Saint Patriarche Tikhon: «Ils sont morts pour leur foi»
Aujourd'hui , le 9 octobre, nous vénérons la mémoire du Saint Patriarche Tikhon

"Que de larmes je devrai avaler!" YOUTUBE

" En janvier 1918 le patriarche Tikhon écrivit: «La sainte Eglise orthodoxe du Christ vit actuellement un temps difficile en Russie: des ennemies manifestes ou latents de la vérité du Christ se sont dressés contre elle et tentent de faire périr l’œuvre du Christ... Nous vous exhortons tous, enfants fidèles de l’Eglise: défendez notre Sainte Mère humiliée et persécutée…

Et s’il faut souffrir pour l’œuvre du Christ nous vous appelons à ces souffrances avec nous par les paroles du saint apôtre: ‘Qui nous séparera de l’amour du Christ: chagrin, peine, persécution, famine, nudité, malheur ou glaive?’ (Rom. 8, 35)».

L’Eglise orthodoxe russe en a souffert particulièrement. La persécution contre elle a commencé dès l’accession des bolcheviques au pouvoir.

Pendant la guerre civile du début des années 20 un grand nombre de fidèles orthodoxes, dont les évêques, les prêtres et les moines, fut fusillé et incarcéré. Un de ceux qui a souffert pendant la campagne de la nationalisation des biens ecclésiaux fut le métropolite Benjamin de Petrograd. La veille de son exécution il écrivit dans sa prison: «Dans mon enfance et adolescence je me passionnais pour la lecture des vies des saints dont l’héroïsme m’impressionnait; je regrettais de toute mon âme que les temps avaient changé et qu’il n’y avait plus d’occasion de vivre ce qu’ils avaient vécu. Mais les temps ont changé de nouveau la possibilité se présente de souffrir pour le Christ de la part des siens et des étrangers. Il est difficile de souffrir, mais au fur et à mesure que nos peines augmentent, abondent aussi la grâce et la consolation de Dieu».

Saint Patriarche Tikhon: «Ils sont morts pour leur foi»
Dès les premiers jours de leur existence les autorités soviétiques se sont donné comme objectif l’élimination totale et cruelle de l’Eglise orthodoxe. Cette décision transparaît dans la lettre de Lénine du 19 mai 1922 au sujet de la nationalisation des biens ecclésiaux adressée aux membres du Bureau politique: «L’enlèvement des biens, en particulier de ceux des laures, monastères et églises riches doit être effectué avec une résolution impitoyable, sans s’arrêter sous aucun prétexte et dans les délais les plus brefs possibles. Plus on pourra fusiller de bourgeois et ecclésiastiques réactionnaire, mieux ce sera».

Les persécutions contre l’Eglise, commencées par Lénine et ses collaborateurs, furent poursuivies par Staline. Elles ont pris une grande ampleur en 1937 où des centaines des milliers de chrétiens furent fusillés par fausse accusation d’activité anti-soviétique. Vers la fin des années 30 tous les monastères, toutes les écoles théologiques et presque toutes les paroisses de l’Eglise russe furent fermés. Parmi les 60 mille églises ouvertes vers 1917, moins d’une centaine ne furent pas fermées vers 1939 dans tout le pays. Parmi 300 évêques d’avant la révolution, seulement 4 étaient en liberté, mais le NKVD avait préparé des accusations pour leur arrestation qui pouvait survenir à tout moment. La plus grande partie de l’épiscopat et du clergé fut exécutée; ceux qui y avaient échappé, terminaient leurs jours dans les camps de concentration.

Le changement de la politique de l’Etat et le rétablissement de la vie ecclésiale n’ont commencé que pendant la seconde guerre mondiale et étaient les conséquences de la tragédie de tout un peuple. Cependant, ce renoncement à l’objectif de déraciner l’Eglise ne signifiait pas la fin des persécutions. Dans une mesure moindre, les arrestations des évêques, des prêtres et des laïcs engagés se poursuivirent après la guerre. Sous Khrouchtchev (fin des années 50 et les années 60) une nouvelle vague de persécutions s’est déclarée, pendant laquelle plus de la moitié de 10 mille églises ouvertes en 1953 fut fermée.
Il est difficile d’évaluer le nombre de ceux qui ont souffert pour le Christ sous le régime soviétique. Des sources diverses parlent de 500 000 à un million de personnes. Parmi eux 100 000 furent des clercs"
"«Dans nos jours troublés, le Seigneur a fait surgir de nouveaux martyrs, écrivait en 1918 le saint patriarche Tikhon, si le Seigneur nous envoie des épreuves, des persécutions, des chaînes, des souffrances et même la mort, nous supporterons tout patiemment, croyant que cela nous adviendrait non sans la volonté divine et que notre exploit ne restera pas stérile, mais sera comme les souffrances des martyrs chrétiens qui ont gagné le monde à l’enseignement du Christ». Les attentes de ce saint sont en train de se réaliser, car l’Eglise en Russie et en dehors de ses frontières renaît sur le sang des martyrs"

Discours lors de la présentation du livre d’Andrea Riccardi «Ils sont morts pour leur foi» (Bruxelles, 14 avril 2003)
Evêque Hilarion Alfeyev

Saint Patriarche Tikhon: «Ils sont morts pour leur foi»

Rédigé par l'équipe de rédaction le 9 Octobre 2016 à 09:00 | 1 commentaire | Permalien



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