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Prêtre et théologien, missionnaire de l'orthodoxie et défenseur de l'icône, Nicolas Ozoline a tout donné à l'Evangile et à l'Eglise. La maladie neurologique qui le frappe l'oblige à vivre dans une résidence spécialisée forcément onéreuse. L'urgence immédiate est de trouver 3000 (trois mille) euros qui manquent aujourd'hui afin de l'y maintenir. Cette collecte doit être réunie dans les jours qui viennent. Merci par avance de votre don, même modeste, qui sera intégralement versé au fait que le Père Nicolas puisse continuer à bénéficier du soin qui est lui est indispensable.

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Mars 2022 à 14:07 | -3 commentaire | Permalien

Sainte Larissa et ses compagnons, martyrs en Crimée +370
Martyre grecque du IVe siècle, elle fut brûlée vive avec d'autres chrétiens dans leur église, en plein culte par un roi goth encore païen. Elle reste honorée par les Grecs et les Russes. Sainte Larissa, l'une d'un groupe de martyrs en Crimée au IVe siècle.

C’est très récemment que Larissa fait son apparition dans nos calendriers. Elle ne figure pas au martyrologe romain, mais est honorée par les Eglises grecque et russe.

Elle fait partie du groupe des vingt-six martyrs goths de Crimée. Ils furent brûlés vifs, en 370, par le roi goth Athanaric, à l’époque où leur peuple occupait la Roumanie. Pendant quatre ans, les chrétiens ont été violemment persécutés, surtout en Dacie, par ce chef arien qui, réfugié en Transylvanie, sera battu par les Huns.

Larissa et ses compagnons ont subi leur martyre dans la tente qui leur servait d’église, car ils étaient nomades. On connaît quelques noms : Larissa, Anna, Alla, Monco, Mamica, Uirko, Animaïda pour les femmes, et pour les hommes : Hiscoes, Souerilas…

Bathuse et Véréka étaient prêtres. Le martyrologe orthodoxe célèbre à ce jour «les vingt-six martyrs goths et un autre martyr dont le nom est connu de Dieu seul.»

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Mars 2022 à 16:42 | -4 commentaire | Permalien

Alexandre Soljenitsyne : Conflit entre la Russie et l'Ukraine
Parmi mes co-déportés (en 1957-1961) beaucoup d’Ukrainiens ayant combattu dans les formations patriotiques, ils se souvenaient du « Holodomor » (famine initiée par les soviets en 1932-1933). C’étaient des hommes résolus, croyants. Souvent ils se réunissaient le soir pour chanter des prières et des psaumes. Il sera difficile de les mater. L’agitprop ne servira à rien. Nikita Krivocheine

"La question ukrainienne est l'une des questions les plus dangereuses de notre avenir, elle peut nous porter un coup sanglant au moment même de la libération, et les esprits des deux côtés y sont mal préparés ", a écrit Alexandre Soljenitsyne.

Je ressens constamment le poids de cette question sur moi-même, à bien des égards par origine. Du fond de mon cœur, je souhaite le bonheur aux Ukrainiens et je voudrais que nous résolvions correctement la question maudite ensemble et non dans l'inimitié, je voudrais apporter la réconciliation à cette dangereuse scission..

Et aussi : j'étais ami avec des Ukrainiens de l'Ouest dans le camp spécial d'Ekibastuz, où nous nous sommes rebellés ensemble, je connais leur intransigeance, et je respecte la façon dont cela s'est exprimé là-bas, avec courage. Dans une alliance contre le régime soviétique - là, je n'ai senti aucun fossé entre nous. Je pense que beaucoup de mes camarades de camp se trouvent encore en Ukraine et qu’ils faciliteront le dialogue à venir. Il ne sera pas non plus facile de communiquer avec les Russes.

De même qu'il est inutile pour les Ukrainiens de prouver que nous sommes tous de Kiev par la naissance et l'esprit, les Russes ne veulent pas s'imaginer que les gens le long du Dniepr sont différents, ce sont les bolcheviks qui ont semé beaucoup d'insultes et de conflits : comme partout , ces meurtriers n'ont fait que des plaies irritées et tourmentées et quand ils partiront, ils nous laisseront en décomposition. Il sera très difficile de réduire la conversation à la prudence. Mais combien de votes et de poids j'ai - je vais y mettre. En tout cas, je le sais et je le déclarerai fermement un jour : à Dieu ne plaise, une guerre russo-ukrainienne - je n'y irai pas moi-même et je ne laisserai pas partir mes fils.

L'auteur du roman L'Archipel du Goulag a également réfléchi sur la possibilité d'un conflit entre la Russie et l'Ukraine.

L' écrivain et dissident soviétique et russe Alexandre Soljenitsyne (1918 - 2008) dans ses mémoires, qui s'intitulent "Un grain est tombé entre deux meules. Esquisses d'exil", a décrit de ce qui se passe actuellement entre les deux pays

Автор романа "Архипелаг ГУЛАГ" размышлял и о возможности конфликта между Россией и Украиной.

PRIERE

Comme il m'est aisé de vivre avec Toi, Seigneur !
Comme il m'est aisé de croire en Toi !

Quand mon intelligence s'écarte stupéfiée
ou se décourage,
quand les plus intelligents
ne voient pas plus loin que ce soir
et ignorent ce qu'il faut faire demain

Tu m'envoies la claire certitude
que Tu es
et que tu prendras soin
que toutes les voies du bien ne restent pas bouchées.

Parvenu à la crête de la gloire humaine,
je me retourne avec étonnement sur le chemin parcouru
à travers la désespérance à ce point
d'où j'ai pu renvoyer à l'humanité
un reflet de Tes rayons.

Et tant qu'il sera nécessaire
que je les reflète encore
Tu me donneras de le faire.
Quant à ce que je n'aurais pas le temps d'accomplir –
C'est que tu l'auras imparti à d'autres.

A. Soljénitsyne

"PRIERE" traduite par Daniel Struve

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Mars 2022 à 14:30 | 8 commentaires | Permalien

Nicolas BERDIAEV (1874-1948), célèbre philosophe russe!
Николай Александрович Бердяев родился (6 (18) марта 1874) скончался ( - 24 марта 1948), русский религиозный и политический философ.

Nikolaï Aleksandrovitch Berdiaev né le 6 mars 1874 (18 mars 1874 dans le calendrier grégorien) à Kiev (Empire russe), et décédé le 24 mars 1948 à Clamart (France), est un philosophe chrétien russe de langues russe et française.

Le 24 mars 1948, assis à son bureau de son domicile, rendait l’âme l’un des plus célèbres représentants de la pensée philosophique russe du XXe siècle:Nicolas Alexandrovitch Berdiaev (1874-1948).

Depuis cette date, les fidèles de l’exarchat d’Europe occidentale (aujourd’hui diocèse de Chersonèse) l’Église orthodoxe russe prennent soin non seulement de la « maison Berdiaev », de sa tombe au cimetière de Clamart, de sa bibliothèque et du musée créé en son honneur, ils prient aussi pour le repos de l’âme de cet éminent enfant de Russie et contribuent autant que faire se peut au rayonnement, en France et à l’étranger, de la pensée berdiaévienne (que le philosophe appelait « philosophie de l’esprit »).

Nicolas BERDIAEV (1874-1948), célèbre philosophe russe!
Lire Une liturgie solennelle dans la maison Nicolas Berdiaev et Monseigneur Marc, archevêque d’Egorievsk, a visité les lieux de mémoire orthodoxe à Clamart

24 марта 1948 года, за письменным кабинетным столом в своем доме, который впоследствии назовут бердяевским особняком, в Кламаре отошел ко Господу один из ярчайших представителей русской философской мысли XX столетия - Николай Александрович Бердяев (1874-1948).

С этих пор клирики и миряне Западноевропейского экзархата (позже - Корсунской епархии) Русской Православной Церкви пекутся не только о доме Бердяева, его захоронении на муниципальном кладбище в Кламаре, личной библиотеке и созданном в его честь музее, но и молятся об упокоении великого сына великого Отечества, а также прилагают посильное участие в популяризации бердяевской мысли (которую сам философ называл "философией духа") во Франции и за рубежом.

г. Кламар (Cimitière communal, 26 Avenue du Bois Tardieu, Clamart)

Nicolas BERDIAEV (1874-1948), célèbre philosophe russe!

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 24 Mars 2022 à 03:53 | -2 commentaire | Permalien

Des changements tectoniques arrivent dans l'orthodoxie mondiale!  (Partie 1)
Cette publication ne reflète pas nécessairement la vision de P.O. Elle présente un intérêt certain.

Le « tournant impérial » du patriarche Cyrille et ses sermons sur l'Ukraine divisent l'Église orthodoxe russe. Et ça ne fera qu'empirer.

Les diocèses de l'Église orthodoxe ukrainienne (EOU) du patriarcat de Moscou, les uns après les autres, cessent de commémorer le patriarche Cyrille lors des offices, et certains clercs de l'EOU réclament déjà l'autonomie. C'est une réaction aux sermons du primat de l'Église orthodoxe russe qui a, en fait, soutenu la guerre, la qualifiant de "lutte métaphysique". La position du Patriarcat de Moscou, bien sûr, est également condamnée dans d'autres paroisses et diocèses étrangers de l'Église orthodoxe russe.

L'envoyé spécial de « Medouza », Andrey Pertsev, raconte comment le Patriarcat de Moscou qui soutenait le Kremlin pourrait perdre beaucoup à la suite du "tour impérial" du patriarche Cyrille.

Le Dimanche du Pardon, le 6 mars 2022, le responsable de l'Église orthodoxe russe, le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, a prononcé un sermon dans la cathédrale du Christ Sauveur. A cette époque, l'invasion de l'Ukraine par la Russie (ce pays fait partie du territoire canonique de l'Eglise orthodoxe russe) a duré près de deux semaines. Le sermon était la première déclaration claire du primat de l'Église orthodoxe russe sur la guerre.

« Depuis huit ans, il y a eu des tentatives pour détruire ce qui existe dans le Donbass. Et dans le Donbass il y a une aversion, un rejet fondamental des soi-disant valeurs qui sont proposées aujourd'hui par ceux qui prétendent au pouvoir mondial... Aujourd'hui il y a un tel test de loyauté de ce gouvernement, une sorte de laissez-passer pour ce monde « heureux », le monde de la surconsommation, le monde de la « liberté » visible. Savez-vous ce qu'est ce test ? Le test est très simple et en même temps terrible - c'est un Défilé GAY», a déclaré le primat de l'Église orthodoxe russe au tout début du sermon.

Le patriarche a ajouté qu'autour de "ce sujet" - c'est-à-dire les défilés gays - il y a une "vraie guerre" et que les orthodoxes "sont entrés dans une lutte qui n'a pas de sens physique, mais métaphysique". Dans son sermon, il n'a mentionné l'Ukraine qu'une seule fois, affirmant que "la répression et l'extermination de personnes dans le Donbass" s'y déroulent.

Dans la prière pour le rétablissement de la paix, que le patriarche Cyrille recommandait peu avant, le 3 mars, de prononcer dans les temples de l'Église orthodoxe russe, il était dit "des étrangers qui prennent les armes contre la Sainte Russie."

Dans son sermon du 9 mars, le primat de l'Église orthodoxe russe a déclaré que les habitants de la Russie et de l'Ukraine "sont un seul peuple russe" (avant même le début de la guerre, le patriarche parlait de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie comme de la Sainte Russie - et appelait les gens qui y habitaient "liés par un seul fond baptismal") . Le patriarche Cyrille a de nouveau accusé un "tiers" d'avoir déclenché le conflit en Ukraine, qui veut "l'affaiblissement de la Russie devenue un pays fort, vraiment puissant", mais il n'a pas nommé directement ce parti.

« Mais comme il est dégoûtant et ignoble d'utiliser le peuple frère pour la mise en œuvre de ces objectifs géopolitiques ! Quelle horreur de dresser ces gens contre leurs frères ! Comme c'est terrible de l'armer pour qu'il entre dans la lutte avec ses frères métis et confrères ! » Cyrille s'indigna du haut de la chaire de la cathédrale du Christ Sauveur.

"La Russie est un pays, un peuple, mais ce peuple s'est avéré très fort, et les voisins, effrayés par sa puissance, ont commencé à tout faire pour diviser ce peuple », a déclaré le patriarche dans un nouveau sermon. « Et nous savons quel point culminant terrible la conséquence de cette suggestion atteint maintenant, quand quelqu'un ne voit pas un frère en son frère, mais voit un ennemi. Et c'est terrible qu'il y ait des organisations religieuses (soit disant religieuses) qui prônent la nécessité de lutter contre le peuple russe frère .

Le patriarche, parlant avec colère de certaines "organisations religieuses", avait apparemment à l'esprit les hiérarques de l'EOU et le primat de l'Église ukrainienne du Patriarcat de Moscou, le métropolite Onuphre , qui, au lendemain de l'invasion russe de l'Ukraine, a appelé ce qui se passait "des actions militaires" et a appelé les paroissiens de l'EOU à prier pour les troupes ukrainiennes.

« Défendant la souveraineté et l'intégrité de l'Ukraine, nous nous adressons au président de la Russie et lui demandons d'arrêter immédiatement la guerre fratricide. Les peuples ukrainien et russe sont sortis des fonts baptismaux du Dniepr , et la guerre entre ces peuples est une répétition du péché de Caïn, qui par envie a tué son propre frère. Une telle guerre n'a aucune justification », a déclaré Onuphre .

Le patriarche Cyrille a consacré une partie de son discours à l'épiscopat ukrainien et aux croyants d'Ukraine. "Nous ne suivrons pas le chemin auquel nous sommes appelés, provoquant l'implication des églises dans le conflit - mais nous suivrons le chemin de saint Serge et prierons pour l'unité de la Sainte Russie, afin qu'aucune force ne puisse diviser notre peuple et, bien sûr, qu'aucune force n'a pu diviser notre Eglise », a déclaré le patriarche.

Début mars , quinze diocèses d'Ukraine savaient avaient cessé de commémorer le patriarche Cyrille . Pour la seconde quinzaine de mars, selon Serge Tchapnine et Georges Taraban (lire plus à leur sujet ci-dessous), on peut déjà parler de 20 diocèses. Au total, l'EOU-PM comprend 52 diocèses.

Le troupeau ne veut plus entendre le nom du patriarche Cyrille dans nos églises

Selon Serge Tchapnine, ancien rédacteur en chef du Journal du Patriarcat de Moscou, "Du point de vue de l'ancienne tradition liturgique, il suffit de commémorer uniquement votre évêque pendant le service divin". Cependant, le patriarche est également commémoré dans l'Église orthodoxe russe - c'est une sorte d'expression de loyauté politique envers les dirigeants de l'Église. "Lorsque la communauté arrête de faire cela, elle fait preuve de déloyauté envers le patriarche, mais rien de plus", explique -t-il.

Les clercs du diocèse de Sumy de l'EOU, dans un appel sur le site du diocèse, ont expliqué leur refus de commémorer le patriarche de la manière suivante : aucune tentative de protéger le peuple souffrant d'Ukraine. Dans cette situation difficile, guidés par la voix de notre conscience pastorale, nous avons décidé de ne plus commémorer le patriarche de Moscou lors des services divins. Cette décision a aussi été dictée par les exigences de notre troupeau qui, hélas, ne veut plus entendre le nom du patriarche Cyrille dans nos églises.

Dans certains diocèses de l' EOU (par exemple, Rivne , Volyn , Zhytomyr , Lvov ), ils ont même appelé les dirigeants de l'église à se diriger vers une indépendance complète vis-à-vis du Eglise Russe.

La position du patriarche a été critiquée non seulement dans l'EOU, mais aussi dans l'archidiocèse de Paris, qui fait également partie du EOR : "Votre Sainteté, dans votre "sermon" du dimanche du Pardon, vous indiquez clairement qu'il y a une justification à cette guerre sanglante et agressive, qu'il s'agit d'une "lutte métaphysique". Avec tout le respect que je vous dois, Votre Sainteté, mais aussi avec une douleur infinie, je ne peux m'empêcher de porter à votre attention que je ne peux pas être d'accord avec une telle lecture de l'Évangile », a écrit dans son allocution le responsable de la Archidiocèse , le Métropolite JEAN de Doubna .

« La guerre de la Russie contre l'Ukraine » a également été condamnée par le métropolite Innocent de Vilnius et de Lituanie

En outre, plus de 280 prêtres servant dans l'Église orthodoxe russe ont signé un appel du clergé de l'Église orthodoxe russe appelant à la réconciliation et à la fin de la guerre.

Les diocèses de l'Église orthodoxe russe hors de Russie ( EOHF ) sont favorables à "la fin de l'inimitié et du désaccord" et veulent transférer les fonds qu'ils collectent pour les réfugiés et les victimes de la guerre au métropolite Onuphre de Kiev.

Le patriarcat de Moscou a fait face à une grave scission en raison de la position de sa direction.

L’Eglise orthodoxe russe en cas de séparation avec l'Eglise d'Ukraine PM

Experts interrogés par « Medouza » - le sociologue religieux Nikolas Mitrokhine, ancien chef du département des relations ecclésiastiques extérieures de l'EUO, l'archimandrite Kirill (Govoroun), Serge Tchapnine ancien rédacteur en chef du Journal du patriarcat de Moscou et Alexandre Soldatov rédacteur en chef du site Web « Credo » – n'ont aucun doute que l'EOU (le Patriarcat de Moscou) quittera les rangs de l'Église orthodoxe russe. En même temps, c'est une perte très sérieuse pour l’Eglise Russe.

« Il s'agit d'environ 12 500 paroisses, plus de 10 000 prêtres. La religiosité des habitants du centre de l'Ukraine est deux fois plus élevée qu'en Russie, et dans l'ouest de l'Ukraine, elle est 10 fois plus élevée », selon Nicolas Mitrokhine .
Selon Serge Tchapnine, l'Ukraine "est plus religieuse que la Russie, mais c'est en grande partie une religiosité quotidienne [qui s'exprime dans des rituels]". Tchapnine explique cela par le fait que l'Ukraine occidentale (près des frontières de la Pologne et de la Hongrie)

a été annexée à l'URSS relativement tard - en 1939 - et que les bolcheviks n'ont pas combattu la religion sur ce territoire avant de l'annexer . De plus, pendant l'occupation de l'Ukraine par les troupes nazies, il y a eu un renouveau de l'Eglise: des paroisses ont été ouvertes, des offices ont commencé à y avoir lieu.

« Ce n'est pas un hasard si, à l'époque soviétique, dans de nombreuses villes, un pourcentage important du clergé et des séminaristes venaient d'Ukraine, c'était le soi-disant contingent ukrainien. Si vous regardez maintenant la composition du clergé, vous pouvez voir que la part des Ukrainiens dans sa composition est supérieure à la part moyenne des Ukrainiens dans la Fédération de Russie », souligne-t-il.

L'archimandrite Kirill (Govoroun) souligne également la religiosité des Ukrainiens. Selon ses estimations, l'office dominical d'une paroisse moyenne d'un village russe peut être suivi régulièrement par une dizaine de paroissiens, et « une centaine de personnes viendront dans la même paroisse de l'EOU d'un même village ». Le père Kirill rappelle également qu'"il y a quelque temps, un grand nombre de prêtres et même d'évêques dans les grandes villes russes venaient d'Ukraine".

« Beaucoup d'entre eux étaient originaires d'Ukraine occidentale, issus de familles traditionnelles, ils ont été moins touchés par les répressions staliniennes, ils ont conservé leur foi, malgré l'oppression qui a suivi. Mais maintenant, il y a beaucoup moins de prêtres ukrainiens, au cours des 10 à 15 dernières années, ils ont été progressivement éliminés », explique l'archimandrite.

Avant l'invasion de l'armée russe le 24 février 2022, la plupart de l'épiscopat et du clergé de l'EOU étaient assez fidèles au patriarcat de Moscou, étaient considérés comme pro-russes et avaient même des récompenses d'État russes. Par exemple, le métropolite Serge de Ternopil (Nikolas Mitrokhine) le caractérise comme "un évêque très respecté, strict et conservateur", le président russe Vladimir Poutine a décerné en 2013 l'Ordre de l'amitié des peuples. Peu de temps après le début de l'invasion, le métropolite a rendu cette décoration.

« Je rend, « l'Ordre de l'amitié des peuples », reçu lorsque nos peuples vivaient en paix. Je condamne fermement l'agression contre l'Ukraine », a annoncé l' évêque .

Selon Nikolas Mitrokhine, avant l'invasion, le métropolite Euloge de Soumy était également pro-russe et tres fidèle au patriarcat de Moscou, qui a soutenu l'appel de ses clercs en refusant de commémorer le patriarche de Moscou. Le primat de l'Église orthodoxe russe ne pouvait ignorer ceci.

« La fin de la commémoration du primat de l'Église, non pas à cause d'erreurs ou de délires doctrinaux ou canoniques, mais à cause d'une incohérence avec certaines opinions et préférences politiques, est un schisme dont tous ceux qui le commettent répondront devant Dieu, et non seulement dans le siècle futur mais aussi dans le siècle actuel », a précisé le patriarche Cyrille.

L'archiprêtre Georges Taraban, secrétaire du diocèse de Soumy, se souvient dans une interview avec « Medouza » : "Le diocèse a toujours été très cohérent et sans ambiguïté en ligne avec une communication constante avec l'Église orthodoxe russe". Dans ses temples, selon G. Taraban, "une commémoration constante dans la prière du patriarche était irrésistiblement exécutée".

« Le matin du 24 février 2022 a tout changé. Notre région borde directement la Fédération de Russie, c'est une longue partie de la frontière - en conséquence, il y a eu des attaques de la Fédération de Russie à tous les passages frontaliers. La guerre a commencé dans la région de Soumy. Je me suis rendu compte qu'un certain tournant est arrivé, qu'il y a une sorte de limite éthique qui révèle de nouvelles significations de la manière habituelle, y compris liturgique », explique l'archiprêtre.

Selon p. George Taraban, les sermons du patriarche sont "difficiles à écouter lorsque les obus explosent par la fenêtre, mais en même temps, le meurtre de civils s'explique par une sorte de nécessité". L'archiprêtre estime que le patriarche aurait pu parler différemment de la guerre et que ses paroles "pourraient empêcher le terrible bain de sang qui se déroule actuellement quotidiennement à Soumy et dans toute l'Ukraine".

"Mais cela ne s'est pas produit. Il est devenu clair qu'il n'y aurait aucun appel du patriarche concernant la prévention de la guerre », se souvient p. G.Taraban des premiers jours de la guerre. Il est sûr qu'une telle position du chef de l'Église orthodoxe russe s'est avérée être la limite pour le clergé de Soumy, après quoi "il est devenu impossible de considérer le patriarche comme quelqu'un qui chérit son troupeau, sur lequel les bombes de l'armée russe sont tombées."

Selon le père George, les prêtres de Soumy communiquent constamment avec leur troupeau, "avec les personnes qu'ils ont baptisées, mariées, qu'ils doivent enterrer à la suite de l'invasion militaire de la Russie". Dès lors, selon l'archiprêtre, leur refus de la commémoration liturgique du patriarche est manifeste.

Dans le même temps, le secrétaire du diocèse de Soumy en est sûr, le fait que le diocèse continue de commémorer le primat de l'EOU Mgr Onuphre « ne nous permet pas d'interpréter la décision du clergé du diocèse [de ne pas commémorer Cyrille] comme une scission."

Suite vers 2e PARTIE >>>ICI

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Mars 2022 à 20:22 | Permalien

Des changements tectoniques arrivent dans l'orthodoxie mondiale!  (Partie 2)
Cette publication ne reflète pas nécessairement la vision de P.O.

L'envoyé spécial de « Medouza », Andrey Pertsev, raconte comment le Patriarcat de Moscou qui soutenait le Kremlin pourrait perdre beaucoup à la suite du "tour impérial" du patriarche Cyrille.

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"Se séparer de l'Église impériale"

Les érudits sont convaincus que les hiérarques de l'Église orthodoxe d’Ukraine sont guidés non seulement par leur propre vision lorsqu'ils critiquent l'Église orthodoxe russe, mais qu’ils veulent satisfaire leurs paroissiens . Serge Tchapnine note que l'EOU est la plus nombreuse communauté religieuse d'Ukraine.

« Une question se pose : si des orthodoxes tuent des orthodoxes et que le patriarche se tait, alors quel genre de patriarche est-ce ? dit Tchapnine : "Lorsque le primat de l'Eglise n'a pas pu appeler une guerre une guerre, une agression une agression, pour défendre son troupeau face aux autorités qui ont déclenché la guerre, il est impossible de restaurer le respect envers un tel patriarche, c'est une honte."

Selon l’historien de l'église Nicolas Mitrokhine, les paroissiens de l'EOU "ont perçu de manière extrêmement négative la position quasi neutre du patriarcat au cours de la première semaine du conflit". "Et après de tels sermons du patriarche, il est devenu clair qu'il n'y avait rien de quoi discuter avec lui", ajoute Mitrokhine

Le rédacteur en chef du site Credo.ru A. Soldatov attire l'attention sur le fait que même la Laure de Kyiv-Petchersk et la laure de la Dormition de la Mère de Dieu de Sviatohirsk , autrefois très fidèles à Moscou - ont changé le protocole de la commémoration de Cyrille. "Ce n'est pas interrompu , mais ce n'est plus aussi solennel. Ils prient simplement pour "le très saint patriarche Cyrille" et "pour Sa Béatitude le métropolite Onuphre", dit Soldatov. Selon lui, auparavant, le libellé, qui fait maintenant référence à Onuphre, était utilisé avec le nom de Cyrille.

Le refus de commémorer le patriarche est l'un des premiers pas vers l'autonomie complète de l'EOU vis-à-vis du l’Eglise russe PM. Aujourd'hui, elle est considérée comme une église indépendante , qui a son propre responsable élu par l'épiscopat ukrainien. De plus, l'église d’Ukraine ne partage pas son budget avec celui du Patriarcat de Moscou. Cependant, canoniquement, l'EOU est subordonnée au PM.

Tous les experts interrogés par « Medouza » prévoient quel l’EOU prendra la décision de se séparer de l'Église orthodoxe russe après la fin des hostilités. Serge Tchapnine précise :

« C'est un processus douloureux de se séparer du Patriarcat de Moscou comme de l'Eglise impériale. Il ne voulait pas renforcer les liens spirituels entre la Russie et l'Ukraine, les Ukrainiens eux-mêmes n'étaient pas importants pour lui, il n'en parlait pas dans ses sermons. Pour le Patriarche, la clé était le lien administratif, et l'Ukraine n'était qu'un territoire canonique. Pour lui, la préservation de l'Eglise sur le territoire qui appartenait autrefois à l'Empire était la tâche principale. Nous voyons maintenant qu'il a perdu l'Ukraine - il n'a pas réussi à faire face à la tâche principale de sa vie ».
Tchapnine appelle le processus de séparation de l'EOU du PM "irréversible". Il s'attend à ce que les hiérarques convoquent un Concile , où ils discuteront des formes de sortie du Patriarcat de Moscou et de l'existence de l'EOU à un nouveau titre. Plus tard, la nouvelle église ukrainiennes pourra être reconnue par d'autres Eglises locales.

L'archimandrite Kirill (Govoroun) est également convaincu qu'il est impossible de parler aujourd'hui de l'ancien statut de l' EOU : « ses hiérarchies ont déjà pris conscience de l'inévitabilité des changements. Ils comprennent qu'il est impossible de vivre ainsi plus longtemps et ils réfléchissent à d'autres étapes. Pour chacun d'entre eux, le sens de ces étapes peut être différent. Ils quittent la zone de confort dans laquelle ils vivaient avant la guerre, abandonnant le statu quo et essayant de trouver de nouvelles formes d'existence de l'église », explique l'archimandrite.

Nicolas Mitrokhine attire l'attention sur les liens entre le métropolite Onuphre et l'Église orthodoxe de Roumanie, (en tête le Patriarche Daniel de l’Église orthodoxe de Roumanie ”) . « Mgr Onuphre est originaire de la région de Tchernivtsi, où l'influence de la Roumanie est forte. Après la guerre, le métropolite Onuphre sera approuvé conjointement par Moscou, Bucarest, Belgrade et Sofia . Mais tout cela sera le résultat de longues négociations. Le patriarcat de Moscou a clairement déclaré qu'il avait besoin du peuple du Donbass, mais qu'il n'avait pas besoin de l'Ukraine. Si ce n'est pas nécessaire, Onuphre a toutes les raisons de négocier l'autocéphalie », explique Mitrokhine.

Trois voies de l'Église ukrainienne

Sur le chemin de l'autocéphalie, l'EOU peut cependant rencontrer des difficultés. En 2018, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée a déjà reconnu l'Église orthodoxe autocéphale d'Ukraine dirigée par le patriarche Philarète. Nicolas Mitrokhine estime qu'il sera difficile pour une plus grande EOU de fusionner , bien qu'il ne considère pas un tel scénario comme impossible.

« L'EOU est prétend avoir un statut national, et du point de vue du droit ecclésial, elle a ce statut. Maintenant, c'est assez difficile de dire que les plus grands rejoindront les plus petits », acquiesce Serge Tchapnine, précisant qu'il est encore difficile de formuler un pronostic clair sur le sort de l'autocéphalie : « Apparemment, il y aura un nouveau Concile fédérateur, il le faudra un jour».

A. Soldatov estime que pendant un certain temps l’EOU pourrait devenir subordonné au Patriarcat de Constantinople dans les mêmes conditions qu'il existe dans l'Église orthodoxe russe (commémoration du patriarche Bartholomée, indépendance dans la gestion du budget et nomination d'un primat et d'évêques).

« C'est une séparation qui a mûri au niveau des évêques. Je les ai rencontrés dans le cadre de mes recherches, et ils m'ont dit: « Nous sommes une Eglise indépendante, et nous n'aimons pas Cyrille. L'un des évêques ukrainiens faisant autorité, considéré comme le chef d'un immense tendance spirituelle m'a dit avec insistance: «Si vous serez à Moscou, dites à Cyrille que je ne l'aime pas. Je respecte son titre, mais je n'aime pas ça." Il est détesté depuis 2014 pour l'expédition Girkine , pour arrogance, bureaucratie, manque de chaleur, manque d'intérêt réel pour l'Ukraine. Ils n'ont pas aimé pendant longtemps, mais ensuite tout est devenu clair », conclut Nicolas Mitrokhine.

L'archimandrite Kirill (Govoroun) voit également trois voies possibles pour l'EOU ( l'Église orthodoxe d’Ukraine) - l'autocéphalie, l'annexion de certains diocèses, paroisses et monastères individuels à l'EOU, et la commémoration du patriarche de Constantinople comme une option intermédiaire. « Jusqu'à présent, la transition vers l'EOU n'est pas généralisée. Certains veulent se tenir en attente entre les voies juridictionnelles et pour le moment, ils veulent commémorer le patriarche de Constantinople, puis discuter d'une sorte d'unification », explique le père Kirill.

Le patriarcat de Moscou risque de perdre non seulement l’Église orthodoxe d’Ukraine, mais aussi l' archidiocèse d'Europe occidentale , dont le responsable, le métropolite Jean de Doubna, a déjà critiqué la position du patriarche Cyrille. Des paroisses séparées en Europe peuvent également faire sécession.

«L'Église orthodoxe russe peut avoir des difficultés avec l'archidiocèse d'Europe occidentale, il y a des paroisses d'émigrés, des intellectuels. Les gens peuvent dire : « Eh bien, qu'est-ce qui nous a amenés à l'Église orthodoxe russe ? En tant que paroisses autonomes, dirigeons-nous n'importe où - vers les Bulgares, les Roumains, les Grecs », explique Nikolas Mitrokhine.

Selon lui, l'Église moldave, qui depuis 1944 fait partie de l'Église orthodoxe russe, et depuis 1992, comme l'EOU ( l'Église orthodoxe d’Ukraine) , a le statut d'autonomie, peut également se détacher de l'Église orthodoxe russe.

« Si les autorités moldaves adoptent fermement une voie pro-européenne et que la population la soutient, alors l'Église devra faire un choix. Là aussi, tout est prêt pour l'autocéphalie », estime Mitrokhine. Le 3 mars 2022, les autorités moldaves ont déjà déposé une demande d'adhésion à l'Union Européenne.

A. Soldatov admet que l'archidiocèse d'Europe occidentale pourrait revenir dans le giron du patriarcat de Constantinople, qu'il a quitté assez récemment. Soldatov précise que certains des prêtres faisant autorité sont restés subordonnés à Constantinople.

Le patriarche lui-même a choisi le chemin de la non-liberté

"La Russie [à cause de la guerre avec l'Ukraine] s'est retrouvée dans l'isolement politique et économique, et l'Église orthodoxe russe, très probablement, se retrouvera bientôt isolée de l'ensemble du monde chrétien en raison de la justification de la guerre par les dirigeants de l'Église », estime Serge Tchapnine.

Ce qui se passe est le résultat de la politique de l'Église impériale du patriarche Cyrille et des hiérarques de l'Église orthodoxe russe qui lui sont fidèles, conviennent les experts. "Tout le monde pensait de Cyrille qu'il était un libéral progressiste, mais il s'est avéré être un impérialiste " ironise Nikolai Mitrokhine.

Serge Tchapnine appelle le patriarche Cyrille à « une tentative de restauration de l'église impériale » - à la fois en termes de contrôle sur le territoire et en termes de proximité avec l'appareil d'État.
"Les processus de l’ Eglise orthodoxe russe copient les processus de l'État russe", estime Tchapnine. - Dans les années 1990, l'État a lancé des procédures démocratiques, et l'Église semblait plus démocratique et libre. Il y a eu des mouvements de laïcs libres, de grandes paroisses indépendantes, se sont formées, des prêtres-prédicateurs talentueux et libres . Puis le pouvoir s'est tourné vers la tradition de l'impériale , l'église officielle y a pleinement adhéré, a commencé à réduire en son sein les mécanismes démocratiques et conciliaires et s'est transformée en une structure hiérarchique rigide, dirigée par le seul patriarche.
"Elle [l'Église orthodoxe russe] est dirigée par une seule personne, sans aucune synodalité", explique l'archimandrite Kirill (Govoroun) . « Et le pouvoir illimité d'une seule personne ne permet ni au pays ni à l'église d'exister normalement. »

Dans le même temps, Nicolas Mitrokhine note qu'en 2018-2019, l'Église orthodoxe russe a tenté de changer son image. Cela s'est produit après qu'il soit devenu clair que l'Ukraine n'allait pas quitter le Patriarcat de Moscou.
« Cyrille a transformé l'idéologie de l'Église du « monde russe » d'un seul État, où il y avait une seule moralité, vers l'orthodoxie mondiale universelle. Ils disent que nous sommes une grande Église orthodoxe mondiale, et nous avons ignoré le concept des frontières canoniques. Nous ouvrirons des paroisses sur tous les continents, et la nature des personnes là-bas n'est pas très importante ; quels rituels ils observent aussi », explique l'expert.
À titre d'exemple, Mitrokhine cite l'expédition africaine de l'Église orthodoxe russe, qui, selon lui, est maintenant « partie aux alouettes ». On parle de joindre à l’ Eglise orthodoxe russe une centaine de paroisses de pays Africains qui appartenaient auparavant au Patriarcat d'Alexandrie . La raison en était la reconnaissance de l' Eglise russe par le patriarche d'Alexandrie, ce à quoi s'opposaient certains prêtres et leurs paroissiens.

L’ Eglise russe prévoyait alors d'ouvrir des établissements d'enseignement spirituel en Afrique, des diocèses nord et sud-africains sont apparus sur le territoire du continent, et le métropolite Leonid, l'exarque patriarcal en Afrique, en est devenu le responsable.

Après les prêches du Patriarche à l'appui des opérations militaires en Ukraine, le virage inverse vers « l'église impériale » s'est imposé. « Tout comme la Russie [à cause de la guerre] a enterré toutes ses réalisations technologiques et sociales des 35 dernières années et est revenue en URSS vers 1984, l'Église orthodoxe russe enterre également tous ses acquis » , déclare Mitrokhine.

Alexandre Soldatov parle également de « l'évolution du patriarche Cyrille ». Selon lui, dès 2014, le responsable de l'Église orthodoxe russe "se faisait des illusions sur la relance de la vie ecclésiale, les réformes qu'il a conçues en allant au patriarcat".

« Maintenant, c'est un leader épuisé sans idées brillantes ni charisme, résigné au fait que rien n'a fonctionné. Il comprend que le scénario le plus sûr pour lui est de s'asseoir dans la position que le Kremlin a assignée au Patriarcat de Moscou, sans rien réclamer de plus. Le patriarche en a besoin juste pour survivre. Il est obligé d'être dans une soumission complète, de répéter les récits qui lui sont demandés au Kremlin », argumente Soldatov, précisant que Cyrille lui-même a longtemps été un protagoniste de l'idéologie du « monde russe », qui comprend « le concept de l’unification idéologique de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie dans la formule de la Sainte Russie.
Une telle position du primat de l'Église orthodoxe russe, selon A. Soldatov, peut conduire au fait que le patriarcat de Moscou sera complètement «privé de communion ecclésiale» avec d'autres églises. "Des changements tectoniques arrivent dans l'orthodoxie mondiale", prédit Soldatov.

L'archimandrite Kirill (Govoroun), qui connaissait bien le primat de l'Église orthodoxe russe, qualifie l'évolution du patriarche Cyrille de "dramatique".
Il rappelle que le responsable du patriarcat de Moscou a parlé dans le cadre de conversations privées du "soutien total à l'Ukraine et au peuple ukrainien, de la reconnaissance de leur identité, de leur droit à une existence indépendante" et a même "autorisé la possibilité d'une existence indépendante pour l'EOU".

"Maintenant, le patriarche Cyrille s'est identifié sans équivoque - il s'est identifié lui-même et son associé – à la politique du Kremlin pour soutenir la guerre. C'est un signal pour Vladimir Poutine, pour dire que le patriarche sera avec lui jusqu'au bout. Beaucoup disent qu'il n'est pas libre dans ses actions et qu'il ne peut agir que dans une seule direction - la direction de la propagande officielle", estime le père Kirill, ajoutant que "le patriarche lui-même a choisi un tel manque de liberté, le chemin qui y mène".

Selon l'archimandrite, si le patriarche s'oppose maintenant à la guerre, sa mission sera en danger.
En même temps, il estime que l'idéologie du «monde russe», au début de la carrière patriarcale de Cyrille, avait un contenu légèrement différent, bien que même alors, le primat de l'Église orthodoxe russe ait parlé de l'unité des Russes, des Ukrainiens et des Biélorusses.

« Elle est née du désir d'évangéliser le peuple russe qui, après la période communiste et athée, s'est retrouvé sans foi. Le patriarche a estimé qu'il y avait une demande pour une nouvelle forme idéologique et a proposé l'idéologie du "monde russe". Je pense qu'il voulait créer un tel hybride de religion et d'idéologie d'État qui pourrait attirer des millions de personnes vers l'Eglise. L'idée était bonne, mais à la fin tout s'est avéré être son contraire. Pas une masse de gens se sont tournés vers l'Eglise, mais elle-même s'est avérée idéologique, elle a remplacé le dogme par des clichés idéologiques », explique le père Kirill.

Selon ses prévisions, il est également peu probable que l’Eglise orthodoxe russe maintienne le statu quo : l'Église peut s'éloigner de la forme de contrôle personnel et revenir au principe collégial du Saint-Synode.

Il n'exclut pas l'option, qui semble désormais tout à fait invraisemblable, selon laquelle le métropolite Onuphre , si la forme patriarcale de gouvernement est préservée dans l’Eglise russe, peut en devenir le primat. « Il pourrait être le candidat n° 1. Le peuple russe a besoin d'une personnalité qui défendrait l'indépendance de l'Église vis-à-vis de l'État. Le métropolite Onuphre est un non-conformiste à cet égard, il prône la non-mondanité de l'Église, son altérité par rapport à l'État. Et il y a une demande pour cela », dit l'archimandrite Kirill.

Cependant, il précise aussitôt que le passage à une forme de gouvernement Synodal et l'émergence d'un patriarche non conformiste ne sont possibles qu'en cas de changement de pouvoir en Russie. "Et maintenant", estime l'archimandrite, "cela ne ressemble pas à une utopie".

PARTIE 1 >>>ICI

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Mars 2022 à 18:40 | Permalien

L'Église orthodoxe russe a annoncé la possibilité de reporter le Concile  des évêques en raison des événements en Ukraine
L'Église orthodoxe russe envisage la possibilité de modifier la date et le format du Concile des évêques prévu pour mai de cette année.

"La Concile était prévu pour novembre, mais en raison de la grave situation épidémique, il a été reporté. Maintenant, d'autres difficultés sont apparues : il est très probable que de nombreux évêques ne pourront pas venir à Moscou en raison des restrictions de transport. Nous suivons la situation et au bon moment, nous prendrons une décision sur la manière dont nous tiendrons le Concile des évêques et quand le tenir », a déclaré le métropolite Hilarion, responsable du Département synodal sur la chaîne de télévision Rossiya-24.

Selon lui, il existe plusieurs options. L’une option de tenir le Concile à la date fixée, l'autre est de le reporter à une date ultérieure (peut-être à l'automne), et la troisième option est de prévoir une participation à distance de certains des évêques.

"Nous devrons réfléchir tous ces facteurs afin de pouvoir prendre une décision appropriée", a résumé le métropolite Hilarion.

Comme indiqué, l'une des principales questions à l'ordre du jour du prochain Concile devait être définitive de la position de l'Église sur l'authenticité des restes impériaux trouvés près d'Ekaterinbourg.

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Как сообщалось, одним из основных вопросов повестки предстоящего Собора должно было стать окончательное определение позиции Церкви в вопросе о подлинности найденных под Екатеринбургом царских останков.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Mars 2022 à 15:50 | 2 commentaires | Permalien

Lettre de Métropolite JEAN de Doubna au clergé
Paris, le 17 mars 2022

Excellences,
Chers Doyens, chers Recteurs,
Chers Pères, chers Diacres,

La lettre ouverte que j'ai adressée au patriarche Cyrille a donné lieu à des réactions diverses et contrastées! Il ne pouvait sans doute pas en être autrement dans la situation de tension extrême qui s'est emparée du monde.

Si nous ne sommes pas ici sur la terre de douleur elle-même, nous en partageons les larmes par nos proximités familiales, ethniques, historiques, ecclésiales. Cette diversité, qui fait la richesse spirituelle de notre Archevêché, est aussi une fragilité dans les circonstances présentes.


Je prends la mesure des contradictions qui secouent notre Archevêché et qui traversent la plupart de nos paroisses.

Aussi je propose à chaque prêtre de choisir en fonction des sentiments des paroissiens
qu’il connaît, et pour préserver la paix et l’unité, de commémorer ou non le patriarche Cyrille,
dans les litanies et lors de la Grande entrée. Je rappelle que cette commémoraison est une
tradition de l’Église russe, qui ne s’impose pas des points de vue canonique et ecclésiologique
: l’évêque commémore le patriarche assurant ainsi le lien canonique, le prêtre commémore
l’évêque. Cependant nous devons tous le commémorer lors de la Proscomidie.

Me reviennent à l'esprit les versets de l’Ecclésiaste (III-7) : « …. il y a un temps pour
l'amour un temps pour la haine, un temps pour la paix un temps pour la guerre », cette guerre
dont le Seigneur lui-même dit « il faut que cela arrive » (Mat XXIV-6), ….mais prenez
courage j’ai vaincu le monde. (Mat XVI-33). Le Seigneur évoque là une dimension « mystérieuse » qui nous dépasse.


Je souhaite partager dans cet esprit la profonde réflexion spirituelle proposée par
l’archimandrite Zacharie (monastère de Maldon) : « Nous ne savons pas tout des conflits de
ce monde, et il n’est pas nécessaire de le savoir. Nous prions juste avec un cœur compatissant
pour la paix du monde et pour tous. Nous ne prenons pas parti, parce que chaque partie sera
responsable de crimes, et nous ne voulons pas partager ces crimes et être condamnés Si nous prions pour ceux qui ont plus tort que raison, eh bien, nous accomplissons le commandement d’aimer même les ennemis.

Et si nous prions pour ceux qui ont plus raison que tort, nous faisons bien.

Par conséquent, nous ne pouvons pas nous tromper si nous prions pour que Dieu sauve tous et accorde la paix au monde.


Surtout pour nous, prêtres et moines, il est très important de ne pas être politique du
tout, car nous offrons notre sacrifice à Dieu, la sainte liturgie, pour le monde entier ; et si
nous sommes pour certains et contre d’autres, notre sacrifice est annulé. Je pense que
lorsqu’il y a une guerre, le mieux n’est pas de juger, mais d’avoir de la compassion et de
prier pour que le Seigneur épargne toutes les souffrances.

Si ma liturgie doit avoir une valeur quelconque, personne ne devrait manquer à mon
cœur quand je me tiens devant l’autel de Dieu et que je Lui dis : « À toi, nous T’offrons, en
tout et pour tous ».

Excellences, chers Pères, chers Diacres, je vous souhaite de tout mon cœur un bon et
saint carême ; qu’il soit tout particulièrement un temps d’apaisement de nos passions,
d’intégrité de notre âme et de notre esprit.

Avec la bénédiction du Seigneur,
† Métropolite JEAN de Doubna,
Archevêque des Églises Orthodoxes de Tradition Russe
en Europe Occidentalе

Lettre de Métropolite JEAN de Doubna au clergé en PJ

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Mars 2022 à 15:19 | Permalien

Le langage de Jésus et non de la politique
La salle de presse du Saint-Siège a confirmé que le Saint-Père avait eu une visioconférence avec le patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies dans l'après-midi du mercredi 16 mars au sujet de la guerre en Ukraine et du rôle des chrétiens et de leurs pasteurs pour favoriser la paix.

Lors de cet échange, le premier depuis le début de la guerre en Ukraine, le Pape François, en présence du cardinal Kurt Koch, président du conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, a évoqué le conflit en cours avec Cyrille, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, et le métropolite Hilarion de Volokolamsk, chef du département des Relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

Le Pape a remercié le chef de l’Église orthodoxe russe pour cet entretien, «motivé par la volonté d’indiquer, comme pasteur de leur peuple, une route pour la paix, de prier pour le don de la paix et pour que cesse le feu» a indiqué Matteo Bruni, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège. «L’Église, a convenu le Pape avec le patriarche, ne doit pas utiliser la langue de la politique mais le langage de Jésus». «Nous sommes pasteurs du même saint peuple qui croit en Dieu, dans la Très Sainte Trinité, dans la Sainte Mère de Dieu: nous devons pour cela nous unir dans l’effort d’aider la paix, d’aider celui qui souffre, de chercher les voies de la paix, pour arrêter le feu».

Pas de guerre juste ou sainte

Ils ont souligné également l’importance exceptionnelle du processus de négociation en cours. «Qui paie le compte de la guerre, ce sont les gens, ce sont les soldats russes et les gens qui sont bombardés et qui meurent» a déclaré le Pape. «Comme pasteur, nous avons le devoir d’être proches et d’aider toutes les personnes qui souffrent de la guerre. À une époque, on parlait encore dans nos Églises de guerre sainte ou de guerre juste. Aujourd’hui, on ne peut plus parler ainsi. Une conscience chrétienne de l’importance de la paix s’est développée» a-t-il poursuivi.

«Les Églises sont appelées à contribuer à renforcer la paix et la justice» a convenu François avec Cyrille, avant de conclure son entretien en disant: «les guerres sont toujours injustes. Parce que c’est le peuple de Dieu qui paie. Nos cœurs ne peuvent que pleurer face aux enfants, aux femmes tuées, à toutes les victimes de la guerre. La guerre n’est jamais la solution. L’Esprit qui nous unit nous demande comme pasteurs d’aider les peuples qui souffrent à cause de la guerre».

Entretien avec Olaf Scholz

Mercredi 16 mars, le Pape François s'est par ailleurs entretenu avec Olaf Scholz. Comme l'a confirmé le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le Souverain pontife et le chancelier allemand se sont accordés sur l'absolue nécessité de cesser les hostilités et de rechercher une solution pacifique au conflit.

De son côté, le chef de l’Église d’Angleterre, l’archevêque de Canterbury Justin Welby, s'est également entretenu dans la même journée avec le patriarche orthodoxe russe Cyrille, a annoncé l’Église russe, peu après un entretien avec le Pape François. «Une discussion détaillée sur la situation critique en Ukraine a eu lieu», a indiqué l’Église russe dans un communiqué publié dans la foulée, précisant que Cyrille avait «exposé en détail la position» de Moscou et évoqué des «aspects humanitaires».
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Mars 2022 à 13:53 | -34 commentaire | Permalien

Les quarante Saints Martyrs de Sébaste  (✝ 320)
Quarante soldats romains refusent d’offrir des sacrifices aux idoles et se déclarent chrétiens. Ils sont exposés, nus, sur le lac gelé de Sébaste, en Petite Arménie.

Ils étaient quarante militaires de la XIIe légion, Fulminata (la Fulminante), cantonnée à Sébaste en Petite-Arménie, lorsque l'empereur Licinius ordonna à toute l'armée de renouveler son serment de fidélité en sacrifiant aux dieux. Saint Vivien et les martyrs de Sébaste, paroisse de Pouilly.

Ces quarante soldats se déclarèrent chrétiens et ils furent condamnés à être jetés, nus, sur un étang gelé et à mourir de froid, lentement, alors qu'au bord de l'étang des thermes bien chauffés tentaient de les séduire. Un seul apostasia et fut immédiatement remplacé par le gardien des thermes, impressionné par leur courage.

Au matin, ceux qui étaient encore en vie, furent tués à coups de barres de fer. Leurs reliques furent tout de suite l'objet d'un culte très populaire.

Cette icône est datée et signée du nom d’un artiste inconnu, Nikitarea.

Quant aux noms des martyrs, il ne voit pas de raison de douter de la vérité de ces noms, quoique saint Basile et les autres Pères n'aient pas jugé nécessaire de les marquer, et que les pièces dans lesquelles on les trouve ne soient pas fort authentiques. Les traditions populaires altèrent bien les noms propres, mais n'ont pas accoutumé de les inventer, surtout en un si grand nombre.

Les noms des saints martyrs étaient : Candide, Domitien, Dianius, Quirion, Valens, Venerandus, Alexandre, Esicius, Sisinnius, Valerius, Mellitius, Euticius, Ulloctemonius, Babianus, Heraclius, Lysimaque, Claude, Flavien, Jean, Hélius, Sanctinianus, Cadonius, Domninus, Léonce, Cavius, Athanase, Sévérien, Candide, Cyrille, Ethus, Sacerdonius, Eutychius, Acace, Gorgon, Eunochius, Nichalius, Théodore, Théophile et Mélithon.

Leurs corps furent brûlés, et leurs ossements jetés dans une rivière ; mais ils flottèrent sur l'eau et furent recueillis par les fidèles. Les soldats chrétiens des premiers siècles ont souvent illustré leur foi et leur courage dans les supplices, au milieu des persécutions SUITE
Les quarante Saints Martyrs de Sébaste  (✝ 320)

Страдание святых 40 мучеников Севастийских

В 313 году Святой Константин Великий издал указ, согласно которому христианам разрешалась свобода вероисповедания и они уравнивались в правах с язычниками. Но его соправитель Ликиний был убежденным язычником и в своей части империи решил искоренить христианство, которое значительно распространилось там. Ликиний готовился к войне против Константина и, боясь измены, решил очистить от христиан свое войско..Далее

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Mars 2022 à 04:10 | 0 commentaire | Permalien

« J'ai donné ma parole d'honneur au Tsar de rester avec lui tant qu'il serait en vie»
Le médecin de l'Empereur Eugène Botkine a été glorifié par l'Assemblée des Évêques en 2016

Pravoslavie i Mir Traduit du russe par Marie et André Donzeau

Eugène Botkine est né le 27 mai 1865 à Tsarskoïe Selo, dans la famille de l'éminent scientifique et médecin russe, fondateur de la médecine expérimentale, Sergueï Pétrovitch Botkine. Son père était médecin de la cour des empereurs Alexandre II et Alexandre III.

Dans son enfance, il reçut une excellente instruction et fut immédiatement admis en cinquième classe du lycée classique de Saint-Pétersbourg.

A la fin de ses études secondaires, il entra à la faculté de physique et de mathématiques de l'Université de Saint-Pétersbourg, mais après la première année, il décida de devenir médecin et fut admis au cours préparatoire de l'Académie de médecine militaire.

La carrière médicale d'Eugène Botkine commença en Janvier 1890 dans les fonctions de médecin-assistant à l’Hôpital pour les pauvres Sainte Marie. Un an plus tard, il partit à l'étranger afin d’y poursuivre ses recherches, étudia chez les plus éminents savants européens et se familiarisa avec l'organisation des hôpitaux de Berlin.

En mai 1892, Eugène Botkine devint médecin de la Chapelle de la Cour et en janvier 1894, il retourna à l'hôpital Sainte Marie. En même temps, il continua son activité scientifique : il étudia l'immunologie, le processus de la leucocytose et les propriétés protectrices des cellules sanguines.
En 1893, il soutint brillamment sa thèse. Son contradicteur officiel lors de sa soutenance fut Ivan Pavlov, physiologiste et premier prix Nobel russe

***
Au début de la guerre russo-japonaise (1904) Eugène Botkine partit comme volontaire dans l'armée en campagne et devint chef du département médical de la Croix-Rouge russe dans l'armée de Mandchourie. Selon les souvenirs de témoins, malgré sa fonction administrative, il passa beaucoup de temps sur la ligne de front. Pour la perfection de son travail, il reçut de nombreuses décorations, y compris des décorations d'officier de troupe.

En automne 1905 Eugène Botkine retourna à Saint-Pétersbourg et commença à enseigner à l'Académie. En 1907, il fut nommé médecin-chef de la communauté Saint-Georges dans la capitale. En 1907, après la mort de Gustav Hirsch, la famille impériale se trouva sans médecin.

L'impératrice Alexandra Fedorovna a remarqué le travail de Eugène Botkine qui a obtenu une audience. Personne ne sait de quoi il lui a parlé en privé, souffrant non seulement d’une santé fragile , mais surtout de la maladie incurable et soigneusement cachée de son fils, l'héritier du trône de Russie.

Après la réunion, Eugène Botkine a été invité à prendre la fonction de médecin de la famille impériale . Peut-être son travail sur l'étude du sang a joué un rôle, mais, très probablement, l'impératrice a deviné en lui une personne compétente, responsable et altruiste.

La candidature du nouveau médecin de la cour fut suscitée par l'Impératrice elle-même, qui, a la question de savoir qui elle aimerait voir occuper ces fonctions, répondit : "Botkine". Lorsqu'on lui dit qu'à cette époque à Saint-Pétersbourg il y avait deux Botkine également connus, elle répondit : "Celui qui a fait la guerre!".

Botkine était plus âgé que son impérial patient, Nicolas II, de trois ans. La charge de médecin de la cour consistait à soigner tous les membres de la famille impériale, ce dont il s’acquittait méticuleusement et consciencieusement. Il lui arrivait d'examiner et de soigner l'Empereur, qui avait une santé vigoureuse, les grandes-duchesses, qui souffraient de diverses infections infantiles. Mais l'objet principal des efforts d'Eugène Botkine était le tsarévitch Alexis, qui souffrait d'hémophilie.
« J'ai donné ma parole d'honneur au Tsar de rester avec lui tant qu'il serait en vie»

Les grandes-duchesses Marie et Anastasie avec Eugène Sergueïevitch Botkine.

Après la révolution de Février 1917, la famille royale fut enfermée dans le palais Alexandre à Tsarskoïe Selo. Tous les domestiques et les assistants se virent proposer, à leur choix, de quitter les prisonniers. Mais le docteur Botkine resta avec ses patients. Il ne souhaita pas non-plus les abandonner quand il fut décidé d'envoyer la famille impériale à Tobolsk.

A Tobolsk, il ouvrit un cabinet médical gratuit pour les habitants. En Avril 1918, le docteur Botkine fut transféré avec le couple impérial et leur fille Marie de Tobolsk à Ekaterinbourg. A ce moment-là, il avait encore la possibilité de quitter la famille impériale, mais le médecin ne les abandonna pas. Passant devant la maison où était gardée la famille impériale, de nombreux paysans s'agenouillaient comme devant une icône.

Botkine a expliqué à ses enfants Tatiana et Gleb les changements dans leur vie: malgré le fait que la famille du médecin a déménagé dans un magnifique chalet, est entré dans la composition du gouvernement ,il pouvait participer à la vie du palais, il n'appartenait plus à lui-même. Malgré le fait que sa femme a rapidement quitté la famille, tous les enfants ont exprimé le désir de rester avec leur père. Mais il les voyait rarement, accompagnant la famille impériale pour se soigner, se reposer, lors de voyages diplomatiques. À l'âge de 14 ans, la fille d' Eugène Botkine, Tatiana, est devenue la maîtresse de maison et a géré les dépenses, donnant des fonds pour l'achat d'uniformes et de chaussures à ses frères aînés.
« J'ai donné ma parole d'honneur au Tsar de rester avec lui tant qu'il serait en vie»

Dernière photographie du docteur Botkine avec sa fille Tatiana et son fils Gleb. Tobolsk, 1918

Mais aucune absence, le nouveau mode de vie ne pouvaient détruire ces relations chaleureuses et confiantes qui unissaient les enfants et le père. Tatiana l'a appelé «papa inestimable» et l'a ensuite volontairement suivi en exil, croyant qu'elle n'avait qu'un seul devoir - être près de son père et faire ce dont il avait besoin. Les enfants du tsar ont également traité Eugène Botkine avec la même tendresse, presque comme un parent. Dans les mémoires de Tatiana Botkine, il y a une histoire sur la façon dont les grandes-duchesses lui ont versé de l'eau d'une cruche alors qu'il était allongé avec une jambe douloureuse et ne pouvait pas se lever pour se laver les mains avant d'examiner le patient.

De nombreux camarades de classe et parents étaient jaloux de Botkine, ne réalisant pas à quel point sa vie était difficile à ce poste élevé. On sait que Botkine avait une attitude fortement négative à l'égard de la personnalité de Raspoutine. Tatiana Botkine pensait que l'amélioration de la santé de l'héritier lors de la visite de «l'aîné» était survenue au moment même où on avait déjà pris des mesures médicales qui renforçaient la santé du garçon, et Raspoutine s'est attribué ce résultat.

Lorsqu'on demanda au souverain de choisir une petite suite pour l'accompagner en exil, parmi les généraux qu'il désigna, un seul accepta. Heureusement, on a trouvé des serviteurs fidèles, et ils ont suivi la famille royale en Sibérie, et certains ont également accepté la mort d'un martyr avec les derniers Romanov. Parmi eux se trouvait Eugène Botkine. Dans les mois passés en état d'arrestation, Botkine a non seulement guéri, fortifié, soutenu spirituellement ses patients, mais a également joué le rôle d'enseignant au foyer - les époux royaux ont décidé que l'éducation des enfants ne devait pas être interrompue, et tous les prisonniers ont étudié avec eux .

Ses propres plus jeunes enfants, Tatiana et Gleb, vivaient à proximité dans une maison louée. Les grandes-duchesses et l'impératrice Alexandra Fedorovna ont envoyé des cartes postales, des notes, des petits cadeaux, confectionnés de leurs propres mains, pour égayer la vie difficile de ces garons, qui ont volontairement suivi leur père en exil.

Les enfants ne pouvaient voir «papa» que quelques heures par jour. Mais même à partir du moment où il a été libéré de son arrestation, Eugène Botkine a trouvé l'occasion de visiter des Sibériens malades et s'est réjoui de l'opportunité soudainement ouverte d'une large pratique.

Johann Meyer, un soldat autrichien fait prisonnier par les Russes pendant la Première Guerre mondiale et qui passa du côté des bolcheviks à Ekaterinbourg, écrivit des mémoires intitulés "Comment périt la famille impériale". Dans ce livre, il rapporte la proposition qui fut faite par les bolcheviks au docteur Botkine de quitter la famille impériale et de se choisir un lieu de travail, par exemple, quelque part dans une clinique de Moscou.

Ainsi, l'un des prisonniers de la maison « à destination spéciale » était informé de l'imminence de l’exécution. Il était informé, et ayant eu la possibilité de choisir, il préféra au salut la fidélité au serment qu'il avait fait à l'Empereur. Voici comment Meyer décrit cela : « Voyez-vous, j'ai donné au Tsar ma parole d'honneur de rester auprès de lui tant qu'il serait en vie. Pour l'homme que je suis, il est impossible de ne pas tenir une telle parole. Je ne peux pas non-plus laisser l'héritier seul. Comment pourrais-je concilier cela avec ma conscience ? Vous devez tous le comprendre ».
« J'ai donné ma parole d'honneur au Tsar de rester avec lui tant qu'il serait en vie»

Le docteur Botkine a été tué avec toute la famille impériale à Ekaterinbourg dans la maison Ipatiev dans la nuit du 16 au 17 Juillet 1918.

En 1981, en même temps que les autres fusillés de la maison Ipatiev, il a été canonisé par l'Eglise Orthodoxe russe Hors Frontières.

A Ekaterinbourg, où le meurtre a eu lieu, Tatiana et Gleb n'ont pas été autorisés à aller, ils sont restés à Tobolsk. Pendant longtemps, ils n'ont rien entendu à propos de leur père, et quand ils l'ont découvert, ils ne pouvaient pas y croire.
« J'ai donné ma parole d'honneur au Tsar de rester avec lui tant qu'il serait en vie»

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 21 Mars 2022 à 14:00 | 19 commentaires | Permalien

Pourquoi le patriarche Cyrille se tait
En Russie, environ 75% des personnes se disent de foi orthodoxe. En Ukraine, ils sont 60%. Mais jusqu'à présent, le chef de l'Eglise orthodoxe russe est resté silencieux sur le conflit.

La chercheuse en étude des Églises orientales Barbara Hallensleben fait le point.

***

«Guerre et Paix»: le roman monumental de Léon Tolstoï fait partie de la littérature mondiale. Il décrit les souffrances et les aléas de la campagne de Russie de Napoléon. La guerre est «la chose la plus horrible de la vie», lit-on – surtout lorsqu'elle est célébrée par le vainqueur avec des messes et des «actions de grâce».

La Grande Guerre patriotique (1941-1945) contre l'invasion nazie est profondément enracinée dans la mémoire collective russe. Le nombre de victimes de l'Union soviétique de l'époque grimperait jusqu'à 40 millions. Mais la ténacité victorieuse de la défense russe a marqué la fin du régime adverse, et libéré l'Europe d'Hitler.

Aujourd'hui, c'est la Russie elle-même qui déclenche une guerre abominable contre l'État indépendant voisin, l'Ukraine. Pendant ce temps, les yeux du monde entier sont tournés vers le patriarche Cyrille de Moscou. Il est le chef d'une Église dont les communautés vivent des deux côtés du front, et dont les fidèles, en tant que soldats, sont désormais contraints de se tirer dessus. Comment le patriarche peut-il se traire?

Il devient insupportable qu'il ne condamne pas la guerre avec toute la fermeté voulue. Le monde occidental n'est pas le seul à être horrifié: les fidèles orthodoxes de l'Eglise de Moscou en Ukraine, et partout dans le monde, commencent eux aussi à prendre clairement leurs distances.

L'Eglise orthodoxe russe en Ukraine a son propre chef, le métropolite Onuphre. Avec son synode, il a demandé au patriarche Cyrille d'obtenir du président Poutine la fin immédiate de «l'effusion de sang fratricide». L'Eglise orthodoxe est ainsi confrontée à une rupture.

L'Eglise orthodoxe russe est impliquée dans la guerre

Cette guerre est celle de Poutine. Il a cessé d'agir en tant qu'homme politique ayant une responsabilité envers son peuple, et semble vouloir se poser désormais en figure historique mondiale. Non, la guerre n'a pas été initiée par l'Eglise orthodoxe russe. Cette dernière y est cependant impliquée.

Non seulement en Russie, mais dans l'ensemble de l'orthodoxie, où la relation entre l'Église et l'État est vécue différemment des cultures de l'Ouest. Les églises locales orthodoxes sont principalement des églises «nationales», entretenant un lien avec les gouvernements nationaux respectifs. Cela rapproche de nombreuses églises du gouvernement en place, et génère des conflits politiques en de nombreux endroits.

Dans la première phase qui a suivi l'effondrement du régime soviétique, les églises ont joué un rôle éminemment important. Leurs innombrables martyrs et résistants leur donnaient une crédibilité morale. L'État a dès lors misé sur le soutien de l'Église pendant la dure période de la Perestroïka, et l'a soutenue de diverses manières.

Mais les temps ont changé: l'influence véritable de l'Eglise orthodoxe russe sur la vie publique est désormais minime. Car un dirigeant totalitaire fait aujourd'hui danser cette église à son rythme. Si elle participe à cette mise en scène et ne prend pas rapidement et clairement ses distances, elle sera entraînée dans l'abîme, avec le régime.

Les éléments ecclésiastiques servent de propagande de guerre

La situation ecclésiastique en Ukraine offre l'un des prétextes. à l'invasion russe Une nouvelle «Église orthodoxe d'Ukraine», dont le chef est le métropolite Epiphanij, y a été fondée en 2019 à l'initiative du chef d'Etat Porochenko par le patriarche de Constantinople, Bartholomée.

Comme des groupements qui ne sont pas non plus reconnus ecclésialement par d'autres Eglises orthodoxes sont entrés dans cette structure, l'initiative n'a pas conduit à la réconciliation d'une Église nationale indépendante, mais à de nouveaux clivages. Bien qu'il eût été plus facile, à l'époque, de rejoindre la nouvelle Église, presque toutes les paroisses de l'Église orthodoxe russe ont choisi de rester attachées à Moscou. Cette déstabilisation ecclésiastique en Ukraine rend aujourd'hui la réconciliation plus difficile.

Ce qui retient le patriarche Cyrille de prendre position, c'est peut-être aussi son historique personnel. Ayant grandi à l'époque des persécutions des chrétiens sous le régime soviétique, il a vu plusieurs membres de sa famille mourir en raison de leur fidélité à Dieu. Pour lui, les ravages causés par une idéologie communiste impie se répètent dans un monde séculier «sans Dieu», dont le système de valeurs libérales lui apparaît comme une menace pour l'âme humaine et son salut.

Aucun de ces prétextes ne peut être utilisé pour justifier une guerre, qui est profondément contraire à toute humanité. C'est ici que commence un autre chapitre pour les Églises, en tant que voix prophétiques et diaconales de la paix et de la proximité de Dieu avec les hommes.

En Ukraine, les prêtres et les laïcs assistent jusqu'à l'épuisement les victimes de la guerre. Les églises sont ouvertes 24 heures sur 24 et offrent non seulement une aide matérielle, mais aussi un réconfort et une assistance spirituelle aux croyants et non-croyants ces temps sombres. Les églises, y compris dans les pays limitrophes, s'engagent sans relâche dans l'aide aux réfugiés, souvent plus rapidement et de manière moins bureaucratique que les autorités locales. Les frontières entre confessions et religions s'estompent face à une solidarité humaniste.

En avons-nous fait assez pour l'Église orthodoxe?

Au milieu du chaos de la guerre, les églises sont aussi un signe lumineux d'espoir pour l'après-guerre. La Russie n'est pas Poutine, et l'Église orthodoxe russe n'est pas Cyrille. Dans l'Église et dans la société, il y a en Russie des gens qui, malgré les mécanismes de contrôle totalitaires, sont en résistance contre Poutine, et qui ont besoin de toute les solidarités possibles pour construire une Russie d'après-guerre, une Église orthodoxe russe d'après-guerre.

Peut-être n'avons-nous pas fait assez pour convaincre l'Église orthodoxe russe, «après la chute du communisme», de la fiabilité des partenaires occidentaux, et de la crédibilité de leur style de vie chrétien?

Plus globalement, en avons-nous fait assez pour permettre à l'Ukraine de jouer son rôle de pont entre les cultures de l'Est et de l'Ouest?

Barbara Hallensleben est directrice du Centre pour l'étude des Églises orientales à l'Université de Fribourg. Elle nous livre son analyse quant au rôle de l'église orthodoxe dans le conflit russo-ukrainien.

(Adaptation par Lliana Doudot et Daniella Gorbunova)


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 20 Mars 2022 à 09:43 | Permalien

Saint Grégoire Palamas (1296-1359)
Ce deuxième dimanche de Carême, nous faisons mémoire de notre Père parmi les Saints, Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique

père Nikolaï Tikhonchuk

Saint Grégoire Palamas vécut à la fin de l'empire byzantin De tempérament mystique, dès l'âge de vingt ans, il devient moine et vit en ermite sur le Mont Athos où commence pour lui une vie d'ardente contemplation. Mais bientôt les obstacles se multiplient : la vie monastique et mystique est attaquée ; on tente même de faire passer les moines contemplatifs mystiques pour des hérétiques.

Moine au Mont Athos, Grégoire développe la prière du coeur et rédige de nombreuses homélies sur la Vierge Marie

Grégoire prend la défense des moines qu'on appelle " hésychastes " et donne le fondement de cette expérience spirituelle en définissant une théologie fondamentale qui distingue en Dieu l'inaccessible (l'essence) et le participable (les énergies).

Ce ne sera qu'après plusieurs années de luttes, que la doctrine de Palamas sera officiellement adoptée par l'Eglise byzantine. Grégoire deviendra évêque de Thessalonique.

Bien que la réflexion théologique sur cette question soit encore en discussion entre l'Orient et l'Occident, la spiritualité "hésychaste" est adoptée actuellement par de nombreux fidèles dans l'Eglise d'Occident. Grégoire Palamas est aussi l'auteur de nombreuses homélies sur la Vierge Marie. Moine orthodoxe, il est fêté le 14 novembre au calendrier byzantin.

"Pourquoi, alors, célébrons-nous saint Grégoire Palamas le deuxième dimanche du Grand Carême, après le Dimanche de l’Orthodoxie et avant celui de la Croix ?

Le thème central du Dimanche de l’Orthodoxie, c’est l’incarnation de Dieu, qui s’est fait réellement homme, et s’est fait connaître à nous en prenant chair, c’est pourquoi nous pouvons le représenter comme un homme sur les saintes icônes Le thème du Dimanche de saint Grégoire Palamas, c’est la possibilité pour l’homme d’entrer en communion avec Dieu lui-même. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu », comme l’ont répété de nombreux pères, dont saint Irénée de Lyon. Nous sommes appelés à restaurer en nous l’image de Dieu, qui est ineffaçable, pour retrouver pleinement la ressemblance divine.

Pourquoi, enfin, avant le Dimanche de la Croix ? Pour nous donner le sens de notre effort, le sens de la vie chrétienne, l’espérance des biens à venir avant l’entrée dans la Semaine Sainte. Nous revivons le chemin des apôtres Pierre, Jacques et Jean, qui ont eu l’expérience de la lumière incréée sur le Thabor avant d’accompagner le Christ vers sa Passion :

« Tu T'es transfiguré sur la montagne,
et autant qu'ils la pouvaient supporter.
Tes disciples ont contemplé Ta gloire
pour que, Te voyant crucifié, Christ Dieu,
ils comprennent que Ta passion était volontaire
et qu'ils annoncent au monde que Tu es vraiment la Lumière du Père. »
(Kondakion de la Transfiguration)
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Lire aussi Un pionnier du renouveau patristique dans l'Eglise orthodoxe

Mgr Basile (Krivochéine) était né précisément au début du 20e siècle, le 19 juin 1900, à Saint-Pétersbourg. Son père était ministre de l’agriculture dans le gouvernement du dernier Tsar. En 1916 il termine le lycée et s’inscrit à la faculté d’histoire de l’Université de Petrograd. Dès 1917 il continue ses études à l’Université de Moscou dans la même faculté. Après l’explosion de la révolution il rejoint l’armée blanche. En 1920 il est forcé de quitter sa patrie et se trouve finalement à Paris avec les membres de sa famille qui ont survécu aux épreuves de la révolution. Il s’inscrit à la Sorbonne à la faculté de Lettres où il termine ses études en 1924. Monseigneur Basile (Krivocheine, 1900-1985) Moine au Mont Athos durant 22 ans puis évêque du diocèse du Patriarcat
de Moscou en Belgique durant 25 ans, Basile Krivochéine a été un théologien et un patrologue renommé grâce à son travail de « pionnier » en matière d’études sur saint Grégoire Palamas et saint Syméon le Nouveau théologien

Photo: Châsse de saint Grégoire Palamas, Thessalonique
Saint Grégoire Palamas (1296-1359)

En 1925 il fait un pèlerinage au Mont Athos avec d’autres jeunes orthodoxes (parmi eux Serge Sakharov, le futur archimandrite et starets Sophrony), et décide de rester au Monastère russe St Panteléïmon. Il prononce ses vœux monastiques et reçoit le nom de Basile. Durant cette période, il apprend le grec et il a l’occasion d’étudier la théologie patristique ainsi que des manuscrits qui se trouvent dans la grande et riche bibliothèque du monastère.

Le premier fruit de ces études sera un livre sur Saint Grégoire Palamas un théologien byzantin qui était à l’époque encore peu connu. Ce livre était une oeuvre modeste, mais contient l’essentiel de la pensée théologique de Palamas, et l’auteur souligne l’aspect apophatique de la distinction réelle entre la nature et les énergies de Dieu (ce qui jusqu’à ce jour n’est pas compris par ceux qui critiquent la théologie du défenseur des moines hésychastes).

Mgr Basile explique qu’il s’agit d’une distinction qui est réelle, mais qui transcende les catégories humaines, et il fait référence aux expressions utilisées par Palamas comme par ex. “inexprimable” ou “propre à Dieu seul”. Il est significatif que Mgr Basile ait commencé ses études des Pères de l’Eglise en tirant de l’oubli ce grand théologien et défenseur des hésychastes, car le renouveau patristique dans l’Eglise orthodoxe va plus tard souligner l’importance de sa théologie. Je pense surtout aux études du P. Jean Meyendorff.

Or Mgr Basile était un pionnier du renouveau patristique dans l’Eglise orthodoxe, et pas seulement un spécialiste de St Syméon le Nouveau Théologien.
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"Dieu, l'homme, l'Église" Lecture des Pères

Atteint d’une maladie depuis 1352, saint Grégoire mourut le 14 novembre 1359 et fut, après une vénération populaire constante, canonisé en 1368. Le culte des reliques du saint de l’Église byzantine s’est perpétué jusqu'à aujourd'hui à Thessalonique. Et dans l’orthodoxie, une liturgie honore sa mémoire le deuxième dimanche de Carême.
Saint Grégoire Palamas (1296-1359)

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 20 Mars 2022 à 07:04 | 14 commentaires | Permalien

Des archéologues ont découvert un sarcophage vieux de 700 ans sous le transept de Notre-Dame de Paris. Le cercueil en plomb y a été placé au XIVe siècle et vient d’être exhumé lors des travaux de la cathédrale suite à l’incendie de 2019.

L’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris en 2019 donne lieu à des découvertes archéologiques exceptionnelles. Alors que la cathédrale est actuellement en pleine reconstruction, des archéologues ont découvert un sarcophage du XIVe siècle sous le transept de Notre-Dame de Paris.

Vieux de 700 ans, ce cercueil en plomb n’est pas le seul qui gît sous la cathédrale. À l’instar des églises anciennes, Notre-Dame de Paris était une nécropole comme en témoigne son épitaphier qui regroupe 400 noms. Lors de sa restauration par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, plusieurs tombeaux ont été abîmés par l’installation du système de chauffage soufflé. Ce cercueil en plomb y a échappé de peu. Pour l’archéologue Christophe Besnier, c’est « un miraculé ».

Le cercueil en plomb de Notre-Dame contient encore des tissus ainsi que des restes organiques et végétaux

Le sarcophage en plomb est anthropomorphe, il épouse parfaitement la forme du défunt. Celui-ci était probablement un religieux haut placé. Les chercheurs estiment que la dépouille est celle d’un chanoine du XIVe siècle. Un chanoine est un clerc diocésain qui vit en communauté et qui fait partie d’un chapitre cathédral ou collégial.

De plus, les archéologues ont pu glisser une caméra endoscopique à l’intérieur du cercueil qui était perforé au niveau de la tête.

Christophe Besnier a expliqué que des restes de matières organiques et de tissus ont été identifiés au niveau de la tête du défunt. Des restes de végétaux ont également été découverts. Ces restes proviennent probablement d’une couronne de buis qui avait été placée sur sa tête. Encore une fois, ce rite funéraire confirme que le défunt appartenait à une classe sociale élevée. D’ailleurs, le président de l’Institut national de recherche archéologique (Inrap), Dominique Garcia, a expliqué que cette découverte va permettre de mieux comprendre les rites funéraires du Moyen-Âge.

Enfin, le sarcophage en plomb a été très bien conservé au cours des siècles. « Le fait que ces restes soient encore là présage d’une excellente conservation de son contenu. Du défunt comme de ses habits et des objets qui lui sont associés », a précisé Christophe Besnier. Le cercueil va être transporté dans un laboratoire afin d’y être étudié de plus près. Les chercheurs espèrent notamment en apprendre davantage sur le défunt et identifier la manière dont il a été embaumé.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Mars 2022 à 19:23 | 0 commentaire | Permalien

APPEL du MÉTROPOLITE INNOCENT  DE VILNIUS ET DE LITUANIE : Nous vivons dans un pays libre et démocratique. La Lituanie n'est pas la Russie
Chers frères et sœurs !

Je m’adresse à toutes les personnes de bonne volonté, à tous ceux qui veulent nous entendre, à tous les enfants orthodoxes de notre Église en Lituanie.

Un immense malheur s'est abattu sur la terre ukrainienne : le sang y est versé et des innocents souffrent. Une personne honnête et un chrétien craignant Dieu ne peuvent pas regarder impassiblement ce qui se passe. La voix de sa conscience crie vers le Ciel, s’adresse à Dieu, à Qui appartient le jugement, en pensant à ceux qui ont apporté le malheur au peuple ukrainien, la souffrance aux mères, les larmes aux parents et amis, la mort et la destruction , l'exode massif de leur pays et qui en répondront.

Le peuple orthodoxe de Lituanie a accepté la tragédie du peuple ukrainien avec douleur. Dès le début des hostilités dans toutes les paroisses orthodoxes, la prière s'est intensifiée pour une fin rapide de la guerre, pour le rétablissement de la paix en terre ukrainienne.

La position de l'Église orthodoxe en Lituanie est inchangée - nous condamnons fermement la guerre de la Russie contre l'Ukraine et prions Dieu pour sa fin rapide.

Comme vous l'avez probablement remarqué, le patriarche Cyrille et moi avons des opinions politiques et des perceptions différentes des événements actuels. Ses déclarations politiques sur la guerre en Ukraine expriment son opinion personnelle. Nous, en Lituanie, ne sommes pas d'accord avec cela.

Je voudrais dire ouvertement ici que nous, orthodoxes de Lituanie, ayant aujourd'hui la possibilité de résoudre indépendamment nos affaires internes, continuerons à lutter pour une indépendance encore plus grande de l'Église, croyant que le Seigneur accordera une telle indépendance à l’avenir.

Nous vivons dans un pays libre et démocratique. La Lituanie n'est pas la Russie. C'est un état différent, une société différente avec son propre climat spirituel et moral.

Les orthodoxes de Lituanie constituent une petite partie - il n'y a guère plus de trois mille paroissiens actifs dans toute la Lituanie - mais une partie intégrante de cette société, et ils sont des citoyens à part entière de leur pays, pratiquant librement leur religion . Nos paroissiens sont des gens honnêtes et modestes qui ont consciencieusement travaillé pendant de nombreuses années au profit du pays de Lituanie et ont contribué à la cause de la construction d'une Lituanie libre.

Rappelons qu'il y a plus de 30 ans, les croyants orthodoxes, menés par le métropolite Chrysostome , aujourd'hui à la retraite, se sont résolument prononcés aux côtés du peuple lituanien, pour l'indépendance de leur État. La position de l'Église orthodoxe est restée absolument inchangée. Il ne peut en être autrement.

Je me demande, est-ce que ceux qui écrivent et parlent de nous savent tout sur les orthodoxes ? Ont-ils assisté à des services dans des églises orthodoxes en Lituanie, ont-ils entendu comment et pourquoi les orthodoxes prient ? Mais à chaque office , les orthodoxes prient pour le pays protégé par Dieu , pour les Lituaniens, ses autorités, l'armée, pour tout son peuple. Et aujourd'hui - et à propos de la fin de cette guerre sanglante, des soldats morts, du règne de la paix en Ukraine, du peuple souffrant de la terre ukrainienne - nous prions et souffrons avec eux !

Quoi qu'il arrive autour de nous, nous, orthodoxes, continuerons à prier pour le pays de Lituanie et son peuple, en appelant à l'aide notre patronne céleste - la Bienheureuse Vierge Marie, tous les saints du pays de Lituanie, et nous serons fidèles à notre pays et à son peuple. Nous préserverons l'unité des peuples, quelle que soit leur appartenance nationale et confessionnelle ; nous prierons sincèrement pour le peuple ukrainien qui souffre depuis longtemps et aiderons les réfugiés qui ont trouvé refuge en terre lituanienne. Gardons l'esprit de paix et d'amour dans nos cœurs !

Le grand saint Jean Chrysostome a dit : « Gloire à Dieu pour tout ! ». Et nous disons aujourd'hui : gloire et action de grâces à Dieu de nous envoyer, orthodoxes, une telle épreuve. Gloire et action de grâces à Dieu pour le fait que nous endurons des reproches. Pour tout, nous remercions le Seigneur Dieu, confiant sincèrement en sa miséricorde et son pardon.


MÉTROPOLITE INNOCENT DE VILNIUS ET LITUANIE
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ОБРАЩЕНИЕ МИТРОПОЛИТА ВИЛЕНСКОГО И ЛИТОВСКОГО ИННОКЕНТИЯ

Дорогие братья и сестры!

Мое слово обращено ко всем людям доброй воли, ко всем, кто хочет нас услышать, ко всем православным чадам нашей Церкви в Литве.

Огромная беда пришла на землю Украины: там льется кровь и страдают невинные люди. Честный человек и богобоязненный христианин не может бесстрастно смотреть на происходящее. Голос его совести вопиет к Небу, его молитва устремлена к Богу, которому Единому принадлежит суд, и перед Которым ответят те, которые принесли горе народу Украины, страдания матерям, слезы родным и близким, смерть и разрушения, массовый исход из своей страны.

Православные люди Литвы с болью в сердце восприняли трагедию народа Украины. С самого начала военных действий во всех православных храмах была усилена молитва о скорейшем прекращении войны, о восстановлении мира на земле Украины.

Позиция Православной Церкви в Литве неизменна – мы решительно осуждаем войну России против Украины и молим Бога о ее скорейшем прекращении. Как вы, наверное, уже успели заметить, у нас c Патриархом Кириллом разные политические взгляды и восприятие текущих событий. Его политические высказывания по поводу войны в Украине – это его личное мнение. Мы в Литве с этим не согласны.

Хотелось бы здесь открыто сказать о том, что мы, православные в Литве, имея на сегодня возможность независимо решать свои внутрицерковные дела, будем и дальше стремиться к ещё большей церковной независимости, веруя, что Господь дарует таковую в свое время.

Мы живем в свободной, демократической стране. Литва – это не Россия. Это иное государство, иное общество со своим духовно-нравственным климатом. Православные Литвы составляют пусть небольшую - активных прихожан по всей Литве едва ли наберётся более трёх тысяч человек - но неотъемлемую часть этого общества, и являются полноправными гражданами своей страны, свободно исповедующими традиционную религию. Наши прихожане - честные и скромные люди, добросовестно многие годы трудившиеся на благо страны Литовской и внесшие свою лепту в дело строительства свободной Литвы.

Вспомним, что более 30-ти лет назад православные верующие во главе с митрополитом Хризостомом, ныне находящимся на покое, без колебаний, решительно выступили на стороне литовского народа, за независимость его государства. Позиция Православной Церкви осталась абсолютно неизменной. По-другому и быть не может.

Задаюсь вопросом, а всё ли знают о православных те, которые пишут и рассказывают о нас? Посещали ли они службы в православных храмах Литвы, слышали ли, как и о чем молятся православные люди? А ведь на каждом богослужении православные молятся о Богохранимей стране нашей Литовстей, ее властях, воинстве, обо всем её народе. А сегодня – и о прекращении этой кровавой войны, о погибших воинах, о воцарении мира на Украине, о страждущих людях земли Украинской – мы молимся и страдаем вместе с ними!

Чтобы ни происходило вокруг нас, мы, православные, будем и дальше молиться о стране Литовской и народе её, призывая на помощь нашу Небесную Покровительницу – Пресвятую Деву Марию, всех святых земли Литовской, и будем верными своей стране и её народу. Мы будем хранить единство людей, независимо от их национальной и конфессиональной принадлежности; будем искренне молиться о многострадальном народе Украины и помогать беженцам, нашедшим пристанище на Литовской земле. Сохраним в сердцах своих дух мира и любви!

Великий святитель Иоанн Златоуст говорил: «Слава Богу за всё!». И мы говорим сегодня: слава и благодарение Богу за то, что Он послал нам, православным, такое испытание. Слава и благодарение Богу за то, что мы терпим поношения. За всё благодарим Господа Бога, сердечно уповая на Его милость и прощение.


+ ИННОКЕНТИЙ
МИТРОПОЛИТ ВИЛЕНСКИЙ И ЛИТОВСКИЙ



Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Mars 2022 à 20:55 | Permalien

A propos des événements en Ukraine, le patriarche Cyrille a exhorté les croyants à prier sans arrêt la Très Sainte Mère de Dieu
Le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a lancé mercredi un appel aux évêques, prêtres, diacres, moines et moniales et à tous les enfants fidèles de l’Église orthodoxe russe à propos des événements en Ukraine

« Chers pères, frères et sœurs ! Aujourd’hui, nous vivons une période historique difficile: toutes nos pensées, nos angoisses et nos prières sont liées aux événements qui se déroulent en Ukraine. Dans les moments les plus difficiles notre peuple a toujours demandé la protection de la Très Sainte Mère de Dieu, qui a toujours intercédé pour la Sainte Russie », indique l’appel publié sur le site Web de l’Église orthodoxe russe.

Le patriarche Cyrille a rappelé que maintenant, pendant le Grand Carême, « l’Église dans la repentance se tient devant le Seigneur » et a appelé tous les croyants à lire quotidiennement le la prière à la Très Sainte Mère » avec l’ajout de la prière précédemment approuvée pour le rétablissement de la paix.


« Tournons nos yeux et nos soupirs vers l’Intercesseur diligent des chrétiens, afin que le Seigneur aimant accorde sa miséricorde envers nos peuples et les protège, accorde la paix dans cette situation tragique », a dit le patriarche.

LIEN
В связи с событиями на Украине патриарх Кирилл призвал верующих ежедневно молиться Богородице

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Mars 2022 à 11:06 | 1 commentaire | Permalien

APPEL DU CLERGÉ DE L’ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE À LA RÉCONCILIATION ET À LA FIN DE LA GUERRE
Nous, prêtres et diacres de l’Église orthodoxe russe, chacun en son nom propre, lançons un appel à tous ceux dont dépend la fin de la guerre fratricide en Ukraine, avec un appel à la réconciliation et à un cessez-le-feu immédiat. Nous adressons ce message après le dimanche du Jugement dernier et dans l’anticipation du Dimanche du pardon.

Le Jugement Dernier attend chacun d’entre nous. Aucune autorité terrestre, aucun médecin, personne ne nous l’évitera. Soucieux du salut de tous ceux qui se considèrent comme un enfant de l'Église orthodoxe russe, nous ne voulons pas qu'il comparaisse à ce Jugement, portant le lourd fardeau des malédictions proférées par les mères ayant perdu leurs enfants.

Nous pleurons l’épreuve à laquelle nos frères et sœurs ont été injustement soumis en Ukraine.

Nous rappelons que la vie de chaque personne est un don inestimable et unique de Dieu, et c’est pourquoi nous souhaitons le retour de tous les soldats – russes et ukrainiens – chez eux et dans leurs familles, sains et saufs.

Nous pensons avec amertume à l’abîme que nos enfants et petits-enfants en Russie et en Ukraine devront surmonter pour recouvrer l’amitié des uns avec les autres, pour se respecter et s’aimer mutuellement.

Nous respectons la liberté de l’homme donnée par Dieu et croyons que le peuple ukrainien devrait faire son choix de manière indépendante et non sous la menace d’une arme, sans pressions de l’Occident ou de l’Orient.

Dans l’anticipation du Dimanche du pardon, nous rappelons que les portes du Paradis sont ouvertes à quiconque, même à une personne qui a péché lourdement, si elle demande pardon à ceux qu’elle a humiliés, insultés, méprisés, ou à ceux qui ont été tués par ses mains ou sur ses ordres. Il n’y a pas d’autre voie que le pardon et la réconciliation mutuelle.

« La voix du sang de ton frère me crie de la terre ; et maintenant sois maudit et chassé de la terre qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère», dit Dieu à Caïn, qui était jaloux de son jeune frère. Malheur à toute personne qui se rend compte que ces paroles lui sont adressées personnellement.
Aucun appel non violent à la paix et à la fin de la guerre ne devrait être réprimé de force et considéré comme une violation de la loi, car tel est le commandement divin : « Heureux les artisans de paix. »

Nous appelons toutes les parties en conflit au dialogue, car il n’y a pas d’autre alternative. Seule la capacité d’entendre l’autre peut offrir l’espoir d’une sortie de l’abîme dans lequel nos pays ont été jetés en quelques jours seulement.

Permettez-vous et permettez-nous à tous d’entrer dans le Carême dans un esprit de foi, d’espérance et d’amour.

Arrêtez la guerre!

Prêtre Alexy Antonovsky
Hegumen Nikodim (Balyasnikov)
Prêtre Hildo Bos
Prêtre Vasily Bush
Archiprêtre Stefan Vaneyan
Hiéromoine Jacob (Vorontsov)
Archiprêtre Yevgeny Goryachev (vétéran de la guerre afghane)
Hiéromoine John (Guaita)
Prêtre Alexy Dikarev
Prêtre Alexander Zanemonets
Archiprêtre Vladimir Zelinsky
Prêtre Georgy Ioffe
Archiprêtre Andrei Kordochkin
Prêtre Lazar Lenzi
Archiprêtre Andrei Lorgus
Hegumen Peter (Meshcherinov)
Prêtre Evgeny Moroz
Hiéromoine Dimitry (Pershin)
Prêtre Alexander Piskunov
Archiprêtre Stefan Platt
Archiprêtre Dionysius Pozdnyaev
Archiprêtre Georgy Roy
Hiéromoine Theodorit (Senchukov)
Archiprêtre Dimitri Sobolevsky
Archiprêtre Alexander Shabanov
-Diacre Valerian

En conséquence, plus de 300 clercs de l'Église orthodoxe russe ont signé cette lettre
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ОБРАЩЕНИЕ СВЯЩЕННОСЛУЖИТЕЛЕЙ РУССКОЙ ПРАВОСЛАВНОЙ ЦЕРКВИ С ПРИЗЫВОМ К ПРИМИРЕНИЮ И ПРЕКРАЩЕНИЮ ВОЙНЫ
Мы, священники и диаконы Русской Православной Церкви, каждый от своего имени, обращаемся ко всем, от кого зависит прекращение братоубийственной войны в Украине, с призывом к примирению и немедленному прекращению огня.
Мы направляем это обращение после воскресенья о Страшном Суде и в преддверии Прощеного воскресенья.
Страшный суд ожидает каждого человека. Никакая земная власть, никакие врачи, никакая охрана не обезопасит от этого суда. Заботясь о спасении каждого человека, считающего себя чадом Русской Православной Церкви, мы не желаем, чтобы он явился на этот суд, неся на себе тяжелый груз материнских проклятий. Мы напоминаем, что Кровь Христова, пролитая Спасителем за жизнь мира, будет принята в таинстве Причащения теми людьми, кто отдает убийственные приказы, не в жизнь, а в муку вечную.
Мы скорбим о том испытании, которому были незаслуженно подвергнуты наши братья и сестры в Украине.
Мы напоминаем о том, что жизнь каждого человека является бесценным и неповторимым даром Божьим, а потому желаем возвращения всех воинов - и российских, и украинских - в свои родные дома и семьи целыми и невредимыми.
Мы с горечью думаем о той пропасти, которую придется преодолевать нашим детям и внукам в России и в Украине, чтобы снова начать дружить друг с другом, уважать и любить друга друга.
Мы уважаем богоданную свободу человека, и считаем, что народ Украины должен делать свой выбор самостоятельно, не под прицелом автоматов, без давления с Запада или Востока.
В ожидании Прощеного воскресенья мы напоминаем о том, что врата райские отверзаются всякому, даже тяжело согрешившему человеку, если он попросит прощения у тех, кого он унизил, оскорбил, презрел, или же у тех, кто был убит его руками или по его приказу. Нет другого пути, кроме прощения и взаимного примирения.
“Голос крови брата твоего вопиет ко Мне от земли; и ныне проклят ты от земли, которая отверзла уста свои принять кровь брата твоего от руки твоей”, сказал Бог Каину, позавидовавшему своему младшему брату. Горе всякому человеку, сознающему, что эти слова обращены к нему лично.
Никакой ненасильственный призыв к миру и прекращению войны не должен насильственно пресекаться и рассматриваться как нарушение закона, ибо такова божественная заповедь: “Блаженны миротворцы”.
Мы призываем все противоборствующие стороны к диалогу, потому что никакой другой альтернативы насилию не существует. Лишь способность услышать другого может дать надежду на выход из бездны, в которую наши страны были брошены лишь за несколько дней.
Дайте себе и всем нам войти в Великий Пост в духе веры, надежды и любви.
Остановите войну.

иерей Алексий Антоновский
игумен Никодим (Балясников)
иерей Хилдо Бос
иерей Василий Буш
протоиерей Стефан Ванеян
иеромонах Иаков (Воронцов)
иерей Александр Востродымов.
священник Дионисий Габбасов
иерей Андрей Герман
протоиерей Евгений Горячев (ветеран Афганской войны)
иеромонах Иоанн (Гуайта)
иерей Алексий Дикарев
иерей Александр Занемонец
протоиерей Владимир Зелинский
протоиерей Петр Иванов
протоиерей Георгий Иоффе
диакон Илия Колин
протоиерей Андрей Кордочкин
иерей Лазарь Ленци
протоиерей Андрей Лоргус
игумен Петр (Мещеринов)
протоиерей Константин Момотов
иерей Евгений Мороз
иеромонах Димитрий (Першин)
иерей Александр Пискунов
протоиерей Стефан Платт
протоиерей Дионисий Поздняев
протоиерей Георгий Рой
священник Николай Савченко
иеромонах Феодорит (Сеньчуков)
протоиерей Иосиф Скиннер
протоиерей Димитрий Соболевский
диакон Пимен Трофимов
протоиерей Александр Шабанов
иеромонах Киприан (Земляков)
иерей Иоанн Леонтьев
протоиерей Виталий Шкарупин
протоиерей Сергий Дмитриев
протоиерей Владимир Королев
протоиерей Сергей Титков
диакон Валериан Дунин-Барковский
священник Артемий Морозов
иерей Алексий Зорин
протоиерей Андрей Львов
протоиерей Сергий Сторожев
иерей Илия Гаврышкив
протоиерей Виталий Фонькин
священник Артемий Колягин
иеродиакон Елисей (Романцов).
иерей Глеб Кривошеин
иерей Сергий Творогов
диакон Иоанн Мыздриков
диакон Валериан Дунин-Барковский
священник Владислав Богомольников (Беларусь)
протоиерей Владимир Дробышевский
священник Вадим Карпенко, Берлинско-Германская епархия
протоиерей Глеб Вечелковский (Тольяттинская и Жигулевская епархия)
прот. Феодор ван дер Воорт (Нидерланды)
иерей Федор Косолапов, Красноярская епархия
иерей Антоний Лынов
иерей Антоний Коваленко
протоиерей Дионисий Кузнецов, клирик храма преп. Сергия Радонежского, города Самары
священник Дмитрий Лукьянов
иерей Павел Касперович (Беларусь)
протоиерей Валентин Бонилья
иеромонах Онисим (Акифьев)
священник Алексей Пичугин
протоиерей Олег Шульгин
протоиерей Дионисий Дуденков
протоиерей Виктор Теплицкий
протоиерей Анатолий Кора (Одинцовском епархия)
иерей Алексей Козолетов
диакон Александр Пушкарев
иеромонах Иларион (Резниченко)
протоиерей Александр Дубовой (Калачевская Епархия)
протоиерей Павел Сердюк
иерей Иоанн Бурдин (церковь Воскресения Христова с. Карабаново, Красносельского района, Костромской области)
иерей Александр Кухта (Минск, Беларусь)
Протоиерей Георгий Завершинский, благочинный Шотландии и Северной Ирландии Сурожской епархии РПЦ


Священники и диаконы Русской Православной Церкви, желающие подписаться под письмом, могут написать на адрес russianpriestsforpeace@gmail.com

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Mars 2022 à 12:37 | -21 commentaire | Permalien

Le Pape consacrera la Russie et l'Ukraine au Cœur Immaculé de Marie
La consécration aura lieu le vendredi 25 mars pendant la célébration de la pénitence que le Pape François présidera à 17 heures dans la basilique Saint-Pierre. Le même acte, le même jour, sera accompli à Fatima par le cardinal Krajewski, aumônier pontifical, en tant qu'envoyé du Pape.

C’est le vendredi 25 mars, que le Pape François consacrera la Russie et l'Ukraine au Cœur Immaculé de Marie. C'est ce qu'a annoncé le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. Le jour de la fête de l'Annonciation du Seigneur a été choisi pour cette consécration.

Lors de l'apparition du 13 juillet 1917 à Fatima, la Vierge avait demandé la consécration de la Russie à son cœur immaculé, déclarant que si cette demande n'était pas accordée, la Russie répandrait «ses erreurs dans le monde entier, favorisant les guerres et la persécution de l'Église».

«Les bons, avait-elle ajouté, seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites». Après les apparitions de Fatima, il y a eu divers actes de consécration au Cœur Immaculé de Marie : Pie XII, le 31 octobre 1942, consacra le monde entier et, le 7 juillet 1952, consacra les peuples de Russie au Cœur Immaculé de Marie dans la lettre apostolique Sacro vergente anno :

“De même qu'il y a quelques années, nous avons consacré le monde entier au Cœur Immaculé de la Vierge Mère de Dieu, nous consacrons aujourd'hui, de manière toute particulière, tous les peuples de Russie à ce même Cœur Immaculé.”

Le 21 novembre 1964, Paul VI a renouvelé la consécration de la Russie au Cœur Immaculé en présence des Pères du Concile Vatican II. Le Pape Jean-Paul II a composé une prière pour ce qu'il a appelé un «acte de consécration» qui devait être célébré dans la basilique Sainte-Marie-Majeure le 7 juin 1981, en la solennité de la Pentecôte. Voici le texte :

«O Mère des hommes et des peuples, Tu connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, Tu as un sentiment maternel pour toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde, accueille notre cri adressé dans l'Esprit Saint directement à Ton cœur et embrasse avec l'amour de la Mère et de la Servante du Seigneur ceux qui attendent le plus cette étreinte, et avec ceux dont Tu attends la confiance de façon particulière. Prends sous Ta protection maternelle toute la famille humaine, que nous Te confions, ô Mère, avec un amour affectueux. Que le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l'espoir s'approche pour tous.»

Jean-Paul II et la consécration de 1984

Ensuite, pour répondre plus complètement aux demandes de la Vierge, il a voulu expliciter au cours de l'Année Sainte de la Rédemption l'acte de mandatement du 7 juin 1981, répété à Fatima le 13 mai 1982. En mémoire du Fiat prononcé par Marie au moment de l'Annonciation, le 25 mars 1984, place Saint-Pierre, en union spirituelle avec tous les évêques du monde, préalablement «convoqués», Jean-Paul II a confié tous les peuples au Cœur Immaculé de Marie :

«C'est pourquoi, ô Mère des hommes et des peuples, Toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, Toi qui ressens de façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres, qui secouent le monde contemporain, accueille notre cri que, poussés par l'Esprit Saint, nous adressons directement à Ton Cœur : embrasse avec l'amour d'une Mère et d'une Servante du Seigneur, ce monde humain qui est le nôtre et que nous Te confions et consacrons, pleins de sollicitude pour le destin terrestre et éternel des hommes et des peuples. De manière spéciale, nous te confions et te consacrons les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette confiscation et de cette consécration.»

En juin 2000, le Saint-Siège a révélé la troisième partie du secret de Fatima et l'archevêque de l'époque, Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire de la congrégation pour la Doctrine de la Foi, a rappelé que sœur Lucie, dans une lettre de 1989, avait personnellement confirmé que cet acte de consécration solennel et universel correspondait à ce que voulait la Vierge : «Oui, cela a été fait, écrivait la voyante, comme l'avait demandé la Vierge, le 25 mars 1984»
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LES APPARITIONS VENANT DU MONDE INVISIBLE, ET SURVENANT HORS DE L'EGLISE ORTHODOXE (2)

LES APPARITIONS VENANT DU MONDE INVISIBLE, ET SURVENANT HORS DE L'EGLISE ORTHODOXE (3)

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Mars 2022 à 09:30 | Permalien

L’écho de la guerre en Ukraine dans le séminaire orthodoxe russe d’Épinay-sous-Sénart
Prêtres, séminaristes et fidèles se sont réunis dans la petite église en bois du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève, à Épinay-sous-Sénart, dans l’Essonne. Hors du temps, le lieu de culte fait penser à une petite enclave russe dans la région parisienne : l’église bâtie selon la tradition slave, l’iconostase colorée, le chœur harmonieux des séminaristes, les foulards bigarrés des femmes au visage diaphane…

Les intentions de prière sont nombreuses en ce premier dimanche de carême selon le calendrier liturgique orthodoxe. Debout devant l’autel, père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire, lève les yeux au ciel : « Que le Seigneur mette fin à la guerre en Ukraine. Qu’il brise l’orgueil des puissants et console les affligés. »

Pour ce lieu de formation du clergé rattaché au patriarcat de Moscou (deux séminaires se trouvent en dehors de Russie et d’Ukraine, l’autre étant aux États-Unis), l’utilisation du mot « guerre » est loin d’être anodine. Alors que le Kremlin s’évertue à parler d’« opération spéciale » en Ukraine, et que Kirill, le patriarche de Moscou, soutient Vladimir Poutine dans sa volonté de réaliser « l’unité de toutes les Russies », le séminaire français a publié une lettre au sujet de la guerre en Ukraine.... SUITE

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Mars 2022 à 18:24 | -1 commentaire | Permalien

Homélie du métropolite Antoine Bloom, à l’occasion de l’entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie (août 1968)
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Une fois de plus, sur notre terre humaine qui souffre tant, la coupe de la colère, la coupe de la douleur, la coupe de la souffrance humaine est pleine et déborde. Et nous ne pouvons rester indifférents à cette douleur, qui accable aujourd'hui des milliers, des millions de personnes. Devant notre conscience chrétienne se dresse, redoutable et exigeante, la parole de Dieu, ou plutôt l'image du Christ lui-même, qui s'est fait homme, qui est venu dans notre monde, qui ne s’est lié ni à la gloire ni à la vertu, mais qui s'est fait frère des opprimés et des pécheurs.

La solidarité de Dieu avec l'homme n'a pas détruit sa solidarité avec le Père ; et nous avons devant nous un modèle très difficile à comprendre et encore plus difficile à imiter : l'image de Celui qui a voulu être un, aussi bien avec les justes qu’avec les coupables, qui a embrassé toute l’humanité d'un même amour, un amour qui l’a conduit à souffrir la passion sur la croix pour les uns, et un amour plein de joie et - là encore – allant jusqu’au sacrifice sur la croix pour les autres.

Or aujourd’hui, dans l'esprit de beaucoup d’entre nous, surgit la colère, qui conduit à choisir certains et à en exclure d'autres ; dans notre façon de vouloir la vérité, de ressentir de la sympathie et de la compassion, nos cœurs humains ont tendance à choisir les uns et à maudire les autres.

Et cela, ce n'est pas la voie du Christ, ni notre voie : notre voie consiste, tout en étant pleinement conscients de l'horreur, à accueillir les uns et les autres dans un même amour, à embrasser - non pas avec sympathie mais avec compassion, non pas en étant d’accord, mais en étant pleinement conscients de l'horreur devant laquelle se dresse l'injustice et la croix devant laquelle se tient la vérité.

Et je vous invite tous, face à tout ce qui se passe actuellement dans le monde, à réexaminer notre attitude en tant que chrétiens, à nous demander quelle est notre place dans ce tissu déchiré, où coulent le sang, les larmes et l'horreur - et à comprendre que notre place est sur la croix, et pas seulement auprès de la croix.

On se dit souvent : que pouvons-nous faire ? Nos cœurs sont déchirés par l'amour pour les uns et la sympathie pour les autres : que pouvons-nous faire lorsque nous sommes impuissants, sans voix, sans pouvoir ? Nous pouvons nous tenir devant le Seigneur dans la prière, dans cette prière dont le starets Silouane disait que prier pour le monde, c'est verser son sang. Non pas dans cette prière facile que nous élevons lorsque nous avons l’esprit tranquille, mais dans la prière qui jaillit vers le ciel au sein des nuits blanches, dans la prière qui ne donne pas de repos, dans la prière qui naît de l’horreur de la compassion, dans la prière qui ne nous laisse plus vivre dans les soucis futiles qui nous accaparent, dans la prière qui nous demande de comprendre enfin que la vie est profonde et que nous ne cessons de nous agiter, indignes de notre vie, indignes de nous-mêmes, indignes de Dieu, indignes de cette douleur et de cette joie, de ce supplice de la croix et de cette gloire de la résurrection, qui alternent et s'entrecroisent sans cesse sur notre terre.

Il ne suffit pas d’éprouver une compassion superficielle, il ne suffit pas de dire que "nous ne pouvons rien faire" : si nous nous dressions dans cette prière, si cette compassion qui est la nôtre excluait de notre vie tout ce qui est trop futile pour se dresser face à l'horreur, alors nous deviendrions des hommes dignes du Christ, et alors peut-être que notre prière aussi s'élèverait comme une flamme brûlante et éclatante, alors peut-être qu'il n'y aurait pas autour de nous cette négligence, cette indifférence, cette haine qui vit et qui se répand, parce que nous ne sommes un obstacle à rien de mauvais là où nous sommes. Face à ce qui se fait, face à la Croix, face à la mort, face à l'agonie de l'âme, prononçons un jugement sur la superficialité, l'insignifiance de notre vie - et alors nous pourrons faire quelque chose : par la prière, par notre mode de vie et peut-être même par des initiatives plus courageuses.

Mais rappelons-nous que le Christ n'a pas choisi ; le Christ est mort parce que les justes sont persécutés et parce que les pécheurs périssent. Dans cette double union avec les personnes qui nous entourent, dans cette double union avec le juste et le pécheur, prions pour le salut des uns et des autres, pour la miséricorde de Dieu, pour que les aveugles voient, pour que règne la vérité, et non pas le jugement, la vérité qui conduit à l'amour, au triomphe de l'unité, à la victoire de Dieu.
Amen !

Homélie du métropolite Antoine Bloom, à l’occasion de l’entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie /août 1968/

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Mars 2022 à 08:15 | Permalien

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