La question de l'ordination des femmes
Comme le signale Orthodoxie.com, Mgr Séraphin, archevêque de Johannesbourg et de Pretoria (Patriarcat d'Alexandrie et de toute l'Afrique), a évoqué la question de l'ordination des femmes, y compris à la prêtrise dans un article récent publié par l'agence Romfea. Il a suggéré que ce sujet soit discuté lors du prochain grand concile et rappelle le rôle important des femmes dans l'Église primitive dans le témoignage, l'enseignement, la pastorale et l'action caritative. Il a également annoncé l'intention du Patriarcat d'Alexandrie d'examiner la possibilité d'une relance du diaconat féminin, tel que celui-ci existait aux premiers siècles. Hier, dans une déclaration, le Patriarcat d'Alexandrie a fait savoir que Mgr Séraphin avait exprimé son opinion personnelle sur cette question et non la position officielle de l'Église.

En fait les missions des diaconesses étaient variées et importantes: au-delà de l'action sociale et pastorale elle allaient jusqu'à l'administration des sacrements, puisque les diaconess assistaient l'évêque lors de du baptême et de la chrismation des femmes et portaient les Saints Dons aux femmes qui ne pouvaient assister à la Liturgie; le rite Byzantin d'ordination était le même que pour les diacres et les épouses des évêques étaient systématiquement ordonnées.

Ce ministère a d'abord été supprimé en Occident (concile d'Oran de 441) alors qu'en Orient il est tombé en désuétude, IXe-Xe siècles, ce qui fait qu'il n'a jamais été établi en Russie. Il est redevenu d'actualité au XIXe siècle, quand le développement spectaculaire du monachisme féminin en Russie a posé la question de ses missions: le rôle social que commencent à tenir les communautés féminines se concilie mal avec les strictes règles monastiques, qui limitent en particulier les déplacements hors des monastères, et certains théologiens s'offusquent de ce qu'ils considèrent comme un mauvais mélange des genres. Le rétablissement du ministère des diaconesses apparaît alors comme une solution: il fait l'objet de larges débats préconciliaires et, promu en particulier par Sainte Élisabeth (SA la Grande duchesse, fondatrice de l'abbaye de Marthe et Marie à Moscou), il obtient finalement le soutien de tous les membres du Saint Synodes. Le projet a été débattu en commission du Saint et Grand Concile local le 26 mars 1918 mais n'a pas pu être porté devant l'assemblée générale faute de temps…

Le débat resurgit maintenant en Russie et dans toute l'Orthodoxie, la prise de position de Mgr Séraphin n'étant que la dernière en date.

Hier, dans une déclaration, le Patriarcat d'Alexandrie a fait savoir que Mgr Séraphin avait exprimé son opinion personnelle sur cette question et non la position officielle de l'Église.

D'après PAVLOV C.V. 2008. Cf. http://www.sfi.ru/rubrs.asp?art_id=9700&rubrid=996

Rédigé par Vladimir Golovanow le 31 Juillet 2009 à 17:32 | 35 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Anna Rotnov le 01/08/2009 13:13
Je découvre avec surprise que la femme avait une place égale ou presque à celle de l' homme juste au début du christianisme . A aucun moment on ne me l' a dit lorsque à l' adolescence je faisais du catéchisme orthodoxe ( et catholique d' ailleurs ) . A ma question ; ' Pourquoi les femmes ne jouent aucun rôle à l' église ? ' on ne répondait juste ; ' ... C' est ainsi ' .

2.Posté par Marie Genko le 01/08/2009 15:05
Chère Anna,
Il vous a été répondu "C'est ainsi" pour la bonne raison que vous avez touché un sujet sensible!
Le rôle de la femme dans la société a évolué selon les époques et les civilisations.
Pour ce qui concerne les Russes, nous pouvons lire dans la littérature et voir dans l'art cinématographique de ce pays, que le rôle de la femme a toujours été avant tout autre chose, celui de la Mère.
La maternité est aussi un sacerdoce!
Et comment une mère pourrait-elle se consacrer à un second sacerdoce, aussi exclusif que la prêtrise?
Il me semble que nous devons parler de ces choses avec tact et bon sens.
Avec bon sens pour les raisons que je viens d'évoquer plus haut, et avec tact, parce que certaines personnes veulent à tout prix se sentir utiles!
Et nous ne devons ni rebuter les bonnes volontés, ni au contraire choquer les conservateurs qui considèrent comme blasphématoire la présence d'une femme auprès de l'autel.
Pour ma part, je penche pour une évolution extrêmement prudente du rôle de la femme dans l'Église.
En l'état actuel des choses les femmes portent déjà des responsabilités importantes.
De nombreuses femmes sont catéchistes, marguilliers et bien d'autres fonctions utiles
La grande-duchesse et martyre Elisabeth a déjà bien fait évoluer les mentalités en créant un ordre de religieuses sécularisées, actives auprès des malades et des pauvres!
Je ne vois pas de nécessité pressantes à choquer les conservateurs en créant des diaconesses?
Tant d'autres domaines sont ouverts et manquent de femmes de bonne volonté.

3.Posté par vinika le 01/08/2009 15:11
Je suis heureuse de ce futur retour aux sources du début du christianisme et m'en réjouis, espérant ne pas être déçue, une place différente mais primordiale dans la vie de l'Église, Marie-Madeleine égale aux apôtres devenant notre sainte patronne.

4.Posté par Anna Rotnov le 02/08/2009 01:32
Chère Marie ,
Je me trouve être une conservatrice et j' aurais été la première à me choquer et à rejeter les femmes clercs . Ce jusqu' à ce que je lise hier matin qu' au début de la chrétienté et donc selon la première source venant du Christ les femmes étaient égales aux hommes lors des offices religieux , constatez également que les évêques étaient mariés .
Si les hommes ont chamboulé cet état des choses ( dans leur propre intérêt , bien sur ) , si des diaconesses existaient près du Christ et juste après pourquoi ne pas rétablir ce que Christ nous a laissé ? Ce sera bizarre au début ( comme il était tout aussi bizarre il y a des siècles et des siècles de voir les femmes disparaître lors du déroulement des offices ) , mais au bout d' un siècle ou deux ce sera la norme .
Je m' étonne que les femmes ont laissé leur place si facilement , sans réagir à l' époque ; c' est un mystère à mes yeux . Il doit y avoir une explication .

5.Posté par eugenia le 02/08/2009 04:17
Anne,
Il faut lire toutes les Évangiles!
Dans l'Évangile selon Philippe, Marie de Magdala est indiqué comme L'apôtre de Jésus.
Notre Sauveur a eu 12 apôtres hommes et 7 apôtres femmes.
Épître de L'apôtre Paul aux Romains, chapitre 16 :'Je vous recommande Phébée, notre soeur, DIACONESSE de l'Église de Cenchrées.....'
Marie, Marie, tu parles comme un homme...
Deux mille ans de silence, c'est trop! Et puis, comment est-il possible de lire les mots de Saint Paul et de les ignorés?

6.Posté par Nikita Krivochéine le 02/08/2009 08:43
De grâce, épargnons nous un aggiornamento vermoulu et provincial!
Il suffit de tourner nos regards vers les pays du Nord ou de nombreuses "dénominations" anglicanes et diverses ramifications luthériennes pour y voir des femmes-évêques et souvent +!
Nos frères catholiques romains ont frôlé l'extinction suite à Vatican II...
Madame Marie Genko a bien montré que le christianisme est la religion de la véritable vénération de la femme.
N'est-ce pas il y a quelques jours que nous avons vénéré l'icône de la Vierge de Kazan?

7.Posté par eugenia le 02/08/2009 12:29
SAINT PAUL- ÉPÎTRE AUX ROMAINS, 16: " Je vous recommande Phébée, notre sœur, DIACONESSE de L'Église de Cenchrées: offrez-lui dans le Seigneur un accueil digne des saints, et assistez-la en toute affaire ou elle aurait besoin de vous;aussi bien fut-elle une protectrice pour nombre de chrétiens et pour moi-même."

8.Posté par vinika le 02/08/2009 20:28
Pour reprendre la phrase de Marie consacrée à la femme : ' Et comment un homme pourrait-il se consacrer à un second sacerdoce, aussi exclusif..; l'enfant et la religion : deux sacerdoces incompatibles ? cela me semble étonnant.

' Paternité ou maternité /// diacre ou diaconesse /// chantre - marguillier-lecteur homme ou femme, ... ' nous ne serons plus ni homme ni femme mais comme des anges '
La fonction sacerdotale n'est pas fonction du sexe.
Pourquoi nous parler encore et toujours de la place sacrée de la femme au foyer.... qui ne date pas du tout des premiers temps du christianisme mais du pouvoir masculin et patriarcal, ce qui a varié en bien des siècles et des pays et cultures?
Soigner, aimer, protéger, éduquer dans la foi, consoler, prier, aider à mourir en quoi est ce masculin ou féminin ?

9.Posté par Marie Genko le 02/08/2009 22:24
-Cher Nikita, Pourriez-vous avoir la bonté de nous rappeler les conséquences de Vatican II, je ne les ai plus en mémoire. De même il me semble que c'est assez récemment que les femmes ont accédé à la dignité d'évêque chez les Anglicans et que de nombreux prêtres de cette religion en ont été choqués au point de quitter leur Église!?

-Chère Eugénia, Je ne parle pas comme un homme, mais comme une femme qui a élevé 5 enfants!
Je les ai d'ailleurs élevés en m'efforçant de leur donner le sens des responsabilités et en leur répétant que si chaque personne prenait soin de ses enfants, de ses parents et de sa famille proche, et bien les clochards disparaîtraient de nos rues et une bonne partie de la misère du monde disparaîtrait elle aussi!
Pour moi, le rôle de la femme est avant tout autre chose d'assumer sa famille et de s'efforcer de donner à la société des jeunes têtes bien faites, de jeunes têtes capables de se comporter en chrétiens dignes de ce nom au sein du monde déboussolé dans laquelle nous vivons aujourd'hui.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas nous dévouer à l'Église, lorsque nous en avons le désir et la possibilité et, comme je l'ai écrit plus haut, les créneaux à prendre sont déjà très nombreux.
-Oui des femmes ont été des apôtres! En Russie Sainte Olga est égale aux apôtres!
Mais n'est-ce pas dans la maternité et dans l'éducation qu'elle sut transmettre à Vladimir que nous lui sommes redevables du baptême de la Russie?

10.Posté par Marie Genko le 02/08/2009 23:03
Chère Vinika,
Il faut tout de même admettre qu'entre hommes et femmes, nos forces ne sont pas les mêmes!
Et nos fonctions biologiques ne sont pas les mêmes!
Je pense que c'est justement là la raison profonde, qui fait que le sacerdoce dépend du sexe!
D'autres vocations sont plus spécialement féminines, et d'autres masculines!
Il n'y a là rien de choquant, il s'agit simplement d'un sage partage des tâches!
Il en a toujours été ainsi dans l'histoire de la Russie.
Il est vrai qu'à notre époque moderne, bien des femmes ont été amenées à remplacer des hommes, mais à quel prix?
Pour ma part, je pense qu'il ne faut ni présumer de ses forces, ni choquer ceux des fidèles qui sont ancrés dans les coutumes et les usages ancestraux!

11.Posté par Anna Rotnov le 03/08/2009 00:34
Pourquoi donc , si les femmes étaient égales aux hommes au temps du Christ , s' Il avait des apôtres femmes , les femmes seraient seulement égales aux apôtres et non apôtres elles - mêmes ?

En ce qui concerne la maternité ; tout sacerdoce qu' elle soit , elle ne peut être complète à elle seule - il faut autre chose dans la vie . Servir le Christ en devenant un ( e ) prêtre est possible à mon point de vue pour une mère . Un sacerdoce bien plus compliqué que la maternité , car qui sur cette terre peut se sentir digne ? J' aurais très peur pour ma part ; j' ai déjà peur de communier en disant à tous que je suis indigne , alors représenter le Christ sur terre ...

12.Posté par Marie Genko le 03/08/2009 14:35
Chère Anna,
Autres temps, autres mœurs....
Dans la culture romaine, dans la culture grecque, des femmes étaient prêtresses.
A ma connaissance cela n'était pas le cas chez les Juifs!
Et le Christ, Notre Seigneur, si ma mémoire ne flanche pas, a dit qu'Il était venu non pour changer la Loi, mais pour la compléter!
Le concept, de la diaconesse ne me choque pas en tant que tel. Après tout, si une femme se sent la force de jouer les femmes orchestre, pourquoi pas!
Mais ce qui me cabre complètement, c'est le fait que les inaugurations ont toujours été la cause des ruptures et des schismes!
Je trouve, pour ma part, que l'Eglise Orthodoxe est déjà la cible de bien des critiques.
Constantinople est accusé de franc-maçonnerie, de volonté de suprématie universelle et que sais-je encore...
Le patriarcat de Moscou est accusé de sergianisme, d'œcuménisme outrancier, de prévarication et de bien d'autres fautes...
Vous savez comme moi combien l'unité de l'Église est difficile à construire.
Voulez-vous vraiment provoquer une levée de boucliers?
Le poids des traditions est lourd en Russie et le concept des diaconesses fera accuser d'hérésie le clergé!
A cause d'une telle inauguration, nous pourrons voir tout un pan de l'Eglise russe se déchirer à nouveau sous nos yeux?
Ne trouvez vous pas que nous devons penser à construire l'unité de l'Église et que toute innovation est lourde de dangers?
Souvenons-nous que les Musulmans ont dit qu'ils allaient conquérir l'Europe avec le ventre de leurs femmes!
Et ils vont certainement réussir, puisque en Occident comme en Russie les femmes ne veulent plus avoir plus de deux ou trois enfants!
La femme blanche veut vivre une vie épanouie, avoir un métier passionnant, être l'égale de l'homme en toute chose, même devant l'hôtel du Seigneur!
Mais sans enfants pour assurer notre relève, quel sera l'avenir du christianisme en Europe comme en Russie?

13.Posté par Nikita Krivochéine le 04/08/2009 10:11
Chère Marie,
Exposer les décisions du concile Vatican II, leurs conséquences nécessiterait une épaisse monographie.
Très schématique, très simplifié: Vatican II a étrangement été, selon moi, le précurseur des évènements de mai-juin 1968 en Europe et partout dans l'hémisphère occidental. Il est rare que l'Église qui vit selon une durée qui lui est propre, dont le temps est "plus lent" que le nôtre pressente ainsi des soubresauts révolutionnaires dans la société.
J'oserai un rapprochement entre Vatican II et le concile de 1917-1918 à Moscou qui s'est réuni en pleine terreur jacobine - et même pire - et dont les décisions en portent la marque.
En effet, renoncer à la langue et aux vêtements liturgiques, aux rites, se livrer à une autocritique systématique et non sélective était une véritable révolution avec les conséquences qu'a d'ordinaire une révolution.
Les lefebvristes que l'on pourrait comparer aux vieux croyants en Russie possèdent des explications bien plus argumentées et circonstanciées que ce que je viens de dire et qui n'est qu'un raccourci.
Le pape Benoît XVI a entamé un rapprochement avec cette branche du catholicisme et l'on ne peut que s'en féliciter.

14.Posté par vladimir le 04/08/2009 20:02
Nous fêtions hier (2 août) Sainte Marie de Magdala (Marie-Madeleine), égale aux apôtres
– bonne fête aux Maries dont elle est la patronne –
et ce n'est certainement pas un hasard si ce débat se trouve ainsi placé sous son patronage.

Je voudrais commenter la question sur 2 plans

1/ PLACE DE LA FEMME DANS LE CHRISTIANISME
La Bible donne une large place aux femmes et, si l'ancien testament est surtout marqué par la figure d'Eve, instrument de la Chute, la Bonne Nouvelle est dominée par celle de Marie, la Mère de Dieu, totalement Femme, Vierge, Épouse et Mère qui nous conduit à la Rédemption. Elle est évidement incomparablement au dessus de toute l'humanité et même des anges, comme nous le chantons chaque dimanche… "Dans tout "féminin", même le plus "profané" il y a des fragments de cette figure. En Elle ils sont totalement rassemblés, écrit le P. Alexandre Schmemann dans son "Journal"(1)." Il continue: "Il n'y a pas d'image féminine négative (comme Juda, les pharisiens, etc.) dans le Nouveau Testament Le Christ accuse les pharisiens, mais pardonne la femme adultère et parle à la Samaritaine /hérétique/"; et des figures comme Marthe et Marie (2), ou la diaconesse Phébée (voir ci-dessus) montrent que les femmes servent le Seigneur autant que les hommes: "C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée." dit le Seigneur (2).

En fait la supériorité de l'homme sur la femme dans le Christianisme est une invention… du «mouvement féministe» "qui ne fait que caricaturer le «monde masculin» qu'il prétend combattre (3)". Dieu a crée l'humanité, hommes et femmes, à Son image (4); ils sont donc égaux. Mais égaux ne veut pas dire identiques, et c'est cette confusion égalité=identité qui nourrit et pervertit les revendications féministes. L'homme et la femme ont chacun leur fonction au sommet de la création terrestre: aucune féministe n'a encore exigé que l'homme remplace la femme dans la gestation et l'enfantement, comment alors exiger l'identité dans l'autre sens? C'est Dieu qui a fixé aussi les fonctions sacerdotales de l'homme: "Fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils, et prends-les parmi les enfants d'Israël pour les consacrer à mon service dans le sacerdoce : Aaron et les fils d'Aaron, Nadab, Abihu, Éléazar et Ithamar. (5)". Pas questions de femmes ici, mais on en parle par ailleurs et pour d'autres fonctions qui ne sont pas subalternes(6). Bien entendu, le Christ a complété et transcendé cette règle en faisant de tous les Chrétiens des prêtres, puisque nous participons tous au Sacrifice, tâche réservée aux prêtres de l'ancien testament. Il n'en reste pas moins que nos prêtres ordonnés, délégués par les évêques, successeurs des apôtres, sont des hommes conformément à cette loi divine inchangée. Mais les femmes ont aussi un rôle essentiel à jouer dans l'Église comme dans la création.

2/ SUR LA RENAISSANCES DES DIACONESSES:
Je suis surpris par la vivacité de certaines réactions et je pense qu'il faut là encore avoir 2 approches: historique et théologique(7)

A) Au plan historique:
J'ai montré dans ma note que le besoin est réapparu à la fin du XIX en Russie et que, sans le blocage imposé par les bolchéviques, l'ordination des diaconesses aurait été réintroduite par le Concile de 1917-18. Le principe en avait été accepté en commission et avait été soutenu aussi bien par Saint Macaire Glukharev, au tout début du XIX, que Sainte Élisabeth, la Mère Catherine, supérieure de l'abbaye de Lesna et les théologiens les plus en vue (y compris Mgrs Euloge et Antoine, futurs primats de Daru et de l'EORHF!) au début du Concile. Le préambule du texte préparé par la commission du Concile mérite d'être cité car il me parait totalement d'actualité: "La situation que vit actuellement l'Église, qui rappelle par certains traits les premiers siècles de Christianisme, incite à se rappeler les services bienfaisants des diaconesses dans l'Église ancienne et à appeler les croyantes russes à servir l'Église dans l'ordre des diaconesses" (8). Les diaconesses devaient porter l'orarion pendent les célébrations et un voile blanc couvrant les épaules appelé "maphorion" (мафорий).

Le rétablissement de cet ordre me semble correspondre aussi bien aux besoins de l'Église, en palliant le manque de diacres, qu'à celui des femmes qui souhaitent s'engager plus dans le service de l'Église: elles sont déjà chantres, chefs de chœur, lectrices marguillier, "matouchka"…, cumulant parfois ces fonctions; il me parait pas cohérent qu'elles puissent aller plus loin dans l'assistance au célébrant en entrant dans le sanctuaire, comme le prévoyait la commission du Concile. Les arguments sur l'incompatibilité entre diaconie et maternité ne me semblent pas convaincants: nos prêtres mariés sont-ils mauvais pères? Et on peut n'ordonner, surtout dans un premier temps, que nonnes, des veuves ou des femmes âgées (les diaconesses des premiers temps étaient des veuves âgées de plus de 60 ans, suivant la règle de Saint Paul (1 Tim. 5.9), mais le concile de Chalcédoine (451) abaissa cet âge à 40 ans (8).

La question a été promue récemment dans plusieurs conférences inter-orthodoxes: Rodes (1988), Agapia (Roumanie, 1976), New York (1980), Damas (1996) et Istanbul (1997) ont toutes donné lieu à des communiqués demandant "la renaissance de l'ordre apostolique des diaconesses qui n'a jamais été supprimé par l'Église Orthodoxe". Si la Russie n'a pas connu de diaconesses, d'autres Églises en ont ordonnées dans les temps modernes sans drames particuliers: Saint Nectaire d'Egine a ordonné une diaconesse en 1911 et Mgr Chrysostome d'Athènes a fait de même quelques années plus tard. En 1986 Mgr Christodulos a fait de même alors qu'il n'était pas encore archevêque d'Athènes et j'ai entendu parler d'ordinations récentes en Albanie, Pologne et Amérique. Dans tous les cas les diaconesses participent à la liturgie et communient dans le sanctuaire, portent l'orarion et remplissent certaines fonctions liturgiques comme la communion des nones malades en l'absence d'un prêtre. Dans les Églises anciennes elles se situaient entre les diacres et les ipodiacres(8).

B) Au plan théologiques (comme je suis encore moins compétent dans ce domaine que dans le précédant, et que je n'ai pas trouvé de source vraiment pertinente, je me permettrai simplement de lancer une piste de réflexion)
"La constance invariable et la vérité infaillible des dogmes chrétiens ne dépendent pas de l'ordre hiérarchique, ils sont gardés par la totalité des fidèles de l'Église, qui est le corps du Christ"(9). C'est donc bien la position du "laos", du peuple de Dieu, que nous devons considérer, car c'est par elle que se manifeste, pour nous Orthodoxes, l'Esprit Saint. Si donc, après avoir été crées par les Apôtres, ces ordinations étaient tombées en désuétudes il y a 1000 ans, c'est que cela correspondait au besoin de l'Église du 2ème millénaire. Si maintenant il apparaît que le Peuple de Dieu demande le retour de cette pratique, je pense que cela montre que l'Église en a besoin. Les évêques, "Docteurs de la foi"' "reconnaissent la vérité et la proclament; cette proclamation est ensuite vérifiée par l'assentiment de tout le peuple chrétien, un assentiment qui n'est pas exprimé formellement et explicitement, mais qui est vécu."(10). C'est bien ce processus là qui me paraît continuer avec la prise de position de Mgr Séraphin. Attendons donc paisiblement la suite.

(1) Le samedi 26 mars 1977. P. 352 de l'édition en russe "Русский путь", Moscou 2005, traduction VG.
(2) Luc 10, 38 – 42. Texte de la Traduction œcuménique de la Bible
(3) Journal du P Alexandre op. cité. Mercredi 9 février 1977, p.330
(4) Les représentation de Dieu en vieux barbu, style Jupiter' sont évidement païennes, même quand elles sont géniales (Michel Ange).
(5) Exode 28.1
(6) Par exemple Exode 6.20 " Marie, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit à sa main un tambourin, et toutes les femmes vinrent après elle, avec des tambourins et en dansant."
(7) Je répète encore que je ne suis expert ni de l'un ni de l'autre: j'essaye simplement d'approfondir le débat dans la mesure de mes connaissance et je serai reconnaissant aux spécialistes qui voudront bien corriger mes errements!
(8) Cité dans l'article de PAVLOV C.V, op. cité
(9) Khomiakov, cité par Callisto Ware, "L'orthodoxie, l'Église des sept Conciles" p. 324
(10) Kallistos Ware, op. cité p.326

15.Posté par vinika le 06/08/2009 11:37
Merci Vladimir pour ces précisions, c'est magnifique pour une femme quand, âgée, et veuve, elle peut se consacrer à servir l'Église jusqu'à sa mort. c'est le plus beau chemin pour une âme. Je ne pense pas malgré tout que l'on soit obligée d'être veuve pour servir, on peut avoir ce désir en soi depuis l'enfance, et même enfant, regretter de ne pas être née homme. Voilà où la femme en arrive quand l'église devient 'sexiste ' du moins plutôt les membres de l'Église. Adam avait besoin d' Eve, l'homme et la femme forment une seule chair un seul esprit une seule âme dans la communion, commune-union... Travailler en commun dans le service et l 'abnégation abolit le 'sexe ', on est au-delà, dans le don spirituel.
j'espère qu'on ne sera pas obligée d'être veuve, et je souhaite que le diaconat féminin soit rétablit. Il est vrai que Mère Marie était divorcée et moniale dans le monde.
Mais au début du christianisme, les femmes étaient mariées et diaconesses.

16.Posté par Marie Genko le 07/08/2009 10:01
Cher Vladimir,
Merci pour l'extraordinaire travail de recherche que vous voulez bien fournir pour le plus grand bien de ceux qui ont la chance de vous lire.
Lorsque vous citez Khomiakov:
"La constance invariable et la vérité infaillible des dogmes chrétiens ne dépendent pas de l'ordre hiérarchique, ils sont gardés par la totalité des fidèles de l'Église, qui est le corps du Christ"
vous rappelez le fondement même de notre religion orthodoxe.
C'est aussi, pour cette raison, que je pense qu'il faut agir avec la plus grande des prudences.
Si nous, en Occident, sommes habitués aux femmes pasteurs, je ne pense pas du tout que cela soit le cas en Russie.
Merci aussi à vous, Vinika, pour l'amour et la soif de servir, que vous exprimez si joliment ci-dessus.
Vladimir a bien rappelé, que femmes et hommes, nous participons tous au sacrifice.
Et il a encore raison lorsqu'il indique que nous devons paisiblement attendre la suite.




17.Posté par Xenia Krivocheine le 07/08/2009 20:13
Simone Weil qui a tant souhaité servir Dieu et n'a pas osé:

Pensées de Simone Weil

L’obéissance de l’univers à Dieu

« Le mécanisme de la nécessité se transpose à tous les niveaux en restant semblable à lui-même, dans la matière brute, dans les plantes, dans les animaux, dans les peuples, dans les âmes. Regardé du point où nous sommes, selon notre perspective, il est tout à fait aveugle. Mais si nous transportons notre cœur hors de nous-mêmes, hors de l’univers, hors de l’espace et du temps, là où est notre Père, et si de là nous regardons ce mécanisme, il apparaît autre. Ce qui semblait la nécessité devient obéissance. La matière est entière passivité, et par suite entière obéissance à la volonté de Dieu. Elle est pour nous un parfait modèle. Il ne peut pas y avoir d’autre être que Dieu et ce qui obéit à Dieu. » (AD5, 111-112)

« Dieu fait exister cet univers en consentant à ne pas y commander, bien qu’il en ait le pouvoir, mais à laisser régner à sa place, d’une part la nécessité mécanique attachée à la matière, y compris à la matière psychique de l’âme, d’autre part l’autonomie essentielle aux personnes pensantes. » (AD5, 146)

« Quand nous tenons un journal à l’envers, nous voyons les formes étranges des caractères imprimés. Quand nous le mettons à l’endroit, nous ne voyons plus les caractères, nous voyons des mots. Le passager d’un bateau pris par une tempête sent chaque secousse comme un bouleversement dans ses entrailles. Le capitaine y saisit seulement la combinaison complexe du vent, du courant, de la houle avec la disposition du bateau, sa forme, sa voilure, son gouvernail.
Comme on apprend à lire, comme on apprend un métier, de même on apprend à sentir en toute chose, avant tout et presque uniquement l’obéissance de l’univers à Dieu. C’est vraiment un apprentissage. Comme tout apprentissage, il demande des efforts et du temps. » (AD, 114-115)


Complicité des parties surnaturelle et naturelle de l’âme

« Ce qui permet de contempler la nécessité et de l’aimer, c’est la beauté du monde. Sans la beauté ce ne serait pas possible. Car bien que le consentement soit la fonction propre de la partie surnaturelle de l’âme, il ne peut pas en fait s’opérer sans une certaine complicité de la partie naturelle de l’âme et même du corps. La plénitude de cette complicité, c’est la plénitude de la joie. » (IPC, 157)


« Nous sommes régis par une double loi, une indifférence et une mystérieuse complicité de la matière qui constitue le monde à l’égard du bien ; le rappel de cette double loi est ce qui nous atteint au coeur dans le spectacle du beau. » (S, 133)

18.Posté par vladimir le 08/08/2009 23:37
08/08/2009
Merci pour ces pensées de Simone Weil. Je ne la connaissais pas avec cette spiritualité vraiment intéressante. Pourquoi écrivez vous "a tant souhaité servir Dieu et n'a pas osé"?

Pour revenir sur l'histoire des diaconesses: ce n'est, me semble-t-il, qu'aux premiers temps de la Chrétienté que la règle de Saint Paul appliquée au pied de la lettre(1) n'ouvre le diaconat qu'aux veuves de 60 ans. La pratique semble ensuite évoluer puisque le Concile de 451 abaisse l'âge et qu'il y aura des diaconesses mariées, en particulier les épouses des évêques, eux-mêmes mariés. Nous voyons d'ailleurs bien là un aboutissement du rôle de l'épouse d'un prêtre, qui pouvait donc assister son époux jusque dans le sanctuaire...

Les ordinations modernes dont j'ai pu avoir connaissance ne semblent concerner que des religieuses ordonnées au diaconat pour servir dans leur institution. Je n'ai pas connaissance d'ordination "dans le siècle". Par contre c'est le concept du monachisme "dans le siècle" qui se développe pour donner un cadre ecclésial au service féminin en répondant aux critiques que je citais concernant le rôle social des couvents (2). L'article de C.V. PAVLOV, qui me sert de source principale, cite comme meilleur exemple Sainte Marie (Skobtsov) et, encore plus prés de nous, je pense que nous connaissons tous des sœurs orthodoxes qui servent "dans le siècle". A mon avis, l'ordination de diaconesses serait une sorte d'aboutissement et de reconnaissance pour toutes ces différentes façons de servir notre Sainte Eglise. Ce serait, pour reprendre la formule de Sa Sainteté Cyrille I, un de ces changements dont l'Église à besoin et non une réforme, dont elle n'a aucun besoin!

Notes:
(1) 1 Tim. 5.9 et suivante ne concerne en fait pas le diaconat: "Qu'une veuve, pour être inscrite sur le rôle, n'ait pas moins de soixante ans, qu'elle ait été femme d'un seul mari, ... etc." me semble plus général.
(2) Ainsi Mgr Nikon Troitsky (1851-1919), célèbre prélat, théologie et chroniqueur religieux classé conservateur, écrivait: "On peut reconnaître que ce type d'Institution est utile et honorable, mais on ne doit pas les nommer monastères, car elles poursuivent des objectifs séculiers, de bienfaisance, qui sont étrangers au monachisme". (Cité dans l'article de PAVLOV C.V, op. cité. Traduction VG)

19.Posté par équipe de rédaction le 09/08/2009 21:23
Pour dissiper tout malentendu, il s'agit ici de Simone Weil-philosophe et non pas de Simone Weil, ancien ministre. Ce sont deux personnalités différentes et combien différentes !

20.Posté par Marie Genko le 10/08/2009 15:32
@Vladimir
Ouvrir le diaconat aux veuves de plus de 60 ans a l'avantage de laisser aux femmes le temps de se consacrer à leurs enfants et petits enfants.
Et aujourd'hui, plus que jamais, l'avenir des peuples dépend de la fécondité de leurs femmes!
Nous avons pu nous en convaincre avec le malheureux exemple récent du Kosovo, qui n'aurait certainement pas pu être arraché aussi facilement à la Serbie, si sa population n'était devenue au fil des ans une majorité d'albanais musulmans.
Le seul inconvénient de cette limite d'âge, est que 60 ans est déjà le seuil de la vieillesse et nos forces commencent à décliner rapidement.
Les femmes orthodoxes russes, qui souhaitent consacrer leur vie au Seigneur peuvent aujourd'hui choisir entre le monachisme et l'ordre séculier créé par Sainte Élisabeth.
Il faut rappeler, que c'est non sans un certain mal, que la grande duchesse Élisabeth parvint à faire admettre la création d'un ordre particulièrement dédié au service des malades et des pauvres.
Je n'ai ni autorité, ni compétence pour encourager, ou au contraire m'opposer, aux ordinations de diaconesses.
J'essaye dans cette question, qui me semble délicate, de parler avec bon sens.
Pour moi, l'ordination de diaconesses, serait une nécessité dans le cas où les vocations masculines feraient défaut!
A ma connaissance, tel n'est pas le cas en Russie.
Et je ne peux que répéter que l'ordination de femmes, en Russie, risque de provoquer de vives réactions de rejet parmi certains fidèles et certains membres du clergé.

21.Posté par vinika le 10/08/2009 17:23
Oui, mais nous vivons en France et nous ne vivons pas comme les russes. Nous ne pensons pas, réfléchissons pas de la même façon, chaque peuple a sa particularité, et on ne peut imposer au monde occidental un modèle oriental ancien. les convertis ne peuvent pas vraiment le comprendre. Le monde va en avant à tous les niveaux. Revenir à un état de choses ancien veut dire régresser, refuser d'évoluer, de se transformer.
L'ordre d'Élisabeth existe t'il en France ? Quel est son nom? C'était certainement primordial à une époque où il n'y avait ni sécurité sociale, ni mutuelle, ni aide, ni CAF, etc... je sais qu'i l y a malgré tout beaucoup de pauvres qui ont besoin d'être aidé. Mais en majorité les malades , les SDF, etc, sont pris en charge . Juste à voir ce qui se passe en juillet et août dans les services médicaux, surcharge de travail, de misère, de personnes seules.
Il faut tout revoir avec des yeux neufs et dans le monde tel qu'il existe actuellement. On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres.
Le diaconat n'est pas une nécessité qui compense un manque masculin, cela est sexiste et ne peut être accepté aujourd'hui. Le diaconat féminin serait plus un désir des femmes de servir, un désir des hommes de donner à la femme une vraie place dans l'église, sans supériorité masculine.
L'hystérie des femmes a disparu du monde médical. Donc pourquoi avoir peur de la femme? Rejeter sa participation.
Je ense que suivant la 'magie 'ou le 'rituel ' à 60 ans toute femme a perdu ses 'menstrues ' ses ' lunes ' et donc elle n'est plus souillée par le sang de la génération.
Alors elle peut entrer dans le saint des saints, le sanctuaire.

22.Posté par Marie Genko le 10/08/2009 20:52
Chère Vinika,
Vous avez parfaitement raison, nous vivons dans un contexte très différent de celui des orthodoxes en Russie! Chaque peuple a sa culture et l'orthodoxie a justement cette heureuse particularité d'acculturation aux peuples qui adoptent cette Foi chrétienne.
Les descendants de la première vague de l'émigration russe se sont scindés en deux, l'Église Orthodoxe Hors Frontière et l'archevêché de la rue Daru. Les premiers étaient, et sont toujours, extrêmement conservateurs et les seconds au contraire veulent, comme vous, voir le monde actuel avec des yeux neufs.
Voilà pourquoi, nous devons tous prier pour que l'union de toutes les juridictions russes de France et d'Europe occidentale se fasse.
Le jour béni où cette union se fera enfin, l'Église orthodoxe russe s'enrichira de tout un apport nouveau venu de la pensée des théologiens occidentaux.
Ce jour là vous verrez certainement des diaconesses, elles existent d'ailleurs déjà, ce me semble, sur le continent américain?
En Occident, cela ne choquera probablement personne.
En Russie cette ordination, si le Seigneur l'inspire au peuple de Dieu, se fera aussi lorsque son temps sera venu.
Je ne pense pas être sexiste et je ne crois pas que la femme soit inférieure à l'homme!
Je crois simplement que nous sommes construites différemment et que nos aptitudes, nos talents si vous préférez, sont autres que ceux de nos fils et nos maris.
Nous devons accepter cette différence qui n'a rien d'humiliant, puisque la Mère de Notre Seigneur est une femme aussi!

23.Posté par vinika le 11/08/2009 11:05
chère Marie, bien entendu, je suis tout à fait d'accord avec vous pour croire que la femme est différente de l'homme dans son âme, son esprit et son corps, l'enfantement étant déjà le témoignage de cette différence. J'accepte cette différence, je ne la sens pas humiliante mais je suis révoltée quand l'homme la rend humiliante ou quand la femme se sent inférieure à l'homme. Il n'y a ni premier, ni dernier, ni fort , ni faible... mais effectivement des différences qui se complètent. On peut en trouver la preuve dans la vie des saints catholiques par exemple où souvent il y avait une âme féminin ou masculine qui " complétait" l'oeuvre d'un fondateur d'ordre monacal.. . Par exemple Sainte Claire et Saint François d'Assise, Thérèse d'Avila et Jean de la croix...
Mais au nom de cette différence, que d'anéantissement, de dénigrement, d'infériorité cultivés par les églises elles mêmes, quel que soit la confession. Et même quelle que soit la religion...
L'EOHF et L'archevêché rue Daru, mais il y a aussi l'évêché rue Pétel... L'union de toutes les juridictions ? Me semble bien loin... Déjà à écouter certains, on a peur ! Il y a les blancs, il y a les rouges, il y a les occidentaux, les orientaux, les extrémistes,, les conservateurs, les modernes, les tenants des grecs, ceux des russes, des autres russes , et toutes autres juridictions...etc...
les êtres humains aiment jouer à la cour de récréation... mixte !

24.Posté par Francodeport le 11/08/2009 12:29
Comme le remarquait Rabelais en son temps la qualité première demandée un pape, c’est d’avoir des c. Le reste est accessoire.

Personnellement je pense qu’il est beaucoup plus efficace de servir notre Seigneur incognito, comme Zorro le justicier masqué, qui agit selon sa conscience et ne tire aucun profit de son identité.

Je me pose la question suivante : quelle est la véritable identité de la femme, quelle est celle de l’homme ?

Dans I Timothée 2 :11-15, que veut dire Paul lorsqu’il écrit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence, car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; Adam n’a pas été séduit, mais la femme séduite, s’est rendue coupable de transgression ; Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans l’amour, et dans la sainteté. »

Si on prend ces paroles à la lettre, alors je ne peux que m’écrier au scandale : Paul serait-il un gros salopiaud ? Il n’est pas donné à toutes les femmes d’être mère.

Ces paroles font bien partie du canon et je ne pense pas que Paul soit un gros salopiaud. Voici comment je les comprends : L’Homme (de sexe féminin ou masculin) naît d’abord « femme », c’est-à-dire passif, se laissant conduire (séduire ?) par le monde qui l’entoure. Puis, s’Il grandit comme il convient, Il atteint l’âge d’ « homme » : il peut alors enseigner ses frères (de sexe féminin ou masculin). Néanmoins s’il ne parvient pas à l’âge d’ « homme » et s’Il reste « femme », Il sera sauvé en devenant « mère » (qu’il soit de sexe masculin ou féminin), c’est-à-dire en aimant comme seule une mère sait aimer ses enfants.

Beaucoup d’hommes qui nous enseignent ne sont pas parvenus à l’âge d’homme. Ils se font appeler « père », si au moins ils pouvaient devenir mère !
Beaucoup de femmes qui ne nous enseignent pas officiellement sont parvenues à l’âge d’homme. Il n’est pas bon de ne pas leur permettre accéder officiellement à ce qu’elles sont.

25.Posté par vladimir le 16/08/2009 18:17
Et bien voilà une question qui provoque bien des réactions diverses! Je sais d'ailleurs que la question se pose aussi dans l'Église catholique, mais je ne sais pas où ils en sont.

Je vais juste apporter quelques précisions supplémentaires glanées dans mes lectures:
• Le manque de diacres est patent: les ¾ des paroisses n'en ont pas et, si je me souviens bien des derniers chiffres, il y en a bien 4 fois moins que de prêtres. Mais cela n'est pas surprenant actuellement, quand le diaconat est majoritairement vécu comme une étape transitoire vers la prêtrise. La question se poserait différemment avec les diaconesses, pour qui se serait une fin en soi.
• La question de l'âge est évidement importante, puisqu'il y a, chez les jeunes femmes ces 'périodes impures' qui rendent impossible l'approche du sanctuaire. Les canons en tiennent évidement compte.
• Comme je l'ai écrit les ordinations modernes dont j'ai entendu parler concernent toutes des religieuses dans des couvents. Il est logique qu'elles puissent là seconder les prêtres, en particulier 'pour porter les Saints Dons aux sœurs qui ne peuvent se déplacer.' Une autre solution proposée et d'ordonner des épouses ou veuves de prêtres, comme dans l'Église primitive, car elles ont évidement une grande expérience de l'assistance au sacerdoce.
• Je ne pense pas que des ordinations de ce type posent spécialement problème en Russie, où les femmes ont joué un rôle essentiel pour la survie de la religion. Le fait que tout le travail préparatoire a été accompli avant le Concile de 1917-18 est significatif: je n'ai rencontré personne qui se soit opposé aux conclusions de ce Concile et, au contraire, l'Église essaye de plus en plus de les mettre en pratique. D'ailleurs le débat actuel (j'ai cité un article publié sur le site de l'Institut Saint Philarète) montre bien que l'ordination de diaconesses a des supporters actuellement aussi, même si cela n'est pas du tout une priorité.

26.Posté par Francodeport le 17/08/2009 14:20
Bonjour Vladimir,

Je ne comprends pas le point deux. Pourriez-vous me l'expliquer ?

"• La question de l'âge est évidement importante, puisqu'il y a, chez les jeunes femmes ces 'périodes impures' qui rendent impossible l'approche du sanctuaire. Les canons en tiennent évidement compte. "

27.Posté par vladimir le 18/08/2009 11:18
@Francodeport
Je ne suis pas un érudit ni un canoniste, et je vais donc vous donner l'explication du commun des fidèles, en espérant que plus compétent que moi complétera.
Comme vous le savez certainement, le sang est signe d'impureté. De ce fait les jeunes femmes ne peuvent approcher du calice pendent les périodes mensuelles de pertes. De même elles ne peuvent communier après l'accouchement avant la fin d'une période de purification et une prière spéciale; cela explique que, traditionnellement, la mère n'assistait pas au baptême de son nouveau né, car il avait lieu très vite après la naissance.

28.Posté par Francodeport le 20/08/2009 10:22
Bonjour Vladimir,

Merci de votre réponse.

Vous me dites : "Comme vous le savez certainement, le sang est signe d'impureté."
il me semble en effet avoir lu quelque chose dans ce sens, je n'ai pas le temps de vérifier dans quel contexte. Je suis très loin d'être érudit sur les textes bibliques, mon cas est plus grave encore en ce qui concerne les traditions.

Cependant dans le nouveau testament, le sang est signe de vie pas d'impureté. C'est par le sang versé de Jésus que nous sommes sauvés.

J'aimerais en effet que quelqu'un de compétent m'explique ce point deux que je persiste à ne pas comprendre dans le fond.

Pour moi suivre Jésus c'est ne pas se conformer à la chair (je comprends et respecte les symboles), mais c'est suivre l'esprit.
C'est pourquoi je ne comprends pas que seuls des hommes selon la chair puissent être ordonnés prêtre, et que les femmes ne le puissent pas même si elle sont infiniment plus "spirituelles".
Je comprends que pour une représentation (comme au théâtre) on choississe de préférence un acteur masculin pour représenter Jésus, mais cela ne satisfait que l'apparence. Or un chrétien ne doit plus juger sur l'apparence.

Vous indiquiez également : "'Une autre solution proposée et d'ordonner des épouses ou veuves de prêtres, comme dans l'Église primitive, car elles ont évidement une grande expérience de l'assistance au sacerdoce."
Que penseraient les Français si on déclarait Carla présidente parce que Nicolas a été élu président ?
Ce genre de truc n'est accepté que dans les dictatures.

29.Posté par vinika le 30/08/2009 09:44
les derniers dialogues me font songer à la "femme impure " l'hémmoroïsse " qui toucha la robe de Jésus, et il dit " qui m'a touché ? "
une force est sortie de moi ....

-----
et elle a été guérie, pour les orthodoxes je pense que c'est Sainte Véronique... pas certaine mais si c'est le cas, quel parallèle avec la femme au voile au visage ?



30.Posté par vladimir le 30/08/2009 22:52
30/08/2009
@ Vinika
Merci pour ce rappel qui montre bien que les pertes de sang sont restées marques d'impureté … jusqu'à ce qu'elles soient guéries! Et toute la tradition ultérieure a maintenu ce signe d'impureté, comme je le rappelais dans mon commentaire précédent, la seule Femme ayant enfanté sans impureté étant, bien évidemment, "La Toute Pure et toujours Vierge Mère de Dieu"…
Je ne sais pas d'où vient le lien entre la femme impure et Sainte Véronique.

@ Francodeport
Concernant votre dernier paragraphe: vous devez vraiment peu connaître les épouses de nos prêtres orthodoxes. Elles sont en fait le plus souvent le véritable second de leur mari, remplissant, surtout dans les petites paroisses, les rôles de chantre, chef de chœur, lectrices marguillier… cumulant parfois ces fonctions. Leur ordination comme diaconesses en serait une suite logique et renouerait avec l'antique tradition d'ordonner les épouses des évêques. D'ailleurs nos prêtres ne remplissent-ils pas, par délégation, une grande partie de ces fonctions épiscopales de l'antiquité?

Quant à la prêtrise: j'ai rappelé que c'est Dieu qui a désigné des hommes pour Le servir, puis le Christ a choisi des hommes pour recevoir l'Esprit Saint à la Pentecôte… Les femmes sont appelées à d'autre fonctions, dont le diaconat, et ce n'est pas nous qui pouvons modifier les lois divines…

PS: en tant que Français, je n'ai rien contre une présidente et pourquoi pas Carla? Les USA ont bien failli avoir Mme Clinton...:)

31.Posté par genovieva le 31/08/2009 13:05
Concernant sainte Véronique et son voile, il me semblait que les orthoxes considéraient qu'il s'agit là d'une "légende latine", cependant son histoire est reprise sur de nombreux sites plutôt officiels, comme pravoslavie.ru.

Pour ce qui est du lien avec l'hémoroïsse, j'ai trouvé les informations suivantes sur ce site (est-ce que Bérénice et Véronique sont le même nom? :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:V%C3%A9ronique_(christianisme)

C'est dans un Evangile Apocryphe, les Actes de Pilate ou Évangile de Nicodème, que le nom de la sainte femme apparaît pour la première fois. Elle fait partie des quatre témoins qui, outre Nicodème lui-même, vont parler en faveur de Jésus devant Pilate. Le texte est très court : "Une femme du nom de Bérénice lui cria de loin : "J'avais une perte de sang, et j'ai touché la frange de son manteau et mon flux s'est tari, qui durait depuis douze ans !" Les Juifs dirent : "Notre loi n'admet pas le témoignage d'une femme."

La référence aux Synoptiques est claire. Mathieu (9, 20-22), Marc (5, 25-34) et Luc (8, 43-48) racontent l'histoire de l'hémoroïsse, qu'ils situent tous trois au milieu de l'épisode de la fille de Jaïre, entre le moment où Jaïre vient solliciter Jésus et celui où ils arrivent à la maison en deuil. Il est probable que, suite à la guérison dont elle bénéficia, elle vint grossir le nombre des compagnons de Jésus, qui, si l'on en croit Luc (8, 1-3), comptaient les Douze "et quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies."

Mais comment a-t-on pu passer de l'histoire de l'hémoroïsse à celle de Véronique, du flux de sang au voile du Calvaire ?

Les points communs entre les deux épisodes sont, à bien y regarder, assez nombreux. Dans les deux cas, Jésus marche ; dans les deux cas, il est question d'une pièce de tissu (le manteau et le voile) ; dans les deux cas, il y attouchement entre le Maître et la femme par l'intermédiaire de l'étoffe ; dans les deux cas, une "force" se dégage de Jésus, une "énergie" qui produit un résultat également miraculeux, la guérison et l'impression du voile.

L'extrême popularité de l'Evangile de Nicodème au Moyen-Age a permis de répandre le nom de Bérénice et son histoire.

32.Posté par vinika le 31/08/2009 21:29
merci beaucoup, effectivement véronika et bérénice sont en fait le même prénom. Passionnant, cette recherche. Dans la tradition judaïque le sang est impur, de là au christianisme, il est venu car ce sont des juifs à l'origine.
Véronique est la patronne des lingères et des photographes.
Sur le voile il y avait des traces de sang et de sueur, excrétions des humeurs impures qui sortent du corps. et c'est elles qui reproduisaient le visage du Christ;
La femme portait le voile comme un manteau sur la tête et le dos.
Je ne sais pas s'il y a un lien avec les visions d'Anne Catherine Emmerich? je vais rechercher ça.

33.Posté par Vladimir le 01/09/2009 11:30
Vraiment intéressante cette recherche sur les sources d'une tradition: si sainte Véronique est moins populaire chez les orthodoxes, la Sainte Face est très vénérée car c'est la première icône; elle est "non faite par une main humaine" (нерукотворная) et ce fait participe grandement à la justification de la vénération des icônes. Il y en a nombre de reproduction dans l'iconographie.

34.Posté par genovieva le 01/09/2009 14:20
Tout à fait. Il semble néanmoins que l'icône 'non fait de main d'homme', dans la tradition orthodoxe, fasse plutôt référence à une autre représentation originelle de la Sainte Face du Christ, celle envoyée par Jésus à Abgar, roi d'Edesse, qui obtint ainsi la guérison (selon le récit tiré de l'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée).

Ouspensky (cité par... Wikipedia, pardonnez-moi) fait explicitement référence à cette représentation :

« L'Église garde des traditions qui, par leur contenu, même exprimé sous une forme légendaire, servent à manifester et à affirmer les vérités dogmatiques de l'œuvre divine. (…) C'est pour cela que ces traditions, comme celle de l'image non faite de main d'homme et du roi Abgar, sont fixées dans les Actes des Conciles et dans les écrits patristiques, c'est pour cela qu'elles entrent dans la vie liturgique orthodoxe. »

A propos, je serais intéressée de connaître la position des orthodoxes, en général, concernant le suaire de Turin?

35.Posté par vinika le 01/09/2009 17:47
dans le livre " icônes et saints d'orient " collection guide des arts, l'image du Christ "non fait de mai nd'homme " révélation de la sainte face.

Tradition occidentale: sainte Véronique essuie le visage du Christ. Selon la Légende dorée de Voragine, l'empereur Tibère guérit en la regardant.
cette relique appelée " la Véronique " est copiée. Icône de Manopello ou de Gênes.

Tradition orientale: La Sainte face est le "mandylion" portrait envoyé par Jésus à Edesse pour guérir le roi Abgar. Caché dans un mur retrouvé en 545, transféré à Constantinople en 944, exposée à Sainte-Sophie jusque 1204. Le saint suaire y correspondrait ?

trois Mandylion : le saint Kéramion de Novgorod, la sainte face de Laon, la sainte face de Iaroslav.

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Anne Catherine Emmerich : dans ses visions décrit :
Une femme de haute taille et d'un air distingué, tenant une jeune fille par la main, sortit d'une grande maison située à gauche de la rue et se précipita au-devant du cortège. c'était Seraphia, femme de Sirach, membre du Sanhédrin, celle qui, depuis, reçut le nom de Véronique, de véra icon, vrai portrait , par suite de l'acte qu'elle accomplit en ce jour.
Séraphia avait préparé un vi naromatisé et exquis, dans le pieux dessein de osulager le Seigneursur son chemin de douleur. Elle était voilée et un linge pendait de ses épaules. (...) jésus prit le linge de la main gauche et l'appliqua contre son visage ensanglanté, puis, entre cette main et la droite qui soutenait la croix, il le pressa un peu et le lui rendit.
(...) c'était l'usage de porter au-devant de gens affligés ou malades de pareils suaires autour du cou pour leur témoignenr qu'on prenait part à leur peine.
(...)
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dans le symbolisme, le sang est apparenté au soleil et à la vie. Noblesse, générosité, force, beauté. Principe de génération. Véhicule de l'âme. Part du coeur et va au coeur . (Dionysos, Mars, colère, paternité.
le sang répandu correspond à un sacrifice, la femme qui a ses menstrues fait le sacrifice de l'enfant potentiel ,celui qui aurait pu naître. Elle devient forte comme un homme, semblable à l'homme. Donc ne peut entrer dans l'autel, le lieu saint. Ou alors elle perd sa force vitale et son âme ou son esprit s'échappe d'elle donc elle est faible. Elle est "possédée " comme les prêtresses des cultes païens...

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le sang me fait penser à Joseph d'Arimathie et la coupe du graal empli du sang et de l'eau du côté percé du Christ sur la croix, et que recueillent les anges;

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dans la tradition menstrues est lié à la lune, au cycle lunaire. Il existe donc un lien entre la lune et la femme. la lune est associée aux grandes déesses dans les anciens cultes. La femme pendant ses rêgles est "tabou " intouchable, sacrée, à l'écart, malpropre, infertile...
la femme qui enfante aussi est impure.
sept jours pour un garçon, 14 jours pour une fille;
rappel de la faute, du paradis, de la chute,




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