La fuite en Égypte
Alors que l’Ancien Testament contient toute une série d’histoires dramatiques dont le point culminant sont des scènes de fuite, d’exode ou d’expulsion, le Nouveau Testament n’en propose qu’une seule mais qui s’est profondément inscrite dans la conscience historique des chrétiens et est devenue l’un des thèmes les plus populaires de l’art chrétien.

Il est paradoxal que cette histoire – la fuite de la Sainte Famille en Égypte – est rapportée de manière plutôt brève, alors qu’il s’agit de l’un des épisodes clés de la tendre enfance de Jésus-Christ.

L’évangéliste Matthieu raconte qu’à Bethléem, sous le règne du roi Hérode, Marie, femme de Joseph, mit au monde son fils Jésus, conçu de l’Esprit Saint, et que « les mages d’Orient » reconnurent en lui « le roi des Juifs ». Ils vinrent alors l’adorer et lui offrir des présents (Matthieu 1, 18-2, 12).

L’évangéliste poursuit : Les rois mages sont partis et après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode" (Matthieu, 2, 13-15).
La fuite en Égypte

Le roi Hérode comprit qu’il avait été trompé et craignant pour son pouvoir, il ordonna de tuer tous les enfants à Bethléem et dans les alentours. Joseph et sa famille restèrent alors en Egypte, jusqu’à ce que l’ange lui ordonnât, après la mort d’Hérode : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël » (…) Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et il entra dans la terre d’Israël. (Matthieu 2, 20-21)

C'est cet épisode tragique que l'évangéliste Matthieu rapporte sous le titre de "Massacre des Innocents" et qui occasionna la fuite en Égypte de la Sainte Famille. Ainsi la Sainte Famille connut-elle l'exode et l'exil dès la toute première enfance du Christ.

La Fuite en Égypte, Giotto di Bondone (v. 1267-1337). Fresque. Padoue, Chapelle Scrovegni
La fuite en Égypte

Saint Matthieu a toujours uni indissociablement « l'enfant et sa mère »

L'expression "l'enfant et sa mère", répétée cinq fois par l'évangéliste « évoque l'étroite communion de vie entre Marie et son fils. L'unité inséparable "l'enfant avec Marie sa mère" est le fil conducteur de l'image de Marie en Matthieu . »

Il n’est pas nécessaire d’être un connaisseur en histoire de l’art pour se rendre compte que la majorité des « Fuites en Égypte » telles que nous les connaissons dans l’art européen depuis le haut Moyen Age jusqu’à nos jours, diffère par la diversité des scènes représentées et la richesse de leurs détails, de la description austère de l’évangile de Matthieu. Parmi les apocryphes, les Évangiles de l’enfance, occupent une place importante.

Le plus célèbre d’entre eux, l’Évangile du Pseudo-Matthieu s’inspire de sources écrites anciennes et décrit avec un sens des détails inhabituel, les conditions et le déroulement du voyage de la Sainte Famille en Égypte. Il fut écrit aux 8e et 9e siècles. Dans ce texte, on lit entre autre (chapitre 20) que le troisième jour, Marie souffrait de la fatigue, de la faim et de la soif. Elle s’assit alors à l’ombre d’un palmier. Mais l’arbre était trop haut pour que Joseph puisse atteindre les fruits, alors le petit Jésus dit : « Arbre, penche-toi et rafraîchis ma mère de tes fruits. »

"Le Repos pendant la fuite en Egypte", et détail, vers 1520, Joachim Patinir, (Madrid, Museo del Prado)
La fuite en Égypte

A ces mots, le palmier s’inclina jusqu’aux pieds de Marie et ils cueillirent ses fruits, et tous se rafraîchirent. Quand ils eurent cueilli tous les fruits (…), Jésus dit : (…) « Fais jaillir entre tes racines la source qui y est enterrée et que l’eau coule, autant que nous voudrons. » Alors le palmier se souleva et entre ses racines se mit à couler une source d’eau fraîche et pure. Lorsqu’ils virent l’eau, ils furent remplis de joie et burent avec tous les animaux et les hommes présents, et ils remerciaient Dieu.

Dès le 9e siècle, le miracle du palmier et de la source fait partie des motifs iconographiques classiques associés à la fuite en Égypte. Sur les portes de Bonanus à Pise, le palmier semble s’incliner tout seul, comme sur la célèbre gravure sur bois d’Albrecht Dürer de 1504-05 “La fuite en Egypte”
La fuite en Égypte

C’est toujours l’Évangile du Pseudo-Matthieu (chapitres 22-24) qui relate que les trois d’exilés entrèrent dans le temple de Sotinen où « se trouvaient trois cent soixante-cinq statues que l’on vénérait chaque jour. »

Lorsque Marie entra avec l’enfant dans le temple, toutes les statues tombèrent au sol (…) montrant clairement qu’elles n’étaient rien (…) Lorsqu’on en informa Afrodisis, le souverain de la ville, il vint au temple (…), s’approcha de Marie et rendit hommage à l’enfant qu’elle portait dans ses bras (…) A cet instant, tous les habitants de la ville crurent en Dieu par Jésus-Christ. (1)

La fuite en Égypte
La Sainte Famille en Egypte, par Victor Fakhouri. Aimable concession © Études sur l'Orthodoxie copte en France

Sur certaines icônes égyptiennes de la fuite en Egypte, l'ibis représente le Christ sauveur, car c'est un oiseau (aujourd'hui disparu) qui débarrasse la terre des insectes nuisibles

Lien (1) Lubomír Konečný

La fuite en Égypte

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Janvier 2019 à 07:10 | 22 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Irénée le 10/01/2016 17:54
Je trouve cette habitude de PO de choisir des oeuvres issues du moyen âge occidental assez troublante...

La qualité esthétique est incontestable, et je sais apprécier ces peintures ou gravures qui ont marqué l'histoire de l'art.

Mais par contre le message théologique est souvent complètement troublé, et amène à des confusions qui peuvent être gênantes.
C'est vrai également d'une certaine iconographie copte. L'ibis représentant le Christ, ça ne me va pas trop !

Il y a une claire complémentarité et cohérence entre les Ecriture (parfois les apocryphes...), le sens des Fêtes, l'Hymnographie, et la théologie orthodoxe. C'est bien cette cohérence qui constitue toute la richesse de notre théologie.

La notion même de "sainte famille" est, à mon avis, tout à fait étrangère à la Tradition orthodoxe . Mais par contre il serait intéressant de se préoccuper du personnage qui, sur les icônes (oublions le reste !) accompagne la Mère de Dieu, Joseph et le Christ dans ce voyage en Egypte.

Ce jeune homme qui dans l'icône du haut précède l'âne et qui dans celle du bas marche derrière. Il s'agit, selon notre tradition de Jacques, le frère du Seigneur, très probablement fils de Joseph né d'un premier mariage. Sa présence auprès du Christ enfant veut sans doute nous montrer la grande proximité dès le début de la vie du Christ entre le Seigneur et celui qui allait devenir lors du premier concile de Jérusalem le premier évêque de la Ville Sainte.

2.Posté par Vladimir.G: "L’icône est une sainte image et non une " image sainte " ou une image pieuse," écrit Léonide Ouspensky le 11/01/2016 15:55
"L’icône est une sainte image et non une " image sainte " ou une image pieuse," écrit Léonide Ouspensky (http://www.pagesorthodoxes.net/eikona/icones-sens.htm)

Comme souvent, je suis bien d'accord avec Irénée pour regretter que PO n'insiste pas plus sur la théologie orthodoxe de l'icône en mettant sur le même plan icônes orthodoxes et "images saintes" occidentales que tout oppose: "La tâche du peintre d’icônes et celle du prêtre ont beaucoup de points communs. Selon saint Théodose l’Érmite, par exemple, " l’un compose le Corps et le Sang du Seigneur et l’autre le représente ". Comme le prêtre, le peintre a le devoir, dans son art, de nous mettre devant la réalité, laissant à chacun la liberté de réagir dans la mesure de ses moyens, suivant son caractère et les circonstances." (ibid)

Toutefois cela donne parfois des collisions particulièrement savoureuses comme dans cet article avec la publication côte à côte de deux peintures que tout oppose:

- Il y d'une part le peinture géniale de Giotto qui fut l'un des premiers à s'affranchir des canons iconographiques de la "peinture liturgique", encore présents dans l'art gothique, pour chercher à donner une réalité humaine à ses peintures. Bien qu'il aille là à l'encontre de la théologie de l'icône, il garde dans ses œuvres une part de spiritualité et des canons de compositions de l'iconographie traditionnelle.
- La peinture du peintre russe Valerian Otmar (1858-1908) ressort par contre de la l'occidentalisation maximale de l'iconographie russe. L’œuvre présentée est la peinture originale qui servit pour réaliser l'une des mosaïques de la cathédrale "Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé" (1907), dont tout l'intérieur est dans ce style... Bien qu'appelées icônes, ces peintures n'ont plus aucune signification "liturgique" et sont clairement des "images saintes" à l'occidentale; dans le cas présent, spiritualité et contenu théologique sont remplacés par une sorte de symbolisme romantique très à la mode à l'époque...

Par contre je n'ai rien contre l'art copte: C'est pour moi un art local qui plonge ses racines dans les premiers temps du christianisme, quand Alexandrie était l'un des grands foyers du Christianisme, avant que Rome et Byzance n'uniformise la religion... chacun de son côté!

3.Posté par Irénée le 11/01/2016 19:26
Cher Vladimir,
Je n'ai rien contre l'art copte ! bien au contraire... j'apprécie beaucoup une certaine fraicheur dans les icônes et les fresques issues de cette tradition. Mon petit problème ne venais pas de l'icône copte, mais de l'ibis représentant le Christ...

4.Posté par Vladimir.G: attendons le 21... le 13/01/2016 11:04
Merci pour cette précision, bien cher Irénée, et aussi pour votre explication concernant Saint Jacques et la remarque sur la "Sainte Famille" ( Lubomír Konečný est un historien d'art de l'Académie des sciences tchèque. Il ne semble pas orthodoxe...)

Le symbole de l'ibis pour le Christ ne me semble pas plus choquant que le poisson largement rependu dans le reste de l'empire romain; c'était déjà un symbole égyptien de l'immortalité de l'âme...

5.Posté par Daniel le 13/01/2016 13:02
L'immortalité de l'âme dans sa version égyptienne est différente de l'immortalité de l'âme dans sa version chrétienne.La version chrétienne aboutit à la résurrection des corps, qui semble absente dans la religion égyptienne pour laquelle il y avait un monde des vivants et celui des morts, si mes souvenirs sont exacts.

6.Posté par Boris le 13/01/2016 20:35
L'art religieux chrétien se résume-t-il à l'iconographie?
Louvre, Hermitage, Musée du Prado et etc

Lorsque ayant fuit Bethléem la Mère de Dieu est entrée dans un temple païen elle a vu s'écrouler 365 sculptures d'idoles: le temple de Sotinen où « se trouvaient trois cent soixante-cinq statues que l’on vénérait chaque jour. » C'étaient sans aucun doute des divinités égyptiennes!!!
Cela suscite l'indignation des égyptologues.

7.Posté par Irénée le 13/01/2016 23:29
@ Boris
Je dirais plutôt que l'iconographie orthodoxe n'est pas qu'un art religieux chrétien. C'est aussi et surtout une porte ouverte vers le divin, un mode de louange, et d'enseignement.

Il existe très certainement d'autres arts religieux chrétiens, mais hors de la vie de l'Eglise bien trop souvent...

8.Posté par Vladimir.G: L''''iconographie est elle un art? le 14/01/2016 10:16
L'iconographie est elle un art?

D'accord avec Irénée, je pense que c'est autre chose pour les Orthodoxes (ce qui constitue l'une des, nombreuse, différences avec les Chrétiens occidentaux...) Léonide Ouspensky parle à son propos de "peinture liturgique" et c'est bien ce coté liturgique qui intéresse les Orthodoxe (cf citation en 2) en laissant les commentaires "artistiques" aux experts, conservateurs et autres commissaires-priseurs...

Mais autour de l'iconographie il y a évidement un art "religieux", qui remonte d'ailleurs à la préhistoire, aux Égyptiens, Grecs et autres Assyriens, sans oublier l'Islam, l'Inde, la Chine ... Avec des œuvres géniales et, parfois, pleines de spiritualité (Giotto, Mantegna, Antonello da Messina... je suis un fan des primitifs italiens!), mais le plus souvent sans le contenu "théologique" (connaissance de Dieu) et sotériologique (doctrines du salut) des icônes (encore que même là on trouve des exceptions, en particulier du côté des peintres "primitifs" occidentaux...)

Et pour ce qui concerne l'immortalité de l'âme, bien cher Daniel, elle a bien entendu été "christianisée" par les Coptes qui ne sont autres, comme vous le savez bien, que les descendants de la grande école de pensée de ce patriarcat d'Alexandrie des premiers siècle qui était longtemps en compétition avec Constantinople pour la prééminence en Orient (cf. Métropolite Kallistos (WARE), "L'Orthodoxie, l'Eglise des sept conciles", Cerf, Paris, 2002)

9.Posté par Clovis le 14/01/2016 21:40
Les peintres de la "renaissance", dont plusieurs étaient moines, connaissaient évidemment les écritures, la théologie etc... Mails ils semblent n'avoir gardé que le côté illustratif, voire décoratif de l'art oubliant justement sa dimension liturgique, voire ne l'ayant jamais comprise ou accepté.
C'est ainsi qu'il ont fait de l'icône un "style", une "manière byzantine" dont il fallait à tout prix se démarquer.
C'est pour cela que l'on ne peut pas vénérer un tableau religieux, fut-il un chef d’œuvre, mais une icône même de facture médiocre sera "priante". Il faut y voir non une différence d'ordre esthétique ou une hiérarchie qui placerait l'une comme supérieure à l'autre, ce sont simplement deux choses différentes avec des buts différents, des usages différents.
Le monde byzantin a eut sa renaissance bien avant les latins, et d'une tout autre manière puisque la renaissance byzantine correspond à la fin de l’iconoclasme, les latins qui n'ont pas connu cette tragique époque et sa dimension plénière ne pouvaient avoir le même parcours.
Comme si les deux mentalités étaient à la base si différentes, si étrangères au point d'en devenir rivales voire ennemies.
Le fait est que les catholique ont beaucoup de mal avec l'icône, et celles que certains d'entre-eux se mettent à produire n'ont rien d'icône, si ce n'est la technique et le support, mais c'est très difficile à réaliser. Il faut tout oublier de ce que l'on sait de la peinture, du dessin, de la religion et de soi...

10.Posté par Clovis le 14/01/2016 21:43
@ Irénée, l'image de l'ibis est certes assez déplacée, somme toute inutile.
Connaissez-vous le "pélican de piété" médiéval ou un pélican se perce le cœur pour nourrir ses petits, assez fréquent dans les chapiteaux sculptés du haut moyen age

11.Posté par Vladimir.G: Traditions locales le 15/01/2016 19:58
Je mets l'ibis au rang des traditions locales, avec le pélican (merci bien cher Clovis) chez nous, le poisson à Rome, l'ange flamboyant de la Sophia en Russie... Tout cela est positif si cela aide à concevoir l'ineffable!

12.Posté par Vladimir.G: icônes catholiques le 15/01/2016 20:13
Il y a bien entendu de véritable icônes chez les catholiques, comme la Madone noire de Czestochowa peinte par saint Luc et très vénérée en Pologne. Il y a aussi les nombreuses reproduction de Notre Dame de Vladimir et différentes icônes orthodoxes du Christ que l'on trouve maintenant dans les Églises catholiques... mais ont-elles le même sens "liturgique" ou ne sont-elles considérées que comme des "image sainte" au sens d'Ouspensky?

13.Posté par Galina le 16/01/2016 11:01
@@ @ facile a critiquer PO, pour moi images superbes et texte aussi

14.Posté par Daniel le 16/01/2016 20:12
La Vierge noire de Czestochowa, d'après les sources les plus anciennes, est une icône qui est venu de Constantinople, est passée par l'Ukraine puis de là en Pologne.

15.Posté par Vladimir.G: l'icône est en train de se perdre chez les Orthodoxes!! le 20/01/2016 12:28
Bien chère Galina (13),

Je trouve la critique d'Irénée très positive: ne venons-nous pas sur PO pour Parler d'ORTHODOXIE? L'icône fait partie de l'Orthodoxie, de la théologie orthodoxe et c'est pour cela, me semble-t-il, que PO devrait lui accorder plus d'importance et ne pas la mettre sur le même plan que les "images" (vous avez bien qualifié ce type d'illustration!) Aussi "superbes" soient-elles, elles ne devraient pas occuper tant de place quand on PARLE D'ORTHODOXIE.

Mais l'icône est en train de se perdre chez les Orthodoxes! Le tableau de Valerian Otmar est considéré comme une icône et a servi de modèle pour des mosaïques. Pire, les éventaires d'icônes, en Russie comme en Grèce, sont principalement inondées de reproductions dans le plus mauvais style sulpicien: voir par exemple les représentation de St Serge avec ours et forêt, les portrait de St Séraphin de Sarov ou des Saints martyrs impériaux ...

16.Posté par Irénée le 20/01/2016 22:06
Vous êtes un peu sévère Vladimir. Il y a bien ici ou là des dérapages regrettables, mais il y a aussi un réel renouveau et retour aux sources, tant en Russie qu'en Grèce ou en Roumanie...
C'est vrai que les boutiques vendent souvent des horreurs piétistes (parfois hérétiques !), mais elles vendent ce qui correspond aux (mauvaises) habitudes de leur clientèle depuis des années.
Là encore, il faut faire preuve de pédagogie, et faire de la catéchèse en direction de tous, et tout particulièrement auprès des orthodoxes récemment arrivés en France qui croient bien savoir tout ce qui concerne la vie de l'église et l'icône, mais qui sont très souvent imprégnés de mauvaises habitudes...

17.Posté par Clovis le 21/01/2016 18:45
Vous avez raison Irénée, nous aimerions une réelle catéchèse dans ce sens, mais déjà si les fabriques telles que Sofrino cessaient de produire telles icônes, si les paroisses cessaient de s'en procurer et vendaient des productions plus dignes ce serait tellement bien.

Comme pour la mode des t-shirts pseudo-orthodoxes que j'ai pu découvrir en Russie notamment, ou des produits dérivés autour de la religion, des monastères et autres lieux saints... On vend des écharpes de club de foot dans l'enceinte de la Laure de Kiev au milieu des icônes en plastiques et autres produits de cet acabit.
Mais il faudrait que les décisions soient prises en amont.... Et lorsque l'on voit le" fac-simile" du Christ Sauveur à Moscou on a tout compris...

18.Posté par Micha le 21/01/2016 20:59
Господа, о чем мы спорим? Иконы- это прекрасно но, РЕЛИГИОЗНАЯ живопись, архитектура, скульптура и фрески и мозаика которая были созданы на протяжении 2000 тыс. лет - тоже прекрасна. Если следовать вашим советам, то нужно забыть все это и признавать только ИКОНЫ.
Но это глупо! Что же нам делать с Лувром, Эрмитажем и проч. музеями мира?
Что же нам делать с ранне христианскими фресками и мозаиками?
Когда я любовался ранними итальянскими примитивами а это 10 -12 века, то это настоящие ИКОНЫ, очень похожие на Византийские фрески и мозаики.

Не нужно доходить до интегризма в оценке Картинки на котору мы молимся. Скажу вам, что современные ИКОНЫ в РФ есть очень не красивые и совершенно бездуховные.

Я предпочитаю раннюю голландскую и итальянскую живопись, чем росписи Храма Христа Спасителя, которые никакого отношения к ИКОНЕ НЕ ИМЕЮТ

19.Posté par Vladimir.G: La pédagogie! le 22/01/2016 11:26
Nous sommes vraiment d'accord, bien cher Irénée, et je connais le renouveau des écoles iconographiques récentes qui prend la suite du renouveau de l'iconographie en Russie avant le bolchevisme...

Mais je constate dans mes voyages en Russie comme en Grèce, voire en France, l’inondation des images piétistes dans tous les lieux de vente et de distribution...

Je suis d'accord avec vous et Clovis sur l'impérieuse nécessité de la pédagogie dans ce domaine et je pense que PO devrait y participer comme vous l’écrit Irénée en 1.

Mais non, bien chers Micha et Galina, les 'Картинки' et autres 'images' ne devraient pas être considérées comme des icônes car elles ne portent pas ce message liturgique dont parle le grand Ouspensky; il y est remplacé par le sentimentalisme (venu du dolorisme occidental) et le piétisme de pacotille que décrit Clovis. Ouspensky disait que même la reproduction d'une icône ne peut être un objet de vénération car dans une icône "véritable" les couleurs "respirent" et rendent la prière alors que les couleurs imprimées sont "mortes"!

20.Posté par Vladimir.G: Mais non! Les 'Картинки' et autres 'images' ne devraient pas être considérées comme des icônes car elles ne portent pas ce message liturgique dont parle le grand Ouspensky; le 25/01/2016 12:00
Nous sommes vraiment d'accord, bien cher Irénée, et je connais le renouveau des écoles iconographiques récentes qui prend la suite du renouveau de l'iconographie en Russie avant le bolchevisme...

Mais je constate dans mes voyages en Russie comme en Grèce, voire en France, l’inondation des images piétistes dans tous les lieux de vente et de distribution...

Je suis d'accord avec vous et Clovis sur l'impérieuse nécessité de la pédagogie dans ce domaine et je pense que PO devrait y participer comme vous l’écrit Irénée en 1.

Mais non, bien chers Micha et Galina, les 'Картинки' et autres 'images' ne devraient pas être considérées comme des icônes car elles ne portent pas ce message liturgique dont parle le grand Ouspensky; il y est remplacé par le sentimentalisme (venu du dolorisme occidental) et le piétisme de pacotille que décrit Clovis. Ouspensky disait que même la reproduction d'une icône ne peut être un objet de vénération car dans une icône "véritable" les couleurs "respirent" et rendent la prière alors que les couleurs imprimées sont "mortes"!

21.Posté par Clovis le 25/01/2016 19:58
L'icône pour nous en tant que chrétien a fortiori orthodoxes est notre patrimoine religieux, c'est la rencontre unique entre l'art et la liturgie, d'essence strictement chrétienne, c'est aussi une véritable profession de foi dogmatique.
On s'est écharpé pendant cent ans pour l'icône et le rétablissement de la vénération des images est fêté comme le triomphe de l'orthodoxie, c'est dire la porté immense de ces saintes Images qui ne sauraient être assimilées à des kartin'ki ou autres images pieuses.

Le cas des icônes imprimées est autre, malheureusement une icône peinte, véritable coûte cher, et tous ne peuvent s'en procurer (même si en faisant un petit effort...), et certaines de ces icônes de papier plastifiées se révèlent "miraculeuses", suintent de la myrrhe ou autre. L'image, la représentation reste somme toute prééminente sur le support et la technique, tout comme certaines icônes "baroques" comme j'ai pu le voir à Arzamas notamment où deux icônes auparavant noires se restaurent miraculeusement, l'une de Saint Nicolas, l'autre est une Vierge à l'Enfant dite "Избавление от бед цтарждусщих"

22.Posté par Clovis le 25/01/2016 20:39
Petits soucis de translittération avec mon logiciel, il faut lire : Избавление от бед страждущих.

23.Posté par Boris pour Clovis: Il faut noter que cette icône est une simple copie en papier, plastifiée, collée sur bois le 25/01/2016 21:14
Nouvelle icône myrrhoblyte de saint Nicolas

Il faut noter que cette icône est une simple copie en papier, plastifiée, collée sur bois avec une relique de Saint Nicolas insérée, cadeau du hiéromoine Siméon du skyte Saint Isaac le Syrien, où l'icône fut confectionnée. Le myrrhon s'écoulait directement à travers la plastification. Suite...lien


24.Posté par Clovis le 26/01/2016 22:45
Merci Boris, je pensais à une autre icône dont je ne retrouve pas le lien, mais avec des reliques de Saint Nicolas ! Rien n'est impossible !

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