La première sainte liturgie dans l’église orthodoxe Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand
L'ancienne chapelle catholique des sœurs de St Joseph a fait office de mosquée pendant une trentaine d'années.

Rachetée par l'église roumaine et aujourd'hui refaite à neuf, ornée de fresques et d'icônes, l'église Saint Nicolas permet aux croyants de l'agglomération clermontoise de pratiquer l'exercice si particulier du culte orthodoxe.

* * *
Liviu Marcel Ungurean, Résident à Clermont‑Ferrand

Résidant depuis quelque temps à Clermont‑Ferrand j’apprends que les Roumains de cette ville se sont acheté une église quelque part dans la rue Sainte Claire. J’en trouve l’adresse et, envahi par l’émotion, je pousse la porte… J’entends parler roumain ! Je sens sous mes pieds du terroir roumain. Tout à coup, j’ai le sentiment d’être chez moi.
Père Arsène (de la Malvialle) explique à quelques ouvriers ce qu’il reste à faire. Il m’accueille chaleureusement. Son regard est serein, sa voix suave, sa parole calculée, son pas léger. Il me présente l’église et me raconte qu’elle a été mosquée pendant plus de trente ans. C’est ainsi que je comprends pourquoi le pavé est recouvert de moquette. Des plates‑formes, des échelles appuyées contre les murs, des outils de toute sorte, des câbles électriques, de la tuyauterie pour le chauffage, des matériaux de construction, un vrai chantier !

La première sainte liturgie dans l’église orthodoxe Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand
Il y a beaucoup de travail.

Je vois des personnes de tous âges et de toutes professions : maçons, carreleurs, charpentiers, menuisiers, plombiers, électriciens, docteurs, ingénieurs, professeurs, licenciés en théologie, masterands, doctorants... tous venus à l’appel du père Arsène – certains ayant parcouru des centaines de kilomètres – pour donner un coup de main selon leur robustesse et leur compétence à la rénovation de l’église. On entend partout parler roumain avec un accent de Moldavie, de Transylvanie, d’Olténie… Chacun a de quoi faire. Père Arsène est toujours là où l’on a besoin de lui : sur l’échafaudage, à l’intérieur de la maison, dans la cuisine, à la déchetterie… Il a beaucoup à penser : vendredi ce sont les ouvriers de Paris qui arrivent, samedi ceux de Lyon, ils doivent être logés, ils doivent être nourris… Donner à manger à tant de personnes ce n’est pas si simple que ça. Parfois je me demande comment il se débrouille. Je n’ose pas le lui demander. Il n’a peut‑être que cinq pains et deux poissons…

C’est splendide de voir tant de gens travailler avec attachement pour « bâtir » la Maison de Dieu ayant tous la Foi en Dieu, l’Espérance d’avoir leur propre église et l’Amour de Jésus Christ. Je pense avec enchantement comme il est merveilleux qu’à l’avenir, pour des centaines d’années peut‑être, les chrétiens orthodoxes de toutes les nations vivant à Clermont‑Ferrand, et pourquoi pas dans toute la France, auront une église pour y faire baptiser leurs enfants, faire couronner leurs successeurs ou encore conduire leurs parents sur la voie de l’éternité…

À l’église, de merveilleuses choses se passent : je rencontre un camarade d’études que je n’avais pas vu depuis plus de dix ans en Roumanie. On s’embrasse, on est heureux. Un jour j’entends père Arsène dire :

- Maître untel n’est pas venu depuis deux semaines pour finir ce travail…

Et un quart d’heure après, voilà le maître devant le portail de l’église :

- Révérence, père ! Bénissez !

Père Arsène sourit doucement et attribue cela à Saint Nicolas…

Les travaux avancent bien. Le temps nous est compté. Père Arsène est content de chaque réalisation importante : on a appliqué le crépi, monté les fenêtres, réparé le toit de la maison, fixé l’escalier vers le grenier, installé la chaudière, fini le nettoyage de l’église. C’est samedi soir. Nous accrochons les icônes aux murs. Nous élevons l’iconostase. Nous mettons en place l’autel. Nous regardons depuis la porte de l’église vers le sanctuaire. Voici la Maison de Dieu ! Nous la chérissons. Elle est brillante comme un diamant bien taillé. Elle est majestueuse. Elle impose du respect. C’est un espace de glorification. Nous nous signons et nous rendons grâce au Seigneur pour tout. À la fête de la Nativité de Jésus Christ on célèbrera la première sainte liturgie dans l’église Saint Nicolas, notre église…

Je ne pensais pas que nous aurions le temps de tout faire, mais cela a finalement été possible. Maintenant je comprends : c’est la Foi, la Bénédiction, l’Obéissance. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu.

La première sainte liturgie dans l’église orthodoxe Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand
Nous sommes le 25 décembre, le jour de la Nativité de Jésus Christ. J’entre dans la cour de l’église.

À l’entrée je suis accueilli par l’imposante icône de Saint Nicolas, icône offerte à l’église par les moniales du Monastère de la Malvialle. J’entre dans l’église et me signe. Une belle liturgie, selon le typikon. La chorale donne des réponses adéquates, en chant byzantin. La sainte liturgie commence. Des litanies et des prières prononcées en roumain, en français, en slavon. À ce moment de fête on écoute la lettre pastorale de l’Archevêque du lieu. On entend l’appel du prêtre : Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ! Plusieurs fidèles reçoivent la communion. Je suis heureux de voir beaucoup d’enfants prêts à la recevoir; c’est le signe qu’on a espoir dans l’avenir. Tout est neuf : la Maison de Dieu, les vêtements du prêtre et du diacre, les vases sacrés, les âmes communiées, c’est‑à‑dire un bon début. On chante des chants de Noël dans la mélodieuse langue roumaine ; je regarde par la fenêtre et je languis après quelques flocons de neige…

Dans l’église, des gens de tous âges : Roumains, Français ou Russes, venus de près et de loin pour écouter la Parole de Dieu et se réjouir de la naissance de l’Enfant Jésus. Dans un coin de l’église j’aperçois une personne qui attire mon attention. J’apprends que c’est l’Imam, celui qui a officié dans notre église pendant plus de trente ans, lorsque celle‑ci était mosquée. Ce qui se passe dans son âme, Dieu seul peut le savoir…

La liturgie prend fin. Père Arsène donne la bénédiction. Je lis sur son visage une joie spirituelle, signe d’un devoir accompli. La Joie de la Nativité du Christ est à la fois la joie de la naissance de notre église. C’est la joie de tous ceux qui, par leur prière, par leur bonne pensée, par leur argent, par leur travail ont rendu possible cette merveille qui est l’église orthodoxe roumaine Saint Nicolas de Clermont‑Ferrand. L’église est née et attend avec impatience son baptême. Malheureusement, je ne serai plus physiquement à Clermont‑Ferrand pour ce grand et important événement, mais mon âme y sera tout entière…

Alfonso Martinez et Li Jie ont rencontré le Père Arsène, Recteur de l'église Saint Nicolas et Mihaela Pavlovschi, pratiquante orthodoxe. VIDEO
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Lien Apostolia

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mars 2016 à 15:04 | 19 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Vladimir le 09/04/2013 09:23
Très intéressent exemple du dynamisme de l'Eglise roumaine dans nos contrées. Et quel magnifique symbole que ce retour de l'édifice au christianisme après les passage par l'islam: l'Orthodoxie comme alternative au déclin du catholicisme?

Et aucun de nos habituels censeurs ne réagit à une phrase comme "J’entends parler roumain ! Je sens sous mes pieds du terroir roumain. Tout à coup, j’ai le sentiment d’être chez moi." Bravo à nos frères roumains qui n'ont pas peur d'afficher leur attachement à leur culture sans rejeter personne pour autant rejeter personne: il suffit de parcourir le site http://www.apostolia.eu/fr, entièrement bilingue, pour comprendre que les francophones sont accueillis comme les roumanophones!

2.Posté par Sarah Struve le 09/04/2013 09:56
Une belle image que ce temple qui sert indifféremment l'Islam et le christianisme. Dans un seul but - Nous rapprocher de Dieu.

3.Posté par Matthieu-Alexandre DURAND le 25/06/2013 14:35
Quelle joie d'avoir découvert par hasard que cette chapelle devenue mosquée est désormais orthodoxe !
Etant moi-même catholique, j'ai fait ma communion à Saint-Eutrope, toute proche. Passant par hasard devant, je suis ravi à l'idée que les orthodoxe ait désormais cette belle chapelle qu'ils ont su très bien orner.
J'admire votre belle liturgie, chez vous les orthodoxes, la beauté et la force de notre Dieu est manifeste. Hélas, combien de paroisses catholiques se vident faute d'une liturgie qui rend compte de la puissance du mystère eucharistique...
Apportez-nous cela, et j'espère que ces paroisses qui souffriront la comparaison avec vous, sauront retrouver la voie d'une liturgie magnifique.

Très heureux de voir le dynamisme de nos frères d'Orient, cela me fait chaud.

Vive le Christ et vive l'Eglise !

4.Posté par Marie Genko le 25/06/2013 22:43
@Mathieu-Alexandre Durand,

Merci pour votre message et vos souhaits généreux.
Les Orthodoxes aussi sont nombreux à souhaiter à leurs frères catholiques de retrouver le rayonnement et la ferveur qui ont si longtemps fait vivre les magnifiques cathédrales de France !

Puissent nos prières pour l'unité des chrétiens être agréables au Seigneur et puissions nous bientôt communier à un même calice.

5.Posté par Vladimir.G le 31/08/2013 15:00
ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE SAINT-NICOLAS

La première mention de ce site date du XIVe siècle. C’est alors un château, dit de la Garde, situé hors les murs, vendu avec la terre en 1624. Le site est occupé jusqu’à la Révolution, puis en partie détruit. En 1838, la Maison du refuge est établie, sur son emplacement, par les sœurs du Bon Pasteur d’Angers. Ces dernières partent en 1840 et sont remplacées par les sœurs de Saint-Joseph-du-Bon Pasteur. Elles bâtirent une première chapelle de proportions modestes, remplacée par l’oratoire néo-gothique actuel.
En 1977, la chapelle est prêtée aux musulmans qui ne disposaient pas de lieu de culte.
Le 13 mai 2011, les clés de cette ancienne chapelle ont été remises à l’archevêque de Clermont-Ferrand. Elle est acquise, en 2012, par l’Église orthodoxe roumaine qui entreprend d’importants travaux nécessités par le culte. Une iconostase, permettant de séparer le sanctuaire du reste de l’édifice, a ainsi été installée. Les murs ont été repeints et sont ornés d’icônes.

Informations pratiques :
Le dimanche uniquement, de 13 h à 18 h
43, rue Sainte-Claire

6.Posté par Vladimir.G: un autre exemple du dynamisme de l''''Eglise roumaine chez nous le 05/11/2018 11:26
Un autre exemple du dynamisme de l'Eglise roumaine chez nous qui contredit bien des jugement sévères contre nos "Églises d'immigrés". Et remarquer aussi le passage du père Paul dans nos deux juridictions de tradition russe - bel exemple d'hospitalité.

Saint-Martin-de-Connée : Père Paul, prêtre orthodoxe en Mayenne

Le 4 novembre 2017, Franck Couturier a été ordonné prêtre par Mgr Joseph et envoyé en mission en Mayenne au service de la paroisse orthodoxe du patriarchat de Roumanie sous le patronyme du père Paul.

Depuis le 4 novembre 2017, la communauté orthodoxe roumaine de la Mayenne dispose d'un prêtre: le père Paul ordonné par le Métropolite et Archevêque Mgr Joseph et envoyé en mission dans notre département. Nous avons rencontré cet ancien cadre de la Fnac reconverti dans l'apiculture à Saint-Martin-de-Connée. « Après une vingtaine d’années de travail en région parisienne, je n’arrivais plus à trouver d’équilibre dans l’exercice d’un tel métier et j’ai voulu amorcer un retour vers la campagne de mon enfance (il est originaire de La Flèche). En 2005, j’ai préparé un BPrea apicole au lycée agricole de Laval avant de m’installer en 2009, d’abord chez mes beaux-parents à Voutré, puis ici. »

Une conversion en 2002

La conversion à la religion orthodoxe s'est effectuée en 2002. « Sur l’insistance d’un ami, j’ai fait une retraite au monastère de Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, monastère fondé par l’archimandrite Placide Deseille. Là, dans ce monastère, ce fut une révélation et un éblouissement. L’église fresquée de Saint-Antoine m’a plongé immédiatement dans l’atmosphère de l’église romane. L’orthodoxie répond à mes attentes car elle n’a pas connu de transformations majeures au cours de ses dix-sept siècles d’existence. »

De retour à Paris, Franck Couturier poursuit sa conversion dans la paroisse orthodoxe francophone de Notre-Dame-Joie-des-affligés (Patriarcat de Moscou) complétée par une formation à l’institut Saint-Serge et des séjours en Thessalonique. Nommé diacre par le père Noël Tanazacq en 2012, il effectue des allers-retours tous les week-ends à Paris, jusqu’en 2017 et son ordination.

Une vingtaine de fidèles

Le 21 octobre dernier, le père Paul célébrait une messe suivie d’un baptême dans l’église Saint-Pierre de Saulges avec l’accord de l’évêque de la Mayenne et de la municipalité. Faute d’avoir une église dédiée, les offices se tiennent dans une dépendance de sa propriété aménagée en chapelle. Une petite vingtaine de fidèles s'y retrouvent de la Mayenne et des gens de passage. Le missionnaire officie également en semaine au monastère de Bois-Salair à Fontaine-Daniel.

Plus de détails dans le Courrier de la Mayenne du 1er novembre 2018. http://www.lecourrierdelamayenne.fr/actualite-29351-saint-martin-de-connee-pere-paul-pretre-orthodoxe-en-mayenne.html

7.Posté par Daniel le 05/11/2018 21:04
@ Vladimir (6)

L'article ne dit rien de la sociologie des paroissiens... Le prêtre ne semble pas être un immigré roumain, quid des fidèles ?

8.Posté par Vladimir.G: LE GRAND JEU ANTI ORTHODOXE le 06/11/2018 10:57
La paroisse de Notre-Dame-Joie-des-affligés (PM), l’institut Saint-Serge (Daru), la métropole roumaine, qui ont accueillis et formé le père Paul à l'Orthodoxie, ont bien été fondées par des émigrés et perdurent essentiellement grâce à eux. Il est vrai qu'il n'est pas dit grand chose des paroissiens de Saint-Martin-de-Connée , mais quand dans l'article précédent "on entend partout parler roumain," il ne doit pas s'agir uniquement de "Français de souche"...

9.Posté par Vladimir.G: erratum le 06/11/2018 11:21
titre et lien du commentaire 8 sont dus à un mastic - collage avec un autre commentaire...

10.Posté par Daniel le 06/11/2018 11:45
Dans la métropole roumaine, il y a eussi maints francophones de feu l'ECOF, c'est pour cela que je me posais la question... Une église d'immigrée est dynamique grâce à l'immigration. Les Roumains immigrent facilement en France car le pays est membre de l'Union Européene, et encore plus en Italie... Il y a aussi une immigration russe non négligeable.

Mais si l'immigration se tarit comme ce fut le cas pendant des décennies et si ces paroisses ne transmettent pas la foi aux descendants, le dynamisme va être purement artificiel.

Concernant les Roumains, je sais pertinemment que certains prêtres roumaisn pensent que les enfants des immigrés ont vocation à devenir catholique, car c'est la religion locale en Europe occidentale... Donc, je suis réservé sur le long terme.

11.Posté par Vladimir.G: Les paroisses bien reliées à leurs Églises-mères se développent grâce à l''''immigration le 07/11/2018 12:48
Votre remarque est intéressante, bien cher Daniel, et mériterait un autre fil de discussion...

Je n'ai rien vu de récent sur le devenir des paroisses de l'ex-ECOF après le scandale provoqué par le mariage de l'évêque Germain en 1995; un groupe est resté ECOF, avec 3 évêque consacrés par des Églises schismatiques, des paroisses ont été reçus sur une base individuelle dans l'Église orthodoxe de Serbie en 2006 (elles forment maintenant le noyau dur du doyenné du sud-ouest de cette juridiction), et au sein d'autres églises juridictions canoniques (je n'en connais pas chez les Roumains, mais une à Lyon dépend de Mgr Emmanuel). Il faut aussi souligner que l'ECOF a été fondée en 1936 dans le cadre de l'Église russe par des émigrés (les frères Kovalevsky); elle est ensuite passée par les juridictions de l'EORHF et de l'Église roumaine... Une paroisse prés de Lyon s'est éteinte avec son recteur; d'autres stagnent et ne survivront pas à leurs recteurs vieillissants ... Visiblement, ce n'est pas ces paroisses là qui maintiendront une orthodoxie vivante en France (le doyenné serbe échappe à ce mouvement en intégrant bon nombre d'immigrés.)

Les paroisses bien reliées à leurs Églises-mères, en revanche, se développent grâce à l'immigration et cela n'a aucune raison de s'arrêter du fait du développement des échanges et de la libre circulation des personnes, qui sont à la base de la construction européenne... Les "Français de souche" qui le recherchent s'y intègrent bien et en fournissent une bonne partie des cadres, clercs et laïcs, comme l'illustrent bien ces deux nouvelles paroisses...

12.Posté par Daniel le 07/11/2018 15:04
@Vladimir (11)

Et les paroisses grecques ethniques sans immigration grecque sont en train de périciliter, car les Grecs immigrent peu en France.

13.Posté par Tchetnik le 07/11/2018 18:34
Quand on connait le niveau de connaissance théologique des Roumains, à peu près aussi anémique que celui des Russes, on comprend assez vite que ces "églises" n'en portent que le nom et relèvent d'avantage du club de musique ou du restau.

A noter que Père Paul reste un des rares à faire de la catéchèse et des conférences autant spirituelles que culturelles et historiques pour élever le niveau. Et cette initiative vient bien d'un Français on ne peut plus de souche et enraciné dans sa nation, pas d'émigrés sans aucune vocation réellement spirituelle.

14.Posté par Théophile le 07/11/2018 18:39
@ Vladimir
Sur l'ECOF, la situation s'est plutôt stabilisé. L'ECOF dispose de 3 évêques désormais et connaît une certaine renaissance des paroisses, même si ce sont sans doute des petites communautés.
Concernant les migrations, je crois que Daniel a raison - l'immigration n'est pas une situation de long terme pour incarner l'Eglise orthodoxe.
A un moment donné, il faudra changer d'approche et se tourner vers un travail de proximité. Cela ne signifie pas qu'il faille abandonner le slavon, mais changer de perspective pastorale, oui.

15.Posté par Vladimir.G: le 09/11/2018 09:39
Je ne parle que de ce que je connais. Je connais un petit peu les paroisses grecques de Lyon, Nice et Monaco; elles semblent plutôt prospères... Les 3 évêques de l'ECOF me semblent avoir été consacrés par des "Vitalistes" russes. Après l’annulation de son mariage, l'évêque Germain, toujours primat, est devenu archevêque. L'ECOF revendique une quarantaine de paroisses en France (plus de 30), Suisse, Allemagne, Argentine... mais sa présence sur le terrain semble évanescente.

Théoriquement, il faut espérer que l'Orthodoxie s'enracine localement, mais pratiquement, nous devons bien constater qu'il n'y aurait simplement pas d'Orthodoxie en Occident sans l'immigration et il est heureux que nos Églises en tiennent compte pour leur pastorale: il faut attirer et écclésialiser les immigrés en priorité!

16.Posté par Daniel le 09/11/2018 15:12
A Marseille, je sais qu'une paroisse grecque a fermée il y a quelques années. Elle était située dans une église louée près de la gare. J'avais parlé à son dernier membre, il m'avait expliqué comment dans sa jeunesse, les dimanches, les gens débordaient dans la rue...

Dans le cas de l'ECOF, c'est plus rocambolesque. Un évêque vitaliste a fait défection pour rejoindre l'évêque Germain et consacrer le 3e larron. Naturellement, son synode l'a déposé mais l'ECOF a ainsi assuré sa survie en nombre d'évêques sans dépendre du très âgé Mgr Germain. Mais au vu des multiples irrégularités, j'imagine mal l'ECOF rebondir... Mais ils ont un beau patrimoine immobilier...

17.Posté par Tchetnik le 09/11/2018 18:09
L'ECOP s'est simplement dissoute dans d'autres "juridictions" existantes, notamment les Roumains (?).

Sinon, on peut aussi mentionner les cas des paroisses d'Ugine et de Champagne sur Seine qui ne sont plus que des souvenirs alors qu'elles étaient pourtant pleines autrefois. Ce qui montre bien - mais est-il nécessaire de le prouver - qu'une paroisse qui ne donne aucune nourriture spirituelle et se contente de faire du folklore, au mieux se déchristianisera, au pire disparaîtra. Mais entre la balle et le couteau, le résultat est en fin de compte le même.

18.Posté par Nicodème le 10/11/2018 12:06
En matière d'orthodoxie "occidentale" (et ce n'est pas un oxymore , bien au contraire !) , il faut aussi rappeler l'existence de la "communion des Eglises orthodoxes occidentales" , à savoir , l'Eglise orthodoxe des Gaules , l'Eglise orthodoxe française et l'Eglise orthodoxe celtique ...La moins pire étant sans doute l'Eglise orthodoxe française , ds le Var . J'ai connu les deux autres . Les liturgies , empruntées à Kovalewski , et un peu à Gouze (EOC) ne sont pas mal . Le clou étant l'Eglise orthodoxe d'Europe , créée par un transfuge de l'ECOF , autoproclamé évêque , et quelques groupies , incapables de chanter juste , et dont le tropisme esthétique laisse planer quelque doute sur l'"orthopraxie" de ses mœurs , doute renforcé par sa mysogynie assumée . 'Y a pas que chez les ktos , hein !

19.Posté par Vladimir.G: la métropole roumaine est clairement la plus dynamique le 10/11/2018 15:24
Tchetnik ne semble pas bien informé sur l'ECOF: ses trois évêques, 40 paroisses, plus de 20 prêtres et diacres et le patrimoine immobilier dont parle Daniel (16) ne permettent pas de la passer simplement par pertes et profits même si bon nombre de ses paroisses ont effectivement rejoint - et enrichi - d'autres juridictions. Au delà de la nébuleuse des groupes plus ou moins exotiques, qui s'en inspirent (cf. 18), on peut télécharger ici (http://wordpress.pafeos.org/nouvelle-forme-de-communaute-orthodoxe-lecof/) la très intéressante communication du Père Marc Génin en 2013, "Nouvelle Forme de Communauté Orthodoxe, l’ECOF."

Bien sur qu'en prés de 100 ans d’existence de la diaspora orthodoxe russe en France, certaines paroisses ont disparues et d'autres ont été crées, ces dernières étant les plus nombreuses puisque le nombre total s'est accru. Rien qu'à Lyon, nous somme passés de 2 paroisse au XXe siècle à 4 actuellement (pour les 3 juridictions canoniques et 1 "vitaliste"...) mais la croissance de la métropole roumaine, dont parle principalement ce fil, est clairement la plus dynamique puisque, partant d'une seule paroisse avant-guerre (celle de Paris), elle est devenue la plus nombreuse !

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