Les articles proposés précédemment I & II reprenaient des conférences de Mgr Antoine des années 1967-68, quand le mouvement œcuménique avait atteint une apogée. Prés de 35 ans après, à la fin de sa vie, Mgr Antoine voit "qu'une grande confusion en a résulté " mais continue à croire à la validité de la participation orthodoxe au mouvement œcuménique pour "apporter à l'Occident l'Orthodoxie, avec un O majuscule". Il propose aux Orthodoxes "un nouvel œcuménisme… non pas un œcuménisme fait de discussions et d'argumentation théologique, de compromis et de recherche d'une quelconque voie commune, mais un œcuménisme accompli par des hommes et des femmes qui, quelle que soit leur indignité, peuvent néanmoins dire avec étonnement : "«Voici ce que le Christ m'a révélé. Je veux le partager avec vous. Je n'ai jamais été capable de vivre selon cette révélation, vous, vous le pourrez. Prenez cela et devenez véritablement corps du Christ»". Plus de dix ans après, ce constat et cet appel sont d'une brulante actualité…

Voici un extrait de l'intervention du métropolite Antoine à l'Assemblée de son diocèse le 9 juin 2001. (V.G.)


Apporter au monde une nouvelle présence du Christ

Aujourd'hui, nous vivons dans un monde où le dialogue et les relations œcuméniques sont devenus très différents de ce qu'ils étaient à mon arrivée en Angleterre. À l'époque, les différences confessionnelles étaient clairement définies, mais on cherchait à se rencontrer et on essayait de se comprendre mutuellement. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui, et une grande confusion en a résulté. À moins que nous ne soyons profondément enracinés dans une vie de prière, dans la vie de l'Église non pas en tant qu'administration ou groupe confessionnel, mais en tant que corps du Christ, il s'ensuivra un sentiment d'aliénation. Nous devons promouvoir une vision différente et chercher une approche nouvelle.

Tout d'abord, les chrétiens ne constituent pas une entité. Ils sont divisés en confessions différentes. Cela fait longtemps déjà que nous nous rencontrons et essayons de trouver un langage commun. Malheureusement, si nous avons trouvé un langage commun qui nous a permis de devenir amis, frères et sœurs, nous n'en sommes pas moins restés séparés. Cela ne suffit pas. Surmonter la séparation par le compromis n'est pas une solution. Et rester séparés, tout en faisant semblant d'être uns, n'est pas non plus une solution ; c'est une trahison du Christ et de son Évangile. Ce que nous devons faire, c'est apporter à l'Occident l'Orthodoxie, avec un O majuscule : non pas une confession religieuse parmi d'autres, mais une nouvelle présence du Christ.

Quand l'Église orthodoxe russe est devenue membre du Conseil œcuménique des Églises (COE)( Note de VG: En 1961), nous étions représentés par l'évêque Jean (Wendland) [par la suite métropolite de laroslavl (1909-1989)]. Je n'ai jamais oublié ses paroles. Il s'est adressé au COE en ces termes : "Nous voulons vous remercier de nous avoir acceptés, nous orthodoxes, en votre sein. Vous pouvez vous demander ce que nous vous, apportons. Nous n'apportons pas une nouvelle doctrine religieuse, nous apportons la foi de l'Église primitive. Nous n'avons pas été capables de vivre à sa hauteur. Nous vous la remettons et nous espérons que vous serez capables de produire les fruits que nous nous sommes avérés incapables de produire". Ce furent là les paroles prononcées lors de l'admission de l'Église orthodoxe russe au COE.

II y a ici une vérité suprême : nous n'apportons pas une nouvelle confession, et si nous nous considérons vraiment comme une nouvelle confession, nous trahissons l'orthodoxie, nous sommes étrangers à notre vocation. Ce que nous devons apporter, c'est le Christ, et l'esprit de l'Égljse tel qu'il était présent dans les premiers siècles, avant que l'Église ne soit, reconnue par l'État et soumise au pouvoir de diverses manières. Si vous regardez l'histoire de l'Église, vous observerez que c'est - hélas, trop souvent - sur ordre de l'État que les conciles œcuméniques ont été convoqués, dans des moments de crise, car ce que voulait l'État et les empereurs de Byzance, c'était que l'Église soit avant tout un facteur d'unité pour l'Empire, et non pas une expérience vécue de la foi. Le père Georges Florovsky a dit un jour que les conciles œcuméniques avaient été légitimement convoqués, certes, et qu'ils avaient légitimement proclamé la vérité de l'orthodoxie, mais qu'ils n'avaient jamais apporté de réponse aux hérétiques et à ceux qui s'étaient séparés de l'orthodoxie., Nous avons condamné ces hérétiques, nous avons vu en eux des personnes en dehors de l'Église, mais nous n'avons trouvé aucun langage, aucun argument pour les retenir dans l'Église, si ce n'est des arguments intellectuels, philosophiques, mais aucun qui ait trait à l'essentiel de la vie chrétienne. Nous sommes aujourd'hui retombés dans la même situation.

Le véritable enjeu de l'œcuménisme

Nous discutons avec d'autres confessions — encore que nous discutions très peu à l'heure actuelle, vu que nous ne sentons plus la différence entre les diverses confessions comme nous la sentions, il y a cinquante, soixante ou soixante-dix ans —, mais nous continuons à ne pas répondre à ces questions dont l'enjeu est la transfiguration du monde. Nous vivons dans un monde qui est largement devenu païen. Nous n'avons plus de code moral, nous n'avons plus qu'une conception de I'humanité et de l'homme, ce qui est très différent. Quand des gens disent que l'Église, ou les Églises, sont étrangères à la modernité car elles croient à des concepts démodés, comme le mariage, par exemple, là n'est pas la question. Le fait est que l'Église n'a pas à mener de discussion avec ce que le monde a accepté, l'Église présente une vision qui est plus haute et plus grande.

Un homme qui a joué un grand rôle dans ma découverte de la foi, un ancien sous-diacre du patriarche Tikhon de Moscou et qui, par la suite, est devenu prédicateur évangéliste, écrivait que, lorsque vous discutez avec quelqu'un, il résiste et réfute vos arguments. Vous devez toujours vous élever au-dessus de ses arguments, de sorte que votre interlocuteur puisse écouter ce que vous dites et s'écrier : "Comme c'est magnifique !", et ainsi s'ouvrir à ce que vous avez à lui faire comprendre. C'est ce que nous devons apprendre à faire dans le monde dans lequel nous vivons maintenant. L'œcuménisme ne doit pas être une sorte de compromis, une manière de réunir des Églises différentes et de rapprocher des croyants, car plus grand est le compromis, plus il est facile d'être ensemble. L'œcuménisme, comme nous devons le comprendre, c'est une attitude de l'esprit qui reconnaît que le Christ est le Seigneur et le Roi de Yoikoumenè, de la totalité du monde, et que notre rôle est d'apporter à cet univers une vérité qui l'embrasse, l'englobe, et le mène à une grandeur, un épanouissement, une beauté qu'il ne connaissait pas.

"Devenez véritablement le corps du Christ"

Ainsi, si nous pensons à ce que doit être notre assemblée (note VG: l'Assemblée du diocèse), il nous semble qu'elle doit être un lieu où nous mènerions notre réflexion sur ces questions jusqu'au bout, et ce non seulement avec notre intellect, mais avec notre être tout entier, avec toute la passion que nous pourrions avoir, même si nous sommes indignes d'elles. Je suis totalement indigne de ce que je prêche : mais là n'est pas la question. J'en répondrai un jour. Pour mes paroles, je serai jugé, et condamné, probablement. Mais les paroles restent vraies. Nous devons être prêts à proclamer la vérité, non pas comme une vérité intellectuelle ou une philosophie, mais comme la vraie vie. Utilisez les mots, utilisez toute votre vie - y compris la liturgie, non pas comme les actes d'un culte rendu au nom d'une communauté qui vit refermée sur elle-même, mais comme un moyen pour introduire à la connaissance du Christ et à la vie éternelle ceux qui vivent en dehors de l'Eglise.

Tel est le nouvel œcuménisme qui doit être le nôtre ; non pas un œcuménisme fait de discussions et d'argumentation théologique, de compromis et de recherche d'une quelconque voie commune, mais un œcuménisme accompli par des hommes et des femmes qui, quelle que soit leur indignité, peuvent néanmoins dire avec étonnement : "Voici ce que le Christ m'a révélé. Je veux le partager avec vous. Je n'ai jamais été capable de vivre selon cette révélation, vous, vous le pourrez. Prenez cela et devenez véritablement corps du Christ".

Source: revue du diocèse, "Sourozh (n° 86, novembre 2001). SOP265 février 2002
(Traduction et intertitres sont de la rédaction du SOP.)

Source: http://masarchive.org/Sites/texts/2001-06-09-1-F-E-T-EM02-007.html



Rédigé par Vladimir Golovanow le 14 Mars 2014 à 09:21 | 0 commentaire | Permalien

Des acathistes et des offices d’action de grâce orthodoxes seront dits à Notre-Dame de Paris pendant le Grands carême
Il a été convenu avec le recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris des chants orthodoxes résonneront dans la cathédrale chaque vendredi du Grand carême.

Un acathiste la Sainte mère de Dieu sera lu auprès de l’icône de la Vierge de Vladimir, don fait par le défunt patriarche de Moscou Alexis II lors de sa visite à la cathédrale en 2007.

La cérémonie orthodoxe aura lieu avant la cérémonie de la vénération de la Couronne d'épines du Sauveur qui se trouve depuis des siècles dans la cathédrale de Paris.
Lien Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 13 Mars 2014 à 10:48 | 34 commentaires | Permalien

1A cette époque-là, le roi Hérode se mit à maltraiter des membres de l’Eglise, 2et il fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean. 3Quand il vit que cela plaisait aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. –C’était pendant la fête des pains sans levain.– 4Après l’avoir fait arrêter et jeter en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune; il avait l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. 5Pierre était donc gardé dans la prison et l’Eglise adressait d’ardentes prières à Dieu pour lui.

6La nuit qui précédait le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, attaché avec deux chaînes, dormait entre deux soldats; des sentinelles postées devant la porte gardaient la prison.7Soudain, un ange du Seigneur survint et une lumière resplendit dans la cellule. L’ange réveilla Pierre en le frappant au côté et lui dit: «Lève-toi vite!» Les chaînes tombèrent de ses mains.

8Puis l’ange lui dit: «Mets ta ceinture et tes sandales.» C’est ce qu’il fit. L’ange lui dit encore: «Mets ton manteau et suis-moi.» 9Pierre sortit et le suivit, sans savoir que ce que l’ange faisait était réel: il croyait avoir une vision. 10Ils passèrent la première garde, puis la seconde, et ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ville. La porte s’ouvrit d’elle-même devant eux; ils sortirent et s’avancèrent dans une rue. Aussitôt l’ange quitta Pierre.

11Revenu à lui-même, Pierre dit: «Maintenant, je sais vraiment que le Seigneur a envoyé son ange et qu’il m’a délivré du pouvoir d’Hérode et de tout ce que le peuple juif attendait.» 12Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, la mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient. 13Il frappa à la porte d’entrée et une servante appelée Rhode s’approcha pour écouter. 14Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre se tenait devant la porte. 15Ils lui dirent: «Tu es folle», mais elle soutenait que c’était bien vrai. Ils dirent alors: «C’est son ange.» 16Cependant Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent et furent stupéfaits de le voir. 17De la main, il leur fit signe de se taire et il [leur]raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison. Il ajouta: «Annoncez-le à Jacques et aux frères et sœurs.» Puis il sortit et s’en alla dans un autre endroit.
18Quand il fit jour, il y eut une grande agitation parmi les soldats: qu’était donc devenu Pierre?19Hérode le fit rechercher, mais on ne le trouva pas. Il interrogea les gardes et donna l’ordre de les faire exécuter. Ensuite il quitta la Judée et descendit à Césarée pour y séjourner.

20Hérode était en conflit avec les Tyriens et les Sidoniens. Mais ils vinrent le trouver d’un commun accord et, après avoir gagné Blastus, le responsable de sa chambre, ils demandèrent la paix parce que leur région dépendait de celle du roi pour son ravitaillement. 21Le jour fixé, Hérode, habillé de sa tenue royale, était assis sur son trône et leur adressait publiquement un discours. 22Le peuple s’écria: «C’est la voix d’un dieu et non d’un être humain!» 23Un ange du Seigneur le frappa immédiatement parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu. Il mourut rongé par des vers.
24Quant à la parole de Dieu, elle se propageait de plus en plus.
25Une fois leur mission à Jérusalem accomplie, Barnabas et Saul repartirent, emmenant avec eux Jean, surnommé Marc.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 12 Mars 2014 à 10:56 | 0 commentaire | Permalien

Quinze Eglises qui font une : une interview avec l’archiprêtre Nicolas Balachov
Un Concile panorthodoxe se réunira en 2016. Quinze Eglises locales y participeront. L’archiprêtre Nicolas Balachov, président adjoint du DREE du patriarcat de Moscou s’entretient à ce sujet avec Rossiyskaia Gazeta

Père Nicolas, quels sont les résultats les plus importants de la récente rencontre au Phanar ?

Père Nicolas Balachov : Les participants ont adopté un texte très important à propos de la situation en Ukraine. Ce texte a été intégré au message élaboré par les primats. Ils ont été unanimes à dire qu’il est indispensable de trouver une solution pacifique à la crise en Ukraine, de condamner la menace qui pèse sur les monastères et les églises, de prier pour que les schismatiques réintègrent le sein de la Sainte Eglise ; il est essentiel pour l’Ukraine de surmonter le schisme qui divise son Eglise.

Il est tout aussi important que la Synaxe ait exprimé son soutien à la présence chrétienne au Proche-Orient et en Syrie. Les primats ont exprimé leur compassion aux victimes de la tragédie syrienne. Ils condamnent le terrorisme sous tous ses aspects et demandent la libération des deux métropolites orthodoxes qui ont été enlevés ainsi que celle des prêtres et des moniales enlevés à Maamoula en Syrie. Le lendemain même de la déclaration de Constantinople les moniales ont recouvré la liberté.

Les primats réunis au Phanar ont décidé de convoquer le Concile panorthodoxe. Les primats des Eglises locales ont exprimé leur accord avec le principe préconisé par l’Eglise orthodoxe russe (formulé il y un an par le Concile des évêques ainsi que, à plusieurs reprises, par le patriarche Cyrille) selon lequel toutes les décisions du Concile ainsi que celles de ses commissions doivent, à partir du stade préparatoire et jusqu’à la fin des travaux, être adoptées dans le respect du consensus, c’est-à-dire à l’unanimité de tous les participants. Ces dernières années des divergences s’étaient manifestées à ce sujet.

Certaines Eglises préconisaient le principe de la majorité, comme cela se fait dans les parlements. Nous sommes convaincus, et l’histoire montre par de nombreux exemples que nous avons raison, que toute décision portant sur la foi, l’organisation de l’Eglise et ses activités dans le monde moderne doit être prise à l’unanimité, sur la base du consensus de toutes les Eglises. Tous les primats ont fait leur cette approche et ont été unanimes à signer les conclusions de la Synaxe.

Les primats se sont mis d’accord sur les modalités de la préparation du Concile.
A partir de septembre prochain une Commission préparatoire inter orthodoxe sera mise en place. Chaque Eglise y sera représentée par un évêque et un conseiller. La Commission révisera l’ensemble des documents préparés pour le Concile. Elle est tenue de terminer ce travail pour Pâques 2015. Certains de ces documents ont été élaborés il y a plusieurs décennies. Il convient donc de les réviser et de les enrichir en tenant compte de la réalité de nos jours.
Une conférence panorthodoxe préconciliaire devra débattre des documents présentés par la Commission. Un succès de cette conférence ouvrira la voie à la tenue du Concile. C’est à Istanbul- Constantinople que doit se tenir le Concile de 2016.

Les primats de la plupart des Eglises orthodoxes locales ont participé à la Synaxe qui s’est déroulée dans une très bonne ambiance. Il faut, cependant, regretter l’absence de l’Eglise des Terres Tchèques et de Slovaquie . Certains représentant de l’Eglises thèque n’ont pas accepté les résultats des élections qui y ont récemment eu lieu. La délégation de l’Eglise orthodoxe d’Antioche était présente à toutes les réunions de la conférence des primats. Conformément aux indications de son patriarche et du synode, elle n’a pas apposé sa signature sous le document final de la Synaxe car la dissension qui oppose l’Eglise d’Antioche à l’Eglise de Jérusalem n’a pas été surmontée. En effet, l’Eglise de Jérusalem a créé un diocèse au Qatar qui, selon l’Eglise d’Antioche, fait partie de son territoire canonique.

Que dire de la participation de l’Eglise orthodoxe russe à cette rencontre ?

Père Nicolas Balachov: La présence du patriarche Cyrille a été d’une très grande importance. Il est intervenu à plusieurs reprises. La présence de notre Eglise a grandement contribué à l’élaboration de libellés précis et de haute tenue. Le patriarche Cyrille a pu, dans le cadre de la rencontre, s’entretenir avec les primats d’autres Eglises orthodoxes.

Les fidèles vénèrent et commémorent les Saints Pères des « Conciles œcuméniques », aussi la dénomination « Concile panorthodoxe » leur paraît particulièrement solennelle. Or, il se dit, c’est une sorte de croyance pré apocalyptique, que l’un des Conciles œcuméniques adoptera des dogmes non conformes à la Foi. Et ce sera le début de la fin.

Père Nicolas Balachov: Le prochain concile n’aura pas la dénomination « œcuménique », il sera panorthodoxe ou, selon la terminologie adoptée un « Saint et Grand Concile de l’Eglise Orthodoxe » . De « Grands Conciles » se sont réunis après la fin de la tenue de « Conciles Œcuméniques ». En voici un exemple : le Concile des patriarches de l’Orient réuni en 1593. C’est ce Concile qui a définitivement établi le patriarcat pour l’Eglise orthodoxe russe. La tenue de ces conciles est devenue très difficile, pratiquement impossible, après la chute de Byzance. De nos jours cette possibilité est revenue. De nombreuses questions en attente de solution se sont accumulées. Le futur concile pan orthodoxe ne procédera pas à un réexamen des dispositions auparavant adoptées par les Conciles œcuméniques. Il s’agira de répondre aux interpellations adressées par le siècle à l’Eglise orthodoxe.

A quoi pensez-vous ?

Père Nicolas Balachov: Il s’agit en particulier de nos relations avec le monde hétérodoxe, de questions de discipline ecclésiale ainsi que des modalités de l’octroi de l’autonomie à telle ou telle entité ainsi que du statut de ce qui s’appelle la diaspora orthodoxe, c’est à dires de fidèles résidant en dehors des territoires canoniques des Eglises locales.

Traduction N. Krivocheine

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 11 Mars 2014 à 13:15 | 16 commentaires | Permalien

1Il y avait à Césarée un homme appelé Corneille qui était officier dans la troupe romaine appelée «cohorte italienne». 2Il était pieux et craignait Dieu avec toute sa maison; il donnait beaucoup d’argent au peuple et ne cessait de prier Dieu.

3Vers trois heures de l’après-midi, il vit clairement dans une vision un ange de Dieu entrer chez lui et lui dire: «Corneille!» 4Il fixa les regards sur lui et, rempli de crainte, répondit: «Qu’y a-t-il, Seigneur?» L’ange lui dit: «Tes prières et les dons que tu as faits sont montés devant Dieu et il s’en est souvenu. 5Maintenant, envoie des hommes à Jaffa et fais venir Simon, surnommé Pierre; 6il est logé chez un certain Simon, un tanneur dont la maison se trouve près de la mer.»

7Dès que l’ange qui lui avait parlé fut parti, Corneille appela deux de ses serviteurs et un soldat pieux parmi ceux qui étaient attachés à son service; 8il leur raconta tout ce qui s’était passé et les envoya à Jaffa.

9Le lendemain, alors que ces hommes étaient en route et qu’ils approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit vers midi pour prier. 10Il eut faim et voulut manger. Pendant qu’on préparait le repas, il tomba en extase. 11Il vit le ciel ouvert et un objet ressemblant à une grande nappe attachée aux quatre coins qui descendait et s’abaissait vers la terre. 12A l’intérieur se trouvaient tous les quadrupèdes et reptiles de la terre ainsi que les oiseaux du ciel. 13Une voix lui dit: «Lève-toi, Pierre, tue et mange!» 14Mais Pierre dit: «Certainement pas, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur.» 15A nouveau, pour la deuxième fois, la voix lui parla: «Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le considère pas comme impur!» 16Cela se produisit trois fois et, aussitôt après, l’objet disparut dans le ciel.

17Pierre restait perplexe sur le sens de la vision qu’il avait eue. Pendant ce temps, les hommes envoyés par Corneille avaient demandé où était la maison de Simon. Ils se présentèrent à la porte 18et appelèrent pour savoir si c’était bien là que logeait Simon, surnommé Pierre. 19Pierre réfléchissait encore à la vision quand l’Esprit lui dit: «Il y a trois hommes qui te cherchent. 20Lève-toi, descends et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés.»

21Pierre descendit et dit à ces hommes: «Me voici, je suis celui que vous cherchez. Quelle est la raison qui vous amène ici?» 22Ils répondirent: «L’officier romain Corneille est un homme juste et craint Dieu. Toute la nation des Juifs lui rend un bon témoignage. Or, il a été divinement averti par un saint ange de te faire venir dans sa maison et d’écouter tes paroles.» 23Alors Pierre les fit entrer et les logea. Le lendemain, il [se leva et] partit avec eux. Quelques-uns des frères de Jaffa l’accompagnèrent.

24Ils arrivèrent à Césarée le jour suivant. Corneille les attendait. Il avait invité sa parenté et ses amis intimes. 25Lorsque Pierre entra, Corneille, qui était venu à sa rencontre, se jeta à ses pieds et se prosterna. 26Mais Pierre le releva en disant: «Lève-toi! Moi aussi, je suis un être humain.»

27Tout en conversant avec lui, il entra et trouva beaucoup de personnes réunies. 28«Vous savez, leur dit-il, qu’il est interdit à un Juif de se lier à un étranger ou d’entrer chez lui, mais Dieu m’a montré qu’il ne faut déclarer aucun être humain souillé ou impur. 29C’est pourquoi je n’ai pas eu d’objection à venir quand vous m’avez appelé. Je vous demande donc pour quelle raison vous m’avez fait venir.»

30Corneille répondit: «Il y a trois jours, [je jeûnais] jusqu’à cette heure-ci [et] je priais dans ma maison à trois heures de l’après-midi; un homme aux vêtements resplendissants s’est alors présenté devant moi et a dit: 31‘Corneille, ta prière a été exaucée et Dieu s’est souvenu des dons que tu as faits. 32Envoie donc quelqu’un à Jaffa et fais venir Simon, surnommé Pierre. Il est logé dans la maison de Simon le tanneur, près de la mer. [Lorsqu’il sera venu, il te parlera.]’ 33J’ai alors tout de suite envoyé quelqu’un vers toi et tu as bien fait de venir. Maintenant donc nous sommes tous devant Dieu pour écouter tout ce que le Seigneur t’a ordonné de nous dire.»

34Alors Pierre prit la parole et dit: «En vérité, je reconnais que Dieu ne fait pas de favoritisme 35et que dans toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. 36Il a envoyé sa parole aux Israélites en leur annonçant la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous. 37Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée suite au baptême que Jean a prêché.

38Vous savez comment Dieu a déversé une onction de Saint-Esprit et de puissance sur Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous la domination du diable, parce que Dieu était avec lui. 39Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Lui qu’ils ont tué en le clouant sur la croix, 40Dieu l’a ressuscité le troisième jour et a permis qu’il apparaisse, 41non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection.

42Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a désigné juge des vivants et des morts. 43Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que toute personne qui croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.»

44Pierre parlait encore quand le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. 45Tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent stupéfaits de ce que le don du Saint-Esprit était déversé même sur les non-Juifs. 46En effet, ils les entendaient parler en langues et célébrer la grandeur de Dieu. Alors Pierre dit: 47«Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit tout comme nous?» 48et il ordonna de les baptiser au nom du Seigneur. Ils lui demandèrent alors de rester quelques jours avec eux.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Mars 2014 à 21:36 | 11 commentaires | Permalien

Dans la conférence prononcée en janvier 1967 (*) Mgr Antoine faisait le point de vingt années d'œcuménisme écoulées depuis la fondation du COE. Un an après il revient sur le sujet dans une conférence prononcée à Genève, probablement dans le cadre d'une rencontre œcuménique. Il l'aborde là sous un angle théologique, en faisant ressortir deux thèmes principaux:

Une situation de devenir: après avoir rappelé que le but du mouvement œcuménique n'est pas de créer une nouvelle institution mais "de préparer les chrétiens désunis à former une Eglise unique", Mgr Antoine développe ce sujet en disant que "l'unité dont nous parlons est une espérance" et "qu'il y a constamment une action de Dieu, partout où Il n'est pas reconnu comme partout où Il est reconnu."… " Nous pouvons dire : oui, il est certain que la plénitude de l'Eglise réside là; mais nous ne pouvons pas dire qu’en dehors il n’y a pas de caractère ecclésial. Et c’est un enseignement déjà ancien. Déjà dans l'antiquité chrétienne on disait que le Seigneur a établi les sacrements, mais qu'Il est libre de se donner, de donner sa grâce, en dehors des sacrements."

La rencontre de l'autre qui remet en question notre connaissance de soi. Après avoir rappelé que "la rencontre est au cœur de l'Evangile, Mhgr Antoine conclu: "Ce que nous voyons dans celui qui est en face de nous, dans le groupe social qui n'est pas le nôtre, dans l'Eglise qui est celle des autres, c'est la couche superficielle de l'histoire. Mais nous savons tous qu'il y a dans chacune de nos communautés chrétiennes une loyauté au Christ, une vérité et une profondeur vraies, et c'est à voir en profondeur que nous oblige le face à face "

Voici les extraits publiés de sa conférence:

Mgr Antoine de Souroge: extrait d'une conférence prononcée à Genève en 1968
(Sous-titres de VG)

***
Préparer les chrétiens désunis à former une Eglise unique:

Le mouvement œcuménique est en devenir constant, et l'attitude des Eglises qui font partie de ce mouvement est également une dynamique, une situation sans cesse changeante et qui fait que le mouvement œcuménique se cherche, est en train de se trouver, et puis se perd de nouveau de la façon la plus utile et la plus créatrice. Je crois que ce serait un malheur que le mouvement œcuménique se trouve fixé d'une façon absolument définie, que ce soit maintenant ou un peu plus tard; ceci permettrait évidemment des évaluations, permettrait une prise d'attitude; mais ne permettrait plus aucun mouvement; ce serait un œcuménisme stabilisé, et c'est justement cela que nous avons à craindre, parce que le mouvement œcuménique ne peut pas devenir une institution, il n'a pas le droit de devenir une institution; il est une recherche et il ne peut devenir une réalité définie, une réalité qui s'est établie, que lorsqu'il aura complètement rempli sa fonction de préparer les chrétiens désunis à former une Eglise unique; mais à ce moment là il n'y aura plus de mouvement œcuménique , il n'y aura plus de Conseil œcuménique des Eglises; à ce moment là il y aura l ' EGLISE manifestée d'une façon nouvelle, et non plus la situation dans laquelle nous nous trouvons en ce moment.

* * *

Grâce au mouvement œcuménique, un problème s'est posé pour les Eglises fortement structurées et ayant la conscience aiguë de posséder une vérité importante — que ce soit toute la vérité ou l'essentiel de la vérité... Pour ces Eglises, qui pouvaient s'affirmer dans l'absolu, un problème s'est posé: la découverte de l'autre d'une façon toute nouvelle.

Reconnaissance de la qualité chrétienne de l'autre

Récemment encore on pouvait apporter une quantité d'exemples, relevés dans chaque confession chrétienne, qui constituaient des négations réciproques, des refus de reconnaître la qualité d'Eglise et la qualité chrétienne de l'autre, le droit de s'appeler chrétiens de ceux qui faisaient partie d'une autre confession. A présent ce problème n'existe plus sous cette forme, mais le problème de l'Eglise s'est posé d'une façon qui n'existait pas avant. Il était très facile de dire: "Nous sommes l'Eglise, et le reste ne l'est pas." Ayant dit cela, on pouvait construire une théologie parfaitement harmonieuse, structurée, intelligente, qui n'avait qu'un défaut: c'est de ne pas tenir compte du fait qu'en dehors de ce corps chrétien il y avait d'autres chrétiens.

Maintenant nous nous sommes trouvés en face d'un vrai problème, qui s'est posé par suite de la reconnaissance de la qualité chrétienne de l'autre: le problème de soi. Nous ne pouvons pas nous affirmer en tant que l'Eglise totale si nous reconnaissons que d'autres sont aussi, d'une façon ou d'une autre, membres de l'Eglise. Et ainsi nous nous trouvons maintenant en face d'une théologie paradoxale; d'une théologie dans laquelle nous affirmons certaines valeurs et en même temps nous avons cessé de nier d'autres valeurs. D'une part nous affirmons la séparation des chrétiens, et d'autre part nous affirmons leur unité, — simultanément, d'une façon que l'on peut considérer comme absurde mais qui est simplement une constatation de fait, la constatation d'un fait auquel on ne peut pas échapper.

D'autre part, quand nous nous retournons sur l'histoire de l'Eglise et que nous essayons de la comprendre, une chose nous frappe peut-être plus qu'autrefois. Nous savons que l'Eglise est le nouvel Israël. Seulement quand nous appliquons cette conception au Nouveau Testament et à nous-mêmes, nous avons tendance à l’évacuer de tout ce qu'il y a de négatif pour ne laisser que ce qu'il y a de positif. II y avait deux aspects dans Israël ancien: la vocation et la faiblesse, l'insuffisance humaine en égard de cette vocation. Mais d'une façon tout à fait injuste et très étrange nous n'avons pas jusqu'à présent saisi et exprimé le fait qu'Israël du Nouveau Testament est aussi une société en devenir et que lui aussi pose les mêmes problèmes qu'Israël d'autrefois. Même si nous étions l'Eglise dans le sens le plus absolu et de la façon la plus absolue, celle-ci est toujours en devenir et elle est Israël non seulement avec le don de Dieu, mais aussi avec la fragilité humaine et la liberté qui unit le don et l’acte humain.

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L'unité dont nous parlons est une espérance

Cette unité de l'Eglise dont nous parlons, cette unité que nous cherchons, la cherchons-nous comme nous devons la chercher ? Très souvent on pense que le mouvement œcuménique, le Conseil œcuménique, est une tentative de créer une mosaïque ecclésiale, d'avoir une Eglise qui serait faite de pièces et de morceaux réajustés d'une manière plus ou moins satisfaisante, et avec beaucoup de justesse on proteste contre cette image, parce que l'Eglise de Dieu ne saurait pas être une simple mosaïque de bonnes volontés humaines, elle doit être un tout qui soit une révélation du divin entré dans l'humain et transfigurant l'humain. Cette unité que nous cherchons doit être la révélation pour le monde de l'unité de Dieu. Elle doit être non seulement une réflexion, mais une présence; une unité qui serait l'homme total uni à Dieu dans le Christ. L'homme total dans lequel comme dans un temple est présent l'Esprit. L'homme total dont la vie est cachée en Dieu avec le Seigneur.

Cette unité-là, tant que nous restons séparés, non seulement nous ne pouvons pas la réaliser, mais nous ne pouvons pas la concevoir. Parce que l'unité telle que l'a connue l'Eglise indivise au début était une expérience dont elle pouvait parler; l'unité dont nous parlons est une espérance dont nous n'avons pas l'expérience directe. Il y a dans cette recherche de l'unité et dans cette réalité de l'unité de l'Eglise une espèce de parallélisme très complexe qui fait que, d'un côté, nous en avons le pressentiment, nous en possédons les arrhes, et d'un autre coté nous n'en aurons la vision que lorsqu'elle sera réalisée. Nous ne pouvons pas faire une théologie entière, pleine, finale de l'unité de l'Eglise en dehors de cette unité, parce que la théologie consiste à déclarer ce qui est connu d'expérience, et non pas à déduire d'après certaines données ce qui est encore inconnu, ce qui nous est étranger. Certainement, nous pouvons avec ce que nous possédons pressentir ce qui doit être, mais en fin de compte une théologie de l'unité n'est possible que dans la possession de l'unité. D'un autre côté, nous ne pouvons établir l'unité des chrétiens divisés que si nous parvenons, pas à pas, à nous rapprocher, et en même temps à approfondir notre sens de l'unité; ce sont là deux choses qui doivent aller ensemble.

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"Je crois en l'Eglise une..." C'est là tout le problème de ce paradoxe de l'Eglise, actuellement. D'une part, il y a une unité de l'Eglise. Le fait, par exemple, qu'il peut y avoir des hérétiques et des schismatiques... On ne peut être schismatique ou hérétique qu'à l'intérieur d'une unité; par exemple, personne ne dira qu'un bouddhiste ou un musulman sont des schismatiques ou des hérétiques par rapport au christianisme; simplement, ils ne sont pas chrétiens. Par conséquent, pour pouvoir être dans l'erreur il faut être à l'intérieur d'un système. Voilà un fait, je crois, qui est très important, parce qu'il est une manière — peut être négative — d'attester l'unité, reconnue même lorsque nous croyons ne pas la reconnaître et que nous voulons ne pas la reconnaître.

Une situation de devenir

D'autre part, l'expérience chrétienne nous a montré, me semble-t-il, que l'on ne peut pas fixer la limite de l'Eglise ni déclarer qu'en dehors d’une telle limite — déterminée d'une façon canonique ou selon des critères intellectuels — il n'y a rien. Il n'y pas, je crois, de situation par rapport à Dieu qui soit le tout ou le rien. Ce qui adviendra après le jugement dernier est une autre question, mais la situation actuelle, que ce soit dans le monde chrétien, païen ou athée, est une situation de devenir, où il y a constamment une action de Dieu, partout où Il n'est pas reconnu comme partout où Il est reconnu.

L'Eglise est là où la parole de Dieu est prêchée avec droiture et les sacrements sont donnés comme ils le doivent. De ce point de vue chaque communauté chrétienne qui se donne une définition de ce genre s'affirme en tant qu'Eglise, et c'est là que commence le problème. On peut dire: votre enseignement est incorrect, vous manquez de certains caractères ecclésiaux, il y a un problème qui porte sur vos sacrements ; mais on ne peut pas dire simplement: il n'y a pas de problème, il n'y a rien.

Je crois qu'il faut que nous fassions très attention de ne pas réduire les problèmes d'Eglise à des problèmes de structures visibles. Je crois, par exemple, que dans le sens fort du mot l'Eglise orthodoxe est l'Eglise qui professe la vérité évangélique et qui possède des sacrements de pleine valeur. Mais de là dire qu'une communauté dont les nombres reconnaissent que le Christ est le Verbe incarné et qu'Il est leur Seigneur (ce que personne ne peut dire, selon saint Paul, autrement qu'instruit par l'Esprit Saint) — dire qu'une telle communauté n'est pas chrétienne est au-delà de notre possibilité.

D'autre part, nous ne pouvons pas parler de chrétiens en dehors de l'Eglise. L'Eglise, c'est le corps du Christ, c'est quelque chose qui est relié au Christ lui-même, et on ne peut pas simplifier les choses tellement que de dire : ce n'est qu'à la condition que vous y apparteniez de telle façon précise que vous êtes un membre du corps du Christ, et autrement vous êtes un chrétien sans aucun lien au corps du Christ; c'est une absurdité.

Nous pouvons dire : oui, il est certain que la plénitude de l'Eglise réside là; mais nous ne pouvons pas dire qu’en dehors il n’y a pas de caractère ecclésial. Et c’est un enseignement déjà ancien. Déjà dans l'antiquité chrétienne on disait que le Seigneur a établi les sacrements, mais qu'Il est libre de se donner, de donner sa grâce, en dehors des sacrements.

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Dans le contexte de cette problématique de l'unité existe aussi un autre problème: c'est celui de notre théologie trinitaire. Ce n'est qu'à partir de l'unité de l'Eglise et à l'intérieur de cette unité que nous pouvons découvrir et exprimer pleinement une théologie trinitaire qui soit à l'échelle à la fois de l'Eglise et de Dieu qui l'habite.

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Vous voyez que de ce fait la rencontre œcuménique a une importance immense. Pour le moment c'est tout ce que nous pouvons faire; mais ce que nous pouvons faire en nous rencontrant de cette façon-là est essentiel à chacune des Eglises, quelle que soit sa vision de soi. Je voudrais conclure par un mot sur cette rencontre, en tant que rencontre.

La rencontre est au cœur même de l'Evangile.

On peut dire que le thème de l'Evangile, c'est La Rencontre. Si vous le lisez, même de façon rapide, vous verrez que rien n'y est exprimé autrement que dans le contexte d'une rencontre. Il n'y a pas de principe posé en dehors du cas concret de quelqu'un rencontrant le Seigneur. Tout ce qui est dit dans l'Evangile et dans l'Ecriture Sainte nous est dit dans la situation d'un face à face entre Dieu et l'homme ou entre des êtres humains qui se sont rencontrés dans la présence de Dieu.

Il y a d'abord la rencontre majeure que nous appelons l'Incarnation, le fait que Dieu est entré dans la situation humaine, que Dieu est devenu homme, dans le sens le plus net, le plus réaliste du mot, et que Dieu devenu homme nous a confrontés avec une révélation au sujet de Dieu que nous ne possédions pas auparavant et qui a été un blasphème du point de vue des tenants de l'Ancien Testament. Un vrai blasphème, parce que si vous cherches à saisir ce qu'est ce Dieu qui se révèle dans le Christ, vous voyez ceci : dans l'Ancien Testament, dans les religions non révélées qui entouraient le peuple d'Israël, les dieux étaient des manifestations de grandeur et de puissance. Mais le Dieu que manifeste l'Incarnation est un problème pour la conscience juive, comme Il est un problème pour la conscience des gentils; la croix est scandale pour les uns, folie pour les autres. L'Incarnation manifeste un Dieu qui entre dans le monde et qui se fait à la dimension du monde, dont la présence dans le monde ne rompt pas et ne déchire pas le monde: une révélation du monde qui fait que nous le voyons, ce monde, capable de contenir Dieu quand Dieu veut y pénétrer! un Dieu qui se fait vulnérable, sans défense, un Dieu bafoué, vaincu, méprisé, et de ce fait méprisable.

Voilà le Dieu qui se présente dans le Nouveau Testament à la perception nouvelle ; et ce Dieu exige aussi une perception nouvelle de ceux qui se rencontrent autour de Lui. Autour de Lui, les uns reconnaissent la grandeur de l'humiliation ; les autres rient de cette prétention que Dieu puisse être tel. Et lorsqu'ils se rencontrent avec cette pierre d'achoppement, l'achoppement porte non seulement sur leur relation à Dieu, mais également sur leurs relations mutuelles. A côté du jugement moral, du jugement selon la loi et l'intelligence, une nouvelle dimension apparaît.

Quand vous regardez les choses du dehors, celles-ci ne vous apparaissent que selon le critère extérieur. Lorsqu'on conduisait le Christ au Calvaire, qu'est ce que les gens voyaient du dehors ? Ils voyaient un criminel, un homme qui avait blasphémé leur Dieu, qui avait été un danger public, qui avait été saisi par l'autorité et qui légitimement était maintenant traîné au supplice. Dès qu'un homme est bafoué, battu, avili, accusé et condamné, c'est un criminel; mais que savons-nous de ce qui se passe en lui ? Ainsi, c'est le problème que le Christ a posé à chacun d'entre nous qui nous trouvons dans sa présence: une situation absolument nouvelle qui fait que nous voyons et nous ne sommes plus à même de prononcer le jugement que nous aurions prononcé.

La rencontre entre deux êtres humains, entre deux Eglises, entre deux sociétés, c'est de cette façon-là qu'elle se pose. Et je crois que le problème de la rencontre est devenu extrêmement tragique pour nous, extrêmement aigu, du fait que nous avons perdu le droit de prononcer un jugement. Le jugement appartient à Dieu.

En ce qui concerne nos Eglises, c'est justement la situation que nous essayons de maintenir dans le mouvement œcuménique ; d'être ensemble, d'être face à face, de nous regarder aussi profondément que possible et d'attendre que le jugement de Dieu se fasse jour. Et je crois que si nous faisons un effort réel, nous pourrons maintenir cet équilibre qui change sans cesse, dont le centre de gravité se déplace incessamment, jusqu'au moment où, ensemble, par ces glissements, ces mouvements, ces confrontations, nous aurons découvert ce que nous n'avons pas vu les uns dans les autres. Pour cela il faut nous départir de nous-mêmes et voir l'autre. Dans la vie courante nous ne voyons l'autre que par rapport à nous-mêmes; nous ne voyons jamais l'autre en soi, en lui-même. Ce que nous voyons dans celui qui est en face de nous, dans le groupe social qui n'est pas le nôtre, dans l'Eglise qui est celle des autres, c'est la couche superficielle de l'histoire. Mais nous savons tous qu'il y a dans chacune de nos communautés chrétiennes une loyauté au Christ, une vérité et une profondeur vraies, et c'est à voir en profondeur que nous oblige le face à face; c'est à cela que nous sommes appelés de plus en plus, dans la mesure où notre compréhension devient plus vive et où notre sens de la responsabilité et de la solidarité devient plus aigu.

Bulletin Orthodoxe. 1969. N. 91
Source: http://masarchive.org/Sites/texts/1968-00-00-1-F-F-T-EM03-088RecontreEcumenique.html

(*) http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Mgr-Antoine-de-Souroge-DIALOGUE-OECUMENIQUE_a3599.htm

Rédigé par Vladimir Golovanow le 10 Mars 2014 à 17:50 | 50 commentaires | Permalien

Le christianisme sera enseigné dans 152 écoles en Irak
Traduction Laure Durand-Viel

Au cours des 11 dernières années la population chrétienne en Irak a diminué de plus de 75%. Le nombre de chrétiens a commencé à se réduire progressivement après 2003, quand le nombre de violences et d’agressions envers eux a fortement augmenté.

Auparavant, un demi-million de chrétiens vivaient en Irak, mais selon les données les plus récentes, il n’en resterait que 300 000.

Ce changement radical a poussé des fonctionnaires locaux responsables de l’éducation en Irak à rechercher des solutions pour préserver l’héritage culturel et religieux chrétien dans le pays. Le christianisme est une composante importante de la société irakienne, et le laisser disparaître serait une grave négligence. Officiellement, l’Irak reconnaît 14 confessions chrétiennes, présentes depuis très longtemps dans le pays.


Le ministère de l’éducation nationale irakien a pris la décision d’inclure l’enseignement du christianisme et de la langue assyrienne, qui est la langue maternelle de beaucoup de minorités chrétiennes, dans le programme scolaire de 152 écoles publiques dans les provinces de Bagdad, de Nainawa et de Kirkouk, où vivent la plupart des chrétiens.

Le but de cette initiative est de montrer aux chrétiens irakiens de toutes confessions que l’Irak accepte les différents courants religieux.

La réalisation du programme se heurte toutefois à de nombreux obstacles. Beaucoup de familles chrétiennes ne parlent pas couramment l’assyrien. Comme le raconte l’adjoint du directeur d’une école primaire, c’est notamment le cas dans la ville de Mossoul, l’un des centres chrétiens les plus anciens d’Irak. Parce qu’elles ne maîtrisent pas la langue assyrienne, beaucoup de familles assyriennes et chaldéennes ne souhaitent pas que leurs enfants reçoivent une éducation scolaire dans cette langue. Les enfants eux-mêmes, par ailleurs, apprennent l’assyrien sans problème.

Le 7 janvier 2014, la langue assyrienne a été reconnue par la loi comme l’une des langues officielles de l’Irak.
Lien SOBOR.by


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 10 Mars 2014 à 10:16 | 0 commentaire | Permalien

Les moniales du cloître de Maaloula en Syrie ont été libéres et se trouvent non loin de la frontière du Liban. C’est ce qui a été annoncé par la chaîne syrienne Al Ekhbariya . Les treize sœurs et la mère supérieure Pélagie doivent bientôt être à Damas. Lien Itar Tass Traduction "PO"

Le Figaro: Une dizaine de religieuses d'un couvent proche de Damas, enlevées il y a plus de trois mois, ont été libérées, selon une source proche des services de sécurité libanais. Les religieuses avaient été transférées cette semaine à Arsal, ville libanaise proche de la frontière syrienne.

En début de soirée, elles sont en route vers Damas, accompagnées par le chef d'un service de sécurité libanais et un responsable des services de renseignement du Qatar.

Les religieuses avaient disparu en décembre après l'entrée d'insurgés islamistes dans la vieille ville de la localité chrétienne de Maaloula, au nord de Damas. Un moment retenues dans le monastère grec orthodoxe de Mar Thecla à Maaloula, elles avaient ensuite été conduites à Yabroud, à une vingtaine de kilomètres plus au nord, où l'armée gouvernementale mène actuellement une opération. Peu après la disparition des religieuses, des rebelles islamistes avaient annoncé qu'elles étaient leurs "invitées" et que leur libération ne tarderait pas. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG proche de l'opposition syrienne, les ravisseurs étaient des membres du Front al Nosra, groupe lié à Al Qaïda.

Une dizaine de religieuses d'un couvent proche de Damas, enlevées il y a plus de trois mois, ont été libérées, selon une source proche des services de sécurité libanais.

Les religieuses avaient été transférées cette semaine à Arsal, ville libanaise proche de la frontière syrienne.

En début de soirée, elles sont en route vers Damas, accompagnées par le chef d'un service de sécurité libanais et un responsables SUITE

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Mars 2014 à 20:39 | 4 commentaires | Permalien

Difficultés dans la preparatione du Grand Concile de l'Orthodoxie
JUSTINE

Romfea 7 mars

On rapporte que durant la séance d'aujourd'hui (7 mars), les Primats se sont mis d'accord pour la convocation du Grand Concile de l'Orthodoxie. Selon des informations il a été convenu que de chaque Eglise participeront 20 hiérarques finalement, et non pas 13, que chacune aura une voix et que les décisions seront prises à l'unanimité.

A présent on attend d'abord la formation d'une commission préparatoire, laquelle mettra au point les détails pour la convocation du Concile en 2016 à l'Eglise Ste Irène à Constantinople

Romfea 8 mars (extraits)

Les deux questions graves qui ont cause des frictions parmi les Eglises Orthodoxes, celle du Qatar et celle de la Tchéquie, ont fait l'objet d'amples discussions dans les échanges des Primats en marge des travaux de la Synaxe. Les représentants du Patriarcat d'Antioche ont demandé avec insistance que problème du Qatar soit discuté à la Synaxe. Dans le cas contraire, ont-ils déclaré, le Patriarcat d'Antioche ne signera pas le communiqué commun des Primats, et c'est ce qui s'est produit.

Le métropolite de Buenos Aires qui représentait le Patriarche Jean, n'a pas signé, samedi soir, le communiqué final de la Synaxe. Selon les informations de "Romfea.gr", on a sollicité la médiation du Patriarche d'Alexandrie et de l'Archevêque de Chypre, afin que le Patriarcat de Jérusalem et celui d'Antioche entament, à Chypre, une nouvelle ronde d'entretiens au sujet du Qatar.

On est généralement convaincu de toute manière que l'absence du Patriarche d'Antioche de la Synaxe n'était pas seulement déterminée par la simple intervention chirurgicale à laquelle il a du se soumettre, mais qu'il voulait par là manifester son déplaisir à l'égard du traitement du sujet du Qatar par le Patriarcat Œcuménique et son attitude favorisant la position du Patriarcat de Jérusalem.

En l'air demeure également la question de l'Eglise de Tchéquie. Malgré les discussions menées en marge et en-dehors de la Synaxe, il ne semble pas qu'il existe dans un proche avenir une solution commune acceptée par les deux parties, c'est à dire par ceux qui soutiennent le nouvel Archevêque de Tchéquie Rostislav (Gont) et par ceux qui considèrent comme anti canonique son élection et tiennent pour représentant de l'Eglise le métropolite d'Olomouts Symeon. Lors de discussions en marge, les Primats ont dit que le métropolite d'Olomouts a exprimé le désir de se rendre directement et seul au Phanar, afin que soit donne une solution définitive au problème qui ébranle l'Eglise de Tchéquie.

Une tension s'était produite également lors d'une intervention du Patriarche Bartholomée concernant les évêques qui font œuvre pastorale sur des "territoires canoniques" du Patriarcat Œcuménique, exigeant que ces évêques cessent de porter le même titre que l'évêque de ce Patriarcat.

Le communique final de la Synaxe des Primats a été signe samedi soir dans un hall de l'hôtel a Constantinople où résidaient les Primats.

RONFEA




Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Mars 2014 à 14:57 | 9 commentaires | Permalien

Le Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche annonce dans un communiqué du 8 mars le retrait de sa délégation de la rencontre des primats des Eglises orthodoxes qui se déroule à Constantinople entre le 5 et le 9 mars 2014, et la suspension de sa signature sur son communiqué final ainsi que sa non-participation à l’office de la divine liturgie de clôture qui est célébré ce jour du Dimanche de l’orthodoxie.

Communiqué du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient Le 8 mars 2014

La délégation patriarcale antiochienne, composée des métropolites Saba (ESPER) et Silouane (MOUSSI) et du Père Porphyrios (GEORGI), a pris part avec grande joie, et un engagement certain à faire réussir ses travaux, à la rencontre des primats des Eglises orthodoxes qui s’est tenue au siège du Patriarcat Œcuménique, ainsi qu’à ses travaux préparatoires. Lors de cette rencontre, la délégation antiochienne a évoqué le différend existant entre le patriarcat d’Antioche et le patriarcat de Jérusalem, et a essayé, sur orientations directes de Sa Béatitude le Patriarche Jean X qui n’a pas pu prendre part à la rencontre des primats pour des raisons de santé, et en coordination avec Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique, d’œuvrer en vue du règlement de ce différend d’une manière conforme aux décisions convenues lors de la réunion tenue à Athènes –en juin 2013- à laquelle avaient pris part des représentants des Eglises de Constantinople, d’Antioche et de Jérusalem.

Compte tenu du fait que toutes les tentatives entreprises par Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique et la délégation antiochienne avec Sa Béatitude le Patriarche de Jérusalem ont abouti à un échec,

Et attendu que l’Eglise de Jérusalem persiste à vouloir constituer un diocèse et à établir un évêque à sa tête, dans le périmètre de la juridiction canonique du patriarcat d’Antioche,

Et attendu que le Patriarcat de Jérusalem refuse toute solution à cette crise qui ne soit pas une confirmation du fait accompli, en dépit du fait que la majorité des Eglises orthodoxes reconnait le caractère véridique de la position antiochienne,

Et attendu que l’Eglise d’Antioche a épuisé toutes les solutions iréniques, et a suspendu l’exécution de la décision de son Saint Synode visant la rupture de la communion avec le Patriarcat de Jérusalem et ce afin de réunir toutes les chances de succès à la rencontre des primats des Eglises orthodoxes, en espérant qu’il soit procédé au règlement de cette question pendant cette rencontre, avec un esprit de fraternité et de paix,

Et devant le refus du Patriarche de Jérusalem de l’intermédiation de Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique pour le règlement de cette question selon les dispositions de la tradition et du droit canonique,

Le Patriarcat d’Antioche a décidé ce qui suit :
1. Le retrait de sa délégation de la rencontre des primats des Eglises orthodoxes qui se déroule à Constantinople entre le 5 et le 9 mars 2014, et la suspension de sa signature sur son communiqué final jusqu’au règlement de cette crise, 2. La non-participation à l’office de la Divine Liturgie de clôture qui sera célébré le jour du Dimanche de l’Orthodoxie, exprimant ainsi le fait que l’unité orthodoxe ne peut se réaliser en présence d’une telle agression par une Eglise contre la juridiction territoriale d’une Eglise sœur, et de la dénégation par la première de l’accord qui a été conclu avec le patronage bénéfique et aimant de Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique 3. L’évocation de la question de nouveau lors de la prochaine session du Saint Synode antiochien qui se tiendra le 27 mars 2014, afin de prendre les mesures qu’il juge opportunes en raison de cette nouvelle situation.

En conclusion, l’Eglise antiochienne ne peut que lancer un appel aux primats des Eglises orthodoxes sœurs afin qu’ils œuvrent au règlement de ce différend conformément aux dispositions du droit canon, le plus vite possible afin d’éviter l’obstacle que constitue cette question à l’unité orthodoxe.
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Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Mars 2014 à 14:50 | 13 commentaires | Permalien

Chers amis,

Nous vous informons que le nouvel éditorial de Mars 2014, signé du président, vient d’être publié et proposé à la une du site de l’OLTR.

Le texte intitulé "La Tête du Corps ecclésial – Vérité orthodoxe" est disponible à la une du site
Le texte complet est ICI

La visite à Paris du Patriarche de Constantinople

Récemment, Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée a rendu visite à son nouvel exarque en la cathédrale Saint Alexandre Nevsky, à Paris. A cet égard, il est intéressant de se référer aux paroles prononcées lors du Te Deum afin d’essayer de comprendre quelle est la place canonique de l’Archevêché, aux yeux de l’Eglise de Constantinople.

A plusieurs reprises, il a été affirmé que l’Eglise de Constantinople était l’ « Eglise-mère » de l’Archevêché. Que cela veut-il dire exactement?

En général, cette expression est employée pour désigner l’Eglise qui, ayant envoyé des missionnaires dans une contrée voisine, y a porté l’évangile et, au bout d’une longue période, a considéré que la nouvelle Eglise, née de ses soins, était suffisamment développée, qu’elle n’avait plus besoin de tuteur et pouvait vivre par elle-même (être autocéphale).

Comme l’Archevêché n’est pas une Eglise (autocéphale), mais un diocèse de l’Eglise russe qui a dû se résoudre à demander, après la révolution, la protection du Patriarcat de Constantinople à cause des persécutions de l’époque, cette acception commune ne peut pas s’appliquer à lui.

Toutefois, Constantinople étant incontestablement l’Eglise-mère de l’Eglise russe, on peut considérer qu’elle est aussi Eglise-mère de l’Archevêché, celui-ci étant historiquement un diocèse particulier de l’Eglise russe . Il serait alors juste d’inviter l’Eglise russe à se préoccuper aussi du sort de ce diocèse en vertu des bonnes relations qui doivent exister entre les Eglises autocéphales.

Ou alors, cela indique-t-il que, dans la lignée de ses errements précédents, on doit considérer que l’Archevêché est une entité indépendante, seulement protégée par le patriarcat de Constantinople ?

En tout état de cause, il serait souhaitable de préciser le sens de cette expression et la place canonique de l’exarchat à l’intérieur (ou à l’extérieur) de l’Eglise de Constantinople.

Il est également souhaitable d’éviter des expressions hautement ambigües dans la description des caractéristiques de l’Archevêché. Citons par exemple ce qui a été prononcé lors du discours de bienvenue au Patriarche : « le…privilège que représente le fait d’être en lien avec le premier siège de l’Église orthodoxe, avec la tête du corps ecclésial, ». Quelle est au juste la signification de cette phrase ? « La tête du corps ecclésial » serait-elle le patriarche de Constantinople ? Bien sûr que non ! tous les orthodoxes savent que la tête du corps ecclésial est le Christ lui- même, selon l’enseignement de Saint Paul : « Il est la tête du corps de l'Église » (Col., 1, 18) et par référence à la tradition des Pères qui enseignent que l’Eglise est le corps du Christ. La phrase citée est, au mieux, une expression maladroite, mais au pire c’est le début d’une déviation grave, celle-là même qui a entrainé le schisme de 1054. Si chez les catholiques, l’appartenance à l’Eglise se définit par la fidélité à la foi du Pape de Rome, chez les orthodoxes, elle se définit par la confession de la Vérité, de la vraie foi, dont personne ne peut s’attribuer, seul, la définition. Et aucun primat d’Eglise n’est à l’abri du risque d’hérésie, fût-il le premier.

On a entendu, récemment, d’autres phrases également contestables dans la bouche de certains hiérarques de l’Eglise de Constantinople. Le Métropolite de Prousse a, par exemple, déclaré que le premier parmi les primats des Églises orthodoxes autocéphales dispose de pouvoirs exceptionnels, le faisant « premier sans égaux » (« primus sine paribus ) alors que la formule traditionnelle est justement « primus inter pares » (premier parmi des égaux).

Il est, sans doute, utile de rappeler que le deuxième rang, par l’honneur (après celui de Rome), fut accordé au siège de Constantinople en raison expresse de la présence de l’empereur dans cette ville (concile de Chalcédoine, canon 28).

Le père Alexandre Schmemann a déjà expliqué que l’orthodoxie a tendance à nier l’histoire (1). Il faut aussi éviter de la tordre pour créer des prétendues traditions de toutes pièces.

Nous devons donc prier pour que la foi orthodoxe se maintienne sans altérations dans toutes les Eglises autocéphales et que le Seigneur nous préserve de nouveaux schismes.

Séraphin Rehbinder

mars 2014 - Jour de la Fête de l'Orthodoxie

(1) « Tout changement de situation, c’est-à-dire l’histoire elle-même, entraîne chez les orthodoxes une réflexion extrêmement négative, qui aboutit, en fin de compte, à un refus du changement, à sa réduction au mal, à la tentation, à un assaut du démon. » Cette phrase est tirée de la réflexion du père Alexandre sur ce sujet crucial qui figure dans son journal à la date du Samedi 19 janvier 1974 et dont je conseille la lecture intégrale.

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Plusieures publications de l'OLTR et ICI

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 9 Mars 2014 à 10:44 | 7 commentaires | Permalien

Le dimanche 9 mars la messe sera officiée pour la dernière fois dans l’église catholique de Neulerchenfeld dans le 16e arrondissement de Vienne.

Les autorités ont décidé de la transmettre à l’Eglise Orthodoxe de Serbie. Selon le site Седмица.ru, la raison en est la réduction du nombre des fidèles. L’église sera fermée pendant quelques semaines. Les formalités du transfert juridique auront lieu après Pâques. Pendant quelques années les paroissiens ont essayé de contester l’éventuel transfert de l’église à la paroisse orthodoxe serbe. Ils ont écrit plusieurs lettres au Vatican mais n’ont pas obtenu de réponse favorable.

Environ 100 mille croyants orthodoxes de l’Eglise serbe habitent Vienne. Autrefois, ils étaient confinés dans 3 églises.

Lien Pravoslavie i Mir
Traduction E. Tastevin

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Mars 2014 à 20:50 | 0 commentaire | Permalien

D'excellentes nouvelles nous parviennent de Constantinople!
JUSTINE

D'excellentes nouvelles nous parviennent de Constantinople par l'agence grecque Romfea laquelle donne in extenso les propositions de l'Eglise de Russie pour la préparation du Grand Concile. Présentant la prise de position du Saint Synode de la Hiérarchie à Moscou en février 2013, le Patriarche Cyrille a mis les points sur les i et a dit très exactement tout ce qu'il fallait dire!

En résumé, il a fortement insiste sur la nécessité que toutes les décisions du Grand Concile et aussi celles des réunions préparatoires soient prises à l'unanimité et non pas par vote majoritaire , que la procédure (kanonismos) du Concile, son ordre du jour, les principes de sa composition, l'ordo des offices divins et des sessions et les projets des principaux textes du Concile soient approuvés au préalable par toutes les Eglises Orthodoxes, et que la préparation du Concile prévoie une discussion étendue des décisions en voie de préparation du futur Concile et veille avec un soin particulier à ce que ces décisions maintiennent la pureté de la doctrine orthodoxe.

Les membres du Saint Synode de la Hiérarchie russe, a dit le Patriarche Cyrille, jugent indispensables que la présidence du Synode Panorthodoxe soit composé des Primats de toutes les Eglises Orthodoxes, avec, à la tête, le premier d'entre eux, le Patriarche de Constantinople. Ainsi le Concile exprimera visiblement notre ecclésiologie, selon laquelle chaque Eglise locale en communion avec les autres Eglises locales possède les mêmes droits que celles-ci. Il a propose aussi que la hiérarchie des Eglises locales soit représentée d'une manière aussi plénière que possible

Concernant le principe de l'unanimité, le Patriarche Cyrille a dit encore que "c'est par ce principe-là, dans les circonstances historiques actuelles, qu'est préservée l'unité de l'Eglise". "La discussion, dans le cadre du Concile, de sujets sur lesquels on ne s'est pas accordé au préalable, signifie qu'on transforme le Concile en un lieu de dissensions, qu'on met en danger l'unité ecclésiale et dresse des obstacles à la réception des décisions conciliaires par nos Eglises locales. Or, notre mission est de manifester l'unité de l'Eglise concernant les questions qui préoccupent le monde orthodoxe. Il faut que soit entendue la voix de chaque Eglise, indépendamment du nombre de ses fidèles et de la date de sa fondation. Le Concile Panorthodoxe doit devenir un lieu ou le Saint Esprit manifeste Sa Présence par l'unanimité des Eglises et où est exclu la soumission tyrannique de la minorité à la volonté de la majorité."

Le Patriarche Cyrille a réfuté l'opinion que le mode de l'unanimité retardait la préparation du Concile.
"A mon avis, le retardement provient d'ailleurs. Malheureusement, nous ne disposons pas d'un mécanisme de préparation efficace. Le Secrétariat pour la préparation du Grand et Saint Concile fondé il y de nombreuses années et pour lequel on prévoyait la participation de représentants des Eglises Orthodoxes locales, ne fonctionne pas comme il faut. On n'a pas fait face non plus de manière adéquate à la proposition répétée de l'Eglise Russe qu'un représentant d'elle participe à ce Secrétariat."

Le Patriarche Cyrille a souligné que le Concile a besoin d'une préparation énergique, laquelle toutefois est impossible si nous n'y attirons pas des forces créatives. Il propose donc la constitution d'un organe efficace composé de représentants des Eglises locales, lequel organe pourrait se réunir régulièrement pour échanger des opinions et du matériel, et ceci même par la voie des moyens de communication contemporains, lesquels facilitent ces échanges. "Si nous voulons effectivement réunir le Concile Panorthodoxe, nous devons apprendre à travailler de cette manière", a dit le Primat de l'Eglise Russe, rappelant qu'il reste beaucoup de travail à faire dans le domaine des thèmes du Concile et de sa procédure. Au regard de cette dernière, il a refusé de traiter cette question comme une formalité. "Le Concile doit exprimer clairement notre Ecclésiologie orthodoxe, exactement de la même façon que l'exprime la Divine Liturgie et la concélébration."

Concernant les thèmes à traiter par le Concile, il a relevé l'importance de s'occuper des problèmes réels qu'affrontent les Orthodoxes aujourd'hui. Il a cité par exemple l'expulsion des Chrétiens du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le problème du consumérisme qui a provoqué la crise économique et detruit la vie chrétienne, la tentative de cultiver l'homosexualité, la bioéthique etc. A tous ces défis des temps modernes, l'Eglise Orthodoxe doit donner une reponse claire et unifiée, fondée sur sa Tradition. "Et cette reponse doit être non seulement théologique, mais aussi pastorale".

Enfin, le Patriarche Cyrille a exprimé son regret que tous les Primat des Eglises orthodoxes ne participent pas à la Synaxe et a souligné la nécessité d'assurer que toutes les Eglises Orthodoxes locales prennent part à la préparation du Concile Panorthodoxe.

Source RONFEA

Rédigé par Justine le 8 Mars 2014 à 12:52 | 13 commentaires | Permalien

Vladimir Bourega parle des événements de ces dernières deux semaines en Ukraine
Les politiciens continuent à agir par la force comme avant. C’est un défi pour l’Eglise appelée à transformer la situation dans la société.

Le vice-recteur de l’Académie de théologie de Kiev Vladimir Bourega parle de la nuit du 22 au 23 février dans la Laure des Grottes, de la commission synodale de dialogue entre les représentants de l’EOU (« Patriarcat de Kiev ») et l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ukraine, de la morale dans la politique et des épreuves endurées aujourd’hui par les Ukrainiens.

Revenons à cette nuit très difficile pour la Laure des Grottes. Les informations des média étaient confuses. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

- Je n’ai pas été dans la Laure cette nuit-là. Mais j’ai été en contact permanent avec des personnes impliquées. La situation à Kiev était inquiétante. Mais je pense que personne n’a tenté à prendre la Laure d’assaut. Cependant, lorsque quelques milliers de révolutionnaires se concentrent dans le centre-ville on peut toujours s’attendre à des provocations.

Il s’est passé quelque chose dans ce genre. La rumeur s’est répandue dans la foule selon laquelle des objets de valeur étaient en train d’être emportés de la Laure. Tout le monde s’est rué là-bas pour vérifier ce qui s’y produisait. Ensuite, les réseaux sociaux ont appelé à récupérer la Laure du Patriarcat de Moscou. Dieu merci, on a réussi à apaiser les esprits.

Qu’est-ce que vous pensez des appels à protéger la Laure ? Faut-il former des groupes de défense ?

Je pense qu’il faut faire preuve de réserve et de prudence. Bien sûr, défendre la Laure est louable mais l’apparition de groupes de défense aux alentours provoque toujours l’instabilité. Il faut bien peser les paroles. Tout ce qui n’est pas réfléchi est susceptible d’entraîner de nouveaux conflits. Avant de défendre quoi que ce soit il faut comprendre si besoin il y a.

Peu après ces événements le Saint Synode de l’EOU (Patriarcat de Moscou) a pris la décision de mettre en place une commission pour le dialogue avec les représentants de l’EOU (Patriarcat de Kiev) et les « autocéphalistes ». Vous êtes le seul laïc qui en fait partie.

Cette commission a une histoire. Aujourd’hui nous ne menons pas de dialogue officiel avec le prétendu « Patriarcat de Kiev ». En septembre 2009 le Saint Synode de l’EOU (P.M.) a déjà mis en place un groupe de travail pour préparer ce dialogue. Nous avons eu une seule rencontre avec des représentants du « Patriarcat de Kiev » le 2 octobre 2009. Il s’agissait de négociations sur les futures conditions du dialogue. Le compte-rendu de cette rencontre a été publié. Malheureusement, notre entrevue n’a pas eu de suite et depuis 2009 le groupe de travail n’a pratiquement pas fonctionné.

Aujourd’hui, dans le contexte d’une situation politique difficile le Synode du « Patriarcat de Kiev » a adressé une demande à l’EOU pour reprendre les négociations. En réponse, le Synode de l’EOU a décidé de créer une commission qui prend la suite du groupe de travail de 2009. Le président de la commission est Mgr Mitrophane, archevêque de Lougansk et d’Altchevsk, le Protopresbytre Nicolas (Danilevitch) et moi-même faisions partie du groupe de 2009. La nouvelle commission comprendra en plus Mgr Théodore, archevêque de Kamenets-Podolsk ainsi que Mgr Philarète, archevêque de Lvov. Mgr Philarète est en charge du diocèse de Lvov et y communique directement avec des représentants du « Patriarcat de Kiev » et de l’Eglise Autocéphale d’Ukraine. Il est important que Mgr Théodore qui tient à ce que le schisme soit surmonté sur des bases canoniques strictes fasse partie de notre commission. Elle a été mise en place il y a quelques jours et nous n’avons pas encore élaboré un programme de nos futures actions. Il faut, cependant, comprendre que le dialogue sera extrêmement difficile.

Sur quel terrain pouvez-vous obtenir un accord ?

- Tout d’abord, il faut créer des conditions de travail constructives qui éviteraient toute agressivité des deux parties. Il faut réduire les tensions. Si nous nous mettons à négocier il n’est pas question d’envahir quoi que ce soit. Tout acte de force ferait s’échouer les négociations. Ensuite, la position de l’EOU a été exprimée à plusieurs reprises ces dernières années : pour surmonter le conflit il faut dialoguer. Cela permettra de trouver des points communs et une issue de l’impasse dans laquelle nous sommes.

Deuxièmement, le respect des canons est primordial. Et enfin, surmonter le schisme est une affaire intérieure de l’Eglise. L’intervention des politiques dans ce processus doit être exclue. Nous encourageons des initiatives d’Etat qui ont pour but de nous seconder mais cette assistance ne doit pas se transformer en une intervention dans les affaires intérieures de l’Eglise. Quant au modèle de la résolution du schisme, aucun n’a encore été accepté par les deux parties.

L’année dernière le Concile local du « Patriarcat de Kiev » a décidé qu’il n’accepterait pas la fusion ne serait-ce que temporaire avec le Patriarcat de Moscou. Cela rend la situation presque insolvable parce que la position de l’EOU se résume au fait qu’au départ il est nécessaire de rétablir l’union canonique pour que ceux qui se sont aliénés du plérome orthodoxe puissent réintégrer l’Eglise orthodoxe canonique. Ensuite, on peut discuter du futur statut de l’Eglise Orthodoxe en Ukraine. Mais le « Patriarcat de Kiev » privilégie d’abord la question du statut canonique. De leur point de vue, l’EOU doit d’abord obtenir le statut d’autocéphalie et quitter le Patriarcat de Moscou. Ensuite le « Patriarcat de Kiev » consentira à rétablir l’union canonique avec l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine devenue indépendante de Moscou.

Il semble que l’une des voies consiste à mettre l’EOU au sein de la juridiction du patriarcat de Constantinople.

- Je ne crois pas que ce soit une approche valable pour résoudre le schisme. Autant que je sache l’EOU (« Patriarcat de Kiev ») et l’Eglise autocéphale considèrent l’intégration au Patriarcat de Constantinople comme le meilleur moyen de surmonter « l’isolement canonique ». Cependant, si des structures du Patriarcat de Constantinople sont fondées de nos jours cela ne signifiera pas la disparition du schisme mais l’émergence d’un soi-disant « pluralisme juridictionnel ». Deux Eglises locales coexisteraient : la russe et celle de Constantinople. Le principe fondateur du droit canon sera ainsi transgressé puisqu’il stipule que la juridiction ecclésiastique se répartit exclusivement en fonction du territoire.

C’est le cas de l’Europe de l’Ouest…

- L’Europe de l’Ouest est un territoire où historiquement il n’y avait pas d’Eglises Orthodoxes Locales. Aujourd’hui diverses diasporas y maintiennent l’union canonique avec leur Eglise. Diverses juridictions ecclésiales coexistent en Europe Occidentale. Par exemple, une dizaine d’évêques d’églises locales différentes « coexistent » à Paris. Mais c’est là un problème propre à l’Europe de l’Ouest. Dans le cas où un pays fait partie de l’Eglise Orthodoxe depuis des siècles, un tel « pluralisme juridictionnel » est une source de conflits et d’instabilité.

Ainsi, les solutions qui prévoient le transfert dans la juridiction de Constantinople ne contribueront pas à surmonter le schisme mais à en changer la donne. De plus, un tel conflit peut générer un conflit panorthodoxe. En effet, si des structures ecclésiales de Constantinople sont établies en Ukraine, vraisemblablement le patriarcat de Moscou ne les reconnaîtra pas. Et cela est lourd d’un conflit entre Moscou et Constantinople. Ainsi l’EOU (P.M.) ne soutient pas le principe d’une intégration des structures du Patriarcat de Constantinople en Ukraine.

Quels sont les autres objectifs de l’EOU (P.M.) ?

- L’Ukraine traverse une période très difficile. Les événements de cet hiver ne peuvent pas être oubliés, c’est une partie de notre histoire tragique. La mort de dizaines de personnes place Maïdan a traumatisé les Ukrainiens. Il faudra plus d’un an et peut-être des décennies entières pour cicatriser les plaies. Je pense que c’est la priorité de l’EOU. L’Eglise doit être attentive à sa stratégie de communication avec ses ouailles, cela dans une société qui a été au bord de la guerre civile. Il est important que l’EOU ainsi que d’autres confessions religieuses appellent les personnes à répudier l’agression et la violence. Nous devons faire tout notre possible pour que ces événements ne se répètent pas.

Lorsque la personne se trouve dans un état de traumatisme elle est ouverte à la Bonne Nouvelle, à la parole de Jésus parce qu’aux moments vitaux les questions essentielles se posent: le sens de la vie, sa valeur, la lutte politique et ses limites. Au bout du compte la question de la morale dans la politique s’impose d’elle-même. Nous ne devons pas oublier que toute l’élite politique précédente se déclarait membre de l’EOU. Mais ces personnes ne se sont pas arrêtées devant la solution de force appliquée dans le centre de Kiev. Ainsi, l’appartenance formelle à une paroisse n’exclue pas l’agression. C’est un défi lancé à l’Eglise. L’appartenance de nos compatriotes à l’Eglise ne signifie pas que notre société est chrétienne. Hélas, il n’y a pas de christianisme en politique. Ce n’est que de la force à l’état brut. C’est un défi lancé à l’Eglise qui est appelée à transformer la société.

La source du pouvoir politique est le peuple, comme le dit la Constitution. Ce n’est pas le pouvoir qui s’impose au peuple mais le peuple qui génère le pouvoir, il le contrôle et le limite. Si notre peuple est chrétien il doit produire des politiciens qui se souviennent des commandements de Dieu. Si l’Eglise veut exercer une influence réelle sur les esprits en Ukraine elle doit travailler avec la société sinon cette dernière perdra tout intérêt à son égard.

Dans l’ancien temps lorsqu’un peuple traversait une période de détresse les autorités proclamaient un jeûne général pour mieux prier. Est-ce que le carême se répercutera sur la vie du pays ?

- L’EOU a adressé une demande aux autorités pour prolonger le deuil jusqu’à la fin du Carême. L’Eglise a proposé de renoncer aux divertissements et de prier pour les défunts, de consacrer l’attention à la prière, au jeûne et à une perception chrétienne des événements. J’espère que la société l’entendra. Est-ce que la société ukrainienne est prête à pardonner ? Il sera difficile de persuader les personnes dont les amis ont péri sous les balles des tireurs embusqués de tout pardonner. Ils ne l’oublieront pas. C’est dur de faire un pas vers le pardon mais il n’y a pas d’autre chemin vers la réconciliation.

Pravoslavie i Mir

Traduction E.Tastevin


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 8 Mars 2014 à 12:17 | 2 commentaires | Permalien

Le 6 mars 2014, les Primats et les représentants des Églises orthodoxes locales se sont réunis à la cathédrale Saint-Georges du Phanar (résidence du Patriarche de Constantinople).

Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople a présidé un office avant le début de la réunion. Il a ensuite ouvert l’assemblée, énonçant dans son allocution les principaux thèmes de la discussion : les persécutions des chrétiens dans différentes régions du monde, en particulier au Moyen Orient ; l’éviction de l’Église à la périphérie de la vie publique dans des pays autrement chrétiens ; les conséquences des processus de globalisation du progrès technique ; la crise économique ; le renforcement de l’unité de l’Orthodoxie ; la préparation et la tenue du Concile panorthodoxe.

Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée a déclaré « étrangère à l’ecclésiologie orthodoxe » toute représentation admettant « la domination universelle de toute Église locale ou de son Primat ». Il a aussi souligné : « Nous sommes tous responsables de l’unité de notre sainte Église ».

Ensuite, chaque Primat s’est exprimé, une discussion animée suivant l’intervention de chacun.

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a notamment présenté dans son discours la façon dont l’Église orthodoxe russe envisage la préparation du Concile panorthodoxe, exposée par le Concile épiscopal de Moscou en 2013. Les participants de ce concile s’étaient dit convaincus de ce que les décisions prises pendant le Concile panorthodoxe devraient l’être sur la base de l’expression de la volonté de toutes les Églises locales et non à la majorité des voix. Le règlement et l’ordre du jour du Concile panorthodoxe, ses principes, le protocole des offices liturgiques et des réunions, les projets de documents conciliaires devraient être approuvés à l’avance par toutes les Églises orthodoxes locales. « Les hiérarques de l’Église russe estiment que la préparation du Concile panorthodoxe doit supposer une large discussion des décrets en préparation et se distinguer par un souci particulier de la pureté de la doctrine orthodoxe. Les membres du Concile épiscopal croient nécessaire que le présidium du Concile panorthodoxe soit composé des Primats de toutes les Églises orthodoxes locales et que l’épiscopat de chaque Église soit représenté au maximum » affirment les décrets du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.

Expliquant cette position, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a rappelé que jusqu’à présent le processus préconciliaire entamé à la conférence de Rhodes en 1961, partait précisément du principe de consensus. Ce principe y avait été énoncé à l’initiative du Patriarcat de Constantinople. C’est sur cette base que la liste des points à l’ordre du jour, le règlement des travaux des conférences préconciliaires panorthodoxes et les projets de décisions sur huit des dix thèmes soulevés au Concile avaient été adoptés. « Le principe de consensus a démontré son efficacité, et il serait contre-productif et extrêmement dangereux d’y renoncer pendant la préparation du Concile » a assuré le Primat de l’Église orthodoxe.... Suite Mospat.ru

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mars 2014 à 21:41 | 3 commentaires | Permalien

Un livre du patriarche Cyrille de Moscou en français: "La conversion au Royaume de Dieu. Méditations de Carême"
A l'approche du Grand Carême (qui, cette année, commence le lundi 3 mars), les Éditions Sainte-Geneviève (créées à l'initiative du Séminaire orthodoxe russe d'Épinay-sous-Sénart) publient un livre du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, La conversion au Royaume de Dieu. Méditations de Carême.

Ce beau livre de 320 pages est préfacé par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. La traduction française est du P. Alexandre Siniakov.

C'est le premier livre du patriarche Cyrille de Moscou en langue française paru depuis son élection comme primat de l'Église orthodoxe russe.

Le livre peut être acquis sur le site d'Amazon, ou en écrivant à cette adresse.

*
Les Quarante jours du Grand Carême, la Semaine Sainte et Pâques, qui célèbrent la Résurrection du Seigneur Jésus-Christ, sont l’apogée de l’année liturgique chrétienne, particulièrement dans l’Église orthodoxe. C’est la période la plus propice pour renouveler les promesses baptismales et reconsidérer sa vie à l’aune l’appel du Christ : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche ! » Cette actualisation du mystère pascal est l’occasion de se remémorer que la vie présente est une préparation à la rencontre avec le Seigneur Jésus ressuscité.

Le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a consacré à cette lumineuse période liturgique du Carême et de Pâques des homélies qui se distinguent par leur simplicité et leur actualité. Quelques-unes d’entre elles sont réunies dans ce livre qui permet de mieux comprendre la mission actuelle de l’Église orthodoxe russe et la personnalité de son primat. Le patriarche Cyrille s’adresse d’une manière directe et spontanée aux fidèles chrétiens pour les affermir dans la foi et l’espérance, pour les encourager à témoigner audacieusement de la Bonne Nouvelle au monde, pour les inviter à grandir dans l’amour de Dieu et du prochain, dans l’attente du retour du Seigneur.

Le livre comprend trois parties: la première est consacrée au commentaire de la prière de saint Ephrem le Syrien, lue à tous les offices quotidiens du Carême. La deuxième partie comporte des réflexions sur des sujets particulièrement importants de cette période liturgique: l'Eucharistie comme sacrement du pardon et du salut, le jeûne, la prière, la miséricorde, l'espérance, la lecture de l'Écriture Sainte, la synergie entre Dieu et l'homme, l'apatheia ou la quiétude, l'amour comme ciment de l'unité de l'Église, les persécutions, les tentations du Christ dans le désert… Enfin, la troisième partie porte sur chaque jour de la Semaine Sainte et se termine par une splendide homélie pascale.

Chaque chapitre du livre est précédé de citations de l'Écriture Sainte ou des Pères de l'Église sur le thème abordé.

*
Le patriarche Cyrille est né en 1946 à Leningrad (actuel Saint-Pétersbourg). Son grand-père et son père étaient prêtres. Formé au séminaire de Leningrad sous la direction spirituelle du métropolite Nicodème Rotov, Mgr Cyrille fut ordonné prêtre en 1969. En 1976, il devient évêque auxiliaire de Leningrad et recteur du séminaire et de l’académie de théologie de la ville. En 1984, il est nommé évêque du diocèse de Smolensk. A partir de 1989 il préside le Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou jusqu’à son élection comme patriarche de Moscou au concile local de l’Église orthodoxe russe le 27 janvier 2009.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mars 2014 à 13:16 | 2 commentaires | Permalien

Le 5 mars 2014, dans la salle du trône du Patriarcat de Constantinople, la Commission pour la préparation de la rencontre des Primats des Églises orthodoxes locales s’est poursuivie sous la présidence du métropolite Jean de Pergame. Avec la bénédiction du Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, une délégation de l’Église orthodoxe russe conduite par le métropolite Hilarion de Volokolamsk et se composant de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE et du diacre Anatoly Tchouriakov, employé du DREE, y participait.

Les participants ont échangé leurs avis sur de nombreux problèmes, notamment sur la préparation du Concile panorthodoxe.

Le métropolite Hilarion a constaté, entre autres, l’importance de ce travail de préparation qui doit prendre en compte l’existence de divergences dans les opinions des diverses Églises orthodoxes locales.

« L’unité de la Sainte Église orthodoxe, que nous avons préservée durant deux mille ans sans avoir à notre disposition les moyens administratifs d’unification possédés par l’Église catholique, par exemple, est en soi un bien si précieux, qu’il faut avant tout s’efforcer de le conserver et de l’affermir » a dit le métropolite. Il a, par ailleurs, conformément aux décrets du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de 2013, rappelé qu’il était nécessaire que les décisions du Concile soient prises sur la base d’un consensus. Le président du DREE a également souligné : « Nous ne devons pas tant penser à bien terminer le Concile qu’à assurer la réception de ses décisions, afin que ses résultats soient acceptés par toutes les Églises orthodoxes locales. »

Au cours des travaux de la commission, il a été reconnu que la rencontre des Primats était strictement consultative, dans la mesure où chaque Primat communiquerait aux membres du Saint Synode de son Église les résultats de la réunion, ceux-ci devant par la suite réfléchir aux décisions prises.

Mospat ru

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 7 Mars 2014 à 11:42 | 1 commentaire | Permalien

Sentences des pères du désert
Un frère demanda à l’abbé Pimene : « Que faire de ces affections stériles que je garde ?

Le vieillard lui dit : « Il en est que le râle de la déjà saisi et qui s’accrochent aux affections de ce monde. N’en approche pas, n’y touche pas et d’elles-mêmes elles te deviendront étrangères.


L’abbé Pimene a dit que le bienheureux abbé Antoine disait : Le grand exploit de l’homme, c’est de prendre sur lui sa faute devant le Seigneur et de s’attendre à la tentation jusqu’au dernier souffle.

Les sentences du désert, Editions de Solesmes, 1981

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 6 Mars 2014 à 12:18 | 0 commentaire | Permalien

Rencontre fraternelle entre les patriarches Bartholomée et Cyrille
Peu après son arrivée à Istanbul, le 5 mars, le patriarche de Moscou s’est rendu à la résidence du patriarche de Constantinople, Sa Sainteté Bartholomée. Un entretien a eu lieu entre les deux patriarches.

Le patriarche Bartholomée a chaleureusement accueilli le primat de l’Eglise russe et a exprimé sa joie de voir le patriarche Cyrille prendre part à la synaxe des primats des Eglises orthodoxes locales.

Le patriarche Cyrille a dit : « Je vous remercie, Votre Sainteté, pour cette invitation. Vous savez que lors de la première semaine du Grand Carême nous nous en tenons à une règle très stricte. Je dis toujours des offices matin et soir dans diverses paroisses de Moscou. Mais lorsque j’ai pris connaissance de votre lettre j’ai décidé de me rendre à votre invitation ».

Le patriarche Bartholomée a, de son coté, dit comprendre les difficultés causées par l’absence de son diocèse de l’évêque de Moscou. Il a d’autre part souligné que la rencontre entre les prélats servira la cause de l’unité orthodoxe.

Les deux patriarches ont, dans le cadre de cet entretien fraternel, discuté de nombreuses questions.

Selon la tradition orthodoxe les deux patriarches ont, en cette première semaine de carême, demandé pardon l’un à l’autre et sollicité des prières mutuelles.

Ont pris part à cette rencontre Monseigneur Hilarion, métropolite de Volokolamsk, Président du DREE, ainsi que les membres de la nombreuse délégation qui accompagne le patriarche Cyrille.

Le patriarcat de Constantinople était représenté par Monseigneur Jean, métropolite de Pergame, Monseigneur Emmanuel, métropolite de France ainsi que par l’archimandrite Bartholomée Samaras, secrétaire du Saint Synode.

Mospat ru

Traduction "PO"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 6 Mars 2014 à 10:29 | 1 commentaire | Permalien

Traduction Justine

"Des interrogations a suscité au Mont Athos la sévère restriction que le Patriarcat Œcuménique paraît vouloir imposer à l'entrée et à l'établissement de moines d'origine étrangère dans les monastères athonites.

Selon des sources dignes de foi, la Sainte Communauté de la Sainte Montagne a reçu récemment une longue épitre du Patriarcat Œcuménique. Dans cette épitre du Patriarcat est affirmé entre autres qu'il existe une tentative d'une étrange "autonomisation" de la Sainte Montagne et d'altération de son caractère; moyennant une massive arrivée de moines d'origine étrangère.

Pour cette raison, le Patriarcat Œcuménique affirme, parait-il, que dorénavant, il ne permettra plus l'établissement d'un quelconque moine "non- hellénophone" dans les Saints Monastères "hellénophones", ni d'un quelconque ressortissant étranger au cas où cela ferait dépasser les 10 pour cent du nombre total des moines de la Sainte Montagne.


En essence, font remarquer ces sources envers Romfea, le Patriarcat Œcuménique interdit à l'avenir l'établissement de moines d'origine étrangère, puisque le nombre des moines étrangers dépasse déjà le 10 % du nombre total. L'épître suscite des interrogations, relèvent les mêmes personnes, "tout particulièrement en une période où le Phanar se dresse contre l'ethno-phylétisme et entreprend sans cesse des ouvertures et ceci envers des adhérents d'autres religions encore".

"Si tout cela est vrai", disent-elles, "alors on met en doute le caractère œcuménique millénaire de la Sainte Montagne où vivent harmonieusement des Grecs, des Serbes, des Russes, des Roumains, des Bulgares et des moines de toute la terre. Même le Premier-Ministre [grec] a exprimé, lors de sa récente visite, son admiration devant la présence d'un moine chinois dans un monastère athonite."

Les mêmes soulignent qu'il est absurde qu' "au moment même où le Patriarche Œcuménique appelle les Primats à l'unité, il envoie, par ces références à des "monastères hellénophones et non-hellénophones", des messages de caractère ethno-phylétique".

Les informations en provenance de la Sainte Montagne mentionnent que l'épître en question avait été rédigée il y a un an déjà, mais qu'elle n'avait pas été expédiée, parce que des voix plus raisonnables s'étaient alors fait entendre, ce qui n'a pas été le cas récemment.

La Sainte Communauté va s'occuper de cette question grave une seconde fois après les jours chômes de la première semaine du Carême. La question qui demeure est, si cette affaire que Romfea rend aujourd'hui publique, sera mise sur la table par les Primats non-hellénophones lors de la Synaxe des Primats dimanche prochain au Phanar."

la source ICI

La synaxe des primats se prépare

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 5 Mars 2014 à 21:12 | 4 commentaires | Permalien

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