Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
Néomartyr Saint Alexandre /Schmorell/ (16 sept. 1917 - 13 juil. 1943) canonisé à Munich (4-5/02/2012) par l'Église russe en tant que Saint local

Новомученик Александр ШМОРЕЛЬ моли Бога о нас (16 сен.1917-13 июля 1943) канонизирован РПЦЗ 4-5 февраля 2012г.

Alexandre Schmorell a été décapité à Munich le 13 juillet 1943 par les nazis pour son activité au sein de le "Rose Blanche" — petit groupe chrétien opposé au régime hitlérien.

Il repose au cimetière Am Perlacher Forst où se trouve également la tombe de ses amis assassinés par les nazis, situé — providentiellement — en face de la cathédrale orthodoxe russe actuelle de Munich

Cette exposition a été organisée pour commémorer le centenaire de la naissance d’Alexandre Schmorell, l’un des deux organisateurs du groupe antinazi « La Rose Blanche». Alexandre a été canonisé en 2007 par l’EORHF, aussi une importante délégation du diocèse de Munich avec à sa tête Monseigneur Marc (Arndt) assistait à la cérémonie ainsi que Madame Nora Teich, consul général de la RFA à Ekaterinbourg et des membres de la famille Schmorell.

Les parents d'Alexandre étaient tous deux originaires d'Orenbourg.

Des photos de famille et des documents concernant l’action clandestine de la « Rose Blanche », entre autre procès-verbaux des interrogatoires de Schmorell par la Gestapo ainsi que le refus opposé par SS Heinrich Himmler à la demande en grâce présentée par des membres de la famille Schmorell.

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
Alexandre Schmorell, orthodoxe, de parents russes émigrés. Avant son exécution Alexandre s’est confessé auprès d’un prêtre auquel il a remis une lettre adressée à son amie Nellie de la ville de Gjatsk. Le prêtre a conservé ce petit mot et l’a remis aux parents d’Alexandre.

On voit dans les salles de l’exposition des tracts de l’organisation clandestine comme flotter sous le plafond. Cinq jeunes chrétiens allemands appartenaient à ce groupe. Le groupe comprenait des jeunes catholiques et des protestants. Plusieurs livres ont été publiés sur "La Rose blanche". Cinq membres de la « Rose Blanche » furent arrêtés par la Gestapo en 1942 et exécutés en 1943.

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
Christoph Probst (24 ans, lors de son exécution), Hans Scholl, 25 ans et Sophie Scholl, 22 ans, ont été pris dans un engrenage infernal. On les avait condamnés à mort pour donner un exemple à tous les défaitistes.

Hans Scholl – en quelque sorte, le chef de la bande – avait commencé dans la Jeunesse hitlérienne. Vite lassé par les abus évidents de ses idoles politiques et par l’ “idéal” véhiculé dans ces milieux-là, il rentre dans une des “Jugendschaft” - groupe de jeunes cultivés, et survivance en temps de dictature de la “Jeunesse Confédérée” allemande, interdite par la Gestapo.

Ces groupes, assez communs pour l’Europe du nord et qui ont prit leur essor à l’époque romantique, étaient de sociétés estudiantines qui apprenaient surtout la liberté intérieure. SUITE

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
L’une des places de Munich a été nommée en l’honneur de Schmorell.

Monseigneur Benjamin, métropolite d’Orenbourg et Monseigneur Marc, évêque de Berlin, ont concélébré le 29 avril 2017 les mâtines à la cathédrale Saint Nicolas. Le dimanche 30 avril ils ont concélébré la divine liturgie. Un concert organisé par les élèves du gymnase orthodoxe Saint Jean de Cronstadt a été donné dans la grande salle de la Philharmonie en l’honneur de l’évènement. PHOTOS Igor Khramov Traduction "PO"

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
Lire aussi L'archimandrite Romain, chef de la Mission de l'ÉORHF en Terre Sainte : 70e anniversaire de l'exécution du martyr Alexandre Schmorell


В субботу, 29 апреля, в музее истории Оренбурга при большом стечении общественности была открыта выставка «Александр Шморель – немецкое Сопротивление с русской душой». Экспозиция посвящена 100-летию со дня рождения выходца из оренбургской купеческой семьи Шморель – одного из двух организаторов немецкой антифашистской группы «Белая роза»

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
Поскольку Александр был канонизирован Русской православной церковью в 2012 году, в церемонии открытия принимала участие делегация германской епархии РПЦЗ. В этой связи в Оренбург прибыла и атташе по культуре генерального консульства Германии в Екатеринбурге госпожа Нора Тех. Ее встреча с министром культуры и внешних связей Оренбургской области Евгенией Шевченко прошла в пушкинском зале музея.

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »
В субботу митрополит Оренбургский и Саракташский Вениамин и архиепископ Берлинский и Германский Марк совершили всенощное бдение в Никольском кафедральном Соборе. Утром воскресенья 30 апреля оба архипастыря будут служить там же божественную литургию,

Au Musée d’histoire d’Orenbourg une exposition « Alexandre Schmorell, résister dans le Reich avec une âme russe »

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Juillet 2021 à 06:40 | 15 commentaires | Permalien

Prière aux Saints Apôtres Coryphées Pierre et Paul
Saint Justin de Tchéliyé (Popovitch)

Ô très glorieux Apôtres Pierre et Paul ! Vous avez parcouru irrésistiblement tout le chemin évangélique de la terre au ciel, car rien ne pouvait vous y arrêter ou vous en détourner, aucun malheur, aucun tourment, aucune affliction, aucune souffrance, aucune épreuve, aucune persécution, aucune menace, aucun danger, aucune crainte, aucune épée, aucun supplice, aucune mort. Aidez-nous, nous autres pécheurs, à parcourir sans honte ce chemin saint et à entrer dans le Royaume Céleste.

Pour le Seigneur Christ vous avez tout abandonné, mais ainsi vous L’avez acquis, Lui – le seul vrai Dieu du Ciel et de la terre, et avec Lui, tous Ses trésors : l’Eternelle Vérité Divine, l’Eternelle Justice Divine, l’Eternel Amour Divin, l’Eternelle Vie Divine. Accordez à nous aussi pécheurs quelques miettes de Sa Vérité Divine, de Son Amour Divin, de Sa Vie Divine, que fuient loin de nous sans se retourner, tout mensonge, toute injustice, toute haine, toute malice, toute malveillance, tout orgueil, toute concupiscence, toute colère, toute rage, toute envie, toute ruse, toute passion, tout mal, tout péché, toute mort, tout diable, tout enfer.

Apôtres Coryphées, ailés comme les Chérubins célestes, vous nous avez annoncé par votre Evangile la merveilleuse Bonne Nouvelle : que notre vie est dans le ciel.

Ô, du ciel, portez votre regard sur nous : voici, nous nous vautrons dans la boue de nos péchés, nous nous noyons dans la vase de nos passions, - nous vous prions : tendez-nous avec miséricorde vos mains saintes, sortez nous de notre puanteur, emmenez nous de la terre au ciel ; obtenez pour nous du Seigneur par vos prières le repentir évangélique, l’amour évangélique, la prière évangélique, le jeûne évangélique, l’humilité évangélique, la bonté évangélique, la miséricorde évangélique, la patience évangélique, toutes les vertus évangéliques, pour que ces vertus évangéliques, qui nous font désirer le ciel par la puissance divine qui demeure en elles, transportent nos âmes de la terre au ciel, et que nous, sur la terre par nos corps, vivions par nos âmes dans le ciel. Nous savons et nous sentons : chacun de nos péché est une meule au coup de notre âme, qui par son poids nous tire toujours vers le bas, elle nous entraînera dans le royaume éternel du péché – l’enfer, si vous n’accourez pas à notre secours, ô vous, Apôtres Coryphées, et ne nous libérez pas de nos péchés, de nos meules qui nous font sombrer dans l’obscurité, dans les ténèbres, dans la mort spirituelle.

Ô très miséricordieux Apôtres du Dieu d’amour : apprenez-nous à prier – pour le salut de nos âmes ; apprenez-nous à jeûner – pour le salut de nos âmes ; apprenez-nous à aimer – pour le salut de nos âmes ; apprenez-nous à vivre et à mourir évangéliquement ; afin qu’aucun d’entre nous ne vive pour soi et ne meure pour soi, mais que nous vivions et mourions pour le Seigneur, afin que nous nous rendions dignes de la vie éternelle dans Son Royaume Céleste, et qu’ainsi s’accomplisse sur nous aussi votre vérité évangélique, ô Saints Apôtres Coryphées : que nous vivions, que nous mourrions - nous sommes au Seigneur.

Ô très grands Evangélistes du Sauveur, vous nous avez enseigné la vérité évangélique : que notre vie humaine sur terre n’est qu’un préparation pour la vie éternelle au ciel. Pour cela nous vous prions de toute notre âme : accordez-nous toutes les énergies divines qui nous sont nécessaires pour une vie pieuse sur terre et pour la vie éternelle au ciel. Accordez-nous la foi : en elle est la puissance de l’amour ; accordez-nous l’amour : en lui est la puissance de l’espérance ; accordez-nous l’espérance : en elle est la puissance de la prière ; accordez-nous la prière, en elle est la puissance du jeûne ; accordez-nous le jeûne, en lui est la puissance de la patience ; accordez-nous la patience, qu’elle perfectionne en nous l’œuvre de la sainte foi, de toutes les saintes vertus, pour que dans ce monde et dans l’autre, nous vivions joyeusement et de tout notre cœur pour le Seigneur Jésus, notre espoir éternel, notre amour éternel, notre joie éternelle, notre vie éternelle.

Ô Apôtres Coryphées Sages en Dieu, vous nos saints et infaillibles guides et directeurs, nous vous prions et nous vous supplions : guidez-nous et dirigez nous à travers ce monde et cette vie, par votre grâce toute sanctifiante et toute illuminante vivant en nous, priant en nous, aimant en nous, jeûnant en nous, pensant en nous, sentant en nous, agissant en nous, accomplissant les commandements évangéliques en nous, et introduisez-nous ainsi nous très pécheurs, infirmes et faibles dans le Royaume Céleste, qu’ici et là-bas nous servions éternellement, de toute notre âme, de tout notre cœur, de toute notre pensée, de toute notre force, notre miraculeux et thaumaturge Seigneur et Sauveur - Jésus Christ, à qui, grâce à vous, nous aussi rendons grâce, honneur et gloire, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.



Prière aux Saints Apôtres Coryphées Pierre et Paul

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Juillet 2021 à 19:11 | 1 commentaire | Permalien

Que signifie réellement le titre «patriarche œcuménique » ou « universel », d’où vient-il et quelle est sa valeur ?
Patriarche œcuménique : Histoire d’un titre

Le titre complet du primat de la première Église orthodoxe dans l’ordre des dyptiques est : « Archevêque de Constantinople – Nouvelle Rome et patriarche œcuménique ». L’adjectif « œcuménique », « universel », n’est clairement qu’un titre byzantin pompeux, un hommage à la tradition antique.

La doctrine orthodoxe, en effet, n’admet d’autre « juridiction universelle » que celle du Christ : comme les apôtres, unis par la fraternité, ont mené chacun la mission que leur avait confiée Dieu, indépendamment les uns des autres, de même les Églises locales qu’Il a fondées sont des sœurs, unies dans le Saint-Esprit comme les parties d’une unique Église sainte, catholique et apostolique.

Pourtant, des personnes peu au fait des finesses du droit canon et connaissant mal l’histoire ecclésiastique donnent à ce titre une autre acception. Partant du sens général du mot « universel », « œcuménique », ils voient dans ce mot une reconnaissance officielle du rôle de leader mondial de l’orthodoxie du premier des patriarches. Et ce, alors que le nombre de ses fidèles ne dépasse pas 6 millions [1] dans le monde entier, soit environ 2% du nombre total de chrétiens orthodoxes [2].

Que signifie réellement le titre « œcuménique » ou « universel », d’où vient-il et quelle est sa valeur ?

L’Empire, un univers

Le mot « univers, écoumène », du grec οἰκουμένη, est un participe passif du verbe οἰκέω, « vivre, habiter, peupler », le mot « terre » étant généralement sous-entendu. Littéralement, il signifie donc « espace terrestre habité par l’homme ».

C’est ainsi que les Grecs anciens nommaient le monde qu’ils connaissaient, en opposition aux régions lointaines, inhabitées ou peuplées de barbares sauvages. En général, le mot « écoumène » ne désignait pas le monde entier, mais sa partie civilisée. Les dirigeants des grands royaumes étaient appelés « rois de l’univers », comme, par exemple, Cyr de Perse dans la Bible (II Ez 2,2). Quand la civilisation gréco-romaine fut réunie sous le pouvoir des empereurs romains, le mot « écoumène » se mit à désigner l’Empire de Rome.

C’est en ce sens que l’emploie l’apôtre Luc, dans son récit de la Nativité du Christ : « En ce temps-là parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre » (πᾶσαν τὴν οἰκουμένην, Lc 2,1). Le terme « écoumène » signifiait moins l’espace habité que l’espace culturel de la civilisation antique. Les autres cultures avaient leurs propres « écoumènes », une notion restée vivante pendant des siècles. En 1262, par exemple, le dirigeant bulgare Jacob Svetoslav envoya au métropolite Cyrille de toutes les Russies une copie du livre du Gouvernail, accompagné d’un message : « Que l’univers russe soit illuminé par ta parole ! » SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Juillet 2021 à 11:24 | 1 commentaire | Permalien

Fête des saints apôtres Pierre et Paul le 29 juin/12/juillet
ÉVANGILE DES MATINES: JEAN 21, 14-25

L’amour pour le Christ – « Cet évangile a deux choses à nous dire. Tout d’abord, il pose clairement la question unique, la question sur laquelle nous avons et nous aurons à répondre : ‘M’aimes-tu ?’ Tout, dans la vie chrétienne, se réduit à cette question. Pouvons-nous répondre avec Pierre : ‘Oui, Seigneur, Tu sais que je t’aime’ ? Nos actions ne donneraient-elles pas un lamentable démenti à cette affirmation. Cependant, répondre simplement que nous n’aimons pas le Seigneur serait méconnaître et étouffer les aspirations – si faibles soient-elles – que le Saint-Esprit met dans nos cœurs et dirige vers le Christ. Disons donc à jésus : ‘Seigneur, Tu sais tout, Tu sais que je t’aime. Je n’attends rien de moi ; j’attends tout de la grâce’.

L’autorité dans l’Eglise

Le deuxième enseignement donné par cet évangile concerne la nature de l’autorité dans l’Église. Le Seigneur confère ici à Pierre une autorité spéciale. On remarquera, d’abord, que cette autorité est fondée sur une primauté d’amour – ‘m’aimes-tu plus que ceux-ci ?’ – et ensuite qu’elle consiste dans un service humble et désintéressé – ‘paix mes agneaux’. Toute prééminence parmi les chrétiens qui ne serait pas une prééminence d’amour et de service ne correspond pas aux intentions de notre Seigneur.

Toute autorité qui, dans l’Eglise, s’exprimerait en termes de prestige, ou de possession matérielle, ou de domination, deviendrait étrangère et hostile à cette sollicitude vraiment pastorale à laquelle Jésus appelle Pierre à participer. Sur ces paroles du Seigneur à Pierre seront jugés tous ceux qui revendiquent une autorité au sein de la communauté des fidèles.

PIERRE ET PAUL

La liturgie du 29 juin manifeste, par les textes qu’elle nous fait entendre, combien le ministère de Pierre et celui de Paul sont tous deux nécessaires et complémentaires. L’évangile (Matthieu 16, 13-19) contient la confession de Pierre à Césarée de Philippes : ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant…’ et la réponse de Jésus : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre Je bâtirai mon Église…’ Ce texte a soulevé bien des controverses.

Mais il demeure certain que Jésus a voulu reconnaître et sanctionner par l’octroi d’un pouvoir spirituel éminent l’acte de foi que Pierre venait de formuler. L’épître (2 Corinthiens 11, 21-12, 9) énumère les titres de Paul, appelé directement à l’apostolat par le Christ, à être considéré comme égal ou même supérieur en autorité aux ministres de l’Évangile déjà régulièrement institués et reconnus : ‘Ils sont ministres du Christ ?… Moi, plus qu’eux’. Paul fonde cette affirmation, d’une part sur les souffrances qu’il a endurées, d’autre part sur les grâces et révélations qui lui ont été accordées […]

Paul ne s’est jamais élevé contre l’élément ‘institutionnel’ représenté par l’apostolat ‘historique’ des Onze [ …] Mais il n’a jamais admis ni que sa vocation extraordinaire fût inférieure à la vocation normale des autres apôtres ; ni que sa connaissance du Christ, toute spirituelle et reçue par grâce, fût moindre que la connaissance qu’avaient de Jésus ses premiers disciples ; ni qu’il dût sacrifier ses propres convictions aux vues du plus autorisé des apôtres »

V.G. SOURCE: Un moine de l’Église d’Orient (père Lev Gillet): L’An de grâce du Seigneur, Paris, 1988, p. 274

Fête des saints apôtres Pierre et Paul le 29 juin/12/juillet

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Juillet 2021 à 07:46 | 0 commentaire | Permalien

La Mère de Dieu dite aux trois mains
L’origine de cette icône remonte au VIII° saint Jean Damascène, grand défenseur du culte des icônes, fut condamné à avoir la main droite tranchée.Après l’exécution de la sentence, le Saint homme implora la Vierge Marie avec une confiance absolue en priant :

"il obtint un miracle, et sa main droite lui fut rendue.Jean Damascène fit ciseler une main d’argent qu’il suspendit à l’icône miraculeuse. C’est de là que vient le nom de Vierge aux trois mains".


Photo: lcône du Mont Athos, dans le Monastère de Hilandar

* * *

L'histoire de l'icône de la Mère de Dieu aux trois mains commence lorsque l'empereur Léon III l'Isaurien prescrit de détruire les saintes images, en 730, Saint Jean Damascène s'y oppose très vigoureusement. Pour éliminer cet intelligent adversaire, l'empereur Léon III envoie au Calife une lettre rédigée par des faussaires, selon laquelle Jean ne se proposait rien moins que de lui livrer Damas. Saint Jean Damascène servait le calife comme ministre.

Ayant pris connaissance du faux, le Calife qui pensait que Jean l'avait trahis au profit de Constantinople le renvoie non sans lui avoir fait tranché la main droite ; Jean récupère sa main coupée et se retire dans son oratoire pour s'adresser ainsi à la Bienheureuse Vierge Marie:
« Très pure Vierge Marie qui avez enfanté mon Dieu, vous savez pourquoi on m'a coupé la main droite, vous pouvez, s'il vous plaît, me la rendre et la rallier à mon bras. Je vous demande avec instance cette grâce pour que je l'emploie désormais à écrire les louanges de votre Fils et les vôtres. »

La Vierge lui apparaît pendant son sommeil et lui dit : « Vous êtes maintenant guéri, composez des hymnes, écrivez mes louanges, accomplissez ainsi votre promesse. ». En remerciement, Jean fit placer en ex-voto une troisième main sur cette icône très particulière qui devint ainsi le prototype de ce genre d'icône.

Selon la tradition, Saint Sava apporta l'icône du Mont Athos, dans le Monastère de Hilandar, réalisant une prophétie ancienne selon laquelle cette icône, l'une des plus sacrées de l'Église Orthodoxe, devait être remise à un moine de sang royal. Elle fût ensuite transférée dans la capitale de l'Empereur Stefan Uros IV Dusan à Skopje, où elle acquis le titre d'icône protrectrice de la Serbie et du peuple, titre qu'elle garde encore aujourd'hui. Après les conquêtes Turques, elle se retrouva de nouveau dans le Monastère de Hilandar où elle séjourne encore aujourd'hui.
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Зачем Богородице третья рука?
Traduction Larissa pour "PO"
La Mère de Dieu dite aux trois mains

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Juillet 2021 à 10:05 | 0 commentaire | Permalien

Les Eglises du Nord russe seront numérisés à l'aide des dernières technologies
Les anciennes églises survivants du grand Nord seront incluses dans le registre des monuments en ruine. Une archive numérique de es édifices, sera créée dans les plus brefs délais.

Deux méthodes seront utilisées pour décrire en détail ces bâtiments : la photogrammétrie et le balayage laser. La première consiste à faire voler un drone équipé d’ un appareil photo numérique autour du temple et la prise d’une photographie panoramique circulaire de l'ensemble . En ce qui concerne les monuments, à propos desquels une décision de conservation sera prise par la suite, cela est généralement suffisant. Il est possible, sur la base des résultats de la photogrammétrie, d’élaborer un projet de restauration. La numérisation laser est plus onéreuse mais plus précise..

Il a été décidé d'orienter en priorité les efforts vers les églises en bois, les plus sujettes au vieillissement , selon le site Internet du diocèse d'Arkhangelsk . Il y en a environ huit mille en Russie. Des 1239 églises en bois qui existaient à la veille de la révolution dans le nord de la Russie, seules 390 nous ont survécu.

« Sauver les églises, c’est aussi sauver la terre russe »

Plus de la moitié d'entre elles sont aujourd'hui menacées de disparition. Deux monuments d'architecture en bois dans la région d'Arkhangelsk - l'église Saint Vladimir dans le village de Podporozhye et le complexe du temple de l'Ascension dans le village de Vorzogory - ont déjà été soumises à la procédure de balayage laser.

Храмы Русского Севера оцифруют с помощью новейших технологий

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Juillet 2021 à 09:20 | 2 commentaires | Permalien

La célébration de Pâques par une église clandestine dans le camp de Solovki en 1929
A la fin de 1929 une terrible épidémie de typhus éclata aux îles Solovki. Sur 18.000 détenus, 5000 mille en furent atteints.

La position de l’Eglise clandestine en fut bien affermie aux Solovki. Les tchékistes du camp s’amusaient beaucoup du désarroi de l’Eglise et de sa souffrance. Lorsque de nouveaux détenus du clergé arrivaient, on les forçait à déclarer s’ils étaient pour ou contre l’Eglise officielle. Et pour ou contre la décision de Mgr Serge Stragorodsky . Avec une joie mauvaise, en les raillant, on leur demandait : « Quelle est votre attitude envers « nôtre » métropolite Serge qui dirige « l’église soviétique » ?

Le clergé de l’Eglise officielle montrait une grande prudence ; celui des catacombes se révélait plus actif. Malgré l’extraordinaire sévérité du régime à Solovki, et ai risque d’être torturé et fusillé, les évêques de l’Eglise secrète (catacombes) : Victor, Hilarion, Nectaire, Maxime, non seulement arrivaient à célébrer des services religieux clandestins, mais purent encore consacrer de nouveaux évêques.

La célébration de Pâques par une église clandestine dans le camp de Solovki en 1929
L’Eglise des catacombes possédait plusieurs « églises », dont nos deux préférées la cathédrale de la Sainte Trinité et l’église Saint Nicolas. La cathédrale, située dans la forêt profonde, consistait en une modeste clairière : le ciel en était la coupole, les bouleaux en formaient les murs.

La chapelle Saint Nicolas, au cœur de la forêt, était une sorte d’abri naturel formé par un groupe de grands sapins. C’est là que les offices étaient le plus souvent célébrés. La cathédrale ne servait que pour les grandes fêtes religieuses. Parfois, en prenant doubles précautions, un service religieux avait lieu secrètement ailleurs. C’est ainsi que le Jeudi Saint 1929, jour des douze lectures de l’Evangile, décrivant la Passion du Christ, cette si émouvante cérémonie fut célébrée dans la salle des médecins de la deuxième compagnie. Nos évêques Nicolas et Victor sont venus pour une désinfection, à cause de l’épidémie. On ferma les portes et l’office put s’y dérouler.

L’un des témoins de ces évènements, un médecin, raconte « le matin du Vendredi Saint, nos gardiens donnèrent partout lecture d’un ordre qui nous interdisait, pendant une durée de trois jours, de sortir de nos sections après huit heures du soir, sauf cas exceptionnels et encore avec une permission écrite délivrée par le commandant du camp. A sept heures du soir, ce même vendredi, au moment où nous autres médecins, revenions à nos cellules, après douze heures de travail continu, le père Nicolas vint nous annoncer que l’office de l’enterrement du Christ serait célébré dans une heure. L’artiste R avait réussi à peindre, dans ce but, un Saint Suaire minuscule, grands comme la paume de la main. Monseigneur Maxime demanda où nous allions nous réunir : « dans l’énorme caisse à poissons secs qui se trouve près de la forêt ». « Signal convenu : frapper deux coups, puis trois coups. Il est prudent de venir seul ».

La célébration de Pâques par une église clandestine dans le camp de Solovki en 1929
Une demi-heure plus tard, nous nous rendions, Mgr Maxime et moi, à cette « adresse ». Des patrouilles nous arrêtèrent deux fois pour voir notre permission. En tant que médecins nous en avions une, mais comment les autres purent-ils se débrouiller ?

Mgr Victor tenait les livres dans la fabrique de câbles ; Mgr Nectaire était pêcheur, les autres tressaient des filets… Nous voici arrivant à la lisière de la forêt, nous apercevons l’énorme caisse, d’une longueur de plus de huit mètres ; pas de fenêtres bien sûr, une porte presque invisible. Nous frappons comme convenu. Le père Nicolas nous ouvre. Deux de nos évêques sont déjà sur place, un troisième arrive.

L’intérieur de la caisse est transformé en église : des branches de sapin recouvrent le sol et ornent les murs. Quelques cierges brûlent, de petites icônes ont été installées. Le minuscule Saint Suaire posé sur des branches vertes semble s’y perdre. Nous sommes dix en tout… Quatre ou cinq autres arrivent plus tard, dont deux moines.

L’office commence. Les prières sont chuchotées, il nous semble ne plus avoir de corps, mais seulement des oreilles. Rien ne nous distrait, rie ne trouble nos prières…

Comment avons-nous pu rentrer chez nous ? Je ne sais. Le Seigneur nous protégeait. C’est dans la chambre des médecins que se déroulèrent les lumineuses Mâtines pascale, suivies de la Sainte messe. Sous prétexte d’urgences médicales diverses (il y avait une épidémie de typhus, sans permission écrite, nous étions une quinzaine de personnes, réunies un peu avant minuit, pour la grande fête de Pâques.
L’office une fois terminé, et ce fut le banquet pascal.

Grâce à l’amour de nos familles nous avions sur la table « paskha » de fromage blanc et les gâteaux traditionnels, des hors d’œuvre et des œufs. Nous avions même du « vin » fabriqué avec du jus de baies sauvages, de la levure liquide et du sucre. Nous nous séparions vers trois heures du matin.
En décembre 1931 Mgr Maxime fut envoyé à Moscou et fusillé ».

La célébration de Pâques par une église clandestine dans le camp de Solovki en 1929
Source Archiprêtre Michel Polsky, « Les nouveaux martyrs de la terre russe », éditions « Résiac », 1976
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L’archipel des Solovki: « C’est devenu un lieu de mémoire sans mémoires… »


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Juillet 2021 à 16:13 | 4 commentaires | Permalien

Saint Ambroise d'Optino  (1812-1891)
D'une grande intelligence, il fut éduqué par son grand-père qui était prêtre de village. Il fit ses études ecclésiastiques au séminaire de Puptelzk et, après quelques hésitations, devint novice à Optino.

Là il se mit à l'école de saint Macaire qui avait entrepris l'édition des Pères de l'Eglise. Il tomba alors si malade qu'il resta désormais cloué au lit pour le reste de sa vie, sans même pouvoir célébrer les Saints-Mystères.

Il n'en continua pas moins son oeuvre de traduction russe de la patristique à laquelle, progressivement, s'ajouta la charge de succéder à SAINT MACAIRE DE CORINTHE

Il devint starets.

Riches et pauvres, gens instruits et ignorants, intellectuels et hommes d'affaires venaient vers cet homme alité qui les recevait avec bonne humeur, s'adaptant à chacun.

On dit même qu'il répondit à celui qui s'étonnait de le voir parler de dindons avec une paysanne: "Toute sa vie est liée à ses dindons et la paix de son âme a autant de prix que celle des autres."Il organisa également pour les pauvres des associations de laïcs consacrés à la bienfaisance.


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Juillet 2021 à 11:50 | 0 commentaire | Permalien

Mythes et légendes du métropolite Stéphane d’Estonie
Analyse de Archiprêtre Igor Prekoup, clerc de l’Église orthodoxe estonienne du Patriarcat de Moscou

Dans une interview à la chaîne de télévision grecque «4E » le métropolite Stéphane d’Estonie a parlé des confesseurs de la foi estoniens et des martyrs de l’Eglise estonienne : « Le martyre compte huit siècles d’histoire en Estonie. Les époques, cependant, se sont suivies sans se ressembler. Avant le XIIe siècle, nous avons été envahi par les Danois, puis les croisés allemands se sont installés pour deux siècles, suivis des Russes, pour les deux siècles suivants. L’histoire des XXe et XXIe siècles est en grande partie une histoire de martyre, car l’Eglise était forte. Pour un million et demi d’habitants, on comptait deux cent mille orthodoxes.

En 1945, le régime communiste, qui avait mis la main sur l’Estonie, a fermé notre Eglise, l’a liquidée, a installé un métropolite venu de Russie de façon anticanonique, et c’est ainsi que les persécutions ont commencé. Les premières persécutions datent de 1920, avec le martyre du premier évêque estonien, Mgr Platon, à Tartu, avec deux autres prêtres... »


Mgr Stéphane a raison, l’histoire des martyrs en Estonie compte déjà huit siècles. Encore faudrait-il préciser qu’il s’agit de martyrs orthodoxes, et non de martyrs chrétiens en général.

Le peuple estonien, c’est un fait, a beaucoup souffert, il a été à deux doigts de disparaître, d’abord à cause de la peste, puis parce que l’Estonie a été un champ de bataille pendant la guerre de Livonie, puis pendant la guerre du Nord.

Quant aux martyres, aux cas de confession de la foi des chrétiens en général, ils se rapportent surtout à la courte période de la terreur rouge, fin 1918 – début 1919. Les persécutions reprennent à la période que le peuple appelle simplement « l’occupation soviétique », tandis que les hommes politiques, luttant pour l’exactitude terminologique, préfèrent parler de « l’incorporation » ou de « l’annexion ». Quel que soit le terme choisi pour désigner l’évènement qui marqua l’instauration de l’athéisme bolchevik en Estonie, les faits sont là : c’est à ce moment que les chrétiens en général ont été amenés à témoigner de leur foi, certains jusqu’au martyre.

Jusque là, on ne peut parler que de confession de la foi et de martyre orthodoxes. Ce phénomène historique a bien huit siècles, puisqu’il commence avec la tentative d’évangélisation de notre pays par les croisés, au XIIIe siècle, qui mit artificiellement fin à la transmission de la tradition orthodoxe. Pourtant, avant leur invasion, l’évangélisation se faisait pacifiquement, à la fois par l’Occident et par l’Orient. Les missionnaires russes ont d’ailleurs laissé une trace indélébile dans la langue estonienne. Mentionnons, notamment les mots relatifs aux principaux moyens de prédication : rist – de krest (la croix), raamat – le livre (du mot slavon gramota). Le verbe estonien ristima – baptiser, vient du mot rist, ce qui démontre l’enracinement de l’évangélisation venue d’Orient dans la conscience des Estoniens médiévaux : en russe, en effet, le sacrement de la naissance à la vie éternelle est désigné du mot krestit’, dérivé de krest. Le lien entre le baptême, la Croix du Christ et la croix que le chrétien aura à porter dans la vie est ainsi souligné. Dans la plupart des langues européennes, par contre, ce sacrement est désigné par des mots dérivés du grec ancien βαπτίζω (baptiso) – littérallement je plonge, tandis que l’allemand taufen, baptiser, vient de tauchen, plonger, mettre dans l’eau.

Lire L’Archiprêtre Igor Prekoup : A propos des problèmes de l'orthodoxie en Estonie

A Tartu, la ville de Iouriev fondée en 1030 par le prince Iaroslav le Sage, l’orthodoxie a perduré jusqu’en 1472, date du martyre de saint Isidore de Iouriev, prêtre de paroisse, et de ses 72 compagnons. Le prêtre Ioann Chestnik (saint Jonas, de son nom monastique), qui trouva refuge à Pskov, fonda le monastère des Grottes. Saint Corneille, higoumène de ce monastère, prêcha l’orthodoxie non seulement aux Estoniens installés dans les environs du monastère, mais ayant poussé jusqu’à Narva, fonda des paroisses à Neuhausen (aujourd’hui Vastseliina) et ailleurs.
Mythes et légendes du métropolite Stéphane d’Estonie

Le témoignage orthodoxe reprend en 1841 : à compter de cette date, on observe un mouvement spontané de conversion des paysans lettons et estoniens luthériens à l’orthodoxie (en dépit, d’ailleurs, du « statut spécial » de la province et de la politique impériale dans la gouvernance générale d’Ostsee). La noblesse balte germanique déclenche contre eux de violentes persécutions.

Le métropolite Stéphane, cependant, évite d’attirer l’attention sur la confession de foi orthodoxe, sur le martyre des orthodoxes, persécutés par les hétérodoxes. Cette façon « d’arrondir les angles » à la mode politiquement correcte est compréhensible, de la part du métropolite Stéphane, mais on ne saurait l’approuver.

Mentionnant les persécutions du début du siècle dernier, Mgr Stéphane focalise fort justement l’attention sur la personnalité du premier évêque orthodoxe estonien, le martyr Platon (Kulbusch). J’estime cependant important de souligner, d’une part, que les persécutions contre la foi n’ont pas commencé en 1920 (cependant, si Mgr Stéphane a en vue l’expulsion de plusieurs prêtres orthodoxes en Russie soviétique par les autorités estoniennes à l’été 1920, je suis prêt à l’approuver), d’autre part, que Mgr Platon, chronologiquement parlant, n’est pas le premier des nouveaux martyrs estoniens. Il fut martyrisé le 14 janvier 1919, un an après sa consécration épiscopale, qui eut lieu le 31 décembre 1917 (13 janvier 1918 nouveau style). Les commissaires rouges Kull, Otter et Riatsepp tuèrent avec lui les archiprêtres Nikolaï Bejanitski et Mikhaïl Bleive. Cependant, quelques temps auparavant, les bolcheviks avaient déjà martyrisé le prêtre Sergueï Florinski (30.12.1918), puis les prêtres Alexandre Volkolv et Dimitri Tchitoserdov (08.01.1919).
Mythes et légendes du métropolite Stéphane d’Estonie

Je ne peux me défendre de soupçonner Mgr Stéphane de n’englober sous le terme de « nouveaux-martyrs estoniens » que les « nouveaux martyrs de nationalité estonienne », se concentrant volontairement sur eux.

Peut-être le symbolisme du martyre commun d’un Russe (le père Nikolaï) avec des Estoniens (Mgr Platon et le père Mikhaïl) se s’inscrit-il pas dans sa vision de l’histoire ? Et sans doute lui est-il tout à fait malaisé d’attirer l’attention sur ce fait, puisqu’à cette époque l’orthodoxie estonienne était canoniquement unie sous l’omophore du patriarche Tikhon de Moscou et de toutes les Russies ?

Au contraire, il ne nous semble pas inutile de souligner que les nouveaux-martyrs de l’Eglise estonienne, aussi bien des Estoniens, comme Mgr Platon (Kulbusch) ou les pères Mikhaïl Bleive et Ioann Pettaï, que des Russes, comme les pères Nikolaï Bejanitski, Sergueï Florinski, Alexandre Volkov et Dimitri Tchistoverov, étaient unis dans leur fidélité aussi bien à Dieu et à Son Eglise, qu’à leur mère, l’Eglise orthodoxe russe. Le sang des martyrs estoniens est une semence d’unité pour l’orthodoxie estonienne. Chercher à détruire cette unité, c’est des honnorer leur mémoire.

Selon Mgr Stéphane, « en 1945, le régime communiste, qui avait mis la main sur l’Estonie, a fermé notre Eglise, l’a liquidée, a installé un métropolite venu de Russie de façon anti canonique, et c’est ainsi que les persécutions ont commencé. » Cette déclaration est très embrouillée. D’une part parce que le régime communiste avait « mis la main sur l’Estonie » dès 1940. Les répressions, qui touchèrent surtout les émigrés blancs et les membres d’organisations reconnues politiquement hostiles (au nombre desquelles on inclut même le Mouvement chrétien des étudiants russes), commencèrent immédiatement par des arrestations, suivies d’emprisonnements dans des camps de concentration ou d’exécutions capitales.

En 1941, 9000 personnes furent expulsées du pays. Pour un pays aussi petit que l’Estonie, c’est un chiffre énorme, surtout si l’on tient compte de l’émigration vers Occident de 70 à 80000 personnes, en 1944. Enfin, en mars 1949, dans le cadre de l’opération « Priboï », 20723 personnes furent déportées dans la direction opposée. SUITE >>> ICI
Mythes et légendes du métropolite Stéphane d’Estonie

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Juillet 2021 à 07:26 | 0 commentaire | Permalien

Saint Pierre et Sainte Fevronia de Mourom
Le gouvernement de la Russie soutient une alternative orthodoxe à la Saint Valentin.

Le Patriarche Alexis II encourage la célébration de la fête des Saints Pierre et Fevronia, le 8 juillet (calendrier grégorien) et introduite pour la première fois en 2008.

Des représentants de l'Eglise orthodoxe russe considèrent en effet comme un succès le soutien apporté par l'Etat à la célébration de la fête orthodoxe russe des Saints Pierre et Fevronia, après la couverture médiatique dont ont fait l'objet les festivités, qui allaient de concerts à des mariages.

Célébrée le 8 juillet, cette fête pourrait, selon une partie de la population russe, éclipser désormais la Saint-Valentin.Le choix de cette fête n'est pas simplement religieux. Il a pour objectif d'encourager la vie de famille et de stimuler le taux de natalité en Russie, car le pays continue de subir un déclin de la population.

Le saint prince Pierre était le deuxième fils du prince Youri Vladimirovitch de Mourom (250 km à l'est de Moscou).Il fut atteint d'une lèpre que personne ne pouvait guérir. Mais un jour, il eut une vision : une jeune paysanne du nom de Févronia pourrait le guérir.

Févronia était une jeune fille pleine de sagesse et de beauté, connaissant l'art de guérir par les plantes ; même les animaux sauvages lui obéissaient.Le prince promit de l'épouser si elle le guérissait.Févronia le guérit en effet, mais le prince ne tint pas promesse. Le prince tomba alors de nouveau malade : Févronia le guérit une seconde fois et l'épousa.

Saint Pierre et Sainte Fevronia de Mourom
Après la mort de son frère, le prince devait prendre le trône, mais les nobles s'y opposèrent et lui dirent : « Tu dois te séparer de ta femme ou quitter Mourom, car ta femme, par sa condition, est la honte de la noblesse. » Le prince choisit de quitter Mourom et de vivre dans la pauvreté avec son épouse.

Mais le trône restant vacant, les luttes intestines se multiplièrent allant jusqu'aux assassinats. Les nobles décidèrent donc de faire appel au prince Pierre : celui-ci revint avec son épouse Févronia qui sut se faire aimer.
Ayant atteint un grand âge, Pierre décida de devenir moine — avec le nom de David — et Févronia moniale — avec celui de Evfrosinia. Ils prièrent pour quitter ce monde le même jour et demandèrent à être enterrés dans le même tombeau séparés par une fine cloison. Ils décédèrent en effet le même jour — le 25 juin (8 juillet selon le calendrier civil) 1228.

Mais on ne les enterra pas dans le même tombeau, car ils étaient moines, mais dans des monastères différents.
À la surprise générale, leurs reliques se retrouvèrent réunies le lendemain. Ils furent donc enterrés dans l'église de la Nativité de la Vierge à Mourom. Leurs reliques furent ensuite transférées dans le couvent de la Sainte-Trinité de Mourom où l'on peut aujourd'hui les vénérer.

Les moniales du couvent de la Sainte-Trinité recensent depuis les années 1990 les miracles effectués par les prières des saints Pierre et Févronia : les parents stériles ont la joie de donner naissance à un âge avancé, les couples en instance de divorce se réconcilient.


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Juillet 2021 à 22:13 | -40 commentaire | Permalien

Saint Procope d’Oustioug (+1303) est un thaumaturge, fol-en-Christ
De catholique il est devenu orthodoxe. Saint Procope reposa dans le Seigneur à un âge avancé, le 8 juillet 1303, aux portes du monastère des Archanges. Béatification 1547 à Moscou

Son nom séculier, son prénom, sa date et lieu de naissance ne sont pas connus avec précision (selon certaines sources son nom serait Jacob Potharst). Comme saint Isaac, Procope était un riche marchand. Il n’était ni russe, ni orthodoxe de naissance. Procope est né à Lübeck et faisait du commerce à Novgorod grâce au traité des villes hanséatiques. Il fut profondément touché par les enseignements de l’orthodoxie et, renonçant au catholicisme latin, il fut baptisé dans l’Eglise du Christ.

Procope fut tellement influencé par l’idéal ascétique orthodoxe qu’il vendit ce qu’il possédait, distribua sa richesse aux pauvres et entra au monastère de Khoutyn, près de Novgorod.

Après avoir grandi pendant un temps dans l’obéissance et la pureté spirituelle, le saint quitta le monastère et partit pour le grand Oustioug où il entra dans la voie de la folie pour le Christ.

Saint Procope d’Oustioug (+1303) est un thaumaturge, fol-en-Christ
Oustioug était une cité à moitié finlandaise où il y avait beaucoup d’églises orthodoxes. La cathédrale était une haute structure de bois avec un grand porche. Procope choisit ce porche comme refuge pour la nuit. Durant la journée, il marchait dans la cité avec l’apparence d’un fou et il supportait la dérision, les reproches et les coups de gens sans cœur.

Les enfants se moquaient de lui et les adultes qui avaient moins de sens spirituel que les enfants faisaient de même. Saint Procope se retirait sous le porche de la cathédrale pour y prier toute la nuit. Il priait plus particulièrement pour tous ceux qui lui avaient fait du tort, répétant la prière miséricordieuse du Crucifié : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font».

Quand le saint était las, il s’étendait souvent pour se reposer sur un tas de fumier, une pierre ou sur la terre battue. Ses vêtements étaient de simples haillons et il affrontait, ainsi vêtu, les froids incroyables du nord de la Russie. Il n’acceptait la nourriture que des pauvres et de ceux qui craignaient Dieu, mais il n’acceptait rien de ceux qui s’étaient enrichis. Ses seuls véritables amis étaient le collecteur d’impôts mongol, Ivan Borga et son épouse Marie.

Autrefois, Ivan avait été sans foi ni loi, se permettant tout. Il avait enlevé Marie, fille d’un citoyen local et l’avait forcée à devenir sa concubine. Cependant, sous l’influence de Marie, Borga fut converti à la sainte orthodoxie, reçut le baptême et épousa Marie. Finalement, les gens se réconcilièrent avec lui et Ivan Borga changea de vie, vivant honnêtement avec son épouse. Les Borga vivaient sur la colline de Sokolya. Là, ils construisirent une église en l’honneur du Prodrome et, plus tard, un monastère.

Saint Procope d’Oustioug (+1303) est un thaumaturge, fol-en-Christ
Saint Procope rendait quelquefois visite aux Borga mais il ne s’autorisait jamais à utiliser le confort mis à sa disposition. Son confesseur était le bienheureux Cyprien, fondateur du monastère des Archanges d’Oustioug, mais le saint ne se reposa jamais, même chez lui.

Procope fut le premier des fols-en-Christ à suivre cette voie dans le monde.

Il fut ainsi le premier Russe à imiter saint André de Constantinople, le plus renommé des fols-en-Christ. Il est frappant de constater que certains épisodes de la vie de Procope sont presque identiques à ceux de la vie de saint André. L’épisode qui suit est particulièrement intéressant…

Une nuit, il y eut un gel particulièrement cruel. Une forte tempête de neige entassait des congères autour des maisons et la froidure du vent du nord était si intense que les oiseaux tombaient morts depuis le ciel. Même le bétail et les gens gelaient. On peut imaginer combien ce froid était rude pour Procope qui était à moitié nu et passait ses nuits sous le porche de la cathédrale d’Oustioug. Tourmenté par le gel, il essaya de rentrer dans la cabane de pauvres gens afin de se réchauffer un peu, mais ils le chassèrent à coups de bâton et verrouillèrent la porte. L’exclu souffrant arriva dans un réduit où quelques chiens s’entassaient dans un coin. Il s’allongea près des chiens pour profiter de leur chaleur mais les chiens se levèrent et s’enfuirent loin de lui.

Le très souffrant ascète, voyant que, non seulement les humains mais les chiens même le méprisaient, se dit à part soi : «Béni est le Nom du Seigneur, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles !» et il retourna sous son porche pour attendre la mort. Tremblant de tous ses membres, il pria pour que Dieu prenne son âme. Il ressentit soudain une chaleur merveilleuse. Levant les yeux, il vit un ange de Dieu qui se tenait devant lui avec une belle branche à la main. Le messager céleste toucha le front de Procope avec la branche et une chaleur agréable envahit tout son corps. Saint Procope relata cet épisode au prêtre Syméon (père de saint Stéphane de Perm) à condition qu’il ne le répète pas avant la mort du fol-en-Christ.

Le lieu de contemplation préféré de saint Procope était une grande pierre sur le rivage de la rivière Soukhona. Là, regardant les bateaux qui passaient, il priait pour ceux qui confiaient leur sort aux éléments changeants. SUITE Orthodoxologie

Saint Procope d’Oustioug (+1303) est un thaumaturge, fol-en-Christ

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Juillet 2021 à 15:46 | 0 commentaire | Permalien

L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?
Le christianisme, le bouddhisme, l'hindouisme, le zoroastrisme et la mythologie grecque sont généralement considérés comme des religions totalement distinctes, largement définies par leurs différences.

Mais si vous les observez, vous verrez un symbole qui les relie toutes : l'auréole / le halo.

Cette aura autour de la tête d'un personnage saint exprime sa gloire ou sa divinité et est présente dans l'art du monde entier.

Il existe de nombreuses variantes, notamment des auréoles rayonnées (comme celle de la Statue de la Liberté) et des auréoles flamboyantes (que l'on retrouve dans l'art islamique ottoman, moghol et perse), mais la plus caractéristique et la plus répandue est l'auréole circulaire en forme de disque.


L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?
Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?

On a supposé qu'il s'agissait à l'origine d'un type de motif de couronne. Il pourrait également s'agir du symbole d'une aura divine émanant de l'esprit d'une divinité. Il s'agissait peut-être d'un simple embellissement décoratif.

Une proposition amusante est qu'il dérive des plaques de protection fixées aux statues des dieux pour protéger leur tête des fientes d'oiseaux.
L'étude de la fonction de l'auréole circulaire originale dans l'art religieux ne remonte qu'au Ier siècle avant Jésus-Christ. J.-C.

Il ne figurait dans aucune religion antérieure et pourtant, en quelques siècles, il est devenu un élément fixe de l'iconographie religieuse en Eurasie.

Il est probable qu'il ait évolué à partir de traditions artistiques très anciennes.

Dans l'Égypte ancienne, la divinité solaire Rê était couramment représentée avec un disque circulaire représentant le soleil, bien que celui-ci soit placé au-dessus de sa tête plutôt que derrière.

Parallèlement, certains artefacts de la ville de Mohenjo-daro (dans la vallée de l'Indus), créés dans les années 2000 avant J.-C., présentent ce qui ressemble à des auras rayonnées. Cependant, celles-ci sont inscrites autour du corps entier des personnages sacrés, et non pas seulement autour de leur tête.

De même, dans l'art de la Grèce antique, on trouve des représentations occasionnelles de couronnes de lumière rayonnantes entourant la tête des héros mythologiques pour suggérer leurs pouvoirs divins uniques.

Mais l'auréole circulaire distinctive en forme de disque est une invention plus tardive, vraisemblablement le résultat d'idées religieuses uniques.

L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?
Le Bouddha est représenté avec une auréole dans des images du monde entier, comme dans cette fresque d'un temple cambodgien

Les premiers exemples d'un halo en forme de disque remontent aux années 300 avant J.-C. dans l'art religieux de l'Iran antique.

Il semble avoir été conçu comme un signe distinctif de Mithra, divinité de la lumière dans la religion zoroastrienne. Il a été contesté que le concept de gloire divine (connu sous le nom de "Khvarenah") dans le zoroastrisme est intimement lié à l'éclat du soleil, et que l'auréole était le moyen pictural d'associer cette qualité à Mithra, tout comme elle l'avait été pour Râ.

Du point de vue de l'histoire de l'art, la rapidité avec laquelle le disque auréolé a migré à travers les cultures le rend particulièrement remarquable en tant que pièce d'iconographie religieuse.

Dès les années 100 après J.-C. - soit un peu plus de deux cents ans après sa création - on pouvait l'observer dans des lieux aussi éloignés que la ville tunisienne d'El Djem, la ville turque de Samosata et la ville pakistanaise de Sahri-Bahlol. Dès les années 400, des halos ont été intégrés à l'art chrétien à Rome et à l'art bouddhiste en Chine. En l'espace de quelques siècles, ils sont devenus le symbole religieux universel de la divinité en Eurasie.

L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?
Alors comment l'influence du halo s'est-elle répandue à travers le monde et entre les religions ?

Le mouvement initial de cette pièce d'iconographie religieuse se fait vers l'est et l'ouest à partir de son lieu de naissance en Iran, entre les mains de certains des plus puissants empires du passé.

Au premier siècle de notre ère, les Indo-Scythes (nomades iraniens) et les Kouchans (originaires de Bactriane, en Afghanistan) ont envahi les régions situées au sud-est, c'est-à-dire les territoires couverts par les actuels Pakistan, Afghanistan et Inde du Nord.

Les deux empires, qui étaient imprégnés de l'histoire culturelle de l'Iran antique, ont apporté avec eux des pièces de monnaie représentant Mithra avec une auréole. Ce dieu jeune et séduisant, au rayonnement divin, exerçait un attrait évident sur un nombre croissant de personnes autour de l'Hindu Kush.

À tel point que l'iconographie du Bouddha - même à partir des plus anciennes représentations visuelles de celui-ci, comme le reliquaire de Bimaran (qui pourrait dater de la fin du premier siècle de notre ère), le montre avec une auréole mithriaque.

Pendant ce temps, Mithra gagnait également le cœur des envahisseurs de l'Empire romain à l'ouest, au point que le mithraïsme devint une religion romaine majeure. Mithra a ensuite influencé l'iconographie d'une autre divinité romaine, Sol Invictus (le "soleil invaincu").

Les deux dieux combinaient des physiques masculins gracieux avec des pouvoirs divins, liés au rayonnement et à l'autorité du soleil, et étaient donc vénérés par les membres les plus puissants de la société, notamment les empereurs romains.

Saint Constantin le Grand (empereur 306-337CE) a reconnu le pouvoir iconographique de l'auréole, de sorte que lui et ses successeurs se la sont arrogamment appropriée et l'ont utilisée dans des représentations artistiques d'eux-mêmes.

L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?
Jésus est parfois représenté avec un halo cruciforme, comme dans cette fresque paléochrétienne de la catacombe de Ponzianus, à Rome

Puis, avec l'acceptation croissante du christianisme dans l'Empire romain, les artistes ont commencé à représenter Jésus avec une auréole, désormais considérée comme le symbole le plus élevé de l'autorité divinement sanctionnée.

Cette nouveauté dans l'iconographie chrétienne est apparue vers les années 300 de notre ère, plus de deux siècles après son apparition dans le bouddhisme. Il s'agissait d'un signal de la métamorphose du christianisme, d'une religion marginalisée à une structure de pouvoir officielle en Occident.....SUITE >>> Religion : comment le symbole du halo s'est répandu dans le monde entier

L'auréole, symbole de sainteté dans toutes les religions.  Pourquoi ce symbole a-t-il été inventé ?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Juillet 2021 à 16:25 | 4 commentaires | Permalien

Saint Jean Baptiste
Dans le christianisme, Jean le Baptiste est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth. Il l'a baptisé sur les bords du Jourdain, laissant certains de ses disciples se joindre à lui. Précurseur du Messie, il est donc présenté dans les synoptiques comme partageant beaucoup de traits avec le prophète Élie, ce qu'il n'est pas dans l'Évangile selon Jean

par Xenia Krivocheine

L'histoire de la tête de Saint Jean Baptiste à Amiens est riche en péripéties tragiques, elle s'étale sur plusieurs siècles. Au cours des deux derniers millénaires elle a à plusieurs reprises disparu pour resurgir à nouveau. L'infâme Hérodiade avait enseveli la tête de saint Jean dans son verger tandis qu'elle rendit son corps aux disciples du martyr.

Des flots de pèlerins se mirent à affluer en Terre Sainte pour y vénérer la Sainte Croix et le Saint Sépulcre sous le règne de l'empereur Constantin et de sa mère Hélène. Une fois deux moines venus en pèlerinage virent en songe l'endroit où reposait la tête de St Jean.

Effectivement, les deux frères découvrirent la relique dans l'ancien verger du roi Hérode. Ils mirent la tête dans un sac et s'en allèrent à la recherche d'un travail. Chemin faisant un troisième compagnon se joignit à eux, c'était un potier. Fatigués de porter leur fardeau les deux moines le lui confièrent et ordonnèrent de ne pas essayer de regarder le contenu du sac.

Saint Jean Baptiste
Le potier était dévoré par la curiosité, il était persuadé qu'il s'agissait d'un trésor. Il s'apprêtait à desceller le sac lorsque saint Jean lui apparut et lui ordonna de fuir ses compagnons de route et d'emporter son fardeau. Le potier vécut une longue vie heureuse, il était très charitable, venait en aide aux indigents et gardait précieusement la tête de saint Jean Baptiste. Au moment de mourir il remit la relique à sa sœur en lui enjoignant de mener une vie chrétienne. C'est là que commence une longue série de tribulations.

La sainte Tête passe de mains en mains, tantôt elle est la propriété de personnes justes, tantôt d'hérétiques infidèles. A la suite du Triomphe de l'Orthodoxie (Concile de Constantinople) la sainte Tête se trouve à nouveau dans la ville impériale. Les Croisés s'emparent de la capitale de l'Empire Byzantin le 14 avril 1204 lors de la quatrième Croisade. La cité fut pillée et mise à sac.

Lire aussi Décollation de saint Jean Baptiste

Le chanoine Vallon de Sardon trouva dans les ruines d'un palais un étrange étui, il l'ouvrit et vit un plat en argent au centre duquel, abrités par une cloche en verre, se trouvaient des restes de visage humain. Seule la mâchoire inférieure manquait. Une inscription en grec fit comprendre au chanoine qu'il s'agissait de la tête de St Jean. Vallon de Sardon décida d'emmener la relique au Nord de la France, sa région natale. Ce n'est qu'en 1206, après un voyage de deux ans, que l'évêque d'Amiens accueillit en grande pompe les reliques de saint Jean Baptiste; en 1220 fut posée la première pierre de l'admirable cathédrale appelée à devenir le plus bel édifice gothique d'Europe et c'est là que repose la tête de saint Jean. A la suite de la révolution des inventaires des biens de l'Eglise sont établis partout dans le pays, les reliques sont confisquées. Le reliquaire contenant la tête de Jean Baptiste est blasphémé par la Convention. Les parures précieuses en sont arrachées et il est ordonné d'enfouir la tête dans un cimetière. Mais cet ordre fut ignoré! Dans le secret le maire de la ville cacha le reliquaire dans sa maison. Ce n'est que vingt ans plus tard que la tête réintégra la cathédrale.

Cependant la Révolution réussit à instiller dans les esprits le doute à l'égard des reliques. Le XIX siècle alla encore plus loin et, non sans la complicité de l'Eglise, la science s'attela à démontrer la non authenticité de toutes les reliques. La vénération de la relique d'Amiens vint à disparaître et ce n'est qu'en 1958 que l'évêque d'Amiens réunit une commission scientifique.

Les experts conclurent en fonction de nombreux paramètres et à la suite d'études approfondies, que la tête était vraiment celle de saint Jean.
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Dans la même rubrique:

Divine Liturgie à Amiens

Le numéro 22 du "Messager de l'Eglise orthodoxe" : Xénia Krivochéine présente les principaux lieux de pèlerinage orthodoxe en France: Couronne d'épines du Seigneur à Notre-Dame de Paris, les reliques de sainte Hélène à l'église Saint-Leu-Saint-Gilles de Paris, le chef de saint Jean-Baptiste à Amiens...

Saint Jean Baptiste

Saint Jean Baptiste mène une vie d'ascèse « caché dans le désert », se nourrissant de « sauterelles et de miel sauvage » (Matthieu III:4), et pratiquant le jeûne.

Si on suit l'Évangile selon Luc pour dater vers l'an 29 le moment où Jean Baptiste commence à prophétiser, il est à cette époque installé sur les bords du Jourdain, où il pratique le « baptême de repentance » par immersion dans l'eau, ce qui est légèrement différent de la description de son baptême par Flavius Josèphe.

Jean réunit autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue d'un personnage plus important que lui, que la tradition chrétienne interprète comme le Messie : « Moi, je vous baptise avec de l'eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit saint et le feu » (Matthieu III:11).
Saint Jean Baptiste

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Juillet 2021 à 09:00 | 19 commentaires | Permalien

1918, Messeigneurs  Andronik, archevêque de Perm, l’évêque Théophane, Basile, archevêque de Tchernigov, et leurs compagnons
Photo: L'archevêque Andronik Nikolsky avant d'être assassiné par les Bolchéviques à Perm.

Voici ce qu’a dit le père Touroukhanky à propos de la mort de l’archevêque de Perm Mgr Andronik :

« Comme j’ai été aumônier d’un régiment de l’armée sibérienne, j’eus l’occasion de parcourir assez longtemps les villes et les villages du diocèse de Perm, libérés à ce moment des bolcheviks et dont l’archevêque avait été Mgr Andronik. C’est lui qui m’avait autrefois ordonné prêtre, je m’efforçais de recueillir quelques renseignements concernant sa mort, sur laquelle couraient les bruits les plus divers et atroces. On disait surtout, dans l’Oural, qu’il aurait été enterré vivant, après avoir été conduit par la ville, les joues coupées et les yeux arrachés.

J’ai fini par tomber entre les mains des bolcheviks et on m’enferma dans la prison de Tobolsk. Parmi les détenus se trouvaient deux anciens tchékistes qui avaient à l’époque travaillé pour la Tcheka de Perm. Ils me dirent que l’archevêque Andronik avait été fusillé, sur la demande des ouvriers d’un faubourg de la ville, et enterré au bord de la route menant à la banlieue ouvrière ».

Etait-ce vrai ? On ne sait, car les tchékistes cherchaient souvent à présenter leurs actes passés sous un jour plus favorable ; parfois, au contraire, il les grossissaient, par bravade. J’eux l’occasion d’entendre à peu près le même récit d’un ancien communiste, qui fut chef de la police rouge de Tobolsk. Cet homme, un juif baptisé, devient plus tard un prêtre orthodoxe. Les communistes ne lui pardonnèrent pas sa « trahison » et le fusillèrent.

Lors du décret bolchevik séparant l’Eglise de l’Etat, Mgr Andronik avait émis de sévères critiques. Après la lecture, dans la cathédrale de Perm, de la déclaration faite à ce sujet par le concile local de Moscou, l’archevêque ordonna à l’archidiacre de prononcer un anathème contre les bolcheviks. Le résultat fut immédiat. Mgr Andronik et son évêque vicaire Théophane furent arrêtés sur place. L’archevêque fut mis à mort et son vicaire noyé dans la rivière Kama.

Quand le concile de Moscou apprit le martyre des deux évêques, il envoya à Perm une commission d’enquête dirigée par l’archevêque de Tchernigov Mgr Basile.
1918, Messeigneurs  Andronik, archevêque de Perm, l’évêque Théophane, Basile, archevêque de Tchernigov, et leurs compagnons

Le gouvernement soviétique qui, à l’époque, entretenait encore quelques rapports avec le concile, donna son accord et fournit même à la commission, un wagon spécial. Les recherches de la commission soulevèrent à Perm une vraie fureur parmi les communistes, et surtout parmi ceux qui étaient coupables de ces crimes. Ils prirent donc des mesures pour empêcher les résultats de l’enquête d’arriver à Moscou.

Lorsque la commission eut achevé ses travaux et que ses membres reprirent le chemin de Moscou, des soldats rouges, entre Perm et Viatka, firent l’assaut du wagon réservé dont ils tuèrent tous les occupants ; après quoi ils jetèrent leurs cadavres sur la voie.

Les corps de l’archevêque Basile et de ses compagnons furent enterrés par des paysans au noble cœur.

Des pèlerinages commencèrent bientôt sur les tombes des martyrs. Voyant cela, les bolcheviks déterrèrent ces restes et les brulèrent.
1918, Messeigneurs  Andronik, archevêque de Perm, l’évêque Théophane, Basile, archevêque de Tchernigov, et leurs compagnons

En août 1928 les journaux de Harbin se mirent à parler chaque jour de la maladie énigmatique d’un certain Lachkevitch, camarade-président des chemins de fer « Chine Orient » qui venait d’être amputé d’une jambe, sans qu’une seule goutte de sang n’ait coulé. La gangrène et le pus avaient déjà commencé et la pourriture gagnait don ventre et ses jambes.

Les docteurs qui ne quittaient pas Lachkevitch racontèrent au métropolite de Harbin, Mgr Méthode que le malade bougeait sans arrêt dans son lit, surtout après le coucher du soleil, en criant frénétiquement :

« Pourquoi te tiens-tu ici, Andronik ? Qu’est-ce que tu veux de moi ? Ce n’est pas moi qui t’as enterré ! On m’avait ordonné de le faire ! Reviens dans la forêt ! Ne m’écrase pas ! Vois-tu, je ne suis pas coupable… Le sang, le sang partout… Ne me torture pas ! »

Les infirmières, elles aussi, dirent que Lachkevitch qui mourait dans de terribles douleurs, se rappelait tout le temps un archevêque auquel il demandait pardon.

Lachkevitch, artisan teilleur, avait fait carrière dans la révolution. Il fut même, à un moment, commissaire principal de la police politique d’Irkoutsk et de sa région. Le récit de ces évènements fut publié en 1933 par le métropolite de Harbin mais après sa mort.

Source Archiprêtre Michel Polsky, « Les nouveaux martyrs de la terre russe », éditions « Résiac », 1976
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 3 Juillet 2021 à 01:31 | 0 commentaire | Permalien

Le 2 juillet nous commémorons saint Jean de Shanghai vénéré par le plérôme de l'Eglise russe
Examen des reliques de l'Archevêque Jean Maximovitch, saint Jean de Shanghai 1896-1966

Inspiré de l'article de "Tcerkovnie novosti" № 34 sept.octobre 1993

Le Mardi 29 septembre / 12 octobre 1993, après la célébration d'une pannikhide à l'intention de l'Archevêque Jean Maximovitch et l'enlèvement de la dalle de pierre qui couvre son tombeau, il a été procédé à l'ouverture de son cercueil et l'examen de ses reliques.

Les participants à cette cérémonie, qui s'y étaient préparés par le jeûne et la prière, étaient l'Archevêque Antony de San Francisco, l'Archevêque Laure de Syracuse, l'Evêque Cyrille de Seattle, sept prêtres, trois diacres, un lecteur et un laïc. Parmi les prêtres qui participaient se trouvait en particulier le hiéromoine Pierre (Loukianov) qui passa sa jeunesse auprès de l'Archevêque Jean.

Lire aussi Émigration russe en Chine. Saint Jean de Shanghai au milieu des enfants de l’orphelinat de saint Tikhon de Zadonsk.

Après qu'ils eurent prié dans la crypte, le hiéromoine Pierre tenta d'ouvrir la serrure du cercueil avec la clé qu'il avait conservée mais l'état rouillé de la serrure ne le permit pas. Pendant qu'on cherchait des outils, l'Archevêque Antony se mit à chanter "Ouvre nous les portes de la miséricorde", et les gonds du tombeau cédèrent en l'ouvrant. Avant que l'Archevêque Laure enlevât le voile de sa face, l'Archevêque Antony lut le Psaume 50.

Le 2 juillet nous commémorons saint Jean de Shanghai vénéré par le plérôme de l'Eglise russe
Les restes de l'Archevêque Jean apparurent, incorrompus, sa figure et ses mains montrant une couleur d'une totale blancheur tandis que ses pieds montraient une couleur sombre, ce qui tient sans doute au fait que l'Archevêque Jean de son vivant portait seulement des sandales toute l'année et la plupart du temps sans chaussettes.

La figure de Vladika avait quelque peu changé par rapport à celle qu'avaient connue ses proches ou par rapport aux photographies. Son nez s'est aminci.

Si le cercueil métallique a rouillé, la mantia qui le recouvrait est restée intouchée. Ses vêtements liturgiques et l'Evangile étaient couverts de moisissure, l'icône métallique sur sa poitrine rongée par la rouille, mais son bâton pastoral et la prière d'absolution sur papier intacts.

Du tombeau sortait une forte odeur de rouille et de moisissure mais les restes eux-mêmes ne sentaient rien. Quelques célébrants ont soulevé les restes de l'Archevêque Jean pour pouvoir les transférer dans un nouveau cercueil monastique spécialement préparé. A ce moment il devint clair que les restes de l'Archevêque Jean étaient complètement intacts.

Ensuite les reliques, placés dans ce cercueil neuf scellé du sceau de l'éparchie, furent portés à nouveau dans le tombeau original pour reposer là jusqu'à la glorification solennelle du nouveau saint de Dieu le 2 juillet 1994, jour anniversaire de son repos (en1966). Ceux qui ont pris part à l'examen des reliques ont témoigné avoir ressenti une joie quasi pascale.

Rappelons que l'Archevêque Jean Maximovitch, dont la glorification a été décidée au Concile des Evêques de l'Eglise Russe Hors Frontières, tenu au couvent de Lesna, fut d'abord l'Evêque de Shangaï puis l'Archevêque de l'Europe Occidentale avant de diriger le diocèse de San Francisco et l'Amérique.

Dmitry Karpenko
The Russian Orthodox Church in the U.K. and Ireland: Diocese of Sourozh

В РПЦЗ уже заканчивается, а у нас продолжается день памяти Святителя Иоанна Шанхайского и Сан-Францисского, удивительного святого наших дней. Не скрою, что это мой самый любимый святой, если можно так говорить )

В Святителе Иоанне поражает буквально все - совершенно невероятно, но оказывается и в наши дни возможно жить также, как об этом можно прочитать в книжках о подвижниках которые жили давным давно.

Святость вовсе не подразумевает идеальность. Известно, что при жизни Святитель некоторыми в церковной среде воспринимался как не вполне нормальный. Но Господь со временем все расставляет по своим местам...

Владыку Иоанна можно считать и местным Британским святым, так как он был в свое время правящим архиереем для приходов РПЦЗ в Англии и неоднократно ее посещал, совершая здесь богослужения в местном приходе. К сожалению, не так много информации можно найти об этом периоде его жизни.

Le 2 juillet nous commémorons saint Jean de Shanghai vénéré par le plérôme de l'Eglise russe
Но вот один замечательный мемуар митрополита Каллиста (Уэра), который принял окончательное решение о переходе в Православие именно под влиянием Владыки Иоанна:

"Со мной произошло нечто странное, чего я до сих пор до конца понять не могу. Я пошел в храм в Версале, где тогда служил глава Русской Зарубежной Церкви архиепископ Иоанн (Максимович), ныне причисленный к святым.

Он имел обыкновение служить ежедневно, и поскольку это был будний день, на Литургии присутствовали всего несколько человек: один или два монаха и пожилая женщина. Я вошел в храм почти в конце богослужения, незадолго перед выходом священника со Святыми Дарами. К причастию не подошел никто, но он продолжал стоять с чашей в руке и, склонив голову набок в характерной для него манере, пристально и даже как-то грозно смотрел в мою сторону (раньше он меня никогда не видел). Лишь когда я отрицательно покачал головой, он ушел в алтарь.

После литургии был молебен святому дня; по окончании молебна владыка помазывал присутствующих елеем из лампады перед иконой святого. Я оставался на своем месте, не зная, могу ли, будучи неправославным, подойти к помазанию. Но в этот раз он проявил настойчивость и властным жестом подозвал меня. Я подошел, принял помазание, и тут же вышел, не решившись остаться, чтобы поговорить с ним (впоследствии мы не раз встречались и беседовали).

Я очень удивился столь странному поведению св. Иоанна во время причащения. Мне было известно, что практика Русской Зарубежной Церкви требует обязательной исповеди перед Причастием. Несомненно, владыка должен был знать всех, кто приступает к Чаше. Да и в любом случае причастник, по крайней мере, в Русской Церкви - не мог прийти на службу так поздно. Но владыка обладал даром читать в сердцах. Не намекал ли он, что я стою на пороге Православия и больше не следует откладывать вход?

Как бы ни было на самом деле, но случившееся в Версале укрепило мою решимость. Если православие есть единственная истинная Церковь и если Церковь есть общение в таинствах, значит, прежде всего я должен приступить к таинствам".

Святителю отче наш, Иоанне, моли Бога о нас!

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 2 Juillet 2021 à 05:26 | 0 commentaire | Permalien

Soirée commémorative du prêtre Nicolas Nikichine à Sarov
Le 27 mai marque quarante jours depuis que le père Nicolas s'est éteint. Ce jour-là, dans le salon d’Honneur de la Bibliothèque de Sarov a été organisé une soirée commémorative qui lui a été consacrée, dans le cadre d'une réunion du Club des amoureux du livre orthodoxe. Ceux qui étaient réunis parlaient du prêtre avec beaucoup de respect.

Dans un sermon prononcé lors des funérailles du Père Nicolas à Paris, le Père Joseph Pavlinciuk a dit : "Il se préparait à prendre la tonsure , c'était son désir de longue date, qu'il nous a révélé à nous, ses frères, alors qu'il était déjà à l'hôpital. Il avait tous les vêtements monacaux prêts depuis longtemps, et nous ne nous en sommes même pas doutés. Pardonne-nous, Père. Nous avons fixé le jour de la tonsure, cependant, le Seigneur a jugé différemment. Il mourut au rang digne de prêtre de Dieu." Le père Nicolas a été enterré dans la même tombe que sa femme, Mère Christina ...

Archiprêtre Vladimir Kuznetsov :

- Le Père Nicolas était toujours désireux de servir : à tout moment et en tout lieu. Je me suis souvenu de ses paroles : « En France, il y a tout ce qu'il faut pour le corps, et en Russie, tout ce qu'il faut pour l'âme. Par conséquent, il venait à Sarov à chaque occasion. C'était une personne très sincère et ouverte, prête à aider n'importe qui. J'ai rencontré sa femme, Mère Christina, lorsqu'elle est arrivée à Divéevo.

Elle a également impressionné par son ouverture d'esprit et sa facilité de communication. Après une grave maladie, matouchka est décédée, le P. Nicolas Nikichine cherchait sa propre voie : s'il devait être célibataire ou devenir monastique.

Quand il nous a dit où il servait, nous avons été surpris, car il a voyagé dans toute la France avec un sac dans lequel il transportait des vêtements sacerdotaux et des fournitures liturgiques. Puis j'ai tout vu de mes propres yeux quand j'ai visité la France. Le Père Nicolas dirigeait le Centre de pèlerinage du diocèse de Chersonèse PALOMNIK à Paris, et j'étais dans l'un des premiers groupes de pèlerinage. Grâce à l'énergie, l'enthousiasme et le talent d'organisation du Père Nicolas, nous avons visité les plus grands sanctuaires chrétiens situés sur le territoire des églises catholiques dans différentes parties de la France. Il nous a parfois conduits dans des endroits où personne n'avait mis les pieds depuis longtemps. Par exemple, en notre présence, il a déverrouillé une porte étroite, a sorti la Ceinture de la Mère de Dieu du reliquaire, l'a dépoussiéré et a commencé à en parler avec inspiration.

Le père Nicolas aimait plaisanter, mais, en même temps, il était très lettré, érudit, avait trois diplômes d’études supérieures. Jusqu'à récemment, il enseignait les mathématiques à l'Université de Paris, car les prêtres orthodoxes en Europe sont obligés de travailler dans des emplois laïques pour gagner leur pain.

Il a essayé de venir à la ville pour le jour de la commémoration de St. Séraphin de Sarov, le 1er août, et a été le premier de la procession Sarov - Diveevo - Sarov. D'autres prêtres se sont remplacés l’un l’autre (car il fallait aussi célébrer dans les églises), et il a fait passer la procession au soleil du début à la fin. Il revint fatigué et rougi, mais il était chargé de la spontanéité de ces personnes avec qui il communiquait.

Sa mort était inattendue pour beaucoup d'entre nous. Mais nous savons que le Seigneur n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants (Mt 22, 32). Par conséquent, le Père Nicolas est vivant pour nous, et nous prions pour son repos, comme nous priions pour sa santé. Je souhaite à tous de grandir spirituellement à la mémoire du Père Nicolas.
Soirée commémorative du prêtre Nicolas Nikichine à Sarov

Anastasia Grigorievna Lukonina :

- Le père Nicolas Nikichine m'a demandé de rendre visite à sa mère, qui était dans le service psychiatrique de l'hôpital de Sarov. J'allais la voir volontiers et souvent. Maria Alekseevna était une femme belle, joyeuse et sociable. Elle a raconté à propos de son fils que dans son enfance, il était gentil et obéissant, il étudiait bien. Lorsqu'un représentant de l'école de physique et de mathématiques de l'Université d'État de Moscou est venu dans notre ville pour sélectionner des enfants surdoués, Kolya Nikichine était parmi eux.

Après ces études, il est diplômé de l'Université ,et a épousé une Parisienne. Ils sont partis pour la France, où sont nés deux enfants, qui s'appelaient Marie et Alexey. Les enfants ont étudié à Londres.

Maria Alekseevna a beaucoup souffert du fait que Nicolas a épousé une étrangère. Elle a été constamment convoquée au FSB (police politique en URSS), et même menacée d'être expulsée de notre ville fermée car abritant un réacteur nucléaire. Le père Nicolas n'a été autorisé à entrer à Sarov que lorsque sa mère est tombée très malade. Quand elle est décédée, elle a été commémorée directement dans le service de psychiatrie.

La table y fut mise et le père Nicolas Nikichine accomplit la litiya funèbre. Il m'a semblé que tout le personnel du département était croyant - tellement sensible et attentif.

Le père Nicolas m'a appelé pour venir à Paris, il a décrit tout le voyage en détail. Le dollar coûtait alors six roubles et les voyages à l'étranger étaient possibles. J'ai parlé avec ceux qui ont rendu visite au prêtre, et je suis très désolée de ne pas avoir osé y aller alors. Et quand j'ai rendu visite au père Nicolas dans son petit studio de Sarov, j'ai été frappé par la pauvreté de sa vie. Je me souviens comment les paroissiens de l'église de Tout les Saints ont collecté de l'argent pour lui, pour ses vêtements. Je pensais que c'était lié à ses dépenses pour les voyages à Sarov, pour l'éducation des enfants.

Vous pouviez lui poser des questions sur n'importe quoi. Une fois je me suis approché de lui : « Père Nicolas, je me suis agenouillé à Pâques, j'ai oublié ce qui était interdit ! Et il répondit : « Anastasia Grigorievna, si seulement nous savions combien de péchés graves nous avons ! Et tout cela n'a aucun sens, ne vous inquiétez même pas !"
Soirée commémorative du prêtre Nicolas Nikichine à Sarov

Ekaterina Dmitrievna Shuvalova était le médecin traitant de la maman du père Nicolas.

Elle a ajouté que Maria Alekseevna Nikichina était dans le service psychiatrique non pas parce qu'elle était malade mentale. Elle avait une maladie de la hanche et ne pouvait plus prendre soin d'elle-même.

- Il était impossible de la garder dans les services généraux, alors que nos patients pouvaient dissimuler longtemps. Les chirurgiens nous ont invités, psychiatres, pour une consultation et, comme sa mémoire commençait à se détériorer, elle nous a été confiée. Cela a été rapporté au père Nicolas, qui était alors encore diacre. Il est arrivé et a immédiatement attiré l'attention avec de nouvelles idées. Il rassembla le personnel du département et nous dit : « Vous habitez une ville si sainte et vous n'en savez rien ! Vous devez absolument soulever la question pour que vous ayez une église orthodoxe en l'honneur du Grand Martyr construite dans la ville hospitalière pour mille lits et le guérisseur Panteleimon ! Pour que les malades puissent remettre une note de santé, commandez un service de prière ».

Le père aimait tout le personnel du département, ils l'attendaient, et il venait constamment vers nous. Il s'est également rendu à la direction de l'hôpital. Nikolai Baldine était le médecin-chef adjoint, ( et plus tard son fils, l'architecte moscovite Andrei Baldine, a fait le projet de l'église). Père Nicolas Nikichine a conduit les habitants de Sarov vers l'orthodoxie. Je suis allé voir les autorités de la ville et j'ai dit qu'il manquait aux croyants une église de Tous les Saints. Il est nécessaire d'ouvrir d'autres églises, notamment un temple en l'honneur de St. Séraphin de Sarov. Et à l'endroit où a eu lieu la conversation entre saint Séraphin et Nikolai Motovilov, son hagiographe et il a vu l'apparition du Saint-Esprit. Voici pourquoi il est nécessaire de construire un temple consacré au Saint-Esprit. À l'époque, ces idées étaient inhabituellement audacieuses, mais maintenant, comme nous le savons, elles se sont réalisées.

À un moment donné, le père Nicolas rendait souvent visite à Sarov et il rassemblait des gens autour de la pierre de St Séraphin. Le soir, de 22 heures à 6 heures du matin, nous lisons le Psautier en entier. Selon le nombre de ceux qui venaient, il distribuait des cathismes, parfois il devait lire plusieurs cathismes. Les gens venaient, il a prié toute la nuit et le lendemain matin, il a célébré le service à l'église de la Toussaint. J'ai toujours été étonné par son énergie débordante. Il a participé activement à la vie orthodoxe de Sarov. J'ai rencontré le personnel des bibliothèques de Sarov, ainsi que les chefs de chœur et les chanteurs de nos églises, qui se sont également rendus en France.

Le directeur du service de psychiatrie Albina Pchelina, lui rendait visite a Paris, qui s'étonne qu'il s'avère que le père est professeur de mathématiques à l'Université de Paris. Nos journaux locaux ont publié une interview avec le père Nicolas, où il a parlé des reliques de l'Église indivise en Occident, qui grâce à lui est devenue largement connue dans le monde.

Le père Nicolas vivait mal, très mal, parce qu'il était sans argent. Nos paroissiens ont vu de combien il avait besoin et ont collecté de l'argent pour son voyage de retour. Combien il était dévoué à l'Orthodoxie, et combien de personnes il a conduit à la foi ! Que Dieu lui accorde de recevoir une récompense avec les Saints dans le Royaume des Cieux !
>>>Les lecteurs peuvent poursuivre en russe Вечер памяти иерея Николая Никишина

Mémoire éternelle au père Nicolas de la part de Parlons d’orthodoxie


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 1 Juillet 2021 à 16:18 | 2 commentaires | Permalien

LA DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE MÉMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
Office à tous les Saints qui ont resplendi sur la terre de Russie Traduction du P. Denis Guillaume

Cette célébration vit le jour au XVIème siècle sous le saint métropolite Macaire de Moscou & de toutes les Russies mais fut abandonnée au siècle suivant lors des réformes du Patriarche Nikon.

Cette fête fut restaurée à la suite du concile local de Moscou le 26 août 1918.

L’initiateur de la restauration de cette fête fut un professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg, Boris Touraev.

Il fut du reste le co-auteur avec le hiéromoine Athanase Sakharov de la première édition de l’office parue en 1918. Une seconde édition de cet office parut en 1956 et fut publiée par le Patriarcat de Moscou.

Une révision de cet office fut effectuée en 2002 et fut intégrée aux Ménées du mois de mai (elle présente quelque variante avec la version de 1956, en particulier pour le prokimenon de la liturgie).

Curiosité liturgique, les différents stichères des vêpres ou des matines, ainsi que les tropaires des odes du canon du jour à matines énumèrent les noms d’un très grand nombre de saints russes.

Des formules spéciales pour les prières de la litie énumèrent de même de longues listes de saints russes.

L’office de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie se combine avec celui du dimanche, ton 1. Les lectures de la liturgie, qui s’ajoutent à celle du IInd dimanche après la Pentecôte, reprennent celles du dimanche de tous les saints de la semaine précédente.

Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.
SUITE
LA DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE MÉMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE

Il est intéressant de noter que l'office du XVIème siècle ne fut pas repris en 1918, mais un office spécial fut composé sur le modèle de celui consacré à Tous les Saint de l'Athos et c'est l'office généralement utilisé dans l'émigration, sans les révisions de 1956 et 2002.

Chaque ode du canon des matines regroupe les saints d'une région particulière, et s'achève par le théotokion de l'icône de la Mère de Dieu la plus célèbre de cette région :

1) les premiers saints russe, et l'icône de la Protection de la Mère de Dieu
3) ceux du Sud de la Russie, et l'icône de Potchaev
4) ceux de Moscou, et l'icône d'Ivéron
5) ceux de Novgorod, et l'icône du Signe
6) ceux du Nord, et l'icône de Tikhvine
7) ceux de Rostov, Souzdal et Vladimir, et l'icône de Vladimir
8) ceux de Kazan et de l'Est, et l'icône de Kazan
Source


« Nous fêtons aujourd’hui la mémoire de tous les saints qui ont illuminé la terre russe, de tous les saints de notre grande Église russe multinationale.

"Parlant de la terre russe, nous ne parlons pas seulement du territoire actuel de la Fédération de Russie, mais de toute la Rus’ historique qui différait autrefois sensiblement des frontières politiques de la Russie actuelle, mais dont l’unité spirituelle continue à s’étendre à un espace spirituel tout à fait particulier, unissant des gens vivant dans des villes et des pays différents. Lorsque nous parlons des saints de la terre russe, nous parlons des saints de la Rus’ historique, de ceux qui se sont illustrés en Russie, de ce grand cortège de saints que vénère l’Église orthodoxe ukrainienne, partie intégrante du Patriarcat de Moscou, des saints de Biélorussie, de Moldavie, des Pays Baltes, d’Asie centrale, de Chine et du Japon, de tous les saints des pays où l’Église orthodoxe russe a étendu son ministère, a semé sa semence de salut.

Toutes les terres de la Rus’ historique ont eu leurs saints. Ce qui signifie que le Divin Semeur, qui a choisi notre terre pour y semer sa Parole divine, n’a pas élu une terre caillouteuse, ni une terre où la semence de la Sainte Orthodoxie tomberait dans les épines, ni une terre où les oiseaux mangeraient ce qu’Il a semé. Il a choisi une terre fertile, où la parole du salut donne des fruits nombreux et étonnants (cf Mt 13, 1-8 ; Mc 4, 1-19 ; Lc 8, 4-8). Le cortège des saints de la terre russe est aujourd’hui celui de nos intercesseurs et de nos protecteurs. Durant des siècles, de saints pontifes, des martyrs, des confesseurs, des vénérables, de pieux princes, des fols-en-Christ se sont levés par grâce de Dieu en tous lieux de la Rus’ historique. Il n’y a pas de pays sur le territoire canonique de l’Église orthodoxe russe, où, en dehors des saints connus du monde entier et de toute l’Église russe, ne soient vénérés des saints locaux, ayant illuminé un lieu concret, une ville concrète, dans des circonstances historiques concrètes à une époque concrète.

LA DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE MÉMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
Chacun de nous a des saints préférés parmi les saints russes, ceux dont nous portons le nom, ceux dont nous vénérons les reliques, ceux qui ont joué un rôle particulier dans notre propre cheminement. On ne peut pas énumérer tous ces saints ni leurs exploits, mais l’on peut dire en ce jour solennel et radieux pour l’Église orthodoxe russe que la parole salvatrice de Dieu a donné de bons fruits et des fruits abondants sur notre terre. Ce n’est pas une raison pour nous enorgueillir, ni pour nous élever au-dessus d’autres pays et d’autres peuples, mais c’est l’occasion de réfléchir à la responsabilité historique que le Seigneur a confié à chacun de nous. Lorsque nous faisons mémoire de tous les saints russes, nous commémorons non seulement des gens ayant vécu dans un passé lointain, mais aussi ceux qui ont vécu très récemment, les nouveaux-martyrs et confesseurs, dont l’exploit a particulièrement affirmé notre sainte Église orthodoxe russe.

Nous savons que des saints vivent aujourd’hui même sur notre terre, que l’Église n’a pas encore glorifiés. L’exploit de la sainteté qui nous a été légué par nos prédécesseurs et que nous contemplons avec une telle netteté dans les visages des saints de la terre russe, se poursuit encore de nos jours.

Comme dans toutes les paroisses de l’Église orthodoxe russe, nous avons lu une prière pour l’apaisement du conflit en Ukraine. Nous parlons aujourd’hui d’Ukraine, mais cette terre s’appelait aujourd’hui Rus’ de Kiev. Il n’y a pas si longtemps, cette terre était encore une partie d’un seul et même état. Bien que ce soit aujourd’hui un état indépendant, elle reste partie d’un même espace spirituel que nous appelons l’Église orthodoxe russe. La plupart des fidèles ukrainiens, malgré les efforts pour les arracher à l’unité de l’Église entrepris depuis plus de 20 ans, gardent cette unité en dépit des circonstances difficiles.

LA DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE MÉMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE
(…)

Nous adressons au Seigneur cette ardente prière pour l’Ukraine, Lui qui a semé Sa parole sur cette terre et fait mûrir d’abondants fruits de sainteté. Nous prions la Mère de Dieu qui a toujours été considéré comme la patronne de la Rus’ : ce n’est pas un hasard si la Russie était appelée et est encore appelée « l’apanage de la Mère de Dieu ». Et nous prions aussi aujourd’hui tous les saints russes, leur demandant de rétablir l’unité de la Sainte Russie. Non pas l’unité politique, mais l’unité spirituelle. Afin que la haine s’apaise, que les gens soient à nouveau inspirés par les idéaux de sainteté, de pureté, de moralité, de spiritualité, ce que la Russie a donné à notre peuple et au monde entier.

Demandons au Seigneur d’incliner sa miséricorde vers la Sainte Russie, afin que les hostilités s’apaisent et que la paix triomphe, afin que la paix règne pour de longues années sur notre terre par les prières de tous les saints ayant illuminé la terre russe. Amen. "

Homélie du métropolite Hilarion de Volokolamsk le 22 juin 2014


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 30 Juin 2021 à 05:25 | 18 commentaires | Permalien

Un hiérarque de l’Église roumaine a célébré la liturgie à l’église russe Saint-Olaf de Stiklestad
La Divine liturgie a été célébrée le 21 juin 2021, jour du Saint-Esprit, à l’église Saint-Olaf de Stiklestad (Norvège), dépendant de la paroisse Sainte-Anne-de-Novgorod.

Cette solennité a rassemblé des clercs et des paroissiens des Églises orthodoxes russe et roumaine sur le site dédié à la mémoire de l’évangélisateur de la Norvège, le « roi éternel », saint Olaf. L’évêque Macaire d’Europe du Nord (Église orthodoxe roumaine), qui exerce son ministère dans les pays scandinaves, était l’invité de la paroisse Sainte-Anne-de-Novgorod.

La liturgie célébrée par l’évêque Macaire a été chantée en slavon d’église, en roumain, en norvégien et en grec.

Après l’office, les paroissiens ont marché en procession de l’église russe au champ de Stiklestad, portant l’icône de la Sainte Trinité, celle de saint Olaf et d’autres saints locaux.

L’évêque Macaire a remercié le prêtre Alexandre Volokhan, recteur de la paroisse Sainte-Anne, de l’avoir accueilli pour prier sur les lieux où fut mortellement blessé le roi Olaf il y a 1030 ans.

Le hiérarque s’est dit particulièrement heureux de ce que des orthodoxes de nationalités différentes, fidèles de différentes Églises locales, se rassemblent pour prier ensemble dans l’église russe du champ de Stiklestad.

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Un hiérarque de l’Église roumaine a célébré la liturgie à l’église russe Saint-Olaf de Stiklestad

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 29 Juin 2021 à 09:58 | 0 commentaire | Permalien

Des rives de la Volga aux rivages de la mer Jaune
"Pendant la Semaine sainte Grand-mère allait souvent à l’église. Je me rappelle son visage, quand elle priait Dieu, appuyée sur sa canne. Quel visage elle avait ! Des larmes coulaient lentement sur ses joues et tombaient goutte à goutte sur le sol, et dans ses yeux il y avait tant de foi, de foi profonde, exceptionnelle. Je n’étais alors qu’une toute petite fille et je ne comprenais pas Grand-mère, je ne comprenais pas sa vie, sa foi et son amour pour les hommes."

Véronique Jobert a traduit les souvenirs exceptionnels de sa tante, qui, après avoir survécu au massacre de sa famille par les bolchéviks, narre ici sa fuite de la famine qui touche la Russie en 1921, un périple qui les mènera des rives de la Volga jusqu'aux rivages de la Mer Jaune.

***
Ekaterina Dmitrievna Ilyina, ma grand-mère, après avoir passé 18 ans en émigration à Harbin, s’installa à Shanghaï en 1938. En 1954 elle quitta la Chine pour Moscou, où vivait sa fille Natalia, rapatriée en URSS à la fin de 1947. Ekaterina Dmitrievna avait toute sa vie gardé les innombrables lettres écrites par sa mère de Leningrad, ainsi que ses propres archives. Elle rapporta tous ces documents précieux en URSS. A la mort de ma tante Natalia Ilyina qui était devenue écrivain, j’héritai de toutes ces archives familiales. J’ai déjà publié en Russie de nombreuses lettres d’Olga Alexandrovna Voeïkova, mon arrière-grand-mère. Cette dernière avait correspondu avec sa famille émigrée en Chine à partir de 1920.

Des rives de la Volga aux rivages de la mer Jaune
Photo: Harbin, 1925. Olga Alexandrovna Voeïkova, Alek, Moussia, Alexandre Dmitrievitch Voeïkov

J’ai retrouvé tout récemment un document resté inédit, écrit par sa petite fille Moussia, fille naturelle de son fils aîné Alexandre Dmitrievitch Voeïkov, émigré en Chine. Moussia était née en 1914 à Syzrane, sur les bords de la Volga. Elle avait échappé au massacre dont furent victimes en juin 1918 sa tante et sa grande-tante Mertvago dans leur propriété familiale et fut recueillie par sa grand-mère Olga Alexandrovna, qui avait elle-même trouvé refuge auprès d’une parente à Samara. Dans le récit poignant qui suit, elle raconte ses premiers souvenirs, remontant à cette époque. Or en 1921 sévit en Russie une terrible famine qui fit plus de cinq millions de morts. C’était il y a 100 ans. Elle est évoquée par Moussia.

En 1924 Moussia partit, accompagnée par sa grand-mère et son demi-frère Alek, rejoindre son père en Mandchourie. Comme sa mère, morte très jeune, Moussia souffrait de la tuberculose et en mourut en 1934, à l’âge de 20 ans. Elle a dû écrire ce récit en Chine, après son mariage en 1930 à Tsingtao. Elle parle dans ces pages de ses premières émotions de petite fille grandissant à la campagne, non loin de Syzrane. Elle évoque tous ceux qui l’entourèrent dans son enfance. Ce sont, notamment, sa tante Maria Dmitrievna Denissova, la fille cadette d’Olga Alexandrovna, avec son mari Vassili Denissov, et son cousin germain Ioura. Sa description des mœurs et coutumes de la paysanne pieuse Davydovna qui est la mère de Vassili, des fêtes religieuses ayant encore cours est un témoignage précieux et très émouvant.

Cette publication se veut un hommage à la mémoire de tous les membres de ma famille ayant traversé ces dures épreuves. Mention spéciale doit être faite de celle que Moussia appelle tante Nadia, la mère d’Alek. En juillet 2020 une plaque fut apposée à Saint-Petersbourg à leur « dernière adresse ». On peut y lire qu’en 1935 Nadejda Alexandrovna Bachmakova fut exilée à Astrakhan, à l’âge de 49 ans, comme « élément socialement dangereux », puis arrêtée à l’automne 1937 et fusillée le 17 janvier 1938 à Stalingrad.

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Véronique Jobert est agrégée de russe, professeur émérite de l’université de Paris-Sorbonne. Elle a publié en Russie plusieurs volumes de lettres écrites par son arrière grand-mère, et continue de travailler sur de riches archives familiales rapportées de Chine en URSS en 1954.
Des rives de la Volga aux rivages de la mer Jaune

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Juin 2021 à 22:03 | 1 commentaire | Permalien

A la mémoire du général de l’armée Blanche Sergueï Markov
Des célébrations commémoratives ont eu lieu dans la cathédrale de Novotcherkassk et à Salka au monument restauré du général.

Le 25 juin 2021, le jour de la mémoire du général Sergueï Leonidovich Markov, décédé à la gare de Shablievskaya en 1918 au tout début de la 2e campagne du Kouban de l'armée des volontaires des services funéraires ont eu dans la cathédrale de l’ Ascension à Novotcherkassk et au monument au général blanc à Salsk.

À Novotcherkassk, où en 1918 le service funéraire du général a été célébré, le recteur de la cathédrale, le recteur, l'archiprêtre Georges Smorkalov, a célébré le service funéraire du général. Pendant l’office, l'ataman, le colonel cosaque Vitaly Bobylchenko, les atamans des districts et les cosaques ont prié.

Des célébrations commémoratives ont eu lieu aujourd'hui à Salsk. A l'initiative de la NBF "Patrimoine de l'Empire" et de son président, le lieutenant-général Leonid Reshetnikov, ainsi que des Cosaques de l'EKR le premier monument en Russie au général Markov a été entièrement restauré.

Des célébrations commémoratives ont eu lieu aujourd'hui au monument rénové. Le service commémoratif du général Markov a été conduit par le doyen du district de Salsk, le recteur de l'église Saint-Démétrius de Rostov, l'archiprêtre Dimitri Fiodorov. Les Cosaques du Don Salsky ont pris part aux célébrations.

En 2003, avec le soutien du gouverneur de la région de Rostov V.F. Chub, ataman de la Great Don Army V.P. Vodolatsky, le premier vice-gouverneur de la région de Rostov I.A. Stanislavov à Salsk, un monument au héros de la guerre russo-japonaise le cavalier de l’ordre de St.George le Lieutenant-général S.L. Markov a été érigé par le remarquable sculpteur russe Vladimir Surovtsev.

Depuis, le monument n'a jamais été restauré et est tombé dans un état déplorable :
1) le sabre du général a été cassé et riveté d'une manière ou d'une autre sans une soudure décente;
2) les lanternes du mémorial étaient brisées et ne fonctionnaient pas ;
3) toutes les plaques de texte principales ont été déplacées, leurs inscriptions dorées se sont fanées, etc.

Les auteurs de ce monument - les sculpteurs Vladimir et Danila Surovtsevs - ont à plusieurs reprises fait appel au ministère de la Culture avec une demande de remise en ordre du monument, mais ils n'ont reçu aucun soutien. En conséquence, à ce jour, le monument a été entièrement restauré grâce à des donateurs orthodoxes.

Памяти генерала Маркова
A la mémoire du général de l’armée Blanche Sergueï Markov

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Juin 2021 à 15:59 | 0 commentaire | Permalien

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