PORTES OUVERTES À LA PAROISSE ORTHODOXE RUSSE  "NOTRE DAME DE TOUTE PROTECTION" A LYON LE 16 AVRIL 2018
V. Golovanow

Cette manifestation était organisée dans le cadre du festival "les Saisons Russes de Lyon", qui s’est déroulé cette année du 5 au 15 avril. Elle fut un franc succès, rassemblant prés de 150 personnes.

Après une courte introduction rappelant l’histoire de la paroisse, le chœur paroissial dirigé par d'Alexey Vassilenko, donna un concert de chants liturgiques russes. Suivirent 2 conférences :

– "Les fondements de l’Orthodoxie" par Vladimir Golovanow, qui dédia sa conférence aux centième anniversaire du massacre de la famille impériale et à toutes les victimes de la répression bolchevique.

– L’icône comme témoignage de la spiritualité orthodoxe et "l'äge d'or" de l'iconographie russe (14éme - 16éme siécles) : Théophane le Grec, André Roublev et maître Dionisy. Conférencier Mathey Leszczynski - iconographe.

Une petite collation pascale fut ensuite offerte à tous les participants.

Voici le résumé de la première conférence : >>>>

LES FONDEMENTS DE L'ORTHODOXIE RUSSE

Définir l'Orthodoxie en quelques lignes est une gageure : "L'Orthodoxie n'est pas une connaissance intellectuelle savante, mais un mode de vie basé sur l'expérience d'un être transcendant (Dieu), avec lequel il est possible d'entretenir une relation vivante." Nous allons donc seulement essayer d'en éclairer quelques points de base caractéristiques.

Les Orthodoxes sont des Chrétiens: notre foi est fondée sur la personne du Christ Sauveur, qui est révélée par les Écrits saints (la Bible). Comme les Catholiques, nous vénérons la Vierge Marie, Mère de Dieu, et les saints qui "représentants" l'humanité devant Dieu et peuvent intercéder pour notre Salut; nous célébrons des sacrements (baptême, communion…) qui sont sont administrés par des évêques, successeurs des Apôtres, ou par les prêtres qui sont leurs représentants. Tout ceci est commun aux Orthodoxes et aux Catholiques.

Au premier millénaire il n'y avait qu'une Église: la séparation (Grand Schisme) entre Orthodoxes et Catholiques n'intervint qu'au XIe siècle (1054), ce qui explique les nombreuses similitudes entre les deux confessions. Le Protestantisme est apparu tardivement, (1517, thèses de Martin Luther) et se différencie nettement plus…

Les Orthodoxes sont organisés en 15 Églises indépendantes dont les primats (nommés patriarches pour les plus importantes) ne peuvent décider qu'en accord avec les autres évêques (principe de conciliarité). L'Église russe, dirigée par le patriarche de Moscou, est la plus importante des Églises orthodoxes.

L'Orthodoxie n'a rien modifié depuis mille ans et les différences avec les Catholiques concernant les articles de foi sont dues aux évolutions récentes du Catholicisme (filioque, purgatoire, Immaculé Conception, infaillibilité) Le refus de l'autorité universelle du Pape qui constitue la différence essentielle.

Le culte aussi n'a pas varié: il est très solennel et esthétique (icônes, chants, vêtements sacerdotaux ) (2); les célébrations se font d'après les traditions du premier millénaire (liturgie en slavon ou grec ancien, calendrier julien (3)).

L'église russe à canonisé les milliers de nouveaux martyrs, victimes des persécutions bolcheviques durant durant les 70 ans de pouvoir soviétiques, avec au premier rang la sainte famille impériale massacrée en juillet 1918.

PORTES OUVERTES À LA PAROISSE ORTHODOXE RUSSE  "NOTRE DAME DE TOUTE PROTECTION" A LYON LE 16 AVRIL 2018

HISTOIRE DE LA PAROISSE

La première paroisse russe de Lyon

La révolution de 1917 jeta plus d'un million de Russes à travers toute l'Europe occidentale. Près de 3.000 d'entre eux s'installèrent dans la région lyonnaise, principalement recrutés par l'industrie.

L'Orthodoxie constituait leur bagage commun, dépassant les clivages politiques ou sociaux. La paroisse de la Protection de la Vierge Marie fut enregistrée le 11 octobre 1924 et devint le centre de regroupement des émigrés russes à Lyon: les offices religieux réguliers étaient suivis de réunions sur place ou de pique-niques en bords de Saône, de grandes fêtes culturelles rassemblaient toute la communauté.

La seconde guerre mondiale dispersa à nouveau les émigrés russes et, le nombre de paroissiens baissant, les recteurs viennent de Paris depuis 1975; actuellement c'est le père Zinovi Gombessa, prêtre de l'Église russe, parlant le français, qui vient célébrer régulièrement les offices en slavon et français. Le lieu de culte a aussi changé quatre fois et, depuis janvier 2016, nous célébrons dans une nouvelle église, entièrement aménagée par la paroisse dans la crypte de l'église St Josèphe des Broteaux mise à disposition par le diocèse catholique de Lyon.

Nouvel élan

L'Orthodoxie est repartie de l'avant depuis la fin du XXe siècle: de nouveaux immigrants venus de Russie et des Français convertis renforcent les rangs des plus anciens et de leurs enfants. Tous viennent chercher ces richesses religieuses et culturelles que la doyenne des paroisses orthodoxes russes de Lyon perpétue et fait rayonner depuis plus de 90 ans.

Il faut d'ailleurs souligner que notre paroisse historique a essaimé en donnant naissance à trois autres paroisses orthodoxes de tradition russe à Lyon.

PAROISSE ND DE TOUTE PROTECTION - ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE

146 rue Sully - 69006 LYON
facebook.com/egliserussealyon; egliserussealyon.fr
Informations : Alexandre DAVIDOFF: 04.7860.7774;
alexandre.davidoff@orange.fr

(1) Archimandrite Elie "L'orthodoxie qu'est-ce que c'est ? La voie, La Vérité, La Vie"; Monastère de la Transfiguration (2014)
(2) Les vêtements sacerdotaux sont ceux des dignitaires de la cour de Byzance au X siècle, chaque liturgie dominicale dans une ville est un magnifique concert vocal, avec des chanteurs professionnels.
(3)Introduit sous Jules César, ce calendrier est décalé de ¾ jour/siècle par rapport au calendrier civil actuel, dit Grégorien (introduit par le pape Grégoire le Grand en 1582). Les fête religieuses sont donc décalées: Noël russe le 7 janvier ; Pâques est une fête mobile qui tombe rarement le même jour que pour les chrétiens occidentaux.
PORTES OUVERTES À LA PAROISSE ORTHODOXE RUSSE  "NOTRE DAME DE TOUTE PROTECTION" A LYON LE 16 AVRIL 2018

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mai 2018 à 09:50 | 29 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Daniel le 02/05/2018 17:50
La note dit : "chaque liturgie dominicale dans une ville est un magnifique concert vocal, avec des chanteurs professionnels; s'il y a un évêque cela devient un vrai spectacle! "

En pratique, les choristes sont souvent amateurs, ce qui est bien meilleur, car il n'y a aucun sens à faire chanter de la théologie orthodoxe par des choristes certes talentueux mais non orthodoxes, ce qui arrive parfois en Russie.

2.Posté par Tchetnik le 02/05/2018 20:14
Je croyais - avec naïveté - qu'une liturgie dominicale était d'abord faite pour anticiper, servir de fenêtre - de tir vers le Royaume de Dieu et transmettre la Grâce de Dieu, ce avec une certaine esthétique, certes, mais aussi immuabilité et surtout Vérité.

@Daniel

En effet, mais pour ma part, j'ai d'avantage constaté ce phénomène en France, en Angleterre et aux Amériques qu'en Russie où les chorales - souvent talentueuses - sont en général croyantes, ce autant en paroisses qu'en monastères. En revanche, on trouve bien en Angleterre ou en France des chorales de professionnels de manière courante. Ca plus le fait que les paroisses n'ont pas su susciter leurs propres prêtres et en sont réduites à en importer de Tchoutchmékie, en dit long sur l'état de santé spirituelle réel desdites paroisses.

3.Posté par Daniel le 04/05/2018 15:37
@ Tchetnik

En Russie, à la cathédrale du Saint Sauveur, les chanteurs sont manifestement des professionnels, et dans le cas de la cathédrale, comme j'ai pu le voir lors de la retransmission des offices à Noel, les femmes chanteuses ne sont même pas voilées. Ils chantent un répertoire digne de l'opéra et de la musique religieuse profane.

4.Posté par Tchetnik le 04/05/2018 18:16
@Daniel

En effet, dans certains endroits un peu "mondains" en Russie, c'est hélas parfois le cas. Mais cela reste plus l'exception que la règle, même si c'est effectivement discutable.

5.Posté par Hai Lin le 04/05/2018 19:49
To Daniel,
To Tchetnik,

Indeed this is true. On a recent trip to Moscow, I did indeed that the choir at Christ the Saviour Cathedral was definitely an operatic-style choir. The voices were stunning, truly they were, but they were more worthy of the Marinsky than of Christ the Saviour. The service was regal but not particularly religious. One felt as if one had been attending Glinka's opera The Life of the Tsar.

In the old days, for example, at the services that I attended at the Epiphany Cathedral in Moscow, which I personally far prefer to Christ the Saviour, the choir was stunning, the voices were solid. The choir was very Imperial Chapel but it was not the Bolshoi. Therein lies the great difference. One could become transfixed at the Epiphany Cathedral by the altruistic beauty of the chants but one did not feel transported to the opening of Khovhanschina as is the case at Christ the Saviour.

That being said, with all due respect to my French colleagues, rue Daru has always appeared to me to be great opera. It lacks understatement and forgive me but there is no proper French translation for the word ... understatement ... because the French simply do not know HOW to be ... understated.

IMHO, of all the choirs that I heard in Paris, I thought that rue Petel was the most churchy and the most reverential. The new cathedral choir on the Quai Branly needs ... toning ... if again you all understand the word.

I absolutely agree with what Tchetnik write about the differences between choirs.

In any case, I would like to thank Mr. Golovanow for doing his utmost to keep alive the spirit of Orthodoxy in the middle of France.

With all the best from Montevideo,

Hai LIn

6.Posté par Daniel le 05/05/2018 22:51
Je rejoins aussi Hai Lin. Le choeur de la rue Daru (saint Alexandre Nevsky) résonne comme de l'opéra. Mais je n'ai aucune connaissance de choeur de paroisse composée de chanteurs professionnels en France. D'ailleurs, vu les couacs musicaux qu'on entend, il y a surtout des amateurs de bonne volonté.

7.Posté par Tchetnik le 06/05/2018 09:17
@Daniel

Professionnels en effet, rarement, mais non-orthodoxes, cela arrive de plus en plus souvent, comme ce fut le cas à Pau, par exemple. En Angleterre, la chorale de l'église d'Oxford est souvent composée d'anglicans.

8.Posté par Théophile le 06/05/2018 14:39
@ Tchenik
Souvent le chant orthodoxe (et sa beauté) permet aux non-orthodoxes d'aimer l'Orthodoxie, ce qui ouvre un chemin vers la conversion.
Mais c'est vrai que le chant est d'abord l'expression de la foi vivante, avant d'être une performance.

9.Posté par Affeninsel le 06/05/2018 16:35
Comment peut-on dire "le culte n'a pas varié" dans une conférence prononcée dos à une iconostase remplie d'icônes défectueuses, occidentalisantes, où les saints sont représentés avec une ombre portée dans un décor naturaliste ? Quelle confusion est faite là entre la beauté qui vient de Dieu (par la Tradition) et l'esthétisme vain qui habite tant de paroisses, dont notamment celle dont il est question dans cet article... Lors d'un passage par Lyon, j'avais assisté à la liturgie la plus artificielle qu'il m'ait été donné de voir, avec un répertoire loin au-dessus des capacités d'un chœur qui ne savait pas chanter un seul tropaire en français sur les mélodies slavonnes. Est-ce cela que l'on veut donner en exemple comme paroisse orthodoxe, avec un chef de chœur que l'on balade d'une grande ville européenne à une autre tous les dimanches pour donner les apparences d'une vie liturgique correcte ? Voilà bien de quoi dire que l'on fait "rayonner des richesses culturelles et religieuses"... depuis une crypte mise à disposition par le diocèse catholique local.

Je remarque aussi que selon le conférencier, dans l'orthodoxie, "les célébrations se font d'après les traditions du premier millénaire (liturgie en slavon ou grec ancien)". Voilà qui est cocasse. La tradition de l'Eglise, cela a toujours été de traduire les offices dans la langue du pays où ils sont célébrés. Toute autre attitude, précisément, n'est PAS traditionnelle. Les traditions des hommes n'ont rien à voir avec la Tradition de l'Eglise, qui a en vue le salut des âmes et pas la conservation culturelle de telle ou telle chose. Je garde de cette paroisse l'un des pires souvenirs liturgiques de ma vie.

10.Posté par Paraskiéva Ferrier le 06/05/2018 19:05
Je suis chantre orthodoxe dans l'église de la protection de la Mère de Dieu à Lyon, pas une professionnelle mais nous avons un chef de choeur Alexey Vassilenko qui fait tout pour que notre choeur soit musicalement le plus parfait possible, malgré les capacités plus limitées de certains.
Je pense que dans l'église nous représentons le choeur des anges et que nos chants se doivent d'aider à réjouir le coeur des fidèles présents dans ce moment d'union entre le ciel et la terre. De la même façon la beauté des icônes, les vêtements sacerdotaux...
Je ne comprends pas très bien ce débat, il y a toujours eu des musiciens compositeurs de musique sacrée et il est normal que les nouveaux compositeurs voient leurs oeuvres adoptées par les choeurs.
Je crois qu'autrefois le choeur de la cathédrale de Nice était composé de chantre professionnelle et c'était superbe. le beau élève l'âme.

11.Posté par Tchetnik le 06/05/2018 20:35
@Théophile

En effet, la beauté - du chant, comme de toute expression esthétique de la réalité de Dieu - peut émerveiller, émouvoir et donc ouvrir une éventuelle porte vers Jésus Christ. Donc, il est bon que toute chose en l'Eglise soit réalisée avec le plus de talent et de qualité possible. mais la beauté ne vaut que si elle est porteuse de Vérité. Et parfois ce peut ne pas être le cas, quand on y met un contenu différent.

12.Posté par Affeninsel le 07/05/2018 00:28
De toute évidence, l'exemple cité plus haut de la rue Daru est typique : à Daru c'est "beau", mais totalement incompatible avec la prière. Je me suis permis, peut-être à tort, de dire ce que j'ai dit sur cette paroisse lyonnaise parce qu'au moins à Daru ils ont les moyens de leurs ambitions.
Il n'en demeure pas moins que dire qu'il "est normal que les nouveaux compositeurs voient leurs œuvres adoptées par les choeurs" est parfaitement faux. L'église ne doit rien à ces nouveaux compositeurs, et quand j'entends un certain canon de la Nativité qui fut chanté à la cathédrale patriarcale de Moscou l'année dernière, je me dis surtout qu'elle se doit de faire interdire certaines œuvres qui défigurent la parole de Dieu.

C'est la Tradition reçue, et non l'innovation musicologique, qui doit guider le choeur d'une paroisse, à plus forte raison encore si ses moyens sont modestes. Les "compositeurs de musique sacrée" sont une invention occidentale qui implique tout un système de rémunération et de petites faveurs absolument répugnants (pensez que Mozart portait la livrée servile de la maison du prince-archevêque de Salzbourg, parce qu'il faisait partie de son personnel, devant créer la musique des messes que ce grand personnage disait). On ne compose pas de la musique liturgique, on la reçoit et on n'y touche qu'en tremblant.

Il est parfaitement détestable que la Russie ait pleinement versé dans ce vice occidental ; et surtout, qu'elle s'y maintienne aujourd'hui, alors que l'état spirituel dans lequel elle se trouvait en 1917 devrait l'inciter à se poser des questions. Les grecs, lorsque la question s'était posée à eux, avaient au moins eu le mérité de ne pas se faire avoir par la polyphonie sucrée.

Alors oui, pourquoi pas "réjouir le cœur des fidèles" pendant la liturgie, mais, comme le dit Tchetnik, si c'est pour les réjouir d'une joie purement humaine, il y a l'opéra pour cela. Que je sache, la liturgie ne fait pas signe vers quelque chose de très "humain".

13.Posté par Tchetnik le 07/05/2018 10:16
@Affeninsel

C'est aussi un peu le cas au Saint Sauveur à Moscou. Endroit qui d'ailleurs n'est pas spécifiquement fait pour le recueillement, même s'il n'est pas spirituellement inutile, loin de là.
Après, il est vrai que, pour nuancer le propos, la musique liturgique a évolué même au cours des 10premiers siècles du Christianisme et il y eut encore après des compositeurs liturgiques qui donnèrent de grandes hymnes porteuses de Vérité, de présence Divine comme de dialogue authentique et profond avec Dieu. Vous avez raison d vous défier d'une trop grande volonté de changement, mais ceci dit, il y a toujours eu une évolution naturelle en l'Eglise qui ne se serait contentée que des Psaumes autrement. Evolution qui cependant doit se faire avec fidélité à certaines formes esthétiques de base sans lesquelles l'expression deviendrait théologiquement erronée, on est bien d'accord. Il y a certainement eu de grands excès en la matière mais tout n'est pas forcément à jeter.

14.Posté par Tchetnik le 07/05/2018 10:17
Et hélas, pour les Grecs, quand on voit les pratiques dans l'Heftanissa ou - encore pire - chez les Grecs des Amériques - avec orgues, musiques mondaines et tout le reste, on se dit qu'ils ont hélas aussi de grosses faiblesses en la matière, parfois pire que les Russes qui, au moins, ont su en Russie, éviter ces travers.

15.Posté par Paraskieva Ferrier le 07/05/2018 11:14
à Affeninsel

Quand j'entends ou chante entre autre le "notre Père" de Nicolas Kedroff (un contemporain et qui est russe de surcroit émigré et fils de compositeur religieux bien avant la révolution russe) je me réjouis, car c'est une merveille d'harmonie et de simplicité et cette mélodie porte la prière que nous a enseigné le Christ.
Je suis comme vous attachée à la tradition orthodoxe, mais je sais aussi que cette tradition est vivante et s'enrichit, de nouveaux hymnes, de nouveaux chants, de nouvelles îcônes.....
Vous pouvez ne pas aimer certaines musiques religieuses, c'est aussi mon cas, mais personne ne nous oblige à les écouter, donc choisissons ce qui convient à chacun d'entre nous car nous sommes tous différents.Et grâce à Dieu, il existe un nombre suffisamment important d'église orthodoxes à Lyon ou ailleurs pour que chacun trouve celle qui lui convient et dans laquelle tout est réunit pour le porter à la prière. C'est çà l'important!.
Il me semble que vous oubliez également une chose, la partition musicale ne fait qu'accompagner des textes liturgiques. Quand nous chantons le chant des Chérubins, et quelque soit la mélodie choisie, ce qui importe c'est "nous qui dans le mystère représentons les chérubins....."Le chant accompagne le mystère, c'est les mots de la prière qui restent l'important.et alors cette joie qui envahit nos coeurs nous est donné par Dieu .

Je voulais également revenir sur un sujet précédent que vous avez invoqué , l'iconostase de notre église de la protection de la mère de Dieu.Elle est là parce qu'elle représente le souvenir vivant de ceux qui ont construit la première église russe à Lyon. Ce sont des émigrés russes qui ont construit cette iconostase. Elle est comme elle est, mais elle a un sens pour les anciens paroissiens car c'est l'oeuvre de leurs parents avec les moyens qu'ils avaient, ils ont eu le mérite de le faire. .
Je vais parfois dans une église près de chez moi, elle a été construite par des émigrés russes, Ukrainiens, Bielo russes, c'était des gens qui travaillaient dans les mines et la première fois que je suis rentrée dans cette église, j'ai été très surprise, mais touchée . Et puis, liturgie après liturgie , j'ai compris que cela était important pour ces paroissiens, c'est l'héritage de leurs parents. C'est là qu'ilsont été baptisé, marié....Et dans cette église aussi bien qu'à Lyon ou ailleurs , la prière de tous s'élève vers Dieu , notre père!

16.Posté par Daniel le 07/05/2018 12:58
Concernant le texte de Vladimir pour la conférence, je pense que des points ont pu être source de confusion pour l'auditoire:

- "Le culte aussi n'a pas varié": pas exactement, depuis le 9e siècle peut-être, pas depuis la Pentecôte

- liturgie en slavon ou grec ancien: cela pourrait donner l'impression qu'aucune autre langue n'est utilisée. Même en Russie, il y a des langues liturgiques autres que le slavon, comme le tchouvache

17.Posté par Irénée le 07/05/2018 15:48
Pour éclairer ce débat sur le chant liturgique, je vous propose de lire l'article de Marcel Pirard-Antistriotou intitulé "Le chant liturgique orthodoxe" et publié dans la revue Contacts N° 126 en 1984.
Je recopie ici le début de l'article :
Nikon, patriarche de Moscou (1652-1658), brisait les "icônes" peintes selon le modèle italien, mais invitait les chanteurs polonais dans sa cathédrale pour y exécuter leurs canti à trois voix, dont l'usage s'était répandu à Kiev et en Ukraine au siècle précédent...
Trois siècles après, les communautés orthodoxes d'Occident, nées dans leur écrasante majorité dans le giron des paroisses de l'émigration russe, "brisent" les peintures religieuses italiennes, mais adoptent le répertoire musical progressivement élaboré en Russie depuis le XVIè-XVIIè siècle, à partir des canti polono-ukrainiens, du style de l'opéra italien et du style piétiste de l'Ecole romantique allemande...
Dans l'un et l'autre cas, la contradiction est flagrante et met à nu un vice de conception en matière d'art liturgique.

Si vous n'avez pas accès à l'article, je peux en communiquer ici les passages les plus significatifs.
Si vous

18.Posté par Théophile le 08/05/2018 10:34
"Les démons nous contraignent soit à pécher, soit, si nous ne péchons pas, à juger ceux qui pèchent, afin de souiller notre innocence par ce jugement.
Juger les autres, c'est ne pas avoir honte d'usurper une prérogative divine ; les condamner, c'est ruiner notre propre âme."
S.Jean Climaque

19.Posté par Affeninsel le 08/05/2018 13:06
Que la liturgie ait évolué, j'en conviens. Que les formes musicales aient changé, aussi. Mais si les mélodies elles-mêmes se sont enrichies, j'insiste, comme Tchetnik, sur le fait qu'elles sont restées dans le même style, c'est à dire la modalité grecque ou méditerranéenne. Je connais moins le chant grec que le chant russe, et au sein de la tradition russe, il y a le chant de Valaam, le chant znamenny, le chant de Kiev, le chant d'Optina, etc. Tous ces chants appartenaient néanmoins à une même tradition, celle de la monodie accompagnée d'un isson, comme on la retrouve encore à Valaam aujourd'hui. Mais comment ne pas voir qu'il y a un gouffre entre cet ensemble homogène, et la musique quasiment atonale que l'on trouve parfois aujourd'hui ?

Même avant d'en arriver là, je conteste l'idée que les évolutions du XVIIIe siècle que rappelle Irénée soient légitimes. Elles ont introduit un esthétisme et un degré d'émotion dans l'art liturgique qui n'est pas bon. Et je ne suis pas d'accord non plus pour qu'on conçoive les paroisses comme autant de maisons de style différents, pour que l'amateur de musique partessienne puisse être à son aise sans gêner celui qui aime la monodie. On ne va pas à l'église pour se régaler sensoriellement, et il y a un cadre objectif que nous indique la tradition pour l'appui que le chant donne à la prière des fidèles. Je rappelle que le chant géorgien, qui est la seule tradition complète de polyphonie vraiment orthodoxe, est régi par des lois particulièrement strictes de composition, et qu'il est hors de question d'y laisser libre cours à son imagination créative.

Je suis donc aussi tout à fait opposé à ce qu'on "canonise" les usages hérités dans une paroisse pour la seule raison que "cela rappelle ceux qui ont fondé l'église". L'église n'appartient qu'à Dieu, pas à des gens, morts ou vivants, et elle ne se doit qu'au peuple, chrétien ou non, qui doit venir y chercher les moyens du salut. Une peinture occidentalisante est totalement défectueuse vis-à-vis du but théologique d'une icône, elle n'a rien à faire sur une iconostase orthodoxe.

Petite anecdote : Mgr Innocent, qui, malgré sa maigre connaissance du français, fut un bon pasteur lorsqu'il dirigea le diocèse de Chersonèse, avait formellement interdit qu'on chante le Notre Père selon la mélodie de Kedroff, qui est, quoique très beau, beaucoup trop sucré et émotif pour convenir à une liturgie.

Quant aux Grecs, Tchetnik, ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention de m'en faire le champion contre les Russes, et je sais qu'il y a même quelques îles grecques où on trouve des orgues dans des églises orthodoxes. Quant à l'émigration je sais aussi qu'elle est pire chez les Grecs que partout ailleurs, au point que certaines paroisses en Amérique refusent de donner les horaires des offices à des non-Grecs. Cependant, le fait est là : en Grèce, aujourd'hui, la plupart des paroisses a conservé l'usage de la monodie, avec quelques marges malheureusement acquises à la polyphonie. A l'inverse, en Russie, de très nombreuses églises chantent selon des tons polyphoniques qui deviennent rapidement trop ornés, et surtout, pour les grandes pièces de la liturgie, selon des compositions d'auteurs tout à fait inadaptées. Les monastères qui chantent de la monodie sont minoritaires.

Le pire est que j'apprécie moi-même grandement les tons "paroissiaux" polyphoniques, et que je vois bien qu'il y a une manière de les chanter qui soit sobre, digne et compatible avec la prière. Mais l'autre possibilité est toujours présente, et ce danger me semble trop grand pour qu'on continue d'employer ces polyphonies sans se poser de question. Voici un exemple typique de ce que la polyphonie russe peut produire de pire comme de meilleur : le choeur masculin chante très bien les idiomèles des apostiches vespérales du Vendredi Saint. Et ensuite, le choeur féminin transforme l'automèle "Toi qui Te revêts de la lumière" en festival du trémolo disgracieux, c'est un massacre.
https://www.youtube.com/watch?v=rb3P0o6QEX4

20.Posté par Affeninsel le 08/05/2018 13:09
Quant à vous, Théophile, je vous invite à vous rappeler qu'il existe une différence entre "juger ceux qui pèchent" et "rappeler quelle est la règle instaurée par le Christ pour Son Eglise".
Je demande pardon si dans mes paroles j'ai eu plus l'air de faire la première plutôt que la deuxième chose.

21.Posté par Théophile le 09/05/2018 10:31
@ Affeninsel
Merci pour vos commentaires, je les lis avec intérêt.
Personnellement, je ne comprends pas en quoi la polyphonie serait dangereuse.

22.Posté par Irénée le 09/05/2018 16:10
Permettez-moi, cher Théophile, d'insister pour que vous lisiez l'article dont j'ai parlé au post 17.
Il n'y est pas question de "dangerosité" de la polyphonie, pas plus que les images ou "icônes" de style italien figuratif ou saint-sulpicien ne sont "dangereuses".
Il me semble que l'on peu simplement dire que ce n'est pas conforma à la tradition et à l'enseignement de l'Eglise orthodoxe.
Pour autant, la présence d'icônes peu canoniques dans les monastères ou même dans la cellule de certains saints n'a pas empêché la sanctification des personnes concernées !
Mais il est du devoir de chacun de veiller à ce que tout soit mis en oeuvre afin de permettre les meilleures conditions possibles favorables à la vie spirituelle.

23.Posté par Daniel le 09/05/2018 16:54
@Théophile

Je crois que la critique porte plus sur certaines formes de polyphonies et certaines compositions d'origine étrangère à l'esprit orthodoxe par leur manque de sobriété, leur tendance à susciter le pathos et la sensiblerie, parfois le caractère tellement orné qu'on ne comprend pas les paroles prononcées, leur aspect "très mode" (les compositeurs russes du 19e ont fait des compisitions religieuses en fait dans le syle romantique, qui était à la mode, doit-on faire des compositions dans des styles jazz, rock, variété...?).

24.Posté par Théophile le 09/05/2018 18:31
@ Irénée
Je n'ai pas accès à cet article, mais il me semble difficile de mettre l'icône (sa théologie dogmatique) et la mélodie d'un texte liturgique sur le même plan.
Je comprends que l'on évite les styles "mondains", mais la polyphonie peut être très belle et porter le texte liturgique (exemple: la polyphonie géorgienne que l'on redécouvre).
Quant à l'histoire des traditions mélodiques, en matière de chants liturgiques, elles sont multiples, ont évolué dans le temps et l'espace (sinon, j'imagine assez facilement que la mondanité et la préciosité a pu aussi exister à la cour de Constantinople). Les seuls critères que l'on peut pourrait énoncer, c'est est de rester dans la piété et le service pastoral, en respectant la culture locale. Canoniser un style serait particulièrement artificiel et non-traditionnel.
Et l'on tomberait dans l'excès inverse - une autre forme d'esthétisme (néo-byzantinisme?). Ce qui est aussi une forme de préciosité à mes yeux.

25.Posté par Affeninsel le 10/05/2018 12:52
Si je peux me permettre d'insister, pour parler de quelque chose que je connais bien, puisque je fais partie d'un chœur de chants géorgiens canoniques : la polyphonie géorgienne, comme cela se voit dans l'hagiographie de saint Euthyme le Confesseur († 1944), répond à des lois de construction qui excluent la seule harmonisation par tierces parallèles : il s'agit là de décoration artificielle, alors que les compositeurs géorgiens se sont toujours attachés à construire une seule mélodie en trois voix, qui soit comme la parole unique et indivise de la Trinité.

26.Posté par Stéphane le 10/05/2018 20:06
@ Théophile
A propos du rapport entre chant liturgique et iconographie, le dernier livre (2017) de Michel Quenot est d'un grand intérêt.
https://orthodoxie.com/recension-michel-quenot-art-vocal-sacre-theologie-saints-hymnographes-melodes-byzantins/

27.Posté par Vladimir.G: un monument historique de l''''émigration russe en France le 13/05/2018 11:41
XB! Christ est ressuscité!

Je suis heureusement surpris par l'intérêt du débat suscité par ma note de bas de page (il semblerait donc que je n'ai pas fait trop d’erreurs dans le reste du texte ...)

Je voudrais d'abord revenir sur la question de l’iconostase, soulevée à juste titre par Affeninsel (9) et qui fait d'ailleurs débat au sein même de notre paroisse. Oui, bien cher Affeninsel , elle constitue pour moi aussi l'illustration parfaite de la décadence totale de l'iconographie russe à la fin du XIXe-début XXe siècles. (L'illustration n'est pas assez nette pour qu'on puisse reconnaitre, à gauche des portes royales, une copie /médiocre!/ de la majestueuse Mère de Dieu de Vastetsov dans la cathédrale St Vladimir de Kiev, peinte en 1885 pour faire pendant à la mosaïque du XIe de Ste Sophie, sans parler de la Sainte Cène de Léonard de Vinci au dessus des portes royales; les deux semblent avoir été exécutées d'après des cartes postales...). Je suis donc d'accord sur le côté esthétisant et ultra-occidentalisant de cet art dont notre iconostase atteint des sommets ...

MAIS, comme le souligne notre chère Paraskiéva (12), que je remercie beaucoup d'intervenir car son opinion est très précieuse, cette œuvre est particulièrement importante d'un point de vue historique et spirituel: fabriquée à la fin des années 1920 par les fidèles russes bénévoles et anonymes, cette iconostase est en effet LE SEUL TÉMOIGNAGE MATERIEL laissé par plusieurs milliers d'émigrés russes établis dans la région lyonnaise entre les deux guerres (plus de 5000 immatriculations au Comité d'Émigration). C'est donc un monument historique de l'émigration russe en France absolument unique et irremplaçable.

Mais elle a aussi, pour nous, une immense valeur spirituelle: peinte par des croyants et sanctifiée par les milliers de prières qui se sont élevées devant elles depuis bientôt un siècle, elle est le réceptacle de cette foi et de ces prières. Pour nous, cela est plus important que les questions de style, de perspective et d"ombres portées...

28.Posté par Vladimir.G: un monument historique de l'émigration russe en France le 14/05/2018 11:11
PS: toujours à propos de l'iconographie de notre église, typique de l'émigration russe en France, le St Nicolas que l'on voit sur la photo du bas est une huile signée et daté de 1932; il y a un Christ de même facture de l'autre côté de la nef et l'épitaphios sur le mur ouest est anonyme et non daté. En revanche, peu visibles sur cette photo, dans le coin NE, il y a de magnifiques Portes Royales peintes par Steletsky peu avant sa mort pour un projet inachevé d'iconostase...

29.Posté par Affeninsel le 14/05/2018 21:28
Cette tentative de trouver une synthèse pastorale me laisse de marbre. Comme je le disais plus haut (vous n'avez pas relevé, Vladimir), il n'y a rien d'historique et de culturel qui justifie qu'on expose les fidèles, dans le culte, à ce genre de dégradation de la Tradition. Si vous y tenez, faites un musée et exposez ces choses dedans. Elles ne sont pas "sanctifiées" par les prières ou je ne sais trop quoi, et je remarque que cette "sanctification par l'usage" est un argument fumeux, quasiment païen, qui revient à chaque fois qu'il s'agit de faire la réclame de choses qui sont contre la Tradition. Ainsi des paroles en slavon "sanctifiées par des générations qui les ont prononcées sans les comprendre", pourrait-on gloser... et de même, donc, pour cette iconostase. Ces choses sont des moyens de montrer Dieu aux fidèles, pas des objets chargés de je ne sais trop quel pouvoir mystique. Ils ne nous servent qu'autant qu'ils nous montrent Dieu. Si on aime ce genre d'images, on lit de la heroic fantasy.

30.Posté par Daniel le 15/05/2018 04:26
Vladimir, vous inventez une nouvelle théologie de l'icône. L'icône est sainte par la personne qui est représentée sur elle et non parce que beaucoup de gens ont prié devant cette icône. Cette vision frôle dangereusement le blasphème: les prières des gens devant l'icône deviennent plus importantes que le sujet de l'icône lui-même.

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