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Une glorification qui souligne un dépassement de notre époque dont on ne perçoit pas encore toutes les implications. La canonisation d'Alexandre Schmorell, nouveau martyr, décapité le 13 juillet 1943 à Munich, aura donc lieu le week-end prochain (4-5 février) à Munich
Alexandre Schmorell naquit en 1917 à Orenbourg. Sa mère était russe, (fille de prêtre), et son père était originaire d’une famille commerçante allemande. Bien qu’il partît avec sa famille à Munich en 1921, il ressentit jusqu’à sa mort son lien spirituel avec la Russie, et il fut paroissien de la communauté russe orthodoxe. En 1942, Alexandre Schmorell, alors étudiant en médecine, avec son ami Hans Scholl et d’autres encore, commença à répandre des tracts antihitlériens. En 1943, ce groupe de résistants fut découverts, et ses membres furent condamnés à mort et guillotinés. Alexandre fut exécuté le 13 juillet 1943 à la prison munichoise de Stadelheim pour activité antinazie et confession de la foi orthodoxe.
La Rose Blanche, un groupe d'amis
La Rose Blanche a été un groupe de jeunes aimant la vie, partageant des activités comme le sport, la marche en montagne, l'expression corporelle, un groupe ouvert aux autres, jeunes et moins jeunes, comme Kurt Huber, membre du groupe à l'âge de 50 ans. Son histoire pourrait être celle d'autres groupes de jeunes de notre époque et déjà ainsi elle en dit long sur l'amitié.
Alexandre Schmorell naquit en 1917 à Orenbourg. Sa mère était russe, (fille de prêtre), et son père était originaire d’une famille commerçante allemande. Bien qu’il partît avec sa famille à Munich en 1921, il ressentit jusqu’à sa mort son lien spirituel avec la Russie, et il fut paroissien de la communauté russe orthodoxe. En 1942, Alexandre Schmorell, alors étudiant en médecine, avec son ami Hans Scholl et d’autres encore, commença à répandre des tracts antihitlériens. En 1943, ce groupe de résistants fut découverts, et ses membres furent condamnés à mort et guillotinés. Alexandre fut exécuté le 13 juillet 1943 à la prison munichoise de Stadelheim pour activité antinazie et confession de la foi orthodoxe.
La Rose Blanche, un groupe d'amis
La Rose Blanche a été un groupe de jeunes aimant la vie, partageant des activités comme le sport, la marche en montagne, l'expression corporelle, un groupe ouvert aux autres, jeunes et moins jeunes, comme Kurt Huber, membre du groupe à l'âge de 50 ans. Son histoire pourrait être celle d'autres groupes de jeunes de notre époque et déjà ainsi elle en dit long sur l'amitié.
Cela pouvait en rester là mais les événements de la seconde guerre mondiale en ont décidé autrement, car ils ont avivé chez les membres de la Rose Blanche le désir de vivre ce qui est le meilleur au plus profond de chacun. Un processus de construction intérieure est intervenu, très rapide car pressé par l'urgence de la situation, et a développé chez eux un état supérieur d'éveil de la conscience.
Dans un texte publié par le site russe " Pravoslavie i mir " Xenia Krivochéine dit :
« Récemment encore on croyait en Russie que le mouvement de résistance antinazie en Europe avait été le monopole de la clandestinité communiste. Il n’y avait pas ou presque de publications consacrées aux groupes de résistants organisés par des chrétiens.
La Gestapo a réussi à démasquer en 1943 en Allemagne un groupe antinazi nommé « La Rose Blanche ». Ses membres étaient cinq étudiants de l’université de Munich, Hans et Sophie Scholl, Alexander Schmorell, Willi Graf et Christoph Probst ainsi que l’un de leurs enseignants, le professeur Kurt Huber. Tous furent condamnés à mort et exécutés. Qui étaient-ils ?
Ils n’étaient pas issus de la classe ouvrière, n’étaient pas imprégnés de la mentalité de la lutte des classes et de la clandestinité. Tous les adhérents de la Rose Blanche venaient de familles aisées et réussissaient bien dans la vie. Ils avaient en commun la foi chrétienne. Hans et Sophie Scholl étaient protestants, Willi Graf était catholique, Alexander Schmorell confessait l’orthodoxie alors que Willi Graf était croyant bien que non baptisé. La veille de son exécution il demanda à recevoir le sacrement du baptême mais cela lui fut refusé. Leurs amis parlaient d’eux comme de personnes gaies et légères. Les photos nous montrent des jeunes gens d’une indéniable beauté. Etudiants de la faculté de médecine de l’université de Munich ils se connurent et se lièrent d’amitié car ils nourrissaient des intérêts similaires pour la musique, la littérature et la politique. Ils étaient passionnés de Goethe et de Dostoïevski, aimaient écouter du Haendel, allaient à la messe, priaient ensemble. Saint Augustin était l’un de leurs auteurs préférés… Mais leurs vies ont subitement changé. Les tracts qu’ils diffusaient contenaient souvent des citations des Pères de l’Eglise.
Sophie Scholl a écrit : « Nous et nos amis étions très différents. Nous étions persuadés que la culture était le summum de l’épanouissement humain. Or, il s’est trouvé que la culture était précisément ce qui menaçait le plus la nation, l’idée de la nation. D’une manière presque imperceptible on nous entraîna à marcher au pas, à entrer dans les rangs, à ne jamais objecter et à penser tous ensemble. Nous aimions tous l’Allemagne sans nous demander pourquoi et comment. Le pouvoir hitlérien s’est mis à nous expliquer pourquoi et comment il fallait aimer la patrie ».
La Rose Blanche n’était pas une organisation dans le sens strict du mot.
C’était un groupe de jeunes gens liés par l’amitié et voulant résister au régime. En été 1942 les activités de la cellule s’interrompent car ses organisateurs Hans Scholl et Alexander Schmorell sont mobilisés et envoyés au front de l’Est. Ils se retrouvent auxiliaires médicaux d’une unité cantonnée dans la ville de Gjatsk. Dans les lettres qu’il envoie à son père Alexander dit comment il perçoit la Russie : « Aujourd’hui nous sommes allés avec Hans à l’église. Nous étions dans une foule de vieux, de femmes et d’enfants qui priaient. Il faut voir comment ils chantaient, comment ils priaient ! Comment ne pas s’étonner en voyant que ce peuple a su préserver sa foi malgré toutes ces années de pouvoir athée. Ni les persécutions, ni les camps n’ont eu raison des croyants. Lorsque la guerre sera finie je retournerai en Russie… » (N’est-ce pas ce dont rêvait à Ravensbrück mère Marie Skobtzov ?)
L’un des derniers tracts diffusés par la "Rose Blanche" cite des vers de Novalis, poète romantique du XIX siècle.
Ces paroles restent prophétiques : «Le sang continuera à couler en Allemagne tant que les nations ne prendront pas conscience de la folie qui les anime, tant que les peuples ne reviendront pas vénérer la religion de leurs ancêtres, ne se remettront au labeur pacifique et ne glorifieront la paix sur les champs des batailles récentes. La religion, et seule la religion, est à même d’éveiller la conscience des Européens et à garantir les droits des peuples. Ce n’est qu’alors que le christianisme se remettra à illuminer nos terres, c’est lui qui apportera la paix ». X.K. Pravoslavie i mir (Святой антифашист : Православие и мир)
L'histoire de la « Rose blanche » a fait l'objet d'un film, "Sophie Scholl - les derniers jours" (récemment passé à la télévision, tard le soir…) dans lequel on voit l'engagement religieux mais où Alexandre Schmorell apparait peu…
Un grand signe d'unité
Annoncée en 2007 comme une canonisation locale par Mgr Marc de Berlin et d’Allemagne (Église russe hors frontières), la glorification d'Alexandre Schmorell sera en fait la première réalisée conjointement avec l'ensemble du Patriarcat de Moscou, ce qui en fait aussi un acte fort pour l'approfondissement de l'union des deux Eglises; l’office de canonisation aura lieu les 4 et 5 février prochains à Munich, où Alexandre Schmorell avait été martyrisé. Seront présents l’archevêque Marc de Berlin et le métropolite Valentin d’Orenbourg, où est né le martyre, ainsi que de l’archevêque Cyrille de San Francisco et de l'Ouest des États-Unis et d’autres évêques de Russie et d’Ukraine.
Vladimir Golovanow
......................................
La Moinillon "la Rose Blanche"
«Белая роза» и «Резистанс»
Dans un texte publié par le site russe " Pravoslavie i mir " Xenia Krivochéine dit :
« Récemment encore on croyait en Russie que le mouvement de résistance antinazie en Europe avait été le monopole de la clandestinité communiste. Il n’y avait pas ou presque de publications consacrées aux groupes de résistants organisés par des chrétiens.
La Gestapo a réussi à démasquer en 1943 en Allemagne un groupe antinazi nommé « La Rose Blanche ». Ses membres étaient cinq étudiants de l’université de Munich, Hans et Sophie Scholl, Alexander Schmorell, Willi Graf et Christoph Probst ainsi que l’un de leurs enseignants, le professeur Kurt Huber. Tous furent condamnés à mort et exécutés. Qui étaient-ils ?
Ils n’étaient pas issus de la classe ouvrière, n’étaient pas imprégnés de la mentalité de la lutte des classes et de la clandestinité. Tous les adhérents de la Rose Blanche venaient de familles aisées et réussissaient bien dans la vie. Ils avaient en commun la foi chrétienne. Hans et Sophie Scholl étaient protestants, Willi Graf était catholique, Alexander Schmorell confessait l’orthodoxie alors que Willi Graf était croyant bien que non baptisé. La veille de son exécution il demanda à recevoir le sacrement du baptême mais cela lui fut refusé. Leurs amis parlaient d’eux comme de personnes gaies et légères. Les photos nous montrent des jeunes gens d’une indéniable beauté. Etudiants de la faculté de médecine de l’université de Munich ils se connurent et se lièrent d’amitié car ils nourrissaient des intérêts similaires pour la musique, la littérature et la politique. Ils étaient passionnés de Goethe et de Dostoïevski, aimaient écouter du Haendel, allaient à la messe, priaient ensemble. Saint Augustin était l’un de leurs auteurs préférés… Mais leurs vies ont subitement changé. Les tracts qu’ils diffusaient contenaient souvent des citations des Pères de l’Eglise.
Sophie Scholl a écrit : « Nous et nos amis étions très différents. Nous étions persuadés que la culture était le summum de l’épanouissement humain. Or, il s’est trouvé que la culture était précisément ce qui menaçait le plus la nation, l’idée de la nation. D’une manière presque imperceptible on nous entraîna à marcher au pas, à entrer dans les rangs, à ne jamais objecter et à penser tous ensemble. Nous aimions tous l’Allemagne sans nous demander pourquoi et comment. Le pouvoir hitlérien s’est mis à nous expliquer pourquoi et comment il fallait aimer la patrie ».
La Rose Blanche n’était pas une organisation dans le sens strict du mot.
C’était un groupe de jeunes gens liés par l’amitié et voulant résister au régime. En été 1942 les activités de la cellule s’interrompent car ses organisateurs Hans Scholl et Alexander Schmorell sont mobilisés et envoyés au front de l’Est. Ils se retrouvent auxiliaires médicaux d’une unité cantonnée dans la ville de Gjatsk. Dans les lettres qu’il envoie à son père Alexander dit comment il perçoit la Russie : « Aujourd’hui nous sommes allés avec Hans à l’église. Nous étions dans une foule de vieux, de femmes et d’enfants qui priaient. Il faut voir comment ils chantaient, comment ils priaient ! Comment ne pas s’étonner en voyant que ce peuple a su préserver sa foi malgré toutes ces années de pouvoir athée. Ni les persécutions, ni les camps n’ont eu raison des croyants. Lorsque la guerre sera finie je retournerai en Russie… » (N’est-ce pas ce dont rêvait à Ravensbrück mère Marie Skobtzov ?)
L’un des derniers tracts diffusés par la "Rose Blanche" cite des vers de Novalis, poète romantique du XIX siècle.
Ces paroles restent prophétiques : «Le sang continuera à couler en Allemagne tant que les nations ne prendront pas conscience de la folie qui les anime, tant que les peuples ne reviendront pas vénérer la religion de leurs ancêtres, ne se remettront au labeur pacifique et ne glorifieront la paix sur les champs des batailles récentes. La religion, et seule la religion, est à même d’éveiller la conscience des Européens et à garantir les droits des peuples. Ce n’est qu’alors que le christianisme se remettra à illuminer nos terres, c’est lui qui apportera la paix ». X.K. Pravoslavie i mir (Святой антифашист : Православие и мир)
L'histoire de la « Rose blanche » a fait l'objet d'un film, "Sophie Scholl - les derniers jours" (récemment passé à la télévision, tard le soir…) dans lequel on voit l'engagement religieux mais où Alexandre Schmorell apparait peu…
Un grand signe d'unité
Annoncée en 2007 comme une canonisation locale par Mgr Marc de Berlin et d’Allemagne (Église russe hors frontières), la glorification d'Alexandre Schmorell sera en fait la première réalisée conjointement avec l'ensemble du Patriarcat de Moscou, ce qui en fait aussi un acte fort pour l'approfondissement de l'union des deux Eglises; l’office de canonisation aura lieu les 4 et 5 février prochains à Munich, où Alexandre Schmorell avait été martyrisé. Seront présents l’archevêque Marc de Berlin et le métropolite Valentin d’Orenbourg, où est né le martyre, ainsi que de l’archevêque Cyrille de San Francisco et de l'Ouest des États-Unis et d’autres évêques de Russie et d’Ukraine.
Vladimir Golovanow
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La Moinillon "la Rose Blanche"
«Белая роза» и «Резистанс»
Rédigé par Vladimir GOLOVANOW le 22 Février 2012 à 01:01
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