Sainte Marie Madeleine : Le premier œuf  de Pâques et la résurrection du Seigneur
Devenue pour la troisième fois "apôtre des Apôtres", Marie Madeleine resta avec les disciples et la Mère de Dieu, partageant leur joie. Elle était probablement présente au Mont des Oliviers, lors de l'Ascension, tout comme dans la chambre haute, le jour de la Pentecôte, quand le Saint-Esprit descendit sous forme de langues de feu (Actes 2).

On raconte que la Sainte quitta ensuite Jérusalem, pour se rendre à Rome et y demander justice à l'empereur Tibère de la condamnation inique prononcée par Pilate . Se présentant devant l'empereur avec un œuf en main, elle lui déclara qu'après avoir souffert la Passion, le Christ était ressuscité, apportant à tous les hommes la promesse de la résurrection; et l’œuf se teignit alors en rouge. Le souverain écouta sa requête et convoqua Pilate, ainsi que les grands prêtres Anne et Caïphe.

Caïphe mourut en route, en Crète; quant à Anne, il fut supplicié en étant enfermé dans une peau de buffle. Pilate, s'étant présenté au tribunal de l'empereur, essaya de se justifier en avançant les pressions exercées par les Juifs et le risque de rébellion contre l'autorité romaine. Mais César resta insensible à son apologie et le fit jeter en prison. On rapporte que, poursuivant un cerf au cours d'une partie de chasse, organisée non loin de la prison par des amis de Pilate, l'empereur décocha une flèche qui alla frapper Pilate en plein cœur.....

 Sainte Marie Madeleine : Le premier œuf  de Pâques et la résurrection du Seigneur
Extrait du synaxaire des Matines de la Résurection

Voici comment eut lieu la résurrection du Seigneur : alors que les soldats gardaient le sépulcre, au milieu de la nuit se produisit un tremblement de terre. Car un Ange était descendu pour ôter la pierre du tombeau. Saisis d’effroi, les gardes s’enfuirent, ce qui permit aux Femmes d’y accéder, le soir du sabbat ou au milieu de la nuit. La Résurrection fut d’abord connue de la Mère de Dieu, qui avec Madeleine se tenait devant le sépulcre, comme le dit Matthieu. Mais, pour que la résurrection du Christ ne fût pas mise en doute, à cause de l’affinité avec sa Mère, les évangéliste disent : D’abord il apparut à Marie Madeleine. C’est elle qui a vu l’Ange sur la pierre et qui, s’étant avancée, aperçut les autres Anges qui se trouvaient à l’intérieur ; et ils lui annoncèrent la résurrection du Seigneur : il n’est plus ici, car il est ressuscité, dirent-ils, voici le lieu où on l’avait déposé. Entendant cela, elle courut donc et s’en alla vers les plus fervents des Disciples, Pierre et Jean, leur annoncer la Résurrection. Alors qu’elle s’en retournait vers l’autre Marie, le Christ vint à leur rencontre et leur dit : “Réjouissez-vous !” Il convenait en effet que le genre féminin, qui le premier avait entendu “Tu enfanteras dans les douleurs", fût aussi le premier à entendre l’annonce de la joie. Assujetties par l’affection, elles s’approchent donc du Christ et se prosternent jusqu’à toucher ses pieds immaculés, désireuses d’une plus exacte perception. Puis les Apôtres furent au sépulcre : Jean se pencha seulement vers le sépulcre, puis il se retira ; Pierre entra et, regardant de plus près, il toucha le suaire et le linceul. Lien

Rédigé par Parlons d'orthodoxie le 4 Août 2019 à 08:00 | 7 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par Nicodème le 04/08/2012 22:02
Tout le monde admet qu'après 37 , on perd sa trace . D'après Flavius Joseph , si mes souvenirs sont bons , Pontius Pilatus serait mort en exil à Vienne (au sud de Lyon) . Quoiqu'il en soit , je préfère me fier aux historiens qu'aux légendes dorées ...

2.Posté par Daniel le 05/08/2012 07:40
@ Nicodème : qui est "Tout le monde?". L'histoire est-elle une science? Une science ne peut-elle pas se tromper? Au juste, que dit le synaxaire sur lequel les orthodoxes se basent?

3.Posté par Nicodème le 05/08/2012 10:37
@ Daniel : "Tout le monde" , càd l'ensemble des historiens . Oui , l'histoire n'est pas une science exacte . La théologie non plus et l'hagiographie moins encore ...Mais je vous retourne l'objection : le synaxaire ne peut-il pas , lui aussi se tromper ? Le fond de la question est que , pour une raison x ou y , on a ENVIE de croire telle ou telle fadaise . Et que cela fait très mal de remettre en question telle ou telle croyance . Donc on s'arcboute dessus pour ne pas souffrir . Pour moi , je refuse de baser ma vie sur des choses douteuses . Ce qui nous est transmis dans les Ecritures (et expliqué par les rabbins et par Pères) , me paraît plus solide et digne de confiance . On touche là une des tares profondes de l'orthodoxie pratique , c'est la déviation de l'intelligence de la foi vers le merveilleux , pour ne pas dire le superstitieux. Et ce , en abdiqaunt totalement son jugement et son esprit critique (idem ds une partie de l'Eglise romaine) . Donc , comme disait St Paul , si je ne rejette rien , j'examine tout .

P.S.1 : pour revenir à Pilate , on regardera avec intérêt la magnifique pièce d'Emmanuel Schmitt : "L'évangile selon Pilate" , qui illustre la thèse de l'évolution du cœur de Pilate vers la foi chrétienne. Bien que cela ne reste qu'une hypothèse .


P.S.2.: combien de chrétiens orthodoxes avez-vous fait quitter l'église , voire perdre la foi , en vous obstinant ds la justification de légendes présentées comme partie intégrantes de la foi orthodoxe?

4.Posté par Daniel le 05/08/2012 23:59
@ Nicodème

Jusqu'à 1967 (de mémoire), on doutait de l'existence de Pilate qualifié de légendaire par certains jusqu'à ce qu'on retrouve des preuves historiques de son existence. Qu'entendez-vous par le merveilleux? La naissance du Christ d'une Vierge, la résurrection du Christ ou des morts, la multiplication des pains?

5.Posté par Nicodème le 06/08/2012 09:30
C'est sans doute pourquoi les apparatchiks crypto-ariens de l'ECR ont imposé dans toutes les paroisses , sous prétexte "du" Concile l'abandon du Symbole de Nicée , qui fait référence à Ponce Pilate .

Votre question sur le "merveilleux " révèle ou bien votre incompréhension , ou bien votre volonté de déformer mon propos . Relisez moi , et il est clair que je fais référence aux phénomènes mis en avant pour étayer la foi , genre icônes qui suintent , ou qui pleurent , ds le monde kto , stigmates , odeurs de roses , phénomènes cimatiques , etc... Tout est possible à Dieu , mais encore une fois , il ne faut pas tout gober , au motif que c'est véhiculé par sa propre chapelle . Vous savez très bien que je tiens pour vraies les choses rapportées par les évangélistes . Ce n'est pas la même chose .
j'espère avoir été clair et ne plus devoir être l'objet d'un procès en sorcellerie .

Au fait , vous ne m'avez pas donné le compte en réponse à ma question e P.S.2 ?


6.Posté par Daniel le 06/08/2012 17:26
@ Nicodème

Merci pour vos éclaircissements qui étaient nécessaires car je ne vous avais pas compris du tout. Le miracle et le surnaturel existe mais ce n'est pas uen raison pour le mettre à toutes les sauces et en effet parrfois, cela devient malsain avec des apparitions toutes les semaines.

A vitre question, "combien de chrétiens orthodoxes avez-vous fait quitter l'église , voire perdre la foi , en vous obstinant ds la justification de légendes présentées comme partie intégrantes de la foi orthodoxe?", je dirais que le refus du surnaturel et du miracle sous couvert d'une approche scientifique a aussi fait perdre la foi à beaucoup de gens. Les gens ayant la foi en général ne la perde pas parce que des exaltés voient sans cesse des miracles!


7.Posté par Nicodème le 06/08/2012 21:33
Tout cela est , hélas , très compliqué . Pardonnez moi d'avoir été un peu mordant .

Cordialement

8.Posté par Le Primat de l’Église russe visite le monastère Sainte Marie-Madeleine à Jérusalem le 13/11/2012 15:17
Poursuivant son pèlerinage aux sanctuaires de Jérusalem, le 12 novembre 2012, le Primat de l’Église russe a visité le monastère Sainte-Marie-Madeleine de Gethsémani.

Le Patriarche a célébré un office d’intercession devant les reliques de la sainte grande-duchesse Elisabeth et de la sœur Varvara.

L’higoumène Elisabeth (Schmelz), supérieure du monastère a accueilli le Patriarche Cyrille. Mère Elisabeth a offert à Sa Sainteté un portrait de l’épouse de l’empereur Alexandre II, l’impératrice Maria Alexandrovna, soulignant qu’elle avait beaucoup aidé le fondateur de la « Palestine russe », le père Antonin (Kapoustine).

Le Primat de l’Église orthodoxe russe s’est adressé aux hiérarques, aux moniales et aux pèlerins présents, disant notammant :

« … Ma pensée s’attarde à l’œuvre de toute la vie du père Antonin (Kapoustine). C’est lui qui a suggéré l’idée de construire ici une église et un monastère aux grands-ducs Serge Alexandrovitch et Paul Alexandrovitch lorsqu’ils vinrent à Jérusalem avec leur cousin le grand-duc Constantin. Les deux frères ont alors souhaité que cette église soit dédiée à la mémoire de leur pieuse mère Maria Alexandrovna.

L’impératrice Maria Alexandrovna était une femme étonnante, dont on n’a peut-être, pas encore assez parlé. Notre peuple connaît mal sa vie et encore moins son cheminement spirituel (…)

On sait que le désir du père Antonin (Kapoustine), soutenu par les grands-ducs, s’est réalisé et que cette église a été consacrée en 1888 en présence du grand-duc Serge et de son épouse Elisabeth, qui n’était pas encore orthodoxe. Suivant certains, c’est la visite en Terre sainte et plus particulièrement de cet endroit qui a disposé son âme à se convertir à l’Orthodoxie. Et nous savons qu’elle n’est pas devenu orthodoxe par nécessité (…) mais par conviction. Tout ce qui lui est arrivé par la suite témoigne de la profondeur et de la force de la foi avec laquelle elle a intégré la Sainte Orthodoxie.

Lorsque les nuages se sont accumulés au-dessus de la patrie, Elisabeth Feodorovna n’a pas choisi la voie la plus facile. Elle aurait pu se sauver, mais elle est restée avec son peuple souffrant devenu fou à cause du mensonge et des séductions des idées athéistes, qui (…) s’est révolté aussi contre Dieu. Et Elisabeth Feodorovna a été la victime de cette révolte (…)

L’Église russe a portée en elle pendant longtemps la marque des atroces divisions qui avaient atteint notre peuple. Mais par la grâce de Dieu, par les prières des saints martyrs impériaux, des nouveaux martyrs et des confesseurs, parmi lesquels la grande-duchesse Elisabeth et la sœur Varvara la communion spirituelle, canonique et eucharistique des parties de l’Église russe divisées par la volonté mauvaise de l’homme.

Nous avons déjà ressenti la joie immense et le grand profit de cette réunion. Nous sommes effectivement une seule Église, un seul peuple de Dieu rassemblé autour de l’autel divin et se nourrissant du même Corps et du même Sang du Christ. Je crois que la réunion de l’Église russe est un signe de ce que la miséricorde de Dieu dans l’histoire peut permettre de dépasser les épreuves et les afflictions les plus pénibles (…) Les chaînes sont tombées en quelques jours et notre Église a pu se réunir et surtout témoigner des voies inexplicables du Seigneur.

Comprendre ces voies, c’est être fidèle au Seigneur, dans la gloire comme dans l’affliction, la joie ou le chagrin, la maladie ou la santé. Et aujourd’hui notre peuple, à nouveau tenté par de nouveaux soubresauts d’athéïsme, qui s’appuie sur une base idéologique un peu différente mais dont l’objectif reste le même, est en danger de reproduire les épouvantables erreurs du passé. Ici, nous comprenons particulièrement à quel point il importe pour notre peuple de ne pas reculer, de ne pas reproduire ces erreurs (…)

Devant ces reliques, nous prions les saintes martyres la grande-duchesse Elisabeth et la sœur Varvara d’intercéder pour notre église, pour notre peuple (…) »

Le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a remercié l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne du soin qu’il apporte à veiller sur cette partie de la Mission russe qui relève du Synode de l’Église russe hors-frontières, lui offrant une panaguia.

L’higoumène Elisabeth a reçu des mains du Patriarche une croix pectorale. Le Primat a également offert une icône de la Mère de Dieu pour l’église du monastère.

9.Posté par Une coutume qui remonte à l’antiquité: Le christianisme et l’œuf rouge le 18/04/2014 11:02
L’œuf « cosmique » est un motif que l’on retrouve dans de nombreux récits mythologiques de diverses civilisations. Des coquilles d’œufs d’autruche vieux de 60 000 ans décorés de motifs animaliers, géométriques ou végétaux, ont été retrouvées dans des tombes en Égypte et en Afrique Australe. Dans ces antiques théogonies, dont la plus ancienne retrouvée à ce jour se trouve être les écrits sacrés de l’Inde en Sanskrit, l’œuf est évoqué pour désigner l’univers, le « cosmos », le « fœtus doré » ou encore « l’Utérus d’or ».

"Le christianisme et l’œuf rouge"

Une légende orthodoxe raconte que Marie de Magdala serait allée rapporter la résurrection de Jésus à l’empereur Tibère, et, devant son scepticisme, l’œuf qu’elle tenait en main serait devenu rouge. Mais ce n’est qu’au XIIIe siècle que les œufs peints en rouge vif firent leur réelle apparition en Europe. Leur décoration commence le jeudi Saint – jeudi 17 avril cette année – le premier œuf peint devant être pondu ce jour. Rouges et décorés de devises ou de dessins, on se les échangeait pour fêter la fin du Carême et des privations de l’hiver.

À la Renaissance, l’œuf rouge est remplacé par l’œuf en or, notamment dans les cours des souverains européens. Décorés de métaux précieux, dont les motifs étaient parfois même réalisés par de grands peintres, ces objets connurent leur apogée avec les célèbres œufs de Fabergé à la cour de Russie, à la fin du XIXe.

Outre la fête religieuse, les œufs de Pâques seraient également des étrennes – des cadeaux que l’on s’offre en début d’année. Jusqu’à Charles IX, qui décida de faire commencer l’année le premier janvier, l’année débutait aux alentours du premier avril, lorsque le printemps revenait. Les œufs incarnaient l’équinoxe du Printemps et l’éveil de la nature.
Aujourd’hui, les œufs sont en chocolat

Les chocolatiers du XIXe siècle se sont emparés de la tradition, au moment de la démocratisation du cacao et du chocolat. Les Frères Fry découvrent qu’en mélangeant du sucre, du beurre de cacao et du chocolat en poudre, on obtient une pâte malléable que l’on peut verser dans des moules. L’œuf en chocolat est né. Peu à peu, on assimile l’œuf à la poule en réalisant des statuettes, et les progrès techniques en matière de moules permettent aujourd’hui une grande variété de sculptures en chocolat.

La chasse aux œufs puiserait quant à elle sa source en Alsace, Allemagne, Suisse et Autriche, où ce serait le lièvre de Pâques qui déposerait les œufs dans les jardins. La référence à la fécondité est encore présente dans cette tradition, le lapin étant très prolifique au printemps. Selon les régions en France, l’histoire diffère : ce sont soit les cloches de Pâques, soit le Lapin de Pâques qui déposent les œufs.

Mais peu importe qui les a cachés, quand ils sont dans les jardins, les enfants partent à leur recherche avec enthousiasme, et les gourmands n’attendent qu’une chose : les croquer. SUITE

10.Posté par Clovis le 05/08/2014 13:09 (depuis mobile)
Quelqu''un pourrait-il expliquer la première phrase "devenue pour la 3ème fois apôtre des apôtres" ?
D''avance merci.

11.Posté par Viviane le 01/05/2018 06:14
Clovis, vous a-t-on répondu ? Merci de votre question, en tout cas, car elle m'a fait remarquer cette formulation qui appelle, en effet, un questionnement ! Je tente une interprétation scripturaire, qu'il faudrait faire confirmer par un avis autorisé : Marie-Madeleine a été apôtre une première fois en pécheresse qui lave les pieds du Seigneur en pleurant, car ce faisant elle a permis à ceux qui en étaient étonnés d'apprendre que l'amour est chemin et fruit du pardon des péchés ; elle l'a été une deuxième fois, évidemment, lorsqu'elle a annoncé aux apôtres la Résurrection, après Pâques ; et, ici, elle va l'être une troisième fois dans ce qu'on nous relate. "Apôtre"signifiant "envoyé", il me semble que cela fait sens.

J'en profite, après leur avoir dit mon admiration aux deux protagonistes de la polémique sur l'histoire et le merveilleux - admiration pour la manière digne, encourageante dont ils ont géré leur opposition de départ - pour mettre mon grain de sel dans ladite polémique en rappelant que, d'une part "tous" les historiens sont rarement totalement d'accord sur un fait et son interprétation (et s'ils le sont absolument tous, ce n'est pas très bon signe) et d'autre part que les récits hagiographiques, pour agaçants qu'ils soient parfois, je suis bien d'accord, sont là pour donner des signes, pas une reconstitution des faits et que de ce point de vue, ils peuvent être d'un apport plus fécond que les récits historiques, également transmis par le canal des interprétations humaines sans qu'on en soit toujours conscient. Ces récits s'adressent à la personne tout entière que nous sommes, comme il est d'usage dans notre Eglise, et pas seulement à sa partie rationnelle...

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