La Cathédrale russe Sainte-Trinité à Paris - Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Le samedi 20 janvier, dans le cadre de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, des paroissiens de Saint-François-Xavier de Paris étaient à notre liturgie en français à l'église Sainte-Trinité. Voici le reportage d'Alexey Vozniuk

Свято-Троицкий православный собор в Париже. Неделя молитвы о единении всех христиан мира.


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Janvier 2018 à 17:46 | Permalien

Exposition "Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre" - jusqu’au 31 mars 2018
Maria Tchobanov

Alors que s’achève l’année franco-russe du tourisme culturel, une exposition fascinante a ouvert ses portes au public dans la basilique de Saint-Denis, où les visiteurs ont une occasion unique de se familiariser avec l’histoire de la légendaire dynastie Romanov.

Une exposition intitulée Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre est installée dans la crypte de la basilique cathédrale de Saint-Denis jusqu’au 31 mars 2018, dans le cadre du jumelage entre ce monument français et la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg.

Grâce à de nombreuses illustrations commentées ainsi qu’à plusieurs objets provenant de la forteresse, les visiteurs sont invités à découvrir ce monument et les plus emblématiques tsars de la famille Romanov : Pierre Ier, dit le Grand, (1672-1725), Catherine II, dite la Grande Catherine, (1729-1796), Alexandre Ier (1777-1825) et Nicolas II (1868-1918).

Cette exposition, riche en images issues du fonds du Musée national d’histoire de Saint-Pétersbourg, offre la possibilité d’admirer plusieurs œuvres en provenance de la forteresse, telles que le masque moulé de Pierre le Grand.

L’original de ce masque a été réalisé directement sur le visage du tsar en 1703 par Bartolomeo Rastrelli, architecte florentin qui édifia le célèbre palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, actuel Ermitage. Cette empreinte a notamment permis la création du visage d’une statue équestre de Pierre Ier, érigée devant le château Mikhaïlovski, à Saint-Pétersbourg.

Une empreinte de la main de Pierre le Grand est également prêtée par le Musée national d’histoire de Saint-Pétersbourg. En 1707, Pierre Ier visita les fonderies de Lipetsk et les ouvriers lui fabriquèrent une empreinte de sa main, en fonte, comme symbole de son intérêt exceptionnel envers les métiers manuels.
Exposition "Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre" - jusqu’au 31 mars 2018

Enfin, une clef symbolique de la porte de Saint-Pierre des anciens remparts de Saint-Pétersbourg a également fait le voyage jusqu’à Saint-Denis. Catherine II détermina officiellement les armoiries de Saint-Pétersbourg et délivra à cette occasion la clef au gouverneur général de la capitale. Cet objet est une reconnaissance du statut de la ville impériale.

Par ailleurs, les visiteurs de la nécropole peuvent découvrir quelques éléments significatifs de quatre tsars Romanov et notamment les liens qu’ils entretenaient avec la France. Ainsi, au cours de son périple en France en 1717, Pierre le Grand rencontra le jeune Louis XV alors âgé de 7 ans, puis le 31 mai, il visita l’abbaye de Saint-Denis où il découvrit « l’Église et le Trésor, les tombeaux des Rois et le superbe bâtiment conventuel alors en construction ». Si « la solidité des murs lui plût extrêmement », comme le souligne un témoin, le tsar ne se concentra pas exclusivement sur l’art utile de bâtir. SUITE

Adresse : Basilique cathédrale de Saint-Denis
1, rue de la Légion d’Honneur 93200 Saint-Denis
Exposition "Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre" - jusqu’au 31 mars 2018

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Janvier 2018 à 17:14 | 0 commentaire | Permalien

Colloque: "LE CONCILE DE MOSCOU DE 1917-1918 ET LE RENOUVEAU LITURGIQUE DANS L’ÉGLISE ORTHODOXE", 26-27 janvier 2018
Le 26 et 27 janvier le Séminaire orthodoxe russe d'Épinay-sous-Sénart organise un colloque sur le concile de Moscou 1917-1918 et le renouveau liturgique dans l'Église orthodoxe.

Le programme est détaillé dans le document ci-joint.

La participation est libre.
 
programme.pdf Programme.pdf  (1.45 Mo)

PROGRAMME DU COLLOQUE:

26 janvier
10 h 30 INTRODUCTION
P. Alexandre SINIAKOV, recteur du Séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève
M. Maksim KIVELEV, doctorant à l’Institut pontifical oriental (Rome)

10 h 50 – 12 h 45
Section: Débats sur la liturgie au concile de Moscou de 1917-1918

10 h 50-11 h 15 P. Hyacinthe DESTIVELLE op, professeur de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Acquin (Rome)
Le concile de Moscou de 1917-1918 et son importance dans l'histoire de l'Église orthodoxe russe

11 h 15-11 h 40 M. André LOSSKY, professeur de l’Institut Saint-Serge (Paris)
Débats sur la langue liturgique au concile de Moscou de 1917-1918

11 h 40-12 h 05 P. Vladimir KHOULAP, vice-recteur de l’académie de théologie de Saint-Pétersbourg
La question du calendrier liturgique: au concile et aujourd’hui

12 h 05-12 h 30 Mgr JOB (Getcha), archevêque de Telmessos et co-président de la Commission internationale mixte catholique-orthodoxe pour le dialogue théologique
Les questions liturgiques évoquées en préparation au Concile de Moscou au comparaison avec les questions liturgiques évoquées en préparation du Saint et Grand Concile de l'Église orthodoxe

12 h 30-12 h 45 Débat

14 h 30-16 h 25
Section: Le concept et les aspects historiques de la “réforme liturgique”

14 h 30-14 h 55 P. Thomas POTT osb, professeur de l’Institut pontifical oriental, moine de Chevetogne
Le concept et les aspects historiques de la réforme liturgique

14 h 55 -15 h 20 Mme Maryana HNYP, professeur de l’Université catholique de Louvain
The edge of the infinite and the intimate: the challenge of Christian fundamentalism to liturgical integrity

15 h 20-15 h 35 Débat

Section: Développements de l’identité liturgique après le concile

15 h 35-16 h 00 M. Maksim KIVELEV, doctorant de l’Institut pontifical oriental
Le concile de 1917-1918 et les mouvements schismatiques de la première décennie de l'ère soviétique

16 h -16 h 25 Mme Zoya DASHEVSKAYA, doyen de faculté de théologie de l’Institut Saint-Philarète de Moscou
L'expérience de la célébration eucharistique des nouveaux martyrs et confesseurs de la foi en Russie et son héritage actuel

16 h 25-16 h 55 PAUSE

16 h 55-18 h 30
Section: Évolution de la liturgie après le Concile

16 h 55-17 h 20 P. SILOUAN (Tumanov), recteur de la paroisse Saints-Pierre-et-Paul de Pergalovo à Saint-Pétersbourg
Des évolutions de la pratique liturgique dans l'Église russe depuis 1917

17 h 20-17 h 45 P. Dmitry SIZONENKO, prêtre de la paroisse Notre-Dame-Feodorovskaïa à Saint-Pétersbourg
L'expérience de la liturgie des communautés homogènes

17 h 45-18 h 10 P. Dmitry SIMONOV, aumônier de l’Université Herzen de Saint-Pétersbourg
Organisation des célébrations liturgiques pour malentendants

18 h 10-18 h 30 Débat

27 janvier
14 h 30-15 h 40
Section: Évolution de la liturgie après le Concile

14 h 30-14 h 55 P. Christophe D’ALOISIO, recteur de la paroisse Sainte-Trinité et Saints-Côme-et-Damien à Bruxelles
La tradition liturgique de l’ Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

14 h 55-15 h 20 P. Hildo BOS, prêtre de la paroisse Saint-Nicolas à Amsterdam
100 ans après le Concile: ses échos dans la vie d'une paroisse orthodoxe en Europe occidentale

15 h 20-15 h 40 Débat

15 h 40-16 h 10 PAUSE

16 h 10-17 h 30 TABLE RONDE
Contextes liturgiques spécifiques

P. Alexandre SINIAKOV, recteur du Séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève
De la nécessité d'une liturgie vivante

P. Michel EVELSON, moine de l’abbaye de Chevetogne
Le phénomène d'émerveillement de la spiritualité russe orthodoxe en Occident (dans le monde francophone en particulier)

P. Alexey KURENKOV, recteur du séminaire orthodoxe de Belgorod (Russie)
L'expérience des liturgies missionnaires en Russie

Mme Zoya DASHEVSKAYA, doyen de la facult de théologie de l’Institut Saint-Philarète de Moscou
La renaissance liturgique dans l'expérience de la Fraternité de la Transfiguration

P. Dmitry SIMONOV, aumônier de l’université Herzen de Saint-Pétersbourg
Liturgies pour malentendants à l'aumônerie orthodoxe de l'université Herzen de Saint-Pétersbourg

17 h 30-17 h 50 CONCLUSION

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Janvier 2018 à 15:10 | 1 commentaire | Permalien

Sur les traces d'Andreï Roublev  (1360 — 1428)
L’Eglise orthodoxe compte beaucoup de peintre d’icônes mais le plus connu est indéniablement Andreï Roublev. Célébré en Russie, et aussi, grâce au film de Tarkovski, au-delà des frontières. Mais que savons-nous au juste de ce mystérieux personnage ?

Un destin clément

Andreï Roublev a vécu une vie plutôt heureuse : il était reconnu de son vivant, est mentionné dans les chroniques, les Grand-Princes et les monastères lui passaient des commandes, il a travaillé à Moscou, Vladimir, Zvenigorod.Et après sa mort, son nom a traversé les siècles. Ses icônes ont été reconnues comme modèles pour les autres iconographes par le Synode Stoglav dès 1551.

Ses icônes étaient particulièrement adulées par les Vieux-croyants. Elles incarnaient le canon iconographique et l’image religieuse orthodoxe par excellence. Même au XIXè siècle, alors que les icônes ont perdu de leur popularité, les siennes sont restée un modèle de l’art religieux.

A l’ère soviétique, Andreï Roublev est devenu le symbole de la culture de la vieille Russie. En 1960, l’UNESCO a fêté solennellement l’anniversaire de ses 600 ans et Moscou a inauguré le Musée de la culture et de l’art de l’ancienne Russie Andreï Roublev, tandis que les chercheurs et scientifiques ont commencé à s’intéresser à ses œuvres, rassemblées en grande partie à la Galerie Tretiakov.

Lire aussi: Un nouveau projet hors du commun sous le nom de Rublev.com une base de données sur l’Orthodoxie, un guide et réseau social pour les fidèles et tous ceux qui s’intéressent au christianisme. Chacun peut se joindre au projet : devenir bénévole ou produire un apport à cette bonne œuvre

Sur les traces d'Andreï Roublev  (1360 — 1428)
Sa vie, par petits bouts

Beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur la vie et l’œuvre d’Andreï Roublev. Mais que savons-nous vraiment de ce personnage hors du commun ? Les données biographiques sont rares et il faut les glaner par petits bouts.

Né approximativement dans les années1360. Il est mort le 29 janvier 1430.

Il a grandi et vécu à une époque de troubles: la Russie était sous le joug des Tatars qui pillaient les villes, les églises et les monastères et faisaient prisonniers des populations entières.Tout cela dans un contexte de conflits entre principautés qui déchiraient le pays. A deux reprises, en 1364 et en 1366, Moscou a été frappée par l’épidémie de la peste. En 1365, elle a été ravagée par un énorme incendie et en 1368, a subi le siège d’Olgierd, le Grand-Duc de lituanie, puis connut la famine en 1371.

C’est au milieu de ce chaos qu’a grandi et vécu Andreï Roublev, chantre de l’harmonie céleste. Nous ne savons rien de ses parents, ni du milieu dont il est issu. Son nom de famille donne pourtant des indices.A l’époque, seules les personnes notables avaient un nom de famille. Souvent, il indiquait un métier qui se transmettait de père en fils. Roublev, provient probablement du verbe « roubit’ » ou du mot « roubel’ », instrument dont se servaient les tanneurs pour travailler le cuir.

Nous ne savons rien non plus de ses débuts. Ni où et de qui il a appris son art. C'est en 1405 que les chroniques mentionnent pour la première fois le nom de Roublev pour ses fresques dans la cathédrale de l'Annonciation au Kremlin de Moscou, où il travailla aux côtés de deux autres grands maîtres : Théophane le Grec et Prokhor de Gorodets. Cité en troisième, il était donc reconnu mais le cadet d’entre eux.

Roublev était un « tchernets », un moine. Il reçut la tonsure et son nom de moine, Andreï, au monastère de la Trinité Saint-Serge de Radonège, ce dont témoignent des manuscrits du XVIIIè siècle.

Il a beaucoup peint pour ce monasatère. Ses dernières années, Andreï les passa au monastère Saint-Andronikov, fondé par le disciple de Serge de Radonège. SUITE
Sur les traces d'Andreï Roublev  (1360 — 1428)

En 1408, André Roublev décore avec Daniel la cathédrale de l'Assomption à Vladimir.

Peu après 1422, le disciple bien-aimé de S. Serge, l'higoumène Nikon, l'invite au monastère de la Trinité Saint Serge- pour décorer la nouvelle église de la Trinité construite pour remplacer l'église primitive brûlée par les Τartares. André passa surtout de longues années au monastère Saint-Andronic, fondé par le métropolite de Moscou S. Alexis. Dans les années 20 du xve siècle, il y participe à l'édification de l'église de la Τransfiguration, s'intéressant aux plans, contribuant aux frais de construction. C'est là qu'il meurt le 9 janvier 1430. Οn ne connaît plus le lieu où il fut enseveli. Sa pierre tombale existait encore au xviii siècle, puis elle disparut.

Dans l'art liturgique de l'Eglise orthodoxe, l'œuvre de Roublev manifeste par l'image la sainteté et l'héritage spirituel de S. Serge de Radonège, cette pacification intime qui lui était propre et s'étendait à tous ses domaines d'activité, cette unité d'amour à l'image de la Τrinité divine dont l'expression artistique suprême reste la célèbre icône de la Sainte Trinité. Roublev la peignit justement à la gloire de saint Serge et pour son église. Dans un inventaire des peintures de la Laure de la Τrinité- Saint Serge, G. Α, Olsoufiev caractérisait ainsi, en 1920, cette icône: «Οn peut la dire sans pareille pour la synthèse parfaite d'une conception théologique sublime et du symbolisme artistique qui l'exprime par la structure des rythmes et des lignes, des couleurs et d'une plastique qui se transcende. Cette icοne est par excellence ontologique, nοn seulement dans sa conception, mais aussi dans tous ses détails ». SUITE Leonide Ouspensky: "André Roublev, son art, son époque"
Sur les traces d'Andreï Roublev  (1360 — 1428)

Lire aussi: Un nouveau projet hors du commun sous le nom de Rublev.com une base de données sur l’Orthodoxie, un guide et réseau social pour les fidèles et tous ceux qui s’intéressent au christianisme. Chacun peut se joindre au projet : devenir bénévole ou produire un apport à cette bonne œuvre

La Trinité d'André Roublev serait dans un état critique

Dialogues d’une artiste et d’un théologien

Des icônes sur des tasses, assiettes, tee shirts...etc. : piété ou blasphème ?

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 23 Janvier 2018 à 10:24 | 0 commentaire | Permalien

En mémoire de l'archimandrite Placide (Deseille) : « Un morceau du Mont Athos » sur le sol de France.
Père Maxime Massalitine

Le 7 janvier 2018, le jour de la fête de la Nativité du Christ, le célèbre ascète et théologien français
, l'archimandrite Placide Deseille, est parti vers le Seigneur.

Le 15 janvier marque le neuvième jour de sa mort. Le recteur de l'église de la Résurrection à Rabat, l'archiprêtre Maxime Massalitine partage ses souvenirs du père Placide, qu'il a rencontré à plusieurs reprises et dont il a traduit les œuvres en russe.

Un célèbre théologien et patrologue, l'archimandrite Placide Deseille vient de décéder en France. Une partie importante de son héritage littéraire n'a pas encore été traduite en russe. Plus connu chez nous comme fondateur de monastères athonites en France, le père Placide a vécu une vie étonnante.

Entré jeune homme dans la confrérie d'un monastère catholique, c'est déjà en homme mûr qu'il fit connaissance avec l’Orthodoxie et la reçut par le sacrement du baptême, à un âge auquel rares sont ceux qui se décident à un changement radical dans leur vie. Tout ceci, le père Placide l'a raconté à plusieurs reprises lors de ses conférences et l'a décrit en détail dans son autobiographie intitulée « Étapes d'un pèlerinage spirituel », publié dans une brochure séparée. Longtemps, cette brochure n'eut pas une large diffusion. On ne pouvait se la procurer qu'au monastère Saint-Antoine-le-Grand, fondé par lui dans le Vercors, ce massif préalpin situé entre Valence et Grenoble. Le starets ne souhaitait pas que ses écrits sur le catholicisme et le christianisme authentique ne blessent le cœur de ses anciens confrères dans la foi.

Mes relations avec l'archimandrite Placide ont commencé en 2003, lorsque, avec un groupe de jeunes Russes, j'ai visité les deux monastères athonites fondés par lui en France. Nous visitâmes le couvent pour femmes de Solan, puis la principale dépendance du monastère de Simonopetra, le monastère pour hommes Saint-Antoine-le-Grand.

Dans les deux monastères, le père fondateur nous reçut lui-même. Débordant de la joie de cette double rencontre, j'ai demandé au starets de prier pour que je revienne au monastère Saint-Antoine-le-Grand. Un an plus tard, à la fin de ma deuxième année au séminaire de la Sainte Rencontre, je vins en vacances d'été au monastère Saint-Antoine-le-Grand et m'installai dans son hôtellerie. J'eus la chance de me plonger totalement dans la vie du monastère. Avec la confrérie, je travaillai dans diverses obédiences de l'économie monastique, je chantai dans le chœur lors de la liturgie quotidienne en français, j'étudiai le chant byzantin. Alors, dans le monastère, je fis connaissance avec des évêques, des prêtres et des laïcs de différentes nationalités qui venaient rencontrer le père Placide pour des entretiens spirituels, afin de participer à la vie du monastère ne serait-ce que pour un peu de temps.

Je voudrais souligner un caractère très important de ce monastère.

Il a été créé par des moines français qui cherchaient de tout leur cœur la vérité de la connaissance de Dieu. Et ce désir se transmet à toute personne, quelle que soit sa nationalité, qui visite le monastère dans ce but. Il n'est donc pas étonnant qu'en quelques semaines de séjour dans ce monastère francophone j'aie pu y rencontrer non seulement des Français ou des ressortissants de pays orthodoxes, mais aussi des Allemands, des Portugais, des Hongrois, des Canadiens et d'autres. Ils venaient dans ce monastère lointain avec une soif spirituelle authentique, que pouvaient étancher le père Placide et l'atmosphère même de ce petit « morceau d'Athos » miraculeusement arrivé sur la terre de France.

Je me souviens qu'un jour, lors d'une conversation avec moi, André Nicolaievitch Lossky avait appelé le père Placide « un saint vivant ». Beaucoup de gens le considéraient ainsi et se rendaient à son monastère en famille. Les dimanches, après la liturgie et le repas pris en commun, le monastère du Vercors s'emplissait de cris d'enfants. Les parents amenaient leurs enfants au starets, afin que sa bénédiction et son amour reposent sur eux.
En mémoire de l'archimandrite Placide (Deseille) : « Un morceau du Mont Athos » sur le sol de France.

Le monastère Saint-Antoine-le-Grand /situé à Saint-Laurent en Royans/, dépendance en France du monastère Simonopetra du Mont Athos, dans le massif du Vercors.

A mon retour en Russie, je me suis rendu compte que ma relation avec le père Placide ne faisait que commencer.

J'ai continué à lire ses livres, à écouter ses homélies, qui m'avaient profondément touché lors des offices au monastère Saint-Antoine-le-Grand. Pour la première fois de ma vie, j'avais véritablement senti qu'une homélie ou un office dans une langue étrangère pouvaient être tout aussi proche du cœur d'un chrétien de n'importe quelle nationalité, parce qu'ils sont faits dans le même esprit et la même vérité (Jean 4, 24), que dans sa propre Eglise orthodoxe locale. Au séminaire de la Sainte Rencontre, sous la direction de notre professeur de français, nous nous entraînions, avec d'autres étudiants, à la traduction des textes du père Placide.

Plus tard, lors d'un voyage d'études en France, je suis venu lui rendre visite. Lors de cette rencontre, ce n'est pas seulement les conversations personnelles qui étaient précieuses. C'étaient aussi les rencontres que le père Placide organisait pour les moines et les groupes de visiteurs, ce que l'on appelle les synaxes, au cours desquelles le starets présentait tel ou tel thème de l'enseignement de la foi orthodoxe ou de la vie spirituelle.

Parfois, il consacrait une causerie à l'Église russe et au rôle important qu'elle aurait à jouer ces derniers temps. Il était étonnant d'entendre cela de la part d'un homme qui n'avait jamais pu mettre les pieds en Russie. On sentait qu'il éprouvait toujours un vif lien spirituel avec elle. Au cours de l'année du millénaire du baptême de la Russie, le père Placide posa la première pierre de l'église principale du monastère Saint-Antoine-le-Grand, la dédiant à un saint russe récemment canonisé, Saint Silouane du Mont Athos. Le starets avait toujours suivi avec intérêt la renaissance de la vie orthodoxe dans notre pays. Je n'ai jamais entendu de lui ce scepticisme à l'égard de la Russie et de l'Église russe qui sont si répandus en Occident.

Je me souviens de notre rencontre en été 2011 dans les murs du couvent de la Protection de la Mère de Dieu à Solan, dont le père Placide était aussi l’higoumène.


Le starets était alors très occupé et entouré de dizaines de personnes venues au congrès des paroisses orthodoxes du sud de la France. Il trouva cependant le temps de parler avec moi. A cette époque, j'avais été affecté dans un pays complètement inconnu pour moi, le Maroc. Or, le père Placide connaissait la situation au Maghreb non par ouï-dire, puisqu'il avait passé plusieurs années en Algérie, déjà en tant que moine. Son soutien fut alors très important pour moi. S'adressant aux célèbres prêtres du sud de la France, assis à sa table, il me désigna, assis à côté de lui sur les talons pour notre entretien : « Celui-ci est animé du même esprit que nous ». A cette table étaient assis des représentants de diverses juridictions orthodoxes, qui ne trouvaient pas toujours de compréhension mutuelle entre eux. Et, semble-t-il, j'étais parmi eux le seul prêtre du patriarcat de Moscou. La parole du vieil homme était porteuse de paix, de réconfort et élevait l'esprit. C'est ainsi que je me souviens de lui.

Il y a deux ans, avant la liturgie du dimanche dans l'église de la Résurrection du Christ à Rabat, je prélevais les parcelles lors de la préparation et je vis sur une liste le nom de l'archimandrite Placide. Après l'office, en sortant du sanctuaire, je vis dans l'église une femme inconnue qui continuait à prier. M'approchant d'elle, je lui demandai si ce n'était pas d'elle que venait la liste comportant le nom du starets. La femme, surprise, répondit par l'affirmative.

Elle s'avéra être roumaine, fille spirituelle de l'archimandrite. Le jour du décès du starets je l'ai appelée à Grenoble, et elle m'a parlé du mystère de sa mort. Le Seigneur lui avait permis de passer auprès du lit de mort de son père spirituel les derniers jours de sa vie terrestre. Le 5 janvier, le père Placide fut emmené dans un hôpital voisin, dans la petite ville de Roman-sur-Isère. Dans la soirée du même jour, il tomba dans le coma. Le lendemain, par les prières de ses enfants spirituels, le starets revint à lui, comme cela apparut, pour leur faire ses adieux.

Beaucoup eurent le temps de se rendre à son chevet ce jour-là. Et le dimanche 7 janvier, au moment où l'Eglise russe célèbre solennellement la Nativité du Christ, l'Enfant Dieu, après la lecture du canon pour la séparation de l'âme du corps, le père Placide mourut paisiblement, dans la 92e année de sa vie. Dans la soirée, son corps fut transporté au monastère qu'il avait lui-même fondé.

Que le Royaume céleste soit à lui !

«Кусочек Афона» на французской земле Памяти схиархимандрита Плакиды (Дезея)
Священник Максим Массалитин
Pravoslavie ru Traduction Marie et André Donzeau

En mémoire de l'archimandrite Placide (Deseille) : « Un morceau du Mont Athos » sur le sol de France.

Photo: L'archimandrite Placide (Deseille), le prêtre Maxime Massalitine avec sa femme Vera et sa fille. A gauche se tient Mère Elisabeth, épouse de l'archiprêtre Michel Eriar-Dubreuil d'Aix-en-Provence. Solan, 2011

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Janvier 2018 à 08:55 | 1 commentaire | Permalien

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »
Le site de la paroisse Saint Elie, Moscou, publie le 22 janvier le texte de l’allocution prononcée le par Mgr Nestor, évêque de Chersonèse à la Table ronde de l’OLTR consacrée au dixième anniversaire du rappel à Dieu de Monseigneur Serge (Konovaloff).

L’archimandrite Sabba (Toutonouv), recteur de cette paroisse, préface la publication qu’il illustre de plusieurs photos provenant de ses archives personnelles.

" Mgr Serge dont j’ai le bonheur d’avoir été le fils spirituel à partir de 1994 était quelqu’un de très entier. Il y avait dans sa personnalité une cohérence absolue de sa perception de la vie et des personnes. Cela lui conférait le don d’être à l’égard de tous et de chacun un interlocuteur attentif et simple, un bon pasteur. Cette volonté de cohérence engendrait en lui une permanente douleur, douleur que lui infligeait le morcèlement de l’Eglise Orthodoxe dans la diaspora et, surtout, les fractures qui existaient dans l’Orthodoxie russe si chère à son cœur.Dans l’amour qu’il portait à son troupeau le défunt prélat acceptait toute la diversité d’opinions qui existait dans le diocèse dont il avait la charge. Bien que relevant canoniquement du patriarcat de Constantinople Mgr Serge pensait constamment à la possibilité de retrouver l’unité perdue avec l’Eglise Mère de Russie. De par sa nature Mgr Serge était un unificateur qui aspirait à être « tout pour tous ». Il souffrait de voir les fidèles de nombreuses de ses paroisses ne pas partager cette volonté d’unité.

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »
Je me souviens de la joie qu’il avait éprouvée en 1995 lorsque, lorsque, pour la première fois, il a pu, à la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, concélébrer la divine liturgie avec le défunt patriarche Alexis II. Comment oublier l’immense amertume qu’il ressentait lors du dernier de nos entretiens lorsque force lui était de constater son impuissance à surmonter les préjugés privés de tout fondements de ceux qui s’étaient refusé à le soutenir et à persévérer à ses côtés dans la voie de l’unité.

Mgr Serge a succombé à ses charges. Quatre mois après son décès il aurait pu célébrer le dixième anniversaire de son sacre épiscopal. Une grave et rapide maladie l’a emporté à l’âge de 62 ans, le 22 janvier 2003"
Mémoire éternelle !

Lire aussi Vladimir Konovaloff, fils du défunt Monseigneur Serge /KONOVALOFF/ - Intervention à la Table Ronde de l’OLTR

* * *

Intervention de Monseigneur Nestor, évêque de Chersonèse (PM), à la Table ronde de l’OLTR consacrée à la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff)

Chers pères, chers frères et sœurs,

C’est avec joie que j’ai accepté de participer à la Table ronde consacrée à Mgr Serge (Konovaloff) de bienheureuse mémoire. La possibilité m’est offerte de contribuer, ne fût-ce que modestement, à cette heureuse initiative. Nous nous devons de maintenir le souvenir d’un homme remarquable, d’un bon pasteur qui a tant souffert pour « nos malheureuses paroisses», selon sa propre expression, qui se sentait grandement responsable pour son troupeau si divers, multiethnique et pluriculturel.

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »
Mgr Serge se sentait responsable de l’avenir du diocèse qui lui avait été confié. Il nous incombe, et ceci jusqu’à présent, de continuer à réfléchir sur la personnalité de Monseigneur Serge, sur les orientations qui étaient les siennes, sur ses aspirations, ses souhaits pour son éparchie. Toutes ces questions restent aujourd’hui d’actualité.

Il faut commencer par préciser que c’est avec la bénédiction de Mgr Serge que je me suis retrouvé en France. Un groupe de prêtres parisiens avait pris l’initiative de demander aux écoles de théologie de Moscou d’envoyer à Paris deux jeunes hiéromoines pour assister l’archevêché. Mgr Serge avait validé cette proposition.Au lieu de deux étudiants un seul fut choisi, c’était moi. Notre première rencontre avec Mgr Serge se situe fin 1999, dans les semaines qui suivaient mon arrivée à Paris. Peu après Noël je fus invité par Mgr Serge pour prendre le thé. A sa demande je m’étais déjà mis à officier à l’église du Christ Sauveur à Asnières. Le thé qu’il offrait, il le faisait infuser lui-même, était très bon et très fort Tout lui en témoignait de sa simplicité. Dès ce premier contact et jusqu’au bout, il s’est montré à avec moi ouvert et constamment bienveillant. Jamais je ne l’ai vu en colère ou tout simplement irrité à mon égard. Il m’est arrivé d’être témoin de situations délicates, voire difficiles, pour Mgr Serge, immuablement c’est par la bienveillance qu’il réagissait. SUITE

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »
Я с радостью откликнулся на предложение принять участие в круглом столе, посвященном памяти приснопамятного архиепископа Сергия (Коновалова), и, таким образом, внести небольшую и скромную лепту в очень важное дело – сохранение памяти о замечательном человеке, добром пастыре, который постоянно переживал за, как он говорил, «наши бедствующие приходы», который чувствовал ответственность за свою разную многонациональную и мультикультурную паству, за ее будущее. Мне кажется, вопрос о том, каким человеком был владыка Сергий, каких ориентиров он придерживался, куда он стремился и чего хотел для своей епархии, не потерял своей актуальности и сегодня.

Я оказался во Франции по благословению владыки Сергия. Была инициатива группы парижских священников просить Московские духовные школы прислать двух иеромонахов-студентов в помощь архиепископии, и он эту инициативу благословил.

Вместо двух прислали одного. Мы встретились через несколько недель после моего приезда в Париж в конце 1999 года. Владыка пригласил меня к себе на чашку чая в Рождественский период – к этому времени по его устной просьбе я стал регулярно служить на приходе Христа Спасителя в Аньере. Я помню, он сам заваривал крепкий чай: в обращении он был исключительно простым человеком, а по отношению же ко мне – с первой встречи и до конца нашего общения – он был не только простым и открытым, но и подчеркнуто доброжелательным. Я никогда не видел его не только в гневе, но даже в раздраженном состоянии, хотя мне доводилось быть свидетелем непростых и трудных для владыки моментов. Но всякий раз во время нашего непосредственного общения с его стороны была только неизменная доброжелательность и поддержка, которую я чувствовал на протяжении всех трех лет служения под его началом в архиепископии.

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »
Я помню, как во время нашей первой встречи после некоторой предварительной беседы, он сказал: «Вы не можете себе представить, что я чувствую, когда вижу перед собой совсем молодого человека в рясе, с крестом, который еще о чем-то свободно рассуждает, человека нового поколения, оттуда, из России...». Помню, в этот же раз он мне рассказал, как его поразило в Москве, когда у него в центре города на улице взял благословение постовой милиционер.

Вскоре после нашей встречи я получил официальное назначение на приход в Аньере и владыка Сергий просил меня участвовать как полноправного клирика в жизни Архиепископии, во всех ее собраниях с правом голоса, несмотря на то, что формально я никогда не переходил в ее клир и всегда оставался священником Русской Православной Церкви. В этом была некоторая двойственность, но такова была его воля.

Я вспоминаю многие службы. Например, совместную с архиепископом Корсунским Иннокентием на Дарю перед началом пастырского собрания, в котором участвовали клирики двух наших епархий. Встает перед глазами образ владыки Сергия, совершающего архиерейское каждение в храме Трех Святителей на престольный праздник. Не забыть его служение в Аньере на юбилей прихода, когда я сам увидел, что владыка во время приходских обедов никогда не сидит на месте, а начинает обходить все столы, беседуя с прихожанами.

Он служил в Аньере также совсем незадолго до своей кончины, в ноябре 2002 года, превозмогая телесную немощь, но с чувством радости о том, как развивается и растет жизнь этого прихода. В тот последний раз, мы подарили владыке от прихода довольно помпезную расшитую золотом митру с византийским двуглавым орлом. Он так ни разу в ней не служил: хотя митра ему понравилась, его смущала, как он говорил, «византийская курица» и он хотел как-то избавиться от этой детали.

Я помню его и в трудные моменты... Однажды, по каким-то делам я зашел к нему вечером в его кабинет на Дарю. Это было как раз в момент перехода Никольского прихода в Риме в юрисдикцию Русской Церкви. Было видно, что владыка очень сильно нервничает и переживает... Я не задавал ему вопросов, он сам не имел желания об этом говорить. Вместо этого он заговорил о положении на Украине, о том, что не дай Бог, повторится ситуация подобная той, которая была в 1996 году в связи с кризисом в Эстонии, и что тогда должна делать архиепископия... Для него отношения с Русской Православной Церковью были очень важны, насущны, очевидны.

Запомнилось мне его служение во время юбилея храма Трех Святителей, когда владыка Сергий сослужил председателю Отдела внешних церковных связей Московского Патриархата митрополиту Смоленскому и Калининградскому Кириллу – нынешнему Патриарху. Для архиепископа Сергия это был и драматический момент, ведь ему пришлось снять с отца Михаила Осоргина наложенное запрещение. Но глава архиепископии нашел в себе и внутренние силы, и благородство, и смирение для того, чтобы во имя сохранения церковного единства и продолжения отношений с Русской Православной Церковью переступить через свои личные чувства.

Впрочем, дорожить церковным единством и развитием отношений с Русской Церковью для него было естественным. Как и для его ближайшего окружения, для единомысленных ему священников, для преданной ему церковной молодежи, из которой, может быть, особенно стоит упомянуть о нынешнем архимандрите Савве (Тутунове). Хотя можно назвать и другие имена......ДАЛЕЕ по ССЫЛКЕ

 Le 22 janvier: A la mémoire de Monseigneur Serge (Konovaloff) 1941-2003, archevêque d’Eucarpie : « Une volonté d’unité »

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 22 Janvier 2018 à 08:43 | 3 commentaires | Permalien

Saint Philippe  de Moscou et son ami d’enfance d’Ivan IV, dit le Terrible
Métropolite de Moscou et de toute la Russie (1507- 1569)

En 1565, Ivan tira son ami d’enfance de son monastère de Solovki pour le mettre à la tête de l’Église orthodoxe. Désigné pour être métropolite de Moscou, il sut résister aux cruautés du tsar Ivan et il lui dit la Vérité dans la cathédrale même de la Dormition au Kremlin. Le nouveau prélat, loin d’être un allié, va s’opposer corps et âme au tsar. Au péril de sa vie. Conflit spirituel, incandescent et violent. Tortures, décapitation, supplices en tout genre. Il est impossible de comprendre la Russie sans s’interroger sur ce personnage qui demeure le plus important de notre histoire. Ivan IV fut le premier à se donner le titre de Tsar (du latin caesar) et il a créé la matrice du pouvoir russe qui demeure inchangée.

Sa personnalité complexe a beaucoup compté : c’était un homme éminemment doué et instruit, à la fois musicien et écrivain, mais en même temps son cas ressort de la maladie mentale avec une double, voire une triple personnalité ! Il n’était pas seulement un tyran, mais aussi un tortionnaire doublé d’un maniaque.Le métropolite Philippe c’est un homme de la Renaissance, ouvert et tourné vers l’avenir- mais aussi un brillant inventeur et un architecte.

Saint Philippe  de Moscou et son ami d’enfance d’Ivan IV, dit le Terrible
Ivan le Terrible est, lui, resté jusqu’à sa mort un homme profondément du Moyen Âge, qui refusait tout changement politique, culturel et esthétique.

À cause d’Ivan le Terrible, la Russie a raté sa Renaissance. Il a cassé quelque chose dans le pays. Cet affrontement est emblématique de son action : pour imposer son pouvoir d’essence divine, Ivan IV devait sacrifier cet hiérarque. Il vivait dans un rêve apocalyptique, persuadé que la fin du monde était proche et Philippe était un obstacle, car il incarnait une vérité absolue, une vérité religieuse qui l’encombrait et concurrençait la sienne.

Selon Ivan IV, puisque son pouvoir émanait de Dieu, il n’avait pas besoin de signer un contrat avec ses sujets. Le seul registre possible était celui de l’adoration. Si les récoltes étaient mauvaises, si la guerre était perdue, c’est que le peuple n’aimait pas suffisamment son souverain. Et tout manque d’amour appelait une punition. Pour le tsar, chacun était coupable, chacun était un traître, donc peu importait de rechercher et châtier les vrais responsables. Concrètement, on pouvait torturer et décapiter le premier venu. Le métropolite Philippe, qui s’est opposé ouvertement à cette idée d’adoration aveugle du pouvoir, devait dès lors être éliminé. Philippe incarne ces êtres humains qui, même dans les époques les plus sinistres, sont prêts à sacrifier leur vie.

Ivan le Terrible éloigné de la religion orthodoxe.

Mais sa garde rapprochée était habillée comme des moines. Il a créé une église étrange dans son palais et il disait la messe pendant la nuit, de minuit à 5 heures du matin, entouré de ses guerriers. Ivan IV adorait le théâtre et le déguisement. Les gens ne veulent pas connaître la réalité du règne d’Ivan le Terrible.*
Ivan IV a engendré ce mythe typiquement russe qui veut que le pouvoir soit implacable, féroce, dans l’intérêt même de la nation. Le deuxième mythe veut que la Russie soit entourée de pays ennemis qui concourent à sa perte et que l’Occident déteste la Russie.
Les chrétiens, et même les évêques, par peur du tsar ne le soutinrent pas le métropolite Philippe. Il fut déposé par un concile local, exilé dans un monastère près de Tver et c'est là que le sbire de l'empereur vint l'étrangler.

A l’initiative du patriarche Nikon les reliques de Philippe furent transportées à Moscou en 1652 et Philippe fut par la suite canonisé.

"P.O." Icône de Saint Philippe brodée par mère Marie (Skobtsov) en 1936 à Paris. L'icône se trouve actuellement dans la paroisse Saint Séraphin, rue Lecourbe, Paris,15e

Saint Philippe  de Moscou et son ami d’enfance d’Ivan IV, dit le Terrible

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 22 Janvier 2018 à 07:52 | 3 commentaires | Permalien

En Chypre, une rue nommée en l’honneur du métropolite Nicodème (Rotov)
L’année 2018 est marquée par le 40e anniversaire du décès du métropolite Nicodème de Leningrad et de Novgorod, un des grands hiérarques russes du XX siècle. Des membres de la paroisse russophone Saint-Nicolas de Limassol (Chypre) se sont adressés aux autorités municipales pour proposer de renommer la rue sur laquelle est située l’église en construction en l’honneur du métropolite Nicodème.

Selon le recteur de la paroisse, le prêtre Gueorgui Vidiakine, les autorités locales ont accepté avec joie et ont entamé les procédures nécessaires.

« Mgr Nicodème a longtemps été le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, c’est pourquoi il est hautement symbolique qu’une rue portant son nom soit située près d’une paroisse à l’étranger, a constaté le père Gueorgui Vidiakine. On ne saurait surestimer cette personnalité, ses années de travail au service de l’Église et au nom de l’unité chrétienne. Sa dévotion liturgique est un exemple pour tous. Nous nous efforçons d’appliquer beaucoup de ses principes. »

Comme l’indique le portail officiel de l’Église orthodoxe russe, se référant aux informations données par la paroisse Saint-Nicolas de Limassol, c’est la première rue du monde portant le nom du métropolite Nicodème (Rotov).

***

La paroisse Saint-Nicolas a été créée en 1995. Le 9 juin 2012, pendant sa visite à l’Église orthodoxe de Chypre, le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a béni la première pierre de la nouvelle église. Depuis mai 2016, des travaux de construction sont en cours sur le site.

A l’heure actuelle, les offices en slavon sont célébrés à l’église du Christ-Philanthrope, temporairement mise à la disposition de la communauté russophone, et dans la chapelle Saint-Alexis-de-Moscou, les dimanches et les jours de fête, ainsi que pour les mémoires des grands saints russes et chypriotes. SUITE

Lire aussi Le métropolite Nicodème (Rotov) 1929-1978 Archevêque Basile (Krivochéine)

" Ma première rencontre personnelle avec l’archimandrite Nicodème remonte à juin 1960 à Oxford. Je venais d’être nommé évêque de Bruxelles et de Belgique (3), après avoir séjourné un temps à Paris en tant qu’évêque auxiliaire de l’exarchat d’Europe occidentale (4). Je n’avais quasiment pas encore eu le temps de prendre en main les affaires du diocèse de Belgique, quand j’appris qu’une délégation de moines russes se rendait en Grande-Bretagne et que l’évêque Antoine de Londres (5) désirait me voir prendre part à l’accueil de ladite délégation. Je me rendis donc de Paris à Oxford où, pendant huit ans, j’avais célébré en tant qu’hiéromoine, puis archimandrite, dans la paroisse locale (6). ...."

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 21 Janvier 2018 à 16:47 | -1 commentaire | Permalien

Le 26 janvier:«Dans le jardin de la Mère de Dieu. La Russie et le Mont Athos: 1000 ans d'unité spirituelle »
Le 26 janvier à 19.00 à 21h00 dans la dynamique de la Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens

Centre Culturel et Spirituel Orthodoxe Russe de Paris aura lieu une conférence sur le sujet:
«Dans le jardin de la Mère de Dieu. La Russie et le Mont Athos: 1000 ans d'unité spirituelle » Consécration au millénaire du monachisme russe au Mont Athos

Pendant la soirée, on présentera:

1) Le film documentaire « Un millénaire au Mont Athos »
2) La conférence avec des questions et des réponses sur le monachisme russe au Mont Athos (conférencier, le directeur de l'Institut Internationale de l'héritage athonite et le rédacteur en chef de l'almanach « L'héritage athonite », Serghei Choumilo);


3) La présentation des photos sur le Mont Athos;
4) La présentation des projets éditoriaux, consacrés au millénaire de la présence du monachisme russe au Mont Athos, sur l'héritage du Saint Paissij Velichkovski et d’autres saints russes du Mont Athos.

Le lieu de la rencontre: 1 quai Branly 75007 Paris. Cathédrale de la Sainte-Trinité de Paris et Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe.
Le 26 janvier:«Dans le jardin de la Mère de Dieu. La Russie et le Mont Athos: 1000 ans d'unité spirituelle »

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 20 Janvier 2018 à 09:08 | 0 commentaire | Permalien

Sainte Théophanie de notre Seigneur
Icônes, Mosaïques, Fresques ICI

Evangile de la Liturgie ( Matthieu III, 12-17)

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. Celui-ci l’en détournait, en disant : " C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !

" Mais Jésus lui répondit : " Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. " Alors il le laisse faire. Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Et voici qu’une voix venue des cieux disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur."

Sainte Théophanie de notre Seigneur

Rédigé par l'équipe de rédaction le 19 Janvier 2018 à 06:42 | 2 commentaires | Permalien

L’enfance de Jésus
Les Evangiles canoniques n’en disent pas grand-chose et les apocryphes, abondants sur le sujet, versent souvent dans le pur merveilleux.

Pauvre parmi les pauvres d’Israël

Joseph, son père « adoptif », n’a rien d’un grand seigneur. Il est charpentier, ou tout simplement ouvrier du bâtiment, selon la manière dont on traduit le grec tektôn (Mt 13, 55). Lors de la présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa naissance, ainsi que le prescrit la loi juive de l’époque, Joseph et Marie offrent le sacrifice des pauvres (Lc 2, 24), « un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes ». La famille de Jésus est donc comptée parme les pauvres d’Israël.

Cette condition modeste a peut-être gênée une partie des premiers croyants. D’ailleurs, la critique antichrétienne en a aussi longtemps fait un argument contre la divinité de Jésus. « Il n’y a rien là qui fasse pressentir le royaume de Dieu », se moque le Romain Celse (II siècle) dans son fameux discours « Contre les chrétiens ».

Dans le Protévangile de Jacques , un apocryphe relatant notamment la vie de Marie avant la naissance de Jésus, celle-ci appartient à une famille riche, et Joseph est présenté comme une sorte d’entrepreneur ayant des chantiers importants à mener loin de Nazareth, où il revient de temps en temps. Quoi qu’il en soit, le milieu campagnard et populaire dans lequel Jésus a grandi selon les Evangiles explique aussi que les scènes de la vie quotidienne et les images auxquelles il fera plus tard allusion dans son enseignement sont immédiatement compréhensibles par le public, lui aussi modeste, qui vient l’écouter.

Enfant pour le salut des enfants

C’est dans la scène de la Nativité que ce contraste entre la toute-puissance divine et la simplicité des conditions dans lesquelles elle vient à s’incarner se donne à voir de la manière la plus frappante. Il n’y a pas de place pour accueillir le Fils de Dieu : « Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il manquait la place dans la salle », écrit Luc (2,7). Et ce sont de simples bergers, prévenus par « l’ange du Seigneur », qui viennent les premiers rendre visite au nouveau-né pour aussitôt s’en retourner « glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé » (Lc 2,20). Le paradoxe christique de la puissance la plus haute s’abaissant au niveau des hommes les plus humbles est rendu ici de manière exemplaire à travers l’Incarnation (l’entrée dans la vie humaine) comme il le sera à travers la Passion (le passage par la mort).
L’enfance de Jésus

Ce paradoxe de l’Incarnation s’affirme ensuite dans la condition enfantine que traverse Jésus. Car celui-ci ne surgit pas comme Athéna tout armée et casquée du crâne de son père… Faible, sans défense, dépendant d’autrui, et tout particulièrement de ses parents – « ses éducateurs », dira Bossuet -, il devient pleinement homme à travers cette expérience de l’enfance. La plupart des grands pasteurs l’ont bien compris. « Il a été un enfant pour le salut des enfants et par sa propre expérience de l’enfance, il l’a sanctifié », écrit Irénée de Lyon (Contre les hérésies II, XXII, 4).

Là encore, des textes moins officiels nous montrent que la chose a pu être perçue comme vaguement scandaleuse. Certains évangiles apocryphes s’ingénient ainsi à multiplier les anecdotes jù Jésus enfant exprime au contraire sa puissance, humiliant ici son maître d’école, foudroyant là un garçon lui ayant manqué de respect ou encore se livrant à des miracles vindicatifs ou spectaculaires qui ne visent de toute évidence qu’à impressionner le public ( et le lecteur).

Mais si l’on s’en tient aux Evangiles canoniques, Jésus semble n’avoir accompli aucun miracle particulier avant son ministère public, comme l’ont fait remarquer certains Pères, tel Jean Chrysostome (344-407), sans doute pour couper court à l’influence de ce genre de légendes sur la juste compréhension du message évangélique.

Certainement, il a suivi le parcours classique des enfants de son milieu

Il apprenait peut-être à lire auprès du hazzan, sorte de maître d’école, sans pour autant poursuivre ses études. Mais quelques historiens pensent au contraire qu’il ne savait pas lire ! Il parlait araméen, la langue locale, comprenait l’hébreu, utilisé pour les rites et dans les Ecritures, et savait peut-être un peu de grec, utilisé comme langue commune dans le bassin méditerranéen, mais certainement pas le latin. Adulte, il fréquente la synagogue (Lc 4,16). On peut donc supposer que cette habitude a été prise dans son enfance. Mais cela n’en a pas fait pour autant un surdoué en matière de religion. On apprend aussi que Jésus est devenu charpentier comme son père, ayant sans doute appris le métier auprès de lui.

Rient ne permet en tout cas de dire qu’il a été considéré comme un enfant extraordinaire. A l’inverse de ce qui est suggéré dans les évangiles apocryphes de l’enfance, où Jésus se montre supérieur en tout à tout le monde, y compris à ses maîtres, Luc précise deux fois que « l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse » (Lc 2 , 40 et 2, 52). En d’autres termes : il progressait. Tout ne lui a pas été donné d’emblée.
L’enfance de Jésus

Dans l’évangile de l’enfance selon Thomas, on voit par exemple un Jésus de 5 ans modeler des oiseaux en boue avant de les rendre vivants, au grand émerveillement de ses camarades. Faisant usage de ses pouvoirs de manière immodérée, le petit Jésus est consigné à la maison par Joseph qui n’hésite pas à lui tirer l’oreille. Dans l’évangile arabe de l’enfance, il aide son père, charpentier, en imposant les mains sur les planches pour qu’elles se mettent à la bonne longueur… C’est dans ce même texte que nous sont contées les aventures de Joseph, Marie et Jésus en Egypte, dans les tableaux où les miracles se succèdent. Souvent, la présence du jeune Jésus permet de guérir des malades, en général par contact avec ses langes ou l’eau de son bain.

Extrait du dossier spécial Noël, La Vie, décembre 2016 Lire aussi La révélation de la filiation divine de Jésus
L’enfance de Jésus

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 11:16 | 3 commentaires | Permalien

Une première chapelle orthodoxe a été consacrée en Islande
Reykjavik, le 12 janvier 2018

Selon une déclaration de l'ambassade de Russie en Islande à l'agence RIA Novosti, la consécration d'une chapelle provisoire dédiée à Saint Nicolas le Thaumaturge a eu lieu à Reykjavík, sur l'emplacement de la construction de la première église orthodoxe.

Des représentants de la communauté orthodoxe, ainsi que l'ambassadeur de Russie en Islande, Anton Vassiliev, ont participé à la cérémonie de consécration de la Croix présidée par le recteur de la paroisse de l'Eglise orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou à Reykjavik, l'archiprêtre Timothée (Zolotousky).

L'archiprêtre Timothée a appelé la construction de la chapelle « un événement historique pour la communauté orthodoxe d'Islande » et a remercié l'ambassade de Russie pour son soutien depuis de nombreuses années au projet de construction de l'église.

Une première chapelle orthodoxe a été consacrée en Islande
A son tour, l'ambassadeur Anton Vassiliev, dans son discours d'ouverture, a souligné la contribution de toute la communauté orthodoxe d'Islande dans la réalisation de ce projet, le travail réalisé en ce sens par le recteur, le père Timothée, et a souligné l'importance de cet événement pour la cohésion de la diaspora russe en Islande dans son ensemble. L'ambassadeur a assuré que l'ambassade de Russie continuera à aider l'organisation de la coopération avec les autorités Islandaises, ainsi qu'à trouver des fonds pour la construction de l'église selon des plans existants.

En 2011, la mairie de Reykjavík a attribué un terrain pour la construction de la première église orthodoxe en Islande et du Centre culturel et spirituel (CCS) des compatriotes russophones. Les travaux de conception sont achevés. Des fonds sont en train d'être recueillis pour la construction du temple et du CCS.

L'église sera construite dans l'une des rues du centre-ville donnant sur le port de Reykjavik, de sorte qu'elle puisse être vue depuis les navires qui entrent par les portes maritimes de la ville.

Lien
Traduction Marie et André Donzeau

Une première chapelle orthodoxe a été consacrée en Islande

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 10:16 | 2 commentaires | Permalien

Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris : « Aujourd’hui le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »
Je me suis rendu compte que beaucoup de gens ont une vie spirituelle, mais ne le montrent pas

Ancien médecin, Michel Aupetit a succédé le 6 janvier à André Vingt-Trois comme archevêque de Paris. « On n’a pas le droit de parler de Dieu, sinon on gêne », dit-il dans un entretien au « Monde ». A 66 ans, lui qui « n’aime pas trop être exposé » sera désormais l’une des voix les plus écoutées de cette institution. Cet ancien médecin, entré au séminaire à 39 ans et devenu évêque de Nanterre en 2014, succède à Mgr André Vingt-Trois.

Ecolier, il détestait passer au tableau et préférait de loin faire rire ses camarades. Nommé archevêque de Paris par le pape François le 7 décembre 2017 et installé dans cette fonction le 6 janvier, Mgr Michel Aupetit est de ce fait devenu le point de mire de nombreux catholiques. Si en théorie l’évêque de Paris est un évêque parmi les autres, il occupe en pratique une place éminente dans l’Eglise catholique.


Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris : « Aujourd’hui le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »
Vous avez exercé pendant onze ans comme médecin généraliste avant d’entrer au séminaire. En quoi cette vie de laïc influence-t-elle votre approche de prêtre ?

Laïc, j’étais ce que l’on appelle dans l’Eglise un « consommateur ». Je rentrais chez moi à 22 heures le soir et j’étais donc assez peu investi dans la vie de l’Eglise. C’est mon péché ! Quant au reste, la médecine m’a appris à aimer les gens indépendamment de ce qu’ils sont. Quand vous êtes médecin, vous soignez des gentils et des pas gentils, toutes sortes de gens.

Cela vous ouvre à tous, et l’Eglise est ouverte à tous. On ne demande pas leurs papiers ou leur certificat de baptême aux personnes qui entrent. L’hiver, les SDF viennent se réchauffer, on les laisse tranquilles. D’autres viennent simplement pour avoir un temps de repos et de silence. Il n’y a pas beaucoup de lieux comme ça où on peut se poser, gratuitement, paisiblement. Et la médecine m’avait déjà appris ça : accueillir de manière inconditionnelle les personnes qui frappent à votre porte.

Vous avez grandi dans une famille où la pratique religieuse n’était pas la règle. Cela vous donne-t-il une vision particulière de la transmission religieuse ?

C’est assez étonnant, car cela ne m’a jamais vraiment troublé. Ma maman était une femme de foi, elle allait à la messe assez souvent, pas forcément avec moi. Mais je sais qu’elle avait profondément la foi et je voyais l’influence que ça pouvait avoir dans sa vie. Alors que, du côté « mâle », on était plutôt incroyant. Mes amis non plus ne pratiquaient pas. Donc j’ai longtemps vécu ma foi de manière isolée.

La transmission, je pense qu’elle s’est faite par la prière. Car dans la prière, on apprend à parler à Dieu. On entretient une relation. Alors que dans une relation de catéchisme, on apprend à parler « de » Dieu, c’est intellectuel. La seule chose que ma mère m’a apprise, c’est le Notre Père et le Je vous salue Marie. A partir de ces deux prières, j’ai appris à parler à Dieu. Mais en secret : personne n’en savait rien.

Quand j’ai quitté mon cabinet de médecin, j’ai dit pourquoi à mes patients. Plusieurs m’ont alors confié qu’ils priaient matin et soir depuis trente ans sans même que leur femme le sache ! Je me suis rendu compte que beaucoup de gens ont une vie spirituelle, mais ne le montrent pas. Il y a spontanément chez l’être humain cette propension à entrer en relation avec une transcendance. ////

Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris : « Aujourd’hui le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »
Une partie des catholiques craignent la venue de migrants en trop grand nombre. Les évêques doivent-ils parler plus clairement ?

Il y a une crainte de l’insécurité culturelle. Lorsque j’étais médecin à Colombes [Hauts-de-Seine], au départ, dans les cités, les gens vivaient très bien ensemble. On ne regardait pas qui était musulman ou chrétien. On se rendait des services entre personnes. Aujourd’hui, c’est ghettoïsé. Les mairies tentent de favoriser la mixité sociale, mais on est quand même très engagé vers le communautarisme.

Un imam m’a dit : « On n’a plus de contrôle sur nos jeunes, ce n’est plus nous qui les formons à la religion. Ils vont se former ailleurs. »....////

Les catholiques sont-ils désormais une minorité religieuse en France ?

Beaucoup de gens se disent catholiques même s’ils ne fréquentent pas l’Eglise. Qu’est-ce qu’un catholique ? Quelqu’un qui pratique ? Ou qui se reconnaît dans cette religion, car il est né dans cette culture, qu’il fait siennes les valeurs évangéliques, alors que son rapport à Dieu ou à l’Eglise est plus que ténu ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Moi, je n’en sais rien, je laisse cela à Dieu. Si on ne compte que ceux qui pratiquent, les catholiques sont incontestablement une minorité. Beaucoup sont investis sur des questions de solidarité, pas forcément avec l’étiquette « catholique », mais ils le sont quand même au nom de leur foi.

La « guerre des laïcités » traduit-elle selon vous un rejet du religieux en général ou une méfiance envers l’islam ?

Mes deux grands-pères étaient anticléricaux jusqu’au bout des ongles, je connais donc un peu le système. Deux formes de laïcité sont aujourd’hui défendues. Celle de Jean-Louis Bianco [président de l’Observatoire de la laïcité] et d’Emmanuel Macron, qui doit permettre à chacun de pratiquer sa religion. L’autre, c’est celle d’une religion assignée à la sphère privée, qui ne doit apparaître nulle part.

Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris : « Aujourd’hui le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »
La société française est divisée. La question de l’islam fait peur, à cause des attentats et de certains discours qui affirment que la France va devenir une terre d’islam – on retrouve la question de l’insécurité culturelle. Mais nous avons vécu dans le passé d’autres insécurités culturelles ! Sainte Geneviève, patronne de Paris, vivait à l’époque d’Attila et de Childéric, roi des Francs. Les Germains et les Francs qui arrivaient n’étaient pas du tout dans la culture gallo-romaine ni dans la culture chrétienne. C’était une transition colossale. L’Eglise, alors, a privilégié la culture évangélique, quitte à sacrifier la culture romaine. Cette période, bien pire que la nôtre, a aussi fait ce que nous sommes.... ////

Le gouvernement veut étoffer l’enseignement du fait religieux à l’école. Quel rôle pouvez-vous avoir ?

Il est dans le rôle de l’Etat de contrôler ce que nous pouvons faire, et notamment s’il fait appel à des religieux. Il y a le fait religieux sous l’angle historique. C’est souvent par là que l’on passe. Mais je pense qu’il faudrait aller plus loin, jusqu’à l’espace théologique. Dans le RER, des musulmans m’interrogent en tant que prêtre. A la fin, ils me disent : « Merci d’avoir parlé de Dieu. » Les musulmans qui mettent leurs enfants dans une école catholique le font parce que, là, on peut « parler de Dieu ».... SUITE Cécile Chambraud "Le Monde" le 11 janvier 2018

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 09:42 | Permalien

LE PERE JEAN MEYENDORFF : "L'ÉGLISE DANS L'HISTOIRE"
Les éditions de l'université orthodoxe Saint Tikhon ont, conjointement avec les éditions EXMO - ЭКСМО publient un nouveau volume de textes appartenance au protobresbytre Jean Meyndorff.

La présentation de cet ouvrage aura lieu en février. Un récit des éditeurs consacré à l'ouvrage. Plus de la moitié des articles inclus dans le nouvel ouvrage sont publiés pour la première fois en russe.

Vladimir Golovanow

La pensée théologique de "l'École de Paris" d'après-guerre connait un regain d'intérêt en Russie: après la publication récente d'un livre de "causeries" inédites du père Alexandre Schmemann (1), c'est un recueil d'articles d'un autre éminent représentant de ce courant, le père Jean Meyendorff (2), qui voit le jour aux éditions de l'Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou en collaboration avec l'un des plus importants éditeurs russes, EXMO (3). L'ouvrage a reçu l'imprimatur et est recommandé par le Conseil des publications de l'Église orthodoxe russe (4).

"L'ÉCOLE DE PARIS"


"L'École de Paris" (aussi appelé "Synthèse néo-patristique") est un courant théologique qui se développa après la révolution russe dans l'émigration russe en prenant la suite de “la Renaissance religieuse russe” (5). Son noyau se trouva jusqu'à la guerre à Paris, autour de "l'Institut de Théologie Orthodoxe St Serge" (6), fondé en 1925, avec la plupart des théologiens russes de l'émigration.


Cette école théologique met l'accent sur la renaissance d'une véritable philosophie orthodoxe, reliant philosophie classique et pensée orthodoxes dans un «hellénisme ecclésialisé» selon l'expression du père Georges Florovsky (7), incarné dans la patristique byzantine. Après la guerre, trois représentants éminents de l'École de Paris, les pères Georges Florovsky et Alexandre Schmemann et Jean Meyendorf, rejoignirent le "Séminaire de théologie orthodoxe Saint-Vladimir" (Creswood, USA)(8), de l'Église orthodoxe en Amérique (OCA) dont ils furent successivement les doyens (ibid).

Les théologiens russes se réapproprient maintenant ces recherches: des ouvrages inaccessibles en Russie durant près d'un siècle sont publiés et la recherche théologique, forte de ses dizaines de chercheurs, moines et laïcs, repart vers de nouvelles avancées. C'est d'autant plus important que, en dehors de l'Eglise russe, la théologie orthodoxe n'a pas eu de grandes avancées avant la fin du XXe siècle, il fallut d'abord "digérer les indépendances" des Eglises captives (le premier Congrès de théologie orthodoxe eut lieu à Athènes en 1936), et "l'École de Paris" a joué un rôle essentiel dans le développement de la pensée orthodoxe dans son ensemble au XXe siècle.

LE PERE JEAN MEYENDORFF ET L'HISTOIRE DE L'ÉGLISE.

Le père Jean Meyendorff est, avec son ami et collègue le père Alexandre Schmemann, l'un des représentants les plus connus de cette "Ecole de Paris" d'après-guerre, en particulier pour ses grands apports à la connaissance de la théologie byzantine (son "Initiation à la théologie byzantine" (9) en constitue la première véritable synthèse). Lors de la présentation de la chaire d'études chrétiennes-orthodoxes qui lui est dédiée (2015), le président de l'Université Fordham a souligné que "Jean Meyendorff était l'historien du christianisme byzantin anglophone le plus important au XXe siècle" (10) et, en effet, ses ouvrages et articles étaient essentiellement rédigés en anglais et français. Cela explique que chaque nouvelle parution en russe est un évènement pour le Orthodoxes de ce pays. Comme c'est là que se trouvent actuellement la majorité des croyants et des théologiens de cette confession, ces évènements ont des répercussions sur toute l'Orthodoxie.

Plus de la moitié des articles inclus dans le nouvel ouvrage sont publiés pour la première fois en russe. "En fait, dit le rédacteur en chef de la maison d'édition Egor Agafonov dans une interview à Kiev-Orthodox, si les principaux livres et recueils du père Jean sont plus ou moins disponibles en russe, il y a encore de nombreux articles, dont les sujets sont originaux, qui ne sont pas traduits. Nous avons donc commencé à préparer une collection d'articles et, il y a cinq ans, nous avons édité le «mystère de Pâques», un volume de 800 pages avec 50 articles du père Jean sur la théologie.(11)

Maintenant nous envoyons à l'impression un volume encore plus important d'articles consacrés à l'histoire de l'Église et le titre de l'ouvrage a été repris d'un projet inachevé du père Jean: "L'Eglise dans l'histoire." Ce volume contient 55 articles, dont 24 inédits en russe et traduit spécifiquement pour notre projet. La bibliographie du père Jean occupe 60 pages et si, on ne peut toujours pas la considérer comme définitive, c'est certainement la version la plus complète qui existe actuellement en russe.

L'œuvre du père Jean dans son ensemble et, évidemment, ces articles en particulier, représente toujours un certain niveau de la recherche historico-ecclésiale où l'intégrité scientifique n'entre pas en conflit avec une relation attentionnée et filiale à la Tradition de l'Église; au contraire, elle la met en évidence et souligne les contours de la Tradition de façon plus nette et plus claire. Grâce aux travaux du père Jean (pas de lui seul, évidement) la Tradition elle-même se manifeste avec plus de précision, elle prend une forme précise en perdant les formules traditionnelles vagues et un peu ridicule du genre "les Saints Pères disent." C'est le mérite incontestable des théologiens du XXe siècle et contemporains de mettre en forme ce qui ne l'était pas, de porter un regard historique sur le kérygme de l'Eglise, de prêter attention à son origine et au développement, de comprendre l'Église et sa théologie non pas comme une donnée, mais comme un processus vivant, qui se déroule dans l'espace historique. Ce mérite appartient aussi au père Jean pour une très grande part."
LE PERE JEAN MEYENDORFF : "L'ÉGLISE DANS L'HISTOIRE"

В издательстве ПСТГУ совместно с ЭКСМО выходит новый том статей протопресвитера Иоанна Мейендорфа «Церковь в истории».


PROMOTEUR DU DIALOGUE INTERCONFESSIONNEL

Deux aspirations, deux certitudes sont invariablement présentes dans les œuvres du père Jean: l'unicité de l'Orthodoxie comme la seule véritable expression de la foi chrétienne et le désir de percer le blocage de la conscience européenne au nom du dialogue entre l'Orient et l'Occident pour combler ce fossé entre les Églises dans lequel l'auteur voit une erreur spirituelle et historique catastrophique du christianisme. Les travaux académiques du père Jean, en particulier sur le Grand Schisme de 1054, la nature de l'autorité dans l'Eglise et la primauté de Pierre, ont grandement contribué aux dialogues orthodoxe-catholique officiels. Il fut non seulement un participant dans un grand nombre de ces dialogues, mais aussi un observateur perspicace et un chroniqueur précis, avec un intérêt personnel dans leur poursuite et ces aspects sont aussi reflétés dans les articles publiés.

"Beaucoup de thèmes du livre apparaissent au départ sujets à controverses," continue Egor Agafonov: "la primauté romaine, la division des églises, la place du patriarche œcuménique dans le monde orthodoxe sont souvent utilisés pour polémiquer dans différentes batailles de tranchées. Le père Jean, au contraire, démontre là sa capacité de connaitre une situation en profondeur, de se plonger dans les sources, de comprendre et de réfléchir pour être prêt à engager un dialogue avec l'autre côté. C'est une qualité rare de nos jours et il est si important d'essayer de l'apprendre; cette façon de penser est essentiellement non seulement pour les professionnels, mais aussi pour toute personne qui veut discuter de l'histoire et des enseignements de l'Église. Je voudrais croire que ce livre quelqu'un va aider dans ce domaine."
LE PERE JEAN MEYENDORFF : "L'ÉGLISE DANS L'HISTOIRE"

Photo: Irma Mamaladze -rédacteur du recueil.

Notes et références:
(1) Pere-Alexandre-Schmemann
(2) Jean Meyendorff, (1926, Neuilly-sur-Seine, France, 1992, Montréal, Canada), est un théologien orthodoxe de langues française et anglaise, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris, puis doyen du séminaire Saint-Vladimir (État de New York) et professeur à l'Université Fordham, "l'Université jésuite de New York", qui lui a dédié une chaire spécialisée dans "relations entre les traditions orthodoxes et les catholiques".
(3) EKSMO, Fondé en 1991, basé à Moscou.
(4) https://book24.ru/product/tserkov-v-istorii-stati-po-istorii-tserkvi-1574357/
(5) cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Arkady-Mahler-developpement-de-la-theologie-russe-aux-XIX-XX-siecles_a3311.html
(6) http://www.saint-serge.net/
(7) Père Georges Florovsky, "Révélation, Expérience, Tradition", 1931, in "La Tradition : La pensée orthodoxe", L'Age d'Homme, 1992, p. 54-72
(8) Le "Séminaire Saint-Vladimir", ou "Institut de théologie orthodoxe Saint-Vladimir", est un établissement d'études supérieures de théologie orthodoxe situé à Crestwood (NY, USA) fondé en 1938.
(9) Paris, Cerf, 1975 /// réédité en 2010
(10) https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/L-Universite-Fordham-New-York-annonce-la-creation-d-une-chaire-d-etudes-chretiennes-orthodoxes-p-John-Meyendorff_a4197.html
(11) Bogoslov
LE PERE JEAN MEYENDORFF : "L'ÉGLISE DANS L'HISTOIRE"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 02:01 | 1 commentaire | Permalien

« Nous nous heurtons à bien des difficultés » déclare Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie, Cornélius
Le primat estonien compare la situation en Estonie à celle de l’Ukraine.

Au début de la Nouvelle année, les autorités d’Estonie ont donné un signal clair aux croyants : ils seront désormais classés selon le critère « ami vs ennemi ». Le gouvernement vient d’attribuer des subventions substantielles, à l’échelle locale, à l’Église évangélique luthérienne et à l’Église orthodoxe apostolique estonienne, créée par le patriarcat de Constantinople.

Par contre la très nombreuse communauté du patriarcat de Moscou n’a, comme d’habitude, rien reçu. Tel est le contenu d’une dépêche spéciale de RIA Novosti.

À ses « amis » le Tallin officiel a accordé ces fonds « à titre de dotations non soumises à remboursement pour dédommagement aux Églises des pertes subies durant la guerre et l’occupation. »

On comprend, selon cette logique, qu’il était impossible d’inclure parmi les bénéficiaires une organisation religieuse qui comporte dans son intitulé le nom de la capitale de « l’état agresseur », surtout si l’on oublie que cette église était elle-même victime de répressions de la part du pouvoir soviétique tant honni des autorités estoniennes.

Comme le précisent les médias locaux, ces subventions ont été accordées à la demande des organisations religieuses bénéficiaires et seront consacrées à la restauration de bâtiments existants ou à l’achat de nouveaux bâtiments. L’Église orthodoxe d’Estonie – patriarcat de Moscou – a indiqué à RIA Novosti ne pas avoir sollicité de telles subventions auprès des autorités locales.

« Nous ne sommes pas demandeur de telles subventions », assure le primat de l’Église d’Estonie.

Selon lui, l’Église orthodoxe d’Estonie – patriarcat de Moscou – ne reçoit aucune dotation du gouvernement estonien. C’est parfois le Conseil des Église d’Estonie et certaines municipalités qui apportent une aide financière, comme, par exemple, pour la restauration de l’église en bois de la Vierge-de-Kazan de Tallin, l’une des plus anciennes d’Europe.

Fin novembre, au cours concile épiscopal, le patriarche Cyrille a stigmatisé la situation complexe en Estonie. Bien que, selon lui, les gouvernants de ce pays « s’efforcent d’entretenir des relations constructives avec l’Église », de nombreux problèmes restent non résolus, comme, par exemple, celui du schisme qui s’est, produit au début du XXe siècle.

En 1920, le patriarche Tikhon a offert à l’Église d’Estonie une grande autonomie. Et pourtant, deux ans plus tard, le clergé du pays, rompant tout lien avec la Russie soviétique, a demandé au patriarche de Constantinople d’accorder à leur Église l’autocéphalie, c’est-à-dire une indépendance totale. Ce désir ne s’est pas concrétisé. Alors a été créée l’Église orthodoxe apostolique estonienne qui est autonome.

Quand l’Estonie est entrée dans l’URSS, le clergé estonien a été intégré au patriarcat de Moscou. Mais en 1993, le patriarche Alexis II a rendu son autonomie à l’Église d’Estonie, ce qui de facto l’a rendue administrativement et financièrement indépendante de Moscou. Mais les autorités locales s’entêtent à ne reconnaître comme légale que l’Église orthodoxe apostolique estonienne, bien qu’elle n’aie pratiquement pas de fidèles.

« J’ai été témoin de la visite du patriarche Bartholomée de Constantinople en Estonie. Le troisième jour de son séjour, il a demandé au primat de l’Église orthodoxe apostolique estonienne : „Qu’est-ce que ces deux autocars qui me suivent partout ? Et pouvez-vous me montrer de vrais fidèles ?” », se souvient Lioudmila, une fidèle l’Église orthodoxe estonienne.

La création de cette Église artificielle a entraîné une détérioration des relations entre Moscou et Constantinople. La reconnaissance officielle de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – n’est intervenue qu’en 2002, ce qui d’ailleurs, n’a pas vraiment changé grand-chose.

« L’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – se heurte à bien des difficultés : de nombreuses églises dans lesquelles nous célébrons la divine liturgie appartiennent à l’État estonien, nous n’en sommes que locataires, et ça ne change pas », regrette le primat de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou.

Les paroissiens se plaignent de l’hystérie russophobe des autorités et des médias qui entrave considérablement leur vie quotidienne.

« Le vieil adage selon lequel tous les membres du clergé sont des agents du FSB, est dans la vie courante solidement entretenu par les tenants des églises concurrentes de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – auprès des fidèles. Et, bien sûr, sert à de nombreux politiciens pour augmenter leur popularité. Les personnages officiels n’en parlent jamais, mais les semi-officiels, comme le recteur d’un établissement d’enseignement supérieur ou un vice-ministre de troisième rang, y vont de bon cœur », affirme Nicolas, habitant de Tallin et fidèle de l’Église orthodoxe estonienne.

C’est, toujours selon lui, la raison pour laquelle il n’y a aucune relation entre l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – et l’Église orthodoxe apostolique estonienne ; ce qui est une situation unique dans les pays baltes, il n’y a de problème semblable ni en Lituanie, ni en Lettonie.

Le Métropolite de Talinn et de toute l’Estonie, Cornélius compare la situation avec celle de l’Ukraine : dans les cas le scénario est identique, deux organisations religieuses s’affrontent avec le soutien silencieux des autorités. Et, bien sûr, c’est la faute des « agents du Kremlin » en soutane. À en juger par le fait que les autorités ignorent les problèmes que rencontrent les 150 000 fidèles de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – au regard des 20 000 de l’Église orthodoxe apostolique estonienne, on comprend que le problème du transfert des églises, y compris par la force « pour le moins », peut devenir réel.

Source : Russkaja narodnaja linija Traduction pour "PO"

Lire aussi L’Archiprêtre Igor Prekoup : A propos des problèmes de l'orthodoxie en Estonie

Патриарх Варфоломей на встрече с президентом Тоомасом Хендриком Ильвесом
« Nous nous heurtons à bien des difficultés » déclare Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie, Cornélius

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 01:11 | 12 commentaires | Permalien

Iran: Ordination historique d’une diaconesse au sein de l’Eglise arménienne apostolique
Pour le chef de l’Eglise apostolique arménienne dans la capitale iranienne, il est impératif de rajeunir la participation des personnes dans les sphères sociales, éducatives et de service de l’Eglise.

« Nous sommes profondément convaincues que la participation active des femmes à la vie de notre Eglise permettra aux femmes arméniennes d’être impliquées avec plus d’enthousiasme et de vigueur », a-t-il insisté

Ani-Kristi Manvelian, une anesthésiste âgée de 24 ans, a été ordonnée diaconesse en la cathédrale arménienne orthodoxe de Saint-Sarkis (Saint-Serge) à Téhéran. Son ordination, considérée comme « historique », a eu lieu alors que l’Eglise apostolique arménienne doit encore formellement restaurer l’office du diaconat féminin.

L’ordination diaconale, qui a été conférée le 25 septembre dernier par Mgr Sebouh Sarkissian, archevêque arménien apostolique de Téhéran, a été confirmée au travers de la diffusion d’un certain nombre de clichés qui montrent la diaconesse pendant qu’elle sert à l’autel durant la Divine liturgie de la veille de Noël, le 5 janvier dernier.


Une première historique

Même si le ministère de diaconesse existait dans les couvents de l’Eglise arménienne depuis des siècles, il s’agit d’une première historique. C’est la première fois, en effet, qu’une femme laïque, qui n’appartient à aucune congrégation monastique féminine, est ordonnée « diaconesse de paroisse ».

Lire Ordination et historique de la diaconesse dans l'Église Orthodoxe

Ani-Kristi est impliquée dans la vie de l’église de Téhéran depuis son plus jeune âge. Elle avait l’habitude d’accomplir les tâches d’acolyte pendant les offices religieux, comme lire les psaumes et porter la bougie cérémonielle. En expliquant le but de cette ordination, Mgr Sarkissian a estimé que sa décision avait pour but de « revitaliser la participation des femmes à notre vie liturgique ». « Ce que j’ai fait est en conformité avec la Tradition de l’Eglise et rien d’autre », a insisté l’archevêque Sarkissian, dont l’archevêché dépend de la juridiction du Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie des Arméniens, dont le siège se trouve à Antélias, près de Beyrouth. SUITE

//// Parmi les Eglises d’Orient, le synode du Patriarcat grec orthodoxe d’Alexandrie a, lui aussi, décidé, en novembre 2016 de restaurer l’institut du diaconat féminin, nommant une Commission d’évêques pour « un examen approfondi de la question ». ////
Iran: Ordination historique d’une diaconesse au sein de l’Eglise arménienne apostolique

Lire aussi L’Eglise arménienne a canonisé jeudi les 1,5 million de victimes du génocide arménien

Des femmes évêques ?
L'Histoire nous a gardé la lecture "par erreur" par saint Maël d'Armagh du rite d'ordination épiscopale sur sainte Brigitte de Kildare, au lieu du rite d'abbesse, en faisant officiellement l'unique femme-évêque dans les faits connue dans l'Histoire de l'Église Orthodoxe. A côté de cet épisode particulier, les murs la chapelle Saint-Zénon dans l'église de Sainte-Praxède à Rome ont encore cet étonnant témoignage du passé : "Episcopa Theodora". Cependant l'on ne tirera pas de conclusion trop hâtive car on donnait ce titre aux mères d'évêques. Néanmoins ce titre a dû choquer des extrémistes phalocrates car la terminaison du titre a été grattée sur la mosaïque. SUITE
Iran: Ordination historique d’une diaconesse au sein de l’Eglise arménienne apostolique

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Janvier 2018 à 12:41 | 2 commentaires | Permalien

La révélation de la filiation divine de Jésus
D'une interview du P. Alexandre Siniakov à Marie-Lucile Kubacki, publiée dans la revue "La Vie":

Jésus âgé de 12 ans, s’attarde au Temple de Jérusalem pour écouter les maîtres de la Loi.

Le récit qu’en donne l’évangile de Luc n’a pas de parallèle, ni chez les autres évangélistes ni dans la vie de Jean-Baptiste, dont la naissance et le ministère sont pourtant juxtaposés à ceux du Seigneur. C’est un épisode propre à la vie du Christ, et Luc est le seul à l’avoir retenu.

« Or, au bout de trois jours ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses »

Chez Luc, donc, les premières paroles du Christ sont celles d’un adolescent de 12 ans – c’est presque l’âge de la maturité chez les Juifs -, qui dit à ses parents : « Pourquoi donc me cherchez- vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Ce jeune homme sait déjà qu’il est le Fils. Il est conscient de cette filiation divine dont le mystère échappe encore aux autres, y compris à ses parents (« mais eux ne comprirent pas », dit Luc). Pourtant, plus que quiconque, ils sont attentifs aux prodiges accompagnant la vie de leur enfant et les retiennent dans leur cœur.

Selon Luc, la première parole de Jésus, à l’aube de sa vie adulte, la dernière au moment de sa mort, et enfin celle adressée aux disciples après la Résurrection évoquent toujours le Père : «Il me faut être chez mon Père », « Père, entre tes mains, je remets mon esprit », « Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis ».

L’évangile de Luc tout entier est tout entier ordonné à cet objectif : révéler la filiation divine de l’homme Jésus. C’est aussi le sens du témoignage des autres évangélistes, qui ont rapporté ce qu’ils ont vu ou entendu pour que « vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jn 20,31).

Cependant, aussi singulière soit-elle, la filiation divine de Jésus n’est plus son exclusivité : « Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu » (Jn 20, 17). Irénée de Lyon paraphrasait cela en disant que le Fils de Dieu était devenu fils de l’homme « Pour qu’à son tour l’homme devint fils de Dieu ». Par sa victoire sur la mort, Jésus a révélé l’origine et la destination divines de l’humanité. « L’homme qui s’était allé hors de Dieu fut réintégré par le Christ dans l’amitié de Dieu ».

Il a fallu plusieurs siècles de débats pour confesser, selon l’expression de saint Maxime le Confesseur, que « celui qui est Dieu par nature a partagé notre faiblesse, la déification de ceux que sa grâce a sauvés venant en contrepartie de sa kénose ».


Extrait d’une interview du père Alexandre Siniakov

La révélation de la filiation divine de Jésus

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 17 Janvier 2018 à 09:50 | 0 commentaire | Permalien

La présentation d’un numéro spécial du « Figaro » consacré à Saint-Pétersbourg à eu lieu au Centre Culturel et Spirituel Russe à Paris
L’année dernière la ville de Saint-Petersbourg à été élue « meilleure destination européenne 2017 ».

A cette occasion, une édition spécial du journal « Le Figaro » est parue, consacrée à l’histoire et au patrimoine de la Palmyre du Nord.

Le 11 janvier dernier, la rédaction du « Figaro » en collaboration avec l’association française « Le Cercle Pouchkine » à présenté au Centre Culturel et Spirituel Orthodoxe Russe ce numéro hors-série intitulé « Saint-Pétersbourg, la magie blanche».

L’ambassadeur de Russie en France, A. Mechkov a souligné l’importance particulière de Saint-Pétersbourg tant dans la culture russe, que française et mondiale. Il a rappellé que « l’histoire de Saint-Pétersbourg, qui fut pendant deux siècles la capitale de l’état russe, est inséparablement liée à celle de la France». A. Mechkov a remercié les journalistes du journal pour le merveilleux contenu et l’attitude posée envers l’histoire et la culture russes.

Le rédacteur en chef du « Figaro » A. Brézet a noté que les correspondants du magazine ont essayé de couvrir autant que possible les moments les plus brillants de l’histoire, de la culture et de l’architecture de Saint-Pétersbourg, qu’ils ont visité à plusieurs reprises. Ce numéro spécial a été présenté par les journalistes du « Figaro » qui ont travaillé sur sa rédaction, ainsi que par l’écrivain pétersbourgeois G. Naumov SUITE
La présentation d’un numéro spécial du « Figaro » consacré à Saint-Pétersbourg à eu lieu au Centre Culturel et Spirituel Russe à Paris

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Janvier 2018 à 19:30 | -4 commentaire | Permalien

 LA MAGIE ET LE MAGISME:  COMMENT SE MANIFESTENT- ILS DANS NOTRE VIE
Pravoslavie.ru : VALÉRI DOUKHANINE
DOCTEUR EN THÉOLOGIE

Traduction : Laurence Guillon pour P.O.

Le christianisme confesse que tout, en ce monde, est soumis à la Divine Providence. Il n’est rien qui eut échappé à la sollicitude sage et précise de notre Père Céleste. Même les peines et les malheurs, même nos chutes spirituelles sont permis par Dieu pour nous ramener possiblement à la raison.

De sorte qu’on ne peut obtenir de bienfait véritable sans se tourner personnellement vers Dieu. L’homme est doté d’une volonté propre, et il est libre de se tourner vers le Christ, quoiqu’il se produise autour de lui (guerre, révolution, crise économique etc.)

La vision du monde magique (1) suppose qu’il n’y a pas de Providence Divine, ni liberté, mais une force secrète, cachée qui embrasse toute la création de façon invisible. Les gens, les esprits invisibles, les éléments de la nature, tout est soumis aux lois occultes. Celui qui a trouvé la clé de ces lois contrôle le monde.

Pour s’exprimer de façon imagée on considère dans la magie que toutes choses en ce monde sont reliées par des fils invisibles et qu’une incantation prononcée de la bonne façon va agir sur ces fils.

Pour le magisme (2), les gens eux-mêmes ne sont rien de plus que des poupées vivantes reliées à un marionnettiste invisible. Avec l’aide de la magie, on peut tirer sur le bon fil et la poupée vivante aura beau se débattre, l’action sera imparable : la maladie, le mauvais sort, l’attirance sexuelle débridée, etc. Il est étonnant d’observer que beaucoup d’incantations se font justement à l’aide de fil et de nœuds. Le processus de nouer, en particulier, se comprend comme celui de jeter ou d’enlever un sort : « Le malade noue un fil autour de lui, et la maladie est nouée en conséquence. Il est lié, la maladie l’est aussi ; si on enlève le fil, la maladie part avec lui ; le fil est jeté, enfoui dans la terre, on le met dans le trou d’un arbre que l’on bouche ensuite, avec le fil, on jette et on enfouit dans la terre la maladie liée. » (Eleonskaïa E.N. Le conte, l’incantation et la sorcellerie en Russie. M ;1994. P.174)

Les principes du magisme sont bien mis en évidence dans la fameuse légende du Joueur de flûte de Hamelin.

L’histoire, qui reste une énigme pour les savants jusqu’à présent, est déjà relatée dans les chroniques du moyen âge. Le 26 juin 1284 (même la date est notée), dans la ville allemande de Hamelin, un musicien charmeur de rats emmena avec lui, au son de sa flûte, 130 enfants qui disparurent sans laisser de traces. Auparavant, la ville était infestée de rats, dont l’invasion, au Moyen-âge, prenait parfois des allures d’épidémie.Le maire promit une grande récompense à qui en délivrerait sa ville. C’est alors qu’apparut le flûtiste qui demanda, en cas de succès, qu’on lui donnât autant d’or qu’il pourrait en porter. Les notables tombèrent aussitôt d’accord. Le charmeur de rats prit sa flûte magique, au son de laquelle tous les rats accoururent à sa suite, ensorcelés par sa musique, et il les emmena hors de la ville.

Pendant ce temps, le maire regrettait la promesse donnée un peu vite et refusa au flûtiste sa récompense. Réapparaissant un peu plus tard, l’attrapeur de rats de Hamelin joua à nouveau de la flûte, mais cette fois, ce furent les enfants de la ville qui s’enfuirent à sa suite et qu’il emmena qui dans la rivière, qui dans une gorge dans la montagne, où ils périrent. Les savants donnent plusieurs versions, essayant d’élucider cette histoire ; ils supposent que ce conte peut être le reflet voilé soit de la croisade des enfants, soit de la déportation de prisonniers après une défaite, soit de la mort d’enfants sous un glissement de terrain dans les montagnes, amenés par un musicien à une fête dans une combe marécageuse…
 LA MAGIE ET LE MAGISME:  COMMENT SE MANIFESTENT- ILS DANS NOTRE VIE

Pour ce qui est des rats, on dit qu’ils réagissent aux ultrasons, émis par les flûtes d’étain en usage à cette époque chez les attrapeurs de rats. Cet évènement est représenté sur un vitrail de l’église d’Hamelin, exécuté aux environs de 1300, et les gens de l’époque le ressentaient comme la manifestation d’envoûtements magiques. C’est qu’en effet dans l’occultisme, précisément l’accomplissement d’un certain type d’action, de rituel magique entraîne obligatoirement les conséquences qu’on pouvait attendre dans la vie des gens (dans la légende de Hammelin, la disparition des enfants).

Si, dans le christianisme, l’accomplissement spirituel dépend de l’ouverture du cœur de l’homme au Christ, dans la mesure où il obéit à ses commandements et tend vers Dieu, la magie est d’une rare indifférence à Dieu. Ce n’est pas que la magie confesse l’athéisme, il arrive que le nom de Dieu soit évoqué dans les incantations et celui qui en est l’objet est appelé serviteur de Dieu, mais le but de la magie porte un caractère exclusivement terrestre. Ici, tout s’obtient par un effort passionné en rupture avec le monde spirituel : obtenir succès, argent, santé, les bonnes dispositions de l’être aimé etc.

Ce n’est pas une relation vivante avec Dieu mais l’action d’un ensemble de règles, l’effet de ses rituels que confesse la magie. Si dans le christianisme, la perfection spirituelle dépend de la rencontre personnelle et de l’union de l’âme avec Dieu, dans la magie, il est question de technologie et de rituels mystérieux.

Soulevons le voile.

Par essence, tous le savoir mystérieux de la magie contemporaine se réduit à celui d’une pyramide de sorcellerie. Cette pyramide de sorcellerie, ce sont les autre « vérités » prises en compte dans les rituels magiques : l’imagination, l’effort de volonté, la foi dans la magie et l’observation du secret. Pour une sorcellerie efficace, le mage doit avoir, en premier lieu, une riche imagination, de la fantaisie, et présenter les objets et personnes indispensables d’une façon esthétique et émotionnelle ; ensuite, il concentre toute son attention, toute sa volonté sur l’acte magique ; troisièmement, il y croit dur comme fer (mais pas en Dieu, même s’il en évoque le nom), il croit que sa parole sera réalisée, et enfin, il ne révèle ses secrets à personne. C’est pourquoi nous ne rencontrerons là pas un seul rayon de lumière venu du Ciel, nous n’y trouverons ni l’aide Divine, ni la consolation spirituelle qui sont données en réponse à la prière pure et paisible du chrétien.

Les chercheurs remarquent que la magie reconnaît plusieurs sphères dans l’ordonnancement du monde. Dans les sphères supérieures habitent de bons esprits, dans l’inférieure de méchants démons. Su le christianisme témoigne que les esprits obscurs résident dans une sphère fondamentalement différente des anges lumineux (les premiers dans la zone sous le ciel, les seconds dans les cieux) et que pour être en contact avec les seconds, il faut mener une vie pure et prier avec ferveur, dans la magie, la situation est totalement différente.

Lire: par le professeur A. OSIPOV Superstition = vacuité, bêtise et aveuglement

La magie considère qu’à l’aide de cérémonies secrètes, on peut entrer en contact avec des esprits invisibles, pas seulement les mauvais, mais aussi les bons, et recevoir soi-disant leur aide. Qui plus est, avec les esprits, on peut conclure un accord, et alors le mage les gouverne dans son intérêt, ils appartiennent au sorcier pendant sa vie, et après sa mort, c’est lui qui leur appartient éternellement. Mais à ce dernier point, le sorcier ne pense pas précisément. Il pense que si le monde est soumis aux esprits, et les esprits aux invocations, alors celui qui sait les manier devient pour lui-même le roi et Dieu.

Bien sûr, c’est une erreur profonde de considérer que l’on peut se rendre favorables les bons esprits par des rituels et des invocations. Car pour avoir commerce avec les anges, il faut être fidèle à Dieu, que servent les anges, il faut prier sincèrement et se débarrasser des passions charnelles et spirituelles, et non faire des passes magnétiques, chuchoter ou respirer des fumées de parfum d’outremer. Et les esprits qui se font passer pour bons aux yeux du mage, ne sont pas si bons qu’ils n’en ont l’air.

La magie, par essence, est inséparable de l’antique paganisme.

Le paganisme confessait le polythéisme, avec de nombreux dieux. Et si la Révélation divine témoigne d’un Dieu qui domine notre monde créé, dans le paganisme, les dieux ne sont qu’une partie du monde matériel ou des astres te des étoiles. Les dieux, dans la conception païenne, sont aussi limités, dépendants du destin et de toutes sortes d’avatars ce qui signifie que, dans un certain sens, ils peuvent être dirigés. La magie s’adresse à des esprits invisibles, à des « petits dieux » proches de ces gens, mais dans le but de les obliger à servir les intérêts terrestres de l’homme.

De sorte que, dans la magie, on trouve la tentative de diriger sa propre vie et le monde extérieur sans obéir à Dieu et, au lieu de l’union avec Lui, d’atteindre la perfection pour son propre compte. Pour autant que de tels objectifs, dans la réalité de l’homme déchu, ne peuvent être atteints, l’imitation du pouvoir et de la perfection est assurée par les esprits déchus. Souvenons-nous de la façon dont Satan a tenté Jésus-Christ Lui-même : « Et le diable Lui dit : Je Te donnerai pouvoir sur tous ces royaumes, et leur gloire, car elle m’appartient et je la donne à qui je veux. Si tu te prosternes devant moi, tout cela sera à Toi. » (Luc 4 : 6-7). Le Christ rejeta fermement le tentateur, mais ce même séducteur propose aux gens la même tentation sous forme de savoirs occultes, de développement extrasensoriel et de « pouvoir » sur le monde.

La question se pose souvent : existe-t-il, dans la magie, un rituel de consécration de son âme au diable ?

Et en existe effectivement un, à la vérité dépourvu de ces ornements mythologiques sur l’apparition du diable à l’état de veille et l’établissement d’un « contrat » mutuel. C’est seulement un rituel d’actes particuliers de l’ordre de la magie noire, que nous ne décrirons pas et à travers lesquels la malheureuse personne consacre son âme au diable. On suppose que le prix éphémère du « contrat », c’est la force et la puissance sur les autres et sur la nature, (rendre malade ou soigner à volonté), le prix éternel, les tourments infernaux.

Prêtons encore une fois attention à la vérité fondamentale du magisme. Pour le mage, ce qui est important, ce ne sont pas les valeurs morales et le contenu spirituel du monde invisible., il reconnaît l’action d’un système de lois qui, par l’effet de passes magiques déterminées, doivent obligatoirement entraîner les conséquences désirées. De telle sorte que, dans la magie, ce qui compte, c’est l’accomplissement correct du rituel. C’est en cela que réside la différence essentielle avec les sacrements de l’Eglise, qui n’ont pas d’effet sur l’homme sans vivante relation avec Dieu. Même si les rituels extérieurs sont strictement observés, pour l’eucharistie, par exemple, le sujet peut ne pas entrer en communion avec le Christ, s’il n’en est pas digne. L’effet des sacrements sur le chrétien est directement lié à son état intérieur, à sa relation personnelle avec le Christ. Dans la magie, tout cela n’est pas important : les formules sont appliquées, on y croit, on n’a besoin de rien d’autre.

 LA MAGIE ET LE MAGISME:  COMMENT SE MANIFESTENT- ILS DANS NOTRE VIE

Malheureusement, il arrive que des chrétiens aient une perception magique des sacrements de l’Eglise, quand le baptême, la communion, le mariage sont considérés comme des moyens d’agir sur notre fortune terrestre, par la vertu de leur seule administration.

On se fait baptiser, et on est protégé de toutes les tentations, on communie, et on ne sera plus malade, on se marie religieusement, et on ne sera plus exposé au divorce, ainsi le suppose la conscience magique de la personne superstitieuse. Il arrive souvent que cette personne ne soupçonne pas (et peut-être est-elle en lutte active contre les sorciers et les magiciens) qu’elle est la victime d’une vision magique du monde. Le magisme se fait jour, par exemple, dans des phrases de cet ordre : « Fais baptiser tes enfants, ils seront de toute manière moins malades » (et si tu ne l’as pas encore fait, ne laisse personne approcher d’eux, pour éviter un mauvais sort.) « Mets un cierge et tu auras ton examen. », « Prends obligatoirement de l’eau bénite, elle protège du mauvais œil. ». C’est-à-dire que le magisme apparaît quand on oublie Dieu et qu’on n’envisage plus que le rituel apparent, et aussi quand on attend du domaine spirituel un bénéfice terrestre et mercantile.

Il en est de même lorsque la lecture complète des prières prescrites est perçue comme la garantie de tous les succès possibles, comme une sorte de placement qui oblige les forces spirituelles à exaucer tous nos désirs. Même les offices à l’église sont parfois perçus par certains comme quelque chose de magique, un théâtre d’une esthétique ancienne et peu compréhensible qui procure à l’homme une force invisible. Il est important que le chrétien le garde à l’esprit : dans la prière, le plus important, c’est de communiquer avec Dieu, qui sait comment organiser la vie de l’homme. C’est à Lui que nous confions notre vie et nos succès. A travers les rites de l’Eglise, l’homme se hausse en son âme jusqu’à Dieu, et Dieu regarde en son cœur et pour cette raison, octroie sa grâce dans la mesure de la relation vivante qu’Il a avec cet homme.

Le magisme de beaucoup de nos contemporains s’exprime en ceci que, par exemple, quelqu’un s’imagine être malade parce que quelqu’un lui veut du mal, ou bien, qu’à Dieu ne plaise, lui a jeté un sort.

De cette façon, la malade oublie la Providence Divine, il oublie que Dieu s’occupe de nous par le moyen de nos peines et de nos maladies. Il focalise à tort son attention sur la représentation magique des liens de cause à effet qui unissent les incantations, les malédictions et les mauvaises intentions à nos malheurs et à nos maladies. Une parole étrangère ou le mauvais œil semblent la cause première de nos souffrances, cependant les saints pères appelaient les peines une visite divine : c’est justement au moment où elles arrivent que s’éduque l’âme du chrétien, quand il se détourne des vains efforts terrestres pour orienter son âme vers ce qui est éternel.

Les gens dont la conscience est magique pensent à Dieu de façon distraite, impersonnelle et souvent, n’y pensent même pas. Dans les meilleurs cas, ils se représentent la Divinité comme un principe supérieur, selon lequel notre vie doit s’organiser, comme une sorte de loi cosmique, dont l’infraction entraîne des souffrances mais n’y remarquent point d’élément personnel supérieur. C’est pourquoi ils ne savent pas demander quelque chose à Dieu et ne savent pas ce que c’est que d’avoir confiance en Lui dans sa vie. Remarquons en passant que les chrétiens qui n’ont pas le sentiment vivant, quand ils prient, de se tenir devant Dieu, qui se fient au texte des prières comme agissant de lui-même et prononcent les mots de la prière seulement par habitude, pour observer le rite, sont sur la pente qui conduit à une compréhension magique du monde spirituel.

Et si quelqu’un suppose qu’il est capable d’atteindre des sommets spirituels par ses seuls efforts, si la perfection est considérée comme une sorte de méthode d’évolution spirituelle, alors là aussi, il y a un élément de magie. Car le résultat est censé provenir des seuls efforts humains, des formules orales et des passes, tandis que le cœur et ses sentiments, l’esprit et ses pensées, la volonté te ses désirs restent privés de relation vivante avec Dieu.

La vie spirituelle authentique est fondée sur le fait de se confier à Dieu (c’est-à-dire le fait de Lui remettre sa participation), de s’adresser à Lui de tout son cœur, et de remplir Ses commandements, et non sur l’accomplissement mécanique de rituels et la prononciation machinale de prières, même les plus orthodoxes. L’accomplissement chrétien véritable est l’action transfigurant de Dieu sur l’âme humaine, que l’homme ou bien facilite, ou bien ne permet pas. Et toute la plénitude de la vie de l’Eglise, avec ses services divins et ses sacrements, avec ses traditions et ses rites, avec ses prières et sa culture spirituelle, se révèle le moyen par lequel l’âme humaine doit s’ouvrir, dans son élévation libre, ardente et sincère vers le Père Céleste.
 LA MAGIE ET LE MAGISME:  COMMENT SE MANIFESTENT- ILS DANS NOTRE VIE

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(1) La magie (lat. Magia. Sorcellerie, magie) est un ensemble de rites et d’actions qui se donnent pour but d’influer sur le milieu ambiant avec l’aide de forces mystérieuses. Ce sont les invocations, les conjurations, le fait de jeter ou de neutraliser des sorts, et tous les rituels correspondants possibles et imaginables (par exemple faire des nœuds, écrire des mots déterminés, des schémas), et aussi les instruments adéquats : talismans, couteaux, aiguilles, os, cheveux, sang, résine, herbe etc.

En général, on se tourne vers la magie quand on cherche un moyen pratique de s’en sortir qui n’exige pas de grands efforts spirituels. C’est en effet si simple, prononcer une formule magique, souffler, cracher, et croire que tout va s’arranger ! Cependant, derrière la magie, se cache toute une vision du monde (c’est ce que l’on peut précisément appeler le magisme). Cela vaut la peine d’être approfondi pour mieux comprendre les différences entre le magisme et la foi chrétienne.


(2)La magie et le magisme ce n’est vraiment pas la même chose. La magie, c’est une pratique occulte, et le magisme, une vision du monde, construite sur les principes de la magie. Il arrive que quelqu’un qui ne s’est jamais occupé de magie, dans sa vision du monde ses actes et ses opinions, fasse preuve d’un évident magisme. De nos jours, il est important de faire cette différence, dans la mesure où, souvent, on prend la religion elle-même pour quelque chose de magique.

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 16 Janvier 2018 à 05:00 | 5 commentaires | Permalien

Saint Séraphim de Sarov " Christ est ressuscité, ma joie ! " La découverte miraculeuse des reliques du saint en 1991 à Leningrad
Les reliques de saint Séraphim avaient donc disparu mystérieusement et bien des anecdotes circulaient à leur sujet. Lorsque de manière inattendue, en 1991, elles furent retrouvées le 2 janvier, jour anniversaire de sa mort, à la cathédrale Notre-Dame de Kazan de Leningrad (Saint-Pétersbourg) devenue le premier Grand Musée de l'Athéisme

Le 25 novembre 1825, la Mère de Dieu, "la Souveraine du Ciel" donna l'ordre au futur saint de construire le monastère de Diveevo, précisant avec exactitude les détails et l'organisation, promettant d'en être pour toujours l'Higoumène. Tâche que Séraphim assuma avec exactitude sans quitter Sarov ! Fin novembre 1831, un an avant sa mort se situe le célèbre Entretien avec Motovilov Séraphim « au visage devenu plus lumineux que le soleil » livre à un jeune homme assis près de lui et « devenu aussi lumineux que le sien » un message pour qu'il le transmit au monde entier. Il faut lire et méditer à loisir la quinzaine de pages écrites par Motovilov sur le but de la vie chrétienne : la grâce du Saint-Esprit pour en goûter la saveur, la douceur, la paix, la poésie toute évangélique.....

Saint Séraphim de Sarov " Christ est ressuscité, ma joie ! " La découverte miraculeuse des reliques du saint en 1991 à Leningrad
Sous le Régime soviétique.

En 1921, le monastère de Sarov est pillé, ses moines chassés, les reliques de saint Séraphim emportées dans un sac bleu - par un agent de la Tcheka, pensait-on, à Moscou. Le monastère devint un centre de recherche atomique militaire, connu uniquement et secrètement sous le nom d'Arzamas-16. Après l'explosion de la bombe nucléaire sur Hiroshima, Sakharov, alors âgé de 24 ans, y fut envoyé par Kroutchev.

Il y fit la découverte de la bombe H dont l'immense portée ne lui échappa pas. Quant au monastère de Diveevo, il fut fermé en 1927 et son millier de moniales dispersées soient en camp de concentration, certaines jusqu'à Tachkent, en Ouzbékistan, ou même déportées tout près, à Mourom où elles cachèrent divers objets dont l'icône de "Joie de toutes les joies" devant laquelle saint Séraphim mourut.

En 1988, le Comité exécutif de Diveyévo mit à disposition la maison située au-dessus de la source miraculeuse dédiée à Notre-Dame de Kazan. Puis, en 1989, la cathédrale de la Trinité toute délabrée. Partiellement restaurée dans l'enthousiasme, elle put être consacrée à nouveau aux environs de Pâques 1990.

Lors d'un congrès de physiciens, il exprima ses craintes. Kroutchev lui fit savoir que la tâche des savants était de perfectionner l'armement, leur usage éventuel n'étant pas leur affaire. André Sakharov tombé en disgrâce, fut envoyé à Nijni Novgorod et y vécut dans la plus extrême pauvreté. On permit ensuite à ce grand savant, prix Nobel de la Paix étroitement surveillé, de résider à Moscou ; il y lutta jusqu'à la fin de sa vie pour la défense des opposants persécutés et une "véritable détente internationale".......

Saint Séraphim de Sarov " Christ est ressuscité, ma joie ! " La découverte miraculeuse des reliques du saint en 1991 à Leningrad
Les reliques de saint Séraphim avaient donc disparu mystérieusement et bien des anecdotes circulaient à leur sujet. Lorsque de manière inattendue, en 1991, elles furent retrouvées le 2 janvier, jour anniversaire de sa mort, à la cathédrale Notre-Dame de Kazan de Leningrad (Saint-Pétersbourg) devenue le premier Grand Musée de l'Athéisme.


Un employé qui mettait de l'ordre dans les combles aperçut un sac bleu sans étiquette : il contenait de fait - cela fut vérifié - les reliques du saint, des lambeaux de vêtements et la croix donnée par sa mère.

Dans ce musée dont la crypte exposait à la curiosité des visiteurs les pires caricatures des moines, les restes mortels de "l'humble Séraphim" étaient là, cachés, intercédant pour son peuple...

SUITE SAINT SERAPHIM DE SAROV (1759-1833)
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Saint Seraphim de Sarov (1759-1833) - L’entretien avec Motovilov
Пути Господни - книга Ксении Кривошеиной о поиске веры. глава "ДИВЕЕВО"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 15 Janvier 2018 à 10:27 | 2 commentaires | Permalien

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