La Sainte Rencontre ou Présentation du Christ au Temple
Père Lev Gillet
L'icône: la Sainte Rencontre (détail)

On nomme aussi la fête "la sainte rencontre" ou "hypapanthe" du grec «aller au-devant». La fête est appelée également la chandeleur car elle se fêtait à la lumière des chandelles pour exprimer le témoignage de Siméon sur Jésus-Christ: "lumière pour la révélation aux nations".

On la nomme aussi la fête de la Purification parce que, quarante jours après la naissance du Seigneur, la Vierge vint au Temple se purifier, selon la loi de Moïse.

Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph, il rencontra le vieillard Siméon et la prophétesse Anne qui se trouvaient alors dans le Temple. La Sainte Rencontre est celle de Dieu et de son peuple, elle préfigure la rencontre liturgique.

"Chaque âme devrait être un Temple de Dieu, où Marie apporte Jésus. Et chacun de nous, comme Siméon, devrait prendre l'enfant dans ses bras et dire au Père: «Mes yeux ont vu ton salut».

La prière de Siméon, «laisse ton serviteur s'en aller en paix», ne signifie pas seulement que celui qui a vu Jésus et l'a tenu dans ses bras peut maintenant quitter cette vie, mourir en paix. Elle signifie encore pour nous que, ayant vu et touché le Sauveur, nous sommes délivrés de la servitude du péché et nous pou­vons nous éloigner en paix du royaume du mal."

Extrait de : L'An de grâce du Seigneur, Père Lev Gillet Editions du Cerf.
La Sainte Rencontre ou Présentation du Christ au Temple

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Février 2018 à 10:50 | 4 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Vladimir.G: Le cardinal Koch a souligné que l’un des fruits de la rencontre de La Havane pourrait et devrait être le rétablissement du dialogue en Ukraine. Il a évoqué la création d’une commission historique conjointe sur les blessures sub le 15/02/2017 15:23
LA SAINTE RENCONTRE, PRESENTATION DU CHRIST AU TEMPLE, CHANDELEUR…

Cette fête existait à Jérusalem dès la première moitié du IVe siècle et fut étendue à tout l'empire byzantin par Justinien 1er en 542. En 472 le Pape Gélase Ier organisa le 2 février des processions aux flambeaux, reprenant au compte de l’Église les rites païens des "parentalia romaines" et des "lupercales" dédiées au dieu Pan. Elle fut associée aux "chandelles", d'où son nom ! On constate que les crêpes, qui sont liées à cette fête en Occident, se retrouvent dans les blinis traditionnels de la semaine des laitages (carnaval) en Russie. Il est évident que cette forme ronde renvoie aussi aux traditions païennes et rappelle le retour du soleil au printemps…

2.Posté par Vladimir G: une différence de perception qui existait (déjà!) entre l'Orient et l'Occident chrétiens aux premiers siècles le 06/03/2017 10:39
Je replace ici un commentaire de Justine qui concerne la Sainte Rencontre et complète bien mon commentaire 1 ci-dessus:

Citation:
"Réponse au post 3: "Comme beaucoup de fêtes religieuses, il s'agit d'une fête païenne plus ancienne récupérée par le pape Gélase 1er au Ve siècle..."
Bien que ce commentaire soit vieux d'un an, en tant qu'Orthodoxe, on doit y répondre, car cettte fête du 2 février n'est pas du tout ce qu'il dit, se référant aux habituelles déformations en la matière. En réalité, elle tire son origine non d'une fête païenne soi-disant récupérée par le pape Gélase au 5e siècle, mais bien de la Sainte Ecriture laquelle prescrit, dans l'Ancien Testament et plus précisément au Livre Lévitique chapitre 12, que la mère d'un fils premier-né doit se présenter au Temple 40 jours après l'accouchement, quand "les jours de sa purification sont accomplis" (Lev 12, 6), apportant son offrande, afin que le prêtre fasse l'appaisement requis. Cette disposition de la Loi de Moïse fut exactement observée par la Très Sainte Mère de Dieu, comme nous l'apprend l'Evangile de Luc (2,22 et suiv.). Voilà donc l'origine véritable de la Fête de la Sainte Rencontre.

Quant à l'ancienneté de cette fête de l'Eglise, elle existait en tout cas déjà avant l'an 311, année du décès de St Méthode de Patare qui lui consacre une homélie. Dans le Journal d'Egérie on trouve une courte description de sa célébration à Jérusalem en l'an 384: "Le 40e jour apres l'Epiphanie [à cette époque nom donnée à la Nativité du Christ, comme le prouve encore une fois ce meme Journal qui décrit sous ce vocable la fête de la Nativité et non pas celle du Baptême!] est célebré ici avec les plus grands honneurs, car ce jour-là il y a une procession vers l'Eglise de la Résurrection à laquelle tous prennent part, et toutes choses sont faites selon leur ordre dans la plus grande joie, exactement comme à Pâques." Ce qui pourrait expliquer la procession aux chandelles à Rome, car ces processions à Jerusalem, comme les décrit Egérie, se faisaient toujours avec une grande abondance de lumières." Fin de citation.

Ce commentaire montre bien une différence de perception qui existait (déjà!) entre l'Orient et l'Occident chrétiens aux premiers siècles. Les fêtes païenne étaient très formalisées et organisées dans la Rome impériale - l'empereur divinisé les présidaient, et ont de ce fait persisté après les édits de Constantin. Pour mettre fin aux Saturnales, fixées au 25 décembre par l'empereur Aurélien en 274, le pape Libère décide que Noël sera fêté ce jour là à Rome (354) et cette nouvelle date est rapidement adoptée en Orient (qui fêtait Noël et l'Épiphanie le 6 janvier comme le font toujours les Préchalcédoniens; «l’Homélie sur la Fête de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ» de Saint Jean Chrysostome, qui date de 386, montre bien que la célébration de cette fête à Antioche est récente.) De même, le pape Gélase I supprime les Lupercales, dernière fête païenne à subsister, en lui substituant les flambeaux de la Chandeleur (peut-être empruntés à Jérusalem?) mais il fallut encore attendre plus d'un demi siècle pour que Justinien officialise la fête dans tout l'empire.

3.Posté par Vladimir.G: MÉDITATION DU PERE LEV GILLET* le 15/02/2018 18:17
Un extrait plus long du livre "L'An de grâce du Seigneur" signé "Un moine de l'Église d'Orient", Éditions du Cerf, 1988.

Aux vêpres de la fête, le soir du 1er février, on lit trois leçons de l’Ancien Testament. La première (Ex 13, 1-16) formule les préceptes relatifs à la circoncision et à la purification, mis dans la bouche de Dieu parlant à Moïse. La deuxième (Is 6, 1-12) décrit la vision des séraphins aux six ailes par Isaïe et la manière dont un des séraphins, avec un chardon ardent, purifia les lèvres du prophète ; ce passage a vraisemblablement été choisi à cause de quelques paroles qui pourraient symboliquement préfigurer la venue du Christ dans le Temple : " Les gonds du seuil vibraient… et le Temple se remplissait de fumée… et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des Armées ". La troisième leçon (fragments du chapitre 19 d’Isaïe) ne se comprend bien que si on lit le chapitre tout entier : on voit alors que la venue du Seigneur en Égypte, la destruction des idoles égyptiennes en sa présence, et son adoration pas les Égyptiens peuvent s’appliquer à la révélation que le Christ a faite de lui-même aux païens, (" lumière pour éclairer les nations ", comme dit le cantique de Siméon.) L’évangile lu à matines (Lc 2, 25-32) est un abrégé de celui qui est lu à la liturgie (Lc 2, 22-40) et qui relate la présentation de Jésus au Temple. L’épître de la liturgie (He 7, 7-17), parle de Melchisedek rencontrant Abraham ; déjà Lévi a payé la dîme à Melchisedek " en la personne d’Abraham… car il était dans les reins de son aïeul… " ; le sacerdoce aaronique rendait ainsi hommage au sacerdoce éternel ; de même, pouvons-nous inférer de ce texte, que le Temple de Jérusalem, en la personne de Siméon qui accueille et bénit Jésus, rend hommage au sacerdoce du Christ. On sait que le cantique de Siméon, " Laisse maintenant, Seigneur, ton serviteur s’en aller en paix ", est devenu un élément de l’office divin quotidien, à Rome comme à Byzance. La phrase de Siméon [2] à Marie, " un glaive te transpercera l’âme… ", jette un rayon de lumière sur le mystère de la participation de la Très Sainte Vierge à la Passion de son Fils.
" Allons, nous aussi… à la rencontre du Christ et accueillons-le, ornez votre chambre… et recevez le Christ Roi… Et accueillez Marie la porte du ciel ". Ces chants de la fête de la Présentation s’appliquent aussi à notre âme. Chaque âme devrait être un Temple de Dieu, où Marie apporte Jésus. Et chacun de nous, comme Siméon, devrait prendre l’enfant dans ses bras et dire au Père : " Mes yeux ont vu ton salut. La prière de Siméon, " laisse ton serviteur s’en aller en paix ", ne signifie pas seulement que celui qui a vu Jésus et l’a tenu dans ses bras peut maintenant quitter cette vie, mourir en paix. Elle signifie encore pour nous que, ayant vu et touché le Sauveur, nous sommes délivrés de la servitude du péché et nous pouvons nous éloigner en paix du royaume du mal.

* Le père Lev Gillet, le « moine de l'Église d'Orient » (1893-1980), fut un grand spirituel du XXe siècle. Né d’une famille de catholiques fervents. Moine catholique, puis gréco-catholique (uniate), il rejoint l'Orthodoxie en 1928, occupant plusieurs ministères en France puis en Angleterre. Il est l'auteur de nombreux articles et livres, beaucoup sous le nom de plume « Un Moine de l’Église d’Orient ». (Cf. https://www.pagesorthodoxes.net/…/lev-…/lev-gillet-intro.htm)

4.Posté par Vladimir.G: AU SUJET DE LA FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR le 16/02/2018 18:04
AU SUJET DE LA FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR

Lors de la Rencontre, le Seigneur est entouré, d’une part, de la justice qui attend le salut non de celle-ci même – Siméon - et la vie stricte dans le jeûne et les prières renforcée par la foi – Anne - d’autre part, la pureté substantielle, intégrale et inébranlable – la Vierge Mère de Dieu, et la soumission humble, silencieuse à la volonté de Dieu – Joseph le Fiancé. Transpose toutes ces dispositions spirituelles dans ton cœur et tu rencontreras le Seigneur. Il ne te sera pas apporté, mais Il viendra Lui-même en toi, et Tu Le recevras dans les bras de ton cœur, chantant le cantique qui traversera les cieux et réjouira tous les anges et les saints.

Saint Théophane le Reclus
Cité par https://orthodoxologie.blogspot.fr/2018/02/feuillets-liturgiques-de-la-cathedrale_15.html

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