution russe. Dans La Conversation scientifique, nous voudrions aborder plusieurs questions : Pour ce qui est des sciences, de la recherche, où en était la Russie du Tsar au tout début du XXe siècle ? En quoi la révolution bolchevique de 1917 a-t-elle changé la donne ?

Invités

Alexei Grinbaum, philosophe des sciences, auteur de La Mécanique des étreintes (Encre Marine, 2014)
Pierre Vanhove, physicien théoricien à l’Institut de Physique théorique de Saclay, traducteur du livre de Pavel Florensky, Les imaginaires en géométrie (Zones Sensibles, 2016)

Quand la révolution russe éclate, trois révolutions scientifiques sont accomplies ou en voie de l'être: la théorie de la relativité restreinte, formulée par Einstein en 1905 ; la théorie de la relativité générale du même Einstein et enfin, la toute neuve et balbutiante physique de l’atome.

La révolution bolchévique et les révolutions scientifiques du début du XXe siècle
Lorsque cette révolution a éclaté, trois révolutions scientifiques étaient par ailleurs accomplies ou en cours d’accomplissement : d’abord la théorie de la relativité restreinte, formulée par Einstein en 1905, qui obligeait à repenser les liens entre l’espace et le temps ; ensuite, la théorie de la relativité générale du même Einstein, publiée à la fin de l’année 1915, qui proposait une nouvelle conception de la gravitation ; enfin, la toute neuve et balbutiante physique de l’atome, qui deviendrait la physique quantique au cours des années 1920.

La révolution politique d’octobre aida-t-elle ou entrava-t-elle, en Russie, la diffusion de ces révolutions scientifiques ?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Octobre 2017 à 07:20 | 0 commentaire | Permalien

A Londres la paroisse de la Sainte Trinité construit une église en briques de paille
La communauté de l’église de la Sainte Trinité à Londres, dans le quartier de Talls Hill, a mis en œuvre un projet unique dans son genre. Il s’agit de la mise en chantier d’un bâtiment « écologique ». Les murs seront constitués de blocs de paille pressée. Il s’agit de ménager la nature, de mieux prendre soin de ses richesses.

L’histoire du projet remonte aux années 1970, les anglicans se sont mis alors à réfléchir à un modèle de l’avenir nommé blue print for the future. Il s’agissait de concevoir les constructions ecclésiales de sorte à tenir compte des souhaits de l’opinion.

Les paroissiens disent qu’il y a une analogie entre le chantier de l’église et la création d’une communauté cohérente de croyants. Tous les membres de la paroisse, quel que soit leur âge, y mettront du leur. Nous comptons sur le soutien d’un maximum de volontaires et de spécialistes maîtrisant ces technologies. De nombreux jeunes pourront pendant les travaux se former à un métier pour ensuite trouver des emplois.

Lien RUBLEV Лондонский приход строит церковное здание из соломы Traduction "PO"
A Londres la paroisse de la Sainte Trinité construit une église en briques de paille

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 20 Octobre 2017 à 13:49 | 4 commentaires | Permalien

Le métropolite Hilarion appelle les missionnaires orthodoxes à s’inspirer de l’exemple des missionnaires protestants
Monseigneur Hilarion, métropolite de Volokolamsk, invite les croyants orthodoxes à mieux connaître les Evangiles et précise que les prédicateurs protestants ont une connaissance très complète des textes bibliques.

« Mes obligations font que je suis souvent en contact avec des protestants. Je suis parfois étonné des connaissances approfondies qu’ils ont des textes bibliques, a dit Monseigneur Hilarion lors de la présentation à Moscou du sixième volume de son livre «Jésus-Christ. Sa vie et Son enseignement ».

J’ai rencontré dans le cadre d’un congrès qui se tenait aux Etats-Unis un pasteur dont le discours abondait en citations très précises de la Bible.

Lorsque ce pasteur s’est assis à côté de moi j’ai remarqué que la Bible qu’il avait dans les mains était saturée de références faites aux crayons de différentes couleurs et de notations en marge des pages. Constatant mon étonnement mon interlocuteur m’a dit qu’il ne se séparait jamais de ce livre qui l’a accompagné pendant toute sa vie.

Je pense que même sans nous approfondir dans l’ensemble des textes bibliques mais en nous imprégnant des Evangiles nous n’aurons plus à craindre l’émulation de quelque autre confession que ce soit. »

Le sixième volume de l’ouvrage que le métropolite Hilarion consacre à Jésus-Christ raconte la mort et la résurrection du Sauveur.

Lien Interfax Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 19 Octobre 2017 à 13:42 | 5 commentaires | Permalien

Un prêtre - médecin urgentiste, raconte comment il cumule son métier avec sa vocation
Anastasie Gnedinskaya

Nous croyons que la religion secoure l’âme, tandis que la médecine répare le corps.

Le hiéromoine Théodorite (Sentchoukov) cumule depuis dix ans le métier de médecin urgentiste mobile avec la prêtrise. Pendant plus de trente ans il a été rattaché à "l’Institut Sklifassovky" (Moscou), centre spécialisé dans les urgences. Il y a neuf ans le docteur Sentchoukov a apporté ses vœux monastique, s’est revêtu d’une soutane sans pour autant abandonner sa blouse blanche de médecin.

Nous avons rencontré le père Théodorite au monastère Saint Pierre. La liturgie dominicale s’est terminée vers midi. Le prêtre vient à notre rencontre vêtu d’une soutane tenant dans ses mains un sac contenant sa blouse de médecin. Son travail commence dans deux heures.

-Votre physique est pour ainsi dire très marqué, vous arborez la barbe. Est-ce que vos patients devinent à votre aspect quel est votre deuxième, si l’on peut dire, métier ?

- La question que l’on me pose le plus souvent est de savoir si je suis un motard ou un hippy ? Ce n’est que très rarement que je suis reconnu en tant que prêtre. Souvent c’est ma barbe qui me trahit.

Un prêtre - médecin urgentiste, raconte comment il cumule son métier avec sa vocation
J’ai reçu mon diplôme de médecine en 1986, spécialisation « pédiatrie ». L’époque était difficile. J’avais une famille à charge, aussi j’ai opté pour le SAMU.

- Comment avez-vous rencontré Dieu ?

- Le 17 novembre, jour de mon anniversaire, je me suis rendu en pèlerinage au monastère de la Laure des Grottes, à Kiev. Je me suis placé dans une très longue file d’attente de fidèles qui souhaitaient se confesser. J’aperçois, masqué par une colonne, un vieux prêtre auquel peu de gens viennent exposer leurs péchés. Ce prêtre m’a donné l’absoute. Puis il me demande : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Je lui ai expliqué que je travaillais dans les services du SAMU à Moscou. Il me questionna pour savoir si je vais depuis longtemps à l’église, laquelle, et si j’observe les carêmes ? Le prêtre me fixe avec attention, puis il dit : « Tout ceci est très bien. Mais tu dois te faire prêtre. »

Deux jours plus tard je recevais un coup de fil de la Laure m’annonçant que l’higoumène me bénissait à devenir moine. Le 7 décembre, jour anniversaire de ma défunte épouse, je reçus la tonsure, le 18 décembre j’ai été sacré diacre.

Un prêtre - médecin urgentiste, raconte comment il cumule son métier avec sa vocation
- Est-ce que des phénomènes que l’on pourrait considérer miraculeux sont survenus dans votre pratique ?

- Qu’est-ce un miracle ? Si il s’agit d’une personne à la mort cérébrale établie qui se lève et se met à marcher, eh bien non, je n’au jamais assisté à de tels évènements.

- N’y a-t-il pas, selon vous, une certaine contradiction entre médecine et foi religieuse ? Si notre destin est prédéterminé, pourquoi se soigner ?

- Non, je ne constate aucune incompatibilité entre médecine et foi religieuse. L’art de la médicine est une manifestation d’ordre religieux. En soignant le corps on s’occupe du réceptacle de l’âme. Si Dieu préconise la rencontre que je fais d’un malade, cela est une manifestation du dessin Divin. Si j’ai acquis le métier de médecin, c’est que Dieu souhaite que j’applique dans la vie les connaissances que j’ai acquises.

- Y a-t-il beaucoup de prêtres médecins ?

- Les prêtres-médecins spécialisés dans les domaines les plus « limite » de la médecine sont très peu nombreux. Mon confrère, le père Vladimir Kononovitch travaille au Centre de la médecine des urgences, il officie en même temps à la paroisse de cet hôpital. En règle générale les médecins qui s’engagent dans la voie de la prêtrise quittent l’exercice de leur premier métier. Il est très difficile de cumuler les nombreuses charges qui incombent à un ecclésiastique avec celles de mon métier laïc. La prêtrise, de même que la médecine, vous mobilisent entièrement et sans réserve. Un choix s’impose.

Un prêtre - médecin urgentiste, raconte comment il cumule son métier avec sa vocation
- Comment vos collègues médecins ont accepté votre vocation religieuse ?

- Ils ont été très positifs, c’est une erreur que de croire que le corps médical ne comporte que des personnes cyniques et des athées. En réalité, la majorité des médecins sont croyants. Lorsqu’on assiste aux souffrances des malades et de leurs proches et qu’on est conscient de ne pas toujours pouvoir les secourir on ressent le besoin d’être aidé soi-même. Pour nombre d’entre nous, cette aide provient de la foi. Je n’aime pas confesser des croyants avec lesquels je suis proche. Mais ils arrive que des collègues viennent me demander l’absolution. Le pénitent expose ses péchés et s’en repent. Ce sont des informations que ses amis ne sont forcément censés connaître.

- Comment celui qui a péché peut rapidement expier ce qu’il a fait de mauvais ?

- Le confesseur peut lui infliger une pénitence. Il existe des canons bien déterminés. Mais il faut toujours se poser la question de savoir si la pénitence sera utile au pécheur ? Les canons prévoient, entre autre, une interdiction de communier pendant une longue période. Mais de nos jours si l’on prive une personne de l’Eucharistie pour une longue période il peut arriver que cette personne abandonne définitivement l’Eglise. L’Eglise a renoncé à cette interdiction. Si le pénitent souhaite lui-même trouver les voies les plus efficaces de l’expiation nous lui prodiguerons des conseils. Souvent je conseille à des femmes qui se sont laissées aller à une IVG d’accorder leur aide à des orphelinats ou simplement à des familles dans le besoin. La meilleure expiation pour elles serait d’adopter un orphelin et de l’éduquer. Cette décision est difficile, j’en suis conscient.

- Si vous étirez à nouveau placé devant la nécessité de choisir entre prêtrise et médecine, quelle serait votre réponse ?

- Aujour’hui j’aurais probablement choisi la prêtrise tout en essayant de me maintenir dans le monde de la médecine. Servir Dieu est la mission la plus noble de l’homme sur Terre.


Un prêtre - médecin urgentiste, raconte comment il cumule son métier avec sa vocation
Précision P.O.

L’une des filles du père Théodorite, est devenue moniale sous le nom d’Eugénie (Sentchoukov). Elle est actuellement l’attachée de presse du diocèse d’Yakoutsk, en Sibérie. Avant d’apporter ses vœux Marie son nom de baptême, historienne de la religion, a beaucoup publié sur le site Pravoslavie i Mir.

Lien MK Traduction " PO" , texte russe abrégé

Иеромонаха Феодорита (Сеньчукова) можно назвать специалистом широкого профиля. Вот уже почти десять лет он совмещает работу врача-реаниматолога на «скорой» и служение в храме.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Octobre 2017 à 23:00 | 1 commentaire | Permalien

Les abeilles de Notre-Dame de Paris
Un rucher est installé sur les toits de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Paris, comme toutes les autres grandes villes de la planète souffre des gaz d’échappement. Il n’a, pourtant, pas été difficile de décider d’installer un rucher sur le toit de la sacristie de Notre-Dame. L’apiculteur responsable, Nicolas Géant, nous en parle :

« L’apiculture urbaine depuis ces dernières dizaines d’années devient inéluctablement de plus en plus populaire dans le monde. Depuis longtemps, la ville leader en ce domaine est Paris.

Actuellement plus de 400 ruches sont installées sur les toits de capitale française. Mon entreprise en exploite environ 200.

Le premier abri pour une colonie d’abeilles sur la cathédrale Notre-Dame de Paris est apparu il y a trois ans. Depuis lors, il y en a trois aujourd’hui et plusieurs générations d’abeilles s’y sont succédé. Il faut trois semaines à une abeille pour devenir active, puis pendant un mois elle œuvre pour sa colonie.

Les abeilles de Notre-Dame de Paris
Pour la cathédrale, nous avons opté pour des abeilles de la variété Buckfast qui résulte d’une sélection sévère menée pendant soixante-dix ans par des moines britanniques qui élevaient des abeilles pour produire la cire nécessaire pour les cierges.

Les apiculteurs ont constaté avec joie que les abeilles sont très productives en agglomérations urbaines. Pour une raison simple, dans Paris il n’y a ni pesticides ni engrais si néfastes aux abeilles et largement utilisés dans les campagnes. La situation écologique s’est améliorée, on parle beaucoup des gaz d’échappement, mais ce n’est rien à côté des insecticides et des pesticides utilisés dans l’agriculture. Les abeilles butinent essentiellement des plantes cultivées par les Parisiens sur leurs balcons. À Paris, il y a aussi beaucoup de parterres de fleurs dans les parcs et les squares très nombreux depuis le Second Empire, époque où ont été créés 80 % des espaces verts de la ville. »

Cette année, chaque ruche installée à Notre-Dame devrait donner 26 kg de miel Les employés de la firme de Nicolas Géant entretiennent aussi des ruches implantées dans d’autres endroits de la capitale. Il faut dire que chaque Parisien peut installer des ruches sur son toit ou son balcon avec l’accord de ses voisins. L’entretien d’une ruche confiée aux soins de Nicolas Géant revient à trois mille euros par an.

Lien RUBLEV Traduction pour "PO"
Les abeilles de Notre-Dame de Paris

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Octobre 2017 à 14:14 | 0 commentaire | Permalien

Visite historique du patriarche Bartholomée à l'ambassade russe à Ankara
Le 6 Octobre 2017, pour la première fois dans l'histoire, le Patriarche de Constantinople a rendu visite à l'Ambassade de Russie à Ankara.

Cette visite du patriarche Bartholomée s'inscrit dans le cadre de la fondation nouvelle d'une Communauté orthodoxe dans la capitale de la république turque où existe une Chapelle orthodoxe dédiée à Saint Clément d'Ancire.


Le patriarche a été reçu par l'Ambassadeur Alexis ERKOF, qui l'a informé sur les missions actuelles des représentations Russe dans le monde. Il a évoqué la mémoire de l'Ambassadeur André KARLOFF assassiné le 19 Décembre 2016 et a célébré un Requiem devant l'ambassade où sera érigé un monument à sa mémoire.

Le lendemain, le patriarche a présidé une Liturgie dans la communauté orthodoxe d'Ankara en présence de Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, vicaire apostolique en Turquie et évêque d'Istanbul, ainsi que des représentants des ambassades de France et de Russie.

Source

Cette rencontre montre l'importance de l'influence Russe sur l'Orthodoxie en Turquie. Il y a d'ailleurs 3 églises russes à Istanbul dont la dernière, consacrée aux saints Constantin et Hélène, a été consacrée conjointement par les patriarche Bartholomée et Cyrille en 2010. Il y avait 7 églises russes en Turquie au début du XXe siècle…

V. Golovanow pour "PO"
Visite historique du patriarche Bartholomée à l'ambassade russe à Ankara

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Octobre 2017 à 08:39 | 2 commentaires | Permalien

Mutations de l'Église orthodoxe russe
Vladimir Golovanow

«L’Église a clairement pris sa revanche sur l’anticléricalisme des Soviets, au point d’être aujourd’hui au cœur du pouvoir, mais elle traverse dans le même temps une crise profonde » (1), explique Serguey Chapnin, qui fut proche du patriarche de Moscou Cyrille.

UN BILAN À METTRE EN PERSPECTIVE

L'Église en Russie a subi en 25 ans une extraordinaire mutation : le nombre d'Orthodoxes a été multiplié par quatre, de 17 % en 1990 à 60-70 % actuellement (essentiellement aux dépens des « incroyants » qui passent de 75 à 19 %, les musulmans passant de 1 à 7 %, les autres religions restant en dessous de 1 %) et le nombre de pratiquants a été multiplié par 72. Plus de 10 000 églises et 350 monastères ont été construits ou rénovés, 20 000 clercs ordonnés, 200 évêques consacrés…

Élu en 2009, le patriarche Cyrille a réformé l’administration de l’Église, des paroisses et des monastères aux plus hautes autorités ; la « Conférence Interconciliaire », organe délibératif permanent original qui prépare les décisions du concile – organe de décision suprême dans une Église orthodoxe qui inclut 20 % de laïcs.

La pratique religieuse a évolué avec, en particulier, la promotion de la communion fréquente (combattue par les conservateurs) ; la vénération de reliques apportées de l'étranger attire des millions de pèlerins (2) ; le renouveau théologique, très riche en Russie, renoue avec la Renaissance théologique du XIXe siècle et « l'École de Paris » (3).

La rencontre à Cuba du patriarche avec le pape en 2016 démontre enfin son ouverture et entame une ère nouvelle dans les relations avec l'Église catholique (4).

LE Christianisme sans le christ ?

L'Église a renforcé sa position dans la société : V. Poutine, fervent orthodoxe, rencontre régulièrement le patriarche Cyrille et la nouvelle idéologie nationale est inspirée de l'Orthodoxie (même s'il s'agit plutôt du vieux fond soviétique rhabillé avec la symbolique et la terminologie orthodoxes, écrit Chapnin). Des accords sont conclus avec la plupart des ministères, des aumôniers nommés dans les institutions de l'État, un cours sur les « fondements de la culture orthodoxe » a été introduit dans les programmes scolaires et plusieurs lois ont été inspirées par l'Église : ainsi des activistes utilisent la loi sur « l'offense des sentiments religieux des croyants » (2013) pour s'opposer à des événements jugés blasphématoires (interdiction d'un Tannhäuser d'avant-garde à Novosibirsk, campagne contre le film Mathilda sur une amourette de jeunesse du saint empereur Nicolas II). De même, les mesures « anti-prosélytes » de la loi antiterroriste (2016) sont appliquées contre les communautés protestantes (interdiction des Témoins de Jéhova).

L’Église est perçue par les intellectuels et l'opposition libérale comme partenaire idéologique du pouvoir et non plus dissidente et persécutée comme en URSS. Chapnin va jusqu'à lui reprocher un manque de prédication, l'accusant de tomber dans un « christianisme sans le Christ ».

DIFFICILE ÉQUILIBRE

En réalité l'Église russe est une très grande institution multinationale : près de la moitié de ses paroisses sont hors de Russie, dans 56 pays, principalement de l'ex-URSS, mais aussi sur tous les autres continents (y compris 15 paroisses en France…). Son personnel total atteint près de 100 000 personnes, clercs, moines, laïcs, et il n'est pas surprenant qu'on y trouve les positions les plus diverses.

Il y a en particulier deux ailes opposées fort remuantes : l'aile libérale, que représente Serguey Chapnin, reproche à la hiérarchie blocage et immobilisme, mais un courant conservateur, au contraire, refuse tout changement, considéré comme une trahison de la Tradition orthodoxe, et en particulier tout rapprochement œcuménique, accusé d'hérésie. Le patriarche Cyrille doit maintenir un difficile équilibre entre les deux partis sous peine de provoquer un schisme comme celui des Vieux-croyants au XVIIe siècle.

Vladimir Golovanow

(1) Le Monde du 3 août 2017.
(2) Des reliques de saint Nicolas apportées de Bari à Moscou et Saint-Pétersbourg, du 21 mai au 28 juillet 2017, ont attiré plus de 3 millions de pèlerins de toute la Russie qui ont attendu dans des queues de plusieurs heures.
(3) Pensée théologique orthodoxe développée à Paris par les émigrés russes dans les années 1930-1950.
(4) Cf. notre article « Vers un rapprochement ? », La Nef n°272 de juillet-août 2015.

La Nef N°295 de septembre 2017

Vladimir Golovanow, laïc orthodoxe, a travaillé comme expert de l’UE et de la BERD dans les pays russophones où il a souvent séjourné depuis 1964 ; il intervient dans l'enseignement supérieur sur les relations avec la Russie.
Il intervient régulièrement sur le forum « Parlons Orthodoxie »

Lire aussi "La NEF"- DOSSIER : LA RÉVOLUTION RUSSE DE 1917

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Octobre 2017 à 09:29 | 11 commentaires | Permalien

Appel urgent au secours des enfants orphelins et handicapés lancé par l’ACER-RUSSIE et Lina Saltykova responsable de l’association « Miloserdie detiam » créée à Moscou
Chers amis,

Appel urgent au secours des enfants orphelins et handicapés lancé par l’ACER-RUSSIE et Lina Saltykova responsable de l’association « Miloserdie detiam » créée à Moscou à l’initiative de la paroisse des Saint-Côme et Damien et du père Alexandre Men.

« Cet automne, plus que jamais, nous avons besoin de vous, de votre générosité.

Dans notre centre de soins et d’accueil auprès de l’hôpital pédiatrique de Moscou nous accueillons et soignons près de 30 orphelins gravement handicapés, ils ont entre 5 et 18 ans. Ces enfants viennent d’orphelinats éloignés de Moscou, personne ne peut financer et couvrir les frais liés à leurs soins et à leur séjour. Nous les accueillons dans notre centre, finançons les traitements, le salaire des personnes qui les accompagnent nuit et jour. Les enfants vivent et étudient ici à leur rythme. Nous essayons de rendre leur vie heureuse malgré des traitements lourds. Les moyens manquent pour poursuivre notre œuvre. Je ne vous remercierai jamais assez, vous qui donnez une meilleure vie à ces enfants qui n’ont rien et dont personne ne se soucie. Merci d’être avec eux, d’être avec nous ! Ensemble, nous sommes plus forts Merci !»
Lina Saltykova

Chaque don compte !
Pour effectuer un don en ligne en toute sécurité :ICI

Appel urgent au secours des enfants orphelins et handicapés lancé par l’ACER-RUSSIE et Lina Saltykova responsable de l’association « Miloserdie detiam » créée à Moscou
Vous pouvez également envoyer un chèque à ACER-RUSSIE, 91 rue Olivier de Serres 75015 Paris- à l'ordre de l'ACER-RUSSIE en indiquant au dos " Orphelins et handicapés "

Par virement : - La Banque Postale, ACER ACER-RUSSIE, IBAN FR 45 2004 1000 0115 37 359Y020 97 BIC: PSSTFRPPPAR

Дорогие друзья!
Дети-сироты-инвалиды нуждаются в помощи!

«Городок Незнайки». Здесь уже почти 10 лет живут, учатся, проходят реабилитацию и получают лечение в РДКБ около 30 тяжелобольных детей-сирот. Дети разных возрастов – от 5 до 18 лет. За маленькими ухаживают оплачиваемые Фондом няни. К сожалению, не все дети получают пособие и помощь от государства. А средства для их содержания, лечения и оплаты медикаментов необходимы немалые.

Фонд «Дети.мск.ру» разработал совместно с РДКБ Программу «Ты – не один!», в рамках которой и оказывается помощь детям-инвалидам, оставшимся без попечения родителей. Это касается не только жителей «Городка», но и многих других пациентов больницы, которым Фонд приобретает лекарства и обеспечивает индивидуальный уход с привлечением нянь. Просим вас поддержать эту Программу.

Лина Зиновьевна Салтыкова, Президент Регионального благотворительного общественного фонда помощи тяжелобольным и обездоленным детям «Дети.мск.ру»

Отправьте Ваш чек на имя ACER-RUSSIE, по адресу 91, rue Olivier de Serres 75015 Paris. На обратной стороне чека напишите " Orphelins et handicapés "

Для больше информаци звонить по телефону:
00 33 (0)1 42 50 53 46.
Каждый Ваш дар ценен

Для банковского перевода: Banque Postale, ACER-RUSSIE, - La Banque Postale, ACER ACER-RUSSIE, IBAN FR 45 2004 1000 0115 37 359Y020 97
BIC: PSSTFRPPPAR

Также можете сделать онлайновое пожертвование: Orphelins handicapés

Мы благодарим Вас за поддержку
С глубоким уважением

Александр Ельчанинов

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Octobre 2017 à 01:59 | 0 commentaire | Permalien

LE VOILE DE LA PROTECTION
Prêtre Vladimir ZELINSKY

« Sous la protection de ta miséricorde nous nous réfugions », - chante la prière la plus ancienne adressée à la Mère de Dieu.

L’idée de sa protection, née presque avec le début du christianisme, « s’est revêtue » un jour d’un événement concret et mystique : au X ème siècle Marie est apparue à un « fou en Christ et à son disciple dans l’Eglise de St Sophie avec le voile en signe de la protection de la ville de en Constantinople contre le menace venue de la mer.

La protection, en russe, "pokrov", car cette fête célébrée le 14 octobre est particulièrement aimée en Russie, ne signifie pas seulement le souvenir d'un miracle qui s'est produit une fois, mais la sollicitation maternelle qui fait partie de la foi chrétienne. "Toute la nostalgie de l'humanité" souffrante qui n'a pas l'audace d'ouvrir son âme devant le Christ par crainte de Dieu, - dit un philosophe russe G.Fedotov, - se verse librement et avec amour sur la Mère de Dieu." Parmi les images les plus aimées de Marie est celle de la Mère qui protège, qui nous accompagne et nous sauve d'un danger, celui qui peut nous attendre dans cette vie, mais surtout celui qui menace notre salut éternel.

Marie est solidaire avec toute la famille humaine, elle n'est pas "déesse", elle prie comme nous prions devant son Fils et son Père Céleste, mais elle sollicite aussi pour tous les hommes. Et sa prière, portée par l'Esprit Saint, nous fait découvrir l'aspect maternel du Dieu même.

LE VOILE DE LA PROTECTION
La « maternité de Dieu » veut dire sa compassion.

Si nous essayons de parler non seulement de la mystique orthodoxe, mais aussi de son "éthique", sa racine sera profondément "mariale". Le cœur humain, écrit Mère Marie (Skobtsov), moniale et martyre, périe dans le camp nazi, - doit être transpercée par un glaive à deux tranchants... L'âme doit participer au destin du prochain, com-passionner, souffrir ensemble. Pour la similitude avec son archétype, la Mère de Dieu, l'âme humaine est attirée vers le Golgotha, sur les traces du Fils de Marie et ne peut ne pas verser le sang".

C'est justement sur le Golgotha de son destin que l'âme orthodoxe appelle à l'intercession de Marie.

Les icônes miraculeuses - seulement en Russie il y a quelques centaines des icônes dont le nom est lié au miracle dans le passé - expriment chaque fois d'une manière particulière, le signe de la protection dans cette vie, mais aussi au-delà. Il n'y a pas d'espace pour le mystère où le salut est garanti, où il n'y a pas de peur du Jugement et le frémissement de l'âme pour son destin en éternité.

Mais la protection qui nous est donnée par la Mère de Dieu, c'est la crainte de Dieu transformée en confiance absolue. Or, la dévotion mariale en Orthodoxie est toujours christocentrique. C’est Jésus, - écrit Lev Gillet, - qui nous protège avec le voile de Marie et nous sauve avec la prière de Marie.

"Aujourd'hui, les hommes de la foi juste, nous fêtons dans la lumière, illuminées par Ta venue, o, Mère de Dieu, regardant Ton image toute pure, nous disons, couvre-nous avec Ton voile et sauve-nous de tout mal, priant Ton Fils, le Christ, sauve nos âmes, - dit le Tropaire du Pokrov.

................................................
Prêtre Vladimir Zelinsky (recteur) "Paroisse Notre-Dame-joie-des-affligés à Brescia" – Italie; Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale

Bibliographie abrégée :
- Afin que le monde croie, Nouvelle Cité, 1995.
-A la découverte de la Parole, Parole et silence, 2004.
- Histoire de l’Église Russe en collaboration avec Dimitri Pospielovsky, Jean-Claude Roberti et Nikita Struve, Nouvelle Cité, 1995.
-Révèle-moi ta face, Parole et Silence, 2006.




LE VOILE DE LA PROTECTION

Rédigé par Prêtre Vladimir Zelinsky le 15 Octobre 2017 à 10:52 | 0 commentaire | Permalien

Pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte du 26 novembre au 3 décembre 2017
Réjouissez-vous avec Jérusalem,exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! (Is. 66,10)

Avec la bénédiction de Mgr Nestor, évêque de Chersonèse ( Patriarcat de Moscou )

Groupe de 25-30 personnes

Dimanche, le 26 novembre :
Arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv. Vol n°_____
Départ pour Jérusalem. Installation dans un hôtel à Jérusalem.
17h00 Vêpres dans la Cathédrale de la Sainte-Trinité à Jérusalem ( pour ceux et celles le souhaitent )
20h00 Dîner dans un hôtel de Jérusalem.
23h30 Sortie pour la Liturgie de nuit dans la basilique du Saint-Sépulcre


Lundi, le 27 novembre :
07h30 Petit-déjeuner.
08h00 Départ (avec nos bagages).

Visite de la Cathédrale de la Sainte-Trinité de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem.
Visite au Patriarcat grec.Rencontre avec SB Théophile III, Patriarche de Jérusalem et de toute la Palestine.
08h00 Mont des Oliviers: Le monastère russe de l’Eleona (l'Église orthodoxe russe hors frontières, l’EORHF).
Le site de l’Ascension du Seigneur. Vue panoramique de Jérusalem et des environs.
Gethsémani:Tombeau de la Mère de Dieu. Le jardin de Gethsémani.
Monastère russe de Sainte Marie Madeleine (l’EORHF).
Installation dans le monastère « Gorny » de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem.
18h00 Dîner dans le monastère « Gorny ».

Mardi, le 28 novembre :
07h30 Petit-déjeuner.
08h00 Départ.
Beit Sahour :Champ des Bergers.
Désert de Judée:Monastère de Théodose le Grand;
La laure de St Sabas le Sanctifié(Visite de la Laure en minibus. Prix du minibus : 10$ , à payer par des achats de 10$ par personne dans le magasin de la laure)
Bethléem:La basilique de la Nativité du Christ.Les grottes des Saints Innocents massacrés de Bethléem. La grotte de St Jérome. La Grotte du Lait.
Hébron:Monastère de la Sainte-Trinité d'Hébron (fait partie de la Mission russe ) ; Le chêne de Mambré.
18h00 Dîner dans le monastère « Gorny ».

Mercredi, le 29 novembre :
07h30 Petit-déjeuner.
08h00 Départ.

Jérusalem :
Le couvent Saint-Jean-du-Désert.
Le site de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu. La piscine de Béthesda.
La « Via Dolorosa » : Le prétoire (la prison de Jésus Christ); Le seuil des Portes du Jugement; La Mission Saint-Alexandre de Jérusalem.La basilique de la Résurrection (Saint-Sépulcre).
Le Mont Sion (si accessible) ; Le Cénacle;
Église de la Dormition (église catholique sur le lieu de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu).
18h00 Dîner dans l’hôtel de Jérusalem.

Jeudi, le 30 novembre :

06h00 : Départ (sans petit-déjeuner – repas à emporter).
Galilée:Le Mont Thabor
Nazareth – L’église orthodoxe sur la source de la Très Sainte Mère de Dieu;
Cana– L’église orthodoxe sur le lieu de la maison de St Simon le Cananéen (selon possibilité).
Le métochion de la mission russe Sainte Marie-Madeleine à Magdala; Les Saintes Sources sur le territoire du métochion.
Déjeuner avec du poisson de St Pierre.
Capharnaüm – L’église de Douze Apôtres.
20h00 : Dîner dans le monastère « Gorny ».

Vendredi, le 1 décembre :
07h30 : Petit-déjeuner.
08h00 : Départ.
Béthanie: Sanctuaire de Saint Lazare
Jourdain: Le lieu du Baptême du Christ; Immersion dans les Eaux Saintes du Jourdain ;
Le monastère de St Gérasime du Jourdain.
Jéricho: Monastère du prophète Elisée, l’arbre de Zachée. La montagne de quarante jours.
La Mission ecclésiastique russe St Jean-Baptiste à Jéricho.
18h00 Dîner dans le monastère « Gorny ».

Samedi, le 2 décembre :
07h30 : Petit-déjeuner.
08h00 : Départ.
Désert de Judée:Le Monastère de Saint Georges.
Jérusalem : Monastère de Katamon, dédié à la Sainte Rencontre et à St Siméon l’Ancien.Le monastère de la Sainte Croix.
Installation et dîner dans l’hôtel «Jerusalem Tower».
17h00 : Vêpres dans la Cathédrale de la Sainte-Trinité à Jérusalem
20h00 Dîner dans l’hôtel.
23h30 Sortie pour la Liturgie de nuit dans la basilique du Saint-Sépulcre

Dimanche, le 3 décembre :
03h00 Retour à l’hôtel. Repos.
09h30 Petit-déjeuner.
Départ pour l’aéroport.
Départ, vol n°____


Le programme pourra être modifié par le Centre de pèlerinage en fonctiond’imprévus du à la situation locale.

Numéro de téléphone :
La Mission ecclésiastique russe à Jérusalem :+7 (495) 975-98-34; +972 (2) 625-00-94;
Le monastère « Gorny » : +9722-641-28-87;
Une sœur qui s’occupe du groupe : +972- .


Conditions

Dates : du 26 novembre au 3 décembre 2017
Prix : 800€+ billets d’avion + transfère de l’aéroport de Tel-Aviv à Jérusalem*
*Puisque nos pèlerins viennent de différentes villes, l’arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv de chacun peut varier lors de la journée du 26 novembre (idem pour le départ du 3 décembre). On propose de prendre un trasfère de l’aéroport de Tel-Aviv à Jérusalem en fonction de nombre de personnes qui arrivent. Le coût du transfère est suivant :
 Un groupe de 19 personnes et plus : 300 $
 Un groupe de moins de 18 personnes : 250 $
 5 – 10 personnes : 150 $
 4 personnes : 80 $ (un taxi)
Il faut prévoir également la somme de 55 $ par participant à payer les visites des Lieux Saints avec l’accès payant et les pourboires (obligatoires) aux chauffeurs des bus.

Conditions d’annulation :
En cas d’annulation, les frais suivants, par personne, vous seront retenus :
 Jusqu’à 90 jours avant le départ ……………………...100 €
 De 89 jours à 60 jours avant le départ ………..... 20 % du prix total
 De 59 jours à 30 jours avant le départ……..……..30 % du prix total
 De 29 jours à 15 jours avant le départ …………...60 % du prix total
 Moins de 14 jours avant le départ………………... 100 % du prix total

Ces frais ne s’appliquent pas si vous trouvez une autre personne partant à votre place. Dans ce cas, seul le coût du changement de nom pour la réservation de l’avion vous sera demandé (60 € environ).
Toute annulation doit nous être adressée par écrit (lettre ou mail).

Formalités :

 Pour tous, un passeport en cours de validité et valide au moins 6 mois après le retour est obligatoire.
 Il n’y a pas besoin de visa pour les ressortissants français et pour ceuxvenant d’un pays de l’Union européenne ou de Suisse restant moins de 3 moisen Israël.
 Nous vous invitons à vérifier auprès du consulat d’Israël les obligations enmatière de visas pour les autres nationalités.
 Ces formalités sont toujours susceptibles de changer, nous vous tiendronsinformés.
 C’est le nom figurant sur votre passeport qu’il vous faudra nouscommuniquer lors de votre réservation.
.......................................

Imprévus :
Nous déclinons toute responsabilité en ce qui concerne :
 Les retards de départ ou de retour des avions, les grèves ou les modifications des horaires de correspondance, les changements d’aéroport à l’aller et au retour, et la conséquence financière sur les pré et post acheminements.
 Tous les frais occasionnés par ces nuisances (taxi, hôtel, repas, communications, modification des tarifs de transport, repas non pris, visites non réalisées, etc.)
 Les cas de force majeure (conflits, guerres, épidémies).

Paiements :

 400 euros lors de l’inscription.
 Le solde du voyage devra impérativement être payé avant le 20 septembre (Il est possible de payer en plusieurs fois. Dans ce cas, indiquez les dates souhaitées d’encaissement au dos des chèques).

Renseignements :
Inna Botcharova, tél. 06 50 64 01 26, émail : inessa0228@mail.ru
Prêtre Nicolas Nikichine, tél. 06 20 34 95 46

Centre des pèlerinages du Diocèse de Chersonèse
Eglise de Trois Saints Docteurs, 5, rue Pétel, Paris 15
...................................................
Pour le vol au départ de Strasbourg :
S’inscrire avant le 15 juin auprès de Christiane Durand Tél : 06.81.98 17.20
Le prix sera fonction du nombre de personnes et des vols disponibles
Prévoir entre 300 et 350 euros à payer lors de l’achat des billets

Pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte du 26 novembre au 3 décembre 2017

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Octobre 2017 à 07:40 | 0 commentaire | Permalien

"Pokrov", fête de Notre Dame de Toute Protection
"Pokrov" signifie voile au sens propre et reprend de l'hébreu de l'Ancien Testament, "seter" (voile) le sens figuré de "protection, sécurité". La fête orthodoxe du "Pokrov" ou "fête de Notre Dame de Toute Protection" a lieu le 1/14 octobre.

C’est une fête d’origine russe: elle commémore une apparition de la Mère de Dieu à Constantinople dans l’église des Blachernes, illustre sanctuaire marial et très belle église de la Ville. D’après le Synaxaire (livre de l’historique des fêtes et des mémoires des saints pour chaque jour), la Vierge apparut à André, un Fol-en-Christ d’origine slave qui vivait au 10e siècle, et à son disciple Epiphane. L’empire byzantin était alors menacé par les Arabes ou les Slaves.

L’office de minuit s’achevait aux Blachernes et ils virent la Très Sainte Vierge Marie, de taille élevée, qui s’avançait dans l’église avec le Précurseur Jean-Baptiste et Saint Jean l’Evangéliste et environnée par un grand cortège de saints

"Pokrov", fête de Notre Dame de Toute Protection
La Vierge pria longuement avec des larmes, puis s’avança vers l’autel et là, elle déploya le voile étincelant qui couvrait sa tête et le maintint étendu de ses mains pour en couvrir tout le peuple. Durant un temps assez long, les deux voyants virent le voile briller au dessus de la foule, ce à quoi fait allusion la liturgie :

"Couvre-nous, ô Reine du manteau de la miséricorde, ô Pokrov et défense des hommes, Pokrov et défense des croyants. Par ton secours les rois orthodoxes sont couronnés..." (Petites vêpres, texte slavon)

"En ce jour nous célébrons ta lumineuse fête, ô Mère de Dieu, nous les fidèles protégés par ta venue et, contemplant ta vénérable icône, avec tendresse nous disons : couvre-nous de ta sainte protection et délivre-nous de tout mal, priant ton Fils, le Christ notre Dieu, d’accorder à nos âmes le salut" (Matines, tropaire principal de la fête)

La fête du Pokrov (Voile, Protection) fut instituée en Russie au 12ème siècle sous le règne du prince de Vladimir André Bogolioubsky (1157 à 1174), dont André le Fol-en-Christ était le saint patron. Elle existe aussi en Bulgarie et en Roumanie et en Grèce sous le nom de "Hagia Sképè" (Saint Voile, Sainte Protection): la date en a été reporté au 28 octobre, jour de la fête nationale grecque, en 1952, en reconnaissance pour le secours accordé par la Vierge pendant la Seconde guerre mondiale.

L’icône du Pokrov représente la Mère de Dieu debout en orante les bras levés, dans un décor d’église byzantine, et accompagnée par les saints. Deux variantes sont en présence : soit la Vierge elle même déploie largement son voile, soit ce sont deux anges qui étendent le voile sur le peuple. Au dessus du voile étendu, se tient le Christ en buste, à qui s’adresse la prière de sa Mère.

V.G- d'après Françoise Jeanlin
Voir les textes liturgiques ICI
V.G.
................................
Icône pour la fête de Pokrov, Pravmir "Iconographie"
André Ier Bogolioubski

" PO" POKROV

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 14 Octobre 2017 à 08:24 | 6 commentaires | Permalien

53% des Français pensent qu’il ne faut pas modifier la loi de 1905 sur la laïcité

Bernard Gorce et Gauthier Vaillant


Un sondage OpinionWay pour la Licra montre des Français peu inquiets de la place occupée par les religions dans la société. La notion de laïcité serait bien inscrite dans le patrimoine français. / herreneck - stock.adobe.com
Plutôt sereins, les Français. Un sondage réalisé par l’institut Opinionway pour la Licra (1) montre que, pour deux tiers d’entre eux, les religions n’occupent pas une place grandissante dans la société.

Les manifestations contre le mariage pour tous ou les controverses sur le port du voile auraient pourtant pu laisser penser le contraire. « Les sondés ne font pas état d’une situation oppressante, et cette sérénité est globalement partagée. L’idée d’un “grand retour du religieux” ne transparaît pas », analyse Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d’OpinionWay.

On en parle beaucoup plus qu’il y a quelques années

En revanche, parmi ceux qui estiment que la place des religions va croissant dans la société, l’inquiétude domine : ils sont 62 % à considérer que c’est une « mauvaise chose », avec un pic chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (81 %). « Il y a bien une affirmation identitaire dans certaines poches de la population, mais il y a aussi une stratégie des religions pour se rendre plus visibles, qui fait que l’on en parle beaucoup plus qu’il y a quelques années, tempère Philippe Portier, sociologue des religions. Mais dans l’ensemble de la société, la sécularisation se poursuit, et l’affirmation des appartenances religieuses régresse. »

Interrogés sur la laïcité, les Français pensent majoritairement (57 %) que celle-ci n’est pas suffisamment défendue. Mais plus qu’une inquiétude, « cela exprime un attachement extrêmement fort à ce principe, estime Bruno Jeanbart. La laïcité est bien inscrite dans le patrimoine français, avec toutefois un écart de 20 points entre pratiquants et non-pratiquants ».

Un consensus fort sur le principe

Il y a donc un consensus fort sur ce principe mais aussi une approche assez réaliste. Ainsi, la plupart des personnes interrogées pensent qu’il ne faut pas toucher à la loi de 1905 et que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer pour favoriser le dialogue interreligieux.

Le projet du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, de créer une instance de dialogue entre les cultes rencontre l’assentiment d’une majorité des sondés : 51 % estiment qu’il s’agit d’une « bonne initiative », et 64 % la jugent « compatible avec la laïcité ». Alors même que cette proposition a provoqué des réactions négatives dans certains milieux laïques, notamment chez les francs-maçons du Grand Orient de France. « Les Français n’ont pas une conception doctrinale, mais pragmatique de la laïcité », en déduit Bruno Jeanbart.

Enfin, dans l’ensemble du sondage, les plus jeunes (moins de 35 ans) se distinguent clairement par une plus grande ouverture aux religions. Bien que ces opinions restent minoritaires, ils sont plus nombreux que leurs aînés à exprimer des réserves quant au fait de caricaturer les religions, et sont moins hostiles aux demandes des religions dans les institutions. SUITE

Un sondage montre des Français peu inquiets de la place occupée par les religions dans la société.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Octobre 2017 à 22:43 | 1 commentaire | Permalien

« Je ne souhaite nullement que l’Eglise russe à étranger perde son identité » : une interview du père Pierre Perekrestov
L’archiprêtre Pierre Perekrestov (EOHRF), sacristain de la cathédrale de la Mère de Dieu de tous les affligés à San Francisco, secrétaire du diocèse d’Amérique de l’Ouest, est l’auteur de nombreuses publications consacrées à la vie de l’Eglise.

- Vous êtes né dans la diaspora russe. Parlez nous de votre famille, de ceux qui vous ont influencé lorsque vous étiez adolescent ? Qui vous a fait aimer l’Eglise et la patrie des ancêtres ?

- Je suis né à Montréal. Mon grand-père paternel était un officier de l’armée Blanche. Il a été tué par les rouges en 1945. Ma maman a été emmenée en Allemagne par la Wehrmacht a l’âge de 13 ans. Notre famille n’a toujours parlé que le russe, lorsque je suis allé à l’école je ne connaissais pas un mot d’anglais.

Nous recevions beaucoup, et, lorsque cela est devenu possible, des personnes venues de la Russie soviétique. Je pense en particulier à 1967, année de l’Exposition universelle à Montréal. La délégation soviétique était très nombreuse. Pendant tout l’été nous nous nous rendions chaque semaine à l’Exposition, nous y écoutions des concerts, des invités soviétiques venaient nous voir chez nous.

Les samedis, mon frère et moi allions à l’école paroissiale. Les dimanches nous aidions à la célébration de la liturgie à la cathédrale Saint Nicolas. L’archevêque Vitaly (Oustinov) en était le recteur. Les bavardages dans l’autel étaient prohibés, nous nous consacrions entièrement à la prière. Le clergé ne consistait que de moines, il n’y avait pas de prêtres mariés. Nous nous sentions russes, nous avions une perception russe du monde.

- Vous avez dit qu’il n’y avait que des moines parmi le clergé de cette cathédrale. Qu’est-ce qui vous a incité à devenir prêtre ?

- Enfant, je ne me représentais pas du tout ce qu’est la vie monacale. C’est en 1972 que j’ai pour la première fois, à l’âge de 16 ans, visité un cloître. L’archimandrite Théodore Golitsyne, un homme d’une grande bonté, aimait les jeunes. Il avait un minibus et il nous organisait toute sorte d’excursions. Une fois il a invité un groupe de jeunes dont j’étais à visiter le monastère de la Sainte Trinité à Jordanville. Ce voyage a été pour moi décisif.

Je m’en souviens dans les moindres détails : c’était une soirée brumeuse, les moines et les séminaristes sortaient de l’église pour se rendre au réfectoire, ils ont chanté avant le repas. L’ambiance de piété qui imprégnait l’église du monastère et la solennité des offices m’ont laissé admiratif. Les moines étaient tous empreints de joie et de bienveillance. Lors de l’agape un simple moine, le père Procope, me demanda mon nom et m’invita à revenir en été.

Cette invitation m’est allée droit au cœur. A notre retour à Montréal j’ai renoncé à regarder la télévision, je me rendais tous les jours à vêpres. Ceci même lorsque les chutes de neige paralysaient les transports en commun. J’écoutais des offices monastiques enregistrés sur disque. Ma mère se mit à craindre que je ne m’engage dans la voie monacale.
« Je ne souhaite nullement que l’Eglise russe à étranger perde son identité » : une interview du père Pierre Perekrestov

J’ai passé l’été 1972 au monastère et je pris la décision qu’après ma première année universitaire je consacrerai ma vie au monastère et au séminaire. Mais je n’avais pas encore décidé de devenir prêtre. En 1974 je me suis inscrit au séminaire. Pendant mes quatre années d’études et de vie au monastère je n’ai pas été une seule fois témoin de disputes parmi les moines, jamais je n’ai eu connaissance de cas d’humiliations, de dénonciations au monastère ou au séminaire.

C’était une époque où il ne fallait pas dire aux gens ce qu’ils devaient faire ou les contrôler. Ils se consacraient sans réserve à leur mission monastique suivant en cela l’exemple du recteur, l’archevêque Laure (futur primat de l’EORHF). Il y avait au monastère de Jordanville un esprit d’amour et de foi. Mais aussi, au séminaire, un esprit de liberté et de confiance mutuelle.

- Dans les années 90 du siècle dernier vous avez commencé à vous rendre en Russie et à avoir des contacts avec le clergé de l’Eglise russe. Quelles ont été vos premières impressions ? Qui avez-vous rencontré ? Comment étiez-vous perçu ?

- C’est en décembre 1989 que je suis allé pour la première fois en Russie, c’était un voyage tout à fait surprenant. C’est, bien sûr, essentiellement des prêtres dont les vue étaient proches de celles de l’EORHF en ce qui concerne la vénération des martyrs impériaux que j’ai rencontrés. Mes interlocuteurs avaient une grande piété à l’égard des néo martyrs et pensaient que la révolution avait été une terrible catastrophe, une grande cassure dans l’histoire de la Russie.

Certains prêtres russes exprimaient le souhait de se placer sous l’omophore de l’EORHF. Depuis plusieurs décennies se sont écoulées. Le temps passé a montré qui parmi eux était sincère dans ce souhait. Mais il y avait aussi des personnes intéressées, plus ou moins n’importe qui, ou tout simplement des provocateurs. Je dirai franchement que nous étions à l’époque très naïfs, nous n’étions pas conscients des réalités soviétiques, de ce qui se passait au sein de l’Eglise russe.

Il nous a cependant fallu vivre cette expérience. C’est grâce à elle, aux erreurs que nous avions commises nous sommes entrés dans les années 2000 différents de ce que nous étions au début de ce chemin. Nous sentions bien mieux ce qui se passait en réalité au sein de l’Eglise russe. C’est sans illusions mais d’une manière lucide et raisonnée que nous nous sommes engagés dans la voie de la réunification de l’Eglise.
« Je ne souhaite nullement que l’Eglise russe à étranger perde son identité » : une interview du père Pierre Perekrestov

Nous étions perçus par les Russes d’une manière tout à fait non univoque. Pour certains nous étions comme la promesse d’une installation à l’étranger, pour d’autres une source d’aide humanitaire. Mais il y avait aussi ceux qui voyaient en nous des Russes authentiques, ayant maintenu l’identité d’avant la révolution, des exilés. D’autres voyaient en nous des adversaires idéologiques n’ayant rien de commun avec eux. Il arrivait que des prêtres quand ils se mettaient à mieux nous connaître, changeaient d’attitude à notre égard. Il serait peut-être exagéré de parler d’amitiés mais nous sentions que nous menions ensemble notre action pour le Christ, pour l’Eglise et le pays.

Il faut nommer des prêtres avec lesquels je me suis senti particulièrement proche et avec lesquels notre amitié a duré de longues années. Je pense à l’archiprêtre Léon Lebedev, de la ville de Koursk ; l’archiprêtre Anatole Yakovine, de la région de Vladimir ; l’archiprêtre Michel Jenotchine, de la ville de Gdov ; le défunt archiprêtre Basile Ermakov, de Saint Pétersbourg.

- Vous faites depuis longtemps partie du clergé de la cathédrale de San Francisco où se trouvent les reliques de Saint Jean de Shanghai. C’est une immense personnalité de la diaspora russe et vous avez sans doute été témoin de miracles survenus grâce à ses prières ?

- Depuis mon ordination c’est en effet dans cette cathédrale que je me trouve. Je ne cesse de remercier Dieu pour la grâce qu’Il nous accordé, à ma famille et à moi, de nous trouver dans ce lieu. C’est un don que d’officier dans cette cathédrale qui était celle de Saint Jean de Shanghai le Thaumaturge. Tous ceux qui prient les reliques du Saint reçoivent de lui secours et consolation.

Interview réalisée par l'archiprêtre Séraphin Han. Traduction P.O, texte russe abrégé

Lien Rublev ​Протоиерей Петр Перекрестов: «Мне бы не хотелось, чтобы Русская Зарубежная Церковь потеряла свою идентичность»

Saint Jean de Shanghai (Maximovitch) 1896-1966 : Règles pour les servants d'autel



Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Octobre 2017 à 16:21 | 79 commentaires | Permalien

LE CHEF DES CATHOLIQUES RUSSES NOTE UNE AMELIORATION CERTAINE DANS LES RELATIONS AVEC L'EGLISE ORTHODOXE RUSSE
Mgr Paolo Pezzi, ordinaire de l'archidiocèse de la Mère de Dieu à Moscou et président de la conférence des évêques catholiques de Russie*, admet qu'il se sent russe et déclare que les relations des catholiques russes avec le Patriarcat de Moscou vont « de mieux en mieux. »

« Et ce n'est pas uniquement "pour la galerie"; il y a un processus naturel de convergence dans le témoignage de l'amour du Christ. Et je pense que c'est la voie la plus normale et la plus juste. Nous sommes aussi de très bons amis et avec les représentants des autres confessions et religions. Ce dialogue est absolument nécessaire justement pour construire une identité sociétale juste, une société de gens qui s'acceptent mutuellement et ne se considèrent pas comme des ennemis ", a déclaré le métropolite dans un entretien avec le journal Novy Kaliningrad.

Paolo Pezzi est né en Italie, mais il a longtemps vécu en Russie et a reçu la nationalité russe il y a six ans. "Je reste Italien, bien sûr, c'est incontestable, mais je me sens russe et je suis très reconnaissant pour cette reconnaissance, pour cette citoyenneté que j'ai pu obtenir ", dit -il en répondant à une question du journal.

Paolo Pezzi s'est aussi prononcé pour la conservation des principes d'un Etat laïc en Russie: «Tous les États doivent être laïques; Nous avons déjà constaté dans le passé qu'un état religieux peut faire du tort aussi bien à la religion qu'aux citoyens; la religion ne devrait jamais être quelque chose d'obligatoire, mais quelque chose que les gens choisissent librement pour eux. Je pense que ce principe devrait rester pour toujours ", a-t-il déclaré.

Interfax-religion
. Traduction V. Golovanow

* Note du traducteur: l'Église catholique de rite latin en Russie compte quatre diocèses : Archidiocèse de la Mère de Dieu de Moscou. ... Diocèse Saint-Joseph d'Irkoutsk. Diocèse de la Transfiguration de Novossibirsk, dont l'évêque est également l'ordinaire des gréco-catholiques ukrainiens (ou Ruthènes uniates) de la Fédération de Russie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Catholicisme_en_Russie ).

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Octobre 2017 à 04:18 | 0 commentaire | Permalien

La révolution d’Octobre et son « héritage » ecclésial
Père Vladimir Zelinsky

Le centenaire de la révolution d’Octobre coïncide presque jour pour jour avec celui d’un autre événement qui n’est connu aujourd’hui que des spécialistes : le grand concile de Moscou de l’Église russe qui a restauré le système patriarcal. Les deux conséquences de la révolution de Février, dite démocratique, d’une portée incomparable, ont en un certain sens un statut semblable : l’oubli un peu forcé.

Certes, on ne peut pas oublier la révolution qui a renversé l’Empire russe en changeant le visage de la planète. Pourtant, pour la Russie officielle d’aujourd’hui, très patriotique, orgueilleuse de sa force, comme pour celle qui s’oppose à elle farouchement – les nostalgiques de l’URSS mis à part –, 1917 a été une catastrophe. Mais pas pour les mêmes raisons. Pour les uns, la révolution a conduit à la destruction d’un État puissant, devenu un mythe. Pour les autres, elle a donné naissance à un monstre sanglant. Sanglant surtout pour tous les croyants, l’orthodoxie en premier lieu, vue comme complice de l’ancien régime. Il faut toujours rappeler l’ampleur du martyre qu’elle a enduré : des centaines de milliers de vies humaines, des dizaines de milliers d’églises détruites ou profanées.

Aux victimes « physiques », il faut ajouter le prix moral que l’Église a dû payer pour sa survie, et l’oubli du concile de 1917. En effet, comment pouvait-on survivre au sein d’un État programmé dès le début en vue de la mort violente de toute religion ? En théorie, cette mort prévue aurait dû être naturelle, car selon la doctrine marxiste la religion devrait s’éteindre par elle-même, avec la disparition des conditions sociales qui la maintenaient en vie. Mais qui aura la patience d’attendre cette mort trop tardive si l’ennemie est déjà condamnée ? L’Église avait à faire un choix difficile et net : « s’inscrire » complètement dans cet État pour avoir un peu de sursis, ou descendre dans les catacombes.

Déchirée par un schisme interne (un fort mouvement de soi-disant « rénovateurs » soutenus par la police secrète, qui voulaient l’imposer comme l’unique forme de l’orthodoxie), l’Église traditionnelle, représentée par son chef, le métropolite Serge (déjà arrêté trois fois auparavant) a décidé de collaborer, d’accepter son esclavage à l’égard du régime pour rester en vie. Ainsi est née la fameuse déclaration de 1927, avec ses promesses de loyauté inconditionnelle de l’Église du Christ à l’égard de l’État déicide. Cette démarche se trouve aujourd’hui, quatre-vingt-dix ans plus tard, au centre de discussions ecclésiales passionnées.

La révolution d’Octobre et son « héritage » ecclésial

Le choix du métropolite Serge était-il juste ?

Oui, absolument, affirme le patriarche Kirill : la déclaration a sauvé l’Église de l’élimination complète. Non, disent les opposants, ceci n’a pas empêché un renforcement de la persécution de l’Église dans les années 1930. Si Staline a changé sa politique religieuse en 1943, cela s’est passé grâce à des facteurs uniquement politiques : Hitler a donné la permission d’ouvrir des églises dans les territoires occupés, les alliés ont manifesté leur préoccupation pour le sort des croyants en URSS. Non, ce n’est pas le mensonge, mais le sang des martyrs qui a sauvé l’Église. On en a presque fini avec la révolution d’Octobre, mais on reste et on restera encore longtemps confronté à son soi-disant « héritage » ecclésial qui demeure comme un signe de contradiction.

Quatre-vingt-dix ans sont passés
, tant de martyrs (mais pas tous) sont canonisés, y compris ceux qui étaient des opposants convaincus à la déclaration. Le message de celle-ci à l’époque était la dissolution politique et morale de l’Église dans l’État pour sauvegarder son espace sacramentel. La situation de nos jours est fort différente. L’État et l’Église vont main dans la main ; il y a des milliers d’églises à peine construites ou en construction ; les évêques sont les meilleurs amis des autorités locales, les prêtres donnent des bénédictions aux banques et aux missiles balistiques. Les valeurs de l’Église et de l’État s’entremêlent pour aller dans le même sens. Or, cette « identité commune », prédéterminée par l’esprit de la déclaration de 1927, au début très dure à supporter, aujourd’hui très douce à vivre, ne peut être infinie.

Un jour, l’Église russe devra prendre un virage de principe : de la déclaration de 1927 à ce concile oublié de 1917-1918 avec son choix de l’indépendance, de l’élection des évêques et des droits très élargis des conseils paroissiaux, avec son ouverture au dialogue et la dignité retrouvée de l’Église du Christ.

Suite "La Croix"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Octobre 2017 à 10:46 | 3 commentaires | Permalien

A l'occasion de l'exposition "Chrétiens d'Orient, 2000 ans d'histoire" à l'Institut du Monde Arabe de Paris, Carol Saba reçoit Raphaëlle Ziadé, Responsable du Département byzantin du Petit Palais

Charles Personnaz, historien et membre du conseil scientifique de l'exposition.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Octobre 2017 à 17:41 | 0 commentaire | Permalien

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