RFI : " À Paris, on a discuté « vivement et calmement » de l’avenir de l’Archevêché orthodoxe"
Samedi 11 mai à l’Institut orthodoxe Saint-Serge s’est tenue une assemblée pastorale pour décider de l’avenir de l’Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale.

En novembre 2018, le patriarche œcuménique Bartholomée a abrogé le statut d’exarchat accordé à titre perpétuel aux paroisses russes dans les pays d’Europe occidentale. Il n’est pas exclu que, dans ce climat de crise, l’Archevêché ne revienne dans le giron de l’Église orthodoxe russe, qui lui a déjà promis d’en sauvegarder l’autonomie en son sein. Mais tous dans l’Archevêché ne sont pas d’accord avec cette perspective.

Le problème, en bref

L’Archevêché rassemble plus de cent paroisses dans les différents pays d’Europe occidentale, mais surtout en France. Cet archidiocèse, dont le siège est à Paris, a été créé par des émigrés russes de la première vague suite à la révolution de 1917. Il s’est placé sous la juridiction du patriarcat œcuménique dans les années trente à la suite de différends avec Moscou. Son statut a été plusieurs fois modifié au cours du XXe siècle. Finalement en 1999, Constantinople a accordé aux Églises orthodoxes de tradition russe le statut d’exarchat permanent, c’est-à-dire de territoire ecclésial particulier hors du pays de résidence du patriarche.

Cependant, dans le cadre de l’accord de l’autocéphalie à l’Église en Ukraine, le patriarche œcuménique, à la surprise générale et sans concertation préalable, a dissout l’exarchat d’Europe occidentale et enjoint aux paroisses de se placer sous tutelle directe de Constantinople en intégrant les métropoles grecques locales. À Constantinople, on indique qu’il s’agit là d’un problème purement technique : éviter les doublons juridictionnels de structures ecclésiales.

« Depuis longtemps on considère à Constantinople que toutes les diasporas orthodoxes doivent être sous une seule juridiction, celle du patriarche œcuménique. L’argumentation officielle est qu’il ne doit pas y avoir de structures ecclésiales parallèles. Et pourquoi ne peut-il pas y avoir de paroisses différentes dans un même diocèse ? Cela paraît logique. Même chez nous cette hypothèse a ses partisans. Le problème n’est pas ce que l’on pense à Constantinople, c’est comment ça a été fait – sans aucune consultation, de manière aussi brutale, » déclare le diacre de l’Archevêché Alexandre Zanemonetz.

Impossible de revenir en arrière

L’Archevêché indique que, premièrement, il n’a pas adressé une telle demande au patriarcat œcuménique et que, deuxièmement, il va décider lui-même de son avenir, selon ses statuts. En effet, cette entité ecclésiale a en France le statut juridique d’association, sa dissolution ne peut être prononcée qu’à la suite d’un vote. Le 23 février, au cours d’une assemblée générale extraordinaire, l’autodissolution (que demande Constantinople) a été rejetée par 93 % des délégués, clercs et laïcs. L’Archevêché a refusé de se soumettre au dictat du patriarche Bartholomée.

Fin mars, une commission de l’Archevêché s’est rendue à Stamboul et a officiellement informé le patriarche des résultats du vote. Avec Constantinople s’est ouvert « un constructif échange d’opinions », comme il est dit dans le communiqué sur ce voyage.

À l’assemblée pastorale, les représentants de la « commission de Stamboul » ont précisé que Constantinople n’est pas disposé à revoir sa décision de supprimer l’exarchat. Le diacre Alexandre Zanemonetz, qui a assisté à cette assemblée, a déclaré dans son interview à RFI : « Il est difficile de dire pourquoi le patriarche ne veut pas adoucir sa position.

Apparemment c’est pour eux devenu une question de principe. » De son côté, l’Archevêché ne veut pas se dissoudre et rester coûte que coûte dans le patriarcat œcuménique. C’est ce qui ressort du vote. Bien que dans ce climat de crise quelques paroisses aient déserté.

Revenir dans l’Église orthodoxe russe PM

Actuellement la position des communautés issues de l’émigration blanche est inconnue. L’un des scénarios possibles est de passer (« revenir ») au sein du patriarcat de Moscou. Voilà déjà plusieurs mois que l’Archevêché mène des discussions au sommet avec Moscou. Comme l’a dit l’archevêque Jean (Renneteau), primat de cette entité ecclésiale, dans son interview à RFI, le problème principal est le degré d’autonomie accordé au sein de l’Église orthodoxe russe.

D’après Alexandre Zanemonetz, à ce stade des négociations, Moscou se dit prête à accorder à l’archevêché parisien une totale autonomie en son sein. « Notre diocèse peut être reçu dans l’Église orthodoxe russe avec maintien de toutes nos particularités statutaires. C’est-à-dire avec maintien total des prêtres de l’Archevêché et de nos règles, y compris pour l’élection de l’archevêque et de ses vicaires. »

Ce qui, selon lui, est impossible sans une réforme des statuts de l’Église orthodoxe russe car nulle part il n’y est fait mention de diocèse autonome. Alexandre Zanemonetz y voit un plus : « À l’intérieur de la structure particulièrement monolithe et peu engageante du patriarcat de Moscou et son style de gouvernement des diocèses et des paroisses apparaîtra une certaine alternative. Et l’on pourra dire que l’Archevêché russe, dont le centre est à Paris, a son statut propre mais que c’est une partie de l’Église orthodoxe russe où les évêques sont élus et où l’on ne peut destituer un recteur ou simplement muter un prêtre. Comme, disons, nombre de Russes se réjouissent qu’au sein de l’Église orthodoxe russe il y a l’Église orthodoxe russe hors frontières, car cela correspond à leurs espérances conservatrices, comme pour le peuple un peu plus libéral il sera important que notre Archevêché soit au sein de l’Église orthodoxe russe. »

Un débat « dense et irénique »

Il faut dire que la perspective de passer sous l’autorité de Moscou soulève des débats et ne satisfait pas tout le monde. Il n’est pas exclu que dans ce cas plusieurs paroisses quittent l’Archevêché. C’est, par exemple comme nous l’a déclaré sans ambages son marguillier Alexis Obolensky, le cas de la paroisse Saint-Nicolas dont l’église a été récupérée, par voie de justice, par la Russie pour être cédée à l’Église orthodoxe russe qui tente aujourd’hui de prendre le contrôle du cimetière de Caucade.

L’assemblée pastorale réunie à l’Institut Saint-Serge a, selon le site officiel de l’Archevêché, donné lieu à des « débats denses et iréniques ». S’y sont exprimés les partisans d’une totale autonomie qui rappelle que telle a été la situation au milieu des années 60, lorsque Constantinople a proposé à l’exarchat de revenir au sein du patriarcat de Moscou (sans exiger pour ce faire la dissolution de l’Archevêché en tant que tel).

Le chercheur et écrivain Daniel Struve, dans une interview à RFI, a déclaré que la totale autonomie de l’Archevêché est impossible pour plusieurs raisons. D’abord, parce que la position de Paris dans le monde orthodoxe s’est considérablement affaiblie. Il rappelle que l’indépendance de fait dont Paris a profité était une décision temporaire. Selon lui, aujourd’hui, le choix est : rejoindre le patriarcat de Moscou ou s’autodissoudre.

Il y a quelque temps avait été envisagé d’intégrer soit l’Église roumaine soit l’Église orthodoxe russe hors-frontières (qui a rejoint le patriarcat de Moscou en 2007). Les personnes interviewées par RFI considèrent tous ces deux variantes comme improbables.

L’archevêque Jean (Renneteau) pense que le choix doit intervenir rapidement pour éviter « une dissolution de fait » de l’Archevêché. On considère qu’elle sera prise par les délégués à l’assemblée générale du 7 septembre. Mais une telle décision doit être prise à la majorité des deux tiers. Est-ce que les partisans de la « voie moscovite » (soutenue par l’archevêque Jean) sauront convaincre les deux tiers des délégués ?

Xénia Goulia

Source RFI
В Париже «содержательно и мирно» поспорили о судьбе русской архиепископии
Traduction pour PO

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 21 Mai 2019 à 18:34 | 21 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Protodiacre Kedroff : à propos de la situation de l'Archevêché des églises orthodoxes russes le 16/05/2019 08:57
Chers Pères, le Christ est ressuscité ! Bénissez !

Je me permets de réagir à votre courrier relatif au destin de l'Archevêché (et par là même, à d'autres avis qui se sont exprimés ces derniers temps). En premier lieu, je déplore l'utilisation de cette phrase de l'apôtre Paul, citée hors contexte, et épinglant à mots couverts une Église Orthodoxe. La compréhension de la "liberté en Christ" signifierait, selon l'Apôtre, qu'il faille se soustraire à toute obédience patriarcale ? Le "joug de l'esclavage" consisterait en notre inféodation au Patriarcat de Moscou ?

Mais il n'est pas nécessaire d'avoir fait une année de théologie pour comprendre que l'Apôtre parle du joug du "monde", joug qui est étranger au christianisme (du monde païen, en l'occurrence) et de celui du péché. Et vous dites qu'il faut s'abstenir de la politique. Mais votre exégèse est purement politique et non spirituelle.

Proclamer notre autonomie : pour qui nous prenons-nous, pour prétendre revendiquer l'autonomie, après seulement quatre-vingt-dix ans d'existence, alors que nous n'avons même plus la possibilité de nous "offrir" un deuxième évêque ? Aussi, il n'y a personne pour ne pas comprendre qu'une telle auto-proclamation nous couperait de l'ensemble de l'Eglise et nous mettrait en situation de schisme. Et vous invoquez l'esprit d'unité ? Mais c'est la division que vous prêchez, et non la réconciliation. D'ailleurs, qui vous suivrait dans une telle aventure ? Pour moi, je vous demande pardon, c'est de l'aveuglement !

Quand vous évoquez les Églises qui, après plusieurs siècles d'existence, ont déclaré vouloir se soustraire au Patriarcat qui les avait engendrées, comment pouvez-vous les comparer à notre pauvre diocèse. Celles-ci ont montré des fruits autrement plus probants. Un peuple entier était devenu chrétien, l'Orthodoxie était devenue l'étendard de toute une nation, des dizaines ou des centaines d'évêques pouvaient assurer la pérennité de cette Église, un peuple fervent et nombreux y priait, on y trouvait monastères, séminaires et écoles de théologie, enfin, pardonnez-moi du peu, de nombreux saints y étaient glorifiés... Tout cela contribuait au témoignage d'une Église mâture qui fit ses preuves. Et nous, que pouvons-nous présenter ? L'absence de monastères, une pénurie de candidats à l'épiscopat, la déshérence d’une école de théologie, la dérive d’un diocèse en fin de course, divisé de surcroît, bref, l'annonce d'un naufrage.

Et malgré ce constat, on se croit important, on se trouve reluisants et dignes d'être convoités. Chers Pères, frères et sœurs, ouvrez les yeux, faites preuve d'un peu de modestie et de sens spirituel. Ne discernez-vous pas l'état dans lequel nous nous trouvons ? Même le Patriarcat Œcuménique ne nous juge plus digne d'exister. Bien sûr, il faudrait de longues pages pour analyser les causes des divisions internes qui rongent notre Archevêché depuis des décennies et qui expliquent, hélas, les carences actuelles. Je le répète, ouvrons les yeux, ne nous aveuglons pas en nous imaginant ce que nous ne sommes pas. En un mot : montrons un peu d'humilité.

Aujourd'hui, le Seigneur a fait preuve de bonté envers nous : nous avons un Archevêque. Nous n'en avons plus qu'un, mais nous l'avons quand-même. Je vous pose la question : Où est-il prescrit dans la tradition spirituelle de l’Eglise qu'il faille continuellement s'opposer à lui, revendiquer, contredire et faire preuve d'insoumission comme nous le faisons ? Est-ce au nom de la "liberté" spirituelle prescrite par l'apôtre Paul ? Est-ce pour ne pas se soumettre au "joug" de l'esclavage ? Mais nous ne sommes pas des syndicalistes pour définir la "liberté en Christ" sous cet angle sociologique. Et qu'on n'invoque pas le concile de Moscou de 1917-1918 pour nous justifier, car c'est ici l'esprit du "monde" qui anime nos prétentions et non celui de l'Eglise. Si les Pères du concile sus-cité avaient vu par avance la manière dont on en exploiterait les thèses au XXIe siècle, ils l'auraient abrogé à l'unanimité pour ne pas cautionner une telle dérive.

La Providence de Dieu nous a mis dans une situation où il n'y a plus d'alternative (si l'on veut prétendre à exister encore). Ce n'est pas une option, c'est un Jugement que Dieu émet sur nous. Nos pères ont semé, certains ont fait fructifier, mais aujourd'hui, force est de constater que la récolte est maigre, beaucoup de fleurs se sont fanées, il n'y a pas de quoi se pavaner, car c’est la survie de notre diocèse qui est en question. Pourquoi cela ? Nous devrions nous poser la question... Si l'on lit attentivement l'enseignement de l'apôtre Paul, il ressort au contraire que la liberté se trouve dans l'obéissance au Christ. Or, comment discerner la volonté du Christ ? Elle est dans l'obéissance à l'Eglise. Que nous prescrit l'Eglise ? L'obéissance à l'évêque et à la Tradition canonique et dogmatique de Celle-ci. Discernons les signes des temps. Les temps sont mauvais. Les voies dans lesquelles s'est aujourd'hui engagé le Patriarcat de Constantinople nous laissent perplexes. Il n’est pas question ici de la politique, mais de la conception même de l'Eglise. Toutes les Églises orthodoxes expriment leur trouble. Douze "startsy" du Mont-Athos sont sortis de leur silence et ont exprimé par écrit leur condamnation absolue des dérives canoniques et ecclésiologiques empruntées par le Patriarcat Œcuménique. La situation est grave.

Pour moi, le Seigneur a permis que nous soyons témoins de ces dérives quelques semaines avant que notre Exarchat soit dissout précisément par le Saint-Synode patriarcal. Après examen attentif, il est apparu qu'aucune autre solution qu’un retour au Patriarcat de Moscou n’est capable de garantir la survie de notre Archevêché. Aucune autre voie n'est ouverte (je parle bien entendu des voies qui respectent le Droit canonique orthodoxe). C'est ce que notre Archevêque a discerné. Les autres "solutions" sont des aventures dénuées de fondement et de justification canoniques. Elles sont vouées à l'échec. J'ajoute : l'Eglise ne nous appartient pas. Elle appartient au Christ. Ne prenons pas le risque de nous être opposés à la volonté de Dieu, n'irritons pas le Seigneur par des revendications inconsidérées. Faisons preuve d'humilité et, son corolaire, l'obéissance. Car pour l'instant, nous créons beaucoup d'agitation en même temps que nous affligeons beaucoup notre Archevêque.

Par la grâce de Dieu, une grande majorité de notre Archevêché a voté la conservation de l'intégrité de celui-ci, et se montre disposé à marcher à la suite de notre archevêque Jean. Je vous implore aujourd'hui : que les choses soient paisibles et se déroulent "dans l'ordre" comme dit l'Apôtre. Je ne dis pas cela pour défendre une idéologie ou une vision nationaliste de l'Eglise. Certes j'ai des préférences, mais j'essaie ici d'être objectif et de considérer ce qui apparaît le mieux pour le plus grand nombre. Pour cela, je m'appuie sur les critères spirituels et sur les canons de l'Eglise. Combien de temps encore allons-nous danser sur les deux jambes ? Nous sommes tous fatigués de cette situation. On ne peut plus attendre indéfiniment. Il faut maintenant trancher. Nous ne pouvons plus rester dans l'incertitude ecclésiale dans laquelle nous nous trouvons. Une dernière fois : faisons preuve d'humilité et cherchons VRAIMENT la volonté de Dieu et non pas nos intérêts privés qui ne mènent à rien. Je demande pardon si j'en ai blessé quelques-uns. J'ai taché d'être sincère et de dire ce qui me semble vrai. Je n'ai d'hostilité envers personne mais je ne veux pas être témoin du naufrage de notre diocèse.

En vérité, le Christ est ressuscité ! Bénissez, chers Pères.

Protodiacre Alexandre Kedroff.


2.Posté par Vladimir G: Moscou ou la dislocation le 16/05/2019 09:57
Je pense que le p.Alexandre a raison (comme d'ailleurs Daniel Struve ): l'Archevêché n'a actuellement que deux options, Moscou ou la dislocation (dans les métropoles grecques ou dans différentes juridictions à l’exemple des 3 paroisses déjà parties). Les autres variantes considérées ne sont pas concrétisées actuellement:
- l'article explique que rien ne permet d'espérer un changement d'attitude de Constantinople permettant le retour à la situation précédente,
- aucune avancée permettant un accueil par l'OCA ou le patriarcat de Roumanie: n'est en vue non plus.

Si ces possibilité sont donc toujours envisageables, rien ne permet de penser qu'elles puissent se concrétiser dans les quatre mois.

Si rien de nouveau ne se produit d'ici au 7 septembre, et que seule reste l'alternative Moscou ou la dislocation, il semble tout à fait possible que la majorité des 2/3 puisse être rassemblée sur l'une des deux options. Et j'imagine que ce sera la première. Malheureusement cela entrainera probablement la fuite des irréductibles dont parle Sergei Bychkov (1) Combien seront-ils? Mais cela permettra aussi et surtout de repartir de l'avant avec l'appuy de la plus puissante des Églises orthodoxes... À méditer !

Et si aucune option ne réunit ces 2/3, l'Archevêché peut conserver le statu quo tant que Mgr Jean est là et que Constantinople ne prend pas de mesures coercitives comme montré par le métropolite Guennadios (2). Le risque étant, bien entendu, que l'Archevêcgé s'affaiblisse encore dans l'incertitude et la solution qui devra être ensuite être recherchée dans l'urgence risque de signer pour de bon la fin de cette unité ecclésiale unique telle que nous la connaissons.

(1) https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Communique-du-Bureau-de-l-Administration-Diocesaine-du-13-mai-2019_a5723.html?com#comments; commentaire 4.
(2) https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Une-lettre-ouverte-du-pere-Dionisyos-Baikov-recteur-de-la-paroisse-de-San-Remo-a-l-Archeveche_a5640.html

3.Posté par Silvain le 16/05/2019 11:56
De tous les commentaires et prises de position qu'on a pu lire ces derniers temps, sur tous les sites d'information et les blogs, cette exhortation du protodiacre Alexandre Kedroff est certainement un des échos les plus fidèles de l'Esprit de l'Église authentique. C'est la voie de la sagesse et de l'humilité qu'il préconise. Puisse-t-il être entendu et l'Archevêché trouver la place préparée providentiellement pour lui par le Seigneur, place protégée du schisme, dans la communion stable de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, place qui démontre que l'Église russe est une mère aimante pour ses enfants et où ils s'y sentiront non seulement en sécurité, mais en pleine liberté.

4.Posté par Nicolas Ross le 16/05/2019 12:15
Dans une autre contribution à « Parlons d'orthodoxie », j'avais tenté de montrer les errances canoniques de la Métropole, puis de l'Archevêché de la rue Daru et exprimé l'espoir qu'elles trouveraient un terme définitif en tirant les leçons et en profitant de l'occasion de sa crise actuelle.

Ces errances n'ont pas uniquement concerné l'Archevêché dans son ensemble. Prenons un seul exemple, celui de la paroisse Notre-Dame-du-Signe, dont l'église est actuellement située à Paris au 87, boulevard Exelmans.

La paroisse Notre-Dame du Signe fut fondée en 1927 rue d'Odessa (Paris 14e) en qualité de paroisse de l'Eglise orthodoxe russe hors-frontières après le schisme ayant divisé l'Eglise orthodoxe à l'étranger en deux obédiences rivales. Elle devint alors l'église cathédrale de l'archevêque Séraphin (Loukianov), bientôt métropolite des paroisses orthodoxes russes d'Europe occidentale de l'EORHF, structure canonique parallèle à celle de Mgr Euloge. Réinstallée rue Boileau, puis rue Michel-Ange, la paroisse Notre-Dame du Signe suivit en 1945 le métropolite Séraphin quand il quitta l'EORHF pour le Patriarcat de Moscou, puis l'abandonna en 1949 pour rejoindre de nouveau l'EORHF.

En 1951, la paroisse Notre-Dame du Signe, qui s'installera bientôt boulevard Exelmans, changea de nouveau de juridiction en rejoignant la Métropole-Exarchat des églises russes en Europe occidentale du métropolite Vladimir. À en juger par une récente pétition signée de son recteur, de son diacre et de beaucoup de ses paroissiens les plus actifs, la paroisse Notre-Dame du Signe envisage de nouveau de se séparer de son évêque pour s'intégrer à une future entité orthodoxe autonome issue de son diocèse et à la création de laquelle il s'est dit résolument opposé.

Cet exemple particulièrement éclatant de transhumance canonique devrait inciter les orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale à rechercher les voies d'une unité réelle et pérenne. Un nouveau schisme ne saurait en aucun cas constituer une solution à la profonde crise actuelle de l'Archevêché, si bien mise en lumière par le protodiacre Alexandre Kedroff dans son récent appel publié sur ce site.

5.Posté par Didier Veillat pour faire suite aux commentaires précédents. le 16/05/2019 13:52
@ Vladimir,
En effet, "l'appui de la plus puissante des Églises orthodoxes". Et en effet encore, "à méditer!". Ce pourquoi, et au nom de cette puissance, je ne regrette pas d'avoir quitté l'Archevêché pour une juridiction sans puissance.
Bien à vous.

6.Posté par Alexis le 16/05/2019 15:22
La situation compliquée de l'Archevêché m'inspire les réflexions suivantes:

-En tant que simple fidèle, quand je vais dans une Eglise c'est pour prier, me sentir bien. Finalement quelle importance que l'Eglise soit rattachée à Constantinople, Moscou ou ailleurs? La foi dans le Christ est la même, le rite et les prières sont identiques. L'important c'est la foi et de pouvoir vivre sa religion. Personnellement je me sens bien quand j'entre dans une Eglise Orthodoxe quelle qu'elle soit, car c'est la religion dans laquelle j'ai été élevé. Après, le reste pour moi c'est du "blanc bonnet/bonnet blanc"... Des querelles de chapelles, des luttes d'influence, de la politique. Je suis vraiment surpris de la tournure qu'ont pris les évènements! La foi dans le Christ devrait rassembler et non diviser!

-Il est paradoxal que ce sont les enfants d'émigrés russes qui sont le plus hostiles à Moscou! L'Exarchat se veut de tradition russe donc il me semblerait logique qu'il se tourne prioritairement vers Moscou. Je comprend tout à fait qu'à l'origine du temps de l'URSS il y avait une méfiance vis à vis du Patriarcat de Moscou. Mais cette époque est révolue. Le communisme en Russie est tombé depuis 29 ans. Certes certaines méthodes (FSB) sont restées, mais même le Président Poutine fréquente l'Eglise (dans quelle mesure est-il croyant?). On me dit que les prêtres russes rentrent dans les ordres pour faire carrière. C'est peut-être vrai pour certains, mais je pense que la carriérisme en religion a toujours existé. Donc arrêtons de voir le diable dans l'Eglise russe!

L'exposé du Protodiacre Kedroff me semble plein de bon sens et prions qu'il soit entendu!

7.Posté par Didier Veillat le 16/05/2019 17:16
@ Alexis
Le commentaire du Père Protoodiacre Alexandre est courageux et clair.

La logique moscovite est en partie celle du retour; Je pense, sans certitude, qu'elle a été une forme de frein pour l'Archevêché, empêchant son évolution vers une forme de localité et empêchant les fruits dont parle le Père Protodiacre Kedroff. Ce n'est qu'une hypothèse de ma part. Il y a tellement de juridictions en Europe occidentale que c'en est presque une curiosité pour l'extérieur.

Quand vous parlez de paix, je fais pour ma part partie des gens qui l'ont trouvée hors de l'Archevêché, à cause d'une forme d'hésitation permanente entre deux mondes.

Quand j'étais dans l'Archevêché, il y avait régulièrement des changements ou des mises en causes profondes. Des disputes sur la langue, etc.
Quant aux choix juridictionnels, on peut y convoquer le Christ. Il ne répondra pas à cette invitation. Entre les franco-français, les franco-russes et les russo-russes, je crains que Sa miséricorde ne soit accordée qu'à ceux qui auront perdu leur phylétisme congénital... Il y en a heureusement! Vous êtes manifestement de ceux là.

Les anciens russes de l'Archevêché ne sont pas tous opposés à un retour, j'en connais qui le défendent au nom de leur Russie et je comprends qu'ils le fassent, même si cela me semble un peu "hors-sol" compte tenu des changements du siècle passé.

8.Posté par Lara le 16/05/2019 21:20
@ Nicolas Ross, je vous remercie pour votre description de la situation dans la paroisse Exelmans.

Tout ceci évoque les années 20 dans la Russie - anarchistes, bolcheviks, blancs... Difficile de comprendre la posture du père Vladimir Yagello. D'autant plus qu'il se rend souvent en Russie et surtout en SPB , y est accueilli avec respect dans les paroisses du Patriarcat de Moscou. Rappelons qu'il a accepté de devenir, à Cannes, de la paroisse de l'EORHF. Or, cette paroisse est jusqu’à présent contrôlée par des schismatiques.

Le père Vladimir, étrangement, n'y voit aucun inconvénient...a perdu de son sens

9.Posté par Marie Genko le 17/05/2019 10:17
Je voudrais assurer le Protodiacre Alexandre Kedroff et Nicolas Ross de toute ma reconnaissance.
La mienne et certainement aussi celle des nombreux lecteurs et contributeurs de Parlons d'Orthodoxie.

Merci d'avoir bien voulu prendre sur leur précieux temps pour témoigner sur ce fil.

Merci à Vladimir Golovanow pour sa présence fidèle.

Et merci aussi à Sylvain , Lara et Alexis d'avoir réagi ici.

@Dider Veillat,
Cher Didier, parler de la puissance d'une juridiction est une façon de parler erronée.
Vous savez aussi bien que moi que la puissance est un terme politique.
La puissance, ou le rayonnement, d'une juridiction orthodoxe ne se mesure pas au nombre de ses fidèles.Ce nombre de fidèles fluctue au gré de l'Histoire et, tel puissant aujourd'hui sera indigent demain.

La seule puissance, qui vaille pour tous les Orthodoxes, est celle de la Parole du Christ.
La Pureté de cette Parole est présente dans toutes les juridictions de l'Orthodoxie.

Avec toute mon amitié à tous les contributeurs de ce fil.

En Christ

Marie

10.Posté par Théophile le 17/05/2019 13:00
@ Lara, Alexis
Personne ne pourra reprocher au père Vladimir Yagello d'être anti-russe ou anti-moscovite, ou d'y voir le diable.
Je ne connais pas son point de vue, mais il doit être basé sur d'autres considérations que l'opposition au Patriarcat de Moscou, étant donné que le Père Yagello a une grande estime pour l'Eglise russe.

11.Posté par Didier Veillat le 17/05/2019 17:13
@ Marie, post 8
Chère Marie

Vous m'avez mal compris, ce qui n'est pas grave. Cela m'arrive régulièrement.

Je ne parle pas de "puissance"; je cite juste une phrase qui n'est pas la mienne: "l'appui de la plus puissante des Églises orthodoxes". Ce pourquoi vos remarques ne peuvent s'adresser vraiment à moi. Mais j'en profite pour donner un avis... Je vous autorise donc à me taxer d'opportunisme, non sans votre gentillesse éclairée.
- Penser juridictions sans penser "puissances" est penser hors-sol. Le Christ n'a heureusement absolument rien à voir avec la question des juridictions patriarcales qui sont des nécessités terrestres.
Le confusion règne à mon avis justement parce-qu'il est question de juridictions en tout premier lieu et ainsi de puissances. Comme par un hasard étrange, ce sont les principales juridictions qui se font la guerre... les deux plus puissantes... Ensuite, on évoque le Christ. Parfois même, on l'invoque, ce qui est un non-sens quand au Christ lui-même.Ce qui est contraire à la foi orthodoxe qui est la même dans chacune des juridictions.
- Il est donc éminemment curieux que l'on se fasse la guerre quand on a la même foi. Si l'on se fait la guerre c'est donc pour une raison autre que la foi, c'est une guerre de puissance. Tel est le sens de ma remarque que vous citez: que, justement, je regrette profondément cette puissance. Et il en faut un minimum pour construire une Cathédrale à Paris avec un bien beau statut terrestre dont le rapport avec le Christ m'échappe...
Je fais volontiers le même type de remarque concernant Constantinople.
- Je préfère donc une juridiction sans puissance.

Je suis tout de même inquiet qu'en "seconde main" on invoque le Christ-Sauveur. Je l'ai écrit, je le réécris: il me surprendrait que le Christ réponde aux invitations des systèmes juridictionnels qui se font des misères pour des raisons autres que la foi. Par contre, le Sauveur répondra sûrement à leur repentir tout comme à l'humilité de l'Archevêché appelée par les vœux très sages du Père Protodiacre Alexandre Kedroff.

Je reprends volontiers à mon compte vos paroles: "La seule puissance, qui vaille pour tous les Orthodoxes, est celle de la Parole du Christ. La Pureté de cette Parole est présente dans toutes les juridictions de l'Orthodoxie." On en parle bien peu ici...

Je vous remercie de votre lecture.

Bien amicalement à vous.

12.Posté par Marie Genko le 17/05/2019 17:40
Didier Veillat message N°7

Vous écrivez:

"Quand j'étais dans l'Archevêché, il y avait régulièrement des changements ou des mises en causes profondes. Des disputes sur la langue, etc. "

Il y a toujours eu une mésentente et en voici, à mon sens, une des raisons :

Certains d'entre nous se souviennent encore très bien de la douleur de leurs parents exilés, et de leur apaisement lorsqu'ils se rendaient à l'église!
Je veux dire que le déracinement a été une douleur quasi physique pour les Russes Blancs.
Aujourd'hui les migrants des pays de l'Europe de l'Est sont aussi des gens en souffrance!
Ils ont laissé leur terre et leur maison pour venir travailler dur en Occident et essayer de faire vivre leur famille.
Comme les Russes Blancs du siècle dernier, ces travailleurs émigrés retrouvent un peu de leur sol natal dans les églises de l'archevêché et celles du diocèse de Chersonèse.

Voilà pourquoi il est charitable de leur laisser un minimum de Liturgie en Slavon.

Mais les tenant de l'Othodoxie Franco française vivent mal cet effort de Liturgie en Slavon, pour la simple raison qu'il n'ont jamais ressenti dans leur chair la douleur de l'exil et qu'ils ne comprennent pas pourquoi ces nouveaux arrivants veulent absolument recréer l'ambiance de l'église de leur enfance.

Cher Didier, c'est aussi simple que cela...Et les nouveaux arrivants ne sont pas des théologiens!

Avec toute mon amitié

En Christ

Marie

13.Posté par Archimandrite Georges (Leroy) le 17/05/2019 19:14
Le texte du Protodiacre Kedroff, à propos de la situation de la « rue Daru », est une analyse qui est à la fois lucide et non-partisane. La lucidité est parfois pénible, mais indispensable pour avoir une appréciation correcte de la situation. Éviter la partisanerie est aussi un point important.

Personnellement, j'ai étudié à l'Institut Saint-Serge dans les années 80, et la « rue Daru » est, en quelque sorte, mon « milieu d'origine », pour lequel je ressens toujours un réel attachement. Nous avons tous étés surpris par la décision du Patriarcat œcuménique qui, visiblement, ne veut plus d'« églises russes » dans son portefeuille…
Ceci étant, nous pouvons noter que le Patriarcat de Moscou est une très vaste maison, qui comprend de nombreuses pièces. L'une de ces pièces est aujourd’hui occupée par ceux qui appartenaient précédemment à l'Église « russe hors frontières » ; gageons que cette pièce ne possède qu'un petit hublot, pour observer la société extérieure... Advenant que la « rue Daru » vienne à occuper l'une des autres pièces, celle-ci possédera sûrement de nombreuses fenêtres ouvertes sur le monde contemporain !

Car l'Église russe n'est pas aussi monolithique qu'il n'y paraît, vu de l'extérieur. Nous pouvons constater - en la cathédrale Sainte Trinité, quai Branly, et également de la part du séminaire d'Épinay-sous-Sénart - une réelle préoccupation de communication avec la population locale ainsi que de compréhension envers la culture française - préoccupation qui brillait par son absence, dans l'ancienne émigration russe. Celle-ci, d'ailleurs, ne consentait à l'usage de la langue française dans les Offices liturgiques, que « la mort dans l'âme », à reculons ; à contrecœur…
Il est dangereux de vouloir immobiliser l'aiguille du temps. Si vous le faites, l'Histoire se retournera contre vous, et finira par vous faire disparaître. Bloquer l'aiguille du temps en 1917, lors du Concile de l'Église russe, n'est pas une bonne idée. Ce Concile participait à l'utopie d'un changement radical de société, et désirait instituer une forme de « démocratie » à l'intérieur de l'Église russe. Cette initiative a été tuée dans l'œuf par la Révolution russe, mais a plus ou moins subsisté dans la « rue Daru ». Cette glorieuse utopie aboutit aujourd'hui à une impossibilité de prise de décision.
C'est comme le « Brexit » : impossible à réaliser, faute d'une majorité au Parlement…

Maintenant, en ce qui concerne la « rue Daru », ils vont d'Assemblée Générale en Assemblée Générale, avec l'espoir à chaque fois déçu, de rassembler une majorité pour dégager une décision. Pendant ce temps, cet ensemble ecclésiastique risque de se déliter. Il semblerait que, dans la « rue Daru », un pouvoir important soit dévolu au conseil archidiocésain, et fort peu d'espace de décision pour l'Archevêque lui-même.


J'aurais souhaité que la « rue Daru » eût appliqué la maxime du général Georges Patton : « un bon plan exécuté brutalement tout de suite, vaut mieux qu'un plan parfait, exécuté la semaine prochaine ! » Traduisons cela en termes contemporains : le rattachement immédiat au Patriarcat de Moscou, en bénéficiant de conditions inespérées - c'est-à-dire que la « rue Daru » soit acceptée globalement en tant qu'organisation - tout cela vaut mieux que le « plan parfait » qui serait hypothétiquement élaboré dans un futur indéfini par une Assemblée Générale où, pour une fois, les Français seraient unanimes (!) « plan parfait » qui reste à élaborer, s'il ne sera jamais.

Archimandrite Georges (Leroy).

14.Posté par Marie Genko le 17/05/2019 21:33
@ message 11 Didier Veillat

Vous écrivez, je vous cite :

"Comme par un hasard étrange, ce sont les principales juridictions qui se font la guerre..."

Non, je ne parviens pas à accepter que des hommes, qui ont consacré leur vie au service du Christ, puissent avoir des envies, ou des rivalités en matière de puissance.
Cela me semble complètement à l'opposé de leur vocation et de leur Foi.

Je préfère croire que nos patriarches sont parfois acculés, c'est à dire obligés de prendre des décisions qui leurs sont imposées de l'extérieur par des instances politiques puissantes.

Cela a été le cas, il n'y a pas si longtemps pour l'Eglise russe martyre, sous le régime communiste.
Et c'est probablement le cas aujourd'hui pour le patriarcat de Constantinople soumis à la puissance américaine.

C'est la raison pour laquelle nous devons prier pour tous les patriarches orthodoxes, même ceux qui s’immiscent sur le territoire d'un patriarcat qui n'est pas le leur.

Prions pour que le Seigneur les prennent en pitié et les éclaire.

Comment ces prélats ne voient-ils pas que certaines décisions de caractère plus politique que religieux provoquent de profonds drames humains ?
Et lorsque nous voyons le véritable séisme, qui déchire le peuple ukrainien, et à présent le schisme à l'intérieur du plérôme orthodoxe, nous pouvons seulement prier pour que cette profonde blessure infligée au Corps de l'Eglise du Christ guérisse rapidement !

Pour ce qui est de la cathédrale construite à Paris sur le quai Branly, ne pouvez -vous pas vous réjouir avec nous tous qu'un nouveau lieu de Prières s'élève à présent en plein centre de Paris pour témoigner la gloire du Christ ?

Avec toute mon amitié
En Christ

Marie

15.Posté par Marie Genko le 17/05/2019 21:35
@Message 13

Un immense MERCI au Père Georges Leroy pour avoir contribué sur ce site et de nous avoir donné un avis très sage.
Hélas je pense qu'aucune décision rapide ne puisse être prise pour des raisons statutaires.
Néanmoins encore une fois MERCI

16.Posté par Михаил le 17/05/2019 22:10 (depuis mobile)
@ Didier Veillat. Vous dites avoir « quitté l''Archevêché ». La question actuelle ne vous concerne donc plus directement. Pourtant, vous avez tout de même pétitionné (comme plusieurs autres extérieurs à "Daru"). Ce qui en dit long sur les manœuvres..

17.Posté par Vladimir G: comment pallier l''''absence d''''évêque ? le 17/05/2019 22:20
Je pense important que la pluralité des positions au sein de L'Archevêché puisse s'exprimer. Voici un lien qui regroupe plusieurs documents intéressants défendant la position de l'autonomie. Aucun ne répond à la question existentielle qui a été posée au p. Wladimir lors de l'Assemblée du 11 mai: comment pallier l'absence d'évêque (soit que Mgr Jean refuse de suivre ce projet comme il l'a annoncé, soit qu'il lui arrive quelque chose). C'est pourtant bien l'un des nœuds du problème.

Et le deuxième nœuds sans réponse c'est: comment empêcher le départ de ceux qui veulent rejoindre Moscou, surtout si Mgr Jean prend leur tête ?

http://www.autre-proposition-pour-archeveche-daru.eu/

18.Posté par Georges Ryschenkow le 17/05/2019 22:30
Etant un Français d’origine russe, de parents ayant émigré de Russie en 1920 à l’âge de 8 ans, et à qui je serai éternellement reconnaissant non seulement de m’avoir transmis ma bien-aimée langue maternelle, la langue russe, mais surtout de m’avoir transmis l’amour dans le sein de la religion Orthodoxe, je voudrais dire dans ce blog, ainsi que dans le précédent que je venais de découvrir ("Situation compliquée …"), que je ne comprends nullement les réticences de certains croyants d’avoir la joie de pouvoir retrouver le Patriarcat de Moscou, « notre troisième Rome », avec qui nous sommes enfin en possibilité de nous réconcilier !

Et en effet, ayant récemment vécu 10 ans en Russie, les plus belles années de ma vie, et ayant assisté à l’immense explosion de la foi orthodoxe du peuple russe, une foi si vivante et sincère après tant de décennies d’athéisme officiel, je peux témoigner du fait que justement, plus avait été abominable la répression des croyants, et plus forte en a été la résurgence de la foi, au point même que les politiques ont dû se plier devant la force immense de cette foi … et y adhérer. Ce qui prouve bien à quel point le Patriarcat de Moscou a non seulement réussi à résister aux terribles répressions, pires qu’à l’époque de l’invasion tatare, et qui visaient même à sa destruction, mais que c’est par sa puissance spirituelle, qu’il a pu maintenir son sacerdoce et continuer son chemin millénaire, bien au-dessus des péripéties politiciennes.

Et maintenant, si c’est le Patriarcat de Constantinople qui désire dissoudre l'Exarchat de Paris, il n’est que temps de revenir, enfin, à nos fondamentaux, tout en gardant une certaine forme d’indépendance due à nos spécificités historiques et géographiques. Ce n’est d’ailleurs que dans le respect de nos différences que nous pourrons nous entraider afin de trouver collectivement le chemin vers l’Unité.

Prions que Dieu nous y aide !

Georges Ryschenkow

PS : Grand merci au Protodiacre Kedroff pour son exposé si éclairant car à la fois mesuré et profond. Et merci également à Marie Genko pour toutes ses interventions, profondément sincères et qui me touchent jusqu’au fond du cœur, et auxquelles j’adhère complètement !

19.Posté par Daniel le 18/05/2019 10:35
@ Marie

Vous dites "Comme les Russes Blancs du siècle dernier, ces travailleurs émigrés retrouvent un peu de leur sol natal dans les églises de l'archevêché et celles du diocèse de Chersonèse."

Cela est bien vrai et j'en suis conscient, mais le rôle de l'église n'est pas de servir de lieu de nostalgie pour le pays quitté mais d'évangéliser. Je comprends entièrement ce besoin et ce mal du pays, mais l'église est faite pour évangéliser.

20.Posté par Daniel le 18/05/2019 13:56
@ Vladimir (17)

En cas de départ pour Moscou, l'hémorragie de paroisses refusant le départ vers Moscou sera immense !

21.Posté par Vladimir G: pour le maintien de son intégrité... le 18/05/2019 14:14
Bénissez cher père Georges,

Je comprends bien que, vue depuis Abitibi, (5.500 km à vol d'oiseau de Paris) la situation de "Daru" parait bien embrouillé. Permettez-moi de ne pas partager totalement votre point de vue: le plan Patton aurait impliqué une importante fuite de paroisses réfractaires à Moscou et il m'apparait clairement que le volonté de Mgr Jean est de sauvegarder au maximum l'intégrité de l'Archevêché. Inspirés des principes démocratiques du concile de 1917, dont l'OCA s'inspire aussi, les statuts de "Daru" donnent un pouvoir de dernier mot à L'Archevêque au sein du Conseil (ce qui fait évidemment peur aux 2/3 qui ne veulent pas de l'option Moscou!) et un droit de véto en AG qui doit rassembler 4/5 des voix pour le dépasser ... Mais cela n'empêcherait pas la fuite des paroisses, comme le montrent déjà les 3 (sur environ 120) qui sont parties à l'automne...

Si l'AGE avait lieu demain, il est probable qu'aucune des solutions discutées ne recueillerait les 2/3 des voix nécessaires à une décision. Mais on peut souhaiter - et prier pour - que l'Esprit descende et qu'une bonne solution, celle qui permettra le mieux de sauvegarder l'Archevêché recueil les voix nécessaire, rassemble cette majorité et, au delà, l'unanimité des paroisses qui ont massivement voté pour le maintien de son intégrité. Amen.

22.Posté par Vladimir G: Puissance? Vous avez dit puissance? le 18/05/2019 14:25
Puissance? Vous avez dit puissance?

Je vais citer deux exemples expliquant ce que j'entends par "l'appui de la plus puissante des Églises orthodoxes".

1. Les belles Églises de Nice et de Biarritz étaient dans le même état il y a 5 ans. La comparaison actuelle se passe de commentaires... (cf. https://www.nicematin.com/vie-locale/lhistoire-de-leglise-russe-de-nice-en-6-dates-15629)
2. Notre paroisse de Lyon n'avait jamais d'office à Pâques faute de prêtre jusqu'en 2008 et systématiquement depuis cette date (rappelons qu'elle a rejoint Moscou en 2007)

Je n'en dis pas plus, je constate...

23.Posté par Gueorguy le 18/05/2019 16:17
@18 - Georges Ryschenkow

Au gré des disponibilités, je lis le commentaire n°18 que je trouve très sympathique et sincère. Je voudrais simplement recommander à mon homonyme (portant le nom de notre très saint patron) d'éviter la mention de "troisième Rome" pour ce qui concerne le patriarcat de Moscou. Bien sûr, toute la liberté reste à Georges Ryschenkow d'employer les termes qui lui conviennent et leur associer le concept qu'il voudra. Mais je suis très sceptique quant à l'emploi de cette désignation.

On pourra y percevoir une sorte de "juridiction universelle" associée au patriarcat de Moscou; ce que, certainement, il n'a pas et ne doit pas avoir ni revendiquer ni même revendique. Cette revendication de juridiction universelle s'est agglutinée sur le concept de "Rome" alors que celui qui en est le primat (que cela soit la première ou seconde) ne devrait pas faillir et seulement considérer comme une présidence parmi les premiers (primat inter pares).

Le patriarcat de Moscou, dans toutes ses déclarations récentes, n'a jamais revendiqué cette juridiction universelle.

24.Posté par Tchetnik: illusion dangereuse. le 18/05/2019 17:45
La "Terre natale" se retrouve dans une association culturelle, historique, à la rigueur un restaurant, mais en aucun cas à l'église, qui ne doit pas être prise en otage par une poignée d'immigrés pour cela.

Surtout quand on en constate le résultat en termes d'évangélisation...

25.Posté par Didier Veillat le 18/05/2019 21:11 (depuis mobile)
@ Vladimir, post 22

Cher Vladimir,
Cela rejoint à terme mon impression. Les exemples choisis y répondent parfaitement. Il s''agit bien de capacité réalisatrice issue d''une situation juridictionnelle. Pourquoi pas ?
Bonne soirée.
Didier Veillat

26.Posté par Marie Genko le 18/05/2019 21:34
Message 19

Cher Daniel,

Oui vous avez raison l'église doit évangéliser ses paroissiens.
Mais lorsque la moitié des paroissiens ne comprend pas le Français et l'autre moitié ne comprend pas le Slavon, il me semble judicieux de lire les épîtres et les Évangiles dans les deux langues.

De cette façon le prêtre contente tout le monde et accomplit bien son devoir de prêtre.

Avec toute mon amitié.

En Christ

Marie

27.Posté par Marie Genko le 18/05/2019 22:02
message 23

Cher Guéorguy,

Vous avez probablement raison lorsque vous demandez un minimum de prudence pour l'utilisation du terme de "Troisième Rome" !

A Rome l'esprit missionnaire s'est développé dès les premiers siècles, même avant le schisme de 1054..
Dans l'esprit de beaucoup de chrétiens, surtout ici en Occident, Rome a une vocation mondiale.
Et cette vocation de mission mondiale elle s'est développée jusqu'à devenir un quasi monopole de l'Eglise romaine.

Monopole repris par les Protestants qui évangélisent avec vigueur sur tous les continents.
Et hélas aussi, monopole que voudrait reprendre le trône de Constantinople

Pour ma part, je suis convaincue que chaque patriarcat orthodoxe à pour fonction non seulement de nourrir les fidèles de son propre territoire canonique, mais aussi d'annoncer le Christ, là où cela est nécessaire.

Plus tous les Patriarcats orthodoxes créeront de missions, plus ils œuvreront pour le Salut du monde.
Car il est de notre responsabilité de ne pas laisser l'hérésie envahir notre malheureuse planète !

Voilà pourquoi il est si nécessaire que nous supplions le Seigneur de permettre une entente fraternelle entre tous les patriarcats orthodoxes.

Avec toute mon amitié
En Christ

Marie

28.Posté par Vladimir G:prier pour - que l'Esprit descende durant ces 4 mois ... le 18/05/2019 23:16
Et oui, bien cher Михаил (16), la pétition ouverte peut être signée par n'importe qui, et plusieurs fois en changeant de nom et d'adresse mail... Elle n'a guerre plus de signification que les sondages de PO.

Et je suis assez d'accord avec vous, bien cher Daniel, (20). Si l'AGE avait lieu demain, aucune solution ne serait probablement possible, faute des 2/3 des voix. Mais on peut souhaiter - et prier pour - que l'Esprit descende durant ces 4 mois et qu'une bonne solution, celle qui permettra le mieux de sauvegarder l'Archevêché recueil les voix nécessaire, rassemble cette majorité et, au delà, l'unanimité des paroisses qui ont massivement voté pour le maintien de son intégrité. Amen.

29.Posté par Didier Veillat n'est pas sage et pétitionne le 20/05/2019 08:03
@ Михаил - post 16

Une pétition est différente d'un sondage qui est encore différent d'un vote. Le seul qui ait une valeur est le vote. Le sondage évalue une tendance ponctuelle, la pétition ne mesure rien du tout; elle exprime une revendication et n'a pas de valeur. Ce pourquoi elle ne devrait pas inquiéter l'homme sage.

Pendant les années de ma vie au sein de l'Archevêché, j'ai connu des "chaud et froid" menés de l'intérieur au nom de Moscou et de Constantinople en même temps que des appels, des menaces, des revendications de retour ou de refus Vers Moscou, des menaces de la Métropole grecque, des revendications françaises pures, etc.
Je suis parti sous la contrainte de ces velléités et non parce que j'en ai pris la soudaine envie par versatilité personnelle. Au nom de toutes ces années passées dans l'Archevêché, je ne vois pas ce qui serait contraire à ma participation à cette pétition que je trouve, au vu des noms qui y figurent, et malgré tous les défauts de ce genre de démarche, instructive. Elle n'a pas de valeur, mas est très instructive. J'ai eu, en lisant ses attendus, le goût de la signer.

Je ne suis par ailleurs pas un homme sage ni un militant.

30.Posté par Nicolas DEBARD le 25/05/2019 07:12
Réponse au commentaire 13
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Cher Archimandrite Georges

Je suis agréablement surpris de vous lire ici. Je vous connais par mes travaux actuels sur Père Léonide. Ma grand-mère Victoria Ivanovna était l'une de ses paroissiennes à Montauban et j'ai bien connu Père Léonide, Ola Trofimovna et Alik depuis mon enfance et jusqu'à leur passage de la vie à la Vie. J'ai aussi participé musicalement au film-documentaire de Vladimir Kozlov, "Musique et Couleurs du Père Léonide" (2002). J'ai hâte de lire votre travail sur l'Alpha & l'Oméga, que l'archimandrite Jean (Vesel), que je connais aussi depuis bien avant qu'il soit prêtre, doit m'envoyer bientôt.

Fidèle de "l'Archevêché" depuis toujours, je suis en parfaite adéquation avec les propos du protodiacre Alexandre Kedroff qui me semble être les paroles les plus sages, les plus éclairées et les plus pertinentes au regard de notre situation actuelle, et je soutien notre archevêque, inconditionnellement, ai pleine confiance dans les instances de notre structure ecclésiale et dans le Seigneur en ce qui concerne notre « avenir », quel qu'il soit : dissolution, Moscou, Constantinople ou Pétaouchnok, pourvu qu'elle soit canonique et approuvée par notre archevêque. Trop d'agitation nuit à l'écoute du Saint-Esprit.

En pleine adéquation aussi avec votre commentaire. Toutefois, vous écrivez :
"Maintenant, en ce qui concerne la « rue Daru », ils vont d'Assemblée Générale en Assemblée Générale, avec l'espoir à chaque fois déçu, de rassembler une majorité pour dégager une décision. Pendant ce temps, cet ensemble ecclésiastique risque de se déliter." C'est exactement ce que dit notre archevêque, en signalant l'urgence de la décision. Seulement nous avons des Statuts qui, comme vous le savez sont inspirés du Concile de Moscou qui, lui-même, est conforme à la Tradition et aux canons de la sainte Église. Mais nous avons aussi notre "tradition" et nos usages", basés sur le dialogue. Monseigneur Jean fait ce qu'il peut et il respecte les statuts de notre archevêché. Toutefois, s'il "semblerait que, dans la « rue Daru », un pouvoir important soit dévolu au conseil archidiocésain, et fort peu d'espace de décision pour l'Archevêque lui-même", il n'en n'est rien : les statuts donne toujours à l'évêque la décision finale et lui permettent de le faire. Je pense, d'une part, qu'il est dans le caractère de Mgr Jean de rechercher toujours le dialogue la concorde et l'entente et, d'autre part, que Mgr est sage de rester dans le droit et de respecter les Statuts (ce que ne font visiblement pas les 8 membres du Conseil qui opposent leur parole à la sienne). Ainsi, vous avez raison : plus le temps passe et plus l'archevêché se délite et, de surcroît, plus il risque de tomber d'un seul coup (décès de l'archevêque, par exemple). Mais Mgr jean ne pouvait pas agir plus vite. La première AGO ne pouvait pas se prononcer pour une solution (trop tôt) et ne s'est prononcée que sur la dissolution ou la non-dissolution. Il était ensuite matériellement trop tard pour convoquer une autre AGO avant l'été. Il a fait au plus vite : début septembre. Mais il faut savoir que, dans sa sagesse et par la sagesse de nos Pères, nos statuts donne à l'archevêque un droit de veto sur les décisions de l'AGO qui ne peut être contrebalancée non pas par 2/3, ni même par 3/4 de l'Assemblée, par 4/5e des voix. Mgr Jean peut donc toujours, s'il n'obtient pas une majorité à l'AGO, prendre la décision qu'il estimera la meilleure pour l'archevêché.
Il ne serait pas très heureux, à mon avis, que Mgr jean agisse en « despota » même s'il en a le pouvoir et le droit. Quant au pouvoir décisionnaire du CA, il n'en a aucun : c'est toujours l'évêque qui tranche ou qui décide. En cas de conflit entre une partie du Conseil et l'archevêque, il y a une procédure à suivre qui est décrite à l'article 28 des Statuts mais qui n'a pas été appliquée, semble-t-il… Faute de véritables et défendables arguments de la partie "adverse", sans doute ? (n'est-ce-pas malheureux d'en arriver à employer ces termes dans l'église ?).

Vous écrivez : "J'aurais souhaité que la « rue Daru » eût appliqué la maxime du général Georges Patton : « un bon plan exécuté brutalement tout de suite, vaut mieux qu'un plan parfait, exécuté la semaine prochaine ! » Traduisons cela en termes contemporains : le rattachement immédiat au Patriarcat de Moscou, en bénéficiant de conditions inespérées - c'est-à-dire que la « rue Daru » soit acceptée globalement en tant qu'organisation - tout cela vaut mieux que le « plan parfait » qui serait hypothétiquement élaboré dans un futur indéfini par une Assemblée Générale où, pour une fois, les Français seraient unanimes (!) « plan parfait » qui reste à élaborer, s'il ne sera jamais."

Je vous rejoins aussi, dans l'absolu, c’est clair : notre fonctionnement demande beaucoup de débats, de parlotte, de temps et de réunions pour que ce soit finalement l'évêque qui approuve, choisisse ou tranche... Mais c'est ainsi : une décision arbitraire et immédiate aurait fait éclater l’archevêché immédiatement : le diable s’en serait donné à cœur joie. Car l’opposition à Moscou est tenace et violente, chez certains. Je pense que notre Archevêque est sage et bien conseillé de respecter scrupuleusement le "droit" de notre structure, de l'Eglise et de la République française. Alors, oui, peut-être que dans l'idéal, une décision lapidaire et unilatérale de l'évêque aurait été plus efficace... mais aurait-elle été plus salutaire ? Je ne sais... La mise en pratique de l'art militaire ne convient pas forcément à l'Eglise de Christ. Il faut un peu de temps avant de se remettre d’un choc. Nous sommes attaqués, durement et avec une extrême violence, par l’ennemi de nos âmes qui utilise la main de Constantinople, certes, peut-être bien, mais aussi et surtout nos passions. Notre évêque a été traité comme un malpropre par le Patriarche, nous sommes en phase d’extinction, et en plus nous nous déchirons entre nous. Kyrie eleison !!!

Au plaisir de vous relire et peut-être d'échanger à nouveau avec vous (ici ou ailleurs).

Nicolas Debard

31.Posté par Vladimir G: préparer les décisions des AGE le 25/05/2019 19:37
Bien cher Nicolas Debard,

D'accord avec votre (30) à la nuance prés que ce n'est pas l'AGO (Ordinaire) mais l'AGE (Extraordinaire) qui peut modifier l'Article 7 des statuts "Fondements canoniques et historiques." ("Ce statut a ... dans l’obédience du Patriarcat de Constantinople").

L’AGO se réunit tous les trois ans (prochaine réunion en septembre octobre 2019 sauf erreur de ma part, bien que les PV de celles de 2013 et 2016 ne soient pas disponibles) et élit le CA. Pas de quorum. Vote à main levée ...

L'AGE obéit à des règles plus strictes (Art 35):
- elle doit être composée de la moitié, au moins, des délégués prévus par les convocations;
- ses délibérations doivent être prises à la majorité des 2/3 des bulletins exprimés valables;
- tous les votes se déroulent à bulletin secret (Art 35).

Il est donc probable qu'il y aura en septembre-octobre une AGO et une AGE, cette dernière étant seule décisionnelle.

L’Archevêché ne vas donc pas "d'Assemblée Générale en Assemblée Générale". Il y a eu une AGE le 23 février 2019 pour décider de la dissolution ordonnée par Constantinople (Art 34 pt. 3) et il y en aura une autre pour modifier l"Article 7": Ces deux AGE sont précédées par des Assemblées du clergé, organe non statutaire qui permet évidement de préparer les décisions des AGE...

32.Posté par Nicolas DEBARD le 26/05/2019 04:59
Oui, pardon : je voulais parler de l'AGE, bien évidemment... où le droit de veto de l'archevêque reste le même.

33.Posté par Nicolas DEBARD le 26/05/2019 05:11
PS à Vladimir

Ce n'est pas moi qui dit qu'on va d'AG en AG mais je cite père Georges, qui n'a pas tout à fait tort, vu de là-bas... une AG, qu'elle soit extraordinaire ou ordinaire, reste une AG... et, en effet, on vient d'en avoir une et on en a programmé une autre bientôt : donc, nous allons bien "d'AG en AG" pendant que l'archevêché, lui, s'entredéchire et se délite : d'où l'insistance de Mgr Jean sur l'urgence d'un choix : ce que beaucoup refusent d'entendre, préférant rêver à leur église parfaite, "leur" archevêché bien aimé, qu'ils veulent à tout prix sauver des griffes de Moscou la corrompue, même au prix du doute, de la division et de la suspicion, au prix de l'opposition à son évêque, au prix de la perte de la paix avec soi-même, avec son frère et, au final, avec Dieu.

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