Propos du patriarche Cyrille sur les rapports entre l'Eglise russe et le pouvoir civil
Dans son homélie pour la fête de saint Alexis, métropolite de Kiev-Moscou, le 25 février 2009, le patriarche Cyrille de Moscou a établi une comparaison entre le ministère difficile de saint Alexis au XIVe siècle, dans une Russie soumise à la domination de la Horde d'Or et aux tentatives de division, et le ministère du patriarche Alexis II, à la fin du XXe siècle. Il affirme également que, dans les deux cas, l'Église russe a su échapper à la tentation de s'assimiler au pouvoir civil et d'en devenir une émanation:

"Saint Alexis a fait appel à toutes ses forces pour protéger notre pays, son Église de la terrible menace que représentait la Horde d'Or. Il voulait conférer au peuple un maximum de liberté car seule la liberté pouvait permettre le renforcement spirituel et matériel du pays. L'objectif final étant de s'émanciper de l'asservissement. D'autre part, saint Alexis voulait par dessus tout maintenir l'unité de notre Église et ne pas laisser Kiev, ville du siège primatial, être séparée du reste du pays". Le patriarche Cyrille a souligné que cette mission de saint Alexis s'est trouvé particulièrement ardue. En effet, saint Alexis faisait de son mieux pour aller visiter les régions occidentales de la Russie, mais l'accès à Kiev lui était refusé.

"Sa Sainteté Alexis II dût, pendant la période où il a été à la tête de notre Église, faire face exactement aux mêmes difficultés que le saint métropolite Alexis: les forces diverses aspiraient de nouveau à démembrer notre Église. Elles s'appliquaient, et cela sur des lignes de démarcation similaires, à détacher Kiev, Mère des villes russes, de l'unité de la Rus ancienne. Le défunt patriarche Alexis II a dû déployer d'immenses efforts pour maintenir l'unité. Par la grâce de Dieu, tous les conciles auxquels participaient l'ensemble des évêques de notre Église, tenus dans les années 1990, ainsi qu'au début du XXIe siècle, ont à nouveau témoigné de la volonté indéfectible de la vieille Russie orthodoxe de rester unie".

Par ailleurs, le patriarche Cyrille a rappelé qu'au temps de saint Alexis, au XIVe siècle, l'Église a, par sa prédication, aidé les croyants à chercher la sainteté non seulement dans leurs vies, dans leurs familles, mais aussi dans la cité. "Saint Alexis aspirait à imprégner d'un esprit chrétien la vie politique et la société. Il a pour beaucoup contribué à définir les orientations politiques du pays, les valeurs de la société de l'époque. Saint Alexis a entrepris de nombreux voyages, il s'est en particulier rendu dans la Horde d'Or afin d'obtenir une amélioration de la situation de l'Église et du peuple. Il a réussi à adoucir l'attitude du khan et des dirigeants de la Horde à l'égard de la Russie. Cependant, Saint Alexis n'a jamais franchi le seuil dangereux en prétendant à exercer un pouvoir civil, il n'a pas voulu avoir recours aux possibilités qu'offrait ce pouvoir pour prêcher le Christ et éduquer le peuple, bien que son influence politique et sociale fût très grande. L'Église russe a réussi à l'époque à ne pas céder à la dangereuse tentation de devenir une émanation du pouvoir civile et d'exercer sa mission pastorale par la coercition, méthode inhérente à l'État. Cela explique peut-être comment, par la suite, notre Eglise put éviter les dangereuses conséquences d'une telle fusion".

Selon le patriarche Cyrille, dans son service pastoral, le défunt Alexis II a pour beaucoup repris ce qui avait été accompli par saint Alexis au XIVe siècle: "L'Église n'aspirait pas à un pouvoir civil, à être incorporée à l'appareil de l'État, à exercer sa mission pastorale en s'appuyant sur les autorités laïques. L'Église voulait au contraire se tenir à l'écart de toute influence politique, à exister en dehors de tout cadre étatique, elle restait libre et ne tenait qu'à un seul privilège: celui d'être l'expression et la voix de son peuple. Les évènements de ces derniers vingt ans, le retour du peuple à Dieu et dans l'Église orthodoxe, les relations nouvelles entre l'Église et l'État, tout ceci est le fruit de la sage conduite de l'Église par le défunt patriarche Alexis II".

"Avec l'aide de Dieu, les connaissances et l'expérience que nous avons héritées des temps anciens nous aident aujourd'hui à mieux définir les relations de l'Église avec ceux qui sont loin, comme avec les prochains tout en sachant que la seule et unique mission de l'Église est le salut des âmes. Tout ce que l'Église entreprend dans le monde, y compris ses rapports avec la société et l'État, ne vise que le salut des hommes et la venue du Royaume de Dieu", a affirmé le patriarche Cyrille.

Source: www.egliserusse.eu

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 21:30 | 0 commentaire | Permalien

Le père Vsévolod Tchapline, vice-président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, rapporte, dans son livre "Lambeaux" ("Лоскутки"), une belle histoire sur le rapport entre l'épiscopat et l'ascèse. La voici traduite en français:

"Un évêque m'a raconté un jour qu'il avait surpris la conversation suivante entre deux supérieurs de monastère:

'Mon Père, pourquoi Monseigneur vient si rarement chez vous, alors qu'il est très souvent chez nous? Nous n'en pouvons plus de lui préparer des repas, de réunir de grandes chorales, de repeindre chaque fois l'église...'

'Eh bien, nous, nous ne faisons rien de tout cela. Quand il vient, nous lui proposons de célébrer immédiatement un acathiste, puis les vigiles complètes sans rien abréger. Ensuite le repas monastique, de la kacha et du pain. Le lendemain, la liturgie à l'aube, suivie d'une autre hymne acathiste... Tu te souviens: Cette espèce-là ne peut être expulsée que par le jeûne et la prière..."

Le texte original russe peut être consulté sur Interfax-Religion.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 20:32 | 0 commentaire | Permalien

La place de l'homélie dans la liturgie orthodoxe
De nos jours, la place de l'homélie dans la liturgie orthodoxe varie selon les régions. Souvent, elle est complètement omise. En Russie, par exemple, l'homélie a lieu soit à la fin de la liturgie, soit avant la communion des fidèles et juste après celle du clergé. En Europe occidentale, les prêtres orthodoxes prêchent souvent à la fin de la liturgie. Il faut reconnaître objectivement que de telles pratiques n'ont pas de logique liturgique.

L'ordo liturgique prévoit, dès l'antiquité, que l'homélie soit prononcée juste après la lecture de l'Évangile. Des partisans de l'homélie à la fin de la liturgie disent quelquefois qu'une prédication après la lecture de l'Évangile interrompt inutilement le cours de la prière et distrait de la méditation. Une telle explication n'est valable que si l'homélie ne porte pas sur l'Évangile qui vient d'être lu. Ce qui ne doit pas être le cas. Par définition, la prédication liturgique est un commentaire des lectures apostolique et évangélique du jour. En revanche, rien n'empêche le célébrant de rajouter quelques mots sur un autre sujet à la fin de la liturgie, avant la vénération de la croix par les fidèles.

Le mercredi 25 février 2009, nous avons entendu à la liturgie patriarcale à Moscou, pour la première fois depuis de longues années, le patriarche Cyrille prêcher immédiatement après la lecture de l'Évangile. L'homélie du patriarche portait sur la lecture évangélique et la figure de saint Alexis, métropolite de Kiev et Moscou, fêtée ce jour-là. Cette prédication après l'Évangile est un beau signe du retour aux traditions liturgiques anciennes. Espérons que ce geste du patriarche sera imité par les évêques et les prêtres.

Rédigé par le hiéromoine Alexandre le 25 Février 2009 à 17:47 | 0 commentaire | Permalien

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Rédigé par l'équipe de rédaction le 25 Février 2009 à 17:19 | Permalien

Ce lieu de libre information, de réflexion et d'échanges sur l'actualité chrétienne est initié par des fidèles orthodoxes vivant en France. Les contributions qui y sont publiées n'expriment la position officielle ni de l'Église orthodoxe russe ni du diocèse de Chersonèse. C'est une initiative parmi tant d'autres visant à mettre au profit de la mission orthodoxe et de la communication entre chrétiens les moyens offerts par les technologies modernes.

L'objectif de cette plateforme est de partager des informations sur la vie des orthodoxes en France, en Russie et dans le monde, de proposer des textes de réflexion sur diverses questions d'actualité et d'échanger des réactions, dans le respect de la diversité des opinions et sans aucune polémique - ce à quoi veilleront les modérateurs.

Il existe aujourd'hui en Russie, en Ukraine et dans les autres pays orthodoxes de très nombreux blogs et sites où des orthodoxes discutent de la mission de l'Église, de ses problèmes. Notre initiative s'inscrit dans la même perspective et souhaite contribuer, ne fût-ce que modestement, à une meilleure compréhension des chrétiens entre eux.

Nous espérons que nos frères catholiques et protestants accepterons d'apporter leurs contributions. Les commentaires peuvent paraître en français, en anglais et en russe.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 16 Février 2009 à 19:23 | 27 commentaires | Permalien

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