Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse: Homélie le jour de la fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie
« Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu. Tu as rejoint la Source de vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui délivres nos âmes de la mort par tes prières ».

En cette journée, chers frères, chères sœurs, nous célébrons, comme le fait toute l’Eglise orthodoxe du Christ, la mémoire de la glorieuse Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie. Cette fête clôt, ne l’oublions pas, le cycle des douze fêtes Majeures et couronne l’année liturgique nous faisant évoquer tout ce que nous avons ressenti et vécu, ce à quoi nous avons aspiré tout au cours l’année ecclésiale qui s’achève. La fête est précédée par deux semaines de jeûne strict. La Dormition est commémorée dans les monastères les plus connus, les Laures, les cathédrales ainsi que dans les petites églises éloignées. De nombreuses cathédrales et églises sont, au sein de l’Eglise orthodoxe d’Orient ainsi qu’en Occident consacrées à la glorification de la vie éternelle de la Très Sainte Vierge.

Les vêpres commencent par le premier stichère de la Dormition, le chant « O, divin miracle… ». La mort de la Mère de Dieu est un divin miracle. Qu’y a-t-il donc de miraculeux, de divin dans la mort ? Qu’y a-t-il donc de joyeux et de triomphal dans la mort d’une personne ? La mort est généralement perçue comme le moment le plus pénible dans la vie d’un homme. Nous en avons peur, nous essayons de ne pas y penser, nous nous appliquons à reculer l’inévitable fin de notre vie terrestre…

En la Dormition de la Mère de Dieu nous voyons quelque chose de tout à fait autre : ce n’est pas une mort mais une sorte de sommeil plein de Grâce qui a permis à la Très Sainte Mère de Dieu de quitter ce monde terrestre pour aller au Ciel. Elle y a été accueillie par son Divin Fils. La Dormition de la Mère de Dieu n’a rien de l’horreur qu’inspirent la mort et la fin de l’existence terrestre.

En effet, nous percevons la mort comme un châtiment pour nos péchés. Le péché a, tel un déluge, inondé le monde entier, envahissant chaque être humain. C’est ce qui explique la frayeur et l’immense trouble que chacun éprouve face à la mort. Chacun, même ceux dont la foi est faible, est conscient des péchés qu’il a commis. Or, si le péché a été vaincu disparait la peur du passage vers la vie éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ a vaincu le péché. Il a non seulement Lui-même définitivement triomphé du péché et de la mort mais a donné à tous ceux qui L’aiment et Le suivent le pouvoir de devenir des enfants de Dieu et de triompher sur le péché.

L’Ancien Testament disait que celui qui se tient devant Dieu ne perd rien au moment de mourir, non, il acquiert la béatitude et la grâce. La mort d’un tel homme est perçue comme étant une joie. La Très Sainte Mère de Dieu était, bien sûr, semblable à chacun d’entre nous, sa naissance, sa vie sont ceux d’une personne humaine. Cependant ni dans son enfance, ni dans son adolescence elle n’a pas éprouvé de passions, de pensées peccamineuses, elle n’a commis aucun mal. Son être était tout humilité et amour de Dieu. Elle était entièrement et sans réserve vertueuse et juste.

Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse: Homélie le jour de la fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie

Nous entendons parfois dire que les Saintes Ecritures, les Evangiles ne mentionnent que très peu et rarement la Mère de Dieu. Les Evangiles contiennent en général peu de descriptions ou de mentions portant de qui que ce soit, même des apôtres. Seuls Pierre, Jacques et Jean en sont l’objet. Souffrant la passion sur la croix le Seigneur s’adresse à son fidèle et tant aimé disciple Jean qui se tient au pied de la croix aux cotés de la Mère de Dieu et lui dit « voici ta mère, prend soin d’elle ».

En ces moments terribles Il n’a pas oublié sa Mère, a prescrit à son disciple de s’occuper d’Elle, de La prendre dans sa maison afin qu’Elle y devienne une mère non seulement pour Jean mais aussi pour tous les apôtres, pour tous les chrétiens. Marie est une véritable Mère qui prie et qui intercède pour chacun d’entre nous, l’espoir qu’Elle nous apporte ne nous trompe jamais. La Mère de Dieu, par tout son exemple, personnifie l’espérance en le Christ, en Dieu. Elle nous dit que la mort de l’être humain est un passage vers un autre monde, une continuation, une étape de la vie, nous pouvons dire que c’est une dormition. C’est une dormition éloignée de tout ce que nous avons connu ici-bas, semblable à la distance qui sépare le Ciel de la terre. C’est ce que nous appelons la vie éternelle dans la béatitude.

Comme nous le dit l’apôtre Paul : « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2,9).
Amen.

Traduction "PO "

Les premières mentions connus au sujet de célébrations de la Vierge Marie apparaissent au V-ème siècle au cours duquel se tint le troisième concile œcuménique (Ephèse, 351), qui établit la doctrine mariale de la chrétienté. Les premières célébration sont eu lieu à Jérusalem le 13 Août et ne mentionnaient pas spécifiquement la Dormition –c'était une fête en l'honneur de Marie, instrument de l'incarnation (Theotokos) et Mère de Dieu. L'empereur romain d'Orient Maurice (539 - 27 novembre602)) fixe la fête de la Dormition à la date du 15 août, probablement pour commémorer la consécration de l'église de la Panagia (la toute sainte) à l'emplacement de sa tombe à Gethsémani.
Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse: Homélie le jour de la fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Août 2017 à 08:19 | 0 commentaire | Permalien



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