LE CIEL, L'ENFER et les SOUFFRANCES ÉTERNELLES
A ce sujet nous mettons en ligne deux textes, l’un d’un moine, le second - d’un penseur religieux. Nous réfléchissons tous à cela.

P.O. vous sera reconnaissant de faire part de vos réflexions à ces sujets


SOUFFRANCES ÉTERNELLES
Saint Barsonuphe d’Optino 1845- 1913

De plus en plus de laïcs et de jeunes prêtres sont convaincus que les souffrances éternelles sont incompatibles avec la miséricorde divine et ne peuvent donc être éternelles. Je crois que c’est une erreur car les souffrances, comme la béatitude, ne proviennent pas de l’extérieur et existent dans le monde intérieur de chacun.

La maladie nous fait souffrir ici bas, de même l’âme malade commence à cruellement souffrir quand elle entame sa vie éternelle. La colère, l’irritation, le vice et autres maladies de l’âme sont des parasites qui suivent la personne après la mort du corps. Notre tâche dans cette vie consiste à supprimer ces monstres en nous-mêmes. Imaginons qu’une âme non purifiée par la contrition entre au paradis.

Je suis certains que cela lui serait intolérable et qu’elle aspirerait à quitter ce lieu.

De nos jours cette appréhensions est très répandue et concerne en particulier les remords. Les remords seront là, les souffrances corporelles aussi. Il ne s’agira pas de notre corps terrestre mais de celui qui sera le nôtre après la résurrection. L’enfer est selon moi un lieu concrêt et non une notion abstraite.

Je me souviens du récit d’un moine athonite : « Dans ma jeunesse j’étais riche et je m’amusais dans la vie, le bonheur me souriait. Par la suite je devins un riche industriel. J’étais en bonne santé et je ne pensais jamais à ce que j’adviendrai outre-tombe. Tout ce que j’entendais à propos de la vie éternelle me paraissait pure invention.

Une fois je faisais la sieste. Je vois un ange irradiant de lumière, je n’arrive pas, dans mon sommeil, à comprendre ce qui se passe. L’ange me prit par la main et dit « Allons, je te montrerai le lieu qui sera ta demeure pour l’éternité ». Je fus saisi par la peur mais je suivi l’ange. Nous descendîmes dans la vallée, il y avait au centre une montagne en forme de cône dont s’échappaient des volutes de fumée. J’entendis des hurlements. L’ange dit « Le Seigneur a voulu que tu voie cet endroit. Si tu continue à vivre comme tu le fais jusqu’à présent c’est là que tu iras après ta mort ». Je me réveillais. Le lendemain je décidais de mettre toutes mes affaires en ordre. Je transmis à ma femme et à mes enfants la gestion de nos affaires et de notre argent.

Je me suis rendu au Mont Athos. L’higoumène commença par refuser de m’accepter au vu de mon âge respectable et de mon incapacité au travail manuel. Mais je fis don au monastère d’un million de roubles et je fus accepté. Actuellement je suis un moine du grand habit. Avec l’aide de Dieu je prie pour que me soit épargné le lieu de souffrances que m’avait montré l’ange ».
LE CIEL, L'ENFER et les SOUFFRANCES ÉTERNELLES

LE CIEL ET L'ENFER

Nicolas BERDIAEV 1874- 1948

Le besoin d’immortalité est un des besoins les plus profonds de l’être humain. Mais les croyances à l’immortalité se ressentent aussi de la limitation de l’être humain, de ses mauvais instincts qui lui ont suggéré le tableau du paradis, et surtout celui de l’enfer.

Il lui était particulièrement difficile de se représenter le paradis, car, malgré tout, l’enfer est plus familier, moins relégué dans l’au-delà. Or, le tableau du paradis provoquait facilement l’ennui. La question du paradis a beaucoup inquiété Dostoïevski qui a émis à son sujet des pensées très profondes comme, par exemple, dans le Rêve de l’homme ridicule. Pour lui, la question du paradis se rattachait à celle de la liberté. Il ne concevait pas le paradis sans la liberté. Mais la liberté pouvait également créer un enfer.

L’image peu engageante du paradis que l’homme a meublé des sensualités de ce monde-ci, dans lequel des justes eux-mêmes éprouvaient une volupté à la vue des tortures subies par les pécheurs relégués dans l’enfer, s’explique par le fait que le paradis a toujours été pensé d’une façon aussi peu apophatique que possible. Pensé cataphatiquement, il sera toujours insupportable, incompatible avec nos sentiments moraux et esthétiques. La vie est toujours et partout infinie. Or, le paradis pensé cataphatiquement est un paradis fini, dépourvu de toute vie authentiquement créatrice.

N. BERDIAEV, Dialectique existentielle du divin et de l’humain, 1947.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Juillet 2020 à 14:58 | 0 commentaire | Permalien


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