Le futur centre spirituel et culturel quai Branly
Nous avons regardé rue de Grenelle les dix projets du futur centre.
Il est plus que surprenant que certains, tellement incongrus, aient pu passer à travers les mailles de la première sélection !
Deux d’entre eux (N°° 18 /agence Anthony Béchu/ et 45 /studio architecture, Russie) nous ont paru conjuguer au mieux la tradition de l’architecture ecclésiale traditionnelle russe et les impératifs de modernité: emplacement en bord de Seine, à deux pas du musée Branly. Mentionnons également le projet N° 61 /équipe binationale SAAD/.
De très nombreux visiteurs dans les salons de la rue de Grenelle, des familles au complet. Dans leur immense majorité des Parisiens« de souche », soucieux de ce que deviendra la capitale, guère de Russes « blancs » ou autres… ( Nikita et Xenia Krivocheine)

« Le Figaro » daté du 18 décembre donne plusieurs photos et leur adjoint un très pertinent article de Jean-Marie Guénois intitulé « Renouer avec la diaspora ».
En voici la teneur : « Pourquoi construire une nouvelle église orthodoxe à Paris ?

Le futur centre spirituel et culturel quai Branly
Il en existe déjà et les fidèles de cette confession chrétienne ne connaissent pas une expansion telle qu’il faudrait pousser les murs. L’explication vient de la particularité de l’Eglise orthodoxe. Son organisation n’est pas internationale comme l’Eglise catholique mais profondément nationale, au sens de l’appartenance à une terre. Dans le langage théologique, on parle d’Eglise « autocéphale ». Cela signifie que caque Eglise orthodoxe est autonome. Non dans son credo, mais dans son organisation et son gouvernement. La cathédrale orthodoxe russe qui va donc voir le jour à Paris n’est pas une émanation de l’Eglise orthodoxe en général, mais du Patriarcat orthodoxe de Russie qui est la tête de l’Eglise orthodoxe russe.

Entre le Patriarcat de Moscou et celui de Constantinople

Seconde particularité, l’histoire tourmentée de l’Eglise russe au XX siècle. La révolution russe l’a littéralement déchirée en trois morceaux : les Russes qui ont fui en diaspora dans le monde entier ; d’autres, dont des milliers de prêtres, ont été internés dans des camps ; une troisième partie est restée, a souvent été accusée, à juste titre comme à tort, de « collaboration » avec le régime communiste. La décision de créer une cathédrale orthodoxe russe à Paris peut donc revêtir trois significations au moins. Elle accompagne un lent mouvement de réconciliation interne entre l’Eglise de la diaspora et sa mère historique, restée en Russie. Les fidèles partis en exil, avaient fini par lui tourner le dos en l’accusant de compromission avec les communistes.
La nouvelle cathédrale correspond aussi à une volonté de l’Eglise orthodoxe russe et du gouvernement russe de renouer avec le réseau des Russes de la diaspora. Souvent Russes blancs, anti-communistes, ils ont un haut potentiel et ont gardé intacte leur culture russe. Ils peuvent beaucoup pour le rayonnement de la Russie.
Enfin, cette construction s’inscrit dans le contexte d’une concurrence symbolique, pour le leadership mondial de l’Eglise orthodoxe, entre le patriarcat de Moscou et l’autre grand patriarcat orthodoxe, plus ancien, de Constantinople. Par exemple, c’est de ce dernier que dépend la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru, à Paris ».

Rédigé par l'équipe de rédaction le 18 Décembre 2010 à 18:20 | 0 commentaire | Permalien



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