Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
Ce récit se veut un témoignage du renouveau spirituel de la Russie. Ce renouveau, ancré dans le sacrifice de la famille impériale, a commencé par la présence discrète de premiers pèlerins sur le site du massacre dans les années 1970. Le mouvement s’amplifiant et la liberté religieuse acquise à la fin de la pérestroïka, ce sont à présent des dizaines de milliers de pèlerins qui se sont rassemblés à Ekatérinbourg en juillet 2008 à l’occasion du 90e anniversaire des événements tragiques de 1918.

Dès les années 1970, devant la maison Ipatiev, sur la place dite de la Vengeance du Peuple, on pouvait trouver des cierges allumés et des bouquets de fleurs déposés par des pèlerins furtifs et anonymes. Pour prévenir le danger de voir cette maison devenir un lieu de pèlerinage populaire, le comité exécutif du soviet municipal, dirigé à l’époque par Boris Eltsine, reçut l’ordre d’Andropov de détruire l’endroit du crime et avec lui le souvenir de l’empereur. Eltsine ignora cet ordre. La maison fut à nouveau entourée d’une haute palissade. Cependant l’ordre fut réitéré dix jours plus tard et il fallut se résoudre à l’exécuter. Le 16 septembre 1977, commença la démolition qui dura deux jours. Les débris furent emportés dans une décharge et le sol égalisé à l’aide de bulldozers (…).

Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
La construction de la basilique des martyrs impériaux et de tous les saints de la terre russe se fit au rythme accéléré de la résurrection de la foi en Russie. En 1992 la première pierre fut posée et en 2003 la basilique inaugurée. L’épouse de Tikhon Koulikovsky, neveu de Nicolas II, fit don de l’icône de la Sainte Mère de Dieu "aux trois mains" qui se trouvait dans la maison Ipatiev pendant l’emprisonnement de la famille impériale. La durée de la construction de la basilique a conduit le peuple russe « de l’amnésie à la mémoire et des préjugés au repentir ». Saint Jean de Shanghaï qui appelait de toutes ses prières à la renaissance de la foi disait : « Courage, relève-toi, Rouss, toi qui as bu la coupe de la colère divine ».

La crypte, qui se situe à l’endroit exact de la cave où fut perpétré l’assassinat du tsar, de sa famille et de ses domestiques, fait l’objet d’une grande ferveur populaire. Surtout durant ces journées de juillet, appelées « Tsarskie dni » (journées impériales) durant lesquelles, jour et nuit, des prêtres se relaient dans la crypte et la basilique pour lire des prières.

La deuxième étape du pèlerinage amène les pèlerins à pied, à 20 km de là, au puits de mine de Ganina Yama, lieu de la tentative d’anéantissement des corps. La distance est parcourue de 4 heures du matin, dans la nuit noire, à 10 heures du matin sous un soleil éclatant. Les pèlerins sont portés par leurs cantiques et leurs prières. Il faut décrire ce site, caché au milieu d’une vaste forêt. Dans cette forêt qui semble si primitive, si loin de toute civilisation, comme par un effet merveilleux, un monastère et plusieurs chapelles en bois sont apparues à présent à l’ombre des sapins.

Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
La troisième étape du pèlerinage passe par le monastère Novo-Tikhvinsky qui abrite 150 moniales. Ces religieuses cousent des chasubles, assistées par des ordinateurs, peignent et brodent des icônes et traduisent en russe les Pères de l'Église.

La quatrième étape conduit les pèlerins à la petite ville d’Alapaïevsk où furent martyrisés la sœur de l’impératrice, la Grande Duchesse Élisabeth, la moniale Barbara, cinq princes de la famille Romanov de même que le secrétaire du Grand Duc Serge Mikhaîlovitch, Fiodor Remez. Élisabeth, appelée Ella dans sa famille, était la fille de Louis IV, Grand Duc de Hesse-Darmstadt et de la princesse Alice d’Angleterre, fille de la reine Victoria. Née en 1864, Ella était la seconde d’une famille de sept enfants. Le sixième de ces enfants était Alix qui deviendra l’épouse de Nicolas II. Les enfants du Grand Duc Louis IV sont élevés par leur mère dans une profonde simplicité. Leur éducation chrétienne est stricte et ils sont habitués dès leur petite enfance aux œuvres caritatives, au service des pauvres et des malades. En 1884, Ella épouse le cinquième fils de l’empereur Alexandre III, le Grand Duc Serge. En 1905, le Grand Duc Serge, gouverneur de Moscou, fut déchiqueté par une bombe que lui lança en pleine poitrine un révolutionnaire. C’est en 1918 que la Grande Duchesse Élisabeth connut à son tour un destin tragique : elle fut arrêtée en avril et transférée à Ekaterinbourg.

Sachant que sa sœur était prisonnière dans la maison Ipatiev, elle demanda l’autorisation de revoir la famille impériale. Ce qui lui fut refusé. Elle fut alors emmenée à Alapaïevsk et séquestrée dans l’école Napolnaïa. Dans ce même lieu furent également séquestrés cinq princes de la famille Romanov : le Grand Duc Serge Mikhaïlovitch, les trois fils du Grand Duc Constantin Constantinovitch (Jean, Constantin et Igor), le prince Vladimir Paley. Dans la nuit du 17 juillet, tous les Romanov, la moniale Barbara et Fiodor Remez furent conduits à 12 kilomètres d’Alapaïevsk. Après avoir été assommés, ils furent précipités, les yeux bandés, dans le puits de mine Nijnaïa Selimskaïa. Un paysan attardé sur ce lieu et effrayé par l’arrivée de cette troupe nocturne fut, depuis sa cachette, le témoin involontaire de cette tuerie. Les assassins jetèrent dans le puits quelques grenades qui n’éclatèrent pas. Ils jetèrent aussi des branches et des bûches sur les suppliciés et ils les incendièrent. Mais plus bas, bien au-dessous des flammes, s’éleva un des plus beaux hymnes de la liturgie orthodoxe, l’hymne aux chérubins, entonné par les martyrs au seuil de leur mort.

Là aussi, une longue procession de pèlerins occupe la route qui aboutit à un monastère. Le portail une fois franchi, on découvre d’abord une église en lisière de forêt puis une petite chapelle blanche coiffée d’un bulbe bleu. La liturgie se célèbre en plein air devant les portes ouvertes de la chapelle. Elle est présidée cette fois-ci par l'archevêque Vincent d’Ekaterinbourg, assisté par Mgr Marc de Berlin et Mgr Michel de Genève.

Malgré la conquête d’Ekaterinbourg par l’amiral Koltchak le 25 juillet, les restes de la famille impériale demeurèrent introuvables. Ceux des suppliciés d’Alapaïevsk ne furent retrouvés qu’en octobre.

« L’armée rouge reprenant du terrain, les cercueils de la Grande Duchesse et de la moniale Barbara furent ensuite transférés par l’armée de Koltchak d’Alapaïevsk vers la Chine et de là à Jérusalem, où ils reposent jusqu’à présent dans l’église Sainte-Marie-Madeleine, au pied du mont des Oliviers.

Il faut terminer ce récit par une citation prophétique de Pierre Gilliard, précepteur du Tsarévitch, et auteur d’un livre de souvenirs qu’il fit publier en 1923. Voici comment il évoque le souvenir de la famille impériale:

« Il est impossible que ceux dont je viens de parler aient subi en vain leur martyr. Je ne sais quand cela sera, ni comment cela se fera, mais un jour ou l’autre, sans nul doute, quand la brutalité se sera comme saignée elle-même dans l’excès de sa fureur, l’humanité tirera du souvenir de leurs souffrances une invincible force de réparation morale. Quelque révolte qu’on garde dans le cœur, et quelque juste que soit la vengeance, ce serait offenser leur mémoire que de souhaiter une expiation dans le sang.

L’Empereur et l’Impératrice ont cru mourir martyrs de leur pays : ils sont morts martyrs de l’humanité. Leur réelle grandeur ne tient pas au prestige de leur dignité impériale, mais à l’admirable hauteur morale à laquelle ils s’étaient élevés peu à peu. Ils étaient devenus une force d’idéal ; et dans leur dépouillement même, ils ont rendu un émouvant témoignage à cette merveilleuse sérénité d’âme contre laquelle aucune violence, aucune fureur ne peuvent rien, et qui triomphe jusque dans la mort. »

Ce texte est un résumé de la conférence donnée le 15 décembre 2008 à l'Union de la noblesse russe.

Rédigé par Marie Genko le 14 Mars 2009 à 18:32 | 8 commentaires | Permalien

Le jeudi de la deuxième semaine du Carême, aux laudes (dernière partie des matines), nous chantons une magnifique stichère qui expose le véritable sens du Carême:

"C'est le temps de la conversion: le combat du Carême nous introduit dans la vie éternelle, s'il est accompagné de bonnes œuvres. Rien n'est aussi salutaire à l'âme que le partage des biens avec les ceux qui sont dans le besoin. C'est la miséricorde associée au jeûne qui délivre l'homme de la mort. Poursuivons-la plus que tout autre chose. Elle suffit vraiment pour sauver nos âmes."

C'est une très belle leçon qui rejoint ce que l'apôtre Paul disait au sujet de la charité.

Rédigé par le hiéromoine Alexandre le 13 Mars 2009 à 10:20 | 2 commentaires | Permalien

Le patriarche Cyrille a annoncé qu'il ne souhaitait pas que pour la fête de son saint patron les évêques se déplacent à Moscou. Il préfère qu'ils restent dans leurs diocèses le jour des saints Cyrille et Méthode (11/24 mai). Il s'agit d'une rupture avec la tradition qui existait sous le patriarche Alexis II quand les évêques venaient célébrer solennellement la saint Alexis à Moscou autour du primat.

Le métropolite Juvénal, évêque de la région de Moscou, a rapporté les paroles suivantes du patriarche Cyrille: "Je ne vais pas inviter les évêques ce jour-là. Au contraire, je tâcherai de les dissuader de venir à Moscou pour la fête de mon saint patron. Je les inciterai à rester dans leur diocèse pour célébrer solennellement la Journée des lettres et de la culture slaves".

En effet, depuis plusieurs années, la mémoire des saints Cyrille et Méthode est devenue en même temps la fête de la culture slave.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 13 Mars 2009 à 02:57 | 0 commentaire | Permalien

Selon les chiffres publiés cette semaine par le Centre russe des recherches sur l'opinion publique (VCIOM), la proportion de Russes croyant que l'univers est l'œuvre de Dieu s'élève à 23 %. De même, 37 % considèrent que la science contemporaine ne fournit pas de réponse adéquate à la question des origines du monde et de l'homme.

En revanche, 19 % de la population russe est attaché à la théorie de l'évolution des espèces. Cette catégorie a diminué de 5 % depuis 2006. 8 % de répondants affirment que la question de l'origine du monde ne les intéresse pas, tandis que 3 % croient que la vie est arrivée sur terre en provenance d'autres univers.

La Russie n'a pas échappé à la stérile polémique entre les tenants de la théorie de l'évolution et les "créationnistes". Il n'est pas rare d'y entendre, comme dans d'autres pays, certains croyants professer une totale incompatibilité entre ces deux visions qui pourraient, pourtant, se compléter. Selon le VCIOM, 20 % de Russes souhaiteraient que la théorie de Darwin ne soit pas enseignée dans les écoles...

Les statistiques sont citées d'après l'agence de presse Interfax.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 12 Mars 2009 à 14:42 | 1 commentaire | Permalien

Métropolite Nicolas de Mésogée (Grèce): "Le XXIe siècle sera celui de l'orthodoxie"
Au cours de sa visite au monastère de la Rencontre (Srétenski) de Moscou, le métropolite Nicolas de Mésogée (Église orthodoxe de Grèce) a rappelé l'œuvre du byzantinologue britannique Steven Runciman, devenu orthodoxe à la fin de sa vie, et sa conviction que le XXIe siècle serait celui de l'orthodoxie.

"On n'y croit pas en Occident, a affirmé Mgr Nicolas aux séminaristes du monastère Srétenski, mais ici, surtout en ce lieu, on se rend compte que Runciman n'avait pas tort. A vous tous, étudiants du séminaire, futurs ministres de l'Église, je souhaite de vous préparer dignement à porter le témoignage de l'orthodoxie au XXIe siècle. Il n'y a pas de meilleur sort que de devenir docteur de l'Église, apologète, confesseur et peut-être même martyr".


Rédigé par l'équipe de rédaction le 11 Mars 2009 à 23:47 | 2 commentaires | Permalien

Le grand rabbin de Russie reconnaissant au patriarche de Moscou pour la promotion du dialogue interreligieux
Le grand rabbin de Russie Berl Lazar a exprimé sa reconnaissance au patriarche Cyrille de Moscou pour la promotion du dialogue interreligieux en Russie. "J'aimerais vous dire mon immense gratitude pour tout ce que vous faites dans la promotion de la concorde entre les religions", a déclaré le grand rabbin au primat de l'Église russe le 11 mars 2009 à la rencontre des responsables des communautés religieuses de Russie.

Berl Lazar a rappelé notamment que l'actuel patriarche de Moscou, étant à l'époque président du département des relations extérieures de l'Église russe, a initié la création du conseil interreligieux de Russie.

Le grand rabbin a appelé par la même occasion le ministère russe de l'éducation à accorder plus d'importance à l'éducation des enfants dans l'esprit "du respect mutuel" et à donner plus d'importance à la tragédie de la seconde guerre mondiale et de l'holocauste.

Source: Agence de presse Interfax

Rédigé par l'équipe de rédaction le 11 Mars 2009 à 23:28 | 1 commentaire | Permalien

Message de l'archevêque de Chypre pour le dimanche du triomphe de l'orthodoxie
Dans le message adressé aux fidèles de l'Église orthodoxe de Chypre pour le dimanche du Triomphe de l'orthodoxie (8 mars 2009), l'archevêque Chrysostome de la Nouvelle Justiniane, rappelle que "l'Église ne se complaît pas à faire revivre le passé et ne se limite pas à des festivités. Elle sait que, dans ce monde, elle milite et fait l'objet d'incessantes attaques de la part du malin et de ses serviteurs. Elle comprend qu'elle doit livrer des batailles quotidiennes. C'est pourquoi elle exhorte ainsi ses fidèles: 'Frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous' (2 Th 2, 15). L'Église dénonce ceux qui violent les prescriptions et vont à l'encontre de la piété définie par les Pères. Cependant, la persistance de l'Église n'est pas une nostalgie après un mode de vie idéal ni un simple attachement aux formes et valeurs du passé. C'est le désir de préserver le monde juste".

Plus loin, au sujet de la diversité des peuples: "La préservation et le renforcement de la diversité, ce n'est pas du chauvinisme ni du nationalisme. Nous ne sommes pas les seuls à pouvoir dire que nous sommes des personnes. Nous ne sommes pas l'unique peuple de l'histoire du monde. Les autres peuples ont, eux aussi, des traditions et des richesses remarquables. La reconnaissance de l'importance de la diversité va de pair avec la reconnaissance et le respect d'autrui et d'autres peuples... Chacun joue son propre rôle, chacun a droit à ses particularités".

Source: Site théologique du Comité pédagogique synodal de l'Église orthodoxe russe

Rédigé par l'équipe de rédaction le 8 Mars 2009 à 20:15 | 0 commentaire | Permalien

Une dépêche de l'Agence France Presse se penche sur le problème de la restitution et du droit de propriété des icônes ancienne russes:

A qui doit revenir l'honneur d'abriter les icônes anciennes qui ont réchappé au siècle exceptionnellement tourmenté que vient de traverser la Russie ? La controverse couve entre des musées sur la défensive et une Église orthodoxe de plus en plus influente.

A l'occasion d'un vernissage début février au très prestigieux musée Pouchkine, une commissaire d'exposition a dû disculper publiquement les collectionneurs qui avaient prêté des œuvres, assurant qu'ils n'étaient pas des "voleurs".

"Beaucoup de soupçons" pèsent sur leur compte et sur celui des musées, a reconnu la responsable, Alina Loguinova, alors qu'elle présentait une exposition de 130 icônes anciennes (des XIV-XVIè siècles, considérés comme les "siècles d'or" en la matière) issues --ce qui est très rare-- de collections privées.


Rien n'est pourtant plus injuste, selon elle: "Qui a volé quoi à qui ? Les musées ont sauvé une grande quantité d'icônes", souligne-t-elle. Et de rappeler la période soviétique, durant laquelle spécialistes et passionnés arpentaient le gigantesque territoire dans l'espoir de soustraire les œuvres à une destruction certaine.

Les experts estiment que l'immense majorité d'entre elles --peut-être des millions-- ont malgré tout été brûlées, perdues, voire transformées en matériaux de construction, le tout avec la bénédiction d'un régime communiste farouchement athée.

A présent, les musées se voient accusés d'avoir "pillé les églises", a déploré la curatrice.

"C'est douloureux, car les meilleurs représentants de notre société, les croyants et les employés des musées, deviennent antagonistes. Et cela ne vient pas des musées", a regretté Mme Loguinova.

Le conflit, refoulé pendant des décennies, a brusquement surgi au grand jour à l'automne dernier lorsque le plus célèbre musée de peinture de Moscou, la Galerie Tretiakov, s'est vue intimer l'ordre de "prêter" pendant trois jours l'une de ses plus belles icônes, la "Sainte Trinité" d'Andreï Roublev à un monastère proche de la capitale.

Son cas a aussitôt pris des allures de symbole, les professionnels de l'art craignant que la Trinité ne leur soit jamais rendue, leurs détracteurs exigeant une restitution générale des œuvres religieuses à l'Église.

Mais en réalité, les racines de la querelle sont vieilles d'un siècle. Le tournant eut lieu en 1909, lorsque le célèbre peintre et collectionneur Ilia Ostrooukhov présenta pour la première fois au public des icônes anciennes restaurées de manière à faire ressortir leur valeur artistique.

Il s'agissait d'une petite révolution pour l'époque: les gens, habitués à vénérer les icônes dans la pénombre des églises, étaient d'autant moins à même de percevoir leur puissance expressive que les peintures étaient recouvertes d'un vernis voilé par le temps et la fumée des cierges. Nombre d'entre elles avaient en outre été couvertes de plusieurs couches de peinture superposées.

Si le conflit demeure pour l'heure feutré, le fossé entre les positions du clergé et celles des musées et collectionneurs paraît voué à se creuser alors que l'Église orthodoxe est en pleine renaissance depuis la chute de l'URSS et que son influence sur la société croît à vue d'œil.

Quant aux autorités, elles se retrouvent de facto en position d'arbitre.

L'homme d'affaires et mécène Mikhaïl Abramov a réclamé lors du vernissage qu'un "véritable musée" soit enfin dédié à l'art des icônes.

Mais le père Georgui Riabykh, qui représentait le Patriarcat de Moscou, a pour sa part insisté sur leur rôle en tant que "porte vers une autre réalité qui enrichit notre âme".

MOSCOU (AFP)

Rédigé par Nikita Krivochéine le 6 Mars 2009 à 20:48 | 3 commentaires | Permalien

A la lumière des derniers développements dans le litige qui oppose l'évêque Basile (Osborne) à la communauté orthodoxe russe de Londres, il est peut être opportun de rappeler un texte paru en juin 2006, alors que Mgr Basile avait pris la décision de quitter le patriarcat de Moscou. Depuis il a obtenu dune lettre dimissoire qui a régularisé sa situation canonique. Le problème "humain" reste cependant entier, l'action en justice le montre bien.
N.K
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Blessed are those who visited the world at its fateful hour…

[26.05.2006]
Nikita Krivocheine (Paris)

On Christmas Eve 1971 I found myself in London for the first time and for the first time I came to the Dormition Cathedral in Ennismore Gardens. Six months earlier I left the Soviet Union, as it seemed then, never to return.

It did not occur to me to attend matins in a church not belonging to the patriarchal see. I was born in Paris and spent my early years there followed by twenty five unwilling years in the land of the Soviets. There I became a conscious anti-Communist – active within my limited capabilities. At that time I also became a parishioner who deeply loved Russian church. It is to this church that I owe my spiritual survival in the last years of Stalin’s life as well as later when I had to spend three years in prison camps and later still in the airless years of “stagnation”.

My loving gratitude to the Russian church was not blind. It so happened that during the sixties I came to know well much of the internal life and opinions of the then church leaders and their parishes. So that if I had to tell of all that was depressing and even repugnant in the history of that church under the Soviets I am afraid I would have had to expand the memory of my computer.

I hardly knew Metropolitan Anthony (Bloom) then, merely saw him a few times in Moscow, but from afar. The Ennismore Gardens church was filled with Russian “first wave” émigrés of two generations as well as with “second wave” Russians, also of two generations. The idea of “new Russians” did not exist then and could have only been puzzling as the frontiers of the USSR were “firmly locked”. While English conversions to Orthodoxy had only just begun and any presence of the Catechumens was hardly perceptible. It was my first Christmas after leaving Moscow, my everyday life was unsettled, my parents were far away (shall I ever see them again?) and I did not have to think what to pray for. As for the church and the service it was as if I were standing in my own parish of St. John the Warrior in the Yakimanka Street in Moscow.

Towards the end of the service Archbishop Anthony started to read out Patriarch Pimen’s Christmas message. The authors of the message dealt swiftly with what the celebration signified and after the third paragraph went on to dwell in great detail on nuclear disarmament and the situation in the Middle East. I was filled with angry despair. Did I find myself in Britain – after risking a second term in the camps to get here – only to be subjected to the old odious propaganda on a joyous holy day in the temple of God? Even now I feel shame when I recall what violent negative emotions boiled up within me. “They” caught up with me, I thought, “they” were everywhere; a ranking churchman spoke for them here in Britain... Having read the official message of congratulations from Moscow “I’ll add a few words on my own behalf” Archbishop Anthony then said.

Much has been written and told of the intensity of his preaching and of the brilliance of his oratory. But at that time it was as if the Metropolitan had sensed that there was someone among his parishioners who was angry with what he had just heard and who was expecting something different.

He constructed his address around the idea of the “tragic character” of the Christmas night, explained what he thought was tragic about it and then continued: “This year we are experiencing the tragedy of this night: while we are praying and celebrating very many people in Russia are suffering in spirit and in flesh in Soviet political camps and are subjected to torture with drugs in Soviet special psychiatric hospitals. In particular, I am thinking of Vladimir Bukovsky. Very many people are tonight completely denied even the opportunity to attend a church.”

Joy does not come near to describing what I felt when I heard this from a « Moscow priest»… I don’t need to explain why.

There were many dedicated men of faith such as Archbishop Anthony or Archbishop Basil of Brussels and indeed many others who were brought by their faith, courage and inspiration to accept a reputation of “having sold out to the Soviets” among their fellow émigrés and even involuntary reading of essentially non-church words in a church. They did it because their personal presence within the Russian church bore witness in the West of the true faith of the Russian people and their travels home looked forward to what this church might develop into in a free future. They were bringing nearer the time of its renaissance. The renaissance that did happen.

With this Christmas address the late Archbishop Anthony turned himself into someone to whom I would feel close for the rest of my life. I had several talks with him later always sensing that his “discernment of spirits” was so profound that I felt almost awkward next to him. Once as he was personally baptising a newly born Russian London girl I acted as her godfather. At the time I was going through some hard inner upheavals and I allowed myself to tell him about them. His reply was like a prescription; I applied it and was grateful to him as I then started to slowly emerge from my gloom.

* * *

An instructive conference was held in the winter of in Paris dedicated to the life and spiritual heritage of Archbishop Anthony. It was useful for me to listen to what hieromonch Nestor (Sirotenko) had to tell so interestingly of the Archbishop’s early years in Paris, what Mrs Kirilova related of all he did in London and what the Eminent Basil (Osborn) told of present days church affairs. Archbishop Basil told us how Metropolitan Anthony, already gravely ill, exclaimed “At last!” when he heard the message of Patriarch Alexei II of the 1st of April 2003 proposing that a single metropoly be set up in Western Europe.

Shortly before his death Metropolitan Anthony wrote as he was introducing Bishop Basil to Patriarch Alexei: “He is faithful to his flock without limitations and he will serve our beloved Church faithfully” (March 2003). A little later in June, also talking of Archbishop Basil, he wrote: ”He does a lot of very complex work to restore the unity of Surozh and its loyalty to the Moscow Patriarchate…” I already mentioned Archbishop Anthony’s gift of the discernment of the spirits. Yet in this case how did it happen that he overlooked the truth? Truly, only the Lord is omniscient.

After the recent Easter Sunday the Easter actions, words, letters and messages on the part of Archbishop Basil (Osborn) plunged the Russian orthodox in Paris (and not just them alone) into a state of amazed despair. Archbishop Basil is not of course able to mar the unexpected joy given to us by the providential and long expected rapprochement between two branches of the Russian church...
Words, documents and messages pouring in from London are confused and contradictory: first came assurances of loyalty to the Russian church, a fortnight later there was a declaration of intention to pass under the omophorion of Constantinople and finally we had a disrespectful questionnaire sent as a postscript to the Patriarch himself…

It is not simple to penetrate the motifs and logic of Archbishop Basil’s clearly disturbed mind as you read this: “I’d like to make it quite clear that I fully support the unity of the Russian church in Western Europe and believe that the present step represents the best way to achieve this long term goal.”
I do have my respect for his holy office. I also have my sympathy for someone being torn apart by disparate forces which are probably alien to him. But when I look at these contradictory statements I cannot help recalling the words of a character from Solzhenitsyn’s “One Day in the Life Ivan Denisovich”: “I am amazed and I anathemise!”

What are we supposed to think? That life was easier with the Iron Curtain intact? Safely traveling to Moscow and Zagorsk as a member of a delegation? While return delegations were not all that numerous and did not cause much trouble? And during the services at the Yelokhovsky Cathedral the orthodox babushkas were kept neatly apart so as not to get any whiff of their ritualism and prejudices… The church calendar also arrived regularly from Chistyi Pereulok with its modest appearance and despite short prints. All peace and quiet and not even in Count Potemkin’s dreams did church villages like that ever appear.

But once the Berlin wall and Mr Kuroyedov’s spot disappeared then instead of the babushkas there suddenly appeared in London girls with uncovered heads and young men, with their jackets all unbuttoned, heavy gold crosses on their chests. Why, you could not even sing a psalm in English in front of them, they would not get it as they would not take in either Florenski or Berdyaev.

The way it worked out the liberation of Russia, the invention of the relics of Blessed Seraphim, the opening of monasteries, the flourishing of faith among the people, the development of orthodox book publishing, free travel for Russians and not just for them alone – did all this only hurt the Church and disturbed the warm and comfortable routines of Londoners and Parisians? Would not it be more appropriate, gentlemen and venerable fathers, for you to bring back to mind your ancestors who perished on the Kuban, at Perekop and in the cellars of the Cheka?...

And if we mention a “mission” then perhaps it would be right to recall how it was carried out by tens of thousands of Russian émigrés who were miners in the north of France, thousands of Russian officers exiled to the tropics of Paraguay, to Tunisia, to Shanghai?

A generation will not have passed before the “New Russians” whom the “well bred” parishes in the EU countries find so shocking will start bringing their fellow students and neighbours in Oxford round to Russian orthodoxy.

Archbishop Basil suggests that we should “go apart to better unite later”, as Lenin taught us! “You, Russians, with your customs should be on your own while we (blue bloods as it were} shall head for Istanbul…” (BBC interview on the 17th of May): “No, they (i.e. the Russians) really should remain under the Moscow Patriarchate which possesses all that is needed to cater for this flock, i.e. the financial resources and the priests who come from Russia”.

But is Archbishop Basil not identical with the Moscow Patriarchate? It always seemed to me that the mission of a sheperd was not to lure sheep from “others”, but to care for his own flock holding them together.

I happened to have spent time in the same political prisoners camp as the future Metropolitan Korniliy of Tallinn and Estonia (a young Vologda parish priest then). He recently told me in Tallinn of the troubles that the Russian Orthodox church went through there and which then ended in unity.

«Blessed are those who visited this world at its fateful hour” (as a Russian poet put it). Let us pray that the twists and turns through which Archbishop Basil (Osborn) is passing today come to an end and that his route takes him back to the main road going through Moscow, Sergiyev Posad and the Russian orthodoxy, that the troubles of Surozh and Comane end and the wish that the Patriarch expressed on the 1st of April 2003 is fulfilled – with a single European metropoly of orthodox churches of the Russian tradition coming into being.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 2 Mars 2009 à 10:33 | 17 commentaires | Permalien

Seulement 40 % d'hommes russes atteignent l'âge de la retraite
L'archimandrite Tikhon, supérieur du monastère Sretenski de Moscou, a été un des initiateurs d'une publicité à la télévision publique russe contre l'abus d'alcool. Dans un entretien télévisé récent, il parle des ravages que l'alcoolisme cause en Russie:

"Selon l'Organisation mondiale de la santé, des 100 jeunes qui terminent l'école secondaire en 2009, 90 britanniques atteindront l'âge de la retraite, tandis qu'en Russie, ils ne seront que 40. Un des principaux fléaux chez nous est l'alcool.

L'espérance de vie des hommes en Russie est de 59 ans. C'est moins que dans les pays comme Honduras, Cambodge, Bangladesh, Tadjikistan. Dans les territoires palestiniens où le niveau de vie est terrible, dans la plupart des pays les plus pauvres d'Asie et d'Amérique latine, dans de nombreux pays africains l'espérance de vie des hommes est supérieure à la nôtre."

Seulement 40 % d'hommes russes atteignent l'âge de la retraite
Source: Izvestia

Rédigé par l'équipe de rédaction le 28 Février 2009 à 16:36 | 0 commentaire | Permalien

Archimandrite Cyrille Hovorun: L'autocéphalie n'est qu'un moyen de gouvernement de l'Eglise
L'archimandrite Cyrille Hovorun, président du département des relations extérieures de l'Église orthodoxe d'Ukraine, considère que l'autocéphalie est une notion technique et non politique: "Un phénomène aussi technique que l'autocéphalie - qui n'est rien d'autre qu'un moyen du gouvernement de l'Église - a pris des formes surprenantes de nos jours et est devenu une sorte de mythologie aux propriété politiques, voire civilisationnelles."

Selon le père Cyrille, cette politisation de la question d'autocéphalie rend compliquée toute discussion à ce sujet. "L'autocéphalie, telle qu'elle est présentée aujourd'hui en Ukraine est inspirée par des mouvements nationaux de libération auxquels l'Empire ottoman s'était confronté dans les Balkans - Grèce, Bulgarie, Serbie etc., puis sur le territoire de l'ancien Empire russe. Le fondement du nouveau mythe d'autocéphalie, c'est la lutte pour l'indépendance des anciens parties de ces empires", a déclaré le père Cyrille.

C'est pourquoi, a-t-il conclu, "l'autocéphalie est un grand bien pour certains et une très mauvaise chose pour d'autres".


Rédigé par l'équipe de rédaction le 28 Février 2009 à 16:21 | 0 commentaire | Permalien

Le nonce apostolique en Russie commente l'élection du patriarche Cyrille
Le service de presse religieux Zenit rapporte les propos de Mgr Antonio Mennini, nonce apostolique en Russie, sur l'élection du patriarche Cyrille et les relations entre l'Église catholique romaine et le patriarcat de Moscou.

Le nonce affirme notamment que le patriarche Cyrille a hérité d'Alexis II une Église plus forte et se montre particulièrement préoccupé « par l'éducation à la foi et à l'appartenance ecclésiale. Il a visité les principaux monastères du pays, cherchant le dialogue et rappelant sa fidélité à la tradition, son engagement pour la défense de l'intégrité de la famille. Il a cherché à témoigner (et il l'a fait avec succès) que les accusations de ceux qui voyaient en lui des attitudes d'ouvertures excessives envers les autres Églises, même envers l'Église catholique, étaient infondées ».

Selon le nonce, le nouveau patriarche « devra sûrement et voudra être très attentif aux équilibres internes de l'Église orthodoxe russe, mais ne renoncera pas à faire avancer le dialogue avec les autres Églises, en particulier avec l'Église catholique »

Alors que l'Église orthodoxe russe a connu ces derniers temps « une reprise importante au niveau de l'ouverture des églises, des monastères, des paroisses », Mgr Mennini souligne que le véritable problème « est celui qui se pose aussi en occident : comment transmettre les valeurs de l'Évangile en les faisant entendre comme telles aux jeunes générations et comment asseoir les relations avec l'État ».

Commentant la demande réitérée de celui qui était alors métropolite Cyrille que les diocèses catholiques en Russie redeviennent des administrations apostolique, Mgr Mennini rappelle qu'il « faut comprendre que la motivation des orthodoxes a surtout une dimension de réciprocité : ‘Nous ne nous permettrions pas de créer des diocèses en Italie ou ailleurs en occident sans la permission du pape (...), nous soutenons que Rome aurait dû demander notre permission' ».

Rédigé par l'équipe de rédaction le 28 Février 2009 à 10:40 | 2 commentaires | Permalien

Le Patriarcat de Jérusalem proteste

Suite aux graves blasphèmes proférés il y a une semaine contre le Christ et la Mère de Dieu au cours d’une émission télévisée israélienne, les réactions furent immédiates, tant de la part des catholiques que des arméniens, maronites et chaldéens vivant en Terre Sainte. Ils ont tous fermement condamné cette émission et souligné que “ce fait s’inscrit dans le cadre d’incessantes attaques contre les chrétiens depuis des années partout en Israël et ont demandé qu’une enquête officielle soit menée ».

Pour sa part, le saint-synode du Patriarcat de Jérusalem a publié le communiqué suivant : « Par la voix de son représentant à Nazareth, le Patriarcat de Jérusalem a condamné les expressions et prises de positions provocantes à l’encontre la personne de Jésus-Christ et de la très sainte Mère de Dieu, et qui ont été diffusées au cours d’un programme satirique du canal télévisé 10 en Israël. Par la suite, au cours de sa 44e séance tenue le 11/24 février 2009, le saint et sacré synode a condamné toute expression et manifestation diffamante à l’encontre des personnes et symboles de toutes les religions, et a affirmé sa ferme intention de poursuivre le dialogue interreligieux que le Patriarcat de Jérusalem cultive pour promouvoir de la coexistence pacifique et la coopération constructive des croyants de toutes les religions dans le cadre du respect mutuel».

Source: Orthodoxie.com et Romfea.gr

Rédigé par Nikita Krivochéine le 27 Février 2009 à 17:49 | 0 commentaire | Permalien

Les problèmes démographiques qui concernent aujourd'hui presque la totalité des pays européens peuvent être un domaine de coopération entre chrétiens de différentes Églises, surtout celles attaches aux valeurs éthiques et familiales traditionnelles. En effet, il semblerait que l'ampleur des défis dans ce domaine soit telle que seuls des efforts joints des chrétiens pourraient porter ne serait-ce que quelques fruits positifs.

Dans le livre d'Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, éditions Chronique, 2009, on peut lire l'affirmation suivante: "L'Europe est la seule région du monde dont la population va diminuer durant le premier tiers de ce siècle. L'évolution de deux grands peuples européens qui se sont massacrés mutuellement à Stalingrad illustre d'ailleurs ce déclin général: dans vingt-cinq ans, le peuple allemand aura fondu de 10 millions et le peuple russe (deux avortements pour une naissance) de 15 millions. Sur les vingt-cinq pays de l'Union élargie, dix-sept (dont ceux de l'Europe centrale) connaissent des excédents de décès par rapport aux naissances" (p. 58).

Reste à savoir ce que, concrètement, les chrétiens peuvent faire pour ralentir ce processus de vieillissement et de diminution de la population européenne.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 23:16 | 4 commentaires | Permalien

Léonce de Jérusalem, théologien du VIe siècle, dans son Traité contre les Nestoriens, rapporte les propos suivants des adversaires du concile de Chalcédoine, notamment de ceux qui refusaient l'unité hypostatique du Seigneur Jésus:

"Si les hypostases de Dieu et de l'homme ne sont pas séparées, comme le sont les natures [divine et humaine], cela voudrait dire que Dieu n'est pas vraiment Dieu sans l'homme, tandis que l'homme n'est pas vraiment homme sans Dieu" (Adv. Nestor. II, 27). Ainsi, pour les Nestoriens, les hypostases de Dieu et de l'homme, étant parfaitement autonomes, ne peuvent que demeurer distinctes et séparées même dans le Christ.

C'est en lisant de tels propos qu'on prend conscience de la grâce d'être orthodoxes chalcédoniens. En effet, si pour les adversaires nestorianisants de Chalcédoine, le caractère définitif et irréversible de l'unité de Dieu et de l'homme en Christ est un scandale, pour nous autres, c'est le fondement même de notre salut. Il est vrai que Dieu reste Dieu en l'absence de l'homme. Mais l'homme peut-il vraiment être homme sans Dieu?

Rédigé par le hiéromoine Alexandre le 25 Février 2009 à 22:06 | 1 commentaire | Permalien

Difficultés de l'Eglise orthodoxe en Bulgarie
Le Saint-Synode de l'Église orthodoxe de Bulgarie a confié au métropolite Galaktion de Staro-Zagora la tâche de mener le dialogue avec les schismatiques. Mgr Galaktion avait lui-même été auparavant directeur spirituel de l'actuel "primat" de l'Église schismatique bulgare, selon l'information de l'agence de presse religieuse russe Blagovest-Info.

Rappelons qu'en 1992, une partie de l'épiscopat orthodoxe bulgare, soutenue par les autorités civiles, s'était rebellée contre le patriarche Maxime, mettant en cause la canonicité de son ordination et ses éventuels liens avec le pouvoir communiste. En 1996, un patriarche alternatif a été désigné, il s'agissait du métropolite Pimène. En 1998, un concile de l'Église orthodoxe bulgare où sept patriarche et des représentants des autres Églises orthodoxes autocéphales ont participé, a réaffirmé son soutien au patriarche Maxime et appelé les schismatiques à la pénitence. Ce n'est pourtant qu'en 2003 que l'État bulgare a reconnu l'Église orthodoxe canonique du pays.

Récemment, le tribunal européen de Strasbourg a donné raison à une plainte de l'Église bulgare dissidente qui dénonçait la violation de ses droits de la part des autorités civiles.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 21:46 | 7 commentaires | Permalien

Propos du patriarche Cyrille sur les rapports entre l'Eglise russe et le pouvoir civil
Dans son homélie pour la fête de saint Alexis, métropolite de Kiev-Moscou, le 25 février 2009, le patriarche Cyrille de Moscou a établi une comparaison entre le ministère difficile de saint Alexis au XIVe siècle, dans une Russie soumise à la domination de la Horde d'Or et aux tentatives de division, et le ministère du patriarche Alexis II, à la fin du XXe siècle. Il affirme également que, dans les deux cas, l'Église russe a su échapper à la tentation de s'assimiler au pouvoir civil et d'en devenir une émanation:

"Saint Alexis a fait appel à toutes ses forces pour protéger notre pays, son Église de la terrible menace que représentait la Horde d'Or. Il voulait conférer au peuple un maximum de liberté car seule la liberté pouvait permettre le renforcement spirituel et matériel du pays. L'objectif final étant de s'émanciper de l'asservissement. D'autre part, saint Alexis voulait par dessus tout maintenir l'unité de notre Église et ne pas laisser Kiev, ville du siège primatial, être séparée du reste du pays". Le patriarche Cyrille a souligné que cette mission de saint Alexis s'est trouvé particulièrement ardue. En effet, saint Alexis faisait de son mieux pour aller visiter les régions occidentales de la Russie, mais l'accès à Kiev lui était refusé.

"Sa Sainteté Alexis II dût, pendant la période où il a été à la tête de notre Église, faire face exactement aux mêmes difficultés que le saint métropolite Alexis: les forces diverses aspiraient de nouveau à démembrer notre Église. Elles s'appliquaient, et cela sur des lignes de démarcation similaires, à détacher Kiev, Mère des villes russes, de l'unité de la Rus ancienne. Le défunt patriarche Alexis II a dû déployer d'immenses efforts pour maintenir l'unité. Par la grâce de Dieu, tous les conciles auxquels participaient l'ensemble des évêques de notre Église, tenus dans les années 1990, ainsi qu'au début du XXIe siècle, ont à nouveau témoigné de la volonté indéfectible de la vieille Russie orthodoxe de rester unie".

Par ailleurs, le patriarche Cyrille a rappelé qu'au temps de saint Alexis, au XIVe siècle, l'Église a, par sa prédication, aidé les croyants à chercher la sainteté non seulement dans leurs vies, dans leurs familles, mais aussi dans la cité. "Saint Alexis aspirait à imprégner d'un esprit chrétien la vie politique et la société. Il a pour beaucoup contribué à définir les orientations politiques du pays, les valeurs de la société de l'époque. Saint Alexis a entrepris de nombreux voyages, il s'est en particulier rendu dans la Horde d'Or afin d'obtenir une amélioration de la situation de l'Église et du peuple. Il a réussi à adoucir l'attitude du khan et des dirigeants de la Horde à l'égard de la Russie. Cependant, Saint Alexis n'a jamais franchi le seuil dangereux en prétendant à exercer un pouvoir civil, il n'a pas voulu avoir recours aux possibilités qu'offrait ce pouvoir pour prêcher le Christ et éduquer le peuple, bien que son influence politique et sociale fût très grande. L'Église russe a réussi à l'époque à ne pas céder à la dangereuse tentation de devenir une émanation du pouvoir civile et d'exercer sa mission pastorale par la coercition, méthode inhérente à l'État. Cela explique peut-être comment, par la suite, notre Eglise put éviter les dangereuses conséquences d'une telle fusion".

Selon le patriarche Cyrille, dans son service pastoral, le défunt Alexis II a pour beaucoup repris ce qui avait été accompli par saint Alexis au XIVe siècle: "L'Église n'aspirait pas à un pouvoir civil, à être incorporée à l'appareil de l'État, à exercer sa mission pastorale en s'appuyant sur les autorités laïques. L'Église voulait au contraire se tenir à l'écart de toute influence politique, à exister en dehors de tout cadre étatique, elle restait libre et ne tenait qu'à un seul privilège: celui d'être l'expression et la voix de son peuple. Les évènements de ces derniers vingt ans, le retour du peuple à Dieu et dans l'Église orthodoxe, les relations nouvelles entre l'Église et l'État, tout ceci est le fruit de la sage conduite de l'Église par le défunt patriarche Alexis II".

"Avec l'aide de Dieu, les connaissances et l'expérience que nous avons héritées des temps anciens nous aident aujourd'hui à mieux définir les relations de l'Église avec ceux qui sont loin, comme avec les prochains tout en sachant que la seule et unique mission de l'Église est le salut des âmes. Tout ce que l'Église entreprend dans le monde, y compris ses rapports avec la société et l'État, ne vise que le salut des hommes et la venue du Royaume de Dieu", a affirmé le patriarche Cyrille.

Source: www.egliserusse.eu

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 21:30 | 0 commentaire | Permalien

Le père Vsévolod Tchapline, vice-président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, rapporte, dans son livre "Lambeaux" ("Лоскутки"), une belle histoire sur le rapport entre l'épiscopat et l'ascèse. La voici traduite en français:

"Un évêque m'a raconté un jour qu'il avait surpris la conversation suivante entre deux supérieurs de monastère:

'Mon Père, pourquoi Monseigneur vient si rarement chez vous, alors qu'il est très souvent chez nous? Nous n'en pouvons plus de lui préparer des repas, de réunir de grandes chorales, de repeindre chaque fois l'église...'

'Eh bien, nous, nous ne faisons rien de tout cela. Quand il vient, nous lui proposons de célébrer immédiatement un acathiste, puis les vigiles complètes sans rien abréger. Ensuite le repas monastique, de la kacha et du pain. Le lendemain, la liturgie à l'aube, suivie d'une autre hymne acathiste... Tu te souviens: Cette espèce-là ne peut être expulsée que par le jeûne et la prière..."

Le texte original russe peut être consulté sur Interfax-Religion.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 20:32 | 0 commentaire | Permalien

La place de l'homélie dans la liturgie orthodoxe
De nos jours, la place de l'homélie dans la liturgie orthodoxe varie selon les régions. Souvent, elle est complètement omise. En Russie, par exemple, l'homélie a lieu soit à la fin de la liturgie, soit avant la communion des fidèles et juste après celle du clergé. En Europe occidentale, les prêtres orthodoxes prêchent souvent à la fin de la liturgie. Il faut reconnaître objectivement que de telles pratiques n'ont pas de logique liturgique.

L'ordo liturgique prévoit, dès l'antiquité, que l'homélie soit prononcée juste après la lecture de l'Évangile. Des partisans de l'homélie à la fin de la liturgie disent quelquefois qu'une prédication après la lecture de l'Évangile interrompt inutilement le cours de la prière et distrait de la méditation. Une telle explication n'est valable que si l'homélie ne porte pas sur l'Évangile qui vient d'être lu. Ce qui ne doit pas être le cas. Par définition, la prédication liturgique est un commentaire des lectures apostolique et évangélique du jour. En revanche, rien n'empêche le célébrant de rajouter quelques mots sur un autre sujet à la fin de la liturgie, avant la vénération de la croix par les fidèles.

Le mercredi 25 février 2009, nous avons entendu à la liturgie patriarcale à Moscou, pour la première fois depuis de longues années, le patriarche Cyrille prêcher immédiatement après la lecture de l'Évangile. L'homélie du patriarche portait sur la lecture évangélique et la figure de saint Alexis, métropolite de Kiev et Moscou, fêtée ce jour-là. Cette prédication après l'Évangile est un beau signe du retour aux traditions liturgiques anciennes. Espérons que ce geste du patriarche sera imité par les évêques et les prêtres.

Rédigé par le hiéromoine Alexandre le 25 Février 2009 à 17:47 | 0 commentaire | Permalien

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Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 17:19 | Permalien

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