SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie
C'est à juste titre que sainte Nina est honorée par l'Église de la Géorgie comme égale-aux-apôtres.

Sainte Nina naquit à la fin du 3 e siècle en Cappadoce, où beaucoup de Géorgiens habitaient. Elle avait une étroite parenté avec le saint grand-martyr Georges; selon un ancien manuscrit, en effet, elle fut sa cousine germaine. À cause de cela, sa vénération pour le saint fut grande.

Son père Zabulon, soldat pieux et renommé, avait quitté sa patrie cappadocienne pour offrir ses services à l'empereur Maximien. Sa mère Suzanne, native elle aussi de la Cappadoce, fut la sœur de l'évêque de Jérusalem, que certains identifient avec Juvénal.

Les parents de Suzanne et de Juvénal moururent jeunes. Ainsi, les deux enfants restèrent orphelins et sans protection. Ils pensèrent alors aller à Jérusalem.

Ils prirent la route avec foi en Dieu, sans se soucier du lointain voyage. Arrivés à la Ville sainte, ils trouvèrent refuge dans l'église de la Résurrection. Juvénal se vit rapidement investi de la charge d'économe de la toute-sainte Tombe, tandis que Suzanne se mit au service de la très-pieuse Sara-Niophora de Bethléem, qui y était diaconesse.

SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie
Sur ces entrefaites, Zabulon, dont nous avons parlé plus haut, arriva à Rome. Il gagna vite la faveur de l'empereur, qui le nomma chef d'armée. À cette époque, les Francs se soulevèrent contre les Romains. Ils traversèrent les Alpes, avancèrent le long de la rivière Po, et y installèrent leur campement. Zabulon, sur l'ordre de l'empereur, se dirigea contre eux. Avec l'Aide de Dieu, il les vainquit et fit beaucoup de prisonniers. Parmi les captifs, se trouva le roi insurgé.

Maximien félicita son soldat, tandis qu'il condamna à mort tous les rebelles. Les captifs demandèrent à Zabulon à être baptisés, avant leur mise à mort, au Nom de son Dieu, qui lui avait donné une si grande puissance. Celui-ci, non seulement les baptisa, mais persuada l'empereur de leur rendre la liberté. Les nouvellement illuminés prirent alors Zabulon avec eux, afin qu'il enseignât la foi chrétienne dans leur patrie. Pendant dix jours les prêtres baptisaient le peuple sur les bords de la rivière Gandamar.

Zabulon laissa les prêtres achever leur œuvre et lui-même alla se prosterner aux Lieux saints. Ici, il fit connaissance de l'évêque Juvénal, l'ex-économe de la toute-sainte Tombe. Alors, la diaconesse Sara-Niophora conseilla ainsi l'évêque :

— Donne ta sœur Suzanne en mariage à Zabulon, ce soldat glorieux et homme craignant Dieu, qui aida les Francs à connaître le Christ !

Le conseil de la diaconesse parut bon à l'évêque. Ainsi, dans peu de temps, eurent lieu les noces de Zabulon et de Suzanne, qui repartirent par la suite pour leur terre natale cappadocienne.

SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie
Alaverdi, quelques impressions de l’orthodoxie géorgienne Par ailleurs, le mot Alaverdi, le nom d’un monastère , signifie « Dieu a donné ». C’est une bonne réponse à la question : d’ou vient tout cela ?

De ce couple béni naquit la bienheureuse Nina, l'illuminatrice de la Géorgie.

Lorsqu'elle eut douze ans, elle alla avec ses parents à Jérusalem. Son père, enflammé d'amour pour Dieu, voulut s'offrir à Lui et devenir ermite. Après avoir obtenu le consentement de son épouse et la bénédiction de l'évêque, il prit congé avec larmes de sa fille Nina, en la recommandant au Seigneur, le Père des orphelins et le Protecteur des veuves.
— Ne crains rien, mon enfant, lui dit-il. Imite avec zèle l'exemple de Marie Madeleine et de Marie la sœur de Lazare. Si tu aimes comme elles le Seigneur, sa Grâce ne te quittera jamais.
Ensuite il partit et disparut dans le désert du Jourdain. Le lieu de son ascèse et celui de sa mort sont demeurés inconnus.
La mère de sainte Nina, Suzanne, fut placée par l'évêque son frère à la sainte église de la Résurrection, comme diaconesse, pour s'occuper des femmes pauvres et malades. Enfin, Nina fut confiée à la très-pieuse ancienne, Niophora, pour être nourrie.

Suite APÔTRE, LE DÉPART, LE SONGE DIVIN, LA DESTRUCTION DES IDOLES, LA PRÉDICATION, LA TUNIQUE DU SEIGNEUR, LA CONVERSION DU COUPLE ROYAL, LA PREMIÈRE ÉGLISE, LE BAPTÊME, NOUVEAUX COMBATS, LA FIN....

SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie
Икона святой Нины написана Кетеван Хаджомия / ХХI в./

SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie
Une fresque ancienne unique de sainte Nina a été découverte en Géorgie

Les icônes de la sainte égale-aux-apôtres Nina, l’illuminatrice de la Géorgie, ont orné chaque église et les coins d’icônes des particuliers en Géorgie depuis des siècles. Seules quelques fresques anciennes de la sainte ont survécu jusqu’à nos jours, dont une a été découverte récemment.

Pendant des travaux de restauration effectués dans l’église de la Transfiguration dans la ville de Tsalenjikha, dans le nord-ouest du pays, une fresque de Ste Nina remontant au XIVème siècle a été découverte.

Sur cette icône, la sainte porte un évangéliaire et une croix. Ce qui donne à cette icône son caractère unique est aussi l’inscription « Sainte Nina », clairement lisible. Sur d’autres icônes de la sainte du XIIème et XIIIème siècle qui ont survécu jusqu’à nos jours, les inscriptions ne sont pas visibles à l’œil nu. « On ne trouve pratiquement pas de fresques de Ste Nina datant du XIIème-XIIIème siècle dans les églises de Géorgie. Il n’y a que deux ou trois cas confirmés, et le reste ne repose que sur des suppositions.

Dans le cas présent, nous pouvons affirmer que cette fresque de Ste Nina a été peinte par l’iconographe byzantin Manuel Evgenikos au cours de la période de 1384-1396 » a déclaré Merab Buchukuri, chef du projet de restauration de l’église de la Transfiguration. L’artiste constantinopolitain Evgenikos a été recruté par le prince Vamek Dadiani, et a peint l’église dans le style de l’époque des Paléologues.

SAINTE NINA (+ 338)  l'illuminatrice de la Géorgie

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 27 Janvier 2019 à 09:17 | 6 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Alexandre le 28/01/2014 04:01
Le kondakion de sainte Nino me donne des frissons à chaque fois que je l'écoute. Il y a un caractère envoutant dans les chants de l’Église Orthodoxe Géorgienne, un caractère qui révèle une spiritualité profondément ancrée dans l'âme de ses fidèles et teintée à la fois d'optimisme et de souffrance à l'image de l'histoire qu'a connu ce beau pays plusieurs fois martyrisé par les hordes turques, mongoles et perses.

2.Posté par Affeninsel le 30/01/2015 23:17
Et par les russes aussi. Saviez-vous que sans l'inspiration divine de quelques moines, ce chant splendide du kondakion n'existerait pas aujourd'hui ? En 1811, après avoir envahi la Géorgie en vertu d'un traité inique, les tsars ont décrété l'interdiction du chant religieux géorgien et ont voulu le remplacer par les mélodies slaves ? Entre autres fresques recouvertes de chaux dans des monastères millénaires, ce que même les turcs n'avaient pas osé faire.
Ce qui m'amène à me demander : que dit-on, parmi les administrateurs de ce blog qui parle avec amour de l’Église de Géorgie, de l'absorption en cours de l'église abkhaze dans le patriarcat de Moscou ?

3.Posté par Daniel le 31/01/2015 09:33
@ Affenisel

Le traité de Georgievsk n'était pas inique en lui-même; mais sa non application par la Russie qui l'était. Il prévoyait une autonomie de la Karthlie- Kakhétie pour toutes ses affaires intérieures en échange d'une protection militaire, avec son propre souverain mais en aucun cas la déposition du dit souverain et l'annexion du pays en 1801 non 1811. Sans compter l'absence totale des Russes lors de l'invasion perse de 1795. J'imagine plus les Turcs et les Perses détruire les églises et les transformer en mosquées.

Pour en revenir à la musique, pour préserver le chant géorgieen qui avait tendance à se perdre du fait de son interdiction, on décida de passer de la notation en neume à la notation en notes classoqies, si bien que l'on ne sait plus interpréter avec certitude les neumes géorgiens de nos jours.

4.Posté par Affeninsel le 01/02/2015 15:45
Petite précision : 1811 est la date à laquelle la dernière région de Géorgie, l'Abkhazie, a été mise sous le joug russe.
Quant aux neumes, de ce que je sais, il y a des commissions d'experts qui travaillent à les faire revivre depuis quelques années.

5.Posté par Vladimir.G.: Agkhapie le 01/02/2015 16:06
Les administrateur n'ont pas pour habitude de prendre position mais PO a consacré plusieurs articles à la situation ecclésiale en Abkhazie: http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/search/Abkhaze/; http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Constantinople-ne-devrait-pas-intervenir-dans-le-guepier-Abkhaze_a2157.html

D'après les dernières informations qui me sont parvenues (cf. interview du père diacre Alexandre Volkov, porte-parole du patriarche Cyrille de Moscou, à RIA Novosti le 29/08/2014; http://ria.ru/religion/20140829/1021918765.htm):
- l'Eglise russe refuse la demande d'adhésion des clercs abkhaze et considère que l'Abkhasie fait partie du territoire canonique de la Géorgie.
- Aucun clerc géorgien ne peut mettre les pieds en Abkhasie depuis son "indépendance" en 2008 et la plupart des fidèles refusent ce rattachement à l'Église de Géorgie en se partageant en 2 groupes ecclésiaux:
(i) Les 20 paroisses de l'éparchie "autonome" (autonomie autoproclamée en 2009 et non reconnue) regardent vers Moscou en commémorant le patriarche Cyrille, mais Moscou refuse une telle modification des frontières canoniques (et refuse en fait de faire à l'Eglise de Géorgie ce que Constantinople lui a fait en Estonie...);
(ii) un groupe schismatique qui a proclamé l'autocéphalie de la «Sainte Métropole d'Abkhazie» le 15 mai 2012 et s'est adressé à Constantinople mais semble bien avoir essuyé un refus

N’hésitez pas à revenir dans ces fils avec vos commentaires...

6.Posté par Vladimir.G.: Abkhazie le 01/02/2015 16:07
"PO" a consacré plusieurs articles à la situation ecclésiale en Abkhazie: http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/search/Abkhaze/; http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Constantinople-ne-devrait-pas-intervenir-dans-le-guepier-Abkhaze_a2157.html

D'après les dernières informations qui me sont parvenues (cf. interview du père diacre Alexandre Volkov, porte-parole du patriarche Cyrille de Moscou, à RIA Novosti le 29/08/2014; http://ria.ru/religion/20140829/1021918765.htm):

- l'Eglise russe refuse la demande d'adhésion des clercs abkhaze et considère que l'Abkhasie fait partie du territoire canonique de la Géorgie.
- Aucun clerc géorgien ne peut mettre les pieds en Abkhasie depuis son "indépendance" en 2008 et la plupart des fidèles refusent ce rattachement à l'Église de Géorgie en se partageant en 2 groupes ecclésiaux:

(i) Les 20 paroisses de l'éparchie "autonome" (autonomie autoproclamée en 2009 et non reconnue) regardent vers Moscou en commémorant le patriarche Cyrille, mais Moscou refuse une telle modification des frontières canoniques (et refuse en fait de faire à l'Eglise de Géorgie ce que Constantinople lui a fait en Estonie...);
(ii) un groupe schismatique qui a proclamé l'autocéphalie de la «Sainte Métropole d'Abkhazie» le 15 mai 2012 et s'est adressé à Constantinople mais semble bien avoir essuyé un refus

N’hésitez pas à revenir dans ces fils avec vos commentaires...

7.Posté par Affeninsel le 06/02/2015 18:57
Et pourtant, où est formé le futur clergé des abkhazes ? En Russie. Comment croire à la bonne foi des hiérarques dans ce cas-ci ?
Pour le reste, je préciserai simplement que le vrai problème est politique, puisque la population abkhaze est en train d'être tout bonnement remplacée par des russes. Mais ce n'est plus trop le sujet de ce blog.

8.Posté par père Joachim le 29/01/2019 10:37
TÉMOIGNAGE du 29/01/19:
Le débordement de l'Amour Divin inonde en surabondance le cœur croyant, des chrétiens orthodoxes de part le monde, au delà du quantifiable et du raisonnable.

Cette Énergie Sacrée fonde le Royaume Divin dès ici et maintenant dans l'église qui est réalisation et aussi laboratoire.
Et rien ni personne, ne pourra briser cet "Amour/Unité/Communion" espérance pour le monde entier.

Notre Golgotha actuel est déjà inscrit dans la Gloire du Christ de Pâques.

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