Allocution prononcée par l’archimandrite Savva (Toutounov) lors de son sacre épiscopal
Le 1er mars 2019 Sa Sainteté Cyrille Patriarche de Moscou et de toute la Russie a présidé au rite de nomination du vice-chancelier du Patriarcat de Moscou l’archimandrite Savva (Toutounov) au titre d’’évêque de Zelenograd, vicaire du Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Au cours de sa nomination, l’archimandrite Savva s’est adressé au primat de l’Église orthodoxe russe et aux hiérarques concélébrants par un discours de nomination.

Votre Sainteté, Monseigneur très vénéré et saint ! Vénérables évêques !

En ce jour mes sentiments et mes pensées sont pleins de confusion. Sur votre décision, Votre Sainteté, et sur celle du Saint Synode, je m’engage sur un chemin auquel rien, si ce n’est la puissance divine, ne peut préparer l’homme.

« Le Dieu de nos pères t'a prédestiné à connaître sa volonté » (Actes, 22:14), voilà ce qu’a entendu jadis le futur apôtre des gentils. J’ose m’approprier cette parole. J’avais cinq ans lorsque pour la première fois j’ai franchi le seuil du sanctuaire du Seigneur dans une petite chapelle de la banlieue parisienne. Dans cette église se réunissaient pour prier ceux qui avaient quitté leur patrie et leurs descendants. Je n’ai pas gardé le souvenir des sentiments qu’il y a 35 ans a éprouvé ce tout jeune acolyte, mais plus jamais je n’ai quitté l’église ; je ne m’imagine pas vivre loin de l’espace sacré du sanctuaire, loin de la beauté, de la grandeur céleste des célébrations de notre Église.

La prière de l’Église du Christ, les paroles pleines d’inspiration des office – et tout particulièrement la prière eucharistique – sont désormais ce qui m’importe, ce que je désire le plus. Je me souviens, adolescent, combien j’avais été frappé par les mots prononcées doucement par le prêtre pendant la Liturgie des Saints Dons Présanctifiés : « La Lumière du Christ illumine tous les hommes ! » Cette proclamation m’a fait comprendre à quel point l’Église est convaincue de la toute-puissance du Verbe de Dieu, et que d’accomplir le commandement que notre Sauveur nous a donné à tous : « Allez, enseignez toutes les nations » (Mt 28 :19) – n’est pas un rêve inaccessible mais notre mission tout à fait concrète. Plus tard, alors que j’étudiais la théologie, ma conviction dans ce sens n’a fait que croître, de même que mon amour pour la Divine Liturgie.

De façon étonnante, c’est dans les mathématiques que le Seigneur m’a fait découvrir l’harmonie et la beauté de son dessein pour sa création – d’abord à l’école puis à l’université. De mes études j’ai gardé, j’ose l’espérer, la discipline intellectuelle et la capacité à voir l’ensemble au-delà du cas particulier, tout en faisant attention aux détails. Tout cela m’a été très utile dans mon service de l’Église.

Durant mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse je n’ai pas eu de souhait plus vif que celui de revenir dans la patrie de mes pères ; tous les soirs ma prière d’enfant était pour que celle-ci se libère de l’athéisme d’État. Je remercie Dieu de m’avoir donné le bonheur de voir ma prière exaucée, et de pouvoir porter les sacrements du Corps et du Sang du Christ, d’être le serviteur de Sa Bonne Nouvelle ici, dans ma patrie terrestre.

Notre Souverain Pasteur, notre Sauveur Jésus-Christ, qui a soumis à ses lois le monde qu’Il a créé, confie de façon inconcevable à des mains humaines la tâche de choisir ses servants. Depuis les temps apostoliques et jusqu’à aujourd’hui la puissance divine s’accomplit dans la faiblesse. Mon chemin en tant que chrétien et prêtre est impensable sans les personnes qui m’ont entouré tout le long du chemin, à eux tous aujourd’hui j’apporte ma gratitude sincère et chaleureuse.

Mes toutes premières paroles de gratitude, je les adresse à mes parents, qui m’ont élevé dans un esprit de véritable liberté, si chère aux chrétiens, unie à l’amour de l’Église, de la patrie, des hommes, et à ma responsabilité à leur égard. L’amour de mes parents me soutient encore aujourd’hui. Je pense avec gratitude à feue ma grand’mère, qui m’a appris à aimer sereinement Dieu, la prière et l’esprit de sacrifice. Je ne peux pas ne pas citer mon tout premier père spirituel, l’archevêque Serge (Konovaloff) d’Eucarpie de bienheureuse mémoire, qui m’a dirigé vers les études théologiques et qui m’a tonsuré moine.

J’éprouve une profonde reconnaissance pour nombre de mes professeurs de l’Académie de théologie de Moscou. En particulier, je veux adresser mes remerciements au métropolite Antoine de Borispol et de Brovar, qui m’a pris spirituellement en charge durant mes premières années d’études, à l’archiprêtre Maxime Kozlov qui m’a jadis conseillé de m’inscrire dans les établissements théologiques de Moscou, ainsi qu’au professeur Vladimir Dmitrievitch Youdine, qui a donné aux étudiants l’exemple de l’honnêteté scientifique et de l’esprit de sacrifice.

Je garde un souvenir chaleureux de mes années de travail au sein du Département des relations ecclésiales extérieures, où sous la direction expérimentée et exigeante de mon maître l’archiprêtre Nicolas Balachov, et en collaboration avec nombre de personnes dévouées à l’Église, j’ai commencé mon cheminement au sein d’organisations ecclésiales. Dès ce moment le maître principal de ma vie, ce fut vous, votre Sainteté. Durant ces années, vous m’avez conféré la félicité de devenir prêtre, en imposant les mains sur moi lors des ordinations diaconale et sacerdotale.

Ces dix dernières années vous m’avez donné la bénédiction de travailler au sein de la chancellerie du Patriarcat de Moscou, sous la direction du métropolite Barsanuphe de Saint Pétersbourg et de Ladoga. Je peux témoigner que j’ai eu en celui-ci non seulement un chef, mais aussi un père spirituel. Mais c’est bien vous, Votre Sainteté, qui au cours de ces 13 dernières années avez été pour moi l’exemple du dévouement au Christ et à Son Église. C’est sous votre direction sage, sévère et attentive que je m’approche de mon ordination épiscopale. Je vous remercie pour votre confiance, je remercie Dieu sans cesse de vous avoir rencontré, et je Le prie de m’accorder encore pendant de nombreuses années de travailler à vos côtés et de vous seconder.

En contemplant le chemin de ma vie et toute l’expérience si variée reçue au sein de l’Église, je prie Dieu de m’accorder la sagesse, de toujours me souvenir que le plus important dans ma vie, quelles que soient les obédiences qui me sont confiées dans l’Église, c’est d’apporter au Seigneur l’offrande du Pain et du Vin, c’est la prédication du Christ crucifié et ressuscité, c’est l’annonce du Royaume de Dieu venu avec puissance (Mc 9:1).

Je vous demande de prier pour moi, Saint Père, et vous aussi, vénérables évêques, afin que je garde toujours cela en mémoire, qu’ainsi je comprenne toujours avec humilité ma faiblesse devant la Providence divine manifestée à mon égard et à l’égard de tous les hommes.

Traduction pour PO : Слово архимандрита Саввы (Тутунова) при наречении во епископа Зеленоградского + PHOTOS
Allocution prononcée par l’archimandrite Savva (Toutounov) lors de son sacre épiscopal

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mars 2019 à 08:22 | 34 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par père Joachim le 07/03/2019 19:49
Les temps anciens où le recrutement de notre hiérarchie, était ouvert aux prêtres mariés, s'éloigne, tout autant que le temps béni où des moines expérimentés recevaient l'épiscopat, souvent de force.

Il semble que, comme chez nos frères catholiques la direction de l’église est confiée à une caste civile qui s’auto-recrute, se quo-opte, au détriment de la sacralité biblique de la théologie « du sacerdoce royal des fidèles ».
« Autres temps autres mœurs » me direz vous ?.

A présent, en échange, beaucoup, de nos spécialistes du « pouvoir clérical » semblent bidon !, et ne sont bons, qu'à être facteurs de divisions, de politique stérile de très bas niveau et d’absence totale de discernement spirituel.

On aura, au fil des décennies, avec le Très Humble François, la possibilité de réapprendre du Vatican, le sens de l'Unité, de la Catholicité, de la Synodalité, de la Primauté, même s’il préserve encore trop (comme nous d’ailleurs) au détriment de son renouveau, sa vocation de papo-césarisme, et de théâtralité.
Quand à son sens inné d’une diplomatie rigoureuse (là encore nous pourrions apprendre pour nous éviter des pièges grossiers auxquels nous nous livrons par FATUITE et imbécile innocence - d' autant que rien ni personne, (comme auto-machin) ne nous menace d’un Conseil de discipline pan orthodoxe - contrairement à ce qui s’est passé pour l’évêque allemand, dégommé manu militari par le Pape).

Pour ce qui est des assauts meurtriers dont ROME est l'objet ; à son corps défendant, les boulets rouges qui lui sont portés, sont bien portés, avec la même passion destructrice que chez nous, mais ils n’ont pas l’indécence d’être échangés dans l'intérieur même de ses propres limites.

A propos de boulets rouges, quand demain par absence d’ORTHOPRAXIE, la Grâce Divine aura déserté nos assemblées doctrinalement très orthodoxes ( ? heu ) et que nous n’aurons à offrir au monde que l’image piteuse et EXPLOSÉE d’un tas bigarré de tessons d’une mosaïque splendide constituée par inspiration divine et patiemment assemblée pendant 15 siècles par des générations inspirés de Croyants ? Aurons nous l'imbécilité adamique de dire à nouveau, que c’est la faute « à l’autre » et à « y’ avé qu’à » ?

Le Gd. Carême est propice pour s’interroger sur notre mission responsable de ferment d’unité et d’Agapé au sein du fameux « sacerdoce » dont on aime parler en orthopraxie, plus il me semble qu' en "orthodoxisme" ?

2.Posté par Silvain le 08/03/2019 11:47
Franchement, père Joachim, je ne comprends rien à ce que vous écrivez.

3.Posté par Didier Veillat le 09/03/2019 08:44
@Silvain
Le Père Joachim explique simplement que:
1° Il existe "un sacerdoce royal des fidèles" qui légitime normalement le "pouvoir clérical" et que ce rapport s'est inversé au profit du second sur le premier. C'est un constat au point que ce pouvoir peut même être détenu par des laïcs de pouvoir se constituant en castes.
2° Que la guerre qui est faite à Rome n'est rien à côté de celle qui se joue à l'intérieur de l'Orthodoxie, un peu comme une maladie auto-immune, en somme. Que cette guerre intestine est due à ces castes illégitimes.
3° En parlant des "générations des croyants", il rappelle en sous-main le principe d'acceptation générale.

@Père Joachim: je me suis permis de "traduire" vos propos pour M. Silvain. J'espère n'avoir pas trahi ceux-ci et si tel était le cas, je vous prierai de bien vouloir m'en excuser.

Bonne journée

Didier Veillat

4.Posté par père Joachim le 09/03/2019 23:52
Merci, pour la concision et la clarté de vos remarques.
Vous confirmez bien la présentation que faisait le Professeur J.Bernardi à Paul Valéry, quand il présentait à ses doctorants en lettres classiques, la méthode de formation et d'élection du "sacerdoce chez les cappadociens"

Il me semble très important de garder ces principes, et de les expliciter aussi clairement et sans passion comme vous le faites, au moins comme bouée de secours, pour offrir des débouchés à des christianismes plus ou moins en quête d'un nouveau souffle.
Et de donner un nouvel espoir aux nombreux fidèles qui nous quittent, en ce moment, pour des chemins de traverses et déshérences ...

Dans 5 mn. c'est le "dimanche du Pardon"; le temps des "métanies" et le si heureux cheminement avec st.André et st.Ephrem vers l'issue Pascale.
Quelle impatience de voir à nouveau le troupeau rasséréné et rassemblé autour de l'Unique Bon Pasteur !

5.Posté par Silvain le 10/03/2019 17:55
@père Joachim, posts 1 et 4 : Il faut effectivement un interprète pour vous traduire. Mais j'ai bien peur qu'il ne soit pas exhaustif.
Je ne suis pas sûr que le "très humble François" ait des leçons à donner à l'orthodoxie en matière de synodalité, lui qui l'a clairement instrumentalisée l’imposer en tant que "nouveau modèle de l’Église" (c'est-à-dire en révolution permanente) et légitimation de l'hétérodoxie, selon le vaticaniste Edward Pentin (voir le lien ci-dessous).
Quant à son élection, pour cappadocienne qu'elle soit, elle a été fabriquée hors conclave par un groupe ultra-libéral, appelé de l'aveu même du cardinal Daneels "la mafia de St-Gall", qui est partie de l'intérieur de l'appareil romain. (2e lien ci-dessous).
Je ne comprends toujours pas vos termes de "fatuité et imbécile innocence", pour "ceux qui tombent dans des pièges grossiers" que vous ne décrivez pas (on devrait finalement savoir par avance à qui vous pensez pour comprendre ce que vous écrivez), accusations imprécises qui visent un peu tout le monde et personne en particulier. Je trouve que vous seriez bien avisé d'étayer un peu vos propos afin de rester crédible.
Finalement, puisque vous vous proclamez "père" (orthodoxe?), comment pouvez-vous espérer proclamer la vérité avec des paroles aussi sibyllines et jetant le discrédit ?

http://www.ncregister.com/blog/edward-pentin/have-synods-become-vehicles-for-legitimizing-heterodoxy
https://lesobservateurs.ch/2015/09/26/le-cardinal-danneels-et-la-mafia-de-sankt-gallen-revendique-son-role-dans-lelection-du-pape-francois/

6.Posté par Didier Veillat le 11/03/2019 11:03
@ M. Silvain et @Père Joachim

Souhaitons-nous en premier lieu bienvenue mutuelle dans le temps du Carême pré-Pascal !

Nous sommes ici un peu trop hors sujet quant à l'allocution de Mgr Savva Toutounov si ce n'est "d'aller enseigner toutes les nations". Malgré tout, j'apporte mon écot à la discussion qui devrait se poursuivre sur le fil de l’œcuménisme.

Concernant mon post précédent, je me suis contenté de « traduire » les propos du Père Joachim sans y ajouter d’avis ni de commentaire personnel.
Il est vrai que l’expression « fatuité et imbécile innocence » est un peu vague et trop synthétique. Elle dit que l’orgueil d’appartenir à l’Orthodoxie (la fatuité) aveuglerait certains par sincérité (imbécile innocence). Ce qui arrive parfois…
Quant à la question romaine…
Le Pape François, comme ses prédécesseurs est un Pape social. Le combat des papes contre la pauvreté est un combat officiel, un combat de vitrine qui, selon moi, détourne de son objet originel le rôle de l’Eglise. Cela ne signifie pas que l’Eglise ne doive pas appeler à la lutte contre la pauvreté, mais qu’Elle doit toujours le faire au nom du Christ. Or cela ne se manifeste absolument pas comme cela sur le terrain.
Me rendant de temps en temps à des offices catholiques romains, je suis systématiquement déçu ; la première chose qui me choque est l’absence de doxologie trinitaire : pas de prière à très Sainte Trinité ou très rarement. On a l’impression qu’elle est évitée… la seconde chose qui choque est la communion « à la main » sous une seule espèce. Le tout est plongé dans une sorte d’évocation liturgique simplifiée. D’un certain point de vue, on ressort d’une liturgie sans Liturgie.
J’étais ce samedi avec des chrétiens catholiques romains dans le but d’expliquer l’importance de la Sainte Trinité. La majorité de ces gens, au demeurant sincères et réguliers pratiquants, n’avaient pas idée de la centralité de la Sainte Trinité. Mieux, il m’a même été reproché, gentiment, de vouloir faire entrer un savoir livresque dans leur tête. Une dame a même exprimé une sorte de refus… Et le mois prochain, je reprendrai…
Cet exemple montre à quel point nous sommes loin d’une union avec Rome. Très loin ! Il montre aussi qu’il ne faut pas se laisser gagner par le découragement, même si la tâche tend vers une forme d’infini es quantité… Allez ! Courage !
Outre les questions théologiques primordiales à résoudre, Rome doit avant tout rectifier son corpus liturgique et y ramener les essentiels. Pour le moment, elle se tient dans une forme de syncrétisme impropre à une vie ecclésiale aboutie. Et même si dans ses hautes sphères, elle est plus précise, plus on descend vers les paroisses, plus la pauvreté liturgique est malheureuse et patente. Ce pourquoi d’ailleurs elle est délaissée par nombre de ses paroissiens malgré la piété certaine que l’on peut y trouver. C’est cette piété « populaire » qui m’enjoint à ne pas délaisser nos frères catholiques romains… qui me le rendent bien par leur gentillesse et d’autres bienfaits.
Didier Veillat

7.Posté par Archiprêtre (av) Aleksandr le 11/03/2019 15:47
С постом нас и всех и да Господ простит нам всем!

Je ne crois pas que la consécration épiscopale de Mgr Savva (Toutounoff) soit liée en aucune manière au Pape de Rome. Ni que son ordination ne soit en lien avec le célibat par les Eglises d'Orient pour ceux qui peuvent être appelés à l'épiscopat. On en viendra à oubleir que la Communion Anglicane (et episcopale) ordonne des évêques mariés "all over the map" au point que les "époux-épouses" des hiérarques anglican de même sexe ne seront pas conviés au prochain Synode de Lambeth...

La consécration de Mgr Savva était visiblement attendue localement. Nommé au siège de Zelenogorod, on pourrait presque dire qu'il va prendre "le vert" (зелено = vert). Mais enfin! Franchement, son itinéraire permet de réfléchir sur les cent ans de présence russe orthodoxe en Europe, quelle soit occidentale ou centrale, septemtrionale ou méridionale. Il le dit clairemetn dans son adresse aux hiérarques du patriarcat de Moscou. Il rappelle son enfance, la fidélité familiale à une terre, une langue (le russe mais aussi le slavon dans un contexte plutôt francophone). Il souligne - et le fait a du relief en ce moment, combien il devait à la personne de l'Archevêque Serge (Konovaloff) d'Evkarpia qui fut son premier douchovnik et le fit moine. Le moine Savva décida de rejoindre la Mère-Patrie comme d'autres le firent - parfois avec des aller-retours - mais qui soulignent un attachement viscéral à ce qu'exprime la ou les traditions nées dans l'immensité russe et slave. Il aurait pu rester en Europe. Il a fait un choix qu'il décrit comme le fruit d'un appel à la liberté et ceci aussi a du sens dans la période actuelle.

A bien y comprendre, celà fait vingt ans qu'il exerce un ministère pastoral dans sa paroisse mais aussi dans les instances de l'Eglise de Moscou. Il est raisonnable de s'interroger parfois sur les liens qui peuvent exister entre les premières émigrations du temps de la Révolution bolchévique, les plus récentes et la pensée, la culture, l'existentialisme, la foi chrétienne vécue au sein de sociétés russes et slaves. Retourner ? Garder un lien diasporique ? Beaucoup de peuples se trouvent dans cette situation. Le lien de service ecclésial doit aussi prendre e ncompte la réalité de l'Eglise locale et les mouvements géogrpahiques se s'improvisent pas, même s'ils sont légions dans certaines juridictions (les Ukrainiens par exemple qui sont revenus en nombre depuis les Amériques à la chute du communisme). Mgr Savva a connu la réalité soviétique e ntant que membre du celrgé et ceci doit être compris comme un élément de compréhnesion pour l'évolution de ce qui se passe à l'Est.
Il me semble utile de lui dire Axios, Αξιος! et Многая Благая Лета!
Il aura bien le temps de rencontrer François!!!

8.Posté par Daniel le 13/03/2019 09:54
@ Didier Veillat (6)

Vous dites : "La majorité de ces gens, au demeurant sincères et réguliers pratiquants, n’avaient pas idée de la centralité de la Sainte Trinité."

Je ne suis pas sûr que la situation soit plus reluisante chez les orthodoxe pratiquants réguliers, surtout s'ils prient dans des langues dont ils comprennent mal ou pas le sens.

Soumettez donc cette assertion à des orthodoxes et demandez-leur si elle est vraie ou fausse: "Il y eut un temps où le Fils (ou le Verbe) n'existait pas et ensuite il est venu à l'existence en étant engendré par le Père".

Attendez-vous à des réponses ariennes.

Je l'avais fait et je me suis demandé comment des pratiquants qui assistent à des matines et vêpres où on ressasse la co-éternité du Verbe pouvaient répondre que cette assertion était vraie. Cela dit, ils priaient en slavon et géorgien ancien, donc je ne sais pas vraiment ce qu'ils comprenaient au texte, mais on voit comment la non connaissance de la langue peut facilement mener à l'hérésie.

9.Posté par Jean Oberlin le 13/03/2019 14:35
Post 8, @Daniel.

Les offices en langues anciennes ne sont pas les premiers responsables de la non confession droite de la Foi orthodoxe par une partie inquiétante des fidèles pour la simple et bonne raison que :
1° c'est au clergé de définir une catéchèse et de la mettre en pratique afin de stimuler les connaissances dogmatiques et théologiques des âmes dont ils ont la responsabilité spirituelle. Hélas qu'espérer d'un clergé français dont certains de ses membres trouvent des motifs suffisamment valables pour ne pas célébrer la Liturgie chaque dimanche (et même, rendez-vous compte, s'estimant assez serein devant le redoutable Tribunal du Christ, pour ne pas offrir à leurs paroissiens une liturgie CHAQUE DIMANCHE DE LA GRANDE QUARANTAINE... Où je suis par exemple, le Dimanche du TRIOMPHE de L'ORTHODOXIE il N'y aura PAS de Liturgie, le prêtre étant "occupé", quelle pudeur !) ;
2° un fidèle francophone fréquentant pour diverses raisons une paroisse où la langue des offices est le grec, slavon, roumain, géorgien ou que sais-je encore, n'est pas contraint de ne trouver que des livres de prières ou de dogmatique patristique et catéchétiques en langues étrangères pour la simple et bonne raison que nous disposons de pratiquement tous ces textes, parmi les plus cruciaux d'entre eux, en traduction française ;
3° Un fidèle qui travaille toute la semaine, est éloigné de la vie réflexive et n'a pas de formation théologique, n'est pas concentré et apte à comprendre les offices comme le font des moines ou des gens versés dans les connaissances théologiques dogmatiques, aussi l'argument d'une meilleure compréhension parce qu'en français n'est pas un fait obligé. J'arrive aux mêmes analyses que vous et pourtant je fréquente des paroisses francophones ;
4° Les prêtres originaires de pays traditionnellement orthodoxes, ne sont pas obligatoirement non-francophones et les fidèles peuvent ainsi s'enquérir d'enseignements ou de conseils de lecture pour étoffer leur connaissances ;
5° Le net regorge de ressources en langue française pour peaufiner sa connaissance dogmatique ;
6° Un office orthodoxe en langue française (exception faite des dépendances athonites sur le sol français) est soit d'une laideur incroyable du fait des chœurs, soit d'une niaiserie insupportable du fait des traductions reprenant le vocabulaire papiste (ex. parmi d'autres : "oblation" pour "anaphore", "sacrement" pour "mystère, etc...). Ces offices ne touchent que des gens pré-retraités ou des femmes, c'est un fait, une observation, pas mon opinion. De plus ils ne permettent pas forcément la concentration véritable : celle du cœur et du "νούς". C'est l'âme qui doit être touchée en premier lieu. Elle est touchée par la pratique de l'hésychasme et la mise en demeure sous le toit de l'âme des énergies divine à travers les Mystères ("chaque Kyrie eleison, disait st Justin Popovitch, est un mystère"), non par une traduction en français.
La preuve de mes dires se trouve dans la simple constatation de la praxis monastique (athonite/stoudite/palestinienne) : les moines présents dans le Naos au moment de l'office, ne l'entendent pas tous de leur oreille, leur intellect ne saisi pas forcément ce qui est lu (notamment les petits offices, lu dans le Narthex -Pronaos- à voix basse quasiment inaudible selon que l'on se trouve éloigné du lecteur). Pourtant ils sont bien plus illuminés que l'ensemble des fidèles qui pourrait entendre correctement dans leur langue et grâce à une dictions très lente les offices. Et ne me dites pas que cela est le cas parce qu'ils sont moines. N'importe lequel des laïcs qui se réfugie quelques jours dans un désert monastique et participe aux offices de ce type (ou même, en ce qui nous concerne nous orthodoxe issus de la glèbe gauloise, un office dans une paroisse d'un pays où s'est maintenue la Tradition orthodoxe), même dans une langue tout à fait étrangère, sera bien plus impacté spirituellement à ce moment là que durant le reste de sa vie paroissiale où, pourtant, les offices sont en français, la diction semblable au rythme des lectures des maisons de retraite, aux chœurs laborieux. Encore une fois, ce n'est pas mon avis, c'est le témoignage entendu de tous les français devenus orthodoxes et qui ne croient pas et ne milite pas pour une prétendue et pseudo-messianique église locale en Europe occidentale ou en une nécessité de "conversion" des offices orthodoxes à la mentalité française (car derrière la langue se cache trop souvent une volonté d'accoupler "esprit français" -et pas celui de l'ancien régime !- et orthodoxie.

Et tout cela encore une fois, en reconnaissant certaines vertus à l'utilisation de la langue française durant les offices orthodoxes et une légitimité à son utilisation dans les paroisses lorsque celles-ci sont composées majoritairement de français d'origine, ce qui permet également de ne pas rajouter une difficulté supplémentaire à la conversion à la Foi orthodoxe (dans beaucoup trop de paroisses hélas, les français souhaitant devenir chrétien i.e. orthodoxe se retrouve dans une quasi-obligation d'apprendre en plus une langue qui lui est totalement étrangère. Cela concerne surtout les églises dans les pays slaves n'évangélisant jamais sans laisser de côté leur nation politique). Mais ce n'est pas la première solution au problème que vous soulevez.

10.Posté par Tchetnik le 13/03/2019 18:56
Jean Oberlin,
En tant qu'outil essentiel de l'intelligence, la langue reste hélas une des clefs les plus fondamentales de l'accès des croyants à la connaissance de leur propre théologie. De la même manière que si le pneu n'est pas le principal composant de la voiture, il reste son premier contact avec la route.

11.Posté par justine le 13/03/2019 20:28
Au post 8: Le problème est que les gens ne LISENT pas les textes liturgiques. Ils les entendent seulement et cela n'est pas suffisant pour les saisir, d'abord parce que la lecture en général est trop basse, pas assez clairement articulée, trop rapide etc., et que le chant de meme ne transmet pas clairement le texte, voire le rend complètement inintelligible. Celui qui lit lui-meme la Paraclitique (autrement dit le Livre des Huit Tons), aura des notions très claires sur la Sainte Trinité, la Divinité du Christ et les autres vérités de la Foi Orthodoxe.

12.Posté par Silvain le 14/03/2019 01:51
@Jean Oberlin post 9. Pourriez-vous donner quelques précisions sur votre assertion: "s'estimant assez serein devant le redoutable Tribunal du Christ, pour ne pas offrir à leurs paroissiens une liturgie CHAQUE DIMANCHE DE LA GRANDE QUARANTAINE... Où je suis par exemple, le Dimanche du TRIOMPHE de L'ORTHODOXIE il N'y aura PAS de Liturgie, le prêtre étant "occupé".
Par exemple :
1) votre paroisse dispose-t-elle d'un chœur un tant soit peu fourni et qui s'assume ou alors le prêtre doit-il non seulement préparer les chants mais de plus chanter en même temps qu'il célèbre parce que le chœur n'est composé que d'une seule personne, ou de personnes insuffisamment formées ?
2) une ou plusieurs personnes confectionnent-elles les prosphores ou est-ce le prêtre qui doit s'en charger ?
3) les paroissiens sont-ils assez nombreux et fidèles pour remplir raisonnablement l'église chaque dimanche ou bien la paroisse est-elle constituée de trois ou quatre groupes de "fidèles" qui viennent une fois sur trois, et encore, jamais aux vêpres?
4) les acolytes et autres lecteurs sont-ils en suffisance ou leurs tâches doivent-elles être assumées par le prêtre? (je ne parle pas de diacre, car c'est un luxe inconcevable, il n'y qu'à voir la proportion de diacres dans le diocèse pour comprendre la réalité des choses)
5) le prêtre est-il rétribué par la paroisse ou doit-il assumer sa subsistance ?
6) le prêtre vit-il seul ou doit il assumer une charge de famille en travaillant à l'extérieur ?
7) le prêtre n'a-t-il pas d'autres obligations ou doit-il encore s'occuper de personnes nécessiteuses au sein de son propre entourage (malades, personnes âgées)?
8) l'église, le chauffage, les charges sont-ils couverts par les dons ou bien le prêtre doit-il en assumer la majeure partie ?
9) l'entretien de l'église et du matériel est-il assumé par les fidèles ou par le prêtre ? (qui passe l'aspirateur, nettoie les chandeliers, passe la poussière, lave les serviettes, fait la vaisselle, lave les sols, range l'église, entretient les extérieurs, dégage la neige, paie les assurances ?)
10) le prêtre a-t-il un don de veille particulier ou est-il obligé comme "tout le monde" d'avoir un minimum de 5-6 heures de sommeil?
11) le prêtre dispose-t-il de soutien administratif ou est-il plus ou moins responsable de tout ?
12) le prêtre habite-t-il sur place ou doit-il se déplacer pour assurer les services ?
13) s'il doit se déplacer pour célébrer ou pour aller visiter son évêque, son confesseur, un malade ou un prisonnier, est-il défrayé ou doit-il s'autofinancer ?
14) les agapes, les fêtes, les pèlerinages sont-ils organisés par des fidèles ou par le prêtre ?
15) les fidèles tiennent-ils leurs enfants sages et sont-ils sages eux-mêmes ou faut-il que le prêtre fasse encore la police ?
etc. etc. etc.
Questions pragmatiques et empiriques, juste pour cerner un peu cette problématique, et parce que l'Église c'est AUSSI s'engager et servir, et pas seulement se pointer à la dernière minute (de préférence après les heures et les confessions) et tourner les talons sitôt prononcé le dernier "amen", ou pire, avant la communion.

13.Posté par Daniel le 14/03/2019 06:48
@ Jean Oberlin (9)

L'incident que j'évoque n'a pas eu lieu dans une paroisse francophone mais dans des paroisses fonctionnant en langue ancienne avec des personnes de langue maternelle non française. Donc votre longue tirade tombe un peu à côté de la plaque.

Pour y répondre:

- les textes catéchétiques sont surtout les matines et le vêpres et non la liturgie. Celle-ci ne donne que peu de connaissances

- l'âme touchée ne veut pas dire que la personne va intégrer les connaissances catéchétiques de base

14.Posté par Didier Veillat le 14/03/2019 07:44
Depuis tout petit, j'ai toujours été "pris" dans la permanence de la Sainte Trinité, que ce soit en paroisse ou à la maison. Ce n'était pas intellectuel, bien sûr, mais la Trinité était là, au creux de tout. J'ai vite compris que Père, Fils et Saint Esprit est de toute éternité. Il y a de la part de certains fidèles une forme de laisser-aller; on se laisse porter et on ne participe pas. D'où les lacunes... Chez les catholiques romains, bien pire: dans la plupart des offices, Elle n'est même pas évoquée...
Un gros travail d'enseignement de base à faire!
@ Daniel

Je suis bien conscient de ce que vous écrivez. C'est un vrai problème, cette confusion entre histoire du monde déchu et Trinité dépassant toutes les catégories.
Les conséquences de cette lacune sont incalculables parce que l'essentiel "passe à l'as". Il faut très souvent citer l'Evangile: "Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis." (Jean 8; 58). Et demander aux gens ce qu'ils en comprennent. S'il ne comprennent pas, leur demander de se poser la question de la signification de cette Parole Sainte. Et revenir sans cesse au Symbole de la foi... tout cela avec une patience continue...


@Jean Oberlin
Il ne doit pas être nécessaire d'être linguiste pour suivre un office, ni de ne pas travailler. Les fondamentaux sont accessibles à qui le veut. Le problème est surtout que trop de gens organisent leur vie privée comme leur vie professionnelle: activités, sport, etc. en tout premier lieu. Ensuite et s'il en ont le temps ou le goût, ils s'intéressent "vite fait" au corpus liturgique. Il y a inversion des priorités dans la vie privée, d'où les lacunes. Souvent, des lacunes vertigineuses; il y a urgence de catéchèse et de lecture personnelle.
Après quoi, on ne peut disposer de chœurs de qualité partout, etc. Mais rien n'empêche de se perfectionner. Il faut commencer par là: faire un effort! On en est toujours récompensé.

Bonne journée.
Didier Veillat

15.Posté par Silvain le 14/03/2019 09:47
Je m'amuse qu'on puisse encore avoir un n-ième débat sur la question de la langue liturgique. Que de temps perdu!
En Occident, l'Église est en situation d'urgence spirituelle.
La question n'est pas la langue, mais de se donner le minimum de moyens d'amener les éléments essentiels au Salut. La Vraie foi, une bonne compréhension des dogmes dans la mesure du possible, et bien entendu le Saint Mystère de l'Eucharistie. Pour la beauté des offices, ils sont beaux en eux-mêmes, la question de l'esthétique n'est pas forcément corrélée, même si elle est importante. Ce qui doit être beau, c'est le mouvement de l'âme. On peut avoir des liturgies parfaites, où il ne manque ni une virgule, ni un comma, mais où tout est glacial. Tous les cas de figure sont possibles. Pour moi ce qui est beau c'est l'unité spirituelle : qu'il est bon qu'il est doux, d'habiter la maison du Seigneur en un seul esprit fraternel! Et l'esprit fraternel passe par la sollicitude de tous.

16.Posté par Didier Veillat le 14/03/2019 10:37
@Silvain - post 15
Je souscris à tout ce que vous écrivez! D'expérience.
Bien à vous.
Didier Veillat

17.Posté par Vladimir G: l’Orient a besoin de ne pas définir... le 14/03/2019 15:47
"l'âme touchée ne veut pas dire que la personne va intégrer les connaissances catéchétiques de bas"

Voici une affirmation clairement "latine": "je pense donc je suis..." « Autant les Latins en général, Rome surtout... ont besoin de définir, autant l’Orient a besoin de ne pas définir.» (Yves Congar, Neuf cents ans après. Notes sur le « Schisme oriental », Chevetogne, 1954)

18.Posté par Jean Oberlin le 14/03/2019 16:44
Post 13. Cher Daniel, vous savez, il vous suffit d'un peu de bonne foi et de remplacer les mots équivalents à "paroissiens français" par "paroissiens de nationalité N" dans mon message pour constater qu'il correspond parfaitement à l'incident que vous évoquez en y apportant même des précisions.

Vous avez raisons pour les Matines et les Vêpres ainsi que pour votre dernière assertion. Encore une fois, je crois que mon message est assez clair et précis pour ne pas avoir à rajouter davantage à la suite de votre message.

Juste un mot sur les chœurs en réponse notamment au post 14 de Mr. Veillat. Par expérience, les mélodies usitées dans les chorales paroissiales russophones ou russes de tradition liturgique nécessite une connaissance des gammes et des arpèges, du solfège et des règles fondamentales du chant. Sans toutes ces connaissances, le rendu est affreux et laid. Or donc, selon mon expérience, le znammenye même très succinctement utilisé, ne nécessite que peu de personnes dans les chœurs et facilite la concentration en décuplant la beauté de l'expérience spirituelle. Cette psalmodie se rapproche a fortiori de ce qui se fait ailleurs dans l'Orthodoxie et de ce que faisaient les saints Pères ayant évangélisé les Terres Rus'. La psalmodie byzantine elle, qui nécessite un lent et profond apprentissage pour qui veut se faire expert (mais dont la connaissance d'un seul ton peut déjà permettre un rendu harmonieux) est, au demeurant, bien plus accessible en ses bases et ses simples mélodies. Dans nombre de paroisses grecques, un seul chantre suffit à rendre l'office liturgique paré de ses plus belles harmonies.
Tout est si simple et beau pour qui s'attache stricto-sensu à la Tradition patristique authentique. Tout est si compliqué et laid au contraire pour qui s'attache à des traditions frelatées par des influences hétérodoxes.

19.Posté par Silvain le 14/03/2019 22:54
@Jean Oberlin post 18.
Vous dites : "Tout est si simple et beau pour qui s'attache stricto-sensu à la Tradition patristique authentique. Tout est si compliqué et laid au contraire pour qui s'attache à des traditions frelatées par des influences hétérodoxes."
Oui, oui, c'est certain, on ne peut qu'être d'accord sur le principe.
Mais dans la pratique, comme je le disais plus haut, qui va prendre en mains la transmission ?
QUI VA DONNER ?
Existe-t-il des professeurs de znammenye ici en Occident ?
Est-ce que le diocèse fournit ce genre de prestations ?
Trouve-t-on des tutoriels, des séminaires, ne serait-ce qu'un une simple méthode?
Existe-t-il des tentatives en français ? (parce que nous n'apprendrons JAMAIS le slavon)
Si le diocèse ne le fait pas, est-ce encore un rôle de plus pour le prêtre de paroisse ?
Tant de questions pour l'instant sans réponses, comme toutes les autres.
J'ai bien l'impression que tout cela n'est encore que l'apanage exclusif du monastère de Valaam, qui à mon avis ne fait que commencer le travail de recherche, tout en éditant déjà de magnifiques CDs, mais que les leçons pour les paroisses n'ont été données, ni en russe, ni -encore moins- en français.
Alors en attendant Godot, on travaille avec ce qu'on a, et pas avec ce qu'on a pas. C'est peut-être moche à l'oreille des puristes, mais on a rien d'autre. Ce serait pourtant providentiel que Godot vienne leur montrer un peu, s'il existe. Peut-être que vous pourriez?
Dites-moi si je me trompe (j'aimerais tant me tromper).
Bien à vous, bon et saint carême. En Christ.

20.Posté par Didier Veillat le 15/03/2019 13:33
@ Jean Oberlin -post 18

Je continue à rejoindre M. Silvain de a à z. Quand on a de petites paroisses en province reculée, toute la théorie du meilleur des mondes orthodoxes possibles s'écroule.
Il faut bien se dire que l'on fait ce que l'on peut avec les moyens du bord; c'est peut-être là, dans le creuset de notre insuffisance d'idéal, que se joue une certaine forme de beauté liturgique vraie. Ce qui semble une contradiction n'en est peut-être pas une. Et qui peut, dès lors, juger?
Et comme l'a très justement dit M. Silvain, nous n'apprendrons jamais le slavon. Pourquoi d'ailleurs l'apprendrions-nous? A moins qu'il n'existe deux sortes d'orthodoxes: ceux de première main et ceux, comme moi, de seconde main. La sélection se jouant sur la langue qui serait sacrée... Je ne connais que la langue française et je ne pense pas que le Sauveur mesurera ma foi à l'aune du slavon, du grec ou de je ne sais quelle langue sacralisée par des vertus seulement humaines. Je ne méprise pas ces langues pour autant, mais la sainteté, laquelle dépasse le sacré sans coup férir, ne se joue pas dans une langue ni sur un exploit liturgique. Fort heureusement!
Bonne journée.
Didier Veillat

21.Posté par Didier Veillat le 15/03/2019 17:22
@ M. Vladimir - post 17
Cher Monsieur,
Vous écrivez en quelques lignes ce que je pense en plus long! Merci!

@ M. Silvain et @ M. Jean Oberlin
Le znammenye est orthodoxe, mais l'Orthodoxie n'est pas znammenye. Il est donc suffisant mais pas nécessaire et encore moins indispensable. On ne saurait imaginer que le salut des fidèles dépende un seul instant d'un rite linguistique ou d'un mode de solfège, sauf à imaginer qu'il y aurait une dépendance de l'âme à une langue qui serait salvatrice... Évangéliquement, je ne vois pas trop... En Orthodoxie non plus... Théologiquement, je ne vois pas du tout.

M. Oberlin, pensez que dimanche nous irons à la Liturgie à 80 kms de chez nous, dans une toute petite paroisse dont le local est gracieusement mis à disposition afin que nous puissions exercer librement et en toute sérénité priante notre culte. Cela vaut bien des mérites et bien des efforts aussi larges que si nous allions dans une cathédrale. Où le Seigneur répond à notre humble invitation sans jamais en oublier un iota...

Bien fraternellement en Christ, notre seul et unique Sauveur.
Didier Veillat

22.Posté par Daniel le 15/03/2019 21:42
@ Vladimir (17)

Ce n'est absolument pas occidental, le symbole de Nicée est là depuis des siècles pour transmettre la foi orthodoxe de base. Si des orthodoxes sont si mal informés pour croire que le Fils n'est pas éternel, ils ne sont pas orthodoxes mais des Ariens hérétiques. L'ignorance théologique n'a jamais été un idéal orthodoxe.

23.Posté par Vladimir G: le beau chant participe incontestablement à la beauté des offices, le 16/03/2019 09:28
Bien cher Didier Veillat,

Merci pour votre 21. Je suis aussi d'accord avec vous sur le chant; le "znameny" a adapté le chant byzantin en Russie à partir du XIIe siècle; la notation "stolp" améliorant la notation neumatique byzantine en a permis les grand développement que nous connaissons (cf. https://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/znamenny/170718). Le chant liturgique atteint des sommets avec les compositeurs des XIX-XXe siècles qui, le plus souvent, demandent des choristes et un chef de chœur formés, mais surtout un grand travail ... Cela peut être obtenu dans de petites paroisses comme la nôtre, à Lyon, et participe incontestablement à la beauté des offices, pour qu'on en vienne à se demander, comme les envoyés de St Vladimir, "si l'on est sur la terre ou au ciel".

Bien cher Daniel (22)

Vous n'avez pas tort: c'est bien cela qu'on appelle une "querelle byzantine". La suite est connue: 1453

24.Posté par Daniel le 16/03/2019 11:42
Au sujet de l'importance de l'enseignement, il suffit de lire l'épître de Saint Paul aujourd'hui qui n'était pas un scolastique que je sache :

II Timothée 2:1-2

"Toi donc, mon enfant, affermis-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus, et ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, qui soient capables d'en INSTRUIRE aussi d'autres."

Ou le Christ au Apôtres "Allez ENSEIGNER toute les nations" [Mathieu 28-19,20]

25.Posté par Jean Oberlin le 16/03/2019 11:59
Sylvain post 19.
D'expérience encore, les rares fois où il m'a été donné de pratiquer le znamménye dans une paroisse, c'était à l'appuie de partitions transposées dans le système de notation occidentale, éditées notamment par la Laure de la Trinité Saint-Serge et disponible à très bas coups, rendant ainsi les mélodies du znamménye accessible à qui ne sait que le système de notations musicales occidentales.

Dans cette même Laure de la Trinité Saint-Serge, pour y avoir été, chaque matin, une liturgie dans la cathédrale de la Sainte-Trinité (où sont exposées les reliques de saint Serge) a lieu après la paraclèse consacrée au saint, en znamménye. Dans bien d'autres monastères (notamment un monastère près d'Ekatérinbourg dont le nom m'échappe) et paroisses de Russie le znamménye est pratiqué. Ce n'est donc pas l’apanage du monastère de Valaam, comme vous dites.

Et il ne faut pas être puriste, loin s'en faut, pour constater la laideur des offices dans de nombreuses paroisses, laideur due le plus souvent, non "aux moyens du bord", mais à un manque de volonté.

26.Posté par Didier Veillat le 16/03/2019 18:02
@ MM. Daniel, Vladimir G.
Il est aberrant de rencontrer des chrétiens orthodoxes n'ayant aucune idée de la co-éternité trinitaire, qui est par définition... éternelle. Et inquiétant de rencontrer certains orthodoxes qui refusent d'être au moins au minimum enseignés. L'enseignement est fondamental (je souligne et je mets en caractère gras, et plus encore!).

Concernant la question du chœur, je suis bien d'avis que leur qualité est primordiale. Mais nous sommes parfois soumis à l'économie et nous devons en ce cas nous féliciter du peu plutôt que de nous plaindre de l'absence du mieux. Ce qui nous permet de célébrer. Cela n'empêche pas les efforts indispensables vers le mieux, bien entendu.

Merci à vous, M. Daniel pour les rappels scripturaires néotestamentaires! Vous n'imaginez pas les difficultés à les faire entendre. Beaucoup de fidèles suivent sans lire. Cela fait des dizaines d'années que je suis la Liturgie toujours avec mon livret et bien que la connaissant; mais à chaque fois, la Liturgie m'enseigne. Chaque signe de Croix doit aussi nous enseigner. Nous devons être pénétrés de l'enseignement comme d'une nourriture pour la pensée, pour le cœur et pour l'esprit.

Chez les hétérodoxes... petit récit édifiant: j'étais jeudi soir à une réunion œcuménique avec des catholiques romains et des protestants de l'Eglise Réformée. Sujet abordé: justice et bio-éthique... pfou !!! (le rapport avec l’Évangile?!). Comme seul scientifique des participants, faisant flèche de tout bois et voyant que l'on attend mon intervention "salvatrice" scientifique, je prends cette question en charge afin de la détourner vite fait vers l'enseignement évangélique (de justice à jugement, etc...); et là, réticences... Ce qui ne m'empêche pas d'imposer ma manière et le contenu et d'aller au bout. L'avantage d'une voix forte, lente et insistante pour les points essentiels. Un voix de prof.
En fin de rencontre: le Notre Père. Deux prêtres catholiques romains sont présents et je m'attends nécessairement à une doxologie invoquant la Sainte Trinité. Rien. Hésitation de ma part... et j'ajoute la doxologie attendue... Mais attendue de moi seul. Où l'on dit alors que les orthodoxes sont "des gens qui se signent tout le temps et que c'est bizarre" (sic!). Il est vrai que j'ai fait le signe de la Croix deux fois, c'est à dire le minimum pour un "Notre Père" complet. (Sans compter que je prononce en fin de Prière "délivre-nous du malin")... Bref! C'est une véritable catastrophe!
Après quoi, bien que seul orthodoxe dans ces réunions œcuméniques, je prends beaucoup de place... Mais j'avais prévenu. Il n'est par ailleurs guère possible de me pousser dehors, auquel cas il n'y aurait pas de "représentant" de l'Orthodoxie. L'avantage de mes quelques petites connaissances en Théologie est colossal; on proteste un peu, mais on écoute ce que je dis... un pis aller. Heureusement, je suis aidé par mon épouse et par des amis orthodoxes grâce à leurs encouragements. Et j'invite régulièrement ceux des catholiques romains ou des protestants qui veulent en savoir un peu plus à des réunions parallèles (je devrais écrire perpendiculaires!.. et verticales.) plus sérieuses avec des chrétiens orthodoxes de mes amis.
J'étais professeur de sciences et je connais la puissance d'un bon enseignement. On ne peut pas s'en passer quel que soit le champ de la vie que l'on aborde. Alors, concernant LA FOI ET L'EGLISE !!! IL FAUT ENSEIGNER! Faire apprendre par cœur si besoin comme à de petits enfants. Toujours avec le plus de gentillesse et de générosité possible, sans froisser, encadrer chaque apprentissage par des prières devant l'icône du Sauveur... et dire à chacun d'aller à l'Eglise.

M. Vladimir G, j'habite à 80 km de Lyon... peut-être nous sommes-nous déjà croisés. Je n'y vais plus guère depuis que j'ai perdu ma mère qui y habitait et que j'ai été malade. Mais les choses allant s'améliorant... sait-on jamais.

Bonne soirée vespérale à tous!

Didier Veillat

27.Posté par père Joachim le 16/03/2019 22:13
Si un jour, et quand un Patriarche moscovite inspiré ? récupère la communauté des Vieux Croyants, en leur rendant leur communion injustement perdue, la terre russe et l'Una Sancta" retrouveront du même coup la grande tradition "VEHICULEE" du chant neumatique slavo-russe, sans rapport évident avec le très artificiel "znamenié" qui n'est pas non plus chanté dans les talonnements louables de VALAAM.

Pour la France, le chant liturgique de Saint Serge, prolongé par Nicolas Ossorguine, a marqué une pose parisienne face à l'option lyrique du chant religieux russe, instauré (comme dans beaucoup d'autres domaines) par le "grand siècle" pétersbourgeois.
Par son soucis de sobriété "la pose saintsergiotte" a suscité un certain renouveau de la liturgie en France;
Les orthodoxes hexagonaux, y ont puisé leur inspiration grâce au grand Maxime KOVALEVSKY, qui fut l’initiateur du chant liturgique en français, vite suivi par Saint Victor et la Crypte ( à l’époque des Losky, Zimine, Père P. Struve…)
Quand à nos frères catholiques, au sortir de leur chant en latin, ils ont découvert avec enthousiasme, en 1965 la pratique orthodoxe française, le jour de la liturgie de consécration de la chapelle Orthodoxe à Taizé. Là quatre chorales de jeunes gens ont chanté sans hésitations et selon leur usage liturgique courant, la Divine Liturgie et le Notre Père sur la mélodie de R.Korsakov. L’auditoire fait de religieux catholique, s'est arraché les partitions pour en faire l'usage que l'on connait. Dans ce même contexte musical est arrivé le Père A. GOUZE, précédé par les fraternités de Bethléem. Avec leur profil propre les Fraternités de Jérusalem prolongent les apports incontournables des mélodies slaves, à quatre voix.
L’histoire nous dira ce qu'il adviendra pour ces dernières après l'évolution rapide du chant monodique qui se répand comme une trainée de poudre chez les orthodoxes, de Cantauque, de Saint Antoine, de La Faurie et bien évidemment dans la remarquable et très en vogue Communauté des moniales de Solan.

Même si cette nouvelle démarche n'est pas facile à assumer, ce sont les paroisses qui nous dirons si l'étude des neumes byzantins et du chant modal antique peut être facteur de renouveau et d’approfondissement ?
Dans ce sens il semble significatif de constater le succès dès son arrivée en début 2019, de la traduction française de L’homme caché du cœur Aux éditions Apostolia.
Mais d'une manière plus large, ce souci d’approfondissement dans le culte semble répondre à une attente de toute l’orthodoxie du XXIs. et devient plus significatif quand on considère l'étude sérieuse du chant byzantin entreprise par le nouveau séminaire Russe de Paris, qui ne tardera pas à porter de riches fruits missionnaires dans l’Est de l’Europe comme c’est déjà le cas pour bon nombre de Pays d’Afrique.
Chacun apporte sa petite pierre au cours des dernières années, mais on doit se réjouir car peu à peu on constate que les nouvelles générations complètent le militantisme proclamatif par une préoccupation plus expérimentale de la foi évangélique trinitaire telle que la propose le deuxième dimanche du Grand Carême. (voir l’ouvrage aux éditions Apostolia)

28.Posté par Silvain le 16/03/2019 23:03
Un grand merci à M. Jean Oberlin pour vos éclaircissements concernant le Znamenny. La prochaine fois que j'irai à la Trinité Saint-Serge j'essaierai de trouver ces partitions. Et après, on verra ce qu'on pourra en faire, parce que j'aime bien ça, il y a vraiment quelque chose à creuser. Dans les chœurs des paroisses provinciales, les gens viennent souvent de si loin qu'on ne peut pas les réunir en dehors des offices pour travailler le chant. Après la liturgie il y a parfois des agapes, puis chacun rentre chez soi, 100 km n'est pas rare, demain j'en ferai plus de cent, rien que pour aller à la liturgie, car la liturgie n'est pas célébrée non plus dans ma paroisse, le prêtre étant certainement "occupé" (en fait il fera lui aussi plus de 200 km en tout demain, et tant pis pour leur foutu réchauffement climatique). Et lundi il faudra aller bosser, alors des répétitions après la liturgie, pour la semaine suivante, cela tient un peu de l'impossible, on est tellement contents de rentrer sains et saufs dimanche soir chez soi, après un retour dans les bouchons, rempli des grâces de la liturgie, qu'on s'écroule de fatigue et qu'on en pleurerait si on en avait la force. Je connais tant de gens qui essaient pourtant de faire l'impossible, et qui souvent portent à bout de bras ceux qui ne font que suivre, sans comprendre: les consommateurs, et à qui jamais personne ne dit merci. Donc, M. Oberlin, ne soyez plus indulgent, surtout avec des gens dont vous ne savez rien, vos jugements sont parfois bien abrupts. Une fois de plus, paraphrasant Kennedy je dirais, "ne vous demandez pas ce que l'Église peut faire pour vous, demandez-vous plutôt ce que vous pouvez faire pour l'Église", et partant, "pour votre prochain", car c'est ainsi que vous obtiendrez le salut.

Un grand merci à Daniel Veillat pour votre soutien, votre bienveillance, et votre lucidité pragmatique et pourtant spirituelle. Vous êtes une onde-corpuscule, un paradoxe vivant, qui a quelque chose de lumineux, et j'aime bien votre application théologique de l'orthogonalité là où l'on s'attend à un produit scalaire non nul. ;-) L’œcuménisme, c'est vraiment ça, une tentative de paralléléité parfaite à vue humaine, afin de s'assurer d'aucune convergence productive durant le délai du mandat. Heureusement, Dieu est infini, et ça agace un peu...

À tous un beau et saint dimanche du triomphe de l'Orthodoxie!

29.Posté par Didier Veillat le 17/03/2019 18:08
@ M. Silvain,
Il y a une quarantaine d'années, je découvrais "La Colonne et le Fondement de la Vérité" du Père Paul Florenski. Selon moi, un saint homme dans le cortège des martyres du monde soviétique. Le Père Paul était féru de sciences, de mathématiques, de linguistique, de théologie, etc. Par ailleurs, c'était un homme d'une haute spiritualité et un ami du Père Serge Boulgakov.
Si vous le pouviez, peut-être pourriez-vous trouver ce livre. Beaucoup de vos commentaires me font penser que vous pourriez trouver chez cet homme exceptionnel des éléments de réflexion et de spiritualité adéquats à saisir le fait que ce qui semble contradictoire ne l'est pas nécessairement alors que certaine raison ne tient pas debout toute seule... Grâce à Dieu! Les antinomies du dogme... Tout un programme! (Le livre était édité chez Desclée de Brouwer). Je suppose que la maison d'édition doit disposer de quelques tomes en réserve.
En espérant que votre périple automobile se sera bien déroulé, tout comme le notre d'ailleurs pour aller à la Liturgie ce dimanche.
Bien fraternellement en Christ notre Sauveur.
Didier Veillat

30.Posté par Vladimir G: Les Orthodoxes actuels croient, prient et laissent le reste aux "raisonneurs" le 17/03/2019 19:15
Bien cher Didier Veillat,

Les Orthodoxes actuels ne se posent pas la question de la co-éternité trinitaire (leçon de 1453?) Ils croient, prient et laissent le reste aux "raisonneurs": il y a un verbe russe pour cet exercice, "у́мствовать", et le substantif qui va avec , "умствованиe". Ces termes ont un sens péjoratif; le substantif est utilisé dans la traduction de 1 Cor. 3:20: "Le *Seigneur connait les raisonnements des sages, Il sait qu'ils sont vains."

Venez donc le 7 avril pour notre journée Portes ouvertes*. Elle sera précédée de la Liturgie de l'annonciation (10h30). Vous pourrez ainsi constater ce que peut réaliser un chœur d'amateurs bien dirigé!

* https://www.facebook.com/events/307960793249816/

31.Posté par Vladimir G: Les Orthodoxes actuels ne se posent pas la question de la co-éternité trinitaire le 17/03/2019 19:26
Bien cher Didier Veillat,

Les Orthodoxes actuels ne se posent pas la question de la co-éternité trinitaire (leçon de 1453?) Ils croient, prient et laissent le reste aux "raisonneurs": il y a un verbe russe pour cet exercice, "у́мствовать", et le substantif qui va avec , "умствованиe". Ces termes ont un sens péjoratif; le substantif est utilisé dans la traduction de 1 Cor. 3:20: "Le *Seigneur connait les raisonnements des sages, Il sait qu'ils sont vains."

Venez donc le 7 avril pour notre journée Portes ouvertes*. Elle sera précédée de la Liturgie de l'annonciation (10h30). Vous pourrez ainsi constater ce que peut réaliser un chœur d'amateurs bien dirigé!

* https://www.facebook.com/events/307960793249816/

32.Posté par Tchetnik le 18/03/2019 10:22
Il faudra expliquer - une fois de plus - comment croire en quelque chose qu'on ne comprend pas et comment prier ce qu'on ne peut concevoir.

A ce compte-là, autant considérer les Pères de l'Eglise comme des "raisonneurs".

Cette adoration de l'ignorance théologique, d'un sentimentalisme de roman de gare est assez étonnante et certainement contre-productive.

33.Posté par Daniel le 18/03/2019 11:31
Certains orthodoxes que j'ai rencontrés ne croyaient pas à la Trinité, car comme je l'ai dit, ils pensaient que le Verbe était non éternels et n'avait pas existé à un moment. Ils ne croyaient donc pas en la co-éternité trinitaire, et donc priaient une trinité qui n'existe pas et qui est arienne et non orthodoxe.

34.Posté par Jean Oberlin le 18/03/2019 11:45
Tout à fait d'accord avec vous Tchetnik, d'où l'intérêt d'encourager les œuvres d'éditions et de traductions de textes clefs de notre foi chrétienne. Il nous faudrait plus de Jacques Paul Migne ou de Bollandistes afin de diffuser davantage notre sainte Dogmatique. Prions également pour que le Pidalion, au moins les commentaires de saint Nicodème, soit traduit en Français. Pour ce qui est des livres liturgiques, ils sont tous traduits, notamment depuis la Belgique aux éditions Anargyres. Je reste tout de même partisan de laisser certaines parties spécifiques des offices liturgiques en langues originales grecques afin d'offrir aux fidèles de pays barbares une expérience semblable à ce que vécurent leurs aïeux aux premiers temps de notre Eglise, notamment dans notre terre bénie de Gaule et d'Armorique.
Saint Vladimir, doublement barbare : slave et varègue, non des moindres dans le paganisme et l'éloignement de toute vertu, s'est converti à la sainte Foi, Dieu aidant, grâce à la beauté des offices que pourtant ses émissaires ne durent que partiellement comprendre, avant, certes, de les traduire (comme partout ce fut le cas dans la chrétienté, cf. le Livre de Kells) sans pour autant en diminuer la beauté. Force est de constater que chez nous, la traduction pratiquée se fait au détriment de toute beauté originelle, l'important étant que les plus durs de la feuille puissent comprendre correctement chaque mots quitte à ne pas dire l'entièreté des offices ou préférer supprimer des éctènies, ceci-même afin de lire à voix haute (alors que le rubriciste note en gras : "le prêtre à voix basse", "mystique" en grec) des prières devant être gardées secrètes aux oreilles des fidèles...

35.Posté par Didier Veillat le 18/03/2019 12:57
@Vladimir

Cher M. Vladimir G.

J'ai suivi le lien facebook vers votre Paroisse. Il se trouve que j'ai été membre de cette Paroisse de 1996 (après le décès de mon père qui était dans l'Eglise Russe Hors Frontières où sévissait de façon outrancière une "succursale" de l'Institut des Langues Orientales de l'Université Lyon III... quand on me trouvait déjà raisonneur) jusqu'en 2007 et que, le slavon n'étant pas la langue liturgique à l'époque, il y a eu des "discussions contradictoires", pour utiliser un euphémisme, qui ont obligé une partie des paroissiens, dont moitié d'origine russe ainsi que le prêtre en charge, de partir. Quand le prêtre, russe, était pris à parti pendant la Liturgie au cours du congé à cause de la langue française...

Entre la paroisse de l'Eglise Russe Hors Frontières jusqu'en 1996, puis la Paroisse de l'Exarchat jusqu'en 2007, il a été commis bien des choses tristes et beaucoup, comme moi, en ont bien souffert.

Certes, nous dit-on, c'était en 2007... Mais 2007, c'est presque encore aujourd'hui.

C'est pourquoi, sans inimitié, mais sans innocence non plus, je ne suivrai plus aucun système phylétique qui substitue selon moi l'esthétique à la bonté et à la territorialité tant canonique que linguistique; ce que d'aucun appellent la beauté, laquelle se substituerait, semble-t -il, à la Liturgie en langue comprise par tous (et quand bien même les chants atteindraient-ils le sublime!). Et comme je n'irai pas non plus chez les résidus de l'ECOF, que je n'irai pas sous l'autorité de la Métropole grecque qui nous a menacés en 2013, je vais pour le moment dans une petite paroisse roumaine francophone... Et tant pis si le chœur est de qualité moyenne parce qu'il fait tout ce qu'il peut et n'a donc rien de non-orthodoxe. J'en profite pour préciser que l'obéissance à laquelle beaucoup m'enjoignent devrait être d'abord et selon eux de l'ordre extérieur, non de l'ordre intérieur [ce besoin primordial de l'esprit] , (obéissance au nom de laquelle mon diaconat a d'ailleurs été détruit... Au nom du Christ, il faut déjà oser... J'y ai expérimenté contre mon gré une certaine ressemblance avec mon passage dans les corps de combat opérationnels pour cause d'insoumission). Pour reprendre votre citation de l’Épître, je ne suis pas "sage"...

Pour résumer, la "ration" non rationnelle étant la langue, j'ai à l'époque effectivement usé de ma raison de français rationné ignorant le slavon (et le russe aussi). Et je continue toujours, mais contre mon gré puisque c'est au gré de la langue.
Il est nécessaire de ne pas rejeter la raison quand elle est raisonnable et parfois salvatrice. Certes, l'Apôtre dénigre la raison des sages avec justesse et "raison sur la raison", si je puis dire, dans son Épître, tout comme ce raisonneur assermenté par Port-Royal qui dans son amulette parle du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et non des philosophes, etc... Ce raisonneur redoutable et admirable!
Il est difficile de se voir entretenir de la raison mauvaise quand, comme petit français, on est régulièrement remis à sa place par une langue incomprise qui vous est imposée par des gens qui comprennent parfaitement le français... Où l'absence de raison peut aussi être "mortelle". Le problème de la langue ne tient pas un seul instant le chemin ici et maintenant, la beauté prenante mise à part. Mais il faut penser aux enfants, aux convertis qui se sentent marginalisés, aux gens de bonne volonté. Si un seul d'entre eux, pour la raison linguistique, échappe, la raison est mauvaise.

Je suis depuis très longtemps et d'expérience conscient de la difficulté régulièrement renouvelée de suivre, c'est à dire de participer, à des offices en français... Nous sommes des milliers d'ailleurs...
Ma vie dans l'Orthodoxie aujourd'hui est heureusement maintenue par trois grâces, après le Nouveau Testament bien sûr: les Pères de l'Eglise et le dogme, les grands théologiens de l'éveil au christianisme du XXème siècle (je parlais dans un post précédent du Père Florenski), ma fidélité à Monseigneur Gabriel de Comane de bienheureuse mémoire. La suite au mois de juin...
Ma vie chrétienne est sous-tendue par des éléments vitaux auxquels l'orthodoxie définitive et donc fixiste échappe et qui échappent à cette orthodoxie... Mais ce n'est pas le lieu.

J'ai été bien long malgré moi... Un défaut ou une forme de laisser aller. Je vous prie de me pardonner si cela vous a importuné d'une quelconque manière.

Bien à vous et en Christ.

Didier Veillat

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