Vlad Grigorovitch, futur prêtre et vrai hipster, estime que chaque séminariste a son histoire...
par DARIA AMINOVA

Qu’est-ce qu’un étudiant de séminaire? Un modeste jeune homme en soutane qui révise l’Évangile? Pas du tout. Certes, au XXIe siècle, tout comme il y a des siècles, les séminaristes étudient les Saintes Écritures, mais ils apprécient également le skateboard, réalisent des selfies sur les toits et font la fête en profitant des nuits blanches à Saint-Pétersbourg.

«Les siècles passent, les clichés restent», rient-ils. Vlad Grigorovitch, étudiant de l’Académie théologique orthodoxe de Saint-Pétersbourg, estime que chaque séminariste a son histoire. Il confie à RBTH la sienne.

« Ce n’est pas moi qui suis venu à l’Église, c’est Dieu qui m’y a appelé »

Vlad n’avait jamais songé à faire des études religieuses. Il rêvait de devenir secouriste. « Enfant, j’allais avec mon père à l’église de notre petite ville sibérienne. Je m’y plaisais, car c’était très beau et très silencieux. Mon père est mort quand j’avais 13 ans et la famille a commencé à se décomposer. Une nuit où le sommeil ne venait pas et où je réfléchissais aux causes qui font souffrir les hommes, j’ai décidé de prier. Mon âme en a été soulagée », confie-t-il. Cette nuit a marqué un tournant dans la vie de Vlad : il commença à aider le prêtre de l’église comme sacristain avant de comprendre que c’était sa vocation.

Vlad Grigorovitch, futur prêtre et vrai hipster, estime que chaque séminariste a son histoire...
Vlad est en deuxième année d’études. Les séminaristes respectent un horaire strict : les journées en semaine commencent tôt le matin par un office commun suivi du petit-déjeuner. Chaque étudiant dispose ensuite d’une demi-heure avant d’aller aux cours. À l’issue de trois cours et du déjeuner, il a du temps libre, avant d’entamer les prières du soir, à 22h00. Samedi et dimanche, il se rend à des offices à l’église.

« J’ai eu du mal à me retenir pour ne pas danser »


Presque tous ses amis sont également séminaristes. Ils parlent très souvent des études, engagent des conversations philosophiques et se baladent dans le centre de Saint-Pétersbourg. Vlad aime les retrouver dans un anticafé ou dans une librairie indépendante. Il apprécie beaucoup Victor Hugo : « C’était un vrai chrétien qui avait à cœur la destinée de chacun de ses personnages ». Il aime également Erich Maria Remarque parce que « personne n’a décrit avec autant d’authenticité l’amitié que lui dans Trois camarades ».

Vlad s’intéresse à la musique. Il aime aussi bien la musique classique, notamment Vivaldi et Schubert, que les compositions modernes, par exemple celles de Hans Zimmer pour la bande originale du film Interstellar. L’Académie distribue souvent parmi ses étudiants des billets pour des concerts à la philharmonie, à la chapelle académique de Saint-Pétersbourg ou à la salle de concert du théâtre Mariinski. « Une fois je suis allé à un concert de jazz et j’ai eu du mal à me retenir pour ne pas aller danser directement dans la salle », raconte-t-il.

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Vlad fait du football depuis son plus jeune âge et s’entraîne aujourd’hui au sein de l’équipe de l’Académie qui organise plusieurs fois par an des matchs avec les enfants d’orphelinats et de colonies pénitentiaires. C’est aussi l’occasion de parler à ces enfants et de répondre à leurs questions concernant Dieu.

De plus il est passionné de skateboard : « J’aime faire de la planche à roulettes parce que la vitesse associée à des manœuvres m’enivre. C’est l’un des meilleurs antidépresseurs dans notre monde fou ».

Il y a plusieurs mois, Vlad s’est passionné pour la photo. Il avoue ne rien comprendre au fonctionnement de l’appareil photo et explique qu’il essaie seulement de faire attention à une émotion ou à un objet que personne ne remarque dans la course de notre vie quotidienne.

Vlad Grigorovitch, futur prêtre et vrai hipster, estime que chaque séminariste a son histoire...
« Plus qu’une université »

Pour entrer à l’Académie théologique orthodoxe de Saint-Pétersbourg, chaque étudiant a un entretien personnel avec le recteur de l’établissement. Un autre entretien est prévu si le jeune homme décide de se marier.

Tous les séminaristes mènent des activités bénévoles pour l’Académie, et si certains établissent le profil internet de l’établissement, Vlad, lui, y organise des visites guidées.

Son local préféré est la bibliothèque qui rassemble plus de 300 000 livres dont des exemplaires uniques vieux de 300 ans, comme un Évangile du XVIIIe siècle à reliure spéciale.

Pour les vacances, Vlad aime se rendre loin de l’agitation de la ville, au monastère côtier de la Trinité-Saint-Serge dans les environs de Saint-Pétersbourg. « Cet endroit m’est très cher. C’est calme et j’y ai trouvé mon guide spirituel, le père André. Je peux lui poser n’importe quelle question sur la vie religieuse ou mondaine et je sais que j’obtiendrai une réponse sage ».
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Septembre 2017 à 17:30 | Permalien



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