Appel du métropolite de Tchernovitsy et de Bucovine Onuphre, locum tenens du siège métropolitain de Kiev à l’occasion des derniers événements en Ukraine
Au cours de quelques mois déjà, l’Ukraine vit des épreuves complexes. La situation reste extrêmement agitée dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Des événements horribles se sont produits le 2 mai à Odessa où, suite aux affrontements sanglants à la Maison des syndicats, quelques dizaines de personnes ont péri, et plus d’une centaine ont été blessés. L’Église orthodoxe d’Ukraine exprime ses condoléances aux parents et proches de tous ceux qui ont péri.

Nous élevons nos prières pour le repos de l’âme de ceux qui nous ont quittés, et pour le prompt rétablissement des blessés. L’amour de Dieu nous étreint tous. Dans l’océan de la miséricorde divine disparaissent toutes nos passions terrestres et nos oppositions. Aussi, l’Église du Christ ne divise pas ses ouailles selon leur caractéristiques nationales ou leurs préférences politiques. Nous prions pour tous, quel que soit le côté où ils se trouvent sur les barricades.

Au cours de tous les mois de la crise sociale et politique en Ukraine, notre Église a appelé, avec conséquence, à la réconciliation et a recherché la voie qui empêcherait l’effusion de sang. Nous nous sommes adressés aux autorités gouvernementales et à l’opposition, les appelant à cesser les hostilités et à s’asseoir à la table des négociations.

Aujourd’hui, la situation politique a changé dans le pays, mais la position de l’Église reste immuable. Encore et toujours, nous appelons tant le nouveau pouvoir que la nouvelle opposition à produire le maximum d’efforts pour la cessation de l’effusion de sang. Encore et toujours, nous nous adressons à vous, nos chers compatriotes : Arrêtez ! Cessez l’agression, ne prenez pas les armes contre vos frères et coreligionnaires ! Nous devons comprendre qu’aucune idée politique n’a une valeur telle que l’on puisse verser le sang pour elle.

On ne peut construire une société juste sur la violence, l’agression et la confrontation. Il y a vraiment des contradictions fondamentales entre les citoyens ukrainiens, on ne peut fermer les yeux sur ce fait. Néanmoins, il ne faut rechercher la compréhension mutuelle et le compromis avec les armes dans les mains, mais autour de la table des négociations. Toute violence n’enfante que de nouveaux affrontements.

Et chaque meurtre entraîne avec lui de nouvelles victimes. Nous devons rompre ce cercle infernal et ne pas laisser le diable transformer notre pays en un champ de bataille fratricide. En ce temps complexe, j’appelle les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine à prendre une position équilibrée et responsable. Nous devons nous rappeler que la mission de l’Église consiste dans la Bonne Nouvelle de la réconciliation de l’homme avec Dieu et de l’homme avec l’homme. Le clergé doit produire des efforts pour que cesse l’escalade du conflit.

J’appelle tous les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine à la prière ardente. Demandons à notre Seigneur Jésus Christ afin que par la protection de Sa très pure Mère, Il nous préserve de la haine et des actes fratricides. Que la paix du Christ et le pardon mutuel viennent en nos cœurs !

Lien Orthodoxie.com

................................
Le métropolite Onuphre : ce qui se passe aujourd’hui est une épreuve de notre amour pour Dieu et pour notre prochain

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 5 Mai 2014 à 10:12 | 1 commentaire | Permalien

7 mai 2014, mercredi, à 14H, avec la bénédiction de l’archevêque de Berlin, d’Allemagne et de la Grande-Bretagne, Marc, sera offert durant quelques heures au sein de la paroisse de Tous les Saints à Strasbourg (4 rue de Niederbronn) l’icône de la Mère de Dieu de Koursk. A cette occasion seront célébrées les prières ainsi que l’acathiste à la Mère de Dieu. Ensuite il est prévu d’emmener l’icône miraculeuse sur le terrain de la construction de la future église (rue Boussingault, Strasbourg)

Le projet architectural de la future église et du centre paroissial a créé par l'architecte de Saint Petersbourg Yuri Kirst. L'architecte français Nicolas Berst participera à la construction de l'église....Suite Les auteurs du projet l'église

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 4 Mai 2014 à 16:33 | 0 commentaire | Permalien

J'ai assisté aux matines pascales à Biarritz. L'église était pleine et, même s'il était arrivé qu'il y eut plus de monde les années précédentes, il devait bien y avoir au moins 300 personnes (soit dix fois plus que lors des vêpres et matines de l'ensevelissement…) Comme c'est la seule église orthodoxe à plus de 150 Km à la ronde, l'assistance offrait probablement une image de l'Orthodoxie en France.

Le prêtre annonçait "Christ est ressuscité" en une bonne demi douzaine de langues et les réponses donnaient une représentation des préférences linguistiques de l'assistance: pratiquement tous répondaient en slavon; plusieurs dizaines de réponses se faisaient entendre en roumain et en géorgien, voire en grec; quelques voix isolées (dont la mienne) répondaient en français…


Je pense que cela explique le souci des Eglises de répondre aux attentes des fidèles dans leur langue de prière et confirme l'analyse du père Serge Model sur la faiblesse des "conversions". De même il semble bien que la plus grande partie des descendants d'émigrés de 3ème ou 4ème génération (mes enfants, neveux, petits-neveux…) gardent toujours leur langue de prière traditionnelle, ce qui n'a rien de surprenant puisque c'est la langue dans laquelle ils ont appris à prier.

V.G.
Pâques à Biarritz

Rédigé par Vladimir Golovanow le 4 Mai 2014 à 16:02 | 11 commentaires | Permalien

Déclaration du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrile  à propos de la recrudescence des violences en Ukraine
Le sang coule à nouveau en Ukraine. Les heurts dans la région de Donetzk ainsi que les évènements tragiques d’Odessa ont causé la mort de plusieurs dizaines de victimes et fait que la situation est devenue encore plus instable dans le pays. Nombreux sont ceux qui se sentent désespérés, qui craignent pour les vies de leurs proches, pour leurs propres vies.

En cette terrible époque mon cœur est avec l’Ukraine, avec chacun de ses fils et de ses filles qui sont plongés dans la douleur, l’affliction, l’incompréhension, l’indignation et le désespoir. Je prie pour le repos éternel de toutes les victimes, pour la guérison des blessés. J’élève des prières ardentes pour le rétablissement du pays, le retour de la paix et la fin des discordes, pour que le sang cesse de couler et que les violences cessent à jamais.

La responsabilité de la situation actuelle incombe à ceux qui préfèrent la violence au dialogue. Je suis particulièrement préoccupé par le recours à du matériel militaire lourd dans le cadre de ce conflit qui est d’ordre civil. Le radicalisme, la négation du droit des citoyens de s’exprimer librement sont souvent un prétexte pour faire appel à la force.

On ne saurait admettre aujourd’hui en Ukraine que seule l’une des solutions politiques soit proclamée valable et obligatoire pour tous. Une telle approche conduirait à la perte du pays. C’est une fois et à jamais, j’en suis persuadé, qu’il convient de renoncer à l’affirmation de ses vues par la violence. J’appelle toutes les parties à ne pas avoir recours aux armes, à trouver des solutions à la table des négociations. L’Ukraine a, dans l’immédiat, besoin d’un armistice et, dans le long terme, d’une paix solide, durable et inaliénable.

Ce n’est qu’en devenant une maison commune pour ceux qui s’en tiennent à des convictions politiques différentes que l’Ukraine peut recouvrer la santé et s’engager dans la voie de la reconstruction et d’une vie digne pour ses citoyens. Il n’y a aucune alternative au dialogue. Tant que cela reste possible il est indispensable de s’entendre les uns les autres et de s’appliquer non seulement à surmonter les contradictions actuelles mais aussi à renouveler notre fidélité aux valeurs spirituelles et morales de la foi chrétienne, valeurs qui ont formé le peuple d’Ukraine, lui ont apporté la sagesse et l’amour de la vérité. Ce sont ces valeurs, j’en suis convaincu, qui nous aiderons à retrouver la paix et la justice sans lesquelles un avenir digne du pays est impensable. Dieu, Grand et Unique ! Protège la Rus-Ukraine !

Lien Mospat.ru
Traduction " Parlons d' Orthodoxie"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 3 Mai 2014 à 20:42 | Permalien

Sa Sainteté Cyrille, patriarche de Moscou et de toute la Russie a adressé un message de condoléances à Monseigneur Agafangel, métropolite d’Odessa et d’Izmaïl
Votre Eminence, Cher Monseigneur !

La terrible nouvelle des victimes brûlées vives lors de l’incendie qui a éclaté à Odessa a rempli mon âme de douleur et de profonde affliction. Un abominable crime vient d’être commis aux yeux du monde entier : ni le cœur, ni la raison ne sauraient l’accepter.

Les évènements tragiques d’Odessa ont entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes. Des millions d’hommes perçoivent cette tragédie avec amertume et tristesse. On se met à craindre pour ses proches, pour sa vie, pour l’avenir du pays. Je suis, Monseigneur, de tout cœur avec vous, avec vos fidèles, avec la ville d’Odessa qui pleure ses enfants. Mon cœur est avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, avec tous ceux qui, de jour en jour, appellent à la paix, invoquent à renoncer à la violence en Ukraine.

J’élève une ardente prière pour le repos des âmes des victimes, pour le rétablissement de ceux pour la santé desquels luttent actuellement les médecins. Je prie pour le salut et la renaissance de l’Ukraine, pour qu’y cesse l’effusion de sang, pour la réconciliation et pour que ceux qui s’en tiennent à des positions politiques polaires apprennent à s’entendre les uns les autres. Il nous faut comprendre que la volonté d’imposer ses vues par la force ne peut qu’amener à la perte d’un pays beau et béni.

Que ses terribles épreuves vécues en ces saintes journées de Pâques nous renforcent dans notre fidélité à la voie suivie par nos saints : Saint Vladimir égal aux apôtres, Saint Serge de Radonezh, les saints moines de la Laure des Grottes, Saint Séraphin de Sarov, les innombrables Nouveaux Martyrs de l’Eglise russe et de Saint Koukcha d’Odessa ; que nous soyons renforcés dans notre adhésion aux valeurs chrétiennes et morales, seules susceptibles d’apporter le salut au peuple ukrainien.

Puisons nos forces et notre sérénité dans l’immuable Bonne Nouvelle nous annonçant que le Christ Sauveur a triomphé de la mort, du mensonge et de la discorde, les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Son Eglise.

Le Christ est Ressuscité !
Cyrille, patriarche de Moscou et de toute la Russie

Lien Mospat.ru
Traduction "Parlons d'Orthodoxie"

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 3 Mai 2014 à 20:30 | Permalien

Ukraine : le patriarche Cyrille exhorte les clercs à rester « au-dessus de la mêlée » et à s’en tenir à leur mission divine
L’Eglise orthodoxe a vocation, dit le patriarche Cyrille, à réconcilier et non à prendre parti : « Notre Eglise s’en tient à l’attitude qui a été la sienne depuis 25 ans. Nous ne pas aux sirènes politiques quelles qu’elles soient. L’Eglise se tient par définition au-dessus de la mêlée elle se doit de garder intactes sa faculté d’action pour la paix même lorsqu’il peut paraître que son champ d’action est restreint.

Le Seigneur s’attend de nous à ce que nous en tenions strictement à notre mission divine en accordant notre soutien aux parties en présence. Il nous faut prendre soi des âmes et tendre à la réconciliation. « La droite » comme « la gauche » appartiennent à l’Eglise voilà pourquoi l’Eglise ne peut avoir d’ennemis politiques. Seuls ceux qui combattent Dieu et Ses lois et qui ont en cela recours à la force sont les ennemis de l’Eglise. »

S’adressant aux responsables des institutions synodales et à ceux qui sont à la tête d’autres entités ecclésiales le patriarche les a appelé à entreprendre tout ce dont ils sont capables pour que la paix s’instaure en Ukraine, pour que les personnes s’y réconcilient, pour que la loi et l’ordre y reviennent, pour que les droits des personnes et leur dignité n’y soient pas foulés aux pieds.

Interfax- religion
Traduction "PO"
............................................
Le métropolite Onuphre : ce qui se passe aujourd’hui est une épreuve de notre amour pour Dieu et pour notre prochain

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 2 Mai 2014 à 10:33 | Permalien

"L'argent qui produit l'argent, cette rage de s'enrichir, est-ce chrétien ? Non, ce n'est pas chrétien dans la mesure où il n'y a rien de chrétien dans ce monde déchu et livré au péché. Le capitalisme est monstrueux et caricatural, certes, mais il est une caricature et une perversion de quelque chose qui en fait est inhérent à la création divine. Car Dieu nous donne le monde justement comme un capital afin que nous le fassions fructifier et que nous le rendions à Dieu « avec les intérêts ». L'idée même de multiplier, amasser, faire accroître, est une « idée de Dieu » (si l'on peut dire), une idée inhérente au projet de Dieu sur le monde." Père Alexandre Schmemann, "Journal", 20 octobre 1981

L'instinct du libéralisme est juste.

"La vie est un perpétuel « investissement de capitaux », continue le père Alexandre, - ainsi l'éducation, la culture, l'agriculture et tout labeur « productif » confié à l'homme. L'unique commandement de Dieu, c'est que nous ne nous enrichissions pas «en nous-mêmes» mais «en Dieu», ce qui signifie s'enrichir en collaboration avec Lui, afin que toute fructification soit pour la gloire de Dieu, qu'elle soit une moisson que ni le ver ni la rouille ne corrompent.


C'est pourquoi l'instinct du capitalisme est juste, même si lui-même ainsi que toute chose en ce monde ne sont ni l'authentique capitalisme, ni l'authentique éducation, ni l'authentique « accroissement de richesses ». (Ibid.)

En remplaçant "capitalisme" par "libéralisme" nous obtenons un magnifique plaidoyer pour le libéralisme économique vu d'un point de vue chrétien. Pourtant le patriarche Cyrille et le pape François se veulent clairement antilibéraux au nom du respect de la personne humaine et si le libéralisme que critique le patriarche se place plus sur le plan de la morale et de l'éthique sa composante économique n'est jamais très loin et se trouve clairement visée dans la critique du Pape.

Deux professeurs à l’ESSEC, Marc Guyot et Radu Vranceanu, ont publié dans la très économique "La Tribune" une défense du libéralisme économique qui répond aux critiques du Pape. Ils se placent évidement sur un point de vue purement moral, sans référence explicite à la Révélation chrétienne comme le fait le père Alexandre; mais bon nombre de ces arguments s'appliquent aussi bien à la Russie qu'à l'Occident et il me semble toujours intéressant de voir les rapports qu'on peut établir entre économie et religion.

VG.

Marc Guyot et Radu Vranceanu: L'économie de marché ne réduirait pas la pauvreté?

A l'occasion de la première année de pontificat du Pape François, une des questions qui ont le plus agité les observateurs est celle des convictions économiques de ce Pape, semblant aux antipodes de celles de ses prédécesseurs. Ses positions sont clairement antilibérales, et pour être tranquillement antilibéral le Pape a annoncé qu'il n'était pas marxiste, annonce qu'on peut traduire par: «je ne suis pas marxiste alors laissez moi être antilibéral tranquillement».

Dans son schéma anti libéral, le Pape oppose de façon manichéenne d'un côté un monde « libéral », qu'il décrit comme le règne de la compétition sans autre règle que la loi du plus fort, et d'un autre côté, un monde où le gouvernement, axé sur le bien public et conscient du primat de l'humain sur la richesse, interviendrait pour corriger les inégalités et s'assurer de l'accès de chacun aux biens de première nécessité.
Pour enfoncer le clou, le Pape prétend qu'il n'a jamais vu de débordement positif du développement économique, tiré par le développement des marchés, profiter aux plus pauvres. Si son diagnostic s'appuie sur l'observation des favelas en Argentine ou au Brésil, on pourrait lui donner raison. Est-ce pour autant une preuve que l'économie de marché ne contribue pas à la réduction de la pauvreté ?

Bien au contraire. Etant donné les conditions nécessaires pour obtenir un système libéral, et le fait que ces conditions sont absentes dans la plupart des pays d'Amérique Latine, le résultat obtenu est exactement ce qui arrive en l'absence de libéralisme à savoir, pauvreté, corruption, absence d'infrastructure publique et une Eglise qui déploie des efforts colossaux pour contrebalancer, dans la limite de ses moyens, les conséquences usuelles d'un gouvernement interventionniste dans une économie non libérale.

Les oublis du pape

A regarder de plus près, hormis dans leurs discours pour les foules, les gouvernements ont rarement les qualités que leur prête naïvement le Pape en termes de soucis des plus pauvres. Le Pape, d'ailleurs, ne cite aucun de ces fameux gouvernements centralisés qui auraient allégé effectivement la misère et il serait bien en peine vu qu'il n'y en a pas.

Sa compréhension de la crise de 2008, supposée causée par l'idéologie de déréglementation, prête également à sourire quand on songe que les marchés financiers sont l'une des activités les plus régulées au monde. Le Pape semble oublier qu'une des causes importantes de la crise est le développement de prêts immobiliers de faible qualité en réponse à la décision du gouvernement américain de stimuler l'accès à la propriété des ménages défavorisés. La mauvaise régulation Européenne a poussé les banques à gaver leur bilan de titres de type AAA sans un contrôle strict de leur contenu, a conduit a une surexposition aux prêts immobiliers américains et a précipité l'Europe dans une crise qui a duré plus de cinq ans.

L'économie de marché protège la liberté d'action

L'opposition du Pape au libéralisme, qu'il conçoit comme un monde sans règles, et sa position en faveur d'un interventionnisme actif de gouvernements bienveillants et compétents (vraisemblablement en lutte contre les spéculateurs, multinationales et autres accapareurs de légende) semble liée au primat de l'argent et à la négation de l'humain qui existerait dans la première société et non dans la seconde.

Il est vrai que l'économie de marché n'affiche pas ostensiblement le primat de l'humain ; elle semble n'avoir pour objectifs que le maintien de marchés concurrentiels pour l'ensemble des biens marchands, le maintien d'une structure de concurrence à l'intérieur du pays, la mise en place du libre échange avec les pays extérieurs et l'organisation de marchés du travail et du capital flexibles.

Mais elle est particulièrement humaine, car elle protège le bien le plus important de la personne humaine qui est la liberté d'action, y compris d'action économique. En revanche, un gouvernement interventionniste et omniprésent du style Peron, Kirchner, Chavez et autres leader maximo ne sera jamais en reste d'affichages populistes variés, le bonheur du peuple et la fraternité étant souvent mis en avant. Mais au bout du chemin, on retrouve toujours les mêmes résultats : corruption, favoritisme, effondrement économique, pauvreté, et suppression des libertés dans des tentatives désespérées de garder le contrôle sur des populations révoltées.

L'économie libérale: une vraie vision du bien commun


Contrairement à ce que semble croire le Pape, l'économie libérale requiert un Etat fort et repose sur une vision du bien commun qui est au rebours de ce qu'il croit y voir.

Le principe de l'économie de marché est de briser la puissance du grand capital en imposant une certaine dispersion des firmes et en leur imposant une pression qui les contraint à se mettre au service des consommateurs. C'est là tout le principe de la concurrence et de son fer de lance juridique et opérationnel, l' « Antitrust ».

Lorsque le capital est fragmenté, lorsqu'il est reparti entre plusieurs entreprises, une concurrence vive renverse le rapport de force entre le capital et les consommateurs, quel que soit leur revenu. La réalisation de profits positifs est conditionnée, non plus à l'exploitation d'une rente de monopole par des corporations, mais à l'innovation et à l'efficacité. Le plus grand nombre d'individus a ainsi accès au plus grand nombre de biens, au meilleur prix possible et profite en permanence des améliorations que la recherche et l'innovation peuvent apporter. Le système se passe donc de la bonne volonté des patrons. Ils sont « domptés » et leur énergie, leur appétit de pouvoir et de puissance sont mis au service du plus grand nombre.

La magie du système libéral

Le fonctionnement de l'économie libérale échappe donc complètement au Pape puisque celui-ci pense que les pauvres ne profiteront jamais du système car les riches ne voudront jamais partager. La magie du système libéral est qu'il profite à tous, sans avoir besoin de la bonne volonté des puissants. C'est un système qui est vertueux par lui-même et qui ne nécessite pas que ses membres aient la vertu du partage. Bien évidemment s'ils l'ont, l'ensemble fonctionne tout aussi bien.
De plus, ce système est en conformité avec la doctrine sociale de l'Eglise en ce qu'il repose sur la responsabilité individuelle et la liberté d'entreprendre. Jean Paul II, dans son encyclique, Centesimus Annus, avait bien rendu cette justice à ce système en soulignant que « il semble que, à l'intérieur de chaque pays comme dans les rapports internationaux, le marché libre soit l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre de façon appropriée aux besoins ».

L'accord de Doha, qui ouvre un peu les frontières, va doper la production mondiale de 700 milliards de dollars

Concernant la méfiance radicale du Pape vis-à-vis de ce qu'il appelle la théorie du ruissellement, il n'est que de rappeler l'impact que devrait avoir la signature début 2014 du Doha Round de simplification des échanges internationaux. C'est en réalité un petit pas puisqu'il ne concerne ni l'agriculture, ni les services financiers ni les droits de propriété intellectuelle. En revanche, la simple facilitation des échanges devrait dynamiser la production mondiale de 700 milliards de dollars. Cette simple évocation de ce que peut faire un accord de facilitation de la mondialisation et ses effets bénéfiques sur la pauvreté et le chômage constitue une réponse simple au pessimisme radical exprimé par le Pape à propos de l'impact de l'extension de la mondialisation et de l'ouverture des marchés. Le monde entier, à commencer par les travailleurs des pays émergents, vont en profiter.

Source

Rédigé par Vladimir Golovanow le 2 Mai 2014 à 09:47 | 8 commentaires | Permalien

Il est possible qu’un monument au Saint Prince Vladimir soit érigé sur la place Loubianka en 2015
Sur initiative de l’Association militaire russe un monument au Saint-Prince Vladimir sera érigé place Loubianka en 2015.

« J’espère que ce monument embellira notre capitale et rappellera toujours à la jeune génération, aux habitants de Moscou et aux touristes à qui nous sommes redevables de notre histoire et de notre vie actuelle », - a dit l’Archimandrite Tikhon (Chevkounov), supérieur du monastère Sretensky (de la Sainte Rencontre) au cours d’une conférence de presse tenue lundi à Moscou.

Les auteurs de l’initiative espèrent que le monument sera mis en place pour l’anniversaire suivant du décès du grand prince, le 28 juillet 2015. Aujourd’hui sont considérés trois projets : le premier présente Saint-Vladimir comme sur une icône, le deuxième se fonde sur une représentation plutôt laïque.

Parmi les emplacements sont considérés également la place Kievskaya ainsi que Vorobievy Gory (Monts des Moineaux). La décision finale sera prise par une commission d’experts et des autorités de Moscou à la fin du concours qui se tiendra après les fêtes du mois de mai.

Le projet sera réalisé grâce aux donations, les références bancaires seront publiées plus tard. Le montant des travaux n’est pas encore défini. Selon l’Archimandrite Tikhon le monument similaire au patriarche Hermogène a coûté 23-24 million de roubles.

Interfax-religion
Traduction E.T.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 30 Avril 2014 à 15:35 | 0 commentaire | Permalien

Un centre spirituel et culturel dans le nord de l’Italie
Un Centre culturel et spirituel russe sera construit à l’emplacement du domaine de Nadejda Borodina à Merano, dans le Nord de l’Italie, non loin de Venise.

Nadejda Borodina (1852-1889 ) était la fille d’un haut dignitaire russe. Atteinte de tuberculose, elle venait en Italie pour s’y soigner. Elle y décéda. Son legs permit de faire construire une église et un asile, c’est-à-dire deux villas, qui recevait des russes indigents atteints de phtisie. C’est en 1897 que l’asile a reçu ses premiers pensionnaires. La première de ces deux villas portait le nom de Borodina.

Vladimir Yakounine, président du Centre culturel Borodina, a dit : « La retour du centre russe en ces lieux suscitera un essor de la vie culturelle et religieuse. Nous tenons à mener à bonne fin le chantier de l’église saint Nicolas le Thaumaturge, la bibliothèque, riche en livre rares datant du XIX siècle sera remise en état.

Il y aura là une vidéothèque, des cours de langue russe, des expositions seront organisées. Ce sera un Centre international. Nous espérons que non seulement des habitants du Tyrol italien mais aussi des Allemands, des Autrichiens et des Suisses seront parmi les visiteurs du Centre ».

Le Centre contribuera à la promotion du Sud Tyrol sur le marché du tourisme russe. Un hôtel confortable avec des salles de conférence sera aménagé dans l’une des villas.

Lien Interfax-religion Traduction "PO"
Un centre spirituel et culturel dans le nord de l’Italie


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 30 Avril 2014 à 13:49 | 0 commentaire | Permalien

"Le cas "Daru": la situation de l'Archevêché pouvait se comparer à celle de l'Eglise des terres tchèques et de Slovaquie par certains côtés, mais ....." V.G.

"Par principe, chaque état souverain a le droit potentiel d'avoir son Eglise autocéphale"

Archevêque Photius, envoyé du patriarche Alexis I à Prague, le 21 octobre 1945. (pravoslavie.ru (1).

Dans l'article de janvier dernier "Fin de l'imbroglio à la tête de l'Eglise des terres tchèques et de Slovaquie?" j'avais exposé l'histoire de cette jeune Eglise et la façon dont s'est déroulé l'élection de son primat, reconnu par certaines Eglises avec le patriarcat de Moscou mais contesté par Constantinople. Dans l'analyse suivante j'en fais un résumé et propose quelques pistes de réflexions sur les politiques de Moscou et de Constantinople concernant la diaspora car ce cas en constitue, à mon sens, une illustration particulièrement typique

A. CONTEXTE HISTORIQUE

Avant-guerre il y avait trois juridictions en Tchécoslovaquie, la plus importante dépendant du patriarcat de Serbie, mais après l'occupation allemande il ne restait que Mgr Serge, à la tête des paroisses russes hors frontières mais compromis avec l'occupant, et Mgr Sabbace, nommé par Constantinople en 1923 "archevêque de Prague et de toute la Tchécoslovaquie", qui n'administrait plus aucune paroisse.(ibid. 1).

Mgr Serge rejoignit le patriarcat de Moscou dès octobre 1945 et une assemblée des paroisses tchèques et slovaques, privées d'évêque, obtinrent du saint synode de l'Eglise serbe qu'il autorise le patriarcat de Moscou à leur déléguer provisoirement un évêque car Belgrade "est actuellement dans l'impossibilité de le faire" (19-20 mars 1946); le saint synode du patriarcat de Moscou avait alors élu Mgr Éleuthère archevêque de Prague et de Tchéquie, exarque du patriarche de Moscou, avec juridiction sur toutes les paroisses de Tchécoslovaquie (2 avril 1946), Mgr Sabbace lui transmettant ses pouvoirs dans des circonstances qui ne semblent pas documentées, en tout cas sans lettre de congé de Constantinople (ibid. (1))...

Tomos du patriarcat de Moscou: après la création de 3 autres diocèses et le sacre de plusieurs évêques, l'autocéphalie fut demandée par le conseil de l'exarchat appuyé par le gouvernement et octroyée en 1951 par le synode du patriarcat de Moscou avec la signature de tous les évêques du patriarcat; Mgr Éleuthère, canoniquement transféré du patriarcat de Moscou, fut élu primat et le patriarche de Moscou informa tous les primats des Eglises orthodoxes (Journal du patriarcat de Moscou. 1952 — № 1. — p. 8. Ibid. 1).Après la proclamation de son autocéphalie, la jeune Eglise de Tchécoslovaquie continuât à bénéficier de l'appui de Moscou qui lui détacha plusieurs évêques. En décembre 1992, avant la division politique en 2 états (1 janvier 1993), le concile local décida de préserver l'unité de l'Eglise; elle adopta le nom "d'Eglise des terres tchèques et de Slovaquie" et un nouveau statut: l'Eglise est organisée en deux métropoles autonomes dotées chacune d'un Conseil métropolitain présidé par un archevêque, celle de Prague et de Tchéquie et celle de Prešov et de Slovaquie, sous la direction générale d'un Concile local et d'un Synode commun dont le président porte le titre de Métropolite de Tchéquie et de Slovaquie. Le primat - métropolite de Tchéquie et de Slovaquie – est choisi par le Synode commun entre les archevêques de Prague et de Prešov et, sans que cela soit une règle statutaire, il y eut alternance entre ces deux sièges depuis l'adoption de ce statut. L'Eglise compte maintenant 4 éparchies, environ 250 paroisses et entre 80 000 et 100 000 croyants selon les sources.

Opposition de Constantinople: Le Phanar et les "Eglises grecques" (Alexandrie, Jérusalem, Chypre, Grèce) et Antioche (à confirmer) ne reconnurent pas la décision du patriarcat de Moscou, considérant pendant plus de 50 ans l'Eglise Tchécoslovaque comme "Eglise autonome ayant toujours appartenu à l'obédience de la chaire œcuménique et de ces décisions synodales" (Tomos du 27 août 1998 qui lui accorde finalement l'autocéphalie). Il faut noter que ce tomos contient des dispositions donnant un droit de contrôle à Constantinople; elles sont en contradiction avec le statut de 1992 mais et ne semblent pas avoir jamais été appliquées, le synode et le concile local considérant ce tomos comme la confirmation de l'Acte d'autocéphalie octroyé par le patriarcat de Moscou en 1951 (ibid. pravoslavie.ru (1) et interview du métropolite Christophe en 2001(2)). Mais Constantinople confirme que seul le tomos de 1998 est valable pour lui: en 2011 il a protesté après la commémoration du 60ème anniversaire (3) de l'autocéphalie de Moscou en menaçant d'annuler l'autocéphalie et de ramener l'Eglise au "statut d'Eglise autonome qu'elle avait auparavant" (ici et 4); il a confirmé sa revendication d'autorité par la voix de Mgr Emmanuel de France, son représentants à l'Assemblée diocésaine du diocèse de Prague en 2013, déclarant qu'aucun des deux candidats à la fonction d'archevêque n'était acceptable pour Constantinople (sic!); pour finir il n'accepte pas l'élection de Monseigneur Rostislav comme primat en janvier 2014 (5)…

B. LES LEÇONS

L'Eglise russe promeut l'émergence des Eglises locales autocéphales: "par principe, chaque état souverain a le droit potentiel d'avoir son Eglise autocéphale (…) à condition d'avoir ses propres évêques nationaux, car une autocéphalie avec des évêques étrangers serait purement artificielle…" (ibid. 1). Cette déclaration de Mgr Photius, confirme la doctrine permanente de l'Eglise russe comme le montre aussi l'exemple de l'OCA (6) et, dans le cas tchèque, l'Eglise russe a tout fait pour promouvoir cette doctrine: elle a réuni les parties disparates de l'Orthodoxie en Tchécoslovaquie en mettant à disposition les prélats nécessaires et elle a accordé l'autocéphalie dès que les conditions en ont été remplies. Depuis lors elle continue à soutenir la jeune Eglise locale et ne se mêle pas de sélectionner ou refuser évêques et primat…

Le patriarcat de Constantinople cherche à conserver son autorité: son long refus de reconnaitre l'autocéphalie (tout comme, là encore, pour l'OCA), puis les limitations de cette autocéphalie par le tomos de 1998 et maintenant ce refus de reconnaitre l'élection d'évêques non agrées et la menace de "retirer l'autocéphalie" (sic) illustrent cette volonté de garder la mainmise sur la diaspora orthodoxe que développe le Phanar depuis le patriarcat de Mélétios (1921-1923). Et c'est en fait une question de pouvoir et de survie, qui sont toujours en œuvre dans toutes les organisations: l'essentiel du troupeau de Constantinople appartient à la diaspora qui lui fournit toutes ses ressources. Si le patriarcat ne s'occupait que "de la minorité de nationalité turque et de religion grecque-orthodoxe", comme le stipule le traité de Lausanne, il serait la plus petite des Eglise orthodoxe, privée de tout moyen financier et de toute influence… Il est bien évident que, à l'opposé, l'Eglise russe, qui est déjà la plus nombreuse et la plus influente, n'a aucun besoin de la diaspora pour assoir son autorité!

Le cas "Daru": la situation de l'Archevêché pouvait se comparer à celle de l'Eglise des terres tchèques et de Slovaquie par certains côtés, mais la tutelles de Constantinople ne lui a pas permis d'avoir ses propres évêques nationaux et bloque efficacement toute avancée éventuelle vers l'autocéphalie. On voit bien là l'erreur d'analyse de la direction de "Daru" en 2003: ils tout "rêvaient d'autocéphalie" (7) mais, au lieu de continuer dans la voie tracée par Mgr Serge et officialisée par la proposition du patriarche Alexis II de fonder cette métropole autonome, creuset pour la mise en place progressive d’une Église locale multinationale, dont l’Église russe aurait été garante comme en Tchécoslovaquie, "Daru" est resté sous la férule du Phanar qui a refuser le sacre d'évêques locaux proposés par l'Archevêques et a au contraire imposé son candidat comme primat pour contrecarrer toute velléité d'indépendance...

Et pour ce qui concerne le débat sur l'autocéphalie nous en revenons à l'opposition qui a fait capoter les discussions préconciliaires sur ce sujet: il avait été unanimement décidé (décembre 2009) que la proclamation d’une nouvelle Église autocéphale se fait à la suite d'une demande de l’Église-mère par un tomos d’autocéphalie contresigné par les primats de toutes les Églises autocéphales, Constantinople ayant le rôle de coordinateur et proclamant finalement le tomos; mais le diable se cache dans les détails et, lors de la discussion de février 2012, les délégués n'ont pu s'accorder sur les détails techniques (le processus de signature), qui restent toujours à préciser… (8). L'Eglise russe et ses partisans considèrent donc que c'est l'Acte de l'Eglise-mère qui fonde l'autocéphalie, le tomos de Constantinople devant automatiquement le confirmer, alors que Constantinople et les "Eglises grecques" ne considèrent comme valable que le Tomos dont Constantinople serait le seul juge… L'OCA est toujours en situation d'attente 44 ans après la promulgation de son autocéphalie par le patriarcat de Moscou, répétant l'exemple tchèque, et l'indépendance de l'Eglise des terres tchèques et de Slovaquie reste en débat…

Notes:
(1) http://www.pravoslavie.ru/orthodoxchurches/39938.htm
(2) http://www.pravoslavie.ru/orthodoxchurches/39877.htm
(3) http://www.bogoslov.ru/text/2302062/index.html
(4) http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Un-petit-rappel-a-propos-de-la-correspondance-entre-le-Patriarche-Bartholomee-et-l-Archeveque-de-Tchequie-2012_a2402.html
(5) Cf. http://www.orthodoxie.com/actualites/communique-du-patriarcat-oecumenique-au-sujet-de-lelection-de-larcheveque-rostislav-en-tant-que-primat-de-leglise-orthodoxe-des-terres-tcheques-et-de-slovaquie/
(6) "Une base solide pour l'unité de l'Orthodoxie pouvait être trouvée dans la politique qu'à toujours suivi le Patriarcat de Moscou dont le but canonique et missionnaire a toujours été une Eglise pour les Américains, fondée avec la bénédiction de l'Eglise mère et invitant tous les candidats à se joindre librement à elle." P. Jean Meyendorff "A Life Worth Living," [Eulogy for Fr Alexander Schmemann], St Vladimir's Theological Quarterly 28 (1984), 3-10.
(7) http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Deux-projets-pour-l-Orthodoxie-en-Occident-PROJET-1-REVE-D-AUTOCEPHALIE_a728.html?com
(8) Cf. Conférence du métropolite Hilarion de Volokolamsk le 3/11/2011 (https://mospat.ru/fr/2011/11/03/news50923/)






Rédigé par Vladimir Golovanow le 29 Avril 2014 à 16:34 | 9 commentaires | Permalien

Le 25 avril 2014, dans les locaux du siège de la Mutuelle Saint-Christophe (277, rue Saint-Jacques — Paris 5e), a eu lieu l'ouverture de deuxième Salon du livre orthodoxe — nouveau nom des Journées du livre orthodoxe. Le Salon s'est déroulé les vendredi 25 avril et samedi 26 avril.

Des conférences, présentation d'ouvrages, dédicaces, une table ronde, une exposition de photographie et deux concerts ont marqué ces deux journées du Salon. Les Éditions Sainte-Geneviève du Séminaire orthodoxe russe y ont également présenté leurs publications et organisé une présentation du livre du patriarche Cyrille de Moscou, "La conversion au Royaume de Dieu. Méditation de Carême", paru en février 2014 aux Édition Sainte-Geneviève et du numéro 24 du Messager de l'Église orthodoxe russe, actuellement sous presse

Le Séminaire orthodoxe russe a participé au 2e Salon du livre orthodoxe et Parution du 24e numéro du "Messager de l'Eglise orthodoxe russe"
Le Salon fut inauguré à l'auditorium Jean XXIII par l'allocution d'ouverture du métropolite Emmanuel, exarque du Patriarche de Constantinople en France et président de l'Assemblée des évêques orthodoxes. Après cela, le cœur du Séminaire d'Épinay-sous-Sénart sous la direction de Sergey Volkov a donné un concert de chants pascals en français et en slavon. PHOTOS

Le Séminaire orthodoxe russe a participé au 2e Salon du livre orthodoxe et Parution du 24e numéro du "Messager de l'Eglise orthodoxe russe"
Parution du 24e numéro du "Messager de l'Eglise orthodoxe russe"

Après plusieurs années d’interruption, le 24e numéro du Messager de l’Eglise orthodoxe russe sort très prochainement. La revue sera désormais trimestrielle.

Le dossier de ce numéro est consacré au phénomène des « mères-porteuses ». En effet, cette façon d’avoir un enfant, interdite en France, mais autorisée notamment en Russie, suscite des interrogations et des débats parmi les chrétiens orthodoxes, comme aussi chez leurs confrères d’autres confessions. Récemment, le Saint-Synode du patriarcat de Moscou a publié à ce sujet une déclaration dont le texte est proposé dans ce numéro. Il est accompagné des témoignages et des réflexions de plusieurs spécialistes et personnalités.

Dans ce numéro, d’autres textes seront également proposés à l’attention de nos lecteurs. Notamment, une belle homélie du saint Hilarion de Véréia (un martyr du XXe siècle) prononcée en 1913 à l’occasion du 1600e anniversaire de l’édit de Milan, sur les martyrs des premiers siècles du christianisme. LIEN


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 29 Avril 2014 à 12:40 | 0 commentaire | Permalien

Le 4 mai 2014, un moleben pascal aura lieu à l'église de la Madeleine à Paris le dimanche des Saintes Myrrhophores

Un moleben orthodoxe, office d’action de grâce, auprès des reliques de Sainte Marie-Madeleine égale aux Apôtres aura lieu le 4 mai 2014, le dimanche des Saintes Myrrhophores, à l'église de la Madeleine dans le 8e arrondissement de Paris avec la bénédiction de Mgr Nestor, évêque de Chersonèse, et grâce à l’assistance du centre de pèlerinage du diocèse.

Le pèlerinage aux reliques de la plus connue des Saintes Myrrhophores est devenu une tradition pour les orthodoxes de Paris . Le moleben commencera à 15h dans la nef de l'église catholique de la Madeleine, place de la Madeleine, 75008 Paris.

Un jardin russe sera aménagé auprès de la chapelle orthodoxe de Contrexéville.

Dans le cadre du programme d’aménagement d’espaces verts dans les régions de France « Route des jardins », un parc de plantes propres à la plaine d’Europe de l’Est sera aménagé à Contrexéville sur décision des autorités locales. Des arbres, des buissons et des fleurs y seront acheminés de Russie.

Le projet « Jardin russe » permet aux autorités municipales de renforcer les liens historiques de Contrexéville avec la Russie.

La chapelle orthodoxe Saint-Vladimir de Kiev égal aux Apôtres et Sainte Marie-Madeleine où sont inhumés la grande duchesse Maria Pavlovna et le grand prince Boris Vladimirovitch de la Maison Romanov se situe au centre du parc.

L’inauguration du « Jardin russe » est prévue pour le 6 juin 2014.

Traduction E.T.

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Avril 2014 à 14:16 | 0 commentaire | Permalien

Le Point publie un article de Pierre Beylau sur la persécution des chrétiens dans le monde. Il est accessible à cette page

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 28 Avril 2014 à 11:25 | 0 commentaire | Permalien

Les racines antichrétiennes de la France
V.Golovanow

J'ai acheté hier à New York et j'ai lu d'un trait le petit livre de J.-F. Revel, La Grâce de l'État, qu'il a fait paraître juste après la victoire des socialistes en France. En lisant, je me disais : mais comment les gens ne voient-ils pas l'évidence de tout cela, ne voient-ils pas le mal intrinsèque du socialisme ? Car le socialisme est le bien de l'Antéchrist ; ne le professe et ne le préconise nul autre que le diable, ni plus ni moins*. Revel utilise les armes de la logique, du rationalisme, d'un cartésianisme bien français. Tout cela est imparable, mais, hélas, inopérant. Le socialisme libère de l'égoïsme, du « profit », mais il le fait en tuant la personne. La personne doit s'enrichir si elle veut rester vivante, mais s'enrichir en Dieu, et si elle se détourne de cet enrichissement en Dieu, ce n'est pas d'être tuée par le socialisme qui la sauvera. Le saint est occupé de lui-même tout en enrichissant le monde; le socialisme est occupé du monde et il n'engendre que la corruption, la peur, la haine, l'esclavage. (Alexandre Schmemann, "Journal", Mardi saint, 13 avril 1982)

Une triste exception française

Cette année où tous les Chrétiens fêtent Pâques ensemble le président François Hollande ne leur a pas souhaité une bonne fête. Et ce n'est pas une question de laïcité puisqu'il avait adressé ses «vœux de bonheur, de santé et de réussite aux musulmans de France» pour la fête de l'Aïd (1) qui clôture le ramadan: il s'agit bien là de la domination de cette "pensée de gauche" que dénonce régulièrement le père Alexandre dans son "Journal".

Comme le souligne le philosophe catholique Gérard Leclerc (2) dans une interview au "Figaro" (3), c'est "une tradition française positiviste née avec les Lumières qui ont eu en France une tonalité bien particulière par rapport à d'autres pays européens, celle d'une philosophie antichrétienne et anticatholique qui a débouché sur la déchristianisation entreprise par la Révolution française (…) Le premier à avoir manifesté son hostilité à la mention des «racines chrétiennes de l'Europe», c'est Jacques Chirac, dans la lignée du radical-socialisme plutôt que dans celle du gaullisme («Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne», disait le Général) dont il se voulait l'héritier. Ce rejet des racines chrétiennes est une triste exception française due à notre histoire très conflictuelle et à la rupture de la Révolution française."

Sans parler de la Pologne, qui avait plaidé pour introduire les "les racines chrétiennes de l'Europe" dans la Constitution Européenne, l'enseignement de la religion se fait à l'école en Allemagne et Angela Merkel, fille de pasteur, plaidait aussi pour cette option là (4); et de l'autre coté de la Manche, David Cameron parle de l'Angleterre comme d'un «pays chrétien».

Renier les racines chrétiennes de l'Europe, c'est renier la culture européenne.

"Malheureusement, ce n'est pas la direction que prend l'Europe, noyée dans des préoccupations économiques et technocratiques, continue Gérard Leclerc (ibid). Peu d'hommes politiques osent prendre leurs distances avec la prudence mise en place par Jacques Chirac à part Laurent Wauquiez peut-être qui a affirmé vouloir défendre des racines chrétiennes de l'Europe.

Sans nier les évolutions de l'histoire et la pluralité de nos appartenances, on ne peut ignorer une histoire chrétienne qui a profondément marqué les mentalités, la culture et jusqu'aux paysages de notre pays.

Il y a quelque chose de malsain dans cette amnésie de l'Europe à l'égard de son passé religieux. Quelque chose qui tire son origine de la vision positiviste de l'homme mise en place par les Lumières françaises, qui exclut toute interrogation vers la transcendance. Or, comme le disait Maurice Clavel, «la culture est une option sur l'absolu». Renier les racines chrétiennes de l'Europe, c'est renier la culture européenne."

Le socialisme est bon de la bonté de l'Antéchrist.

Cette "pensée de gauche" française est profondément antichrétienne comme l'explique le père Alexandre (5): "Personne ne comprend qu'opter pour le socialisme; c'est opter pour le mal, le mal sous forme d'un mensonge sur le monde, sur l’homme, sur Dieu, sur le sens de la vie, sur le sens de tout. C'est adopter une idole, un faux dieu, et adorer cette idole. Le mal qui anime le tyran ne se cache pas, il se révèle en tant que mal, et il suffit de le voir, de le reconnaître sous les traits du tyran pour qu'il soit désamorcé. Le socialisme est bon de la bonté de l'Antéchrist et par conséquent les gens ne reconnaissent pas en lui le mal. Il est le mal parce qu'il nous trompe sur le but de la vie. Le socialisme, nous dit-on, est contre « la propriété privée » et le Christ enseignait justement cela. Mais voilà bien le tour de passepasse du mal socialiste. Car le Christ n'enseignait nullement que le monde est une propriété collective : il enseignait que le monde appartient à Dieu. Sans parler du fait que la notion de « propriété collective » est absurde en soi, car contradictoire. La propriété ne peut être que personnelle. La révélation apportée par le Christ, c'est' que chacun reçoit le monde en propre, de sorte que chacun est copropriétaire du monde avec Dieu. L'authentique propriété, c'est reconnaître toute chose comme don de Dieu et moyen de communion avec Lui. Propriétaire du monde, roi du monde, seule la personne peut l'être. Et toute propriété collective est toujours dans une certaine mesure du vol. Elle vole Dieu, elle vole l'homme.
(…)
Le socialisme ne cultive ni ne produit rien. Il est statique comme est statique la mort elle-même ; il est mortifère. Son idée : tout distribuer une fois pour toutes entre tous et niveler tout le monde dans ce pseudo-bonheur. Ni but à poursuivre, ni risque à prendre, ni travail à fournir, c'est-à-dire rien de ce qui est inhérent à la nature même de l'homme. La « garantie » à tout prix. Non, c'est plus qu'une caricature, plus qu'une perversion, c'est une mort collective. Le socialisme, c'est l'adoption du monde déchu et le refus de voir qu'il est déchu. C'est une contagion mortelle. C'est la réponse de l'Antéchrist à Dieu."
.................................................
(1) communiques de presse
(2) Gérard Leclerc est un journaliste, philosophe et essayiste. Il est éditorialiste à France catholique et à Radio Notre-Dame.
(3) Le Figaro
(4) Orthodoxie.com
(5) Ibid. "Journal" 20 octobre 1981
Les racines antichrétiennes de la France

Rédigé par Vladimir Golovanow le 27 Avril 2014 à 22:43 | 5 commentaires | Permalien

Protestants, catholiques et orthodoxes : cette année, tous les chrétiens fêtaient Pâques le même jour. Il est rare que la résurrection du Christ soit fêté le même jour par les orthodoxes et les catholiques qui n’ont pas le même calendrier.

Elle est rare que cette fête commune soit possible parce que les chrétiens de différentes confessions n'ont pas le même calendrier. La dernière fois, les dates coïncidaient en 2011. La prochaine fois cela se produira en 2017. Le pape François s’est justement appuyé sur cette célébration commune pour adresser une prière à l’Ukraine, qui reste actuellement au seuil de la guerre civile. Dans son message urbi et orbi il priait pour « inspirer des initiatives de pacification en Ukraine … pour que les parties intéressées, soutenues par la communauté internationale, entreprennent tout son effort pour empêcher la violence et construire, dans un esprit d’unité et de dialogue, l’avenir du pays ». Père Michaël John Ryan, prêtre irlandais de la paroisse Notre-Dame de l'Espérance à Moscou nous parle de cette fête religieuse. Suite La Voix de la Russie

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Avril 2014 à 19:56 | 1 commentaire | Permalien

Pour des raisons de relations interjuridictionnelles évidentes ce texte n'est pas sujet à commentaires.

Votre Sainteté !

L’auto-proclamé " Patriarcat de Kiev ", non reconnu par le plérôme de l’Orthodoxie, a placé sur son site officiel, votre message adressé à nous, orthodoxes d’Ukraine.

Le fait que les médias de l’Eglise canonique aient ignoré ce message ne signifie qu’une chose :
Vous, en tant que Primat de l’une des Eglises locales (en l’occurrence, le patriarcat de Constantinople), vous adressant aux paroissiens d’une autre Eglise (relevant en l’occurrence du Patriarcat de Moscou) n’avait pas sollicité, pour cela, l’autorisation de son Primat, ce en quoi vous avez enfreint, une nouvelle fois, la règle en vigueur dans les relations inter-ecclésiales.

Vous appelez la « nation ukrainienne » (et non, comme vous remarquerez, tous les peuples vivant sur le territoire de l'Ukraine actuelle) à répondre, « avec un cœur solide et courageux esprit » aux « défis complexes » auxquels elle est confrontée. . Pour cette ingérence politicienne, vous ne répugnez pas à utiliser, comme prétexte, la célébration de l’Entrée de notre Seigneur Jésus Christ à Jérusalem (que pour une raison à définir vous qualifiez de « Triomphale » alors que Celui qui allait souffrir était attristé par ceux qui ne voyait pas, en Lui, le Sauveur mais un leader terrestre). Pour lier, en quelque sorte, le Dimanche des Rameaux aux aspirations du « peuple ukrainien », vous appelez la veille du martyre mortel du Christ, « la victoire de l'amour sur la haine, de la vérité sur le mensonge, de la vie sur la mort. »

Cependant, les chrétiens d'Ukraine vous connaissant comme Docteur de l’institut jésuite Pontifical Oriental ,comprennent très bien que la substance de votre message réside dans d’autres détails.

Vous intitulant d’un titre de « Toute Sainteté » (All-Holiness) vous - dont l’autorité spirituelle s’étend, avec la seule permission d’une puissance relevant d’une autre croyance à un quartier minuscule d’Istanbul et à une peu nombreuse diaspora) – vous vous placez au-dessus de quatorze primats d’Eglises autocéphales, y compris la nôtre comptant plusieurs millions de fidèles, faisant ainsi fi des principes apostoliques de la conciliarité.

Élevant l'église de Constantinople au-dessus des Eglises Egales, la qualifiant de « Grande », vous vous octroyez le droit de vous adresser aux « Enfants d’Ukraine », comme leur « père ». Mais ce n’est pas vous que nous commémorons, comme père, lors de nos liturgies mais le Grand Seigneur et Père, notre saint Patriarche de Moscou et le Seigneur et Père de notre métropole de Kiev.

Sans aucun fondement pour se désigner comme notre Père, vous appelez Notre Mère, l'église de Constantinople. Mais pour l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, c’est l’Eglise russe qui est notre Mère.

Et justement, c’est comme une partie de cette Eglise et sur son territoire canonique, que fonctionne de manière indépendante dans sa gestion interne, l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine sous la protection du patriarcat de Moscou.
Si vous voulez sous-entendre, une fois de plus, que le territoire canonique de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine sous la protection du patriarcat de Moscou a été transféré avec des violations, il y a plus de 300 ans, alors de telles insinuations ont été, plus d’une fois réduites à néant, par les conclusions incontestables des historiens de l’Eglise et les spécialistes du droit canon.

Mais supposons, un instant, que l’Eglise de Constantinople a camouflé, trois cents ans durant, ses violations. Il faudra, alors, prendre en compte qu’au moment de la transmission, au patriarcat de Moscou dont la puissance prenait de l’essor, de la Métropole de Kiev, croulant sous le joug uniate (contre lequel l’Eglise de Constantinople, affaiblie, ne pouvait apporter aucune défense), dans sa composition entraient des diocèses, fonctionnant aujourd’hui, non seulement en Ukraine mais aussi en Biélorussie, Lituanie, Pologne et Fédération de Russie.
Dans le même temps, des diocèses de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine sous la protection du patriarcat de Moscou, aujourd’hui en Séverie (NdT : Région de Jitomir), dans les territoires Slobodes (NdT : Région de Kharkov), dans le Donbass ou en Nouvelle Russie n’ont jamais fait partie du patriarcat de Constantinople. Comment comptez-vous résoudre ces problèmes de « territoires canoniques » : en soufflant le vent du « changement » ?

Que voulez-vous obtenir de votre démarche envers l’évidente majorité des orthodoxes ukrainiens – qu’ils rompent le lien spirituel unissant les peuples historiques de la Rous par le changement de rattachement des diocèses d’Ukraine ?
Il est tout aussi compréhensible à qui cela est profitable – à vos bienfaiteurs du Département d'État des États-Unis. Leur soutien financier et politique – c’est la base vitale, autant du patriarcat de Constantinople que du pouvoir actuel à Kiev.

Votre titre d’Archevêque de la Nouvelle Rome vous octroie l’Honneur d’être reconnu comme le Premier parmi les Egaux. Mais cela signifie aussi une responsabilité – celle d’être le premier gardien de l’Orthodoxie canonique et de la protection de l’intégrité de chaque Eglise locale. Toutefois, en exécutant des ordres politiciens superficiels à l’opposé de la raison, vous vous privez, vous-même, de la Primauté d’honneur dans l’Orthodoxie Universelle.
NdT : Le document est signé de 90 personnes de la société civile en Ukraine, de différents milieux sociaux parmi lesquels des responsables d’associations, des journalistes, des chercheurs, des retraités, des médecins, des artistes et beaucoup d’autres sphères d’activités. Le texte en russe donne le détail ICI


Traduction "PO"

.........................................

Voici le texte anglais du message du Patriarche Bartholomee ICI


"Message By His All-Holiness to the Devout Ukrainian People on the occasion of the Triumphal Entry of our Lord Jesus Christ into the Holy City of Jerusalem

Your Excellencies, the political and ecclesiastical leaders of the Orthodox people of Ukraine; Beloved and precious Orthodox Ukrainian faithful: Слава Ісусу Христу!
The Holy Mother and Great Church of Christ of Constantinople regards the Ukrainian nation and people as Her precious sons and daughters, born from the baptismal waters that flowed through the banks of the Dnepr River. From the days of our brilliant predecessor, Saint Photios the Great, the love of the Mother Church for the pious Christians of your lands has never abated.

The Ecumenical Patriarchate recognizes the difficult challenges facing the blessed Ukrainian people today. Furthermore, it acknowledges the deep scars and open wounds from the grievous Holodomor, the World Wars of the 20th century, and the pressure on a nation emerging from decades of totalitarian tyranny.

This is why we take this opportunity, on the celebration of our Lord’s Triumphal Entry into Jerusalem, to exhort all the pious Orthodox Christians of Ukraine that they maintain “the unity of the Spirit in the bond of peace.” (Eph. 4.3) The Kingdom of Christ is not of this world, for as He Himself told Pilate: “My kingdom is not of this world.” (John 18.36) In the “triumph” that is foreshadowed on Palm Sunday, we celebrate the victory of love over hatred, of truth over falsehood, and of life over death.

We believe that the goodwill of the Ukrainian people will succeed in bringing healing and ultimate reconciliation. As for the enduring ecclesiastical controversies, we know that by the Grace of God and the agreement of the Heads of the Autocephalous Orthodox Churches, the Holy and Great Synod of the Orthodox Church will be convened by us here in the year 2016. It is our wholehearted hope and prayer that, by that time, all divisions may be healed for the sake of the unity of the Ukrainian people.

We encourage you to place your faith in the words of the Psalmist: “Behold, how good and how pleasant it is for brethren to dwell together in unity! It is like the precious ointment upon the head, that ran down upon the beard, even Aaron’s beard: that went down to the hem of his garments; as the dew of Aermon, and as the dew that descended upon the mountains of Sion: for there the Lord commanded the blessing, even life for evermore.” (Ps. 133)
Beloved children of Ukraine, from our Apostolic and Patriarchal Throne, we paternally exhort you to face the trial of your current hour with steadfast hearts and brave minds. On this Palm Sunday, allow the words of the Holy Apostle to fill you, for “the peace of God, that surpasses all understanding, shall keep your hearts and minds through Christ Jesus.” (Phil. 4.7) May the God of mercy and all consolation save and bless Ukraine, Orthodoxy, and all His people. Amen.

At the Ecumenical Patriarchate, Palm Sunday 2014
+ Bartholomew of Constantinople"


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 26 Avril 2014 à 09:52 | Permalien

Eglise russe: la réunion de la métropole de Kiev
V.Golovanow

Le 8 janvier 2014 marquait les 460 ans du traité de Pereïaslav (1654) par lequel le hetman Bogdan Khmelnitski et les anciens des Cosaques juraient fidélité au tsar de Moscou. Cet évènement marque le début de la réunification du "Monde russe", auquel fait souvent référence le patriarche Cyrille, et ses conséquences sont toujours clairement perceptibles. L'une des premières en a été le transfert de la métropole de Kiev de Constantinople à Moscou dont la réalisation a été marquée par des considérations politiques bien plus que religieuses. Les péripéties en sont bien documentées mais relativement peu connues, surtout chez nous; elles ont fait l'objet d'un exposé très détaillé du professeur ukrainien Vladimir Bourega (1) sur bogoslov.ru (2) (en russe) et j'en propose un résumé analytique.

Contexte historique


La métropole de Kiev, fondée après le baptême de St Vladimir en 988, occupait la 60e place dans les dyptiques du patriarcat de Constantinople. Après la conquête tatare (XIIIe siècle) le métropolite suivit le Grand Prince à Vladimir (1354), puis à Moscou, devenue capitale du principal état russe, tout en gardant le titre de "métropolite de Kiev et de toute la Rus" jusqu'à l'obtention du titre de "patriarche de toute les Russies" en 1589.

Mais la métropole de Kiev, protégée des Tatars par les princes lituano-polonais dès le XIVe siècle (prise de Kiev en 1361) se rattacha à Constantinople en 1458 malgré les protestations du métropolite et du Grand prince de Moscou. Elle jouissait d'une grande autonomie de la part de Constantinople mais elle subit l'hémorragie de l'Union de Brest-Litovsk (1596) et ne se rétablit qu'avec le métropolite Pierre Moghila à partir de 1632. C'est donc une métropole très autonome mais affaiblie qui fait face à l'union avec la Russie qui se met en place.

Eglise russe: la réunion de la métropole de Kiev
Une subordination de fait

L'accord historique de 1654 ne concernait de fait que la rive gauche du Dniepr, territoire cosaque qui avait refusé d'adhérer à l'union de Brest. Il incluait les deux diocèses bordant le Dniepr (Kiev et Tchernigov) alors que les 5 autres diocèses ukrainiens restèrent sous le contrôle de la Pologne qui était en état de guerre avec la Russie. Et l'accord ne parlait pas du statut de l'Eglise, mentionnant simplement la garantie des droits immobiliers du clergé. D'ailleurs le métropolite titulaire de Kiev revendiquait clairement l'obédience canonique de Constantinople.

Après sa mort en 1657, son successeur fut élu à Kiev par un concile épiscopal convoqué par le hetman, sans intervention de Moscou; il fut confirmé par Constantinople et reconnu par le tsar de Moscou et le roi de Pologne. Mais le hetman Vygovsky, successeur de Khmelnitski, changea de camp l'année suivante et, avec la participation du métropolite, conclut un accord avec le roi de Pologne (1658). Tous deux quittèrent Kiev pour s'installer en territoire polonais sur la rive droite du Dniepr alors que la rive gauche, tenue par la Russie, élisait comme hetman Youri Khmelnitski, le fils de Bogdan, qui signa un nouveau traité d'allégeance à Moscou (1659). Dans ce traité là il était spécifié que "le Métropolite de Kiev et tout le clergé de la "Petite Russie" seront sous la bénédiction du patriarche de Moscou".

Cette clause ne fut pas alors mise en œuvre car l'Ukraine fut le théâtre d'une guerre civile sanglante qui dura jusqu'en 1680 (voir "Taras Boulba" de Gogol). La chaire métropolitaine subit aussi plusieurs péripéties et vacances jusqu'en 1684, quand aussi bien le hetman régnant que Moscou décidèrent de convoquer un concile pour élire un nouveau métropolite. Le patriarche de Moscou et les coempereurs de Russie (3) écrivirent au patriarche de Constantinople pour demande l'autorisation d'introniser le métropolite, mais ils reçurent une réponse dilatoire. Un concile fut néanmoins convoqué à Kiev en 1685, sans attendre la réponse définitive, et ce fut un curieux concile, où n'était représenté que le clergé du diocèse de Kiev et où les représentants du hetman étaient plus nombreux que les membres du clergé… Le concile élit malgré tout l'évêque de Loutsk, diocèse situé dans la partie dominée par la Pologne, qui avait fui son diocèse pour échapper à la politique de "polonisation" menée par le royaume. Il était favorable au passage sous l'omophore de Moscou et fut intronisé à Moscou où il prêta serment "au futur patriarche (la chaire était vacante) et à tous l'épiscopat de Russie". Le transfert de la métropole de Kiev était réalisé "de facto" mais il fallait obtenir l'accord de Constantinople pour le légaliser canoniquement.

L'accord de Constantinople

Les pourparlers durèrent six mois et donnèrent lieux à des péripéties pour le moins surprenantes.

En 1685-86, quand se déroulent ces évènements, la Turquie avait de bonnes relations avec la Russie, dont elle était séparée par les territoires ukrainiens sous domination polonaise et le khanat de Crimée qui coupait la Russie de la mer Noire; les deux pays avaient même conclu un traité en 1681.

Les patriarches orientaux, dont les charges dépendaient du Sultan, résidaient à Istanbul ou Andrinople (Edirne) et avaient de nombreux contacts avec le pouvoir impérial russe; ils se rendaient fréquemment à Moscou et servaient d'agents d'information auprès de la Sublime Porte, comme l'écrit en particulier le patriarche de Jérusalem Docifèe. Ces contacts n'était évidemment pas très bien vu par le gouvernement turc: les patriarches d'Antioche et d'Alexandrie furent destitués après des séjours à Moscou et le patriarche de Constantinople Parthènios III fut même pendu en 1657 pour sa demande d'aide à la Russie … Après cela l'ambassadeur de Russie ne pouvait rencontrer les patriarches qu'après accord avec le Vizir.

Les patriarches étaient plutôt favorables à la réunification de la métropole de Kiev avec Moscou car ils espéraient que ce serait un premier pas vers l'intégration des duchés Danubiens puis la libération de la Grèce (en 1655 les patriarches de Jérusalem et d'Antioche demandaient au tsar Alexis 1 de "prendre la Moldavie sous sa protection"… et ce scénario se réalisa au XIXe siècle.) Il y eut d'ailleurs des contacts dès 1648-1651entre les patriarches de Jérusalem et de Constantinople et Bogdan Khmelnitski et ses représentants.

Les envoyés de Moscou chargés de négocier le congé canonique de la métropole de Kiev en 1686 obtinrent donc l'autorisation du Vizir de s'adresser au patriarche de Jérusalem, considéré comme le plus russophile; mais celui-ci leur opposa une fin de non-recevoir en leur reprochant la consécration anti canonique du métropolite de Kiev sans l'accord de Constantinople. Il qualifia cela de "rapt d'un diocèse" et répliqua vertement à la proposition d'une "généreuse aumône" en parlant de "tentative flagrante de simonie qui humilie l'Eglise orientale"… Il refusa donc de soutenir la demande de transfert de la métropole bien que dans sa lettre aux empereurs de Russie il déclarait approuver l'ordination du nouveau métropolite de Kiev. Dans le même temps l'envoyé de Moscou fut directement contacté par un émissaire du patriarche de Constantinople lui demandant de l'argent pour l'obtention du congé canonique. Mais le représentant de Moscou répondit en substance "le congé d'abord, l'argent ensuite"…

Alors les délégués de Moscou décidèrent de rencontrer le Vizir et les affaires s'arrangèrent. L'empire Ottoman était en effet en pleine déconfiture: battue devant Vienne par les armées de l'empire austro-hongrois et de la Pologne en 1863, l'armée turque venait d'abandonner Budapest, tenue pendant 140 ans, et battait en retraite. La Russie, en conflit avec la Pologne, était vue comme un allié potentiel de la Porte et le Vizir décida de satisfaire la demande de rattachement de la métropole de Kiev pour se concilier Moscou. Et il annonça à l'envoyé du patriarche russe qu'il "allait convoquer le patriarche de Jérusalem pour lui ordonner de satisfaire la demande du gouvernement russe." Après cela l'attitude du patriarche de Jérusalem changea du tout au tout; il déclara que, canoniquement, tout patriarche pouvait laisser partir un évêque dans un autre patriarcat et qu'il allait donc soutenir la demande russe auprès du patriarche de Constantinople. Pour cette compréhension du problème le patriarche reçut 2000 roubles or (sic).

Le patriarche de Constantinople nouvellement élu était Denis IV, qui fut élu et déposé cinq fois dans sa vie… En 1686 il venait d'être élu pour la quatrième fois et n'avait pas encore reçu ses pouvoirs du vizir. Il exécuta donc sa décision d'abord en écrivant en ce sens aux coempereurs de Russie, au patriarche de Moscou et au hetman en mai 1686, puis cette décision fut confirmée par un concile local du patriarcat en juin 1686 dont le tomos fut signé par le patriarche et 21 métropolites. Un autre tomos confirmait la nomination du métropolite de Kiev. Les envoyés de Moscou remercièrent le patriarche avec 200 roubles or et 120 peaux de zibelines dont le reçu personnellement signé par Denis est conservé.

Deux mois plus tard, alors que Moscou avait signé une "paix perpétuelle" avec la Pologne par laquelle la Russie s'engageait à rompre son traité avec la Turquie et à attaquer le khan de Crimée, allié des Turcs, le patriarche Denis fut accusé de collusion avec Moscou, accusation confortée par la transmission de la métropole de Kiev, et démis par le saint synode… Mais le tomos ne fut pas révoqué.

Conclusion

La métropole de Kiev perdit de son importance dans les années qui suivirent: les diocèses de la rive gauche furent directement rattachés au patriarcat, de même que les nouveaux diocèses crées aux XVIII-XIXe siècles après le démantèlement du Khanat de Crimée. Après la suppression du patriarcat sous Pierre le Grand, le métropolite fut remplacé par un archevêque nommé par l'empereur sur proposition du synode et les spécificités ukrainiennes furent progressivement nivelées; l'archevêché de Kiev devint ainsi un diocèse de l'Eglise russe parmi d'autres jusqu'après la révolution. C'est toutefois l'archevêque de Kiev Vladimir qui fut le premier néomartyr de l'Eglise russe en 1917.

La situation changea après la guerre avec l'annexion des anciens territoires polonais à l'Ukraine et la suppression de l'Eglise gréco-catholique dont les paroisses et diocèses rejoignirent l'Eglise russe: il y eut ainsi plus de paroisses du patriarcat de Moscou en Ukraine qu'en Russie jusqu'au schisme du pseudo-patriarcat de Kiev (1992). Après 1991 la métropole de Kiev retrouva son autonomie du XVIIe siècle, ayant son propre synode et convoquant son propre concile local pour élire son métropolite qui est simplement confirmé par Moscou.

Bien que le tomos de 1686 soit ainsi reçu et appliqué depuis près de 320 ans, ce qui constitue le critère essentiel de sa canonicité conformément au canon 4 du quatrième Concile Œcuménique confirmé par la règle 25 du concile in Trullo, sa canonicité a été contestée au XXe siècle. Ainsi le patriarche de Constantinople George VII justifia l'octroi de l'autocéphalie à l'Eglise de Pologne en 1924 par le fait que la séparation de la métropole de Kiev, dont dépendaient les diocèses de Pologne et de Lituanie, et son union avec Moscou "furent effectuées en dehors des règles canoniques"; de même, les schismes de l'EOU dans les années 1930 et de l'EOU-MK en 1992 se fondent sur la non-canonicité de la réunification de 1686 et parlant devant la cathédrale Sainte Sophie de Kiev à l'occasion du 1020ème anniversaire du baptême de Saint Vladimir, en 2008, le patriarche Bartholomée qualifiait les évènements de 1686 d'annexion et les comparait à l'attribution de l'autocéphalie aux Eglises des Balkans au XIXème siècle (Grèce, Serbie, Bulgarie, Albanie): tous ces actes ont été faits sous la pression des autorités politiques auxquelles le patriarcat avait dû se plier. Toutefois ce tomos ne fut jamais abrogé, les patriarches de Constantinople continuent à le respecter et ne reconnaissent pas les tentatives des schismatiques ukrainiens...

Et le professeur V. Bourega conclu que les évènements de 1686 doivent nous servir de leçon historique. Ils rappellent que, quelle que soient les circonstances politiques, l'Eglise du Christ doit s'efforcer de respecter ses fondements canoniques. "Les transgressions des hommes politiques et des hiérarques du XVIIe siècle nous reviennent en boomerang et nous obligent à faire un choix critique. Mais saurons nous répondre è ce défi?" termine-t-il.

Notes
(1) Vladimir Bourega docteur en histoire et en théologie, professeur et vice-recteur chargé de la recherche de l'Académie théologique et séminaire de Kiev. Cf.: Бурега Владимир Викторович
(2) Bogoslov.ru
(3) Les tsars Pierre et Jean, fils d'Axis 1er, régnèrent ensemble de 1682 à 1696 sous la régence de la princesse Sophia

NB: les citations proviennent du texte du professeur Bourega.
....................................................
Vladimir Bourega: « De la vie de l’émigration russe en Tchécoslovaquie, des rites occidentaux et du hooliganisme en Eglise… »

Vladimir Bourega parle des événements de ces dernières deux semaines en Ukraine

Eglise russe: la réunion de la métropole de Kiev

Rédigé par Vladimir Golovanow le 25 Avril 2014 à 10:53 | 0 commentaire | Permalien

Selon Седмица.Ru des villages vietnamiens forcés par les autorités battent leurs voisins convertis au christianisme et les expulsent de leurs maisons. Ces deux derniers mois au moins deux incidents contre les chrétiens d’origine hmong se sont produits.

Dans la région Phú Yên 4 familles chrétiennes appartenant à l’église évangélique du Viêtnam du Nord, reconnue par l’Etat , ont été menacées d’expulsion. Un couple a été trainé par les cheveux et malmené en public. Des villageois manipulés par les fonctionnaires menaçaient de tuer les chrétiens et de détruire leur maison s’ils n’abjuraient pas leur foi. Dans la province voisine de Diên Biên, sur instigation des autorités, une autre famille chrétienne a été passée à tabac, y compris une fillette de 9 ans. Fin février des fonctionnaires du bureau de la sécurité publique ont réuni une foule de 30 personnes dans le village Trun-Rhu, commune Na-Song, en face de la maison de Hanga A Khua.

Les fonctionnaires ont ordonné aux chrétiens d’abjurer, de rétablir un autel traditionnel chez eux et de vénérer leurs ancêtres. Lorsque les membres de la famille ont refusé, ils ont été battus, leurs documents ont été confisqués, la maison a été pillée, leurs champs de riz ont été confisqués et eux-mêmes chassés du village.

Aujourd’hui ils continuent à vivre dans la forêt. Selon le père de la famille Khua, les demandes d’expulsion des chrétiens viennent des autorités locales.

Traduction E.T.
......................................
Vietnam: 14 activistes catholiques encourent la peine de mort
VIETNAM:Des bonzes violemment évacués d'un monastère (bonzes)
Le Vietnam refuse d'amnistier un prêtre dissident

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 24 Avril 2014 à 20:56 | 2 commentaires | Permalien

Canonisation : Jean XXIII et Jean-Paul II, quel héritage pour l'Eglise ?
Pour l'historien Louis Manaranche les deux papes qui seront canonisés dimanche ont su réconcilier l'Eglise avec la modernité, sans la faire «s'agenouiller devant le monde». Un héritage encore d'actualité.

Parmi les dizaines de milliers de Français qui seront à Rome dimanche pour la canonisation des papes Jean-Paul II et Jean XXIII, beaucoup n'ont de ce dernier qu'une vague image de saint homme affable à l'origine du Concile Vatican II, alors que tous ont au moins un souvenir précis du pontificat du grand pape polonais. Pourtant, s'il n'y a pas eu à proprement parler de «génération Jean XXIII» chez les jeunes catholiques français qui ont connu son bref pontificat, de 1958 à 1963, on retrouve dans les journaux, émissions et témoignages de l'époque quelque chose de l'enthousiasme suscité vingt ans plus tard par le pontificat de Jean-Paul II.

Une part de cet élan vient sans nul doute du passage de Mgr Roncalli à la nonciature de Paris pendant 9 ans, au sortir de la guerre. Sa rondeur et sa simplicité avaient fait beaucoup pour éviter une guerre ouverte entre l'épiscopat et les pouvoirs publics, qu'il s'agisse de l'épuration des évêques trop proches du régime de Vichy, des recommencements de la guerre scolaire ou encore des relations avec les élus communistes. Il avait aussi su observer le renouveau pastoral en France - qui allait de la création de la Mission de France au renouveau liturgique en passant par la question plus complexe des prêtres-ouvriers - avec bienveillance, tout en fréquentant assidûment et ostensiblement une abbaye de Solesmes qui apparaissait alors comme le phare de la Tradition.

Pour autant, c'est bien la convocation du deuxième Concile du Vatican qui a naturellement marqué les esprits français, comme ceux de toute la catholicité. À cet égard, lire les réactions de l'époque permet d'éviter bien des anachronismes: l'espérance suscitée par celui-ci a été bien plus générale et profonde que les inquiétudes et les excès que l'on connaît, qui arrivèrent plus tard. En un sens, il semble même que les premières réactions puissent être celles qui soient aujourd'hui encore les plus porteuses de sens. Elles nous disent quelque chose du projet originel du Concile, loin des querelles et des controverses postérieures.

Stanislas Fumet, né en 1898 a été, à l'instar de Jacques Maritain, des pères de Lubac et Daniélou et de tant d'autres, un de ces grands intellectuels catholiques français qui ont connu Jean XXIII et ont spontanément montré un grand enthousiasme pour Vatican II, tout en mettant en garde les chrétiens français contre une instrumentalisation de celui-ci au profit d'un «agenouillement devant le monde», notamment durant les tumultueuses années 1970.

Lisons un extrait de l'article qu'il a rédigé en 1963 dans le journal gaulliste Notre République, alors que le pape est à l'agonie. On y trouve comme des anticipations du «N'ayez pas peur» de Jean-Paul II:

«Avec Jean XXIII, on ne saurait dire qu'on nous «a changé la religion», comme plusieurs le pensent, mais bien qu'elle peut être soumise à un autre éclairage que celui qui en rendait l'aspect plus rébarbatif qu'aimable. […] Jean XXIII, dont le pontificat si plein aura été de trop brève durée, même s'il se prolonge quelque peu, n'est nullement un pape révolutionnaire. Le Sacré-Collège l'avait élu avec une arrière-pensée que l'on voilait à peine, quand il succéda à Pie XII : il devait faire un pape de transition. Mais il y a des transitions qui, pour ne pas être des ruptures - car dans l'Église, toujours une par définition, et qui a les promesses de la vie éternelle, la rupture ne se conçoit pas - n'en témoignent pas moins un renouvellement, un rejaillissement, une refloraison. L'Esprit-Saint, a-t-on dit, n'est pas à court d'imagination et les effets de la Pentecôte peuvent toujours reparaître à l'occasion des événements. SUITE Le Figaro

Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 24 Avril 2014 à 19:48 | 2 commentaires | Permalien

V.G.

Mais n’est-ce pas précisément dans la découverte et le respect envers la manière ‘différente’ de célébrer le même Seigneur et Sauveur du monde que toute notre cohérence et sincérité œcuménique ainsi mises à l’épreuve s’expriment vraiment ? Pasteur Vincent Tonnon

L'invitation de nos frères hétérodoxes à nos célébrations donne souvent lieu à polémique. C'est pourtant une façon évidente de rendre témoignage de notre foi et, comme la beauté de notre culte en fait intrinsèquement partie (qu'il suffise de rappeler le témoignage des envoyés de St Vladimir à Sainte Sophie…) c'est la la meilleure façon de la faire connaitre à nos frères.

Et ce ne sont pas du tout des expériences gratuites comme le montre le témoignage suivant d'un pasteur protestant.

Citation: Moment œcuménique

Invités à l’occasion de la première visite de l’Archevêque Job de Telmessos dans la paroisse de Liège (*), c’est un moment œcuménique particulièrement fort qu’en tant que membres de la Concertation des Églises chrétiennes de la Province de Liège, nous avons vécu ce matin-là.

Tiens, étrange… J’ai écrit ‘œcuménique’ alors qu’il s’agissait d’une ‘divine liturgie’ entièrement vécue selon le rite orthodoxe. Cherchez l’erreur ! D’ordinaire, je suis nettement plus réservé pour utiliser le qualificatif ‘œcuménique’ lorsqu’il ne nous est demandé que d’être là pour participer à un office célébré selon le rite de l’église accueillante. Et pourtant…

Comment rendre compte de l’intensité de ce moment vécu dans la fraternité où, grâce à une traduction de la liturgie en slavon – et les judicieuses explications distillées par notre frère diacre (catholique) Luc Mahiels) – les autres membres de la Concertation et moi-même avons été invités à entrer dans toute la profondeur et toute la richesse de ce moment de culte. Comment rendre compte aussi du sentiment qui nous a étreints lorsqu’au moment de l’eucharistie, généralement vécu comme un moment d’exclusion (du fait de ce qui nous sépare toujours à ce sujet au sein du corps du Christ), nous y avons été associés malgré tout par le partage de pain et de vin bénis par l’archevêque (mais non consacrés). Pour le protestant que je suis, j’ai partagé là un véritable moment de Cène où, communiant au corps et au sang du Christ par l’Esprit, je me suis senti relié et en communion spirituelle avec mes frères et mes sœurs orthodoxes communiant au même corps et sang du Christ par le biais des espèces consacrées. Ainsi, avec beaucoup de délicatesse, ce moment qui aurait pu se révéler moment d’exclusion s’est transformé en moment inclusif. Un grand moment œcuménique donc ! Alors même que, dans le même temps, tant d’aspects dans la liturgie ne manquaient de troubler voire heurter ma sensibilité protestante. Parmi ceux-ci : le décorum, les baisers nombreux tantôt des mains de l’évêque, tantôt des croix et autres ustensiles du culte, la place et le rôle des ‘saintes icônes’, de l’encens. C’est peu dire que ce sont là autant d’aspects plutôt étrangers à mon univers spirituel et liturgique… Mais n’est-ce pas précisément dans la découverte et le respect envers la manière ‘différente’ de célébrer le même Seigneur et Sauveur du monde que toute notre cohérence et sincérité œcuménique ainsi mises à l’épreuve s’expriment vraiment ? Voilà pourquoi en repensant à cet office ainsi qu’aux agapes qui le suivirent, je n’ai aucune hésitation à affirmer : Ce matin-là, nous étions bien unis dans un même esprit et dans une même pensée (1Co 1, 10b) pour la seule gloire de Dieu ! Et pour ce beau moment, et bien, loué soit le Maître de l’Église, notre Seigneur Jésus-Christ !

Pasteur Vincent Tonnon (E.P.U.B. église protestante unifiée de Belgique

Feuillet de l’exarchat N°66 (avril 2014), p.3
(*) Les 13-14 février 2014

Rédigé par Vladimir Golovanow le 24 Avril 2014 à 19:41 | 1 commentaire | Permalien

1 ... « 118 119 120 121 122 123 124 » ... 286


Recherche



Derniers commentaires


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile