Père Andrew Phillips: Les péchés de nos pères… L’unité structurelle de l’Eglise Orthodoxe russe  en Europe Occidentale est pour bientôt
The Sins of the Fathers: On the Coming Russian Orthodox Church Administrative Unity in Western Europe

The Russian Orthodox Church exists in two separate administrations in Western Europe. Although both have the same Patriarch in Moscow, one is directly dependent on Moscow, the other only indirectly on him, as it is primarily dependent on a Metropolitan in New York. The Moscow group numbers some 210 parishes in several dioceses, the New York group some 70 parishes in three dioceses, one third of that under Moscow, though in some local regions it is still a majority. On the other hand Moscow has more or less complete control in Austria, Italy, Spain, Portugal, the Netherlands and Scandinavia

As we slowly move towards future administrative unity in a single Russian Orthodox Metropolia of Europe (ROME), all over Western Europe a choice will have to be made: Which administration do parishes wish to belong to? In other words, ultimately, which group is to be absorbed by the other? And will that absorption take place all over Western Europe, or only in some areas? This is not a simple matter because this implies that each administration is going to have to answer for the very saddening errors of the past. And there were many of these and their consequences have been postponed for a generation and more.

These include political and moral compromises, which, even if forgiven, are not forgotten, incompetence in failing to build up infrastructure, obtaining and building churches and encouraging and training local clergy, refusal to look after local people and locally-born children and grandchildren and general lack of pastoral and missionary effort. Refusal to take responsibility and ask for forgiveness with repentance will be dismissed. Childish phrases like ‘We’re right because we’re bigger than you…’, or ‘We were here first’, or ‘We’ve got more money than you’, do not wash with people made distrustful by past sins and errors.

The people, and ultimately the clergy with them, will not choose a cold manager or bureaucrat, but the pastoral bishop who shows genuine love for them and does not neglect, ignore and insult them. However, the lack of love of the past is about to receive its just rewards. The people will choose genuine communities. Parishes where people know one another and to which people feel a sense of belonging will win the day. People will not choose parishes which they pass through like railway stations, which are money-making machines, or are centres of cold and formal ritualism in foreign and unknown languages.

There is a moment of danger here, for Western Europe is already littered with the wreckage of small ex-Russian Orthodox communities, alienated by the heavy-handedness of both administrations. These include the tiny marginal communities of the ‘Paris Jurisdiction’ on the one hand, which on paper are canonical, as well as the tiny fringe communities of various ‘Pure’ or ’True’ sectarian jurisdictions, which even on paper are not canonical. For those who suffered under both administrations and never received an apology, we leave the choice to Divine guidance. The chickens come home to roost; the sins of the fathers have a price.

In 2003 the Paris Jurisdiction, then under Archbishop Sergiy, was negotiating its return to the Russian Orthodox Church. It would have become the local element in hopes for a future Russian Orthodox Metropolia of Western Europe, the foundation of a new Local Orthodox Church. It was not be. Archbishop Sergiy died, and his successors took a virulent anti-Russian line. Now it is on the way to becoming a deanery of the Greek Orthodox Church in Paris. However, together with the 70 parishes established in Western Europe for up to 100 years, Moscow can still establish a joint Metropolia. This can heal both past injustices and avoid future injustices.

Père Andrew Phillips Plusieures publications sur "PO"

 Père Andrew Phillips: Les péchés de nos pères… L’unité structurelle de l’Eglise Orthodoxe russe  en Europe Occidentale est pour bientôt

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 4 Janvier 2018 à 13:52 | 13 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Tchetnik le 29/12/2017 20:02
Lucide et précis, comme toujours. Avec juste un petit pas à franchir - mais P. Andrew l'a dans l'ensemble franchi - à savoir la conviction qu'aucune de ces "juridictions" n'a quoi que ce soit à faire hors de Russie.

2.Posté par Affeninsel le 01/01/2018 20:35
Le Père Philipps semble avoir enfin tiré un trait sur son acharnement incompréhensible à dire qu'il faut prier en slavon lorsqu'on est en Angleterre (opinion qu'il défendait encore il n'y a pas si longtemps avec une mauvaise foi impressionnante). C'est une bonne chose dont il faut le féliciter, le chemin accompli fut long.
On attend encore, désormais, qu'il cesse d'insinuer ce qui ne peut être qu'un calomnie lamentable à l'égard du Patriarcat de Constantinople.
Et qu'effectivement, comme le dit Tchetnik, tirant les conclusions des propos lucides qu'il tient enfin, il cesse de se prendre pour l'attaché commercial du Patriarcat de Moscou, qui ne lui en demande pas tant, et de considérer que seule la "juridiction" russe a vocation à purifier l'Occident de son péché.

3.Posté par Daniel le 02/01/2018 14:29
Etrange, car les paroisses que le père Andrew a fondé ont toujours utilisé dès le début l'anglais. Il ne m'a jamais semblé être un défenseur du slavon en Angleterre, mais de l'anglais élisabéthain, avec "thy" au lieu de "your" etc. En revanche, son rôle de thuriféraire du Patriarcat de Moscou, de la Russie est en effet excessif...

4.Posté par Vladimir.G: la MOREO dépendra plus probablement de Moscou... le 08/01/2018 20:17
Le père Andrew ne peut en tous les cas pas être taxé d'inconstance: il développe son schéma de Métropole russe d'Europe occidentale depuis plus de cinq ans: en 2012 il parlait d'un "plan mur" (A Mature Plan for Worldwide Autonomy) et il rebat son acronyme R.O.M.E depuis 2014 (pourquoi pas plutôt le français MOREO, pour Métrople Orthodoxe Russe d'Europe Occidentale, moins pompeusement provocant?) Mais son discours évolue quelque peu:
- il fait à juste titre référence au projet de l'archevêque Serge d'Eucarpie, qui servit de préparation à l'appel du patriarche de Moscou Alexis II en 2003 et fut malheureusement refusé par les successeurs de Mgr Serge;
- il ne semble plus vouloir faire dépendre la métropole européenne de New York, ce qui parait logique.

Les chiffres de paroisses que donne le père Andrew sont très curieux:
- Le patriarcat de Moscou compte 321 paroisses et communautés dans les pays de L'UE, dont 86 en Allemagne, 48 en Italie, 31 en GB et autant en France, 21 en Espagne (+1 en Andore) et 12 au Portugal... (cf. http://www.patriarchia.ru/db/text/1324890.html) On peut se demander pourquoi le père Andrew n'en compte que 2/3?
- Pour l'Archevêché (Daru), il y a environ 125 paroisses et communautés (prés de 60 en France, 25 en GB et Irlande, 40 en Allemagne, Italie, Bénélux, Scandinavie, cf. http://www.exarchat.eu/spip.php?rubrique7). le père Andrew, là aussi, n'en voit que 60%...?
- Pour ROCOR, en revanche, je n'ai pas pu faire de compte ... Mais j'ai l'impression que, pour arriver à 70, le p. Andrew ajoute les paroisses qui ont rompu avec ROCOR et se trouvent dans différentes juridictions VCO...

Son analyse concernant "Daru" est juste: les dernières élections ont montré sa transformation en une sorte de vicariat de Constantinople en perte de vitesse (30% de paroisses en moins en France, majorité des paroisses de GB restées avec Moscou...), ROCOR a perdu prés de 30% aussi dans le schisme de 2000-2007 et seules les juridictions du patriarcat voient leur nombre de paroisse exploser pratiquement partout.

La constitution d'une MOREO autonome semble bien correspondre à la politique du patriarcat de Moscou, qui a fondé des métropoles plus ou moins autonomes en Russie même et dans les pays voisins, et la crise de Genève peut en fournir l'opportunité. Mais le rapport de force rappelé ci-dessus semble bien confirmer que cette métropole dépendra plus probablement du patriarcat que du synode de New-York, dont le poids relatif diminuera d'autant...



5.Posté par OLTR - WEB-MASTER le 08/01/2018 23:16
Puisque Wladimir y fait référence, il nous semble indispensable de rappeler le contenu de cet appel du 1er avril 2003 dont le lien se trouve au pied de cette page indiquée ci-dessous. Il n'est pas inintéressant de retrouver un certain nombre de document que le site mentionné propose au sujet des discussions qui ont suivi cet appel. En particulier, dans la rubrique "Table ronde", la soirée à la mémoire de Mgr Serge et la contribution du père Nicolas Rehbinder, on retrouve les statuts de cette métropole, évoquée dans la précédente contribution.

Nous indiquons le lien vers le site de l'OLTR mais il n'est techniquement pas possible, ici, de donner tous les liens utiles. Nous invitons les lecteurs à parcourir le site pour les retrouver.

6.Posté par Affeninsel le 10/01/2018 21:30
Ce qui ne répond toujours pas à la question suivante : au nom de quoi la juridiction russe devrait-elle s'étendre au-delà des frontières de la Russie, au sein desquelles elle a été instituée pour un but précis ?
La question peut se décliner, bien sûr, pour toutes les nationalités qui veulent leur église en Occident comme on veut son ambassade à Paris ou à Vienne.

7.Posté par Vladimir.G: l''''incroyable évolution de l''''Orthodoxie en Europe occidentale le 12/01/2018 12:38
Le point essentiel sur lequel le père Andrew fait l'impasse est l'incroyable évolution de l'Orthodoxie en Europe occidentale durant ces 20 dernières années:

- Au tournant du siècle nous étions encore dans la suite de la situation d'après-guerre: les 3 juridictions de tradition russe représentaient clairement une part essentielle de l'Orthodoxie en Occident grâce aux vagues d'émigration après la révolution et après la seconde guerre (surtout en Allemagne). C'était vrai par le nombre, elles représentaient chacune une centaine de paroisses, avec chacune son territoire fort (France pour Daru, Allemagne pour ROCOR, GB pour Moscou,) et aussi pour la pensée théologique (cf. https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Arkady-Mahler-developpement-de-la-theologie-russe-aux-XIX-XX-siecles_a3311.html). Il était donc logique de penser "que la Nouvelle Métropole autonome, qui réunira tous les fidèles de tradition orthodoxe russe des pays d’Europe Occidentale, servira au moment choisi par Dieu, de creuset à l’organisation de la future Eglise orthodoxe Locale multiethnique en Europe Occidentale, construite dans un esprit de conciliarité par tous les fidèles orthodoxes se trouvant dans ces pays," comme le propose le patriarche Alexis II dans son appel historique de 2003 rappelé en 5 (http://www.oltr.fr/documents/73-appel-historique-adresse-par-le-primat-de-l-eglise-russe).

- La situation a bien changé depuis: Daru est entré dans l'orbite de Constantinople et s'est largement "dérussifié", ROCOR a perdu une partie de ses paroisses et de son caractère original (http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Je-ne-souhaite-nullement-que-l-Eglise-russe-a-etranger-perde-son-identite-une-interview-du-pere-Pierre-Perekrestov_a5167.html?com#comments,) Moscou domine largement l'Orthodoxie russe en Europe occidentale. Mais les autres Églises ne sont pas en reste et les flots successifs de migrants ont fait grossir les obédiences roumaines, serbes et grecques, voire antiochiennes et alexandrines. La future métropole russe en sera probablement moins autonome et aura du mal à jouer un rôle moteur d'autant plus que Constantinople a aussi été renforcé car ses représentants président es qualité les Assemblées épiscopales qui ont été crées ...

Quand à la question récurrente "pourquoi des juridictions russes en Europe occidentale", son caractère polémique et provocateur ne fait aucun doute tellement la réponse est évidente: il y a ici plusieurs centaines de milliers, voire millions, de croyants se réclamant de la tradition russe (la révolution a provoqué un exode de 1 à 2 millions de personnes, la deuxième guerre en a jouté des milliers et le ministre de l'économie de Russie a déclaré récemment que l'émigration depuis1990 a dépassé ces chiffres...) L'Église russe considère que c'est son premier devoir de répondre à leur demande pastorale, comme le font d'ailleurs toutes les Églises pour leur diaspora, des Coptes en France aux Catholiques en Russie...

8.Posté par Affeninsel le 14/01/2018 22:09
On en est donc à se battre pour "jouer un rôle moteur". J'ai soudainement en tête le passage de l'évangile où les disciples se disputent pour savoir qui sera le plus grand (Mc 9)

9.Posté par Daniel le 16/01/2018 11:42
D'un point de vue purement démographique, les Roumains sont largement plus nombreux en Europe occidentale, avec en outre un taux de pratique bien supérieur aux Russes...

10.Posté par Tchetnik le 16/01/2018 17:16
Il faut dire aussi que le niveau de formation catéchétique des Roumains est en général - à quelques marges près - de taille à embrasser le trottoir sans se baisser; En cela, ils sont bien équivalents aux autres.

11.Posté par NB le 16/01/2018 18:01
Tchetnik
et voici pour vous EN SLAVON DEUX FOIS PAR MOIS

12.Posté par Vladimir.G: plus de précisions? le 17/01/2018 11:35
Je serais très curieux de connaitre vos sources statistiques, bien cher Daniel (9).
D'après ce que j'ai pu rassembler comme informations, les Orthodoxes Roumains sont les plus nombreux en Italie et en France, voire Benelux et Espagne, mais pas en Suisse (ce sont les Serbes), Grande Bretagne (Grecs), Allemagne et Scandinavie (Russes). Avez-vous plus de précisions?

13.Posté par Vladimir.G: Qui est le plus grand oz qui est le plus efficace? le 19/01/2018 11:03
C'est une idée très juste de comparer les Églises orthodoxes aux apôtres (commentaire 8), y compris dans certains de leurs travers, puisque c'est bien sur eux que l'Église a été construite...

Mais, dans mon propos, il s'agit d'autre chose: essayer de voir quelle est l'Église orthodoxe qui est en meilleur position pour organiser canoniquement l'Orthodoxie en Europe occidentale. L'Église russe avait une avance historique incontestable avant la guerre, car elle était pratiquement ;la seule à être vraiment organisée et dominait largement la diaspora grecque par le nombre de fidèles et d'évêques. Cette possibilité a été gâchée par ses querelles internes et l'idée de la rassembler pour créer ce "creuset de la future Eglise orthodoxe Locale multiethnique en Europe Occidentale" dont parle le patriarche Alexis II en 2003 était justifiée. Ce n'est plus le cas actuellement, personne ne le propose plus d'ailleurs, et ce d'autant plus que l'Église roumaine, effectivement très dynamique, est aussi celle qui est la plus ethnocentrée...

Nouveau commentaire :