Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”
En juillet 2018, le patriarche Cyrille s'est rendu en pèlerinage dans l’Oural à l’occasion du centenaire de l’assassinat de la famille de Nicolas II

Choix et rédaction des documents, avant-propos et notes de Nicolas Ross - Documents traduits du russe par Jean Christophe Peuch

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de l’ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu’on a pu croire, les exécutants et les complices de et assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d’un secret bien gardé jusqu’aux dernières années de l’existence de l’URSS.

Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent.


Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”
Quatre des gardes rouges de la maison de l’ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés.

Yakov Yourovski /membre de la Tcheka, le commandant de la maison Ipatiev/, Ermakov, Nikouline et Medvedev, quatre des dix ou onze assassins ayant pris part au massacre de Nicolas II et de sa famille.

En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l’exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu’en 1989 et qui connut rapidement une résonnance internationale.Cette note se trouve actuellement dans les Archives présidentielles privées de la Fédération de Russie (APRF), (référencée APRF f.3 op 58 d. 280). D’abord publié en 1993 dans le russe original dans une petite publication savante russe Istochnik .

Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”
Yakov Mikhaïlovitch Yurovsky (1878-1938)

Après Iourovski, d’autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu’à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés. Les récits des assassins du tsar et leurs complices dévoilent aussi leur vie d’avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu’à la tragédie d’Ekaterinbourg.

Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”
Traces des balles sur le mur de la pièce où lieu l’assassinat de la famille impériale .

Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C’est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque protagoniste.

En plus du récit de l’exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l’atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d’exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques.

Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”
Nicolas Ross est docteur en histoire. Spécialiste de l’histoire russe, a publié aux Editions des Syrtes : Aux sources de l’émigration russe blanche (2011), Saint Alexandre-Nevski, centre spirituel de l’émigration russe (2011), La Crimée blanche du Général Wrangel (2014), Koutiepov (2016), et De Koutiepov à Miller (2017) dans la collection « Mémoire de l’émigration blanche ».

En librairie le 17 mai 2018
sur AMAZON – Histoire 256 pages – 20€
ISBN: 978 2 940523726 Lien ARTCORUSSE

Nicolas Ross : “Ils ont tué le tsar… Les bourreaux racontent”

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 19 Octobre 2018 à 07:52 | 7 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Malinine le 30/05/2018 21:52 (depuis mobile)
Bonsoir !
On peut aussi commander le livre sur le site des éditions des Syrtes : www.editions-syrtes.com
Merci !

2.Posté par France 24: Les détenus de la maison Ipatiev le 18/07/2018 10:24
Dans son édition du 21 juillet 1918, Le Gaulois est l’un des premiers journaux français à en faire l’annonce : "Le Tsar aurait été fusillé". "Lors de la première séance du Comité central exécutif des Soviets, la nouvelle est venue par fil direct, de la part du Soviet des Provinces de l’Oural, de l’assassinat de l’ancien tsar Nicolas Romanoff", peut-on lire en Une.

Le même jour, le Figaro reprend aussi l’information : "Le Tsar n’avait pas été assassiné à Ekaterinbourg au mois de juin par des gardes rouges furieux. Il a été fusillé le 16 juillet par les bourreaux du Soviet après une infâme comédie judiciaire". Les deux journaux précisent alors que la tsarine et le tsarévitch "ont été envoyés en lieu sûr". Le sort des quatre filles du couple impérial n'est pas mentionné.

Cent ans après, la disparition du tsar et de sa famille continue de faire couler beaucoup d’encre. Historiens, auteurs et autres enquêteurs amateurs continuent de se disputer la vérité. Que s’est-il passé dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg, dans la tristement célèbre maison Ipatiev ? L’ensemble de la famille impériale a-t-elle été exécutée ? Certains membres ont-ils été épargnés ? Que sont devenus leurs corps ?

À l’occasion du centenaire de leur mort, Nicolas Ross, docteur en histoire, a choisi d’aborder la question en donnant la parole aux bourreaux des Romanov. Dans son dernier livre "Ils ont tué le Tsar" (Editions des Syrtes), il rapporte le témoignage des acteurs de cet assassinat à partir de procès-verbaux ou de leurs récits à l'époque. "L’idée était de montrer le point de vue de ceux qui ont accompli cette action, pourquoi ils l’ont fait, qui étaient-ils, leur origine et la manière dont ils traitaient la famille impériale", explique ce spécialiste de la Russie. SUITE

3.Posté par Vladimir.G: la mémoire retrouvée des Romanov le 18/07/2018 13:06
Cent ans de l'assassinat de Nicolas II : la mémoire retrouvée des Romanov

Par Jean des Cars Publié le 17/07/2018 à 17:26

FIGAROVOX/ANALYSE - A l'occasion des cent ans de cet évènement, Jean des Cars revient sur l'assassinat du tsar Nicolas II et de sa famille par les bolchéviques.

Jean des Cars est journaliste et écrivain. Il est l'auteur de La saga des Romanov: De Pierre le Grand à Nicolas (Plon, 2008) et de Nicolas II et Alexandra, une tragédie impériale (Perrin, 2015).

Il y a cent ans, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra, leurs cinq enfants et quelques proches étaient assassinés par les bolcheviques dans une cave de la maison Ipatiev, à Ekaterinbourg, dans l' Oural. Un siècle plus tard, dans une Russie transformée depuis la chute de l' URSS et qui ne cesse de fouiller et de retrouver son passé impérial, ce triste anniversaire sera marqué par une cérémonie devant le puits de mines où leurs dépouilles avaient été déposées, dépecées et brûlées à l'acide avant d'être déplacées le lendemain où elles ont été découvertes en 1991. Le mensonge de Lénine était démasqué puisqu'il avait ordonné qu'on ne retrouve jamais rien du dernier tsar et de son entourage qui l'avait accompagné durant une année de pérégrinations. À Saint-Petersbourg, un service orthodoxe réunira les descendants actuels des Romanov dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul. Au bord de la Neva, c'est en ce lieu que furent inhumés, le 17 juillet 1998, les corps identifiés après de longues et minutieuses analyses scientifiques des plus emblématiques victimes de la révolution. Cette cérémonie, impensable une dizaine d'années plus tôt, permit à Boris Eltsine, président d'une Russie postsoviétique vacillante, mafieuse et aux abois, de demander publiquement pardon «pour les crimes du bolchevisme, du stalinisme et de leurs successeurs» devant les petits cercueils. Cette confession eut lieu devant des membres de la famille impériale, de nombreux ambassadeurs accrédités à Moscou et des personnalités telles que le prince de Kent, cousin et représentant personnel de la reine Elizabeth II. Je n'oublierai jamais cet intense moment de réconciliation historique et de courage politique. Le silence qui suivit cette contrition en disait long. Dès le lendemain, des foules denses défilaient en silence dans la chapelle Sainte Catherine où ont été déposés les cercueils et non sous la grande nef, Nicolas II ayant été exécuté alors qu'il avait abdiqué le 3 mars 1917 et n'était donc plus régnant au moment de sa mort.

Que Boris Eltsine se soit frappé la poitrine était d'autant plus spectaculaire que lorsqu'il était secrétaire général du Parti communiste, il avait donné l'ordre raser la maison des Romanov.

Que Boris Eltsine se soit frappé la poitrine et que son épouse se soit agenouillée était d'autant plus spectaculaire que lorsqu'il était secrétaire général du Parti communiste de l' Oural, le même Eltsine, exaspéré par le culte de certains habitants devant la maison Ipatiev, avait donné l'ordre de la raser. Cela n'avait servi à rien: l'apparatchik, désavoué par le peuple, fut obligé de faire construire une petite chapelle en rondins avec des icônes et des bougies rappelant, obstinément, le lieu du martyre. Aujourd'hui, une cathédrale y a été élevée. La mémoire a survécu à la peur et à la dictature. Comme l'a remarqué George Orwell: «Le passé est imprévisible».

4.Posté par Vladimir.G: Les orthodoxes russes célèbrent la mort de Nicolas II le 19/07/2018 17:13
Les orthodoxes russes célèbrent la mort de Nicolas II, le dernier tsar

Pierre Avril, LE FIGARO, Publié le 17/07/2018 à 17:00
Il y a cent ans, Nicolas II et sa famille étaient assassinés à Ekaterinbourg, la capitale de l'Oural. Sur ces mêmes lieux, le patriarche Kirill a exhorté des milliers de fidèles à prier pour le tsar et à maintenir leurs traditions.

Correspondant à Moscou

Une procession a réuni près de 100.000 personnes dans la nuit de lundi à mardi, à Ekaterinbourg (Oural), pour commémorer le centenaire de l'assassinat par les bolcheviques du dernier tsar Nicolas II, et des membres de sa famille. À la tête de l'Église orthodoxe, le patriarche Kirill a guidé le cortège qui venait de différentes régions de la Russie, et a quitté vers 02H00 du matin le lieu où ont été tués le tsar et sa famille. Tenant dans leurs bras des croix orthodoxes, des icônes et des portraits du tsar et des membres de la famille impériale assassinés, les pèlerins ont rejoint à pied le monastère de Ganina Iama, situé à 21 kilomètres, en chantant des prières.
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Ce monastère avait été érigé dans la forêt en 2003, précisément pour commémorer cet événement tragique. «Nous prions pour le tsar et l'empereur Nicolas, un martyr, nous prions pour ceux qui ont souffert avec lui», a déclaré le patriarche Kirill devant la foule, qui avait allumé des bougies. «Nous devons vraiment résister à toute idée ou dirigeant qui nous propose, via la destruction de notre vie, de nos traditions et de notre foi, d'adopter un soi-disant nouvel avenir inconnu et heureux», a ajouté le dignitaire religieux.

Des tests ADN sur les ossements retrouvés

Voici près de trente ans qu'une partie des fidèles russes commémorent l'assassinat du tsar. Depuis la chute de l'URSS, une procession annuelle est même organisée dans la nuit du 16 au 17 juillet, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes. En ce centième anniversaire, l'événement a pris un relief particulier. Une occasion pour l'Église orthodoxe de réitérer son refus de reconnaître l'authenticité des ossements de la famille impériale découverts en 1979 dans une fosse proche de l'actuel monastère de Ganina Iama. Un tel geste de conciliation n'est pas attendu, le cas échéant, avant deux ans.

En 1998, sous le gouvernement de Boris Eltsine, ces restes de Nicolas II, de sa femme et de trois de ses enfants avaient été inhumés à la forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg, à l'issue d'une cérémonie boudée par le patriarche de l'époque, Alexeï. Sur la foi de tests ADN, le comité d'enquête, un organisme judiciaire lié au Kremlin, a pourtant confirmé, lundi, l'authenticité des restes. Et l'État russe, proche de l'Église orthodoxe, ne s'est pas associé à la commémoration d'Ekaterinbourg.

Le leader nationaliste à la Douma, Vladimir Jirinovsky, a néanmoins proposé que le parlement entonne chaque année l'hymne tsariste, «Dieu, sauve le tsar».

5.Posté par УЧАСТНИК РАССТРЕЛА ЦАРСКОЙ СЕМЬИ РАССКАЗЫВАЕТ О КАЗНИ le 11/08/2018 17:16
Голос на этой записи принадлежит Григорию Никулину — одному из участ­ников расстрела царской семьи в 1918 году в доме Ипатьева в Екатеринбурге. Беседа со сделавшим в СССР довольно успешную карьеру, но никогда широко не афишировавшим своего участия в тех событиях Григорием Никулиным проходила весной 1964 года, за год до его смерти, в Московском радиокоми­тете.

Но предназначалась эта запись вовсе не для эфира: пленка была помеще­на в Центральный государственный архив звукозаписей, где по сей день и хранится.

Глубоко волнующим этот исторический документ делает, быть может, именно несоответствие зловещих деталей истории убийства и инто­наций этого в чем-то располагающего к себе голоса.

Это нечто запредельное: спокойный и рассудительный рассказ о собственном участии в зверском убийстве женщин и детей...

Чекист-убийца совершенно спокойно рассказывает об убийстве и даже говорит, что они "проявили гуманность"...

6.Posté par Vladimir.G: effectivement un document percutant le 12/08/2018 16:24
Merci УЧАСТНИК,

C'est effectivement un document percutant! Il s'agit d'un court extrait (6mn) d'un enregistrement de 3h dont des extraits plus importants sont publiés dans l'ouvrage de N. Ross.

7.Posté par Vladimir.G: effectivement un document percutant (suite) le 12/08/2018 16:50
G.P. NIKOULINE, le No 2 des assassins de la sainte famille impériale, raconte le massacre en 1964; le document est conservé aux archives d'État russes d'histoire politique et sociale et a été publié pour la 1re fois en 2008.

Ce témoignage froid et sans aucune émotion est glaçant. Il dit même avoir fait preuve d'humanité" (sic!) comme le souligne УЧАСТНИК

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