Sainte Sophie et ses trois filles, Foi, Espérance et Charité
A Rome, les saintes vierges Foi, Espérance et Charité, qui obtinrent la couronne du martyre sous l’empereur Adrien.

Ces trois Vierges étaient sœurs. Sainte Sophie, leur mère, qui est nommée sous le 30 septembre par le martyrologe romain, leur donna probablement les noms sous lesquels elles sont connues par dévotion et par amour des vertus théologales.

Les ménologes grecs donnent aux trois sœurs les noms de Pistis, Elpis et Agapé : ce sont trois mots grecs qui répondent aux mots français : foi, espérance et charité.

Il en est de même de Sophie qui signifie Sagesse. Aussi, croyons-nous volontiers que ces noms sont moins des noms propres que des noms appellatifs.

Sainte Sophie et ses trois filles, Foi, Espérance et Charité
Le bréviaire de Strasbourg (1476) place la fête de sainte Sophie et de ses trois filles au 10 mai qui fut le jour de la translation de leurs reliques en Alsace.

Le pape Adrien accorda ces reliques à Rémy, évêque de Strasbourg, qui les transporta dans son diocèse et les déposa (777) dans l’église abbatiale d’Eschau, qu’il venait de fonder.

On voit encore aujourd’hui, dans l’église paroissiale du même endroit, derrière le maître-autel, un tombeau de pierre, en forme de châsse, élevé sur des piliers er qu’on prétend renfermer les corps de sainte Sophie et de ses trois filles.

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sarcophage gothique, dans lequel les reliques de sainte Sophie et de ses trois filles sont déposées. Ce sarcophage était disposé à l'origine sur des colonnettes derrière le maître-autel

On prie ces saintes martyres pour l’éducation des enfants, pour la paix et la concorde entre époux, et aussi entre parents et enfants.

Sainte Sophie et ses trois filles, Foi, Espérance et Charité
Le pèlerinage à Eschau

Aujourd’hui, les Russes orthodoxes de la Diaspora, c’est-à-dire de France, de Suisse et d’Allemagne, viennent nombreux. Il programme des célébrations liturgiques orthodoxes régulières à Eschau avec des actions de grâce et la lecture de l’Acathiste² devant les reliques, tout cela en parfait accord avec le curé de la paroisse. De plus en plus de pèlerins viennent directement en bus de Russie (Moscou, Saint-Pétersbourg, Minsk, Pskov…). Des centaines de personnes font vibrer la vénérable abbatiale de leurs chants mélodieux, allumant des centaines de bougies, se confessant debout dans un coin de l’abbatiale, la tête couverte par l’étole du prêtre revêtus de chapes chamarrés d’or, communiant sous les deux espèces… Après la célébration commune, c’est la vénération individuelle des reliques : on s’incline profondément devant l’icône et le sarcophage, on appuie le front, on y applique des images, on prie, on se signe, on s’incline encore, on baise le sol… Notre abbatiale plus que millénaire s’adapte avec un radieux sourire à cette situation nouvelle.

Le 30 septembre 2006, l’abbé Jean-Claude Hauber, alors prêtre coopérateur à Eschau, prononça les mots d’accueil à l’assemblée nombreuse des pèlerins venus de Russie et d’ailleurs. L’un des prêtre orthodoxes lui fit solennellement cette réponse : « La vénération commune des mêmes saints, ce sont des clefs pour ouvrir les serrures fermées. »

Ainsi, dans une perspective œcuménique, ces pèlerinages des Orthodoxes russes à Eschau peuvent porter des fruits, comme les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Et ce qui, en 1504, s’est défait à Sainte-Sophie de Constantinople entre Orthodoxes et Catholiques peut se refaire, un peu et modestement, auprès de Sainte-Sophie d’Eschau.

Sainte Sophie et ses trois filles, Foi, Espérance et Charité
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Parfois on peut voir des scènes étonnantes : ainsi un groupe venu en bus a amené une malade allongée sur une civière de fortune ; elle a assisté à tout l’office dans cette position. En 2006, on vit arriver, venant du Parlement européen de Strasbourg, le gouverneur de Nijni-Novgorod, accompagné de ses gardes du corps, on le vit incliner sa haute stature et appuyer longuement son front sur le versant du toit du sarcophage. Ou encore ces deux jeunes moniales de Minsk, Magdalena et Olga, du monastère Saint-Elisabeth qui emportaient avec gratitude l’image de sainte Sophie et de ses filles.

Sainte Sophie et ses trois filles, Foi, Espérance et Charité

Rédigé par l'équipe rédaction le 30 Septembre 2017 à 06:00 | 30 commentaires | Permalien



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