Pourquoi certains orthodoxes fêtent-ils Noël après les catholiques ? LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE.
Noël orthodoxe

Une question de calendrier expliquée par le père Hyacinthe Destivelle du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Il explique également la liturgie et les traditions populaires de ce temps festif.

Beaucoup d'orthodoxes (notamment l'Église orthodoxe russe) et de gréco-catholiques ont conservé le calendrier « julien » (introduit par Jules César), qui comporte actuellement 13 jours d'écart par rapport au calendrier occidental « grégorien » (institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle), qui est devenu le calendrier civil. Le 25 décembre du calendrier julien correspond donc au 7 janvier du calendrier grégorien utilisé par les catholiques, les protestants, et par un certain nombre d'Églises orthodoxes.

Les orthodoxes ont-ils un temps d'Avent comme les catholiques ?

La période de préparation aux fêtes de la Nativité ne s'appelle pas « Avent » mais « Carême de Noël », période de jeûne qui commence 40 jours avant la fête, du 28 (15) novembre, jour de la fête du l'apôtre Philippe (c'est pourquoi cette période est parfois appelée aussi « Carême de Philippe »), au 6 janvier (24 décembre). Les deux dimanches précédant Noël sont appelés respectivement « Dimanche des Ancêtres », consacré aux patriarches et prophètes de l'Ancien Testament, et « Dimanche des Pères », consacré aux parents du Christ selon la chair, tels qu'ils apparaissent dans les Généalogies du Seigneur.

Comment les orthodoxes fêtent-ils Noël ? Y-a-t-il une liturgie particulière comme notre messe de minuit ?

Le 24 décembre (6 janvier), on célèbre les Vêpres de Noël puis une première Liturgie eucharistique au cours de laquelle on proclame l'Évangile de la Nativité. L'office de Minuit comporte les Grandes complies, les Matines, puis une seconde Liturgie eucharistique, avec le canon de saint Jean Chrysostome, lors de laquelle on proclame l'Évangile de la venue des Rois Mages. Le 8 janvier, appelé « Synaxe de la Mère de Dieu », on célèbre l'Eucharistie en l'honneur de la Vierge Marie. Douze jours plus tard, le 6 (19) janvier, les orientaux fêtent l'Épiphanie ou Théophanie, au cours de laquelle ils célèbrent le Baptême le Seigneur.

Quelles sont les traditions populaires associées à Noël dans l'orthodoxie ?

Les coutumes varient selon les pays. En Russie, le 24 est jour de jeûne jusqu'à la tombée de la nuit (c'est le « sochelnik »). Après la célébration de la première liturgie, on mange la « koutia », mélange de blé et de fruits confis. Les chrétiens chantent des chants populaires en passant de maison en maison où leur est servie cette « koutia ». La crèche n'est pas traditionnelle, mais l'icône de la Nativité est exposée et décorée dans les maisons.

"PO"
 Pourquoi certains orthodoxes fêtent-ils Noël après les catholiques ? LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE.

par V. G.

1. DANS L'ÉGLISE LATINE: "L'EPIPHANIE"
Du latin Epiphania « manifestation [de Jésus aux rois mages] », cette fête célèbre l'adoration des «mages» (Matthieu 2:1-12) . En France et en Belgique cette fête est célébrée le deuxième dimanche après Noël. En Espagne la célébration de l'Épiphanie est particulièrement importante et le jour est férié. Les Orthodoxes célèbrent l'adoration des mages avec Noël le 25 décembre (7 janvier du calendrier civil pour ceux qui suivent le calendrier julien)

2. DANS LES ÉGLISES BYZANTINES: "THÉOPHANIE" OU "BAPTÊME DU CHRIST"
Théophanie, des radicaux grecs théo-, θεός « dieu », et phan-, « apparition » (Littré) est la manifestation de Dieu dans Sa Trinité. La fête commémore le baptême du Christ dans le Jourdain avec la voix du Père et la colombe rendant témoignage au Fils (Marc 1, 9-11, Luc 3, 21-22, Matthieu 3, 13-17). Dans les pays de tradition orthodoxe la fête est précédée d'un jour de jeûne strict le 5/18 janvier ("sochelnik") et donne lieu à une bénédiction des eaux.

3. DANS L'ÉGLISE ARMÉNIENNE: NOËL
La fête est une des plus grandes fêtes de l'année car Noël n'est pas fêté le 25 décembre mais le 6/19 janvier selon la tradition des premières églises chrétiennes (antérieures à la conversion de l’Empire romain) et commémore aussi l'adoration des mages (comme le Noël orthodoxe fêté le 25 décembre.)

Il ne faut donc surtout pas faire la confusion avec le 7 janvier du calendrier civil, 25 décembre du calendrier julien, qui correspond au Noël de la majorité des orthodoxes qui suivent le calendrier julien note 8

par Perplexio - On peut préciser que dans certains livres liturgiques en slavon, la Nativité du Christ est appelée "Pâques, fête de trois jours". Car "liturgiquement l'Eglise voit en elle l'icône de Pâques".

En effet la dimension kénotique de la Nativité est marqué non seulement iconographiquement mais surtout liturgiquement dans l'Orthodoxie. L'Eglise considère en effet que la première manifestation visible de l'Incarnation du Seigneur, c'est à dire Sa Naissance, constitue le début de Sa descente aux enfers.
Ce qui justifie les quarante jours du carême de la Nativité.

Les "trois jours" que sont l'Avant-fête (l'avant-veille), la Paramonie (la veille) et le jour de la Fête, contiennent des éléments liturgiques du Vendredi Saint, du Samedi Saint et de Pâques.
Cette année le cas est particulier. La Paramonie tombant un dimanche, les Heures Royales sont reportées au vendredi (l'avant avant-veille), puis ce seront les vigiles samedi, la liturgie de St Jean Chrysostome et les offices de la Paramonie dimanche matin et soir, et la liturgie de St Basile lundi matin jour de la Fête.

Le caractère kénotique de cet évènement cosmique que fut la Nativité du Sauveur, même s'il manifeste une certaine gravité, n'exclut ni la plénitude ni la joie, il dévoile comme tous nos offices une profondeur théologique incomparable, nourriture céleste dont on n'est jamais rassasiés.
 Pourquoi certains orthodoxes fêtent-ils Noël après les catholiques ? LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE.

LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE.
V. Golovanow

La majorité des Chrétiens, y compris certains Orthodoxes, fêtent Noël le 25 décembre, mais près de 4/5 des Orthodoxes, membres des Églises de Russie, Jérusalem, Serbie, Géorgie et Pologne (depuis 2014!) ainsi que les monastères de l’Athos, vont continuer le carême préparatoire. Et la question du calendrier continue à faire l’objet de controverses animées dans l’Orthodoxie : ainsi le document proposé en 1982 à la commission préparatoire dans le cadre du processus préconciliaire disait: "actuellement, selon l’opinion des savants astronomes, le nouveau calendrier est plus juste que l’ancien. Il en résulte que le meilleur moyen de résoudre la question du calendrier et de la pascalie (1) est la reconnaissance par toutes les Églises orthodoxes du nouveau calendrier, tant en ce qui concerne les fêtes fixes que pour la pascalie…"

Les Églises russe, serbe et de Jérusalem s'y opposèrent en arguant de difficultés pastorales et le document finalement adopté, se limite à constater qu’«actuellement, le passage de toutes les Églises locales au calendrier julien rectifié s’avère impossible» et souligne que «les anomalies qui se sont produites en relation avec le calendrier ne doivent pas mener à la division, aux différends et aux schismes et que, même si l’on n’est pas d’accord avec son Église, on doit accepter le principe sacré, sanctifié par la tradition, d’obéissance à l’Église canonique et de réunion à celle-ci dans la communion eucharistique, guidé par le principe que «le sabbat est pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat» (Mc 2.27)"(Conférence du métropolite Hilarion de Volokolamsk au sujet du saint et grand concile de l’Eglise orthodoxe, 2011, https://mospat.ru/fr/2011/11/03/news50923/).

Le document n'a pas été soumis au concile de Crête (2016) et le débat se poursuit toujours. Ainsi lors d'un colloque organisé à l'Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge (Paris) en 2012, Pierre Sollogoub (laïc orthodoxe membre de la fraternité orthodoxe en Europe occidentale) expliqua pourquoi une réforme du calendrier et une date commune de Pâques seraient nécessaires, en reprenant la même argumentation scientifique que celle du document préparatoire de 1982, alors que le père Vladimir Khoulap (Académie théologique de Saint-Pétersbourg) développait les obstacles pastoraux dus à l'attachement des croyants aux dates traditionnelles… (cf."CONTACTS" No 243, juillet-décembre 2013, http://www.revue-contacts.com/archives/contacts243.php.)

LES TROIS CALENDRIERS
De fait les Orthodoxes se partagent entre trois calendriers liturgiques:

- CALENDRIER JULIEN : rappelons que la réforme calendaire mise en place par Jules César en -46 introduisit un calendrier "scientifique" basé sur une année de 365 jours ¼. Mais cette durée dépasse l’a durée de l’année astronomique de 11mn 14s, ce qui fait un jour de retard en 128 ans. Ce retard en s’accumulant décale tout le calendrier et en particulier Noël et la date de l’équinoxe de printemps qui sert de base au calcul de la date de Pâques (cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Pourquoi-la-celebration-de-Paques-est-decalee-d-une-semaine-cette-annee-2015_a4248.html; en 2016 cet écart va être particulièrement sensible !). Comme mentionné plus haut, la majorité des Orthodoxes suivent toujours ce calendrier.

CALENDRIER GRÉGORIEN
: le retard accumulé par le calendrier julien sur les observations astronomiques atteignait 10 jours au XVIe siècle (l’équinoxe était donc observé le 11 mars alors que Pâques était calculée par rapport au 21) et le Pape Grégoire XIII introduisit un nouveau calendrier, celui que nous utilisons toujours comme calendrier civil et qui porte son nom : il supprimait 10 jours (le 5 octobre fut remplacé par le 15), ce qui ramenait l’équinoxe astronomique au 21 mars, et introduisait les années non bissextiles pour trois siècles sur quatre (ceux dont les 2 premiers chiffres ne sont pas divisibles par 4 : 1700, 1800, 1900… mais pas 2000). L’écart par rapport au calendrier julien continu donc à croitre ; atteignant actuellement 13 jours il passera à 14 jours en 2100.

Le principal défaut de ce calendrier du point de vue de la Tradition orthodoxe est qu'il ne respecte pas un décret du concile de Nicée, qui interdit de célébrer Pâques plus tôt que la Pâque juive, et le septième canon des saints apôtres comme le premier canon du concile régional d'Antioche de 341 (reçu par le concile œcuménique de Chalcédoine) interdisent que ce soit le même jour, alors que ces occurrences surviennent souvent (par exemple en 2008, 2009, 2013, 2016 pour la période récente…). Parmi les Orthodoxes, seule l'Église autonome de Finlande suit ce calendrier…

"NOUVEAU CALENDRIER" (appelé aussi calendrier julien réformé ou calendrier grec…): introduit à la conférence panorthodoxe de 1923, il s'agit d'un amalgame entre le calendrier julien pour ce qui concerne Pâques et les fêtes mobiles et un calendrier grégorien "amélioré" pour les fêtes fixes (il supprimera 1 jour en 2800 qui ne sera pas une année bissextile contrairement au calendrier grégorien classique…). L'église russe ne participa pas à la conférence de 1923 mais le saint patriarche Tikhon tenta d'instaurer ce Nouveau Calendrier et fut obligé de reculer devant le refus de la majorité des croyants; des schismes " Vétéro-calendaristes" se produisirent dans les Églises des Balkans qui l'instaurèrent…

Ce calendrier permet donc de suivre le décret de Nicée et les canons des Apôtres et d'Antioche mais, outre son illogisme évident puisqu'il s'appui sur deux approches contradictoires, il introduit de graves perturbations dans le cycle liturgique multiséculaire: non seulement il oblige à supprimer 13 jours de célébration pour son introduction, ce qui n'est pas anodin, mais de plus il change les durée des périodes de jonction entre le calendrier des fêtes fixes et celui des fêtes mobiles; ainsi par exemple le carême des apôtres, qui commence 8 jours après Pentecôte et finit le 28 juin, était absent de ce calendrier en 2002 et 2013 et ne durera que 2 jours (27 et 28 juin) en 2016 (comme en 2005) ou 1 seul jour en 2021…

EXACTITUDE OU SUIVI DE LA TRADITION?

En fait ce "nouveau calendrier" est un mauvais compromis entre la pensée théologique occidentale, fondée sur le primat de la vérité scientifique, et la pensée orthodoxe fondée sur le respect de la Tradition. «Nous gardons la Tradition comme nous l'avons reçue », écrit saint Jean Damascène et, pour Vladimir Lossky "la Tradition est la vie du Saint Esprit dans l'Église"(2); si "le ne dépend pas du calendrier", comme l'a dit le futur patriarche Cyrille en 2004 (http://www.trud.ru/article/05-06-2004/72679_chitateljam_truda_otvechaet_mitropolit_smolenskij_.html ), le calendrier julien n'en reste pas moins une partie intégrante de cette Tradition d'autant que c'est ce calendrier qui était en vigueur au temps du Christ et a donc marqué les différentes étapes de sa vie terrestre ainsi que toute l'histoire du Christianisme.

Et il est absolument clair que les Pères qui fixèrent le calendrier religieux n'était pas spécialement attachés à la précision astronomique. Ainsi ils n'hésitèrent pas à ajouter 3 jours au comput de Nicée pour être certains que Pâques sera toujours célébrée APRES la Pâque juive et, pour Noël, ils en fixèrent la date 4 jours après le solstice pour "christianiser" la fête païenne qui avait lieu le 25 décembre. Et si la majorité des Chrétiens suit le calendrier grégorien, une petite tendance serait plutôt en faveur du retour au calendrier julien: décision de l'Église orthodoxe de Pologne en 2014(3) et les Églises catholiques du Proche Orient fêtent Pâques selon le calendrier julien depuis 2013 (4).
 Pourquoi certains orthodoxes fêtent-ils Noël après les catholiques ? LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE.

(1) Il s'agit des tables calculant les dates de Pâques adoptées par le concile de Nicée en 325
(2) In Mgr Kalistos Ware, "L'Orthodoxie, l'Église des sept conciles", Cerf 2002, p.251 et 252.
(3) Cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Le-retour-de-l-Eglise-de-Pologne-au-calendrier-julien_a4165.html
(4) Cf. http://www.chretiensdorient.com/article-terre-sainte-catholiques-et-orthodoxes-fetent-paques-en-meme-temps-116564150.html

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 28 Décembre 2018 à 11:31 | 21 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Béyalo kevin kouame le 07/01/2015 13:15 (depuis mobile)
Content de ce que vous m''informions sur cette religion que j''en sait peu.
Continuez et vive l''orthodoxie.

2.Posté par Vladimir.G: TOUJOURS LA QUESTION DU CALENDRIER... le 24/12/2015 15:24
UNE QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE

La majorité des Chrétiens, y compris certains Orthodoxes, va fêter Noël le 25 décembre, mais près de 4/5 des Orthodoxes, les membres des Églises de Russie, Jérusalem, Serbie, Géorgie et Pologne (depuis 2014!) ainsi que les monastères de l’Athos vont continuer le carême préparatoire. Et la question du calendrier continue à faire l’objet de controverses animées dans l’Orthodoxie : ainsi le document proposé en 1982 à la commission préparatoire dans le cadre du processus préconciliaire disait: "actuellement, selon l’opinion des savants astronomes, le nouveau calendrier est plus juste que l’ancien. Il en résulte que le meilleur moyen de résoudre la question du calendrier et de la pascalie (1) est la reconnaissance par toutes les Églises orthodoxes du nouveau calendrier, tant en ce qui concerne les fêtes fixes que pour la pascalie…" Les Églises russe, serbe et de Jérusalem s'y opposèrent en arguant de difficultés pastorales et le document finalement adopté, se limite à constater qu’«actuellement, le passage de toutes les Églises locales au calendrier julien rectifié s’avère impossible» et souligne que «les anomalies qui se sont produites en relation avec le calendrier ne doivent pas mener à la division, aux différends et aux schismes et que, même si l’on n’est pas d’accord avec son Église, on doit accepter le principe sacré, sanctifié par la tradition, d’obéissance à l’Église canonique et de réunion à celle-ci dans la communion eucharistique, guidé par le principe que «le sabbat est pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat» (Mc 2.27)"(Conférence du métropolite Hilarion de Volokolamsk au sujet du saint et grand concile de l’Eglise orthodoxehttps://mospat.ru/fr/2011/11/03/news50923/, https://mospat.ru/fr/2011/11/03/news50923/).

Mais ce débat se poursuit toujours trente ans après. Ainsi lors d'un colloque organisé à l'Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge (Paris) en 2012, Pierre Sollogoub (laïc orthodoxe membre de la fraternité orthodoxe en Europe occidentale) expliqua pourquoi une réforme du calendrier et une date commune de Pâques seraient nécessaires, en reprenant la même argumentation scientifique que celle du document de 1982, alors que le père Vladimir Khoulap (Académie théologique de Saint-Pétersbourg) développait les obstacles pastoraux dus à l'attachement des croyants aux dates traditionnelles… (cf."CONTACTS" No 243, juillet-décembre 2013, http://www.revue-contacts.com/archives/contacts243.php.)

LES TROIS CALENDRIERS
De fait les Orthodoxes se partagent entre trois calendriers liturgiques:

- CALENDRIER JULIEN : rappelons que la réforme calendaire mise en place par Jules César en -46 introduisit un calendrier "scientifique" basé sur une année de 365 jours ¼. Mais cette durée dépasse l’a durée de l’année astronomique de 11mn 14s, ce qui fait un jour de retard en 128 ans. Ce retard en s’accumulant décale tout le calendrier et en particulier Noël et la date de l’équinoxe de printemps qui sert de base au calcul de la date de Pâques (cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Pourquoi-la-celebration-de-Paques-est-decalee-d-une-semaine-cette-annee-2015_a4248.html; en 2016 cet écart va être particulièrement sensible !). Comme mentionné plus haut, la majorité des Orthodoxes suivent toujours ce calendrier.

CALENDRIER GRÉGORIEN : le retard accumulé par le calendrier julien sur les observations astronomiques atteignait 10 jours au XVIe siècle (l’équinoxe était donc observé le 11 mars alors que Pâques était calculée par rapport au 21) et le Pape Grégoire XIII introduisit un nouveau calendrier, celui que nous utilisons toujours comme calendrier civil et qui porte son nom : il supprimait 10 jours (le 5 octobre fut remplacé par le 15), ce qui ramenait l’équinoxe astronomique au 21 mars, et introduisait les années non bissextiles pour trois siècles sur quatre (ceux dont les 2 premiers chiffres ne sont pas divisibles par 4 : 1700, 1800, 1900… mais pas 2000). L’écart par rapport au calendrier julien continu donc à croitre ; atteignant actuellement 13 jours il passera à 14 jours en 2100.

Le principal défaut de ce calendrier du point de vue de la Tradition orthodoxe est qu'il ne respecte pas un décret du concile de Nicée interdisant de célébrer Pâques plus tôt que la Pâque juive et le septième canon des saints apôtres comme le premier canon du concile régional d'Antioche de 341 (les 25 canons du concile d'Antioche furent officiellement reçus par le concile œcuménique de Chalcédoine, qui en invoqua l'autorité) interdisent que ce soit le même jour, alors que ces occurrences surviennent souvent (par exemple en 2008, 2009, 2013, 2016 pour la période récente…). Parmi les Orthodoxes, seule l'Église autonome de Finlande suit ce calensrieer…

"NOUVEAU CALENDRIER" (appelé aussi calendrier julien réformé ou calendrier grec…): introduit à la conférence panorthodoxe de 1923, il s'agit d'un amalgame entre le calendrier julien pour ce qui concerne Pâques et les fêtes mobiles et un calendrier grégorien "amélioré" pour les fêtes fixes (il supprimera 1 jour en 2800 qui ne sera pas une année bissextile contrairement au calendrier grégorien classique…). L'église russe ne participa pas à la conférence de 1923 mais le saint patriarche Tikhon tenta d'instaure ce Nouveau Calendrier et fut obligé de reculer devant le refus de la majorité des croyants; des schismes " Vétéro-calendaristes" se produisirent dans les Églises des Balkans qui l'instaurèrent…

Ce calendrier permet donc de suivre le décret de Nicée et les canons des Apôtres et d'Antioche mais, outre son illogisme évident puisqu'il s'appuy sur deux approches contradictoires, il introduit de graves perturbations dans le cycle liturgique multiséculaire: non seulement il oblige à supprimer 13 jours de célébration pour son introduction, ce qui n'est pas anodin, mais de plus il change les durée des périodes de jonction entre le calendrier des fêtes fixes et celui des fêtes mobiles; ainsi par exemple le carême des apôtres, qui commence 8 jours après Pentecôte et finit le 28 juin, était absent de ce calendrier en 2002 et 2013 et ne durera que 2 jours (27 et 28 juin) en 2016 (comme en 2005) ou 1 seul jour en 2021…

EXACTITUDE OU SUIVI DE LA TRADITION?

En fait ce "nouveau calendrier" est un mauvais compromis entre la pensée théologique occidentale, fondée sur le primat de la vérité scientifique, et la pensée orthodoxe fondée sur le respect de la Tradition. «Nous gardons la Tradition comme nous l'avons reçue », écrit saint Jean Damascène et, pour Vladimir Lossky "la Tradition est la vie du Saint Esprit dans l'Église"(2); si "le ne dépend pas du calendrier", comme l'a dit le futur patriarche Cyrille en 2004 (http://www.trud.ru/article/05-06-2004/72679_chitateljam_truda_otvechaet_mitropolit_smolenskij_.html ), le calendrier julien n'en reste pas moins une partie intégrante de cette Tradition d'autant que c'est ce calendrier qui était en vigueur au temps du Christ et a donc marqué les différentes étapes de sa vie terrestre ainsi que toute l'histoire du Christianisme.

Et il est absolument clair que les Pères qui fixèrent le calendrier religieux n'était pas spécialement attachés à la précision astronomique. Ainsi ils n'hésitèrent pas à ajouter 3 jours au comput de Nicée pour être certains que Pâques sera toujours célébrée APRES la Pâque juive et, pour Noël, ils en fixèrent la date 4 jours après le solstice pour "christianiser" la fête païenne qui avait lieu le 25 décembre. Et si la majorité des Chrétiens suit le calendrier grégorien, une petite tendance serait plutôt en faveur du retour au calendrier julien: décision de l'Église orthodoxe de Pologne en 2014(3) et les Églises catholiques du Proche Orient fêtent Pâques selon le calendrier julien depuis 2013 (4).

(1) Il s'agit des tables calculant les dates de Pâques adoptées par le concile de Nicée en 325
(2) In Mgr Kalistos Ware, "L'Orthodoxie, l'Église des sept conciles", Cerf 2002, p.251 et 252.
(3) Cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Le-retour-de-l-Eglise-de-Pologne-au-calendrier-julien_a4165.html
(4) Cf. http://www.chretiensdorient.com/article-terre-sainte-catholiques-et-orthodoxes-fetent-paques-en-meme-temps-116564150.html

3.Posté par Vladimir.G: le 31/12/2015 15:59
Des liturgies dans la nuit du 31 décembre.

L'Eglise organise des liturgies dans la nuit du 31 décembre pour pallier le problème des festivités du nouvel an, très populaires en Russie car ce fut l'une des premières fêtes introduites en URSS en 1936-35, après la suppression de toutes les fêtes, considérées comme une tradition bourgeoise (cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/LES-FETES-EN-RUSSIE_a3463.html.) Il y en aura dans plus de vingt églises à Moscou (cf. http://orthodoxmoscow.ru/novyj-god-v-xrame/). Après vêpres et matines ou un office d’intercession pour le nouvel an une Liturgie sera célébrée à minuit. «On peut fêter la nouvelle année avec des amis, en famille ou tout seul, mais on peut aussi aller à l’église et prier pour sa famille et ses proches, rendre grâces à Dieu pour l’année écoulée avec tous ses événements joyeux et tristes…» écrit le site (lien) en donnant la liste et les horaires des offices.

Cette nuit-là, comme pour Noël le 7 janvier, le métro de Moscou fermera une heure plus tard que d'habitude, à 2h du matin.

4.Posté par Daniel le 01/01/2016 00:10
C'est un peu n'importe quoi car le nouvel an civil n'au aucun sens liturgique, à l'opposé du nouvel an ecclésiastique, d'ailleurs complètement oublié (1er septembre / 14 septembre) et qui comporte des prières spécifiques pour la nouvelle année.

5.Posté par Clovis le 01/01/2016 15:24
Certes Daniel, cela n'empêche qu'année civile ou pas, c'est toujours bien de passer la nuit en prière à église, d'y lire le psautier, plutôt qu'autre chose.
D'autant qu'en Russie les fêtes civiles ont pris le pas sur les fêtes religieuses Pâques mise à part et que Novyi God (le nouvel an) c'est un rituel là-bas, alors les émigrés seuls chez eux, sans famille sont mieux à l'église que devant leur télé à regarder Ironie du Destin (Avec la vapeur légère)...

6.Posté par Vladimir.G: christianiser les fêtes et traditions païennes le 01/01/2016 15:28
Bien cher Daniel,

Vous n'avez probablement pas fait attention à mon article sur "LES-FETES-EN-RUSSIE" rappelé ci-dessus (http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/LES-FETES-EN-RUSSIE_a3463.html) car vous auriez constaté que, avant la Révolution, l'empereur commençait par participer à un office pour le 1er janvier … C'était évidemment le 1 janvier julien, donc non pas en carême mais durant les festivités des "sviatki."

Mais, comme le soulignait l'an dernier l'évêque de Yegoryevsk Tikhon, "le christianisme avait l'ancienne pratique de christianiser les fêtes et traditions païennes. Nous sommes confrontés aujourd'hui à quelque chose du même ordre," (http://www.pravoslavie.ru/43789.html) et le monastère de la Rencontre, qu'il dirigeait au cœur de Moscou, fut l'un des promoteurs de ces Liturgies nocturnes au Nouvel an depuis 1994. "Nous pensions qu'il n'y aurait que nos moines, mais l'église fut pleine dès la première fois et, maintenant, il y a de plus en plus de personnes non ecclésialisées qui viennent en compagnies de paroissiens réguliers…" précise-t-il (dito.)

7.Posté par Philippe Amartolos le 01/01/2016 18:55
Tout à fait d'accord avec vous Daniel !

8.Posté par Daniel le 02/01/2016 00:03
Concernant le Nouvel An, si l'on suit le nouveau calendrier, cela correspond à Saint Basile et la fête de la circoncision du Christ. Ce sont des fêtes avec polyéléos ce qui veut dire qu'il est bienvenu de célébrer les vêpres (le 31 au soir) et les matines suivies de la liturgie (le 1er au matin).

Dans l'ancien calendrier, le 1er janvier correspond au 19 décembre, fête de Saint Boniface. D'après le typikon que j'ai sous les yeux, ce saint devrait être célébré normalement avec "Alléluia" c'est-à-dire sans liturgie selon une forme proche de l'office de carême en semaine. La célébration classique avec liturgie est possible mais à nouveau je rappelle que la liturgie s'inscrit dans un cycle journalier qui contient vêpres, matines, heures, liturgie puis heure finale de none. Si vous faites une liturgie à minuit, quand célébrez-vous les vêpres et les matines ? Saint Boniface est par ailleurs un saint "mineur" qu n'autorise pas les vigiles.

9.Posté par Vladimir.G: Et en voyant tant de monde, on ressent une impression de fête... le 02/01/2016 14:24
Le site http://www.blagovest-info.ru/index.php?ss=2&s=3&id=65961 répertorie la vingtaine d'églises de Saint-Pétersbourg et des environs où ont été célébrés des offices nocturne pour le Nouvel An 2016 (liste en forte progression: l'an dernier il n'y en avait qu'une dizaine!)

L'archiprêtre Alexandre Sorokin, recteur de la basilique de l'icône Notre Dame de Théodore et du tricentenaire de la dynastie Romanov, précise que la Liturgie nocturne est plutôt une exception et que l'office d’intercession ("moleben") pour le Nouvel An se se pratique couramment vers 17-18h le 31 décembre. "Il est rempli de motifs spécifiques au Nouvel An: que Dieu nous pardonne nos pêchés et bénisse l'année qui vient. L'office de minuit est une Liturgie ordinaire, dans laquelle on peut ajouter des prières de l'office d'intercession. Dans notre église les confessions commencent à 23h30 et la Liturgie à 0h; ainsi les gens sont à l'église pour les dernières minutes de l'année qui s'achève et les dernières heures de celle qui commence... Nous avons commencé cette pratique il y a 15 ans et c'est devenu une véritable tradition qui fait partie intégrante de notre cycle liturgique... Et d'année en année nous voyons de plus en plus de gens participer à l'office nocturne - plus de 200 personnes rien que dans notre église... En voyant tant de monde, on ressent une impression de fête que j'essaye de reprendre dans mon homélie.

Pour autant, je ne peux personnellement ressentir la signification du Nouvel An. Il n'a rien de comparable à Noël ou à Pâques, dont nous ressentons puissamment le contenu lié à la foi et à l'Évangile..." (http://feosobor.ru/2015/12/dnevnik-3/)

10.Posté par Mesure du temps, comment le monde perdit dix jours le 02/01/2016 17:11
Depuis deux mille ans, deux calendriers ont rythmé la vie des chrétiens : le julien et le grégorien.

Drôle de week-end… Le lendemain du jeudi 4 octobre 1582, le monde catholique se réveilla le vendredi 15 octobre. Cette nuit-là, Thérèse d’Avila rendit l’âme. Mais quand exactement ? Les royaumes catholiques d’Espagne et de Portugal pratiquèrent, eux aussi, au même moment, la même suppression de dix jours.

Depuis quatorze siècles, le monde était régi par l’ordre romain. En 45 avant notre ère, Jules César avait calé l’année sur 365 jours et douze mois, sans oublier un jour intercalaire tous les quatre ans. Grosso modo, ce calendrier, dit « julien », suivait le Soleil. Mais, tous les quatre siècles, il était excédentaire de trois jours. D’où le « trou » que le pape entreprit de combler.

"La date de Pâques"

Grégoire XIII avait été alerté par ses astronomes : d’année en année, selon le calendrier établi par César, l’équinoxe de printemps s’éloignait du 21 mars, faisant glisser la date de Pâques, pivot de l’année liturgique.

Depuis le concile de Nicée (325), « Pâques est le dimanche qui suit le 14 e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après. » En d’autres termes, il fallait faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps.

Mais, depuis César, le calendrier officiel et le mouvement du Soleil ne cessaient de se distancer. Par sa bulle Inter gravissimas, le pape rétablit donc l’ordre, ordonnant la suppression de ces dix journées tout en conservant l’essentiel du système julien. Ainsi naquit le calendrier dit « grégorien ».

« En désaccord avec le Soleil plutôt qu’en accord avec le pape »

Pour sécuriser au mieux cette proximité retrouvée entre le calendrier et le rythme des saisons, Grégoire XIII décida donc que les années continueraient à être bissextiles tous les quatre ans. Sauf les années dites « séculaires », c’est-à-dire se terminant par deux zéros, bissextiles dans le calendrier julien, qui deviendraient communes, à l’exception de celles dont les deux derniers chiffres sont divisibles par quatre. Ainsi donc, 1900, 1800 et 1700 ne sont pas bissextiles, au contraire de 1600 et 2000. Au total, on peut s’attendre à un glissement de trois jours tous les 10 000 ans.

En France, le même basculement eut lieu un peu plus tard. Henri III décida que le lendemain du dimanche 9 décembre 1582 serait le lundi 20 décembre. Mais ailleurs, la chose n’alla pas de soi. Côté protestant, orthodoxe ou musulman, on ne bougea pas. L’astronome Johannes Kepler (1571-1630) constata finement : « Les protestants préfèrent être en désaccord avec le Soleil plutôt qu’en accord avec le pape. »

Montaigne (1533-1592), tels nos opposants contemporains au changement d’heure, fut rétif : « Je suis des années durant lesquelles nous comptions autrement. Mon imagination se jette toujours dix jours plus avant ou plus arrière. »

"La Suisse à deux temps"

La Suisse, confédération sans autorité centrale, divisée entre catholiques et protestants, ne se mit pas à l’heure catholique. Si les cantons catholiques passèrent sans votation du 12 au 22 janvier 1584, l’Église réformée de Zurich s’y opposa, au motif que concevoir un calendrier perpétuel était nécessairement blasphématoire, puisque la fin du monde était attendue. 

Dans les régions mixtes, l’imbroglio rendit difficile une réglementation des jours fériés. Certains vécurent longtemps en avance de dix jours sur leurs proches voisins. À partir de 1701, les cantons protestants acceptèrent le calendrier grégorien. Mais il fallut attendre 1812 pour que certains villages protestants des Grisons abandonnent le calendrier julien.

"La Révolution d’octobre en novembre"

Ailleurs, il fallut aussi du temps : en Grande-Bretagne, le passage se fit en 1752. La date de naissance d’Isaac Newton hésita longtemps entre le 25 décembre 1642, selon le calendrier julien conservé en Angleterre, et le 4 janvier 1643, validée par les catholiques britanniques. Le Japon attendit son ouverture au monde, en 1873.

En Russie, les bolcheviques préférèrent s’aligner sur l’Occident plutôt que prolonger l’ancien ordre honni : ils passèrent le 1er février 1918 au grégorien : le lendemain fut le 14 février. Ce qui fit glisser la Révolution d’octobre en novembre. Mais on conserva la symbolique d’octobre.

FRÉDÉRIC MOUNIER

11.Posté par Vladimir.G: Le 3ème calendrier de certains orthodoxes le 02/01/2016 18:55
Le 3ème calendrier de certains orthodoxes,

Merci pour cette chronologie de l'introduction du calendrier grégorien. Il y a toutefois deux précisions à apporter:

- CALCUL DE LA DATE DE PÂQUES: pour respecter les canons interdisant que Pâques tombe avant ou en même temps que la pâque juive, les Orthodoxes ajoutent 3 jours au calcul de Nicée tel que mentionné par FRÉDÉRIC MOUNIER. Par suite de l'addition de trois jours à la date de la première pleine lune de printemps, les Orthodoxe ne célèbrent pas leur Pâques le premier dimanche qui suit la première pleine lune du printemps si elle a lieu un jeudi, vendredi ou samedi mais une semaine plus tard... (voir explication très détaillée sur http://www.abitibi-orthodoxe.ca/page6.html).

"NOUVEAU CALENDRIER": comme je l'explique dans le commentaire 2, prés de 20% des Orthodoxes suivent depuis 1923 ce calendrier mixte mariant un grégorien "amélioré" pour les fêtes fixes au calendrier julien (avec les 3 jour rajoutés) pour le cycle pascal...

Nous aurons certainement l'occasion d'y revenir en avril prochain...

12.Posté par Vladimir.G: célébration patriarcale le 31 décembre le 03/01/2016 11:11
C'est le 31 décembre au soir que le patriarche Cyrille a célébré l'office d'intercession du Nouvel An.

Dans son homélie il précisé que c'était une date purement conventionnelle puis, faisant le bilan de l'année écoulé, il a parlé de l'intervention militaire en Syrie "pour défendre nos frontières" ... "quelque chose d’extrêmement important pour les destins de notre patrie, notre peuple et le monde entier."

13.Posté par Vladimir.G: L''''archevêque de Zaporojié Luc (Église orthodoxe d’Ukraine) : "Changer la date du jour férié de Noël est une tentative de diviser la société Ukrainienne" le 04/01/2016 13:15
L'archevêque de Zaporojié Luc (Église orthodoxe d’Ukraine) : "Changer la date du jour férié de Noël est une tentative de diviser la société Ukrainienne"

L’archevêque de Zaporojié et Melitopol Luc a exprimé son opposition à la proposition d'Alexandre Tourtchinov, secrétaire du Conseil ukrainien pour la sécurité et la défense, suggérant au Conseil des Églises chrétienne d'envisager le transfért de la date du jour férié de Noël en Ukraine du 7 janvier au 25 décembre.

Pour l'archevêque, la fête de Noël le 7 janvier est une ancienne tradition pour les fidèles orthodoxes et il n’y a aucune raison de transférer cette fête, soi-disant pour l’intégration européenne. C’est une tentative de diviser la société ukrainienne.

"Cette déclaration a provoqué l’indignation dans la société. Nous vivons selon une certaine tradition. et, si nous transférons la fête, nous perdrons notre tradition sans en trouver une nouvelle. Ces gens s’efforcent de diviser la société. Cette idée ne vient pas de Dieu. Notre Église vit selon son calendrier et nous célébrerons les fêtes selon notre calendrier à l’avenir également. La société se divise de nouveau entre les «siens» et les «autres », les «noirs» et «les blancs»," a souligné l’archevêque.

Source: http://news.church.ua/2016/01/02/arxiepiskop-luka-o-perenose-daty-rozhdestva-eto-popytka-raskolot-ukrainskoe-obshhestvo/

14.Posté par À Kiev, il était deux fois Noël… le 07/01/2016 14:10
Cette année en Ukraine, la fête des Noël est célébrée à deux dates : le 25 décembre et le 7 janvier. Dans un pays traumatisé par la guerre avec la Russie, et engagée dans un rapprochement avec l’Ouest de l’Europe, le calendrier religieux cristallise les identités.

Ce qui peut sembler anecdotique vu d’Occident prend aujourd’hui en Ukraine un tour éminemment politique. Alors que les Ukrainiens fêtent Noël le 7 janvier, selon le calendrier julien (1) en vigueur dans le monde orthodoxe, des voix s’élèvent pour que cette fête soit déplacée au 25 décembre, à l’unisson avec les catholiques (calendrier grégorien).
Entre Moscou et l’Union européenne

Le 25 décembre dernier, la liturgie a ainsi été célébrée à Kiev par des prêtres de l’Église orthodoxe d’Ukraine, au grand dam d’une partie de la hiérarchie. Dans un pays traumatisé par l’annexion de la Crimée et la guerre contre les séparatistes pro-russes à l’est, cette querelle de calendrier touche au cœur de l’identité ukrainienne, historiquement tiraillée entre l’influence de Moscou et l’aspiration à se rapprocher de l’Union européenne.

> A lire : L’Ukraine accélère son virage à l’Ouest

En Ukraine, berceau de l’orthodoxie russe, la ligne de démarcation traverse de part en part une Église orthodoxe très majoritaire, elle-même divisée en deux branches : une branche russe dépendante du Patriarcat de Moscou et une branche ukrainienne née après l’effondrement de l’Union soviétique. Or, le conflit actuel avec la Russie pousse nombre d’orthodoxes, y compris à l’intérieur de la branche russe, à prendre leurs distances à l’égard de Moscou.
Pétition sur le site de la présidence

Des militants ont fait circuler deux pétitions mises en ligne sur le site officiel de la présidence : « Nous, chrétiens de différentes confessions, sans abandonner nos traditions, voulons célébrer Noël avec l’ensemble du monde chrétien et demandons que le 25 décembre devienne un jour férié. » Si cette initiative engrange suffisamment de soutien, le président Petro Poroshenko devra alors examiner la question, laissant le dernier mot au Parlement ukrainien.

> A lire  : Entre la Russie et l’Ukraine, la crise rebondit

En se déclarant favorable à une période de transition au cours de laquelle les Ukrainiens auraient la possibilité de célébrer Noël le 25 décembre et le 7 janvier, le secrétaire du conseil de sécurité ukrainien, Oleksander Turchynov, n’a pas manqué de jeter de l’huile sur le feu. « Si nous déplaçons la date, nous perdrons notre tradition sans pour autant en retrouver une autre. Ces gens veulent diviser la société ! », a réagi l’archevêque de Zarapojie et Melitopol, dans l’est du pays. Les tenants de la tradition orthodoxe voient en effet dans ces manœuvres de calendrier une tentative de catholiciser la société sous couvert de rapprochement avec l’Ouest.
Et Pâques ?

Cette polémique nationale masque toutefois l’essentiel. Si Noël est aujourd’hui au cœur du débat politique, le véritable enjeu religieux porte finalement sur… Pâques. « Les orthodoxes n’ont toujours pas saisi la perche tendue par le pape François pour célébrer cette fête à une date commune dans l’ensemble de la chrétienté », estime Antoine Arjakovsky, spécialiste de l’orthodoxie et de l’œcuménisme au Collège des Bernardins. C’est d’ailleurs l’une des principales questions que le concile panorthodoxe, normalement programmé à la Pentecôte, aura à trancher après plus d’un demi-siècle de préparation.

Samuel Lieven

(1) Beaucoup d’orthodoxes et de grecs-catholiques ont conservé le calendrier « julien » (introduit par Jules César), qui comporte treize jours d’écart avec le calendrier occidental « grégorien » (institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle).

15.Posté par Vladimir.G: petit reportages sur quelques coutumes du Noël orthodoxe le 08/01/2016 12:11
Petit reportages sur quelques coutumes du Noël orthodoxe:

http://www.bbc.com/news/world-middle-east-35246777

16.Posté par Yorgos le 08/01/2016 13:48
Au sujet du commentaire n°14.

On lit:
"Ce qui peut sembler anecdotique vu d’Occident prend aujourd’hui en Ukraine un tour éminemment politique. Alors que les Ukrainiens fêtent Noël le 7 janvier, selon le calendrier julien (1) en vigueur dans le monde orthodoxe, des voix s’élèvent pour que cette fête soit déplacée au 25 décembre, à l’unisson avec les catholiques (calendrier grégorien)."

Eminement politique... C'est vraiment à craindre. Mais quelqu'un peut-il préciser quand est fêtée Noël dans les trois entités suivantes:
- L'Eglise grco-catholique (ou uniate) d'Ukraine.
- L'entité schismatique sous l'autorité du pseudo Philarète dite du "patriarcat de Kiev"
- L'entité schismatique dite "apostolique d'Ukraine".

17.Posté par Vladimir.G: Le 7 janvier est la date du jour férié officiel pour Noël depuis le début des années 1990… le 08/01/2016 16:11
Voilà une excellente question!
- L'Eglise grecque-catholique d'Ukraine fête Noël le 25 décembre (http://news.ugcc.ua/en/articles/christmas_letter_of_his_beatitude_sviatoslav_75632.html.) Elle représente environ 8% de la population (*)
- Le pseudo "patriarcat de Kiev" – le 7 janvier (http://www.cerkva.info/ .)
- Je n'ai pas trouvé d'Église "apostolique d'Ukraine". La troisième entité que je connaisse, très minoritaire, s'appelle depuis 2005 "Église Orthodoxe Autocéphale d'Ukraine - Canonique" (UAOC-C, http://www.soborna.org/news/en/news/ ). Je n'ai pas trouvé de réponse claire à la question…!

(*) Pour plus d'information sur la religion en Ukraine cf. http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/L-Ukraine-orthodoxe-ORTHODOXIE-MAJORITAIRE-MAIS-DIVISEE-1_a1117.html?com

Le 7 janvier est la date du jour férié officiel pour Noël depuis le début des années 1990…

18.Posté par justine le 25/12/2018 13:20
La question du calendrier revient à l'ordre du jour, puisque la "nouvelle eglise d'Ukraine" projette d'introduire sous peu le nouveau calendrier. Il se confirme ainsi que l'intention de ce coup du patriarche franc-maçon de Constantinople Meletios Metaxakis en 1923 était et reste évidemment de séparer l'Eglise de sa tradition et de briser son unité, pas décisifs dans le projet de sa destruction, un projet voué bien sûr l'échec, par la puissance de notre Seigneur, mais qui tout de même exige de chaque fidèle de s'y opposer de toutes ses forces. Maintenir l'ancien calendrier (ou y revenir dans le cas de ceux qui l'ont lâchement abandonné) est aussi un moyen aujourd'hui de se dissocier et se distancier du cirque antichrétien qu'est devenu Noël dans le monde occidental. Une fois la frénésie passée, les Orthodoxes en Occident peuvent ainsi fêter dans le calme et le recueillement spirituel le grand événement de l'avènement du Sauveur.

19.Posté par OrthodeFrance le 25/12/2018 15:12
Joyeuse Fête de la Nativité de Notre Seigneur!

Dans tous les pays chrétiens, et dans toutes les églises chrétiennes, la Nativité est fêtée le 25 décembre.
Il faut répéter que le 7 janvier du calendrier civil correspond tout simplement au 25 décembre du calendrier julien que certaines églises orthodoxes ont conservé. Cette querelle aura bien une fin, en tout cas, prions pour cela!

20.Posté par Vladimir.G: La date de Noël devient politique! le 25/12/2018 16:30
Dans mon article "LE CALENDRIER: QUESTION CONTROVERSÉE DANS L’ORTHODOXIE", rajouté in fine de l'ouverture du fil, j'écris "une petite tendance serait plutôt en faveur du retour au calendrier julien". Pour être complet, il faut citer le cas inverse de "l'Église orthodoxe apostolique d'Estonie" juridiction parallèle implanté dans les années 1990 et rattachée canoniquement au Patriarcat de Constantinople est passée au nouveau calendrier en 2012( ses paroisses faisant auparavant partie de l'Église russe s'en tenaient à l'ancien calendrier...)

Il sera intéressant de voir quelle décision prendra la "nouvelle Église unifié d'Ukraine": le pseudo-patriarcat de Kiev, majoritaire en son sein, suivait le calendrier julien, mais les autorités ont décidé en 2017 que le 25 décembre serait férié. L'archevêque Kliment, porte-parole de l'Église orthodoxe ukrainienne (EOU, patriarcat de Moscou, avait dénoncé cette décision: «Les sondages montrent que la majorité des Ukrainiens continuent à fêter Noël le 7 janvier contre seulement 2% des organisations religieuses attachées au 25 décembre... Les députés, dont la cote politique est très basse, cherchent simplement à ruiner l'influence de l'Église dans la société», avait-il dénoncé. Le pseudo-patriarcat de Kiev s'était refusé à tout commentaire: «En tant qu'Ukrainien, je ne vois pas de problèmes au fait d'avoir un jour férié supplémentaire. Mais pour la majorité des Ukrainiens qui sont orthodoxes, le Noël reste le 7 janvier», expliquait une source, sous couvert d'anonymat.Les gréco-catholiques fêtent Noël le 7 janvier et seule l'Église romaine ukrainienne se réjouit ouvertement de la décision...mais elle revendique un peu moins d'un million de fidèles!

La date de Noël devient ainsi politique!

21.Posté par Vladimir.G: le carême des apôtres aura 4 jours en 2019 le 25/12/2018 16:43
Précisons que le carême des apôtres aura 4 jours en 2019 (24-28 juin) pour le nouveau calendrier...

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