"Reuters" :  L’Eglise de Grèce face à la crise économique.
Rédaction et traduction V. GOLOVANOW

(1) Le gouvernement réduit les salaires du clergé.
(2) Les demandes d'aide sociales adressées à l'Eglise flambent comme autant de morsures de la crise
(3) L'Eglise, conservatrice, se tourne vers des opérations commerciales modernes


L'agence Reuters consacre un important article documenté aux difficultés de l’Église de Grèce face à la crise économique.

Les liens étroits entre l'Etat grec et l'Eglise orthodoxe, qui étaient une bénédiction pour les membres du clergé, sont en train de tourner en malédiction car le gouvernement étranglé par sa dette se dérobe à financer l'ancienne institution, alors même que Grecs appauvris ont encore plus besoin de ses œuvres caritatives.vPrivée de recettes car l'Etat fait des coupes sombres dans ses dépenses l'Eglise, profondément conservatrice, qui vient de l'un des premiers centres du christianisme, en est réduite à rechercher de nouvelles sources de financement.

Mais en dépit d'un nouvel esprit d'entreprise, comme dans ce monastère qui veut construire une ferme de capteurs solaires, le nombre de prêtres baisse et ceux qui restent souffrent des baisses de salaire, et l'église se bat pour maintenir les distribution de soupe populaire alors que le chômage explose et la pauvreté s'intensifie. "Les caisses sont vides et le système s'effondre", a déclaré Ignatios Stavropoulos, un prêtre moderniste qui a sa propre page sur LinkedIn, un réseau Internet pour professionnels.

En vertu d'un accord vieux de 60 ans, l'état a accepté de payer les salaires des prêtres en échange de beaucoup de biens de l'Église, y compris des terres. Mais cela signifie qu'il y a plus de 10.000 prêtres, à la charge du budget de l’État, ce qui représente un fardeau de 190 millions d’euros par an annuelle sur le budget surchargé du pays.
Conformément aux conditions du plan de sauvetage international, qui a sauvé la Grèce de la faillite, le gouvernement diminue les salaires qui, pour un prêtre de paroisse moyen, sont d'environ 1.000 euros par mois. De plus, Athènes ne financera plus qu'un seul nouveau prêtre 10 prenant leur retraite ou décédant, provoquant des pénuries en particulier dans les paroisses éloignées où les ouailles ont le plus besoins d'aide fac à la crise.
Dans les villes, l'Eglise a gratté jusqu'à l'os pour faire des économies et financer les soupes populaires et les organismes de bienfaisance qui secourent l'armée de plus en plus nombreuse de sans-abri et des chômeurs.
Contrairement à d'autres pays européens plus au nord, où l'influence de la religion est en baisse, l'Eglise joue un rôle prépondérant dans la vie de la Grèce.

Les prêtres à longue barbe, vêtus de soutanes noires flottantes, sont un spectacle courant les rues du pays et la foi orthodoxe est reconnue par la Constitution comme religion officielle. Quand le nouveau gouvernement a prêté serment l'an dernier, l'archevêque d'Athènes a béni le Premier ministre et du Cabinet lors d'une cérémonie brillante.
80% des Grecs se déclarent croyants, ce qui fait des Grecs les chrétiens les plus convaincus en Europe même si nombre d’entre eux vont rarement à l'église

Des sentiments mitigés

Dans un pays où les organismes de bienfaisance privés et le bénévolat restent embryonnaires, l'essentiel de l'aide aux démunis et opprimés retombe sur les épaules l'Eglise. Mais les attitudes envers l'Eglise sont mitigées et elle est souvent critiquée pour être trop proche de l'état.


Pourtant, contrairement à ce que l’on prétend souvent, 96% des propriétés de l’Église ont été transférées à l’État durant les dernières décennies. L’Église a payé également des impôts s’élevant à 12,6 millions d’euros en 2011, bénéficiant du même traitement fiscal que toutes les associations à but non lucratif. Pour couvrir la pénurie de prêtres, des évêques autorisent des laïcs à servir. Ces bénévoles ne reçoivent aucun salaire État et ne portent pas de vêtements religieux. Ainsi, un officier à la retraite a commencé récemment à "dire la messe" (sic) à Avantas, un village proche de la frontière orientale avec la Turquie, a déclaré le père Irinaios: «Les prêtres dans les petits villages partent à la retraite ou décédent et il n'ya personne pour les remplacer», a t-il dit. "Nous allons avoir un énorme problème."

L'église est déjà sabré dans ses dépenses de fonctionnement pour faire face à la hausse des coûts de son travail social. Elle a dépensé 96 millions d’euros pour ses œuvres caritatives l’an passé.

"La crise n'affecte pas simplement le fonctionnement de nos œuvres de bienfaisance, elle menace maintenant leur existence même" a dit Mgr Efstathios de Sparte plus tôt ce mois-ci. Les fonds de pension publics ont cessé de verser leur contribution aux organismes de bienfaisance qu'il dirige depuis presque un an, raportait-il.

Les travaux de construction ou de restauration des églises, dont certains abritent des fresques et icônes anciennes, sont souvent arrêtés et beaucoup ne sont pas correctement chauffé pendant le rude hiver grec pour réduire les dépenses en combustible.
Les économies sont faites à tous les niveaux. Les commandes de l'Église pour les cierges ont chuté de 40% pour cette Pâques, a déclaré à Reuters un marchand articles religieux dans la province méridionale de l'Arcadie.

Silence sur les ondes

A court d'argent en février, l'église a brièvement coupé les émissions de station de radio, qui émet depuis 23 ans, privant les auditeurs de ses programmes quotidiens de sermons et d'.missions culturelles.

L'augmentation de la pauvreté empire les choses. Etranglés par l'austérité, les fidèles réduisent leurs dons et les entreprises font faillite, ce qui prive l'église faillite, privant l'Eglise de revenus locatifs et gonflant les files d'attente dans ses soupes populaires.

"Les besoins augmentent alors que les ressources sont en baisse", a déclaré le père Vassileios Hatzavas, qui dirige des fonds de l'archevêché d'Athènes secours aux pauvres.

Alors que le chômage grec grimpe à des niveaux record, le nombre de rations distribuées par les soupes populaires ont plus que doublé à Athènes l'an dernier ateignat prés 10. 000 par jour, sans compter environ 3.000 colis alimentaires aux familles envoyée chaque mois, dit le père Vassileios.

Plus le gouvernement serre les cordons de la bourse, et plus les membres du clergé cherchent des sources de revenus alternatives. À court de liquidités et avec la plupart de ses biens immobiliers, qui restent nombreux; sont pour la plupart bloqués par des litiges de propriété, l'Eglise est à la recherche de coopération avec les municipalités, l'armée ou des entreprises privées pour développer des sites, ajoute le père Vassileios.

Pour la première fois, l'église a envoyé une délégation officielle le mois dernier à un salon du tourisme religieux en Russie, le plus grand pays du monde chrétien orthodoxe et une cible touristique majeure. En outre, le monastère Penteli (ou Pendeli) prés d'Athènes envisage de construire un parc solaire pour profiter des subventions pour les producteurs d'énergie renouvelable.

Certains prêtres sont peut-être allé trop loin dans leur zèle à collecter de fonds, comme le père Efrem, abbé du monastère millénaire Vatopédi.: le père Efrem a imaginé il ya six ans un système par lequel les moines du monastère du Mont Athos, une enclave indépendante de la péninsule orthodoxe, ont convaincu les responsables gouvernementaux d'échanger des terres agricoles bon marché contre des propriétés de premier ordre à Athènes. Le père Efrem a été accusé d'une fraude qui, d'après l'accusation, aurait couté des dizaines de millions d'euros à d'État (1).

Malgré l'affaire Vatopédi, la crise offre à l'Eglise une possibilité de réduire sa dépendance financière vis-à-vis de l'état par l'intermédiaire d'entreprises légitimes, comme d'autres églises ont fait il ya plusieurs décennies.

«C'est une question de survie pour l'Eglise," a déclaré le père Ignatios Stavropoulos.

Par Harry Papachristou

ATHENES, 20 avril 2012

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Note du traducteur:
(1) Notons que l'affaire n'a pas encore été jugée, le père Efrem ayant été libéré après plusieurs mois de détention préventive qui a soulevé une vague d'indignation dans le monde orthodoxe "PO"



Rédigé par Vladimir GOLOVANOW le 30 Avril 2012 à 16:30 | 13 commentaires | Permalien