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Le site mère-marie.com a été élaboré et mis en ligne par Xenia Krivochéine en 2000. Il est rapidement devenu une référence.
Depuis de nombreux textes et illustrations sont venus l’enrichir. Entre-temps les possibilités offertes par l’Internet ont considérablement évolué, aussi une refonte radicale s’imposait, voilà qui est fait.
Fin octobre 2011 Anatoli Choustov, l’un des meilleurs connaisseurs de la vie et de l’œuvre de mère Marie est décédé à Saint Pétersbourg. Paix à son âme !
L’exploit de Mère Marie
Patriarche CYRILLE de Moscou et de toutes les Russies
"…Viendra le jour : dans l’étendue des mondes – Ayant vaincu en tout la force de destruction – Pour glorifier le Créateur, nous nous lèverons des tombes, Accomplissant le commandement d’amour et de résurrection."
Ainsi écrivait, peu avant sa fin tragique au camp de concentration de Ravensbrück, la moniale Marie (Skobtsov). Elle fut mise à mort le 31 mars 1945, durant le saint Carême, quand, dans l’espérance de la résurrection du Christ, le monde admirable créé par Dieu se renouvelle et revit.
À première vue, il peut sembler que le chemin qu’avait choisi Mère Marie n’était pas celui par lequel s’élevaient, en se « perfectionnant » graduellement, les grands maîtres de la vie monastique.
Depuis de nombreux textes et illustrations sont venus l’enrichir. Entre-temps les possibilités offertes par l’Internet ont considérablement évolué, aussi une refonte radicale s’imposait, voilà qui est fait.
Fin octobre 2011 Anatoli Choustov, l’un des meilleurs connaisseurs de la vie et de l’œuvre de mère Marie est décédé à Saint Pétersbourg. Paix à son âme !
L’exploit de Mère Marie
Patriarche CYRILLE de Moscou et de toutes les Russies
"…Viendra le jour : dans l’étendue des mondes – Ayant vaincu en tout la force de destruction – Pour glorifier le Créateur, nous nous lèverons des tombes, Accomplissant le commandement d’amour et de résurrection."
Ainsi écrivait, peu avant sa fin tragique au camp de concentration de Ravensbrück, la moniale Marie (Skobtsov). Elle fut mise à mort le 31 mars 1945, durant le saint Carême, quand, dans l’espérance de la résurrection du Christ, le monde admirable créé par Dieu se renouvelle et revit.
À première vue, il peut sembler que le chemin qu’avait choisi Mère Marie n’était pas celui par lequel s’élevaient, en se « perfectionnant » graduellement, les grands maîtres de la vie monastique.
Mais le monachisme authentique consiste en un renoncement à soi : « Jésus dit à ses disciples : si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive » (Мt 16, 24). Tant la vie que la mort de Mère Marie appartiennent à ce chemin de renoncement à soi-même, de service à ceux qui sont loin ou près (Еp 2, 17), d’amour agissant, compatissant et miséricordieux.
Les personnes qui entouraient la moniale Marie avaient vécu la destruction de la Russie ancienne avant tout comme une tragédie personnelle. Mère Marie, elle, était de ceux qui avaient perçu dans la conjoncture du temps quelque chose de plus : l’appel à la créativité chrétienne. Elle participa de ce courant qui avait emporté les « derniers Romains » de l’« Âge d’argent », depuis la sophistication excessive de la culture prérévolutionnaire pétersbourgeoise vers la simplicité apostolique des premiers chrétiens, l’âge d’or de l’Église.
Elle écrivait : « Nous sommes inexistants. Est-ce là le hasard ? Ou notre malchance existentielle ? À quelle époque malheureuse – à ce qu’on dit – sommes-nous nés ? Dans le domaine de la vie spirituelle, il n’y pas de hasard, ni d’époques chanceuses ou non, mais il y a des signes qu’il faut déchiffrer, des chemins qu’il faut emprunter. Et nous sommes appelés à la grandeur, parce que nous sommes appelés à la liberté… » C’est là le sens de la vie et de l’œuvre de Mère Marie.
Elle considérait la liberté comme un don sans prix de Dieu, elle acceptait des sacrifices visibles ou invisibles aux yeux du monde, afin de préserver ce don pour ceux qui l’entouraient. Et ce, tout en restant elle-même une personne véritablement libre.
Cette liberté était préservée malgré la désorganisation de son existence terrestre, qui se reflétait dans les églises, aménagées à la va-vite dans des garages et des écuries, dans les « sièges » fabriqués à partir de tas d’annuaires téléphoniques, dans la porte sans serrure de sa chambrette sous l’escalier de service. Sa liberté se réalisait dans le service désintéressé des pauvres, des misérables, des désespérés. C’est là que se révélait la vocation suprême du service de Mère Marie.
"Je connais seulement les joies du don,
Pour éteindre par notre sacrifice le chagrin du monde,
Pour que le feu et la clameur des aubes sanglantes
Soient noyés par les pleurs de compassion".
« Si nous apportons en Russie un esprit neuf – libre, créateur, audacieux –, notre mission sera accomplie », disait Mère Marie à ses collaborateurs. Ce don admirable de Dieu l’a accompagnée toute sa vie : même au camp de la mort, à la fin de sa vie, elle n’a pas abandonné sa créativité. Son foulard de détenue, brodé à Ravensbrück, est aujourd’hui conservé comme un trésor sans prix. Et il est regrettable qu’on n’ait pas sauvegardé son icône brodée, représentant la Mère de Dieu tenant dans ses mains le Sauveur du monde.
Maintenant, l’exploit d’amour de Mère Marie, son héritage artistique devient de mieux en mieux connu de nos contemporains. Nous croyons que son exemple inspiré affermira nos forces au service du Christ Sauveur ressuscité des morts.
Mère Marie fut martyrisée le jour où l’Église orthodoxe commémore les défunts, le samedi de la deuxième semaine du grand carême. Ayant refermé les pages de cette vie passagère, elle est entrée dans les demeures éternelles. L’amour terrestre agissant s’est uni à celui, triomphant, dans les cieux.
Mémoire éternelle à toi, notre sœur bienheureuse, que nous commémorons maintenant…
Traduction père Serge Model
Les personnes qui entouraient la moniale Marie avaient vécu la destruction de la Russie ancienne avant tout comme une tragédie personnelle. Mère Marie, elle, était de ceux qui avaient perçu dans la conjoncture du temps quelque chose de plus : l’appel à la créativité chrétienne. Elle participa de ce courant qui avait emporté les « derniers Romains » de l’« Âge d’argent », depuis la sophistication excessive de la culture prérévolutionnaire pétersbourgeoise vers la simplicité apostolique des premiers chrétiens, l’âge d’or de l’Église.
Elle écrivait : « Nous sommes inexistants. Est-ce là le hasard ? Ou notre malchance existentielle ? À quelle époque malheureuse – à ce qu’on dit – sommes-nous nés ? Dans le domaine de la vie spirituelle, il n’y pas de hasard, ni d’époques chanceuses ou non, mais il y a des signes qu’il faut déchiffrer, des chemins qu’il faut emprunter. Et nous sommes appelés à la grandeur, parce que nous sommes appelés à la liberté… » C’est là le sens de la vie et de l’œuvre de Mère Marie.
Elle considérait la liberté comme un don sans prix de Dieu, elle acceptait des sacrifices visibles ou invisibles aux yeux du monde, afin de préserver ce don pour ceux qui l’entouraient. Et ce, tout en restant elle-même une personne véritablement libre.
Cette liberté était préservée malgré la désorganisation de son existence terrestre, qui se reflétait dans les églises, aménagées à la va-vite dans des garages et des écuries, dans les « sièges » fabriqués à partir de tas d’annuaires téléphoniques, dans la porte sans serrure de sa chambrette sous l’escalier de service. Sa liberté se réalisait dans le service désintéressé des pauvres, des misérables, des désespérés. C’est là que se révélait la vocation suprême du service de Mère Marie.
"Je connais seulement les joies du don,
Pour éteindre par notre sacrifice le chagrin du monde,
Pour que le feu et la clameur des aubes sanglantes
Soient noyés par les pleurs de compassion".
« Si nous apportons en Russie un esprit neuf – libre, créateur, audacieux –, notre mission sera accomplie », disait Mère Marie à ses collaborateurs. Ce don admirable de Dieu l’a accompagnée toute sa vie : même au camp de la mort, à la fin de sa vie, elle n’a pas abandonné sa créativité. Son foulard de détenue, brodé à Ravensbrück, est aujourd’hui conservé comme un trésor sans prix. Et il est regrettable qu’on n’ait pas sauvegardé son icône brodée, représentant la Mère de Dieu tenant dans ses mains le Sauveur du monde.
Maintenant, l’exploit d’amour de Mère Marie, son héritage artistique devient de mieux en mieux connu de nos contemporains. Nous croyons que son exemple inspiré affermira nos forces au service du Christ Sauveur ressuscité des morts.
Mère Marie fut martyrisée le jour où l’Église orthodoxe commémore les défunts, le samedi de la deuxième semaine du grand carême. Ayant refermé les pages de cette vie passagère, elle est entrée dans les demeures éternelles. L’amour terrestre agissant s’est uni à celui, triomphant, dans les cieux.
Mémoire éternelle à toi, notre sœur bienheureuse, que nous commémorons maintenant…
Traduction père Serge Model
Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 12 Décembre 2011 à 11:50
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