Père Alexandre Schmemann:  COMMENTAIRE LITURGIQUE DU DÉBUT DE LA SEMAINE SAINTE  (du samedi de Lazare au Mercredi saint)
V.Golovanow

Du samedi de Lazare au DIMANCHE DES PALMES

Le grand mérite du père Alexandre Schmemann c'est d'avoir fait sortir la théologie du cénacle où l'enferment les théologiens pour rendre les fondements de l'Orthodoxie accessibles à tout le Peuple de Dieu, voire aux non-croyants; c'est ce travail exceptionnel qui justifie le succès permanent de ses écrits, en particulier en Russie.

C'est pour cela que chaque nouvelle édition est accueillie avec énormément d'intérêt, et qu'un grand nombre de ses écrits sont disponibles sur Internet, et là encore, il y en a beaucoup plus sur des sites russes que chez nous.

Le meilleur exemple en est donné par ses explications de la liturgie byzantine: il en décrypte le message symbolique dans un langage simple et compréhensible à tous. En cette fin de carême, je propose aux lecteurs le texte suivant, qui explique les cinq prochains jours. Personnellement je n'en connais pas de meilleur…

Père Alexandre Schmemann:  COMMENTAIRE LITURGIQUE DU DÉBUT DE LA SEMAINE SAINTE  (du samedi de Lazare au Mercredi saint)
I. LE SAMEDI DE LAZARE – PRÉLUDE DE LA CROIX

« Arrivés au terme des Quarante-jours... nous te demandons de voir aussi la Sainte Semaine de ta Passion. » C’est par ces mots chantés à vêpres du vendredi des Rameaux, que le Grand Carême se termine ; nous marchons vers la commémoration annuelle des souffrances du Christ, de sa mort et de sa Résurrection, commémoration qui commence au samedi de Lazare. La fête de la résurrection de Lazare, doublée de celle de l’Entrée du Seigneur à Jérusalem, est appelée dans les textes liturgiques « Prélude de la Croix ».

C’est donc dans le contexte de la grande semaine elle-même que la signification de cette double fête apparaît le mieux. Le tropaire commun à ces jours nous dit : « Tu as ressuscité Lazare, ô Christ notre Dieu, pour affermir avant ta Passion la croyance en la commune résurrection ». Il est très significatif que nous soyons ainsi conduits dans la nuit de la Croix, par une des douze grandes fêtes de l’Église. La lumière et la joie ne brillent pas seulement à la fin de cette grande semaine, mais déjà en son début, elles illuminent les ténèbres mêmes de la nuit pour révéler leur plus haute signification.

Père Alexandre Schmemann:  COMMENTAIRE LITURGIQUE DU DÉBUT DE LA SEMAINE SAINTE  (du samedi de Lazare au Mercredi saint)
Воскрешение Лазаря. XII век. монастырь св. Екатерины. Синай

Ceux qui sont familiarisés avec la liturgie orthodoxe savent le caractère singulier et paradoxal des offices de ce samedi de Lazare. Ce samedi est célébré comme un dimanche, c’est-à-dire qu’on y fait l’office de la Résurrection, alors que normalement le samedi est consacré à la commémoration des défunts. La joie qui résonne dans l’office souligne le thème principal : la victoire prochaine du Christ sur l’Hadès. Dans la Bible, l’Hadès signifie la mort et son pouvoir universel, l’inévitable nuit et la destruction qui engloutit toute vie, empoisonnant de son ombre dévastatrice le monde entier. Mais voici que par la résurrection de Lazare, « la mort commence à trembler » ; c’est le début d’un duel décisif entre la vie et la mort, un duel qui nous donne la clé de tout le mystère liturgique de Pâques. Pour l’Église primitive, le samedi de Lazare était « l’annonce de Pâques » ; en effet, ce samedi proclame et fait déjà apparaître la merveilleuse lumière et la paix du samedi suivant, le grand et saint Samedi – le jour du tombeau vivifiant qui donne la vie.

Comprenons bien d’abord que Lazare, l’ami de Jésus, personnifie chacun de nous et toute l’humanité, et que Béthanie, la maison de l’homme Lazare, est le symbole de tout l’univers, habitat de l’homme. Tout homme a été créé ami de Dieu, appelé à l’amitié divine dans la connaissance, la communion avec lui, pour partager la même vie.

« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jn 1,4).

Et pourtant, cet ami bien-aimé de Dieu, créé par amour, le voilà détruit, annihilé par un pouvoir que Dieu n’a pas créé : la mort. Dieu est affronté en son œuvre même à une puissance qui la détruit et rend nul son dessein. La création n’est que tristesse, lamentation, larmes et finalement, mort. Comment est-ce possible ? Que s’est-il passé ? Ces questions se trouvent latentes dans le récit détaillé que Jean nous fait de la venue de Jésus à la tombe de son ami.

« Et une fois arrivé à la tombe..., dit l’Évangéliste, il pleura... » (Jn 11,35).

Pourquoi pleure-t-il puisqu’il sait que dans un instant il ressuscitera Lazare à la vie ? Les hymnographes byzantins n’ont pas toujours su comprendre le vrai sens de ces larmes, les attribuant à sa nature humaine, alors que de sa nature divine il tiendrait le pouvoir de ressusciter les morts. Et pourtant l’Église orthodoxe enseigne clairement que toutes les actions du Christ sont « théandriques » c’est-à-dire, à la fois divines et humaines, étant les actions du seul et même Dieu-Homme, le Fils de Dieu incarné. C’est l’Homme-Dieu que nous voyons pleurer, c’est l’Homme-Dieu qui fera sortir Lazare de son tombeau. Il pleure... et ce sont des larmes divines ; il pleure parce qu’il contemple le triomphe de la mort et la destruction de la création sortie des mains de Dieu. « Il sent déjà... », disent les juifs, comme pour empêcher Jésus de s’approcher du corps ; terrible avertissement qui vaut pour tout l’univers, pour toute vie.

Dieu est vie et donateur de vie ; il a appelé l’homme à cette divine réalité de la vie, et voici « qu’il sent... ». Le monde a été créé pour refléter et proclamer la gloire de Dieu, et voici « qu’il sent... ». Au tombeau de Lazare, Dieu rencontre la mort, cette réalité destructrice-de-vie et spectre-de-désespoir. Il se trouve face à face avec l’ennemi qui lui a ravi la Création, son bien propre, pour en devenir le Prince. Nous qui suivons Jésus qui s’approche de la tombe, nous entrons avec lui, dans « son heure », celle qu’il a annoncée si souvent comme l’apogée et l’accomplissement de toute son œuvre. Dans ce court verset de l’Évangile : « et Jésus pleura... », c’est la Croix qui est annoncée, sa nécessité et sa signification universelle. Nous comprenons maintenant que c’est parce que Jésus a pleuré, parce qu’il aimait son ami Lazare, qu’il a le pouvoir de le rappeler à la vie. La résurrection n’est pas la simple manifestation d’un pouvoir divin, mais bien plutôt la puissance d’un amour, l’amour devenu puissance. Dieu est amour et l’amour est vie, il est créateur de vie... C’est l’amour qui pleure sur la tombe et c’est l’amour aussi qui rend la vie : là est le sens des larmes divines de Jésus. Elles nous montrent l’amour de nouveau à l’œuvre – recréant, rachetant et restaurant la vie humaine devenue la proie des ténèbres.

« Lazare, sors dehors !... »

Voilà pourquoi ce samedi de Lazare inaugure à la fois la Croix, comme suprême sacrifice de l’amour, et la Résurrection, comme son ultime triomphe : « Le Christ, l’universelle joie, la vérité, la lumière et la vie du monde, son éveil, est apparu sur notre terre dans sa bonté, devenant le signe de la Résurrection, pour accorder à tous la divine rémission. » (Kondakion du samedi de Lazare).

Père Alexandre Schmemann:  COMMENTAIRE LITURGIQUE DU DÉBUT DE LA SEMAINE SAINTE  (du samedi de Lazare au Mercredi saint)
II. HOSANNA : LE DIMANCHE DES PALMES

Du point de vue liturgique, le samedi de Lazare se présente comme l’avant-fête du dimanche des Rameaux, jour où l’on célèbre l’Entrée du Seigneur à Jérusalem. Ces deux fêtes ont un thème commun : le triomphe et la victoire. Le samedi a révélé l’ennemi qui est la mort, le dimanche annoncera la victoire, le triomphe du Royaume de Dieu et l’acceptation par le monde de son seul Roi, Jésus Christ. L’entrée solennelle dans la sainte cité fut dans la vie de Jésus son seul triomphe visible ; jusque-là, il avait volontairement repoussé toute tentative d’être glorifié et ce n’est que six jours avant la Pâque qu’il provoqua même l’événement. En accomplissant à la lettre ce qu’avait dit le prophète Zacharie : « Voici ton roi vient à toi, monté sur un ânon... » (Za 9,9).

Il a montré clairement qu’il voulait être reconnu et acclamé comme Messie, Roi et Sauveur d’Israël. Le récit de l’Évangile souligne en effet les signes messianiques : les palmes, le chant de l’hosanna, l’acclamation de Jésus comme Fils de David et Roi d’Israël. Tel est le sens de cet événement : l’histoire d’Israël touche à sa fin – son sens étant d’annoncer et de préparer le Royaume de Dieu, la venue du Messie. C’est aujourd’hui l’accomplissement de cette venue de Dieu, car voici que le Roi entre dans sa cité sainte et de ce fait, en lui, toute prophétie et toute attente trouvent leur plénitude : Il inaugure son Royaume.

La liturgie de ce jour commémore cet événement ; avec des palmes à la main, nous nous identifions au peuple de Jérusalem pour saluer l’humble Roi, lui redisant notre hosanna ; mais quel en est le sens pour nous, aujourd’hui ?

Nous proclamons tout d’abord le Christ comme notre Roi et notre Seigneur.
Si souvent nous oublions que le Royaume de Dieu a déjà été inauguré, qu’au jour de notre baptême nous en avons été faits citoyens et que nous avons promis de placer notre fidélité à ce Royaume au-dessus de tout autre. N’oublions pas que pendant quelques heures, le Christ a vraiment été Roi, Roi en ce monde qui est nôtre... quelques heures, et dans une seule ville. De même qu’en Lazare, nous avons reconnu l’image de tout homme, de même pouvons-nous voir dans cette ville, le centre mystique du monde et de tout l’univers. C’est le sens biblique de Jérusalem, la cité, le point focal de toute l’histoire du salut et de la rédemption, la sainte cité de l’avènement de Dieu. Le Royaume inauguré à Jérusalem est donc un Royaume universel, embrassant tous les hommes et la création tout entière.

Quelques heures – et pourtant décisives, « l’heure de Jésus », l’heure de l’accomplissement par Dieu de toutes ses promesses, de toutes ses volontés. Elles sont le terme de cette longue préparation révélée par la Bible et l’achèvement de tout ce que Dieu a voulu faire pour l’homme. Et ainsi ce court moment de triomphe terrestre du Christ acquiert une signification éternelle. Par cet événement, la réalité du Royaume pénètre le temps, l’orientant vers son ultime finalité. À partir de cette heure, le Royaume est révélé au monde et sa présence juge et transforme l’histoire humaine... Lorsqu’au moment le plus solennel de la célébration liturgique, nous recevons la palme des mains du prêtre, nous renouvelons notre serment à notre Roi et nous confessons que son Royaume est l’unique but et consistance de notre vie. Nous confessons aussi que tout dans notre vie et dans le monde appartient au Christ, que rien ne peut être dérobé au seul et unique Maître et qu’aucun domaine de notre existence n’échappe à son empire et à son action rédemptrice. Enfin nous proclamons l’universelle et totale responsabilité de l’Église dans l’histoire de l’humanité et nous affirmons sa mission universelle.

Père Alexandre Schmemann:  COMMENTAIRE LITURGIQUE DU DÉBUT DE LA SEMAINE SAINTE  (du samedi de Lazare au Mercredi saint)
Pourtant le Roi que les juifs acclament aujourd’hui, et nous avec eux, c’est vers le Golgotha qu’il s’achemine, vers la Croix et le tombeau.

Ce court triomphe n’est que le prologue de son sacrifice. Les palmes dans nos mains signifient notre empressement à le suivre sur le chemin du sacrifice et cette acceptation du sacrifice et ce renoncement à soi-même sont l’unique voie royale qui mène au Royaume. Les palmes sont aussi l’annonce de la victoire finale du Christ et notre foi en cette victoire. Son Royaume est encore caché et le monde l’ignore, c’est-à-dire qu’il vit comme si l’événement décisif n’avait jamais eu lieu, comme si Dieu n’était pas mort sur la Croix et comme si en lui, l’homme n’était pas ressuscité. Mais nous chrétiens, nous croyons en la venue de ce Royaume où Dieu sera tout en tous et le Christ le seul Roi.

Les célébrations liturgiques placent sous nos yeux des événements qui sont du passé, mais tout le sens et le pouvoir de la liturgie consiste précisément à transformer le souvenir en réalité. En ce dimanche des Rameaux, c’est de notre responsabilité dont il s’agit, c’est de l’enjeu de notre personne dans le Royaume de Dieu dont il est question. Le Christ n’entre plus à Jérusalem et ce qu’il a fait, il l’a fait une fois pour toutes. Il n’a cure de « symboles » et ce n’est certes pas pour que nous puissions perpétuellement « symboliser » sa vie, qu’il est mort sur la croix ! Ce qu’il attend de nous, c’est un réel accueil du Royaume qu’il nous a apporté et si nous ne sommes pas prêts à adhérer totalement au serment que nous renouvelons chaque année le dimanche des Rameaux, si vraiment nous ne sommes pas décidés à faire du Royaume la charte de toute notre vie, alors, oui, vaine est notre célébration, vaines et sans signification, les branches de palmes que nous rapportons de l’église.

Suite- III. LUNDI, MARDI ET MERCREDI SAINTS : LA FIN
Il a été publié sur de nombreux sites et je l'emprunte aux pages Alexandre Schmemann du site pagesorthodoxes.net.


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 31 Mars 2018 à 05:09 | 20 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Daniel le 28/04/2013 01:05
De loin meilleurs que ces commentaires parfois bizarres (je cite "Les hymnographes byzantins n’ont pas toujours su comprendre le vrai sens de ces larmes, les attribuant à sa nature humaine, alors que de sa nature divine il tiendrait le pouvoir de ressusciter les morts. Et pourtant l’Église orthodoxe enseigne clairement que toutes les actions du Christ sont « théandriques » c’est-à-dire, à la fois divines et humaines, étant les actions du seul et même Dieu-Homme, le Fils de Dieu incarné." comme si les hymongraphes ne transmettaient pas l'enseignement de l'Eglise orthodoxe alors que cette attribution des larmes à la nature humaine est entièrement correcte et pas le fruit d'une mauvaise compréhension. On retrouve ce même schéma nature humaine - nature divine quand le Fils affirme ne pas connaître certaines choses) sont les textes liturgiques eux-mêmes ou les synaxaires insérés dans certains triodes. Le nom de leur auteur m'échappe.

Ce commentaire enfonce tout de même des portes largement ouvertes par les textes liturgiques. Cela peut-être utile pour ceux qui ne les comprennent pas (slavon quand tu nous tiens), mais quand je lis dans les textes liturgiques "Accueillons le Christ avec les rameaux de nos vertus", voilà dit en quelques mots efficaces ce que le commentateur dilue en 2 paragraphes...

2.Posté par justine le 28/04/2013 17:40
Entièrement d'accord avec ce que dit Daniel. Nos hymnographes sont tout de même des Saints et des théologiens authentiques, c'est à dire illuminés non pas par un savoir académique et des interprétations intellectuelles, mais par le Saint Esprit (Jean Damascène, Cosmas de Maiouma, André de Crète, Théodore Studite notamment). Le meilleur service au peuple de Dieu, ce ne sont pas de longs et savants commentaires (car trop souvent on y met du sien), mais une traduction aussi parfaite que possible des textes liturgiques eux-mêmes, avec des annotations explicatives, là où il y a besoin.

3.Posté par nina le 28/04/2013 18:55
Je trouve vos commentaires "injustes" ; cette homélie est digne de considération, elle est emplie de grâce, de lumière, de prière et va droit au coeur ; pourquoi juger ainsi un texte qui est humble et doux... ?Mais aussi incisif : "Ce qu’il attend de nous, c’est un réel accueil du Royaume qu’il nous a apporté et si nous ne sommes pas prêts à adhérer totalement au serment que nous renouvelons chaque année le dimanche des Rameaux, si vraiment nous ne sommes pas décidés à faire du Royaume la charte de toute notre vie, alors, oui, vaine est notre célébration, vaines et sans signification, les branches de palmes que nous rapportons de l’église. " Schmemann

4.Posté par La Russie célèbre le dimanche des Rameaux le 28/04/2013 22:38
Les orthodoxes du monde entier célèbrent aujourd’hui l’entrée du Christ à Jérusalem et est l’une des 12 grandes fêtes liturgiques. Cette fête vient clore le Grand Carême de 40 jours et est le premier jour de la Semaine Sainte qui débouche sur la lumineuse fête de Pâques et de Résurrection du Christ.

La célébration de l’entrée du Christ à Jérusalem est le rappel des événements à la fois joyeux et tristes qui se sont produits il y a plus de 2000 ans et nous sont révélés par les Évangiles, - raconte le révérend père Vadim Leonov, professeur à l’Université des sciences humaines Saint-Tikhon.

« Notre Seigneur est entré à Jérusalem à quelques jours de ses passions. Il était accompagné de ses nombreux disciples et solennellement accueilli par le peuple de Jérusalem qui lui rendait les honneurs dignes d’un roi. C’est parce que dans les temps anciens comme de nos jours, les Juifs attendaient le Messie ou le Sauveur prédits par les anciens prophètes. Et beaucoup ont alors cru que Jésus de Nazareth était précisément ce Messie qui allait les délivrer du pouvoir politique de Rome. La foule scandait « Hosanna au fils de David ! » et « Béni soit celui qui vient au nom de Dieu ! » Mais Jésus comprenait que les gens se méprenaient sur l’essence de sa doctrine et qu’ils allaient bientôt le répudier. Cet pour cette raison que la fête est un mélange de joie et de tristesse ».

L’entrée du Christ à Jérusalem est célébrée différemment d’un pays à l’autre. C’est ainsi qu’en Russie il y avait obligatoirement des processions solennelles dans les villes et villages jusqu’au milieu du 818e siècle. Ces processions étaient conduites par des archevêques ou des prêts chevauchant un cheval ou un âne comme rappel de l’entrée du Christ à Jérusalem à dos d’âne. L’animal devait de surcroît être mené par le bourgmestre. A Moscou, c’était le tsar en personne qui menait l’âne chevauché par le Patriarche de l’Église russe.

Une autre tradition purement russe consiste à bénir dans les églises les rameaux de saule qui, comme on le sait, est un des premiers è fleurir sous nos climats, d’où le nom de dimanche des Rameaux de saule. Cette fête est surtout appelée à communiquer la joie de la rencontre avec le Sauveur, - pense le révérend père Igor Fomine, le prieur de l’église Alexandre Nevski près l’Institut des relations internationales de Moscou :

« Il est important de porter dans le monde la joie de cette fête en se donnant surtout en exemple ».

Le dimanche des Rameaux, les fidèles qui ont jeûné pendant 40 jours sont autorisés à manger du poisson et à boire du vin parce qu’après commence la Semaine Sainte qui précède Pâques. Cette semaine est celle d’une sévère abstinence gastronomique et de recueillement.

5.Posté par Daniel le 28/04/2013 23:51
@ Nina

L'homélie n'est pas mauvaise en soi, mis à part son "Les hymnographes byzantins n’ont pas toujours su comprendre le vrai sens de ces larmes, les attribuant à sa nature humaine, alors que de sa nature divine il tiendrait le pouvoir de ressusciter les morts. Et pourtant l’Église orthodoxe enseigne clairement que toutes les actions du Christ sont « théandriques » c’est-à-dire, à la fois divines et humaines, étant les actions du seul et même Dieu-Homme, le Fils de Dieu incarné."

Mais entre nous, ce qu'il dit et écrit est déjà dit de façon plus inspirée et parfois plus claire dans les textes hymnographiques du Samedi de Lazare... il suffit de se procurer un triode de carême pour prier, lire et méditer l'original... Personnellement, chez moi, nous n'utilisons que le triode de carême pendant cette période : les textes sont claires, inspirés, poétiques, sont à la fois méditation, explication, prière... C'est de loin supérieur à ces commentaires.

6.Posté par nina le 29/04/2013 07:21
@Daniel : oui je comprends bien ; nous lisons le triode aussi à la maison mais quand je pense à beaucoup de personnes qui ont besoin d'écouter d'entendre parler un Père je crois sincèrement que ces personnes là seraient seraient heureuses d'entendre cette homélie ou ce "style d"homélie" si l'on peut dire cela.


7.Posté par Christian Paul le 29/04/2013 22:45
L'encensement d'un homme aussi génial qu'il soit n'est pas la volonté de Dieu. Gloire au Christ en toutes choses! Pour ma part, je trouve vraiment dérangeant qu'on ose encore appeler un prêtre père qui plus est avec une majuscule. Dans les textes grecques de l'église orthodoxe grec père est quasiment écrit en minuscule faisant référence à Notre Père qui est aux cieux.

L'esprit de l'antichrist comme celui des orgueilleux est d'attribuer aux hommes ce qui revient qu'à Dieu seul... Jésus nous met en garde de ne point se faire appeler père entre ses disciples... Pourquoi? La raison est très simple pour ne pas créer de distance entre nous et aussi pour ne pas créer une classe de supérieur qui ont un statut au-dessous des autres... Dieu seul est notre supérieur

O combien après 2000 mille ans, l'homme est resté servil à ses fausses révérences et fausse humilité. La vraie humilité consiste à tenir avec constance la vérité en ne déviant ni à gauche ni à droite marchant dans l'unique orthodoxie qui est celle de l'unique chemin de vie et de vérité, le Christ Jésus le Fils du Dieu Vivant.

8.Posté par Doyon le 23/07/2016 15:55
je voudrais souligner ici un sujet qui est oublié par les francophones et qui a un importance qui dépasse tous les faits et gestes du pape et de tous les politiciens d'Occident. Je veux parler des processions des orthodoxes d'Ukraine en direction de Kiev pour célébrer l'anniversaire du baptème de la Rus. Le courage et la détermination de ces chrétiens mérite notre encouragement et notre soutien par la prière nous qui nous disons "orthodoxes". Pour tous les liens concernant cet évènnement d'importance mondiale dont les médias officiels ne feront jamais état, surtout les francophones( et pour cause), s'adresser à moi. Tout est en allemand (ou russe)..

9.Posté par Vladimir G: un bon commentaire mal placé le 23/07/2016 19:46
Bien cher Doyon,
Vous avez bien raison mais n'auriez-vous pas remarqué ce grand article richement illustré: http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/LE-PEUPLE-UKRAINIEN-S-EST-MIS-EN-MARCHE-POUR-LA-PAIX-DANS-LE-SILENCE-DES-MEDIA_a4817.html.

Votre commentaire serait certainement plus à sa place sur ce fil là, car je vois mal le rapport avec le début de la semaines Sainte???

10.Posté par Doyon Maxime le 23/07/2016 22:03
Je n'ai vu cet article qu'après coup. Mais sur des sites allemands il y a de nombreuses videos aoinsi que de meilleurs commentaires.

11.Posté par Daniel le 31/03/2018 16:19
Comme toutes les années, ce message est publié pour la semaine sainte... Je pense que le livre du hiéromoine Macaire va devenir aussi une référence pour le carême... Sachant qu'il n'aborde pas le samedi de Lazare, le dimanche des Palmes et la semaine sainte qui, rappelons-le, sont des jours hors carême...

J'ai une question à Vladimir. Vous critiquez les rationalistes (comme vous dites) qui veulent comprendre le sens des mots prononcés lors des offices en priant dans une langue qu'il comprenne, mais en même temps vous vantez un livre qui explique le sens des offices, livre écrit d'ailleurs en langue compréhensible, à savoir le russe. N'est-ce pas contradictoire?

12.Posté par Affeninsel le 12/04/2018 20:11
Donc le Samedi de Lazare et le Dimanche des Rameaux, ainsi que la Semaine Sainte, ne sont pas inclus dans l'ouvrage du Père Macaire ? C'est dommage, leur tonalité est très différente, il est vrai, mais ils font tout de même partie du Triode au même titre que le reste. Espérons alors qu'ils feront l'objet d'un autre ouvrage.
Daniel, puisque je tombe à la faveur du calendrier sur vos commentaires d'il y a plusieurs années : êtes-vous bien certain qu'il soit très unanimement accepté d'attribuer les larmes et les ignorances du Christ à sa nature, alors que cette séparation stricte a souvent été le fait des nestoriens ? Il m'avait semblé lire une fois que le Christ pleure sur l'absence de foi des juifs qui se désespèrent pour Lazare, et qu'Il dit seulement ne pas savoir pour ne pas révéler Sa divinité à certains moments cruciaux. Je suppose qu'il y a diverses interprétations possibles, mais l'idée que le Christ pleure sur l'incrédulité du peuple élu m'a toujours plus convaincu.

13.Posté par Théophile le 13/04/2018 08:35
Ce passage des pleurs de Jésus est très beau. Sur quoi pleure le Christ? Je ne sais - peut-être pleure-t-Il devant la tragédie de la mortalité pour les êtres humains, comme stupéfait de voir les hommes si démunis devant la mort, alors même qu'Il vient de témoigner à Marthe de la vie éternelle?
Le Christ nous a enseigné la Vie éternelle, et nous ne voyons bien souvent que le tombeau et l'odeur délétère lorsqu'un proche décède - Jésus pleure devant ce constat de la séparation de l'homme avec Dieu.
Il me semble que ces pleurs nous concernent tous.

14.Posté par Vladimir.G: la Grâce divine ruisselle sur tous le 15/04/2018 08:13
XB!
Bien cher Daniel (11), savez vous que le père Alexandre était un liturgiste très stricte et officiait majoritairement en slavon? Est-ce contradictoire?

J'ai lu une explication intéressante sur l'attitude de bon nombre de Russes durant les offices: ils considèrent que la Grâce divine ruisselle sur tous indépendamment de l'attitude et même de la foi de chacun. C'est surtout pour cela qu'ils viennent et, même si ce n'est pas très théologique, c'est un fait. Je comprends bien que cette attitude soit inacceptable pour les esprits occidentaux: "folie pour les Grecs," comme disait l'apôtre.


15.Posté par Tchetnik le 15/04/2018 09:42
Si la Grace divine devait découler indépendamment de la foi et des actes des gens, autant considérer qu'elle ruisselait autant sur les tortionnaires soviétiques, les assassins musulmans ou - horresco referens - sur le regretté chancelier que sur les Pères et les Martyrs...

Il y en a qui ont du mal à comprendre qu'être Chrétien, ce n'est pas pour les sissies et cela implique un minimum de cohérence et de croyance et de respect de certains idéaux de Vertu.

16.Posté par Daniel le 15/04/2018 16:00
@ Vladimir

Le père Alexandre comprenait le slavon, lui... Les fidèles russes moyennement, et donc pour comprendre le sens des offices de carême, qui serait compréhensibles plus facilement en langue vulgaire, doivent lire une explication en russe, avec je suppose traduction du texte liturgique en russe, ce qui prouve que les Russes ne sont pas si a-théologiques que cela. Je ne vois donc pas pourquoi chercher les poux dans la tête des francophones qui veulent directement entendre l'office en français, ne serait-ce que pour savoir de quoi ça parle. Chaque fête a des paroles spécifiques qui sont faites pour éclairer sur le sens de la fête en question. Il est plus facile d'avoir cet éclairage pendant l'office que d'aller par la suite acheter un livre d'explications de la fête, qui peut-être n'existe pas encore

@ Affeninsel

Les textes du samedi de Lazare attribuent les larmes et le questionnements du Christ à la nature humaine.

Ode 7 des matines

"Tel un homme, tu pleuras, Compatissant, divinement tu ressuscitas Lazare du tombeau"

Ode 3 des matines (canon 2)

"tu pleuras selon la loi de la nature, Deiu sauveur, pour fonder notre foi en la réalité de ton incartation"

Le livre du hiéromoine Macaire traite du grand carême. Or les Rameaux, la semaine sainte et le samedi de Lazare ne font pas partie du grand carême, même s'ils figurent dans le Triode de Carême. Son livre est issu d'une thèse qu'il avait soutenu dans sa jeunesse : j'ignore si cette thèse s'arrêtait au grand carême.

Le commentaire de saint Théophylacte d'Ohrid de Jean 11:33-37 dit la même chose

"Christ, dans sa nature humaine fut ébranlé [distraught en anglais] et ému aux larmes par les pleurs de Marie et de ses compagnes."

17.Posté par Daniel le 15/04/2018 16:11
"ils considèrent que la Grâce divine ruisselle sur tous indépendamment de l'attitude et même de la foi de chacun.

Ceci est bien évidemment faux, la grâce reçue dépend de l'attitude, de la foi, des efforts etc, sinon nous serions tous des saints. La grâce se perd aussi par le péché.

18.Posté par Daniel le 16/04/2018 09:37
La parabole du semeur dément le fait que "a Grâce divine ruisselle sur tous indépendamment de l'attitude et même de la foi de chacun". Il en est de même de la parabole des talents voire même des vierges sages et folles. Le christianisme, c'est beaucoup de combat spirituel.

19.Posté par Affeninsel le 21/04/2018 22:12
Merci pour ces précisions, Daniel. Ces passages de l'office m'ont échappé, puisque je me rends chaque année dans une paroisse slavophone pour les matines de Lazare, et je suis loin de tout comprendre en slavon. J'ajoute au passage, puisqu'on en parle, que je viens de diriger les vigiles dans ma paroisse, pour la première fois intégralement en français ; bien évidemment les gens sont venus dire que cela leur faisait un bien fou.

Je note aussi que pour Vladimir, dès qu'il y a "folie", c'est la marque du Christ. Il faut en déduire que si je mets à faire le poirier demain au cours de la liturgie, il ne faudra rien dire de peur d'aller contre la volonté de Dieu qui est "folie pour les Grecs" et les "raisonneurs rationnalistes" ou je ne sais trop quoi encore. Vous rendez-vous compte que vos arguments sont tout de même sacrément faibles ? Et quelle conception il faut avoir de la vie chrétienne pour considérer que venir "s'exposer" aux rites comme on bronze au soleil, sans rien chercher à comprendre, suffit à recevoir la grâce ! Dans cette approche, pourquoi s'embêter à faire des prières différentes tout au long de l'office ? Il suffirait de dire en continu "Kyrie eleison" pendant 1h30, il y aurait prière, Dieu serait satisfait, on pourrait mettre cela en musique, et les gens repartiraient arrosés de grâce autant qu'il faut.

20.Posté par Tchetnik le 22/04/2018 15:16
Sans rien chercher à comprendre - ce qui est en effet déjà idiot en soi - mais aussi sans rien chercher à changer - ce qui l'est encore plus. L'utilité d'une telle "foi" resterait à démontrer.

Nouveau commentaire :



Recherche



Derniers commentaires


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile