Un extrait du livre de l’archiprêtre Boris Stark « Toute ma vie est un miracle »
Boris Georgevich Stark (1909-1996 ) était un missionnaire et un prêtre russe. Né le 15 juillet 1909 à Kronstadt, en Russie. Son père était l'amiral Georgy Karlovich Stark, commandant de la flotte sibérienne, émigré en France en 1922. Boris rejoignit son père à Paris en 1925, à l'âge de seize ans. Le père Boris était le fils spirituel du métropolite Euloge. Il a toujours rêvé de revenir en Russie. En 1952 son rêve s'est réalisé: il est décédé en 1996 étant recteur de l'une des grandes paroisses de Yaroslavl. Un volume de 800 pages de ses mémoires à été édité après son décès. Il y raconte ses rencontres avec des émigrés éminents.

En voici un court extrait consacré aux autres confessions chrétiennes

"Mes parents m’ont baptisé orthodoxe. J’ai à l’égard des catholiques, des protestants, des autres croyants une attitude fraternelle. Je ne me lasse pas de répéter que mon idéal est « le curé de campagne ». Pour toute ma vie je me suis souvenu des vers d’Alexandre Blok « Mon âme se réjouit de tout être vivant, de chaque bébé grenouille, ce sont à mes yeux des sujets et non seulement des « objets ».

Quand je dialogue avec des chrétiens d’autres confessions je n’enfreins en rien ma fidélité à l’orthodoxie. Je regrette que mes frères catholiques ou protestants sont parfois dans l’erreur, ont tort et je prie pour eux. J’ai été heureux lorsque le Saint synode de l’Eglise orthodoxe russe nous a permis de donner les sacrements aux catholiques lorsque les circonstances l’imposaient. Voilà longtemps que j’appartiens au clergé de la ville de Iaroslavl. Chaque année nous recevons des groupes très nombreux venus de l’Institut catholique de Paris avec à leur tête le recteur de l’Institut. Ces groupes résident chez nous pendant la Semaine sainte catholique et communient le jour de Pâques car l’Institut reste fermé pour cette période. Nos paroissiens les plus intégristes ne se gênaient pas pour manifester leur mécontentement : « Ils sont pire que des chiens, après leur passage il faudrait consacrer l’église à nouveau ».

J’ai souffert tout ceci pendant longtemps, puis j’ai dit : « Il aurait fallu vous chasser de l’Eglise pour ces paroles qui sont un blasphème contre l’Esprit saint. Il s’agit de croyants baptisés, les orthodoxes reconnaissent leur baptême. S’ils venaient à souhaiter devenir orthodoxes je n’aurai pas à les baptiser à nouveau. Je n’aurais même pas à les enduire de myrrhe. Simplement, je les incorporerai à l’orthodoxie. Les catholiques pratiquent la confirmation à l’âge de 17 ans, c’est alors qu’ils reçoivent la myrrhe. Il convient de donner la myrrhe aux luthériens car cela ne se fait chez eux.

Si je souhaitais devenir catholique je serai reçu non seulement en tant que chrétien baptisé mais aussi en tant que prêtre. Nous reconnaissons mutuellement notre sacre ainsi que nos sacrements. J’éprouve un grand respect à l’égard des catholiques. Les catholiques ne nous fuient pas en tant qu’hérétiques, au contraire ils viennent chez nous, ils communient et ne nous considèrent pas comme des étant des hérétiques. C’est admirable.

J’éprouve un amour intense à l’égard des protestants et même, bien que cela puisse vous paraître étrange, à l’égard des adorateurs de Krishna. Il y a parmi eux des personnes honnêtes, intègres, même nobles d’esprit. J’ai de la compassion pour eux. Bien sûr, ils sont parfois agressifs, il leur arrive de venir essayer de nous séduire avec leurs robes orange et leurs crânes rasés. Je leur dis : « Il y a tout chez les orthodoxes, des églises somptueuses, des offices très beaux, les Evangiles, notre histoire est multimillénaire. Nous avons tout ce qu’il faut pour nous abstenir de chercher ailleurs. Nous sommes tout à fait autosuffisants ».

Traduction PO
Un extrait du livre de l’archiprêtre Boris Stark « Toute ma vie est un miracle »

"Вся моя жизнь-чудо... " Издательство "Православный Свято-Тихоновский Гуманитарный Университет", Москва, 2009г

Воспоминания о. Бориса Старка (1909-1996) о себе, о своей долгой и трудной жизни, о встреченных им на своем жизненном пути людях приоткрывают нам внутренний мир этого замечательного пастыря, человека удивительного благородства и достоинства. Русский дворянин старинного рода, сын контр-адмирала царского флота, в юности последовавший в эмиграцию за отцом, Борис Старк всегда мечтал о возвращении на Родину и служении ей. Начавший свое священническое служение в Париже, он только через несколько лет после окончания второй мировой войны смог вернуться в Россию.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 18 Juin 2019 à 16:48 | Permalien



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