Le Protopresbytre Serge Pravdolubov : Pour vénérer les nouveaux martyrs nous devons surmonter d’abord la peur diluée dans notre sang
Dans le cadre de la présentation du livre d’Olga Goussakova « Les gardiens de la foi » à la librairie « Biblio-Globous », le Protopresbytre Serge Pravdolubov a raconté ses souvenirs sur les nouveaux martyrs qu’il avait connu ainsi que sur la vie d’une famille orthodoxe pendant les persécutions religieuses.

La lignée du père Serge comprenait beaucoup de prêtres dont des confesseurs et des martyrs qui avaient subis la haine des autorités athées. Aucun d’entre eux n’éprouvait de la haine à l‘égard de ses persécuteurs.

« Notre famille comprenait qu’il fallait percevoir l’animosité des autres avec patience que ce soit de la part d’un autre enfant, d’un directeur d’école, des autorités ou des voisins. Avec mon frère nous ne réalisions pas ce que notre père avait enduré dans le camp des Solovki et nous ne le respections pas assez. Il disait : « Vous ne pouvez pas savoir ce que j’ai vécu dans les camps. A l’époque, les survivants des camps étaient vénérés, on leur demandait des conseils y compris sur la vie spirituelle ».

Le père Serge n’en a pris conscience que lorsqu’il est devenu lecteur dans une église dans la région de Kaluga. Un jour en lisant le canon consacré à tous les saints russes il s’est pénétré d’un amour profond pour les nouveaux martyrs. Touché au cœur de son âme, à la fin il a improvisé un tropaire dans lequel il a rendu hommage à ses trois grands-pères et au frère de son père, tous ayant souffert pour Jésus Christ et fusillés. Cela s’est passé bien avant la canonisation des martyrs. « Pour moi il n’y avait pas de frontière entre le moment où ils n’étaient pas saints et le jour où ils ont été vénérés en tant que tels ».

Le père Serge a participé la préparation de la canonisation de 32 saints de Riazan (dont 11 sont ses proches). Il a rappelé que de simples paysans mourraient aussi souvent en martyrs. « Une femme que je connaissais a été arrêtée et fusillée pour une simple phrase : « Pourquoi arrêtez-vous le prêtre ? Il n’est coupable de rien ». Ensuite, lors de l’enquête elle aurait pu renoncer à ses paroles et aurait été ainsi sauvée mais elle n’a rien renié ».

C’est une joie de savoir que certains de tes ancêtres sont martyrs parce qu’ils prient pour toi et on peut espérer leur soutien quand on en aura besoin. Et si tu les aimes, eux-aussi, ils vont chercher à t’aider. Ainsi, lorsque Joseph le Chanteur de psaumes (+883) qui avait composé beaucoup de canons aux saints était à l’agonie tous les saints qu’il vénérait sont apparus pour aider son âme à partir dans l’au-delà.

Cependant, force est de constater aujourd’hui que les martyrs ne sont pas assez vénérés dans notre société. Même Saint Nicolas le Thaumaturge n’est pas vénéré comme avant. « En fait, les personnes ne savent plus qui est Saint Nicolas. Comment voulez-vous que les citoyens russes se mettent à vénérer les martyrs qui sont morts dans les camps ? Il est difficile de surmonter l’inertie de la mentalité soviétique. Pour cela il faut, d’une part, faire des efforts et étudier la foi de nos pères. D’autre part, il est important de vaincre la peur diluée dans notre sang ».

Aujourd’hui le père Serge prépare un livre de souvenirs de son père et espère le publier dans le futur immédiat.

A. Reoutsky
Traduction Elena Tastevin
Tserkovny Vestik

Le Protopresbytre Serge Pravdolubov : Pour vénérer les nouveaux martyrs nous devons surmonter d’abord la peur diluée dans notre sang

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Mars 2014 à 09:38 | 0 commentaire | Permalien



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