Saint Philarète de Moscou sur le sens de la chasteté
Voici ce que saint Philarète, métropolite de Moscou, un des Pères les plus remarquables du XIXe siècle, dit au sujet de la chasteté que tout chrétien s'efforce à cultiver toute sa vie, mais surtout pendant le Carême:

"Mener une vie chaste signifie vivre sous la direction d'un raisonnement intègre, pur et sain, ne se permettre aucun plaisir qui ne serait justifié par le bon sens, garder l'intelligence hors d'atteinte des pensées impures, ne pas laisser les voluptés malsaines contaminer notre cœur et ne pas maculer notre corps par des œuvres malpropres."

Beaucoup disent que c'est un idéal inaccessible. A cela, l'archevêque Ambroise (Kliutcharev) de Kharkov (1820-1901) répondait que "pour être fidèle à sa nature, l'homme doit être ascète. Même les philosophes antiques païens le reconnaissaient. Alors, comment le chrétien ne serait-il pas ascète, lui qui cherche à manifester dans sa nature composée le bel idéal de la vrai vie humaine que l'Évangile lui a montré?"

Saint Philarète fut une des figures les plus marquantes de l'Église russe au XIXe siècle. Né en 1782, à Kolomna, près de Moscou, dans une famille sacerdotale, il fut baptisé sous le nom de Basile. Il entra à l'âge de neuf ans au séminaire local et continua ensuite son instruction ecclésiastique dans le séminaire installé auprès de la Laure de la Trinité-Saint-Serge.

Le métropolite de Moscou Platon, qui résidait fréquemment à la Laure, remarqua les aptitudes extraordinaires du jeune séminariste, tant pour l'apprentissage des langues ancienne, qu'en théologie et poésie, et il le prit sous sa protection. Malgré ses talents, Basile restait pieux, calme et modeste, et jouissait de l'estime générale. Ayant terminé ses études, premier de sa promotion, on lui confia aussitôt l'enseignement du grec, langue qu'il écrivait et parlait couramment, et de l'hébreu. Orateur d'esprit fin, sachant enflammer les âmes d'amour pour la vertu, il fut bientôt désigné comme prédicateur à la Laure et nommé professeur de rhétorique. Son bienfaiteur, le métropolite Platon, qui était considéré comme un grand théologien et orateur, écrivait à son propos: « Moi, j'écris comme un homme, mais lui il écrit comme un Ange. »

Encouragé par le Métropolite et après mûre réflexion, accompagnée de luttes intérieures, le brillant professeur fut tonsuré moine, sous le nom de Philarète, et ordonné Diacre quelques jours après (1808). Transféré, un an plus tard, au Séminaire de Saint-Pétersbourg, il y remplit les fonctions d'inspecteur et de professeur de philosophie; et après son ordination sacerdotale, il enseigna, à l'Académie théologique, l'Écriture Sainte, l'Histoire ecclésiastique, le Droit canonique et la Théologie dogmatique. Il continuait de plus sa prédication et sa voix, résonnant dans les grandes cathédrales, attirait de nombreux admirateurs. Il entretenait des relations avec les écrivains illustres de ce temps, comme Pouchkine, qu'il avait réconforté par un admirable poème et qui lui écrivit avec reconnaissance: « Le poète, saisi de frayeur sacrée, écoute religieusement la harpe de Philarète. »

Élevé à la dignité d'Archimandrite à l'âge de trente. ans, il fut bientôt nommé recteur de l'Académie théologique et supérieur d'un grand monastère de Novgorod. Infatigable dans les travaux intellectuels comme dans les responsabilités administratives, il menait ordinairement de front trois ou quatre besognes à la fois.

Son disciple, l'archimandrite Photius, le décrit en ces termes: « Il avait toujours le visage clair et joyeux, les yeux perçants, l'air ascétique et sévère, mais agréable; son allure était lente et majestueuse. Sa voix était douce et fine, mais bien claire. Il parlait avec finesse et sagacité, et disposait les étudiants à l'écouter avec entrain, au point d'oublier l'heure du repas. La force, la beauté, la dignité et la gloire de l'Académie théologique étaient alors concentrées en Philarète. » Unissant une rare érudition à une fervente piété, il tâchait de communiquer avant tout à ses auditeurs, ou aux lecteurs de ses ouvrages qui restent des classiques de la littérature orthodoxe, l'"esprit de l'0rthodoxie", c'est pourquoi il fut, dès son vivant, considéré comme un véritable Père de l'Église et surnommé: le "nouveau Chrysostome".

Suite
Saint Philarète de Moscou sur le sens de la chasteté

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 2 Décembre 2020 à 07:28 | 17 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Tchetnik le 03/12/2019 21:17 (depuis mobile)
Chasteté ne signifiant pas forcément absence de relations physiques mais leur bon et saint usage.
En cela les relations conjugales sont on ne peut plus chastes.

2.Posté par Nicodème le 04/12/2019 11:21
Je suis assez d'accord avec Tchetnik , à condition que la relation conjugale ne se transforme pas en une relation prédatrice . "Soyez soumis les uns aux autres" disait Shaül de Tarse , dit "St Paul" ...

Cela étant , le non-dit de ce pathos est que la sexualité est "sale" . Quand on n'enseigne cela dès l'enfance ds les familles "religieuses" (et pas que ds le christianisme) , comment s'étonner ensuite que la majorité des femmes mariées ds les milieux religieux soient malheureuses ? Elles auront été castrées moralement . Certes , ça vaut mieux que physiquement , mais il reste que , en faisant mes petites enquêtes , je n'ai jamais trouvé de femmes "croyantes" ayant été heureuse ds sa vie sexuelle , comme on dit . Sauf une seule (et ce n'était pas la mienne..:-) ) . Les conséquences en sont dramatiques . En premier lieu , une mésentente profonde du couple . Et là est le facteur dissolvant principal de la société . la propagande LGBTQ ne faisant qu'en remettre une couche . Vous êtes vous posé la question pourquoi il y a tant de lesbiennes ? Le complot du Malin ? certes . Où l'on voit que les œuvres du Malin se développent grâce au rigorisme et au puritanisme des bien-pensants . Qui veut faire l'ange fait la bête , c'est bien connu .

J'ai cité St Paul , mais il me semble que cette détestation du corps a été initiée par lui , et non le Christ . D'où les courants encratiques ds l'Eglise primitive . Qui ont fini par donner la glorification du célibat "consacré" . Comme si Dieu , après avoir conçu la sexualité s'était dit : "Cela n'est pas bon!" Aberration que l'Eglise de Rome n'a pas fini de payer ...

3.Posté par Olga le 04/12/2019 16:49
Pardon pour ce jeu de mot mais : je trouve assez malheureux, surtout en ce jour d'une grande Fête mariale (Богородичный праздник) et en ce Carême de la Nativité, que l'on puisse se lancer dans des spéculations sur l'aspect soi-disant "malheureux en général" de la vie de couple des épouses "croyantes" ! D’ailleurs, une personne dite croyante n'est pas forcément très chrétienne et comblée de Grâce ; sinon, pas forcément à tous les instants de sa vie.

Ensuite, il est utile de savoir que, dans toute culture chrétienne traditionnelle et normale, on ne parle pas souvent de ces choses ; une femme chrétienne normale n'en parle pratiquement jamais en situation normale, très naturellement ; sinon, qu'en de très rares ou exceptionnelles circonstances, surtout si elle n’a pas perdu la joie de vivre auprès de son mari. D'où peut-être l'impression biaisée (pour certains) qu'elles sont "malheureuses", peut-être parce que ce sont précisément les plus malheureuses - ou sinon, aussi, les moins chastes qui s'adonnent à des "confessions", dont certaines qui ne sont pas compatibles avec l’esprit de chasteté – des « confessions » qui ne sont pas sans rappeler les contenus douteux d’une revue comme "Psychologie", même s’il y a pire, bien sûr.

La parole est d’or quand elle peut aider à prévenir ou guérir. Ce qui n’est pas fréquent. Je pense que nombre de fidèles orthodoxes sont très mal influencés par les choses banales et vulgaires de ce monde : un certain blabla impudique est une fort mauvaise réponse à la culpabilisation déplacée de certains aspects de la vie conjugale (ainsi qu’à certains « blocages » psychologiques dont souffre peut-être telle ou autre personne). Il existe des sphères et des interrogations à propos desquelles le silence est plus sain que des propos qui tombent mal, le plus souvent.

Quand la cause d’un mal est spirituelle et morale (une mésentente, par exemple), il ne sert pas à grand-chose de dénoncer un certain complexe augustinien ou de chercher je ne sais quelle réponse "psychologique" (Freud, Jung etc. etc.) biscornue. « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ».

4.Posté par Tchetnik le 04/12/2019 18:30
@Nicodème
Vous exagérez.

Outre que la sexualité, au demeurant naturelle et humaine, est un sujet qui reste dans e jardin secret du couple, vous n'avez pas d'étude exhaustive sur le sujet. ou alors, elles ont le sérieux de celles qui affirment qu'il y aurait en France "500 000 à 700 000 Orthodoxes".
Si j'en juge la quantité de pilules antidépressives vendues en "France", de sites internet aussi pervers les uns que les autres, des clubs échangistes ou autres joyeusetés que le monde laïc et matérialiste réserve, on se dit que c'est plutôt la femme "libérée" et athée qui aurait de gros problèmes d'épanouissement en la matière...
Saint Paul n'a jamais "détesté le corps" pas plus que les Pères ou les premiers Chrétiens.

La Bible n’enseigne pas le mépris du corps humain (Pas plus que celui de la Création, dans son aspect matériel comme immatériel, qu’Il créa aussi matérielle et qu’Il vit bonne (Genèse 1:18)), au contraire, elle enseigne qu’il est l’œuvre de Dieu, comme l’âme, abrite autant l’image Divine de l’Homme que l’âme, mais enseigne à ne pas vivre selon les besoins de la chair. Jésus Christ guérissait les âmes mais aussi les corps et Il guérissait par Sa Grâce spirituelle mais aussi des signes physiques, des moyens corporels, l’être Humain étant une unité de personne. Il faut donner au corps ce qu’il lui faut pour porter l’âme, pour porter l’esprit, mais ne pas exalter ses désirs, savoir leur donner un sens différent, ce afin de sanctifier et l’âme et le corps. On a vu pire comme mépris du corps…Il s’agit en fait de le respecter, de le transfigurer, d’en faire un instrument de sainteté, alors que, par son aspect physique, il est hélas sensible aux fragilités, faiblesses et tentations. L’Église Chrétienne n’enseigne pas son mépris ou sa destruction, ni sa négation, mais de le travailler, l’améliorer, le sanctifier. La première preuve que le Christianisme ne méprise pas, ni le corps ni le monde matériel réside encore dans Jésus Christ, Dieu et Homme, dans le fait que Dieu Se soit incarné dans un être de glaise qu’est l’Homme, par amour pour ce même être de glaise, ce que satan, premier gnostique, considérait comme une horreur, horreur dont il était d’ailleurs jaloux. Ce sont en effet les gnostiques qui, sous certaines influences païennes antiques, méprisaient le corps et le mettaient en opposition systématique avec l’âme. Le simple fait que Dieu ait créé l’Homme à Son image d’âme et de corps, qu’Il ait créé le monde matériel et qu’Il se soit incarné par Amour des Hommes dans un corps et une âme humaines, suffit en soi à montrer que le Christianisme n’a jamais diabolisé ni le corps ni la matière, mais pouvait se défier de l’usage qui en était fait, lequel pouvait s’orienter vers le Vrai et le Bien ou vers le mal. Simplement, la théologie Chrétienne enseigne que le corps doit être soumis à l’âme, qu’il doit être serviteur et non maître. II convient non pas de le détruire, mais de le transformer et de le sanctifier par la foi et une certaine pratique d’idéaux de Vertu.

5.Posté par Tchetnik le 04/12/2019 21:42 (depuis mobile)
@Nicodème

Il est cependant possible que vous ayez mené vos recherches dans un couvent..

6.Posté par Nicodème le 05/12/2019 15:54
@Tchetnik ! Ha! ha! Insinueriez-vous que les "religieuses" seraient toutes là par dépit de n'avoir pas été ...heu ...satisfaites dans leurs vies antérieures ? je ne me permettrait pas d'aller jusque là .

Je me suis contenté de chercher ds mes relations amicales ds les milieux dits "charismatiques" ktos que j'ai fréquenté ds la décennie 90 . Cela étant , le commentaire d'Olga , que j'ai lu avec attention , comme le vôtre , cher Tchetnik , est une illustration très claire de l'omerta dramatique sur le sujet , cela dit sans vouloir l'offenser . En aucune façon .

Je ne dis pas que l'harmonie physique implique nécessairement l'entente du couple , mais je dis que si celle-ci n'existe pas , et cela peut être généré par l'ignorance ou pis , par la détestation de la sexualité , même "légitime" , celui-ci devra se forcer pour être en paix . Je ne sais pas ce qui est enseigné ici ou là ds les églises orthodoxes , mais je sais , pour l'avoir vu ds des bouquins usités ds la génération de mes parents (1900/1905 ) que le plaisir féminin ne devait pas être recherché , et qu'on recommandait carrément à l'épouse de simuler "en poussant des petits cris" . Je n'invente rien . Bien sûr , ce champ de ruines n'est pas le seul fait des milieux "croyants" . Il est très répandu aussi ds les milieux indifférentistes sur fond d'absence quasi totale d'éducation sentimentale et sexuelle des garçons , ce qui est le plus grave .C'est en effet l'époux qui "éveille" son épouse , par son amour , sa tendresse et sa patience .

Education remplaçée , dès 10 ans à peine , par l'addiction au porno . Les dégâts en sont incommensurables . Et très durables . Là dessus , je rejoins totalement Tchetnik au début de son message (4) . Bien sûr , il y a un sacré ménage à faire , et ce sera très dur , car le porno réalise l'alliance satanique de Mammon et de Bélial . Ces genres de démons qui ne peuvent être vaincus "que par la prière et le jeûne" . Mais quand même , je crois qu'une bonne opération de police aiderait ... Comme disait jeanne ("au secours!" ... :-)) , les soldats combattront et Dieu donnera la victoire ... Programme généralisable à tous les domaines ...Mais il n'y a pas que l'"occident" à être rongé jusqu'à la moelle par ces choses destructrices de l'âme et du corps de nos enfants (et de nos compatriotes aussi) , il y a, hélas , la Russie aussi .

Vladimir ferait bien , en Russie , de veiller à ce que le "purin" de l'occident" , comme disait Soljenytsine , ne submerge pas la Russie , et malheureusement , c'est déjà bien engagé ds toutes les grandes métropoles .

Je concluerai en rappelant que , ds l'anthropologie "orthodoxe" , si j'ai bien compris , nous sommes corps , âme et esprit , et à l'image de la Trinité , aucun aspect de l'être total ("bazar" en hébreu ) ne domine les deux autres . Ici bas . Et encore , de l'autre côté , nous aurions un "corps glorieux" ...

Et , si un hétérodoxe , voire un mécréant comme moi peut se le permettre , recevez mes salutations "en Christ" (quand même) .

7.Posté par Olga le 05/12/2019 22:12
Je pense que les propos de "Nicodème" tombent mal, même je ne peux m'empêcher de les prendre avec une bonne dose d'humour. Le fondement d'une attitude authentiquement chrétienne et par conséquent, orthodoxe, est spirituel. Or, ceux qui ne comprennent pas ont une trop forte tendance à mettre la charrue devant les boeufs et ce, dans différents domaines .

Ne serait-ce que d'un point de vue logique, attribuer les problèmes de je ne sais quels "cathos" (???) ou "charismatiques" (???) à un certain "ensemble" de femmes mariées et "croyantes" en général, cela relève d'un non-sens. Ou peut-être plutôt un faux-sens logique et une impasse spirituelle, humaine : c'est ainsi que le sens de l'amour, du respect, et, par conséquent du sens de la pureté dans la relation conjugale à tous les niveaux peut-être perdu - ou même rendu inaccessible avant même le mariage. "On" commence par une approche (que je trouve biscornue) qui manque de pudeur, et le sens de la chasteté, y compris concernant le "jardin secret" entretenu par les époux, peut être donc considéré comme une "omerta". Ce qui est bien inspiré, mais aussi spontané et naturel est incompris, mal inteprété comme une "loi du silence complexé" etc.

C'est tellement drôle que j'ai même l'impression que c'est un canular, certes déplacé mais comique. "Quand on veut faire la bête... on risque d'en rester là, sinon pire".

8.Posté par Tchetnik le 05/12/2019 23:21
@Nicodème

Aucune omerta, simplement vous vous imaginez juste des choses, ce de votre propre aveu, puisque outre le fait que vous n'avez aucune étude sur le sujet, vous n'avez pas lu d'écrits Orthodoxes dessus.
pour le reste, vous confondez l'enseignement de l'Eglise, même Catholique, avec le Jansénisme.

9.Posté par Jean Oberlin le 05/12/2019 23:55
De loin votre meilleur commentaire (post 6) Nicodème !

10.Posté par Nicodème le 06/12/2019 11:49
Le paradoxe est que c'est Oberlin qui m'a le mieux compris . Merci de me l'avoir dit et d'être passé par dessus votre irritation à mon égard , dans le passé .

@Tchetnik : Janséniste , moi !!! alors que c'est tout le contraire . D'ailleurs , ce que j'ai violemment rejeté , ce sont les traces de jansénisme qui traînent encore ici ou là dans le discours de l'ECR , même conciliaire .C'est ça le pb de la Toile . On vous attribue des qualités sans vous connaître , en comprenant de travers vos propos . Et Dieu sait si j'ai tourné sept fois mes doigts sur le clavier ...
Oui , chère Olga , j'ai essayé d'y mettre un peu d'humour . Certes , je n'ai pas mené une "étude" sociologique rigoureuse . C'est simplement du vécu (Emmanuel , chemin neo-catéchuménal , Béatitudes) . Cela dit , il y a ce que les gens ont intériorisé à cause des âneries qu'ils ont entendu ds leur famille , et il y a ce que les clercs essayent d' enseigner . Et il y a encore la doctrine officielle de l'Eglise . Je crois que c'est le patriarche Athénagoras un peu en réponse à Paul VI , qui disait que , si un couple s'aime , l'Eglise n'a pas à chercher à savoir ce qu se passe dans leur chambre . Comme disait St Augustin , pardon , Augustin d'Hippone , qui n'est en général pas ma tasse de thé , "Aime et fais ce que voudras!"

Ma femme aussi avait eu les confidences de plusieurs dames "laïques" , au sens de non croyantes , ds le club de gym qu'elle fréquentait ds les années 90 , à l'époque ds les 50/60 ans , donc nées ds les années 40 . Le phénomène n'existe pas seulement ds les milieux croyants , en effet .

Mais bon , cette petite polémique , c'est pas grave . J'aurais tellement aimé participer avec ceux qui le pourraient à une liturgie à Branly . De sorte que nous prenions chair , au lieu que nous sommes tous des intellects , et seulement des intellects . Mais il est peu probable que , maintenant , je puisse y aller .

11.Posté par Olga le 06/12/2019 12:25
Et si l'on revenait aux principes tels qu'ils ont été exprimés par saint Philarète de Moscou ? Ce serait une très bonne idée. Effectivement, il faudrait adopter une approche authentiquement chrétienne (orthodoxe) qui vaut tout à fait pour les époux chrétiens orthodoxes (également) : "pour être fidèle à sa nature, l'homme doit être ascète" (Archevêque Ambroise (Kliutcharev) de Kharkov...)

Ce qui ne signifie guère qu'il faudrait pencher pour le Jansénisme, des idées gnostiques biscornues qui ont été hostiles au mariage ou culpabiliser, d'une façon plus ou moins complexée (non saine) ce qui est naturel, normal et non contraire à l'esprit de chasteté présent dans une relation conjugale.

P.-S. Le tchetnik de ce blog a bien raison sur ce point : il ne faut pas confondre les choses. C'est un blog de discussion concernant le christianisme orthodoxe (or si une personne mariée souffre des conséquences "psychologiques" d'une éducation qui l'a privé d'un certain équilibre dans telle ou autre sphère, il ou elle peut consulter des écrits spirituels pour trouver son équilibre ; si un couple souffre d'un réel problème de santé, les époux peuvent consulter l'avis d'un médecin, pas n'importe lequel effectivement, j'imagine qu'il faut du bon sens mais ce sont des choses de la vie qui, normalement, n'ont pas grand-chose à voir avec une discussion sur le christianisme orthodoxe).

12.Posté par Tchetnik le 06/12/2019 13:24 (depuis mobile)
@Nicodème

Non, pas vous, nous savons tous ici que vous êtes un homme du genre San-Antonio:-))
Simplement, il ne faut pas confondre l'enseignement de l'Église avec certaines déviations qui en furent faites et qui eurent hélas une influence néfaste.

13.Posté par Jean Oberlin le 06/12/2019 15:21
Arf... Vous savez Nicodème, je n'ai aucune sorte d'irritation à votre égard ni quoi que ce soit qui s'apparenterais à de l'attaque ad hominem. Votre expérience de vie et votre ancienneté vous servent plus qu'elles ne vous desservent pour autant que vos appréciations sur l'orthodoxie ne sont que trop peu souvent justes et éclairées, lesquelles d'ailleurs j'aime vilipender.
Notre ethos français et catholique (pour ceux d'entre les français qui furent catholiques, notamment dans les "néocathécuménats" post-conciliaires) est bien plus un handicapant véhicule anti-byzantin, anti-orthodoxe a priori, plutôt qu'une aide à la conversion authentique. Il n'y a guère que dans les milieux guénoniens et traditionalistes, souvent réceptifs à l'Orient véritable, que l'on trouve le plus de convertis non augustiniens, non marqués à l'excès par la francisation de la théologie, et Dieu sait que la Gaule gauloise m'est chère. Donc je critique légitimement vos positions légères et farfelues vis-à-vis de la Sainte Foi orthodoxe immaculée tout en comprenant les nuances composant votre personnalité. Moi même il m'arrive d'écouter des chants tchetnici, puis du heavy metal, puis des compositions romantiques pour arriver à une psalmodie athonite sur les coups de 2-3h du matin, tout en fumant un bon cigare ou une bonne pipe abreuvée d'un doux gin tonic. ça n'empêche que la vérité c'est l'ascèse mystique orthodoxe non augustinienne, non anti-hésychaste, écuméniste et moderniste judaïsante ; la simandre me réveillant peut avant le chant du coq afin de remercier Christ de me permettre un jour de plus d’espérer et de me repentir en vu de mon salut, moi l'infâme (enfin...je devrais me réveiller avec la simandre si je ne volais pas constamment mes jours à Dieu). "Tout homme est souffrance" disait le valaamite, tout homme est nuance peut être aussi.

14.Posté par Théophile le 06/12/2019 18:43
@ Nicodème
Merci pour votre fraîcheur! Ce qui est agréable dans vos intervention, c'est que vous vous basez sur votre expérience, sans artifice ni faux-semblants.
Nous en avons bien besoin - cela décape un peu les dorures baroques de ce forum.
Au final, il faut aussi reconnaître nos limites et lacunes (et aveuglements) en matière de Vérité. C'est un bon début pour suivre vraiment le Christ.

15.Posté par Olga Kluchnikov le 07/12/2019 10:50
Cet échange devrait retrouver une vraie fraîcheur, plus ascétique, je me permets donc de citer la prière de saint Philarète de Moscou (très ascétique, je pense) :

Seigneur ! Je ne sais que Te demander. Toi seul, Tu as la connaissance de ce dont j'ai besoin. Tu m'aimes plus que je ne sais T'aimer.
Père ! Donne à Ton serviteur ce que moi-même je n'ose demander.
Je n'ose demander ni croix, ni consolation : seulement, je me tiens devant Toi. Mon coeur T'est ouvert ; Tu vois mes besoins que je ne connais même pas. Vois et agis selon Ta faveur. Frappe et guéris-moi, renverse et élève-moi. Je me tiens en profonde vénération et en silence devant Ta Sainte Volonté et Tes destinées, qui sont insondables pour moi. Je m'apporte en sacrifice à Toi ; je m'abandonne à toi ; je n'ai d'autre désir que d'accomplir Ta volonté. Apprends-moi à prier. Toi-même, prie en moi.

(Autre version, qui telle qu'elle est citée sur la page d'un monastère correspond à l'original d'une façon "moins littérale" mais aussi, moins précise ; le texte original ne fait pas référence au fait de "mendier", etc. :
"Seigneur, je ne sais quoi mendier auprès de Toi; Toi seul sais ce qui m'est nécessaire.
Tu m'aimes Plus que je ne sais moi-même comment T'aimer!
O Père, donne à Ton serviteur Ce que je ne sais même pas comment Te demander.
Je n'ose Te demander ni une croix, ni une consolation; Je me tiens seulement devant Toi,
Mon cœur ouvert à Toi.Tu vois mes besoins que je ne connais même pas;
Vois et agis envers moi selon Ta miséricorde.
Purifie-moi et guéris-moi, Abaisse-moi dans l'humilité et relève-moi;
Je suis rempli de crainte respectueuse devant Toi, Et je suis silencieux devant Ta volonté
Et tes ineffables voies pour moi. Je me mets devant Toi Comme un sacrifice;
Apprends-moi à prier. Prie Toi-même en moi.
Amen!")

"Господи! Не знаю, что мне просить у Тебя. Ты Един ведаешь, что мне потребно. Ты любишь меня паче, нежели я умею любить себя. Отче! Даждь рабу Твоему чего сам я просить не смею. Не дерзаю просить ни креста, ни утешения: только предстою пред Тобою. Сердце мое Тебе отверзто; Ты зришь нужды, которых я не знаю. Зри и сотвори по милости Твоей. Порази и исцели, низложи и подыми меня. Благоговею и безмолвствую пред Твоею Святою Волею и непостижимыми для меня Твоими судьбами. Приношу себя в жертву Тебе. Предаюсь Тебе. Нет у меня другого желания, кроме желания исполнить Волю Твою. Научи меня молиться! Сам во мне молись. Аминь".

https://azbyka.ru/otechnik/Filaret_Moskovskij/molitvy/

16.Posté par Nicodème le 07/12/2019 17:40
Merci , Olga . Belle prière , que je ferais bien d'intégrer en mon for intérieur . Mais c'est justement ce point là , l'"abandon" , que j'ai le plus grand mal à accepter .

17.Posté par TAMARA SCHAKHOVSKOY le 09/12/2019 11:35
Magnifique prière, merci beaucoup Olga, vous nous avez transmis quelque chose de très précieux et de très bienfaisant.
Une question cependant : dans les deux traductions que vous citez, il est dit en substance "Tu m'aimes plus que je ne sais T'aimer". Or, le texte slavon que vous nous indiquez dit "любить себя" (et non Тебя) - c'est-à-dire soi-même et non Toi - ce qui devrait donc être traduit par : "Tu m'aimes plus que je ne m'aime moi-même"...
C'est encore bien plus fort si on pense à l'égocentrisme congénital de l'être humain, à son amour démesuré pour lui-même ...l'immensité de l'amour de Dieu pour Sa créature en est d'autant mieux soulignée.

Alors quid ? Est-il possible que les deux traductions soient fausses (peut-être volontairement, par une sorte de timidité ou de répugnance devant cet égocentrisme humain ?) ou y aurait-il une malencontreuse coquille dans la version slavonne ? Merci d'avance pour votre réponse

18.Posté par Olga le 09/12/2019 18:58
Merci Tamara. Je pense que ce sont les deux, effectivement. Si je cite la première version, ce serait alors :

Seigneur ! Je ne sais que Te demander. Toi seul, Tu as la connaissance de ce dont j'ai besoin. Tu m'aimes plus que je ne sais m'aimer*.
Père ! Donne à Ton serviteur ce que moi-même je n'ose demander.
Je n'ose demander ni croix, ni consolation : seulement, je me tiens devant Toi. Mon coeur T'est ouvert ; Tu vois mes besoins que je ne connais même pas. Vois et agis selon Ta faveur. Frappe et guéris-moi, renverse et élève-moi. Je me tiens en profonde vénération et en silence devant Ta Sainte Volonté et Tes destinées, qui sont insondables pour moi. Je m'apporte en sacrifice à Toi ; je m'abandonne à toi ; je n'ai d'autre désir que d'accomplir Ta volonté. Apprends-moi à prier. Toi-même, prie en moi.

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