Les deux archevêques orthodoxes d’Alep enlevés en 2013 sont morts
Les deux archevêques orthodoxes d’Alep, enlevés en Syrie en avril 2013 par un groupe djihadiste seraient morts. Mgr Boulos Yazigi, métropolite grec-orthodoxe et frère du patriarche grec-orthodoxe Jean X d’Antioche, et Mgr Youhanna Ibrahim, métropolite syriaque-orthodoxe, ont été assassinés en décembre 2016, rapporte l’agence d’information vaticane Fides.

Disparus le 22 avril 2013 sans laisser de traces dans la zone comprise entre Alep et la frontière turque, ils auraient été assassinés par le groupe djihadiste Nour al-Din al-Zenki, groupe salafiste financé et armé tant par l’Arabie Saoudite que par les Etats-Unis, selon Fides. L’agence fait référence à une enquête réalisée par une équipe conduite par Mansur Salib, chercheur syrien résidant aux Etats-Unis, et diffusée au travers de la plateforme numérique medium.com .

Piège tendu

Selon ce qu’indiquent les auteurs de l’enquête, le 22 avril 2013, les deux archevêques orthodoxes avaient quitté Alep à bord d’un pick-up Toyota conduit par le chauffeur Fatha’ Allah Kabboud dans le but d’aller traiter la libération de deux prêtres, le Père Michael Kayyal, de l’Eglise arménienne catholique et le grec orthodoxe Maher Mahfouz, enlevés précédemment par des groupes djihadistes qui contrôlaient alors les territoires se trouvant à l’est d’Alep.

Mgr Boulos Yazigi et Mgr Gregorios Yohanna Ibrahim seraient tombés dans un piège, les deux prêtres susmentionnés ayant été enlevés pour servir d’appât et rendre possible l’enlèvement des deux archevêques. La voiture dans laquelle se trouvaient ces derniers fut bloquée par le groupe des ravisseurs et leur chauffeur, Fatha’ Allah Kabboud, un catholique de rite latin, père de trois enfants, tué d’une balle dans la tête. L’enlèvement ne fut revendiqué par aucun groupe.

Services occidentaux et turcs

Au cours des mois et des années qui suivirent, ont circulé à plusieurs reprises des indiscrétions et des annonces d’une prochaine libération qui se sont toujours révélées infondées. L’enquête publiée sur medium.com fait état de l’implication dans l’enlèvement de personnages liés au MIT, le service de renseignement turc. Les auteurs affirment que l’enlèvement et la détention des deux prélats ont eu lieu dans des zones devenues à l’époque «un réceptacle de services secrets étrangers» où auraient pu difficilement opérer sans appuis des «terroristes ordinaires».

L’affaire de la disparition des deux métropolites a été rythmée par des fausses pistes et des diffusions de fausses informations comme celle datant de quelques jours après leur enlèvement qui les donnait pour libres et en route pour la cathédrale syro orthodoxe d’Alep. Une multitude de chrétiens de la ville s’étaient réunis inutilement pour les attendre.

Les dépouilles mortelles pas retrouvées

L’enquête officielle – reconnaît le dossier – n’est pas encore conclue dans la mesure où il n’a pas été possible de retrouver les dépouilles mortelles des deux ecclésiastiques. Les enquêteurs affirment que les deux métropolites auraient été tués et enterrés dans un lieu non précisé en décembre 2016, alors que les zones à l’est d’Alep étaient sur le point d’être reprises par l’armée syrienne.

Selon Fides, l’enquête publiée sur medium.com peut être utile pour éclairer des détails sur la dynamique de l’enlèvement et les premières phases de celui-ci mais elle ne semble pas apporter d’éléments de certitude utiles à faire la lumière de manière définitive sur le sort des deux archevêques disparus en 2013. (cath.ch/fides/be)
Cath-Info, 16.01.2020

"PO" - 20 Résultats pour votre recherche Deux évêques orthodoxes d’Alep

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 19 Janvier 2020 à 16:52 | 2 commentaires | Permalien

Sainte Théophanie de notre Seigneur
Icônes, Mosaïques, Fresques ICI

Evangile de la Liturgie ( Matthieu III, 12-17)

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

Celui-ci l’en détournait, en disant : " C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !


" Mais Jésus lui répondit : " Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. " Alors il le laisse faire. Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Et voici qu’une voix venue des cieux disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur."

Sainte Théophanie de notre Seigneur

Rédigé par l'équipe de rédaction le 19 Janvier 2020 à 06:42 | 0 commentaire | Permalien

Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )
Jean Liamine

Voici donc la petite histoire de l’icône de Saint Séraphin de Sarov à Paris. Cette histoire est doublement miraculeuse: elle comprend deux épisodes intimement liés bien que distants de 80 ans.


Premier épisode

1922 en Russie, dans la ville d’Orel, la révolution bolchevique bat son plein. Zénaïde, jeune fille d’une vingtaine d’années, partage depuis plus de 2 ans la vie quotidienne des sœurs au monastère de la Présentation. Elle habite chez la supérieure, l’higoumènia Alexia (veuve Timacheff-Behring, née Polouektoff). Celle-ci a veillé à son éducation depuis la mort prématurée de la propre mère de ZénaÏde; elle est devenue en fait sa mère adoptive; matouchka Alexia a pour neveu Ivan Liamine, le promis de la jeune fille. Il y a déjà plusieurs années, en 1916, les deux jeunes gens s’étaient fiancés; mais les événements tragiques de la révolution les séparent, et Ivan se retrouve à Paris où il invite instamment Zénaïde à venir le rejoindre, afin de s’y marier comme ils en avaient fait le serment.

La jeune fille, qui ne se sent pas faite pour la vie monastique, accepte :elle part d’abord pour la Sibérie, à Tomsk (six jours de voyage dans un wagon à bestiaux), pour y faire ses adieux à son père. Son retour à Orel va durer plusieurs semaines : elle reste bloquée à Tcheliabinsk, son passeur à travers les lignes de l’armée rouge venant d’être fusillé; mais des amis retrouvés providentiellement l’aident à rejoindre le monastère d’Orel.

Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )
Avant son départ définitif pour la France, son père spirituel et confesseur, Séraphin, évêque d’Orel, lui donne sa bénédiction et lui confie une grande icône de saint Séraphin de Sarov (priant à genoux sur une pierre dans la forêt), toujours présente dans son bureau. Il lui demande de remettre cette icône au métropolite Euloge à Paris. L’icône, peinte sur toile par un moine d’Optino, est ainsi enlevée de son cadre, enroulée dans un linge ; elle accompagnera la jeune fille pendant tout son périple et à travers tous les contrôles. Zénaïde finira par s’embarquer sur le dernier paquebot en partance de Saint-Pétersbourg, chaperonnée par une autre tante de son fiancé, quittant toutes les deux leur pays natal pour toujours.

A son arrivée à Paris, elle va voir le métropolite Euloge et lui présente l’icône du Saint. Mgr Euloge ordonne aussitôt de l’encadrer et de la placer dans la chapelle d’une maison d’étudiants située dans le jardin d’un immeuble au 91 de la rue Lecourbe dans le XVème arrondissement de Paris, où il projette d’ériger une église : l’église de Saint-Séraphin-de-Sarov. Elle sera construite en 1933. L’icône s’y trouve toujours actuellement

L’article ci-dessus est paru sur le site d’Orthodoxie.com il y a quelques années

Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )
Second épisode

2002- 80 ans après l’arrivée de l’icône de Saint Séraphin de Sarov à Paris et 8 années après la mort de ma mère Zénaïde Liamine, un groupe de journalistes de la télévision russe Canal 3 vient chez moi à Paris pour une interview au sujet des marchands de Moscou Liamine et de leur mécénat, ainsi que du retour dans sa ville natale de Moscou, des chants liturgiques composés par mon père,

Ivan Semionovitch Liamine: mais je ne sais alors pas pourquoi, je décide en fait, de les emmener à l' église St Séraphin rue Lecourbe , où nous sommes accueillis par le recteur, le père Nicolas Cernokrak; et là, devant l'icône, je leur raconte" la petite histoire de l' icône de St Séraphin"; l' émission doit passer sur Canal 3 dans toute la Russie.

Une quinzaine de jours après, je reçois un coup de fil: "Ici la mère supérieure du monastère de la Présentation de la ville d' Orel, l' higoumène Olympiade, mes paroissiens sont accourus me dire qu' un français parlait de nous à Paris ?! -Ma mère , ce français , c' est moi !.. " ; nous parlâmes près d' une heure . Le monastère en ruine, avait rouvert ses portes depuis quelques temps et se reconstruisait peu à peu. Les sœurs connaissaient peu de choses de la vie de l'évêque Séraphin d' Orel, sauf qu'il avait été fusillé en 1937, et ignoraient jusqu'au nom -même de la dernière higoumène du monastère, mère Alexia, ma grande- tante...J' envoyai aussitôt une quinzaine de photos des années 1920 1922, et des années 1923 à 1933; en effet ma mère avait pu correspondre toutes ces années avec Matouchka Alexia jusqu' à sa déportation à Alma Ata.

Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )
C'est cette correspondance , riche, tant sur le plan historique que religieux, que j' ai été amené à sortir des archives familiales et à transmettre peu à peu au monastère d 'Orel où je me suis rendu en 2004. Les moniales ont publié depuis, deux fascicules sur la vie et le martyre de la mère Alexia , morte en prison à Vologda en 1941 ( d' après les archives soviétiques auxquelles elles ont pu avoir accés). Récemment un livre a été édité, sur la vie et l’œuvre du saint neo -martyr Séraphin ‘(Ostrooumov) , archevêque de Smolensk et d’Orel.

C' est ainsi que par un second miracle , Saint Séraphin de Sarov a rendu leur véritable histoire, aux soeurs du monastère de la Présentation de la bonne ville d' Orel. 

Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )

Saint Séraphin de Sarov - priant à genoux sur une pierre dans la forêt. L' église St Séraphin rue Lecourbe ( PARIS)
Petite histoire de l'icône de Saint Séraphin de Sarov ( église St Séraphin de Sarov à Paris )

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2020 à 16:36 | 2 commentaires | Permalien

Vente paroissiale de bienfaisance de l'église de Trois Saints Hiérarques  le 26 janvier, de 12.00 à 17.00
Chers frères et sœurs !

Nous vous invitons à participer à la vente paroissiale de bienfaisance de l'église de Trois Saints Hiérarques le 26 janvier, de 12.00 à 17.00

Au programme :

1-er étage: “table russe” avec des plats divers (parmi lesquels : sbiten (boisson chaude aux épices) ; pains d’épices de la région d’Arkhanguelsk, selon la recette du 19e siècle ; pains d’épices décorés à la main ; pirojki ; salades ; kotlety)

Rez-de-ch : des livres orthodoxes, objets religieux, production de la Laure de Potchaev, souvenirs traditionnels.

Nos invités d'honneur: Monastère de la Nativité de la Mère de Dieu, de Bois Salair avec la production de leur jardin bio, des plantes médicinales, les huiles essentielles, cosmétiques; bougies décoratives 100% cire d'abeilles.

Vous pouvez également participer en faisant un don de livres orthodoxes en très bon état

Que Dieu vous bénisse et vous garde pour votre participation.
Venez nombreux soutenir la paroisse.

5, rue Pétel 75015 ou, à partir de 13h00, - 26, rue Péclet, en face de la mairie du XVe arr. (métro : Vaugirard)
Vente paroissiale de bienfaisance de l'église de Trois Saints Hiérarques  le 26 janvier, de 12.00 à 17.00


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2020 à 15:53 | 0 commentaire | Permalien

Bilan de l'année:  l'octroi du tomos aux schismatiques.   Une déclaration importante du responsable de administration de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine, le métropolite Antoine /Pakanitch/ de Borispol

Au lieu de deux structures non canoniques: la soi-disant Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UPC KP) et l'Église orthodoxe autocéphale ukrainienne (UAPC), une nouvelle organisation non canonique appelée l'Église orthodoxe d’Ukraine avec à sa tête le métropolite Epiphane (PCU) est apparue. Elle comprenait des schismatiques et des paroisses autonomes, qui de ce fait ne sont pas devenus canoniques. Cette structure est caractérisée par la politisation et la désunion. Mgr Philarète (l'ancien métropolite de Kiev), qui a effectivement fondé un nouveau schisme au sein du schisme existant, l’a en fait quitté. Et cela est logique, car un schisme ne peut donner lieu qu'à un nouveau schisme.


Les actions du Patriarche Bartholomée contredisent les canons de l’Église et les traditions de l’Église.

Il révise à titre personnel les problèmes de l'Eglise, annule les documents historiques adoptés par la Sainte Église.
En 2018, le Patriarche Bartholomé a pris une série de decisions violant le droit et les normes canoniques, ce qui a entraîné une crise dans les relations entre toutes les Eglises orthodoxes locales.

1ère violation: ingérence dans le territoire canonique d'une autre Église locale.
2e: la nomination d'exarques dans une autre Église sans coordination avec la hiérarchie de cette Église.
3ème: l'établissement de structures ecclésiales sur le territoire canonique d'une autre Église locale.

4e: Communion eucharistique avec des personnes interdites dans une autre Église locale.
5ème: restauration de l'ancien métropolite dans sa dignité après anathématisation dans une autre Église orthodoxe, sans repentir.
6e: célébrations communes avec des gens qui n'ont pas d'ordination épiscopale ou sacerdotale valide.

Le Patriarcat de Constantinople est en contradiction avec ses actions en Ukraine.

Jusqu'en 2018, le statut canonique du Primat de l'Église orthodoxe ukrainienne (UPC) (aujourd’hui c'est Sa Béatitude le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre), ainsi que les sanctions canoniques infligées à l'ancien métropolite Philarète (Denissenko), n'ont pas été remises en question et n'ont été contestées dans aucune Église orthodoxe locale, y compris celle de Constantinople.

En outre, la soi-disant UAPC et la soi-disant UPC KP n'étaient reconnues par personne comme étant des structures d'église canoniques.

Aujourd'hui, ces structures sont reconnues comme légitimes, malgré le fait que rien n'a change, elles n'ont pas manifesté de repentir et n'ont pas reçu de consécration légale.

L'indépendance de l'église autocéphale est fictive.

Le tomos n'a pas donné l'indépendance, mais a seulement subordonné les schismatiques à Constantinople. La soi-disant PCU s'est avérée dépendre de Constantinople, car:

1. Elle Obtient le myhre de Constantinople,

2. La plus haute instance de la PCU est le Patriarcat de Constantinople,

3. Elle n'a pas le droit d'ouvrir des paroisses ukrainiennes dans la diaspora, elles sont toutes subordonnées à Constantinople,

4. Elle n'a pas le droit de canoniser des saints. Le Patriarcat de Constantinople le fait pour elle.


Le tomos a encore plus divisé la société ukrainienne, il ne l’a pas réconcilié.


Les gens ont été séduits par le fait de la création d’une «église ukrainienne» prétendument légale. L’octroiLe du Tomos est contraire aux normes et règles canoniques de la Sainte Église apostolique.


Le PCU ne se comporte pas d’une manière chrétienne.

Malgré toutes les assurances que le tomos apporte la paix et la réconciliation, les représentants du soi-disant PCU agissent comme des pillards et des voleurs, poursuivant la politique agressive de l’UPC-KP, s'emparant des églises de l'UPC, jetant les croyants dans la rue.

Le tomos compromet la stabilité religieuse en Ukraine.

Les conflits les plus terribles sont les conflits religieux. La connivence des autorités locales conduit à des affrontements entre les croyants, semant l'hostilité. Le tomos continuera à contribuer à exacerber le schisme dans la société.

La participation non dissimulée et le lobbying pour l’octroi du tomos par l'ancien président M. Petro Poroshenko avec le soutien des représentants des autorités américaines indique qu'il y a plus de politique que d'église dans ce processus.


Les sacrements du "PCU" – ne sont pas valides.

Les consécrations sacerdotales et les évêques dans la soi-disant PCU ne sont pas valides comme Constantinople lui-même l'avait déjà reconnu. La reconnaissance de paroisses sans repentance et ordination appropriée rompt le fil de la succession apostolique dans l'Église. Si la prêtrise n'est pas valide, ses sacrements ne le sont également pas.

***
Traduction PRAVLIFE pour PO

Важное программное заявление митрополита Антония (Паканича) по итогам года. Аргументы о несостоятельности идеи предоставления томоса раскольникам.
Православная жизнь










Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2020 à 06:28 | 0 commentaire | Permalien

L’accélération  du temps... beaucoup plus vite qu’auparavant
Par Grégoire Fetchorou

En été, nous partions, comme il se doit, à la campagne chez notre grand-mère. Nous habitions, quasiment à l’écart de la civilisation, dans une petite maison en bois et argile. On passait nos soirées à écouter des contes, à la lumière d’une lampe à huile. Quelle richesse révélait alors ce monde plein de mystères et de beauté ! Comme si je vivais dans un autre temps, prenais part à une autre histoire qui donnait accès à l’éternité. Mais à présent, il se fait que, de plus en plus vite, le temps se ratatine.

Le temps s’écoule plus vite, beaucoup plus vite qu’auparavant. Est-ce que vous avez remarqué cela ? Nous n’avons pas le temps pour lire un livre, réfléchir, rencontrer des amis. Il ne nous reste même plus de temps pour les enfants et la compagne rencontrée à la croisée des chemins de notre vie.

Les savants voulurent mesurer cette accélération du temps, de la durée. Bien qu’il ne soit pas aisé de calculer l’unité de mesure de ce qui est. Car il n’existe aucun état ou mouvement dont la perception de l’écoulement du temps serait absent. Et ils conclurent, on ignore par quel calcul, qu’aujourd’hui 24 heures passent aussi vite qu’auparavant 16 heures.

Ainsi donc nous avons déjà perdu le tiers du temps de notre vie, sinon une moitié du temps pendant lequel nous restons actifs. Et ce ne sont pas uniquement les savants qui le remarquent. Les ascètes qui sont nos contemporains, les pères qui s’exercent à la vertu dans les ermitages de la Montagne sainte, disent la même chose : aujourd’hui, le temps s’écoule bien plus vite qu’auparavant. Il serait injuste de les accuser d’une subjectivité psychologique due aux changements sociaux.

La vitesse de tous les processus a augmenté mais le temps a accéléré sa course : il se produit le contraire à ce à quoi on pourrait s’attendre. Ainsi, en dépit de toute la logique scientifique, les idéologues de la théorie du progrès se montrèrent être de grands menteurs. Le siècle précédent, ne nous persuadaient-ils pas que le progrès scientifique et technologique ferait que les machines se substitueraient au travail des hommes qui auraient ainsi plus de loisirs ? Oui, la machine à laver facilita la vie de la ménagère. Mais aujourd’hui les femmes souffrent encore plus de stress infligé par le manque de temps que lorsqu’on rinçait le linge dans la rivière…

Auparavant les hommes se déplaçaient lentement ; chaque jour de leur vie, d’une manière convenable, ils faisaient tout ce qu’ils devaient faire au cours de la journée qu’on commençait par la prière du matin et finissait par celle du soir. A table, on disait le Notre Père et on ne se mettait jamais au travail sans se signer avec le signe de Sainte Croix. En tout heure et en tout lieu, l’homme trouvait une minute pour dire un mot à Dieu et, comme réponse, recevoir dans son âme la certitude de ne pas être seul. Bien que sa vie ait été pénible avec ses élans et ses chutes, elle lui offrait le sentiment de la plénitude. C’était une existence qui était ressentie dans toute sa plénitude.

Maintenant tout se fait en courant parce qu’en permanence nous nous sentons privés de la joie de l’instant, imparfaits dans ce que nous faisons et ce que nous vivons. Et quand on prie (si quelqu’un en a le zèle), l’esprit n’est pas là. Il se hâte, il s’enlise dans les soucis du quotidien ou de la banalité de notre vie ordinaire. Quand on se met à l’œuvre, l’idée de se signer ne vient même pas à l’esprit parce qu’on pense déjà à tout autre chose. Enfin, la prière ne s’insère pas dans l’ambiance de nos vies. Comme si c’était Dieu qui devrait suivre le monde, l’imiter, et pas le contraire.

Ainsi l’homme reste seul.

Ce n’est pas uniquement parce qu’il ne trouve plus une place pour Dieu dans sa vie, mais il ne se sent plus capable d’être proche des autres : les amis, les frères, l’épouse ou l’époux. Et c’est parce que, dans la course de la vie, chacun de nous a son rythme. Autrement dit, tout le temps pressés on regarde en avant dans l’espoir que viendra un moment où on pourra se calmer. Mais la vie passe encore plus vite. La maladie et la mort arrivent beaucoup plus tôt que ce répit si désiré, plus vite qu’on ne s’y attend, sans nous avoir laissé le temps pour se calmer et revenir à soi, regagner ses pénates.

Mais on peut comprendre cette solitude autrement : la hâte, le rythme extrême et le bruit du monde dans lequel nous vivons ne nous laissent pas entendre les pas timides d’un autre monde dans les sentiers de notre âme. Pourtant, comme l’enfant ou l’amour, l’âme a besoin qu’on lui accorde du temps. Elle a son rythme pour les relations profondes et calmes avec Dieu et d’autres âmes. La femme comprend mieux cela puisqu’elle sent plus fortement.

Le rythme de l’alternance des jours et des années de la société dans laquelle nous vivons nous aliène de la vie de notre propre âme, nous nous accoutumons à cet état : nous oublions encore davantage l’existence même de notre âme. C’est pour cela que les théories évolutionnistes ont tant succès. Autrement dit, nous oublions d’où nous venons, nous oublions le langage du paysage de l’âme où il y a tant de beau et de mystérieux. Inconnus des autres, nous mourrons parmi des étrangers, un grand nombre de chrétiens étant perdus parmi ceux qui se sont éloignés de la foi orthodoxe. Dieu l’a voulu – peut-être, après avoir saisi les choses matérielles comme symbole, l’homme comprendra ce qui se passe au niveau de l’esprit.

Les architectes du paysage de la société contemporaine, les biotechnologues de l’humanité subordonnés au mécanique crurent que l’homme pouvait être usiné comme une pièce puisqu’ il deviendra robot. Tel un ordinateur programmé qui répond rapidement aux commandes du système. Ils se mirent à ce projet et conduisirent l’individu occidental jusqu’à devenir conforme à leur projet. Mais malgré tout, ils ne réussirent pas à changer entièrement la nature humaine. Dans le monde des machines et de l’information, aliénés de leurs propres âmes, les hommes souffrent et n’en comprennent pas la cause. La plupart d’eux ne savent même pas qu’ils ont une âme. Comment donc peuvent-ils les reconnaître et comprendre leurs souffrances ? Ils se ressemblent alors à un malade souffrant de la faiblesse, du vertige, qui se sent courbaturé mais n’est pas capable de dire au docteur d’où vient ce malaise.
L’accélération  du temps... beaucoup plus vite qu’auparavant

Eprouvée par la plupart des hommes qui se jettent dans le tourbillon de tous les péchés possibles, cette souffrance est étroitement liée à la fuite douloureuse du temps qui manque de patience avec nous. Parce que le temps ne mesure plus la vie en fonction de Dieu qui est la source du temps et de la vie. Ce temps nous sert d’instrument de mesure de l’aliénation et de l’épuisement de notre vaine course. Plus nous courons, plus nous nous sentons solitaires. Le cercle vicieux est là. Car plus nous sentons la solitude, plus il nous est difficile de supporter la marche douloureuse du temps dont on ne trouve plus le sens et la joie.

Ainsi nous nous précipitons à courir le plus vite possible, nous nous cachons comme dans le sable, dans le travail, les engagements et les soucis, et au moment de repos où on reste seul avec soi-même, tout devient encore plus difficile et nous recommençons dès le début. C’est pour cette raison qu’on inventa la télévision : pour assouvir cette solitude éprouvée par l’homme de nos jours qui ignore Dieu jusqu’à l’oublier. La télévision, les journaux, internet, les sensations, l’érotique et la violence, les sentiments vils, les émotions fortes, tout cela existe pour que nous oublions notre vie, courte et douloureuse. Comme si ce n’était pas notre propre vie que nous vivions.

Je vous prie, arrêtez-vous pour un instant dans cette course futile.

Il faut que nous retrouvions notre temps perdu, le regagnions. Comment ? Etre présents la divine liturgie. Comme toute autre chose créée dans ce monde, le temps de la vie de notre âme se remplit avec la grâce de Dieu, avec le temps de Son Royaume. Osez faire cela et vous verrez comment votre vie va changer.
Je vous en prie, acquérez votre temps à vous confesser patiemment. De sorte que le péché ne soit plus le principal auteur de la réduction du temps de notre vie. Dieu ne nous laisse plus de temps pour que nous n’approfondissions pas les péchés dans lesquels nous vivons. Acquérez votre temps en vous arrêtant plus souvent dans la journée pour dire : Seigneur, ait pitié !

Acquérez votre temps en jetant la télévision dehors sans avoir peur de ce que « diront les voisins, les amis, et les proches ». La télévision est le plus grand chronophage (du grec : « dévoreur du temps ») de toute l’histoire du monde. Chaque jour, elle dévore environ 3,7 heures de la vie humaine. Plus chez les personnes âgées et les enfants, moins chez les adolescents. Il vous semble que la jeter dehors soit impossible ? Mais n’est-il pas plus facile de renoncer à la télévision que de souffrir de la perte du temps de notre vie si précieux, des instants qui partent et ne reviennent plus, du temps dans lequel on est encore sain, encore vivant ? Avez-vous vu un homme qui soit heureux devant sa télévision ? Ou avons-nous oublié et ne voulons pas savoir ce qu’est le bonheur ? Donc nous méritons notre destin…

Il faut de nouveau acquérir le temps. Comme auparavant, nous devons être sensibles aux malheurs et aux douleurs des amis, des proches, des voisins et des gens dans la rue. Et plus sensibles à la voix de notre cœur qui est si affligé et si veuf comme si nous étions morts dans le pays des étrangers et enterrés au milieu de soucis et des plaisirs maudits, privés de Dieu.

Je vous prie, ne faites pas la sourde oreille : nous ne savons pas combien encore Dieu pourra nous tolérer.

PRAVOSLAVIE ru

Traduction Dimitriy G. pour PO
L’accélération  du temps... beaucoup plus vite qu’auparavant

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 17 Janvier 2020 à 10:05 | 0 commentaire | Permalien

UN NOUVEAU SITE DE LA CATHÉDRALE SAINTE-TRINITÉ
Chers amis, visitez le  nouveau site 

DIOCÈSE DE CHERSONÈSE. L'ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE. PATRIARCAT DE MOSCOU et en RUSSE

Le site donne  une information TRÈS COMPLÈTE sur la vie du DIOCÈSE du PATRIARCAT  de Moscou en Europe Occidentale 

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Janvier 2020 à 16:37 | 0 commentaire | Permalien

Saint Seraphim de Sarov  (1759-1833) - Entretien avec Motovilov
"Starets Séraphim - un moine de Sarov" - Nouvelle publication (BD pour enfants)

Prokhore Mochnine (Saint Séraphim de Sarov), fils d'un entrepreneur en bâtiments, est né à Koursk, en Russie en 1759. Alors que l’Occident va s’éclairer aux lumières de la raison horizontale, il sera le saint d’Orient qui rappellera au monde moderne qu’il existe une Autre Lumière, qui habite et transcende l’homme en lui conférant une dignité incomparable et une joie que nul ne peut ravir.

Ayant reçu très jeune la visite de la Vierge Marie - elle apparaît et proclame « Celui-là est de notre race » - Prokhor entre à vingt ans au monastère de Sarov où il prend le nom prédestiné de Séraphim, le “flamboyant”. Là, il se prépare à l'ordination monastique qui eut lieu en 1786. Après seize années de vie monastique et avec l'accord de ses supérieurs, il choisit la vie solitaire en forêt et s'efforce de revivre la vie de Jésus dans un « désert » qu’il appellera sa Terre Sainte. Il vécut dans l’ascèse et la prière, passant la plupart de ses nuits en prière, debout sur un rocher.

Ce fut une longue et difficile ascension spirituelle où se mêlent les apparitions de la Vierge Marie et les persécutions démoniaques. On le voit nourrissant amicalement d’énormes ours. Un jour, il fut battu par des voleurs. Il garda toute sa vie des séquelles douloureuses de ces coups.


Après dix-sept ans de solitude, son supérieur le fait revenir au monastère où il vit malade et reclus, mais recevant la visite de la Mère de Dieu « la joie de toutes les joies ». Ses dons surnaturels sont merveilleux. Son jugement spirituel lui attire des foules de pèlerins qu’il accueille par ses paroles pleines de tendresse et d’espérance envers Dieu et toutes ses créatures : « Ma joie ! ». Les gens accouraient de toutes parts pour écouter ses conseils, même le Tsar. Il fonde un monastère de femmes à Diveyevo. Depuis lors et jusqu’à maintenant, les Orthodoxes russes lui vouent une dévotion toute particulière. Elle s’est étendue depuis à toute l’Orthodoxie et au-delà.

C'est surtout grâce à ses dialogues avec Nicolas Motovilov, témoin de son union mystique avec l'Esprit Saint, que nous effleurons la quintessence de son message. Son visage et son corps entier inondé de lumière et comme transfiguré laisse percevoir le mystère glorieux de notre identité divino-humaine.

« Le but de la vie chrétienne est l'acquisition du Saint-Esprit de Dieu », déclare le starets (mot russe pour nommer le sage, le maître spirituel). Il ajouta que cette grâce est accordée à tous ceux qui pratiquent la « prière du cœur » (aussi appelée « prière de Jésus », une méditation dans l’ancestrale tradition monastique hésychaste) et qui entreprennent, au nom du Christ, des « actions d'Amour ».

On le retrouva mort le 14 janvier (NS) 1833, à genoux contre son lit. L’Eglise orthodoxe russe le canonisa en 1903. Sa fête est célébrée le 14 janvier.

Surnommé de son vivant le “Transfiguré” pour avoir connu l'illumination par l'Esprit Saint, la vie et l’enseignement simple et profond de Saint Séraphim de Sarov témoignent de notre vocation à la déification. Ils demeurent l'un des joyaux les plus élevés et les plus touchants de la tradition orthodoxe.

Père Jean Thierry Verhelst

Extraits de l'entretien

C’était un jeudi. Le ciel était gris. La terre était couverte de quinze centimètres de neige et d’épais flocons continuaient à tourbillonner lorsque le Père Séraphim engagea notre conversation dans une clairière, près de son « Petit Ermitage » face à la rivière Sarovka là où la colline descend près de ses rives. Il me fit asseoir sur le tronc d’un arbre qu’il venait d’abattre et lui-même s’accroupit en face de moi.

— « Le Seigneur m’a révélé, dit le grand starets, que depuis ton enfance tu désires savoir quel est le but de la vie chrétienne et que tu as maintes fois interrogé à ce sujet des personnages même haut placés dans la hiérarchie de l’Église. »

Je dois dire que depuis l’âge de douze ans cette idée me poursuivait et qu’effectivement j’avais posé la question à plusieurs personnalités ecclésiastiques sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. Le starets l’ignorait.

[...]

C’est donc dans l’acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l’aumône et les autres actions vertueuses faites au Nom du Christ ne sont que des moyens pour l’acquérir.

— Comment l’acquisition ? demandai-je au Père Séraphim. Je ne comprends pas très bien.

— L’acquisition, c’est la même chose que l’obtention. Tu sais ce que c’est que d’acquérir de l’argent ? Pour le Saint-Esprit, c’est pareil. Pour les gens du commun, le but de la vie consiste en l’acquisition d’argent - le gain. Les nobles, en plus, désirent obtenir des honneurs, des marques de distinction et autres récompenses accordées pour des services rendus à l’État. L’acquisition du Saint-Esprit est aussi un capital, mais un capital éternel, dispensateur de grâces ; très semblable aux capitaux temporels, et qui s’obtient par les mêmes procédés.

[...] Cette grâce reçue au baptême, est si grande, si indispensable, si vivifiante pour l’homme, qu’elle ne lui est pas enlevée jusqu’à sa mort, — même s’il devient hérétique — la mort n’étant que le terme désigné d’en haut par la Providence divine pour l’essai existentiel de l’homme sur la terre, afin de voir ce qu’il va faire à l’aide de cette grâce pendant le temps octroyé par Dieu.

Si nous ne péchions jamais après notre baptême, nous serions toujours des serviteurs de Dieu saints et immaculés, inaccessibles à la souillure de la chair et de l’esprit.

Mais, voilà le malheur, c’est qu’en prenant de l’âge, nous ne grandissons pas en sagesse et en grâce divine, comme le faisait notre Seigneur Jésus-Christ. Au contraire, nous nous déprécions peu à peu, perdons la grâce du très saint Esprit de Dieu et devenons pécheurs. Mais quand quelqu’un, exalté par la Sagesse divine qui cherche notre salut par toutes les voies, se décide en son Nom à se tourner vers Dieu et à veiller à obtenir son salut éternel, alors un tel homme écoutant la voix de la Sagesse, doit recourir à la vraie conversion de tous ses péchés et à la pratique des vertus contraires aux péchés ; par cette pratique des vertus au nom du Christ, il arrivera à l’acquisition du Saint-Esprit agissant au-dedans de nous et y organisant le Royaume de Dieu.

[...]
Quand même, répondis-je, je ne comprends pas comment je peux être absolument sûr de me trouver dans l’Esprit-Saint ? Comment puis-je moi-même déceler en moi sa manifestation ?
Le Père Séraphim répondit :
— Je t’ai déjà dit que c’était très simple et je t’ai expliqué en détail comment les hommes se trouvaient dans l’Esprit-Saint et comment il fallait comprendre sa manifestation en nous… Que te faut-il encore ?
— Il me faut, répondis-je, le comprendre vraiment bien…
Alors le Père Séraphim me prit par les épaules et les serrant très fort dit :
— Nous sommes tous les deux, toi et moi, en la plénitude de l’Esprit-Saint. Pourquoi ne me regardes-tu pas ?
— Je ne peux pas, Père, vous regarder. Des foudres jaillissent de vos yeux. Votre visage est devenu plus lumineux que le soleil. J’ai mal aux yeux…

Le Père Séraphim dit :
— N’aies pas peur, ami de Dieu. Tu es devenu aussi lumineux que moi. Toi aussi tu es à présent dans la plénitude du Saint-Esprit, autrement tu n’aurais pas pu me voir.

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 15 Janvier 2020 à 10:30 | 12 commentaires | Permalien

Saint Basile le Grand et Circoncision de notre Seigneur Jésus Christ
Le huitième jour de la Naissance du Sauveur est arrivé ; l'étoile qui conduit les Mages approche de Bethléhem ; encore cinq jours, et elle s'arrêtera sur le lieu où repose l'Enfant divin. Aujourd'hui, ce Fils de l'Homme doit être circoncis, et marquer, par ce premier sacrifice de sa chair innocente, le huitième jour de sa vie mortelle. Aujourd'hui, un nom va lui être donné ; et ce nom sera celui de Jésus, qui veut dire Sauveur. Les mystères se pressent dans cette grande journée ; recueillons-les tous, et honorons-les dans toute la religion et toute la tendresse de nos cœurs.

"Dieu, l'homme, l'Église"
Extraits du texte : « L’ecclésiologie de saint Basile le Grand », par Mgr Basile (Krivochéine)

Il n’est pas si facile de parler de l’ecclésiologie de saint Basile le Grand. Saint Basile lui-même n’a laissé aucun traité où il exposerait sa doctrine sur l’Église. Nulle part il n’en parle d’une manière systématique. On est donc obligé de chercher dans ses œuvres des passages, dispersés un peu partout, où il aborde la question, toujours en passant d’ailleurs, et généralement très brièvement .

Saint Basile oppose l’unité des membres du corps du Christ aux divisions des églises de son temps : « Nous serions vraiment les plus étranges de tous les hommes, si nous trouvions notre plaisir dans des schismes et des divisions des églises, et si nous ne regardions pas comme le plus grand des biens l’union des membres du corps du Christ ». C’est par l’amour que les membres de ce corps, divisés par l’espace, sont unis .

« Que pourrait-il, en effet », écrit saint Basile, « y avoir de plus agréable que de voir ceux qui sont séparés par une telle étendue de pays, rattachés dans le corps du Christ en une seule harmonie de membres par l’union qu’opère l’amour et la charité »
Parmi les apôtres saint Basile paraît donner une place particulière à certains sans préciser pourtant en quoi elle consiste. C’est d’abord le groupe des trois apôtres présents à la Transfiguration, Pierre, Jean et Jacques.

« Pierre et les fils du Tonnerre », dit-il, « ont vu sur la montagne Sa beauté, brillant plus fort que la splendeur du soleil, et il leur fut donné de saisir par les yeux les prémisses de Sa glorieuse Parousie ». C’est l’apôtre Pierre en particulier « qui pour l’excellence de sa foi a reçu le bâtiment de l’Église ».

Ou bien encore : « Le bienheureux Pierre qui a été préféré de tous les disciples, qui seul a reçu plus de témoignages et fut déclaré plus bienheureux que les autres, à qui ont été confiées les clefs du Royaume des Cieux, lorsqu’il entend de notre Seigneur : “Si je ne te lave pas les pieds, tu n’as pas de part avec moi” (Jn 13, 8), quel cœur de pierre n’induira-t-il pas à la crainte et au tremblement devant les jugements de Dieu ? ». Ce passage, inspiré de Mt 16 en connexion avec Lc 22, bien qu’important quant à la place que saint Basile reconnaissait à l’apôtre Pierre dans l’Église, a néanmoins un caractère primordialement spirituel et moral. Saint Basile veut montrer à ses auditeurs par l’exemple de l’apôtre Pierre que les plus grandes grâces ne peuvent pas nous préserver d’une chute possible si nous nous confions à nos propres forces.

Les actions de ceux qui ont la charge des églises sont inspirées par le Saint Esprit.

« Ne voyez pas là une décision humaine, » écrit saint Basile au clergé de Colonie à propos du transfert d’un évêque à un autre siège, « ou inspirée par des calculs d’hommes aux pensées terrestres, mais soyez persuadés que ceux à qui incombe la sollicitude des Églises de Dieu ont agi avec le concours de l’Esprit-Saint : imprimez à vos esprits cette source de leur action : confiez leur entreprise à leur intelligence et mettez votre zèle à la réaliser ».

On s’inscrit par le baptême dans le livre de l’Église pour devenir citoyen céleste :
« Tu dois rendre compte de tout comme soldat du Christ, comme athlète de la piété, comme ayant ta citoyenneté dans les cieux. Inscris-toi dans ce livre pour être réinscrit dans celui d’en haut ».

Monseigneur BASILE (Krivochéine)
Archevêque de Bruxelles et de Belgique
(1900-1985)
...................................
Lire aussi A PROPOS DE L' ASCESE
Un SITE: Archevêque Basile (Krivocheine) : L’ecclésiologie de Saint Basile le Grand et PATROLOGIE

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 14 Janvier 2020 à 08:00 | -2 commentaire | Permalien

Pour des raisons de "tolérance" un évêque italien omet la lecture du credo pendant la messe
A la cathédrale de Pinerolo , en Italie Mgr Derio Olivera a omis la lecture du symbole de la foi lors de la messe célébrée le jour du Baptême de  Notre Seigneur.

Mgr Olivera a dit de cet office que c'était une messe destinée à tous. Y étaient invités des représentants des autorités locales ainsi que d'autres confessions. Au lieu d'une lecture commune à haute voix du symbole de la foi l'évêque a exprimé le souhait que les fidèles prient en silence. En effet, des athées se trouvent dans l'église. 

"Après un silence honteux la messe s'est poursuivie. Mgr Olivera aurait peut-être du omettre l’eucharistie afin de ne pas attrister les représentants d'autres confessions" - observe Gloria TV. 

Lien Епископ Дерио Оливьеро пропустил чтение символа веры во время мессы в честь праздника Крещения в кафедральном соборе итальянского города Пинероло.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Janvier 2020 à 20:59 | 7 commentaires | Permalien

L’enfance de Jésus
Les Evangiles canoniques n’en disent pas grand-chose et les apocryphes, abondants sur le sujet, versent souvent dans le pur merveilleux.

Pauvre parmi les pauvres d’Israël

Joseph, son père « adoptif », n’a rien d’un grand seigneur. Il est charpentier, ou tout simplement ouvrier du bâtiment, selon la manière dont on traduit le grec tektôn (Mt 13, 55). Lors de la présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa naissance, ainsi que le prescrit la loi juive de l’époque, Joseph et Marie offrent le sacrifice des pauvres (Lc 2, 24), « un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes ». La famille de Jésus est donc comptée parme les pauvres d’Israël.

Cette condition modeste a peut-être gênée une partie des premiers croyants. D’ailleurs, la critique antichrétienne en a aussi longtemps fait un argument contre la divinité de Jésus. « Il n’y a rien là qui fasse pressentir le royaume de Dieu », se moque le Romain Celse (II siècle) dans son fameux discours « Contre les chrétiens ».

Dans le Protévangile de Jacques , un apocryphe relatant notamment la vie de Marie avant la naissance de Jésus, celle-ci appartient à une famille riche, et Joseph est présenté comme une sorte d’entrepreneur ayant des chantiers importants à mener loin de Nazareth, où il revient de temps en temps. Quoi qu’il en soit, le milieu campagnard et populaire dans lequel Jésus a grandi selon les Evangiles explique aussi que les scènes de la vie quotidienne et les images auxquelles il fera plus tard allusion dans son enseignement sont immédiatement compréhensibles par le public, lui aussi modeste, qui vient l’écouter.

Enfant pour le salut des enfants

C’est dans la scène de la Nativité que ce contraste entre la toute-puissance divine et la simplicité des conditions dans lesquelles elle vient à s’incarner se donne à voir de la manière la plus frappante. Il n’y a pas de place pour accueillir le Fils de Dieu : « Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il manquait la place dans la salle », écrit Luc (2,7). Et ce sont de simples bergers, prévenus par « l’ange du Seigneur », qui viennent les premiers rendre visite au nouveau-né pour aussitôt s’en retourner « glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé » (Lc 2,20). Le paradoxe christique de la puissance la plus haute s’abaissant au niveau des hommes les plus humbles est rendu ici de manière exemplaire à travers l’Incarnation (l’entrée dans la vie humaine) comme il le sera à travers la Passion (le passage par la mort).
L’enfance de Jésus

Ce paradoxe de l’Incarnation s’affirme ensuite dans la condition enfantine que traverse Jésus. Car celui-ci ne surgit pas comme Athéna tout armée et casquée du crâne de son père… Faible, sans défense, dépendant d’autrui, et tout particulièrement de ses parents – « ses éducateurs », dira Bossuet -, il devient pleinement homme à travers cette expérience de l’enfance. La plupart des grands pasteurs l’ont bien compris. « Il a été un enfant pour le salut des enfants et par sa propre expérience de l’enfance, il l’a sanctifié », écrit Irénée de Lyon (Contre les hérésies II, XXII, 4).

Là encore, des textes moins officiels nous montrent que la chose a pu être perçue comme vaguement scandaleuse. Certains évangiles apocryphes s’ingénient ainsi à multiplier les anecdotes jù Jésus enfant exprime au contraire sa puissance, humiliant ici son maître d’école, foudroyant là un garçon lui ayant manqué de respect ou encore se livrant à des miracles vindicatifs ou spectaculaires qui ne visent de toute évidence qu’à impressionner le public ( et le lecteur).

Mais si l’on s’en tient aux Evangiles canoniques, Jésus semble n’avoir accompli aucun miracle particulier avant son ministère public, comme l’ont fait remarquer certains Pères, tel Jean Chrysostome (344-407), sans doute pour couper court à l’influence de ce genre de légendes sur la juste compréhension du message évangélique.

Certainement, il a suivi le parcours classique des enfants de son milieu

Il apprenait peut-être à lire auprès du hazzan, sorte de maître d’école, sans pour autant poursuivre ses études. Mais quelques historiens pensent au contraire qu’il ne savait pas lire ! Il parlait araméen, la langue locale, comprenait l’hébreu, utilisé pour les rites et dans les Ecritures, et savait peut-être un peu de grec, utilisé comme langue commune dans le bassin méditerranéen, mais certainement pas le latin. Adulte, il fréquente la synagogue (Lc 4,16). On peut donc supposer que cette habitude a été prise dans son enfance. Mais cela n’en a pas fait pour autant un surdoué en matière de religion. On apprend aussi que Jésus est devenu charpentier comme son père, ayant sans doute appris le métier auprès de lui.

Rient ne permet en tout cas de dire qu’il a été considéré comme un enfant extraordinaire. A l’inverse de ce qui est suggéré dans les évangiles apocryphes de l’enfance, où Jésus se montre supérieur en tout à tout le monde, y compris à ses maîtres, Luc précise deux fois que « l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse » (Lc 2 , 40 et 2, 52). En d’autres termes : il progressait. Tout ne lui a pas été donné d’emblée.
L’enfance de Jésus

Dans l’évangile de l’enfance selon Thomas, on voit par exemple un Jésus de 5 ans modeler des oiseaux en boue avant de les rendre vivants, au grand émerveillement de ses camarades. Faisant usage de ses pouvoirs de manière immodérée, le petit Jésus est consigné à la maison par Joseph qui n’hésite pas à lui tirer l’oreille. Dans l’évangile arabe de l’enfance, il aide son père, charpentier, en imposant les mains sur les planches pour qu’elles se mettent à la bonne longueur… C’est dans ce même texte que nous sont contées les aventures de Joseph, Marie et Jésus en Egypte, dans les tableaux où les miracles se succèdent. Souvent, la présence du jeune Jésus permet de guérir des malades, en général par contact avec ses langes ou l’eau de son bain.

Extrait du dossier spécial Noël - " La Vie" Lire aussi La révélation de la filiation divine de Jésus
L’enfance de Jésus

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Janvier 2020 à 20:16 | -2 commentaire | Permalien

Saint Joseph Artisan - Epoux de la Vierge Marie
"C'était un juste" selon l'évangile de saint Matthieu, ch. 1,19.

Nous fêtons aujourd'hui, saint Joseph comme artisan et travailleur manuel. Charpentier de son métier, il coopéra par le travail de ses mains à l'oeuvre créatrice et rédemptrice, tout en gagnant le pain de la Sainte Famille et, avec Marie, en éveillant à la vie des hommes l'Enfant que Dieu lui avait confié.

Mémoire de saint Joseph, travailleur. Le charpentier de Nazareth travailla pour subvenir aux besoins de Marie et de Jésus et initia le Fils de Dieu aux travaux des hommes

C’est pour cela qu’il est le modèle et le protecteur des travailleurs chrétiens qui le vénèrent en ce jour où, dans de nombreux pays du monde, on célèbre la fête du travail.

Les évangélistes ne nous ont conservé aucune parole de ce "juste", le charpentier de Nazareth en Galilée, fiancé de Marie, la Mère de Dieu, époux aussi discret que fidèle et chaste. Père nourricier et éducateur de Dieu le Fils, devenu homme parmi les hommes de ce village, il le fait tout simplement. L'ange lui avait dit: "Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse." et Joseph prit chez lui Marie son épouse.

L'ange lui avait dit : "Lève-toi, prends l'enfant et sa mère" et Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère et s'enfuit en Égypte

Il est un vrai fils d'Abraham: il croit et fait ce que Dieu lui dit. Lorsque Jésus disparaît pendant trois jours lors du pèlerinage à Jérusalem, Joseph accompagne la quête de Marie: "Ton père et moi nous te cherchions." Et Jésus, redescend à Nazareth, soumis à celui qui, sur terre, a autorité paternelle sur lui. Dieu savait à qui il confiait son Fils unique et sa Mère, à celui qui était l'homme le plus capable au monde d'être la parfaite image du Père

Les évangiles décrivent Joseph comme un « tektōn (en) » (τέκτων, mot grec que « charpentier » rend mal. Les textes canoniques et apocryphes racontent que Joseph, issu de la lignée de David, exerce, malgré ses origines royales, l'humble métier de charpentier (faber lignarius). La tradition a en effet interprété le mot dans le sens restrictif de « charpentier » Ce terme de « tekton » comporte une connotation d'habileté et de sagesse, cette activité de « tekton » pouvant nécessiter une formation assez longue et des connaissances techniques approfondies (les meilleurs artisans étaient très recherchés, notamment pour les travaux d'agrandissement et d'embellissement du Temple commencés sous Hérode le Grand)

Les évangiles ne donnent que très peu d'autres informations sur Joseph. On ne rapporte jamais ses paroles. Matthieu raconte quatre rêves dans lesquels Joseph est informé de façon surnaturelle avant et après la naissance de Jésus et pendant ses premières années. Dans le premier rêve, un ange confirme à Joseph que Marie est enceinte d'un enfant conçu par l'Esprit saint, et qu'elle mettra au monde un fils nommé Jésus, qui sauvera son peuple de ses péchés ; Joseph ne devrait donc pas hésiter à l'épouser (Mt 1,20).

Dans le deuxième rêve, un ange dit à Joseph d'emmener Marie et Jésus en Égypte (depuis Bethléem) et d'y demeurer jusqu'à ce que l'ange en dise plus, car Hérode cherche à tuer Jésus (Mt 2,13). Dans le troisième rêve de Joseph, un ange ordonne à Joseph de retourner avec sa famille en Palestine, ce qui implique qu'Hérode est mort (Mt 2,20). Cependant, Joseph apprend que le fils d'Hérode, Archélaos, règne sur la Judée, et il a peur de continuer le voyage. Dans le quatrième rêve, Dieu Lui-même avertit Joseph qu'il doit éviter de retourner en Judée (i. e. à Bethléem). Joseph s'installe alors avec Marie et Jésus à Nazareth, dans la province de Galilée.
Saint Joseph Artisan - Epoux de la Vierge Marie

Joseph est mentionné pour la dernière fois lors du pèlerinage familial à Jérusalem lorsque Jésus, âgé de douze ans, est retrouvé au Temple (Lc 2,41-50). La tradition chrétienne ainsi qu'une partie de la critique historique en ont déduit qu'il était mort avant que Jésus n'entre dans la vie publique.
Saint Joseph Artisan - Epoux de la Vierge Marie

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Janvier 2020 à 09:30 | -1 commentaire | Permalien

Des partisans de l’Église schismatique d’Ukraine ont blessé des fidèles montant le guet devant leur église
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2020, une vingtaine de jeunes hommes partisans de l’Église schismatique d’Ukraine ont molesté quatre fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) qui montaient le guet devant leur église du Saint-Apôtre-Jean-l’Évangéliste dans le village de Mashcha (province de Rivne). Peu avant, Youri Kotovitch, le principal activiste de ces prétendus orthodoxes, avait menacé d’organiser une descente si le gué devant l’église n’était pas levé.

Selon un témoin, les activistes armés de barres de fer et de massues de bois ont commencé par supprimer l’éclairage de la rue menant à l’église puis s’en sont pris aux jeunes rassemblés dans une baraque de chantier à côté de l’église.

Selon les voisins les coups contre les fenêtres et les parois de la baraque étaient si forts qu’ils ont réveillé tous les gens alentour, enfants et adultes, et que personne n’a osé sortir.


Les jeunes gens se sont retrouvés piégés dans la baraque dont la porte était coincée. Pendant que des assaillants lançaient des pierres, d’autres frappaient avec les barres de fer ; selon le service de presse de l’Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou), deux policiers qui étaient de garde près de l’église se sont réfugiés dans leur voiture de patrouille et ont observé la scène. Les forces de l’ordre appelées en renfort de la ville voisine ne sont arrivées qu’au bout de quarante minutes, ce qui a permis aux assaillants de fuir.

L’épouse du recteur de la paroisse a emmené les blessés à la polyclinique locale où les médecins leur ont d’abord demandé de quel patriarcat ils relevaient, le médecin de service a refusé non seulement de pratiquer des radios, mais également de rédiger un constat des blessures. L’archiprêtre Victor Zemlianoï, représentant de l’Église orthodoxe ukrainienne à la commission diocésaine aux questions interconfessionnelles, arrivé sur place, a dû insister pour que les constats soient faits dans les formes légales et a exigé des relevés d’empreintes digitales.

« Vous savez, les forces du mal se déchaînent toujours avant les grandes fêtes chrétiennes. Selon mes observations, surtout avant Pâques et Noël, les représentants du patriarcat de Constantinople, aujourd’hui de la prétendue Église d’Ukraine, deviennent fous et organisent des provocations contre nos lieux saints et des attaques contre nos paroissiens, » a déclaré l’archiprêtre. Parmi les assaillants on a reconnu et des habitants de Mashcha et des gens venus de villages voisins.

LIEN Prihod.ru Сторонники ПЦУ жестоко избили верующих, дежуривших у своего храма
Traduction PO
Lire aussi Le tomos n'a pas guéri le schisme ukrainien mais l'a exacerbé
Des partisans de l’Église schismatique d’Ukraine ont blessé des fidèles montant le guet devant leur église

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Janvier 2020 à 13:54 | 1 commentaire | Permalien

La fuite en Égypte
Alors que l’Ancien Testament contient toute une série d’histoires dramatiques dont le point culminant sont des scènes de fuite, d’exode ou d’expulsion, le Nouveau Testament n’en propose qu’une seule mais qui s’est profondément inscrite dans la conscience historique des chrétiens et est devenue l’un des thèmes les plus populaires de l’art chrétien.

Il est paradoxal que cette histoire – la fuite de la Sainte Famille en Égypte – est rapportée de manière plutôt brève, alors qu’il s’agit de l’un des épisodes clés de la tendre enfance de Jésus-Christ.

L’évangéliste Matthieu raconte qu’à Bethléem, sous le règne du roi Hérode, Marie, femme de Joseph, mit au monde son fils Jésus, conçu de l’Esprit Saint, et que « les mages d’Orient » reconnurent en lui « le roi des Juifs ». Ils vinrent alors l’adorer et lui offrir des présents (Matthieu 1, 18-2, 12).

L’évangéliste poursuit : Les rois mages sont partis et après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode" (Matthieu, 2, 13-15).
La fuite en Égypte

Le roi Hérode comprit qu’il avait été trompé et craignant pour son pouvoir, il ordonna de tuer tous les enfants à Bethléem et dans les alentours. Joseph et sa famille restèrent alors en Egypte, jusqu’à ce que l’ange lui ordonnât, après la mort d’Hérode : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël » (…) Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et il entra dans la terre d’Israël. (Matthieu 2, 20-21)

C'est cet épisode tragique que l'évangéliste Matthieu rapporte sous le titre de "Massacre des Innocents" et qui occasionna la fuite en Égypte de la Sainte Famille. Ainsi la Sainte Famille connut-elle l'exode et l'exil dès la toute première enfance du Christ.

La Fuite en Égypte, Giotto di Bondone (v. 1267-1337). Fresque. Padoue, Chapelle Scrovegni
La fuite en Égypte

Saint Matthieu a toujours uni indissociablement « l'enfant et sa mère »

L'expression "l'enfant et sa mère", répétée cinq fois par l'évangéliste « évoque l'étroite communion de vie entre Marie et son fils. L'unité inséparable "l'enfant avec Marie sa mère" est le fil conducteur de l'image de Marie en Matthieu . »

Il n’est pas nécessaire d’être un connaisseur en histoire de l’art pour se rendre compte que la majorité des « Fuites en Égypte » telles que nous les connaissons dans l’art européen depuis le haut Moyen Age jusqu’à nos jours, diffère par la diversité des scènes représentées et la richesse de leurs détails, de la description austère de l’évangile de Matthieu. Parmi les apocryphes, les Évangiles de l’enfance, occupent une place importante.

Le plus célèbre d’entre eux, l’Évangile du Pseudo-Matthieu s’inspire de sources écrites anciennes et décrit avec un sens des détails inhabituel, les conditions et le déroulement du voyage de la Sainte Famille en Égypte. Il fut écrit aux 8e et 9e siècles. Dans ce texte, on lit entre autre (chapitre 20) que le troisième jour, Marie souffrait de la fatigue, de la faim et de la soif. Elle s’assit alors à l’ombre d’un palmier. Mais l’arbre était trop haut pour que Joseph puisse atteindre les fruits, alors le petit Jésus dit : « Arbre, penche-toi et rafraîchis ma mère de tes fruits. »

"Le Repos pendant la fuite en Egypte", et détail, vers 1520, Joachim Patinir, (Madrid, Museo del Prado)
La fuite en Égypte

A ces mots, le palmier s’inclina jusqu’aux pieds de Marie et ils cueillirent ses fruits, et tous se rafraîchirent. Quand ils eurent cueilli tous les fruits (…), Jésus dit : (…) « Fais jaillir entre tes racines la source qui y est enterrée et que l’eau coule, autant que nous voudrons. » Alors le palmier se souleva et entre ses racines se mit à couler une source d’eau fraîche et pure. Lorsqu’ils virent l’eau, ils furent remplis de joie et burent avec tous les animaux et les hommes présents, et ils remerciaient Dieu.

Dès le 9e siècle, le miracle du palmier et de la source fait partie des motifs iconographiques classiques associés à la fuite en Égypte. Sur les portes de Bonanus à Pise, le palmier semble s’incliner tout seul, comme sur la célèbre gravure sur bois d’Albrecht Dürer de 1504-05 “La fuite en Egypte”
La fuite en Égypte

C’est toujours l’Évangile du Pseudo-Matthieu (chapitres 22-24) qui relate que les trois d’exilés entrèrent dans le temple de Sotinen où « se trouvaient trois cent soixante-cinq statues que l’on vénérait chaque jour. »

Lorsque Marie entra avec l’enfant dans le temple, toutes les statues tombèrent au sol (…) montrant clairement qu’elles n’étaient rien (…) Lorsqu’on en informa Afrodisis, le souverain de la ville, il vint au temple (…), s’approcha de Marie et rendit hommage à l’enfant qu’elle portait dans ses bras (…) A cet instant, tous les habitants de la ville crurent en Dieu par Jésus-Christ. (1)

La fuite en Égypte
La Sainte Famille en Egypte, par Victor Fakhouri. Aimable concession © Études sur l'Orthodoxie copte en France

Sur certaines icônes égyptiennes de la fuite en Egypte, l'ibis représente le Christ sauveur, car c'est un oiseau (aujourd'hui disparu) qui débarrasse la terre des insectes nuisibles

Lien (1) Lubomír Konečný

La fuite en Égypte

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Janvier 2020 à 07:10 | 22 commentaires | Permalien

Le massacre des innocents
La Bible raconte que les rois mages avaient prévenu Hérode, le roi des juifs (mis en place par les romains), de la naissance d'un envoyé de Dieu, Jésus, un nouveau roi des juifs. Hérode ayant eu peur de perdre son trône ordonna le massacre de tous les enfants mâles de moins de 2 ans, espérant tuer Jésus. Marie, Joseph et Jésus auraient alors fui en Égypte. Ils seraient revenus une fois Hérode mort.

Matthieu 2 :13-23

Après le départ des mages, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte et restes-y jusqu'à ce que je te parle ; car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait déclaré par le prophète : J'ai appelé mon fils hors d'Égypte.

Le massacre des innocents
Quand Hérode se vit joué par les mages, sa fureur fut extrême, il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans son territoire, d'après l'époque qu'il s'était fait préciser par les mages. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Jérémie : (18) Une voix s'est fait entendre à Rama, Des pleurs et beaucoup de lamentations : C'est Rachel qui pleure ses enfants ; Elle n'a pas voulu être consolée, Parce qu'ils ne sont plus.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 11 Janvier 2020 à 07:02 | 0 commentaire | Permalien

L'Orthodoxie Ici & Maintenant n°71 du 07/01/2020 - Cinq grands bulbes d’or dans le ciel de Paris !

Pour les trois ans de la dédicace par le Patriarche KIRILL de MOSCOU, de la cathédrale russe du Quai Branly à Paris, je reçois (avec son mari et complice, NIKITA) XENIA KRIVOCHEINE qui vient de publier un ouvrage intitulé « Des bulbes d’or dans le ciel de Paris, Le berceau de l’orthodoxie au centre de l’Europe » aux Editions Sainte Geneviève du Séminaire orthodoxe russe d’Epinay Sous Sénart.

Il sera question de la "petite histoire" dans "la grande histoire", de l'édification de ce « petit KREMLIN » parisien qui a fait couler beaucoup d’encre et a suscité beaucoup de fantasmes politico-religieux et diplomatiques sur les mandats des présidents Sarkozy et Hollande. L'intégralité de l'émission est diffusée ce soir à 19h45 sur KTO TV.

L’ORTHODOXIE, ICI ET MAINTENANT

Cette émission mensuelle de 26 minutes placée sous l'égide de l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (AEOF) évoque l'actualité des Églises orthodoxes en France et dans le monde. L'émission est animée et présentée par Carol Saba, responsable de la communication de l'AEOF, en partenariat avec des forces vives et des chroniqueurs de l'Église orthodoxe en France, et avec la participation du site Orthodoxie.com. A VOIR

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Janvier 2020 à 14:50 | 0 commentaire | Permalien

La France veut conserver un rarissime chef-d'œuvre de Cimabue, vendu plus de 24 millions d'euros
Un tableau - icône , estimé entre 4 et 6 millions d'euros, s'est envolé à plus de 24 millions d'euros lors d'une vente fin octobre. Mais l'Etat ne veut pas le voir quitter le territoire.

C'est un petit panneau peint rarissime annonçant la Renaissance italienne et devenu le tableau primitif le plus cher vendu au monde: la France a interdit ce lundi l'exportation du "Christ moqué" de Cimabue et entend le conserver dans ses collections nationales.

La peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier, de 25,8 cm sur 20,3 cm, était accrochée entre le salon et la cuisine d'une vieille dame à Compiègne (Oise) et avait été expertisée à l'occasion d'un déménagement.

La famille avait toujours pensé qu'il s'agissait d'une simple icône, dont la vieille dame n'a pas su dire d'où elle provenait, mais l'expertise a révélé qu'il s'agissait d'une œuvre rarissime de Ceno Di Pepo, dit Cimabue (mort en 1302), l'une des plus grandes figures de la Pré-Renaissance. On lui connaît tout au plus onze œuvres exécutées sur bois dont aucune n'est signée.

Une vente événement

"Le Christ moqué" serait un élément d'un diptyque de 1280 dans lequel étaient représentées sur huit panneaux de taille semblable des scènes de la Passion. Deux des scènes seulement étaient connues à ce jour: "La Flagellation du Christ" (Frick Collection, New York) et "la Vierge à l'enfant trônant et entourée de deux anges" (National Gallery, Londres).

La vente événement a eu lieu à Senlis, fin octobre, la première fois depuis des dizaines d'années qu'un Cimabue passait sous le marteau. Et le tableau, estimé entre 4 et 6 millions d'euros, s'est envolé à plus de 24 millions d'euros, acquis par la collection privée Alana, appartenant à un couple de collectionneurs chiliens installé aux Etats-Unis et spécialisée dans l'art de la Renaissance italienne.

La France veut conserver un rarissime chef-d'œuvre de Cimabue, vendu plus de 24 millions d'euros

L'Etat doit désormais faire une offre

Mais lundi, le ministère français de la Culture a annoncé avoir refusé le certificat d'exportation de l'œuvre "à la suite de l'avis de la Commission consultative des trésors nationaux". A partir de la notification de cette décision à l'acheteur, l'Etat dispose d'une période de 30 mois pour faire une offre d'achat.

"Grâce au temps donné par cette mesure, tous les efforts pourront être mobilisés afin que cette oeuvre exceptionnelle vienne enrichir les collections nationales," a déclaré le ministre Franck Riester, cité dans un communiqué.

"Je ne suis pas surpris, l'Etat défend l'enrichissement du patrimoine", a déclaré Dominique Le Coënt, le commissaire priseur qui avait mené la vente. Tout en soulignant que "la seule chose qui m'importe c'est que cette mesure soit exercée réellement et que l'Etat ait les moyens de l'acheter".

De lourds droits de succession pour les héritiers


Car outre le fait que cette décision bloque potentiellement l'œuvre pour une longue durée, elle se double d'un rebondissement, souligne Me Le Coënt: la femme qui l'a vendue est décédée peu après la vente, et ses héritiers doivent désormais s'acquitter de quelque 9 millions d'euros au titre des droits de succession.

Si l'Etat ne parvenait pas à faire dans les délais une offre qui "tienne compte des prix pratiqués sur le marché international", comme le prévoit le code du patrimoine, des possibilités de conciliation sont prévues.

SUITE BFM
La France veut conserver un rarissime chef-d'œuvre de Cimabue, vendu plus de 24 millions d'euros

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Janvier 2020 à 14:09 | 0 commentaire | Permalien

L'acte de vandalisme qui a frappé différentes églises de Pau ce jeudi était ciblé
Plusieurs statues de la Vierge-Marie des paroisses St Jacques, St Martin et Notre-Dame ont été brisées en fin de matinée, alors que dans l'après-midi à Lons, Artix et Mourenx d'autres statues de la Vierge ont connu le même sort. Une geste pour l'heure inexpliqué, qui a entraîné une plainte de l’évêché

Incompréhensible pour la communauté chrétienne de Pau et du Béarn

"Quand je suis arrivé, comme à chaque fois que je viens je suis allé voir la Vierge-Marie, et j'ai eu la surprise de voir la statue par terre" témoigne auprès de France Bleu Béarn André Dureysseix, c'est lui qui a ouvert l'église St Jacques ce jeudi après-midi et a découvert les actes de vandalisme. "On ne comprend pas, ça touche, poursuit André Dureysseix, avant on nous volait des cierges, maintenant on s'en prend aux statues et en particulier à la Vierge-Marie... La prochaine fois ça va être qui ?"

Dans un communiqué, le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron écrit : "D’une manière générale, le nombre de provocations et d’agressions antireligieuses ou racistes (tels que la profanation du cimetière juif de Bayonne le week-end dernier) ne cesse de croître dans notre pays, où 1704 actes antireligieux (1063 actes antichrétiens, 541 actes antisémites et 100 actes antimusulmans) ont été répertoriés par le Ministère de l’Intérieur en 2018… Il serait irresponsable de ne pas s’en inquiéter ou d’en minimiser la gravité".

L'évêque du diocèse, Monseigneur Marc Aillet a lui aussi réagi, regrettant ce "pèlerinage à l'envers" par par une ou plusieurs personnes ayant vandalisé les églises du centre-ville de Pau avant de s'en prendre à des statues mariales des villes alentours. "C'est un acte de vandalisme, c'est même une profanation, condamne l'évêque, en plus c'est toujours la statue de la Sainte-Vierge qui est visée, c'est mystérieux parce que c'est la personne la plus vénérée dans la foi catholique derrière Dieu lui-même... Pour nous c'est très affligeant". SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Janvier 2020 à 10:58 | 7 commentaires | Permalien

Message de Noël Du patriarche CYRILLE de Moscou et de toute la Russie
Aux archipasteurs, pasteurs, diacres, moines et à tous les fidèles enfants de l’Église orthodoxe russe

Bien-aimés dans le Seigneur archipasteurs, dignes prêtres et diacres, vénérables moines et moniales, chers frères et sœurs,

Je vous souhaite à tous une bonne fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

L’admirable miracle de l’incarnation divine, accompli il y a plus de deux mille ans, emplit encore aujourd’hui nos âmes d’une joie indicible. Aujourd’hui Dieu est venu sur terre et l’homme est monté aux cieux (Stichère idiomèle, vêpres de la fête). Le Créateur et la Providence de toute chose est venu dans le monde car, dans Sa miséricorde, Il ne pouvait voir les hommes tourmentés par le diable (rite du saint Baptême) ; vaincu par l’amour, l’Éternel et l’Ineffable est venu chercher Sa créature égarée (kondakion sur la drachme perdue de saint Roman le Mélode).

Les étonnantes prophéties des grands héraults de la Parole de Dieu se sont accomplies et, devant l’humanité, qui attendait depuis des millénaires le salut et la délivrance, ployant sous le poids du péché, souffrant de la malédiction non seulement sur la terre, mais après la mort, la porte du ciel s’est ouverte. En la virginale Mère de Dieu notre Seigneur Jésus Christ assuma Lui-même la chair (canon de la Nativité de la Mère de Dieu), et le chérubin, défendant l’entrée du paradis de son glaive de feu, s’écarte de l’arbre de vie. Le Divin enfant est né pour le salut du monde, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption (Ga 4,4-5).

Insondable est l’humilité du Seigneur : Maître tout-puissant, Il apparaît devant les hommes comme un petit-enfant vulnérable ; Dieu, Il assume la chair corruptible et supporte les rigueurs de l’existence terrestre ; Immortel, Il va volontairement à une mort douloureuse et honteuse. Il ne le fait pas pour quelques élus, pour les prophètes, les justes et pour Ses fidèles serviteurs. Le Christ est venu pour chacun de nous, Il désire le salut de tous sans exception, des pécheurs et des criminels, des indifférents et des négligents, des poltrons et des irascibles, même le salut de Ses assassins !

Le Seigneur ne rejette personne, Il ne méprise personne, mais, au contraire, il assume le chair humaine, la renouvelle par Son incarnation divine, par Ses souffrances sur la croix et par sa vivifiante Résurrection, Il l’élève au sein de la Sainte Trinité, la sanctifie par son séjour à la droite du trône de Dieu. A ce Corps vivifiant du Christ, à Son Sang très-pur, versé pour chacun de nous, nous communions dans le Sacrement de l’Eucharistie, nous nous unissons à son Corps, nous partageons un même sang avec le Sauveur, et les uns avec les autres.

Cependant, malheureusement, force est de constater que des vagues de désordre font tanguer le navire de l’Église, que la tempête des discordes et des contradictions se déchaîne contre l’unité des fidèles orthodoxes, que des gens à l’esprit obscurci par l’ennemi et par le tentateur préfèrent à la Source d’eau vive la source trouble et non potable des mauvaises hérésies (canon des saints pères du I Concile œcuménique). En ces temps difficiles, souvenons-nous que le Seigneur est né, a été crucifié et est ressuscité pour chacun de nous, qu’Il a institué sur la terre l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Appartenant à l’Église, nous sommes appelés à surmonter les désordres, les contradictions et les conflits, à remédier aux schismes, à appeler ceux qui vivent les horreurs des guerres, souffrent des pressions et des injustices.

Le Seigneur ne naît pas dans un palais royal, mais dans une pauvre grotte, dans la dernière des misères. A première vue, que peut-il y avoir de pire qu’une étable, de plus pauvre que la crèche du bétail ? Mais il est pourtant un lieu pire, c’est le désert du cœur humain, brûlé par le péché, éloigné de Dieu, attiédi, vidé, esclave de ses passions. Cependant, il nous appartient de faire de notre âme un tabernacle divin, de nous souvenir que le Seigneur est proche, qu’Il est devant nos portes, qu’Il attend patiemment que nous Le voyions enfin des yeux de la foi, que nous Le laissions entrer dans nos vies, que nous entendions Sa parole, répondions à Son amour et Le laissions agir en nous.

Le monde entier se réjouit de la glorieuse Nativité du Sauveur : les anges chantent des hymnes de louange, les bergers triomphent, les mages L’adorent et Lui portent leurs dons. Seul le cœur amer et envieux d’Hérode ne veut pas accueillir la justice divine, ne se réjouit pas, mais tremble, non par crainte de Dieu, mais par lâcheté. Veillons à ne pas lui ressembler par nos œuvres, à ne pas mettre à la première place notre bien-être et notre confort, voyons si nous ne craignons pas que quelqu’un soit meilleur, plus talentueux, aie plus de bonté que nous, si nous ne lui faisons pas de mal, nous efforçant de le blesser ou de le déshonnorer, de le faire descendre de son piédestal pour occuper la première place ? Ne sommes-nous pas notre propre source de vérité, au lieu de recourir au Seigneur et à Ses saints commandements ? Ne sommes-nous pas une occasion de chute pour les autres, faisant passer des inventions qui nous sont profitables pour la vérité ? Ne déchirons-nous pas la tunique du Christ par nos actes d’ambition, ne semons-nous pas la semence de la discorde et de la rebellion parmi nos frères dans la foi ?

Regardant aujourd’hui le Christ, le Divin Enfant, nous confrontant à la vérité divine, rejetons le fardeau des passions et le péché qui nous enveloppe (Hb 12,1), élevons de ferventes prières pour la consolidation de l’unité de l’Orthodoxie et pour la multiplication de la charité, nous souvenant que la charité est pleine de bonté; la charité n’est point envieuse; la charité ne s’enfle point d’orgueil, elle ne cherche point son intérêt, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l’injustice ; elle excuse tout, elle croit tout (I Co 13,4-7).

Les textes liturgiques de la fête ne glorifient pas seulement le Seigneur né pour notre salut, mais aussi ceux grâce auxquels Son incarnation fut possible : la Très-pure Vierge Marie, saint Joseph, les saints patriarches. Souvenons-nous aussi de nos proches en cette solennité, remercions-les de tout ce qu’ils font pour nous. Que le Christ très-miséricordieux, Éternel et Ineffable, co-éternel au Père (cathisme aux vêpres de la fête) demeure en notre cœur, empli d’amour pour Dieu et pour le prochain.
Amen.

+ CYRILLE
PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

Nativité du Christ

2019/2020,

Moscou

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Janvier 2020 à 13:14 | 1 commentaire | Permalien

Message de Noël de Son Éminence Antoine, Exarque du Patriarche, Métropolite de Chersonèse et d'Europe occidentale
Message de Noël de Son Éminence Antoine, Exarque du Patriarche, Métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale


Éminents évêques, honorables pères, moines et moniales aimant Dieu, chers frères et sœurs!

Nous chantons à nouveau aujourd’hui l’immense évènement de l’histoire universelle, annoncé par les prophètes et attendu par de nombreuses générations, la Nativité de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes» (Lc 2.14) – avec les anges nous glorifions l’enfant divin dans la crèche de Bethléem.

Admirant ce mystérieux et inexplicable miracle, nous nous souvenons combien le Seigneur tout puissant nous a rapproché du Ciel en s’incarnant pour le bien de l’homme et pour notre salut ; c’est dans l’obéissance et la modestie qu’Il commence son chemin de croix sur Terre pour nous sauver.

A nouveau nous ressentons aujourd’hui la liesse du monde entier! A nouveau l’étoile s’est levée qui nous trace la voie vers le Royaume des cieux! A la suite des Rois mages nous nous laisserons guider par l’étoile de Bethléem et nous accueillerons par nos dons le Seigneur venu dans le monde : foi inébranlable, vie de vertu, amour et compassion pour le prochain.

En vous félicitant tous, chers évêques, honorables pères, moines et moniales, chers frères et sœurs à l’occasion de la fête de la Nativité du Christ je prie pour que ces journées remplissent vos cœurs et ceux de vos proches e la radieuse joie de Noël ! Portons cette joie à nos proches et à nos amis, à tous ceux qui ont besoin de soutien et de consolation!

Le Christ est né, glorifions-Le! Le Christ nous vient du Ciel, accueillons-Le! Le Christ est sur la Terre, élevons-nous ! Que toute la terre chante le Seigneur !

Que la bénédiction du Seigneur qui vient de naître soit avec vous tous!

Dans l’amour du Christ,

+ ANTOINE,
Métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale, Exarque du Patriarche en Europe occidentale

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 6 Janvier 2020 à 17:30 | 0 commentaire | Permalien

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