« Nous nous heurtons à bien des difficultés » déclare Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie, Cornélius
Le primat estonien compare la situation en Estonie à celle de l’Ukraine.

Au début de la Nouvelle année, les autorités d’Estonie ont donné un signal clair aux croyants : ils seront désormais classés selon le critère « ami vs ennemi ». Le gouvernement vient d’attribuer des subventions substantielles, à l’échelle locale, à l’Église évangélique luthérienne et à l’Église orthodoxe apostolique estonienne, créée par le patriarcat de Constantinople.

Par contre la très nombreuse communauté du patriarcat de Moscou n’a, comme d’habitude, rien reçu. Tel est le contenu d’une dépêche spéciale de RIA Novosti.

À ses « amis » le Tallin officiel a accordé ces fonds « à titre de dotations non soumises à remboursement pour dédommagement aux Églises des pertes subies durant la guerre et l’occupation. »

On comprend, selon cette logique, qu’il était impossible d’inclure parmi les bénéficiaires une organisation religieuse qui comporte dans son intitulé le nom de la capitale de « l’état agresseur », surtout si l’on oublie que cette église était elle-même victime de répressions de la part du pouvoir soviétique tant honni des autorités estoniennes.

Comme le précisent les médias locaux, ces subventions ont été accordées à la demande des organisations religieuses bénéficiaires et seront consacrées à la restauration de bâtiments existants ou à l’achat de nouveaux bâtiments. L’Église orthodoxe d’Estonie – patriarcat de Moscou – a indiqué à RIA Novosti ne pas avoir sollicité de telles subventions auprès des autorités locales.

« Nous ne sommes pas demandeur de telles subventions », assure le primat de l’Église d’Estonie.

Selon lui, l’Église orthodoxe d’Estonie – patriarcat de Moscou – ne reçoit aucune dotation du gouvernement estonien. C’est parfois le Conseil des Église d’Estonie et certaines municipalités qui apportent une aide financière, comme, par exemple, pour la restauration de l’église en bois de la Vierge-de-Kazan de Tallin, l’une des plus anciennes d’Europe.

Fin novembre, au cours concile épiscopal, le patriarche Cyrille a stigmatisé la situation complexe en Estonie. Bien que, selon lui, les gouvernants de ce pays « s’efforcent d’entretenir des relations constructives avec l’Église », de nombreux problèmes restent non résolus, comme, par exemple, celui du schisme qui s’est, produit au début du XXe siècle.

En 1920, le patriarche Tikhon a offert à l’Église d’Estonie une grande autonomie. Et pourtant, deux ans plus tard, le clergé du pays, rompant tout lien avec la Russie soviétique, a demandé au patriarche de Constantinople d’accorder à leur Église l’autocéphalie, c’est-à-dire une indépendance totale. Ce désir ne s’est pas concrétisé. Alors a été créée l’Église orthodoxe apostolique estonienne qui est autonome.

Quand l’Estonie est entrée dans l’URSS, le clergé estonien a été intégré au patriarcat de Moscou. Mais en 1993, le patriarche Alexis II a rendu son autonomie à l’Église d’Estonie, ce qui de facto l’a rendue administrativement et financièrement indépendante de Moscou. Mais les autorités locales s’entêtent à ne reconnaître comme légale que l’Église orthodoxe apostolique estonienne, bien qu’elle n’aie pratiquement pas de fidèles.

« J’ai été témoin de la visite du patriarche Bartholomée de Constantinople en Estonie. Le troisième jour de son séjour, il a demandé au primat de l’Église orthodoxe apostolique estonienne : „Qu’est-ce que ces deux autocars qui me suivent partout ? Et pouvez-vous me montrer de vrais fidèles ?” », se souvient Lioudmila, une fidèle l’Église orthodoxe estonienne.

La création de cette Église artificielle a entraîné une détérioration des relations entre Moscou et Constantinople. La reconnaissance officielle de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – n’est intervenue qu’en 2002, ce qui d’ailleurs, n’a pas vraiment changé grand-chose.

« L’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – se heurte à bien des difficultés : de nombreuses églises dans lesquelles nous célébrons la divine liturgie appartiennent à l’État estonien, nous n’en sommes que locataires, et ça ne change pas », regrette le primat de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou.

Les paroissiens se plaignent de l’hystérie russophobe des autorités et des médias qui entrave considérablement leur vie quotidienne.

« Le vieil adage selon lequel tous les membres du clergé sont des agents du FSB, est dans la vie courante solidement entretenu par les tenants des églises concurrentes de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – auprès des fidèles. Et, bien sûr, sert à de nombreux politiciens pour augmenter leur popularité. Les personnages officiels n’en parlent jamais, mais les semi-officiels, comme le recteur d’un établissement d’enseignement supérieur ou un vice-ministre de troisième rang, y vont de bon cœur », affirme Nicolas, habitant de Tallin et fidèle de l’Église orthodoxe estonienne.

C’est, toujours selon lui, la raison pour laquelle il n’y a aucune relation entre l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – et l’Église orthodoxe apostolique estonienne ; ce qui est une situation unique dans les pays baltes, il n’y a de problème semblable ni en Lituanie, ni en Lettonie.

Le Métropolite de Talinn et de toute l’Estonie, Cornélius compare la situation avec celle de l’Ukraine : dans les cas le scénario est identique, deux organisations religieuses s’affrontent avec le soutien silencieux des autorités. Et, bien sûr, c’est la faute des « agents du Kremlin » en soutane. À en juger par le fait que les autorités ignorent les problèmes que rencontrent les 150 000 fidèles de l’Église orthodoxe estonienne – patriarcat de Moscou – au regard des 20 000 de l’Église orthodoxe apostolique estonienne, on comprend que le problème du transfert des églises, y compris par la force « pour le moins », peut devenir réel.

Source : Russkaja narodnaja linija Traduction pour "PO"

Lire aussi L’Archiprêtre Igor Prekoup : A propos des problèmes de l'orthodoxie en Estonie

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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Janvier 2018 à 01:11 | 6 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Affeninsel le 11/01/2018 17:48
Je ne comprends pas bien : on affirme ne pas avoir sollicité de subventions auprès de l'état, mais on se lamente tout de même de ne pas en avoir touché... Où est la logique ?
Il semble que les représentants du patriarcat de Moscou en Estonie cherchent un peu trop à se présenter comme des victimes, même s'il n'est pas question d'ignorer la réelle hostilité de l'état à leur égard.

Or, si l'on cherche un tant soit peu les raisons de cette hostilité sans radoter sur cette "hystérie russophobe" fort commode, il ne faut pas oublier que les églises du patriarcat de Moscou en Estonie sont des églises slavophones qui desservent les importantes communautés ethniquement russes du pays. Or, c'est bien cette imposante minorité qui dérange ce minuscule état qui, on peut difficilement lui en vouloir, même si la situation est forcément instrumentalisée par l'OTAN, se souvient qu'il y a quelques années le pays était occupé par les soviétiques. Il serait hypocrite de dire qu'il n'y a rien de commun entre l'occupation soviétique d'alors dans la région et l'état russe actuel, qui conserve contre toute cohérence historique son enclave à Kaliningrad pour se ménager un accès à la mer.

Qu'on le veuille ou non, pour un état de petite taille qui se construit encore (l'identité estonienne, quoique réelle, commence à se définir consciemment assez tard dans l'histoire), la présence massive de populations russes sur son territoire est une gêne et rappelle de mauvais souvenirs. Le patriarcat de Moscou, en confirmant par sa politique slavophone ces populations dans leur indifférence à la vie nationale estonienne, ne se met pas en valeur comme composante de bonne volonté de la construction d'un état estonien libre et homogène. C'est tout autant visible dans sa manière de considérer l'Estonie comme une partie de son territoire canonique au même titre que la Biélorussie ou l'Ukraine, alors que l'Estonie n'est pas un pays slave, et n'a jamais fait partie de la Ruthénie antique pour laquelle l'église centrée autour de Kiev puis de Moscou a été instaurée.

Comment s'étonner, dès lors, que l'état estonien s'en défie et ne procure pas d'aide matérielle à ce qui peut-être légitimement vu comme l'église d'une colonie étrangère ? A-t-on oublié que la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva de Tallinn fut construite au moment de la politique de russification des marges non-slaves de l'empire tsariste ?

Il est évidemment dommageable que les églises orthodoxes soient ainsi divisées, et que cette division soit accrue par la réaction de l'état. Mais il semble évident que la Russie, état comme église, doit se poser la question de l'image qu'elle renvoie à ses voisins, historiquement et politiquement, avant de croire que sa présence est légitime partout, ainsi que son affirmation de son identité. Chanter tous les offices en langue locale serait un bon début.

2.Posté par Vladimir.G: La situation est moins simple que le main stream des media occidentaux la présente. le 18/01/2018 16:11
La situation est moins simple que le main stream des media occidentaux la présente.

CONTEXTE HISTORIQUE

les Estoniens, majoritaires à prés de 70% actuellement (contre 25% pour les Russes), n'appartiennent effectivement ni au groupe slave ni au groupe balte, mais au groupe "fennique" (comme les finnois.) Ce sont leurs missionnaires russes qui ont implanté les premiers foyers de christianisme dans cette région aux XIe-XIIe siècles: dans les réponses de l'évêque Niphon de Novgorod à Kirik, son successeur (1136-1156), le prélat indique ainsi que les "Tchoudes" (non donnés aux populations estoniennes dans les chroniques russes) doivent suivre un catéchuménat de 40 jours avant le baptême; de son côté, la chronique d'Henri de Livonie, rédigée entre 1224 et 1227 et portant sur les années 1186-1226, parle de la pénétration de l'Orthodoxie en Estonie et Lettonie au début du XIIIe siècle et de la destruction d'Églises orthodoxes au cours des croisades des Chevaliers Porte-Glaive quelques décénies plus tard. Durant la domination germanique et suédoise qui suivit pendant cinq siècles, l'Orthodoxie ne s'était maintenue que dans quelques foyers isolés refermés sur eux-mêmes: la minorité "Setu", petite ethnie de quelques milliers d’âmes qui vit pour l’essentiel sur son foyer ancestral, le Setumaa, coupé en deux depuis 1945 entre l’Estonie et la Russie, professe toujours cette orthodoxie ancestrale et il y a aussi un groupe de Vieux-Croyants ayant fui les réformes niconiennes au XVII siècle.

Dès le début des conquêtes russes (1704), des églises orthodoxes furent consacrées pour les troupes russes dans les temples luthériens des garnisons des premières villes conquises, puis l'Église russe se développa dans les villes avec l'installation de commerçants et fonctionnaires russes; le premier vicariat fut fondé en 1817 à Riga, couvrant la Lettonie et l'Estonie; une vague de conversions de paysans estoniens du sud eu lieu à partir de 1838 à la suite de l'intervention de l'Église orthodoxe lors d'une disette; la traduction des textes liturgiques en letton et estonien fut lancée en 1841 et la connaissance des langues locales par les prêtres devint obligatoire: en 1845, on comptait 48 paroisses orthodoxes et 68 000 paysans estoniens s'étaient convertis , principalement au sud du pays. Un séminaire fut installé à Riga en 1846 pour former les cadres locaux (il publia un journal théologique et pastoral en estonien intitulé "Usk ja Elu" /Foi et Vie/ en 1905); le vicariat devint diocèse en 1850. Les mariages mixtes se généralisant, le baptême orthodoxe des enfants dont un parent au moins était orthodoxe fut imposé en 1885 (cette loi resta en vigueur jusqu'aux lois de tolérance religieuse de 1905). Le monastère féminin de Pühtitsa, consacré à la Dormition, fut fondé en 1891 (il n'a jamais cessé de fonctionner jusqu'à nos jours) et la cathédrale Alexandre Nevski fut construite entre 1895 et 1900. Le diocèse de Tallinn ne fut détaché de Riga qu'en 1917.

Le premier évêque de Tallin, saint Platon fut massacré par les bolchéviques en 1919 avec deux prêtres (ils furent canonisés par Moscou et Constantinople en 2000 ...) et, dans la foulée du concile de 1917-18, de la révolution, de la guerre civile et de l'indépendance estonienne, le patriarche de Moscou saint Tikhon octroya l'autonomie au diocèse de Tallin en décembre 1920. En 1923 c'est le patriarcat de Constantinople qui l'intégra dans sa juridiction avec un statut d’autonomie, sans congé canonique du patriarcat de Moscou qui n'accepta pas cette décision. L'Église d'Estonie se développa encore pour atteindre 158 paroisses avant la guerre. Le nombre de Russes à cette époque représentait à peine 8,3% de la population qui était toujours majoritairement luthérienne; mais la majorité des Orthodoxes étaient Estoniens...

L'Église d'Estonie fut rattachée à Moscou dès l'invasion de l'Armée Rouge qui suivit le pacte germano-soviétique en 1939. En 1945 elle perdit son autonomie et fut réduite à un diocèse; le clergé subit une répression féroce, 45 prêtres furent assassinés ou déportés, puis ce furent les mêmes persécutions que pour toute l'Église russe, en particulier avec N.Khrouchtchev (1953-1964), et il ne restait plus que 83 paroisses actives à la fin des années 1990. Les Estoniens se montrèrent alors clairement moins fermes dans leur foi que les Russes, que ce soit chez les Luthériens, qui perdirent leur prédominance numérique, ou les Orthodoxes, chez qui les paroisses estonophones déclinèrent le plus et les Russes devinrent majoritaires. Le futur patriarche Alexis II, dont la famille était issue de noblesse allemande russifiée (comme la famille de mon grand-père), naquit et vécu à Tallinn dont il fut évêque de 1961 à son élection au patriarcat en 1990.

SCHISME POLITIQUE

Le métropolite Alexandre, primat de l'Église d'Estonie avant guerre, avait émigré en 1945 avec 22 prêtres et environ 8.000 fidèles; un synode s'installa à Stockholm jusqu'en 1961 puis, après le décès du successeur de Mgr Alexandre, il fut remplacé par un "Conseil d'Administration de l'Eglise Orthodoxe d'Estonie en exil" auprès du Métropolite Paul de Suède et des Pays Scandinaves (Stockholm). En avril 1978, le patriarcat de Constantinople "suspendit" (sic) son tomos d'autonomie de 1923 et les Orthodoxes estoniens rejoignirent ses juridictions grecques. Après l'indépendance de l'Estonie, le patriarcat de Moscou rétablit le statut d'autonomie de l'Église d'Éstonie en 1993, mais les autorités lui refusèrent l'enregistrement comme organisation religieuse (elle ne l'obtint qu'en 2002) et enregistrèrent comme seule Église orthodoxe d'Estonie le "Conseil d'Administration de l'Eglise Orthodoxe d'Estonie en exil", qui n'avait aucune personnalité juridique en Estonie; tous les biens de l'Église orthodoxe confisqués par le régime soviétique furent alors attribués. Pour profiter de cette manne et des conditions généreuses qui leur étaient proposées (locaux, appartements, financements), 54 paroisses se détachèrent de l'Église orthodoxe d'Estonie pour former l'Église Orthodoxe Apostolique d'Estonie (EOAE). En 1996, le patriarcat de Constantinople reçu cette entité, toujours sans congé canonique, et "réactiva" (re-sic) le tomos d'autonomie de 1927; cela provoqua la rupture de la communion eucharistique avec Moscou durant quelques mois jusqu'à la conclusion d'un accord entérinant la coexistence "provisoire" de deux juridictions orthodoxes sur le territoire de l'Estonie. L'EOAE n'ayant pas de cadres locaux, ce fut l'évêque de Nazianze Stephanos, auxiliaire du métropolite du Patriarcat Oecuménique en France, qui fut nommé primat en 1999. En 2011 l'Église a adopté le "nouveau calendrier".

Une récente étude du groupe de recherche américain "The Pew Research Center"* montre que l'Estonie est le deuxième pays le moins religieux d'Europe de l'Est après la République Tchèque (respectivement 45% et 70% de personnes sans appartenance religieuse) et c'est l'Orthodoxie qui y est la religion la plus représentée (29%) devant le Luthéranisme (20%). Les chiffres des fidèles de chacune des obédiences orthodoxes varient du simple au double selon les sources:10-20000 pour l'AOAE, 100-200 000 pour l'EOE du patriarcat de Moscou (EOE-MP). La plupart des experts s'accordent sur cet écart proche de 1 à 10 alors qu'il y a une grande différence de moyens: 60 paroisses, 30 prêtres et 9 diacres pour l'EOAE contre 31 paroisses, 45 prêtres et 13 diacres pour l'EOE-MP. L'EOAE est une communauté strictement ethnique dont les russophones sont ouvertement rejetés.Le nouveau pactole déversè par les autorités sur elle et l'Église luthérienne vise avant tout à réduire l'influence culturelle de la minorité russophone pour qui l'Orthodoxie est évidemment un élément essentiel que ses membres défendent fermement. Et ce n'est pas la seule méthode mise en œuvre par les autorités: près de 40% des 430.000 russophones vivant en Estonie n'ont actuellement pas la citoyenneté estonienne; ils sont de fait apatrides et ne peuvent ni entrer dans la fonction publique ni participer aux élections lors des scrutins nationaux, ce qui réduit évidement leur présence dans les instances représentatives. Plusieurs centaines de milliers d'européens sont ainsi privés de leurs droits civiques sur une base clairement ethnique sans que cela n'émeuve notre bien-pensance médiatique!

* http://www.pewforum.org/2017/05/10/religious-belief-and-national-belonging-in-central-and-eastern-europe/

3.Posté par Daniel le 18/01/2018 20:05
Avoir la nationalité d'un pays n'est pas un droit automatique. Les Russes d'Estonie peuvent obtenir la nationalité estonienne en passant des tests de langues, dont les personnes âgées sont d'ailleurs dispensées...Il ne faut pas oublier que la majorité de ces personnes sans nationalité ou leur ancêtre vinrent s'installer alors que l'Estonie avait perdu la maîtrise de ses flux migratoires car elle avait été annexée dans l'URSS.

Il est évident que cette installation illégale ne justifie pas une obtention automatique de la nationalité. Par ailleurs, cette absence de nationalité n'empêche pas de travailler normalement de le secteur privé.

4.Posté par Vladimir.G: apartheid le 19/01/2018 19:37
Cette situation d'apartheid dans l'UE est profondément choquante: toute une population privée de droits civiques et ouvertement discriminée dans l'emploi du fait de son origine ethnique! Ces "passeports gris" sont clairement une honte.

Parler "d'installation illégale" est une contre-vérité flagrante: ces gens sont arrivés en toute légalité, avant que l'état estonien n’existe, et Ils sont venus pour travailler, reconstruire un pays dévasté par la guerre, installer des usines et des infrastructures dans une région principalement agricole. Ils doivent avoir les mêmes droits que les autres habitants de l'UE, qui dépense d'ailleurs sans compter pour cette minorité, très touchée par le chômage et mal logée dans les vieux immeubles construits sous Khrouchtche où la hauteur sous plafond ne dépasse pas 2m.

Le maintien de ces discriminations est de plus une grave erreur politique: elles donnent prétexte à la Russie pour prendre la défense de cette minorité en vertu du fameux "droit d’ingérence" que l'Occident utilise à tort et à travers. Cela rappelle le tristement célèbre cas des Sudètes ...Mais l'histoire n'a rien appris à notre Bien-pensance!

5.Posté par Daniel le 20/01/2018 11:20
L'état estonien a connu une interruption entre 1939 et 1990 (environ). Comment voulez-vous qu'il considère comme légale une installation intervenue sous la période soviétique, qui était une annexion illégale de l'Estonie.

La question serait de savoir pourquoi cette population n'obtient pas les résultats suffisants aux tests de langue pour avoir la nationalité estonienne ? Tests trop difficiles, fainéantise à apprendre l'Estonien. Que sais-je ?

6.Posté par Vladimir.G: apartheid en Europe le 20/01/2018 13:30
Cette population ne porte aucune responsabilité dans les soubresauts politique de leur pays; la plupart sont d'ailleurs nés sur place. La "Charte européenne des langues régionales ou minoritaires", entrée en vigueur en1998, prévoit la prohibition de toute discrimination et la promotion de la compréhension mutuelle entre les groupes linguistiques... L'Estonie ne l'a évidemment pas signée!

Depuis quand pose-t-on des conditions pour reconnaitre les droits fondamentaux d'une population en Europe? A-t-on fait passer des tests de français aux Alsaciens et Lorrains en 1919? Aux Savoyards et Niçois en 1860?

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