Ce texte nous a été adressé par Cathortho en tant que commentaire. Nous avons préféré en faire un post

Les articles de Georges Nivat, russophile de grand talent, sont toujours du plus grand intérêt, et l'article que nous fait connaître aujourd'hui l'équipe de rédaction ne déroge certes pas à la règle. Comme à son habitude Mr Nivat lit dans cet événement tragique et étrange les conséquences historiques profondes dont il est porteur, conséquences des plus positives puisque, comme il le démontre, il " aura sans doute des conséquences heureuses sur les rapports entre les deux frères slaves russes et polonais bien au-delà de ce qui est déjà esquissé. " Et cela, comme l'induit le titre de son article, pour le plus grand profit de l'Europe tout entière, une Europe qui inclut la Sainte Russie, Europe de l'Atlantique à l'Oural souhaitée par le général De Gaulle, et que les forces atlantistes, aidées par leurs idiots utiles russophobes de notre pays, tentent et ne cesseront jamais, par tous les moyens, de tenter qu'elle ne se réalise pas.

Ainsi cet étrange accident qui a vu la Pologne perdre une grande partie de son élite se rendant à Katyn peut être lu par ceux qui sont sensibles aux signes (tout en veillant à ne pas se laisser tenter par une trop vive et trompeuse imagination) comme un événement d'ordre sacrificiel par lequel les deux plus grandes nations slaves, la Russie et la Pologne, vont peut-être (je dis peut-être car il ne faut pas sous-estimer les forces de division) mettre fin, où du moins commencer à sérieusement et définitivement mettre fin, à leur fratricide animosité.

Mr Nivat cite les noms d'un certain nombre d'intellectuels polonais russophiles, mais il manque dans sa liste, sans doute parce qu'il est peu connu du grand public, celui de Marjan Zdiechowski (1861-1938), russophobe et anti-orthodoxe dans sa jeunesse à cause de son appartenance à l'aristocratie polonaise, qui changea complètement d'opinion en prenant connaissance des œuvres de Vladimir Soloviev , Alexis Khomiakov et Ivan Kirievski, et se lia d'amitié avec les frères Troubetskoy, Alexandre Briantchaninov, Serge Boulgakov, Nicolas Berdiaev et Dimitri Méréjkovsky.

Le Catholique Marjan Zdiechowsky qui, dans un article consacré à Khomiakov, écrivit : " Nos divergences sur la question de la primauté du successeur de saint Pierre sont un détail insignifiant si nous les comparons à l'union mystique de nos Eglises qui s'accomplit par le sacrement de l'eucharistie. " (Cité dans la revue "Istina ", XXXVI, 1992, n° 2, avril-juin, p. 116). Sacrement de l'eucharistie à propos duquel, de même que pour les autres sacrements, Mgr Nicodème, métropolite de Léningrad et de Novgorod (1929-1978), Président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou déclara : " ...il convient de prendre en considération que l'Eglise orthodoxe et l'Eglise catholique romaine ont la même doctrine sur les saints sacrements et reconnaissent la validité des sacrements qu'elles célèbrent. " (Cité dans la revue "Messager de l'Eglise orthodoxe russe ", n° 11, septembre-octobre 2008, p. 20).

La fin du contentieux entre les deux grandes nations sœurs Russe et Polonaise, favorisé par cet accident " sacrificiel ", aura sans doute des conséquences heureuses sur les rapports entre les deux Eglises sœurs orthodoxe et catholique unies dans un même deuil quant on sait que parmi les victimes figuraient deux évêques, l'un catholique Mgr Tadeusz Ploski, l'autre orthodoxe Mgr Miron Chodakowski. Ce qui n'est pas sans rappeler la communauté de destin entre le prêtre catholique Jerzy Popieluzko et le prêtre orthodoxe Alexandre Men assassinés dans les mêmes circonstances par des agents de basses œuvres communistes ; la moniale catholique Edith Stein et la moniale orthodoxe m. Marie (Skobtsov) assasinées dans les mêmes circonstances dans les camps de la mort nazis.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 22 Avril 2010 à 10:55 | 1 commentaire | Permalien