Un évêque italien, Mgr Ghidelli, au sujet de "la crise du schisme d'Orient"
Le site du Comité pédagogique synodal de l'Église orthodoxe russe a publié en russe le texte de la conférence donnée par Mgr Carlo Ghidelli, archevêque de Lanciano-Ortona (Italie), au colloque international "La Parole de Dieu dans les Traditions orientale et occidentale". Mgr Ghidelli propose une brève analyse intéressante des causes et des conséquences de la division entre les chrétientés grecque et latine. Voici deux extraits significatifs de son intervention:

"Il est bien connu que les motivations de ce schisme étaient à la fois d'ordre doctrinal (la célèbre question du Filioque) et disciplinaire. De notre côté, il faut noter qu'il y a eu trois ruptures: celle de la communion à la table eucharistique, celle de la communion ecclésiale et celle de la communion à la table de la Parole de Dieu. Bien sûr, la rupture fut très lourde de conséquences et il ne fallut pas attendre longtemps pour en voir l'ampleur...

Sans aucun doute, après cette séparation douloureuse, l'Église catholique s'est appauvrie, en devenant moins sûre et, dans une certaine mesure, désemparée. La lumière que la Parole de Dieu répandait dans la communion fraternelle, in sinu Ecclesiae (au sein de l'Église), s'est affaiblie, si elle ne s'est éteinte dans certains endroits."

Rédigé par l'équipe de rédaction le 18 Mars 2009 à 12:19 | 6 commentaires | Permalien | Trackbacks (0)

Le président de l'Union des écrivains chrétiens de l'Ukraine K. Chapovalov a annoncé que le prix "L'homme de l'année dans le christianisme ukrainien" est attribué en 2008 à Viktor Iouchtchenko, président de l'Ukraine. La deuxième place est occupée par l'archimandrite Longin Zhar, supérieur d'un monastère dans le diocèse de Cernovtsy, qui s'occupe des enfants atteints de SIDA.

En 2007, le même prix "le chrétien de l'année" avait été attribué à Madame Ekaterina Iouchtchenko, la femme du président ukrainien.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 18 Mars 2009 à 10:30 | 0 commentaire | Permalien

La télévision russe diffuse depuis le 19 janvier dernier plusieurs spots publicitaires contre l'abus d'alcool. Cette publicité fait partie du projet social "Œuvre commune" (qui la finance), dans lequel l'Église orthodoxe russe participe activement. Son objectif est de lutter contre le fléau national que représente l'alcoolisme en Russie.

Voici un exemple d'une telle publicité qui présente le danger de l'alcool pour le fonctionnement du cerveau humain (d'autres épisodes parlent du foie, du cœur, du système digestif, du sang, de l'estomac etc.). Les mots de la fin: "Prend soin de toi".

Source: Pravoslavie.ru.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 18 Mars 2009 à 01:07 | 0 commentaire | Permalien | Trackbacks (0)

Un groupe de fidèles catholiques de Russie a publié sur le forum A la lumière de l'Évangile une protestation contre le fait qu'aucun représentant de l'Église catholique n'ait été invité à la dernière réunion du Conseil à la coopération avec les organisations religieuses auprès du président de la Fédération de Russie. Cette réunion s'est tenue à Toula le 11 mars et a rassemblé les représentants des Églises orthodoxe, vieille-croyante, arménienne, évangéliques, baptistes, des musulmans, des juifs et des bouddhistes.

Cette absence de l'archevêque catholique, alors qu'aux réunions précédentes l'Église catholique avait toujours été invitée, a suscité des débats dans la presse russe. Le même forum catholique annonce aujourd'hui qu'en réponse à l'article paru dans le journal Kommersant, les autorités russes ont déclaré qu'il ne s'agissait pas là "d'un acte de malveillance envers les catholiques". Il semblerait que la coordination du Conseil n'ait pas encore eu le temps de prendre en compte le départ de Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, nommé il y a un an archevêque catholique à Minsk, et remplacé à Moscou par Mgr Paolo Pezzi.

De son côté, Mgr Paolo Pezzi a déclaré qu'il "n'y avait aucun problème et que cette question était en train d'être résolue".

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 17:29 | 0 commentaire | Permalien | Trackbacks (0)

Selon le père André Lorgus (Russie), prêtre et psychologue, le sens du mariage chrétien consiste dans la recherche de l'unité spirituelle de deux êtres aimants et non dans la procréation qui en est une des conséquences. "La raison du mariage est d'opérer l'unité spirituelle de deux personnes. la naissance des enfants est la suite naturelle du mariage et non son objectif", a déclaré le père A. Lorgus lors d'une conférence au centre moscovite œcuménique "Bibliothèque de l'esprit". Ses propos résonnent comme un écho au débat actuel en France sur le "droit aux enfants" que réclament certaines personnes.

Selon le prêtre orthodoxe, le commandement divin sur la procréation est secondaire du point de vue théologique, psychologique et pastoral. "Le sens du mariage consiste dans le rétablissement de l'unité qui avait été donnée par Dieu dans le paradis. Les deux ne feront plus qu'une seule chair - c'est dit au sujet des époux et non de leurs enfants".

"Si l'on considère que la naissance des enfants est le but du mariage, alors celui des couples stériles devra être considéré comme un mariage non abouti. Les époux qui s'aiment et se comprennent, mais n'ont pas d'enfants devrait donc penser qu'ils n'ont pas accompli le précepte de Dieu. L'absence d'enfants ne doit pas porter atteinte à l'intégrité du mariage".

Le père Lorgus rajoute: "Si les enfants devaient être la mesure de la réussite d'un mariage, alors il faudrait dire que plus un couple a d'enfants, plus il est spirituel. Alors, on devrait mettre dans la catégorie des mariages religieusement réussis même ceux des couples qui sont loin de mener une vie spirituelle, mais qui ont pourtant beaucoup d'enfants".

Source: agence de presse Interfax

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 12:50 | 4 commentaires | Permalien

Le catholicos de Géorgie a décidé de rencontrer les jeunes une fois par semaine
Le catholicos et patriarche Élie II de Géorgie a déclaré que désormais il rencontrerait des jeunes fidèles de son Église tous les mardis à 15 h. Il prononcera devant eux une conférence et répondra à leurs questions.

Ces rencontres hebdomadaires auront lieu dans le Centre du développement spirituel et intellectuel de la jeunesse, fondé par le patriarcat de Géorgie. L'accès à ces conférences du patriarches sera entièrement libre.

Source: Nouvelles de Géorgie.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 12:41 | 0 commentaire | Permalien

Déclaration du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe serbe à l'occasion du 10e anniversaire des bombardements du pays
A l'occasion du dixième anniversaire des bombardements de la Serbie et de Monténégro et du cinquième anniversaire des pogroms anti-serbes au Kosovo et Métochie, le Saint-Synode de l'Église orthodoxe serbe a publié une déclaration où il déplore que "jusqu'à présent aucun homme n'a eu à répondre de la violence commise et des crimes perpétrés". "Les forfaits commis à l'époque et les actes de violence sont restés non seulement impunis, mais ont même été récompensés par la partition d'un État reconnu au niveau international, membre de l'ONU, et cela malgré les conventions et les garanties internationales".

Le Synode rappelle que plus de 4 000 Serbes furent contraints de quitter leurs foyers "à cause des pogroms organisés par les terroristes albanais". Un nombre minime parmi eux put regagner leur patrie, alors que de nombreuses églises, monastères et maisons gisent dans les ruines.

Convaincus que "Dieu réside non dans la force, mais dans la justice, les Pères synodaux appellent les chrétiens à commémorer le 17 mars toutes les victimes "des pogroms terroristes au Kosovo et Métochie".

Les offices funèbres seront célébrés dans toutes les églises de Serbie. Ils commenceront à 18 h 45, heure où la première bombe des forces de l'OTAN est tombée sur le territoire du pays.

Source: Site officiel de l'Église orthodoxe serbe

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 12:23 | 3 commentaires | Permalien

L'oeuvre de Gogol possède un grand potentiel missionnaire
Le hiéromoine Syméon Tomatchinski, directeur des éditions du monastère Sretensky à Moscou, est convaincu que l'œuvre de Nicolas Gogol renferme un grand potentiel missionnaire: elle aide l'homme contemporain à comprendre le sens des sacrements de l'Église. "Il faut davantage éditer et faire connaître les œuvres de Gogol", considère le père Syméon, persuadé que Gogol est "l'écrivain le plus religieux de la littérature russe, non seulement par sa vision des choses, mais aussi par le mode de vie".

Parmi les œuvres spirituelles de Gogol, il accorde la place la plus importante aux Méditations sur la divine liturgie, "oubliées" pendant l'époque soviétique. Cet écrit est destiné à ceux "qui veulent comprendre le sens profond de la liturgie et ne se contentent pas d'être de simples spectateurs de ce qui se passe dans les églises". Le père Syméon rappelle que la lecture de cette œuvre de Gogol était recommandée aux chrétiens par les starets du célèbre monastère d'Optina Poustyn. Pour écrire ces Méditations, Gogol avait même appris la langue grecque.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 01:09 | 19 commentaires | Permalien

Le leader des schismatiques ukrainiens reconnaît avoir mené des tractations avec le patriarcat de Constantinople
Dans une interview à la revue ukrainienne Ukrain'ski tyjden', publiée également sur son site officiel, le chef du "patriarcat de Kiev", structure qui n'est reconnue par aucune autre Église orthodoxe locale, déclare avoir mené des négociations avec le patriarcat de Constantinople pour être reçu dans sa juridiction. Cependant, le "patriarche" Philarète ajoute que les conditions avancées par Constantinople furent jugées irrecevables par les schismatiques ukrainiens. Le "patriarcat de Kiev" est aujourd'hui la deuxième organisation ecclésiale par le nombre de fidèles, après l'Église orthodoxe autonome d'Ukraine laquelle est en communion avec le patriarcat de Moscou.

"Nous avions avec le patriarcat œcuménique des objectifs différents, explique Philarète dans son interview. Nous voulions rejoindre le patriarcat de Constantinople pour une brève période afin d'en sortir en tant qu'Église autocéphale. En revanche, Constantinople cherchait à faire du patriarcat de Kiev une partie de son Église et la renforcer à nos frais et puis, un jour peut-être, nous accorder l'autocéphalie". Selon le "patriarche" Philarète, "les conditions proposées à notre Église dans le patriarcat de Constantinople étaient pires que dans le patriarcat de Moscou." Ainsi, "nous devions proposer trois candidats au siège primatial et c'est le patriarche de Constantinople qui devait décider. Pour les membres du Saint-Synode, nous devions soumettre également trois candidats pour un siège et lui en choisirait un".

"Mais s'il faut être soumis à une autre Église locale, ajoute Philarète, pour nous il n'y a aucune différence d'être dans le patriarcat de Moscou ou dans celui de Constantinople. En quittant un joug, nous serions tombés sous un autre".

Le "patriarche" Philarète a déclaré que ces conditions du patriarcat de Constantinople lui furent proposées par le métropolite Emmanuel, ordinaire du diocèse grec-orthodoxe en France, et l'archimandrite Elpidophore, secrétaire du Saint-Synode de Constantinople: "Ils nous ont dit: 'Rejoignez-nous et ensuite nous vous donnerons le tomos [d'autocéphalie]'. Nous leur avons demandé: 'Mais quand?' La réponse fut: 'Peut-être dans un an, peut-être dans cinq ou dix ans'. Et si c'était dans cent ans?"

En conclusion, le leader des schismatiques ukrainiens a raconté son voyage à Istanbul en compagnie du secrétaire du président de l'Ukraine qui le poussait à rejoindre le patriarcat de Constantinople. "Le patriarche de Constantinople veut que l'Église ukrainienne soit coupée de Moscou. Son rêve est d'affaiblir l'Église russe. C'est pour cela qu'il lutte pour l'Ukraine", a conclu Philarète.


Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 01:05 | 6 commentaires | Permalien | Trackbacks (0)

Selon le site officiel de l'OCA, le métropolite Jonas, primat de l'Église orthodoxe en Amérique, a rencontré son prédécesseur démissionnaire, le métropolite Germain, pour lui annoncer la décision du Saint-Synode de restreindre sa participation aux liturgies à l'église Saints-Pierre-et-Paul à Uniondale, PA.

"Le ministère de Votre Béatitude dans l'Eglise orthodoxe en Amérique est bien reconnue, écrit le métropolite Jonas à Mgr Germain, vos œuvres au monastère Saint-Tikhon seront remémorées pendant de longues années. Cependant, il n'y a aucun doute que c'est pendant le pontificat de Votre Béatitude que s'est développée une activité financière douteuse. Ses conséquences ont mis en péril la stabilité du monastère Saint-Tikhon et causé de sérieux dommages à la réputation de l'Église orthodoxe en Amérique".

Le métropolite Germain a démissionné du poste de primat en septembre 2008. La situation financière du monastère Saint-Tikhon et de son séminaire en Pennsylvanie ont fait l'objet d'une enquête synodale. Le rapport sur le sujet a été présenté au Saint-Synode de l'Église orthodoxe en Amérique, lors de sa dernière session du 24 au 27 février 2009, par l'évêque Tikhon de Philadelphie.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 17 Mars 2009 à 00:52 | 2 commentaires | Permalien

Selon les participants du colloque "Persécutions politiques contre le clergé et les croyants en Russie au XXe siècle" qui s'est tenu le 10 mars à l'académie des sciences de Russie, pour qu'un chrétien soit canonisé comme martyr, il ne suffit pas qu'il ait été assassiné ou qu'il fasse objet d'une vénération populaire. Il faut avoir la pleine certitude de la motivation chrétienne de sa mort et de l'intégrité de sa vie.

L'hégoumène Damascène Orlovski, membre de la commission synodale pour la canonisation des saints, considère qu'une responsabilité particulière incombe de ce fait aux historiens de l'Église chargés de la préparation des dossiers pour la canonisation de nouveaux saints. Selon le père Damascène, le fait qu'un chrétien ait trouvé la mort pendant les persécutions contre l'Église n'est pas suffisant pour qu'il soit considéré comme martyr. Pas plus que son appartenance au clergé ou au monachisme. Il est important de savoir quelle était sa disposition intérieure au moment de sa mort et tout au long de sa vie: "Un saint offre un modèle de la conduite chrétienne. Il convient donc de prendre en considération toutes les étapes de sa vie".

Cette question semble cependant complexe. Depuis l'antiquité, l'Église croit que la mort pour le Christ élève à la sainteté même ceux qui n'ont pas reçu le baptême.

Source: Blagovest-Info

Rédigé par l'hégoumène Platon le 16 Mars 2009 à 16:26 | 2 commentaires | Permalien

Nous sommes heureux de vous accueillir sur ce blog collectif, destiné à être une plateforme libre de discussion. Tous les articles publiés ici peuvent être commentés et nous vous espérons nombreux à partager vos connaissances et vos réactions sur la vie de l'Église dans le monde.

Ce lieu de libre information, de réflexion et d'échanges sur l'actualité chrétienne n'exprime pas la position officielle de l'Église orthodoxe russe ni celle du diocèse de Chersonèse. C'est une initiative parmi tant d'autres visant à mettre au profit de la mission orthodoxe et de la communication entre chrétiens les moyens offerts par les technologies modernes.

Notre objectif consiste à partager des informations sur la vie des orthodoxes en France, en Russie et dans le monde, de proposer des sujets de réflexion, d'échanger des idées et des opinions sans polémique et dans le respect mutuel. Les modérateurs y veilleront. Nous espérons accueillir des auteurs de toute appartenance religieuse et juridictionnelle.

Le comité de rédaction

Rédigé par l'équipe de rédaction le 15 Mars 2009 à 01:25 | 6 commentaires | Permalien

Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
Ce récit se veut un témoignage du renouveau spirituel de la Russie. Ce renouveau, ancré dans le sacrifice de la famille impériale, a commencé par la présence discrète de premiers pèlerins sur le site du massacre dans les années 1970. Le mouvement s’amplifiant et la liberté religieuse acquise à la fin de la pérestroïka, ce sont à présent des dizaines de milliers de pèlerins qui se sont rassemblés à Ekatérinbourg en juillet 2008 à l’occasion du 90e anniversaire des événements tragiques de 1918.

Dès les années 1970, devant la maison Ipatiev, sur la place dite de la Vengeance du Peuple, on pouvait trouver des cierges allumés et des bouquets de fleurs déposés par des pèlerins furtifs et anonymes. Pour prévenir le danger de voir cette maison devenir un lieu de pèlerinage populaire, le comité exécutif du soviet municipal, dirigé à l’époque par Boris Eltsine, reçut l’ordre d’Andropov de détruire l’endroit du crime et avec lui le souvenir de l’empereur. Eltsine ignora cet ordre. La maison fut à nouveau entourée d’une haute palissade. Cependant l’ordre fut réitéré dix jours plus tard et il fallut se résoudre à l’exécuter. Le 16 septembre 1977, commença la démolition qui dura deux jours. Les débris furent emportés dans une décharge et le sol égalisé à l’aide de bulldozers (…).

Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
La construction de la basilique des martyrs impériaux et de tous les saints de la terre russe se fit au rythme accéléré de la résurrection de la foi en Russie. En 1992 la première pierre fut posée et en 2003 la basilique inaugurée. L’épouse de Tikhon Koulikovsky, neveu de Nicolas II, fit don de l’icône de la Sainte Mère de Dieu "aux trois mains" qui se trouvait dans la maison Ipatiev pendant l’emprisonnement de la famille impériale. La durée de la construction de la basilique a conduit le peuple russe « de l’amnésie à la mémoire et des préjugés au repentir ». Saint Jean de Shanghaï qui appelait de toutes ses prières à la renaissance de la foi disait : « Courage, relève-toi, Rouss, toi qui as bu la coupe de la colère divine ».

La crypte, qui se situe à l’endroit exact de la cave où fut perpétré l’assassinat du tsar, de sa famille et de ses domestiques, fait l’objet d’une grande ferveur populaire. Surtout durant ces journées de juillet, appelées « Tsarskie dni » (journées impériales) durant lesquelles, jour et nuit, des prêtres se relaient dans la crypte et la basilique pour lire des prières.

La deuxième étape du pèlerinage amène les pèlerins à pied, à 20 km de là, au puits de mine de Ganina Yama, lieu de la tentative d’anéantissement des corps. La distance est parcourue de 4 heures du matin, dans la nuit noire, à 10 heures du matin sous un soleil éclatant. Les pèlerins sont portés par leurs cantiques et leurs prières. Il faut décrire ce site, caché au milieu d’une vaste forêt. Dans cette forêt qui semble si primitive, si loin de toute civilisation, comme par un effet merveilleux, un monastère et plusieurs chapelles en bois sont apparues à présent à l’ombre des sapins.

Récit d'un pèlerinage sur les lieux de l'assassinat de la famille impériale russe
La troisième étape du pèlerinage passe par le monastère Novo-Tikhvinsky qui abrite 150 moniales. Ces religieuses cousent des chasubles, assistées par des ordinateurs, peignent et brodent des icônes et traduisent en russe les Pères de l'Église.

La quatrième étape conduit les pèlerins à la petite ville d’Alapaïevsk où furent martyrisés la sœur de l’impératrice, la Grande Duchesse Élisabeth, la moniale Barbara, cinq princes de la famille Romanov de même que le secrétaire du Grand Duc Serge Mikhaîlovitch, Fiodor Remez. Élisabeth, appelée Ella dans sa famille, était la fille de Louis IV, Grand Duc de Hesse-Darmstadt et de la princesse Alice d’Angleterre, fille de la reine Victoria. Née en 1864, Ella était la seconde d’une famille de sept enfants. Le sixième de ces enfants était Alix qui deviendra l’épouse de Nicolas II. Les enfants du Grand Duc Louis IV sont élevés par leur mère dans une profonde simplicité. Leur éducation chrétienne est stricte et ils sont habitués dès leur petite enfance aux œuvres caritatives, au service des pauvres et des malades. En 1884, Ella épouse le cinquième fils de l’empereur Alexandre III, le Grand Duc Serge. En 1905, le Grand Duc Serge, gouverneur de Moscou, fut déchiqueté par une bombe que lui lança en pleine poitrine un révolutionnaire. C’est en 1918 que la Grande Duchesse Élisabeth connut à son tour un destin tragique : elle fut arrêtée en avril et transférée à Ekaterinbourg.

Sachant que sa sœur était prisonnière dans la maison Ipatiev, elle demanda l’autorisation de revoir la famille impériale. Ce qui lui fut refusé. Elle fut alors emmenée à Alapaïevsk et séquestrée dans l’école Napolnaïa. Dans ce même lieu furent également séquestrés cinq princes de la famille Romanov : le Grand Duc Serge Mikhaïlovitch, les trois fils du Grand Duc Constantin Constantinovitch (Jean, Constantin et Igor), le prince Vladimir Paley. Dans la nuit du 17 juillet, tous les Romanov, la moniale Barbara et Fiodor Remez furent conduits à 12 kilomètres d’Alapaïevsk. Après avoir été assommés, ils furent précipités, les yeux bandés, dans le puits de mine Nijnaïa Selimskaïa. Un paysan attardé sur ce lieu et effrayé par l’arrivée de cette troupe nocturne fut, depuis sa cachette, le témoin involontaire de cette tuerie. Les assassins jetèrent dans le puits quelques grenades qui n’éclatèrent pas. Ils jetèrent aussi des branches et des bûches sur les suppliciés et ils les incendièrent. Mais plus bas, bien au-dessous des flammes, s’éleva un des plus beaux hymnes de la liturgie orthodoxe, l’hymne aux chérubins, entonné par les martyrs au seuil de leur mort.

Là aussi, une longue procession de pèlerins occupe la route qui aboutit à un monastère. Le portail une fois franchi, on découvre d’abord une église en lisière de forêt puis une petite chapelle blanche coiffée d’un bulbe bleu. La liturgie se célèbre en plein air devant les portes ouvertes de la chapelle. Elle est présidée cette fois-ci par l'archevêque Vincent d’Ekaterinbourg, assisté par Mgr Marc de Berlin et Mgr Michel de Genève.

Malgré la conquête d’Ekaterinbourg par l’amiral Koltchak le 25 juillet, les restes de la famille impériale demeurèrent introuvables. Ceux des suppliciés d’Alapaïevsk ne furent retrouvés qu’en octobre.

« L’armée rouge reprenant du terrain, les cercueils de la Grande Duchesse et de la moniale Barbara furent ensuite transférés par l’armée de Koltchak d’Alapaïevsk vers la Chine et de là à Jérusalem, où ils reposent jusqu’à présent dans l’église Sainte-Marie-Madeleine, au pied du mont des Oliviers.

Il faut terminer ce récit par une citation prophétique de Pierre Gilliard, précepteur du Tsarévitch, et auteur d’un livre de souvenirs qu’il fit publier en 1923. Voici comment il évoque le souvenir de la famille impériale:

« Il est impossible que ceux dont je viens de parler aient subi en vain leur martyr. Je ne sais quand cela sera, ni comment cela se fera, mais un jour ou l’autre, sans nul doute, quand la brutalité se sera comme saignée elle-même dans l’excès de sa fureur, l’humanité tirera du souvenir de leurs souffrances une invincible force de réparation morale. Quelque révolte qu’on garde dans le cœur, et quelque juste que soit la vengeance, ce serait offenser leur mémoire que de souhaiter une expiation dans le sang.

L’Empereur et l’Impératrice ont cru mourir martyrs de leur pays : ils sont morts martyrs de l’humanité. Leur réelle grandeur ne tient pas au prestige de leur dignité impériale, mais à l’admirable hauteur morale à laquelle ils s’étaient élevés peu à peu. Ils étaient devenus une force d’idéal ; et dans leur dépouillement même, ils ont rendu un émouvant témoignage à cette merveilleuse sérénité d’âme contre laquelle aucune violence, aucune fureur ne peuvent rien, et qui triomphe jusque dans la mort. »

Ce texte est un résumé de la conférence donnée le 15 décembre 2008 à l'Union de la noblesse russe.

Rédigé par Marie Genko le 14 Mars 2009 à 18:32 | 8 commentaires | Permalien

Le jeudi de la deuxième semaine du Carême, aux laudes (dernière partie des matines), nous chantons une magnifique stichère qui expose le véritable sens du Carême:

"C'est le temps de la conversion: le combat du Carême nous introduit dans la vie éternelle, s'il est accompagné de bonnes œuvres. Rien n'est aussi salutaire à l'âme que le partage des biens avec les ceux qui sont dans le besoin. C'est la miséricorde associée au jeûne qui délivre l'homme de la mort. Poursuivons-la plus que tout autre chose. Elle suffit vraiment pour sauver nos âmes."

C'est une très belle leçon qui rejoint ce que l'apôtre Paul disait au sujet de la charité.

Rédigé par le hiéromoine Alexandre le 13 Mars 2009 à 10:20 | 2 commentaires | Permalien

Le patriarche Cyrille a annoncé qu'il ne souhaitait pas que pour la fête de son saint patron les évêques se déplacent à Moscou. Il préfère qu'ils restent dans leurs diocèses le jour des saints Cyrille et Méthode (11/24 mai). Il s'agit d'une rupture avec la tradition qui existait sous le patriarche Alexis II quand les évêques venaient célébrer solennellement la saint Alexis à Moscou autour du primat.

Le métropolite Juvénal, évêque de la région de Moscou, a rapporté les paroles suivantes du patriarche Cyrille: "Je ne vais pas inviter les évêques ce jour-là. Au contraire, je tâcherai de les dissuader de venir à Moscou pour la fête de mon saint patron. Je les inciterai à rester dans leur diocèse pour célébrer solennellement la Journée des lettres et de la culture slaves".

En effet, depuis plusieurs années, la mémoire des saints Cyrille et Méthode est devenue en même temps la fête de la culture slave.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 13 Mars 2009 à 02:57 | 0 commentaire | Permalien

Selon les chiffres publiés cette semaine par le Centre russe des recherches sur l'opinion publique (VCIOM), la proportion de Russes croyant que l'univers est l'œuvre de Dieu s'élève à 23 %. De même, 37 % considèrent que la science contemporaine ne fournit pas de réponse adéquate à la question des origines du monde et de l'homme.

En revanche, 19 % de la population russe est attaché à la théorie de l'évolution des espèces. Cette catégorie a diminué de 5 % depuis 2006. 8 % de répondants affirment que la question de l'origine du monde ne les intéresse pas, tandis que 3 % croient que la vie est arrivée sur terre en provenance d'autres univers.

La Russie n'a pas échappé à la stérile polémique entre les tenants de la théorie de l'évolution et les "créationnistes". Il n'est pas rare d'y entendre, comme dans d'autres pays, certains croyants professer une totale incompatibilité entre ces deux visions qui pourraient, pourtant, se compléter. Selon le VCIOM, 20 % de Russes souhaiteraient que la théorie de Darwin ne soit pas enseignée dans les écoles...

Les statistiques sont citées d'après l'agence de presse Interfax.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 12 Mars 2009 à 14:42 | 1 commentaire | Permalien

Métropolite Nicolas de Mésogée (Grèce): "Le XXIe siècle sera celui de l'orthodoxie"
Au cours de sa visite au monastère de la Rencontre (Srétenski) de Moscou, le métropolite Nicolas de Mésogée (Église orthodoxe de Grèce) a rappelé l'œuvre du byzantinologue britannique Steven Runciman, devenu orthodoxe à la fin de sa vie, et sa conviction que le XXIe siècle serait celui de l'orthodoxie.

"On n'y croit pas en Occident, a affirmé Mgr Nicolas aux séminaristes du monastère Srétenski, mais ici, surtout en ce lieu, on se rend compte que Runciman n'avait pas tort. A vous tous, étudiants du séminaire, futurs ministres de l'Église, je souhaite de vous préparer dignement à porter le témoignage de l'orthodoxie au XXIe siècle. Il n'y a pas de meilleur sort que de devenir docteur de l'Église, apologète, confesseur et peut-être même martyr".


Rédigé par l'équipe de rédaction le 11 Mars 2009 à 23:47 | 2 commentaires | Permalien

Le grand rabbin de Russie reconnaissant au patriarche de Moscou pour la promotion du dialogue interreligieux
Le grand rabbin de Russie Berl Lazar a exprimé sa reconnaissance au patriarche Cyrille de Moscou pour la promotion du dialogue interreligieux en Russie. "J'aimerais vous dire mon immense gratitude pour tout ce que vous faites dans la promotion de la concorde entre les religions", a déclaré le grand rabbin au primat de l'Église russe le 11 mars 2009 à la rencontre des responsables des communautés religieuses de Russie.

Berl Lazar a rappelé notamment que l'actuel patriarche de Moscou, étant à l'époque président du département des relations extérieures de l'Église russe, a initié la création du conseil interreligieux de Russie.

Le grand rabbin a appelé par la même occasion le ministère russe de l'éducation à accorder plus d'importance à l'éducation des enfants dans l'esprit "du respect mutuel" et à donner plus d'importance à la tragédie de la seconde guerre mondiale et de l'holocauste.

Source: Agence de presse Interfax

Rédigé par l'équipe de rédaction le 11 Mars 2009 à 23:28 | 1 commentaire | Permalien

Message de l'archevêque de Chypre pour le dimanche du triomphe de l'orthodoxie
Dans le message adressé aux fidèles de l'Église orthodoxe de Chypre pour le dimanche du Triomphe de l'orthodoxie (8 mars 2009), l'archevêque Chrysostome de la Nouvelle Justiniane, rappelle que "l'Église ne se complaît pas à faire revivre le passé et ne se limite pas à des festivités. Elle sait que, dans ce monde, elle milite et fait l'objet d'incessantes attaques de la part du malin et de ses serviteurs. Elle comprend qu'elle doit livrer des batailles quotidiennes. C'est pourquoi elle exhorte ainsi ses fidèles: 'Frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous' (2 Th 2, 15). L'Église dénonce ceux qui violent les prescriptions et vont à l'encontre de la piété définie par les Pères. Cependant, la persistance de l'Église n'est pas une nostalgie après un mode de vie idéal ni un simple attachement aux formes et valeurs du passé. C'est le désir de préserver le monde juste".

Plus loin, au sujet de la diversité des peuples: "La préservation et le renforcement de la diversité, ce n'est pas du chauvinisme ni du nationalisme. Nous ne sommes pas les seuls à pouvoir dire que nous sommes des personnes. Nous ne sommes pas l'unique peuple de l'histoire du monde. Les autres peuples ont, eux aussi, des traditions et des richesses remarquables. La reconnaissance de l'importance de la diversité va de pair avec la reconnaissance et le respect d'autrui et d'autres peuples... Chacun joue son propre rôle, chacun a droit à ses particularités".

Source: Site théologique du Comité pédagogique synodal de l'Église orthodoxe russe

Rédigé par l'équipe de rédaction le 8 Mars 2009 à 20:15 | 0 commentaire | Permalien

Une dépêche de l'Agence France Presse se penche sur le problème de la restitution et du droit de propriété des icônes ancienne russes:

A qui doit revenir l'honneur d'abriter les icônes anciennes qui ont réchappé au siècle exceptionnellement tourmenté que vient de traverser la Russie ? La controverse couve entre des musées sur la défensive et une Église orthodoxe de plus en plus influente.

A l'occasion d'un vernissage début février au très prestigieux musée Pouchkine, une commissaire d'exposition a dû disculper publiquement les collectionneurs qui avaient prêté des œuvres, assurant qu'ils n'étaient pas des "voleurs".

"Beaucoup de soupçons" pèsent sur leur compte et sur celui des musées, a reconnu la responsable, Alina Loguinova, alors qu'elle présentait une exposition de 130 icônes anciennes (des XIV-XVIè siècles, considérés comme les "siècles d'or" en la matière) issues --ce qui est très rare-- de collections privées.


Rien n'est pourtant plus injuste, selon elle: "Qui a volé quoi à qui ? Les musées ont sauvé une grande quantité d'icônes", souligne-t-elle. Et de rappeler la période soviétique, durant laquelle spécialistes et passionnés arpentaient le gigantesque territoire dans l'espoir de soustraire les œuvres à une destruction certaine.

Les experts estiment que l'immense majorité d'entre elles --peut-être des millions-- ont malgré tout été brûlées, perdues, voire transformées en matériaux de construction, le tout avec la bénédiction d'un régime communiste farouchement athée.

A présent, les musées se voient accusés d'avoir "pillé les églises", a déploré la curatrice.

"C'est douloureux, car les meilleurs représentants de notre société, les croyants et les employés des musées, deviennent antagonistes. Et cela ne vient pas des musées", a regretté Mme Loguinova.

Le conflit, refoulé pendant des décennies, a brusquement surgi au grand jour à l'automne dernier lorsque le plus célèbre musée de peinture de Moscou, la Galerie Tretiakov, s'est vue intimer l'ordre de "prêter" pendant trois jours l'une de ses plus belles icônes, la "Sainte Trinité" d'Andreï Roublev à un monastère proche de la capitale.

Son cas a aussitôt pris des allures de symbole, les professionnels de l'art craignant que la Trinité ne leur soit jamais rendue, leurs détracteurs exigeant une restitution générale des œuvres religieuses à l'Église.

Mais en réalité, les racines de la querelle sont vieilles d'un siècle. Le tournant eut lieu en 1909, lorsque le célèbre peintre et collectionneur Ilia Ostrooukhov présenta pour la première fois au public des icônes anciennes restaurées de manière à faire ressortir leur valeur artistique.

Il s'agissait d'une petite révolution pour l'époque: les gens, habitués à vénérer les icônes dans la pénombre des églises, étaient d'autant moins à même de percevoir leur puissance expressive que les peintures étaient recouvertes d'un vernis voilé par le temps et la fumée des cierges. Nombre d'entre elles avaient en outre été couvertes de plusieurs couches de peinture superposées.

Si le conflit demeure pour l'heure feutré, le fossé entre les positions du clergé et celles des musées et collectionneurs paraît voué à se creuser alors que l'Église orthodoxe est en pleine renaissance depuis la chute de l'URSS et que son influence sur la société croît à vue d'œil.

Quant aux autorités, elles se retrouvent de facto en position d'arbitre.

L'homme d'affaires et mécène Mikhaïl Abramov a réclamé lors du vernissage qu'un "véritable musée" soit enfin dédié à l'art des icônes.

Mais le père Georgui Riabykh, qui représentait le Patriarcat de Moscou, a pour sa part insisté sur leur rôle en tant que "porte vers une autre réalité qui enrichit notre âme".

MOSCOU (AFP)

Rédigé par Nikita Krivochéine le 6 Mars 2009 à 20:48 | 3 commentaires | Permalien

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