Trésors du siècle d'or russe de Pouchkine à Tolstoï
Le professeur émérite de l’université de Genève Georges Nivat, slaviste éminent et spécialiste reconnu de la vie et de l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne, a aimablement accepté de faire paraître sur notre plateforme la préface qu’il a rédigée pour le catalogue de l’exposition « Trésors du siècle d’or russe, de Pouchkine à Tolstoï » (Fondation Martin Bodmer, Genève).

Ce texte dira beaucoup à ceux qui sont conscients de l’imprégnation de la culture russe par foi orthodoxe.
Nous avons fragmenté cette préface en plusieurs parties car elle est assez volumineuse.

Voici la première partie:


« Dans l’âge de fer, dis-moi, qui devinait le siècle d’or ? » Ce vers d’Alexandre Pouchkine nous met en face de deux questions : les notions d’âge liées à la métallurgie sont-elles applicables à la culture, et comment les appliquer à la culture russe ?

La notion de siècle d’or de la poésie russe est née après coup, une fois inventée la formule de « siècle d’argent », siècle ou âge est tout un en russe : le mot « vek » s’appliquant à la durée d’une génération, d'une vie humaine autant qu’à la mesure chronologique fondée sur les multiples de cent. La formule semble avoir été inventée oralement, dans un salon, par le philosophe Nicolas Berdiaef, elle fut reprise par le poète de l’émigration Sergueï Makovski. Et pourtant l’idée d’un soleil de la poésie russe s’imposa dès la morte d’Alexandre Pouchkine. Odoïevski s’écria : « le soleil de notre poésie s’est couché ! » et ce symbole du soleil est resté jusqu’aux somptueux vers qu’écrivit Anna Akhmatova à la mort d’Alexandre Blok :

A la Mère Dame de Smolensk
Qui pour nous intercède,
Nous avons apporté sur nos bras
En son cercueil d’argent
Notre soleil, mort dans les tourments.
Oui, il s’agissait d’un autre Alexandre, mais il était le reflet du premier, la cercueil était d’argent, mais le soleil était d’or. C’était la poésie russe en sa pureté, sa sagesse, sa clairvoyance, et les deux poètes étaient morts de tourments. A l’idée de soleil s’associait à jamais celle des morts héroïques des poètes ruses, jeunes et glorieux, comme celui dont les deux Alexandre portaient le nom. En 1937 on célèbre le centenaire de la mort violente d’Alexandre Serguéïevitch, mais la poésie russe, et l’histoire russe, qui lui est liée étroitement depuis POuchkine, était entrée dans un autre âge, celui du fer..
L’Age d’argent de la poésie russe, c’est après la longue purge de positivisme et d’engagement politique de l’art russe, qui va du nihilisme, mot inventé par Tourgueniev dans Pères et fils au déferlement du terrorisme et du marxisme, symbolisé par le sorte des deux frères Oulianov, l’un pendu pour acte de terrorisme, Alexandre, et l’autre fondateur du communisme russe, puis leader de la nouvelle Russie issue du chaos de 1917, et connu sous le nom de Vladimir Lénine. La « « nouvelle conscience religieuse, le passage du marxisme à l’idéalisme religieux comme ce fut le cas pour le fondateur du parti social-démocrate russe, Piotr Struve, l’éclosion d’une poésie courtoise, philosophique, érotique, précieuse, accompagnée de la découverte d’une culture populaire jusqu’alors cachée et méprisé, sont eux que tout symbolisés par l’apparition du poète Nikolaï Kliouev, droit venu d’Olonets et d’une communauté de Vieux-Croyants. Rétrospectivement il fallut rebaptiser l’âge qui avait donné Pouchkine et tous ses amis du Lycée impérial, que ce soit Joukovski qui devin précepteur du futur Alexandre II, ou Kioukhelbecker un des conjurés de décembre 1825 qui périt sur l’échafaud. De l’Argent on remonta vers l’Or. De la Renaissance vers la Naissance de la littérature russe. Et cette naissance semblait miraculeuse.
Pouchkine était l’auteur de ce miracle de créer la culture russe. Elles préexistait, bien sûr, que ce soit la culture du Moyen-Âge russe, dont l’historien Dimitri Likhatchev, figure de proue de ce qu’on appelle « la Maison Pouchkine » () se fit l’inventeur et le chantre, ou encore le classicisme russe, certes assez imitateur du classicisme français, mais avec de hautes figures géniales comme celle du fils de pécheur d’ Arkhangelsk Mikhaïl Lomonossov, poète, savant et fondateur de l’université de Moscou ; et fondateur du nationalisme culturel russe. Mais elle n’était pas connue en Europe, elle n’arrivait pas à tout exprimer, et la culture nobiliaire russe en était réduite aux deux capitales, le reste plongé dans un sommeil végétatif dont le dramaturge Fonvizine a fait le sujet désopilant de ses deux comédies.
Et le vers de Pouchkine déjà cité peut nous aider à poser la question : d’où est sorti cet âge d’or, qui naît d’emblée, comme Aphrodite sortant de la vague marine ? Le poète Iosif Brodsky disait « il y a deux miracles russes, la flotte russe et la poésie russe ». Il voulait dire que rien ne prédisposait la Russie terrestre et fluviale à devenir la grande puissance maritime qu’elle est devenue, et rien non plus ne prédisposait un pays engoncé dans le formalisme byzantin, puis l’imitation de l’Occident à lancer ce feu d’artifice jamais vu qu’est la culture russe du temps de Nicols Ier, c’est-à-dire du temps de Pouchkine.
L’empereur y est-t-il pour quelque chose ? Il ne libéra la es serfs (il fallut attendre 1861, et ce retard inouï explique beaucoup dans la psychè russe), fit revenir Pouchkine de son exil de Mikhaïlovskoié, devint son censeur personnel, lui donna accès aux archives quand Pouchkine voulut devenir historien (de la révolte de Pougatchev), mais en l’enfermant dans le rôle subalterne de gentilhomme de la cour, il le ligotait aussi, au moins extérieurement. Mais intérieurement la liberté et la mesure de Pouchkine ont défini pour longtemps ce qu’est la Russie éclairée. Passant du romantisme byronien à la quête ludique et ironique d’un héros dans son « Eugène Onéguine », passant du libertinage plaisant et sacrilège de la Gabriélade à une profonde compréhension du mystère du salut chrétien, passant de l’histoire d’une révolte encore récente à celle, bouffonne, du « bourg de Gorioukhino » (Chagrinbourg), Pouchkine a tout marqué de sa pétillante intelligence. Le descendant du nègre de Pierre le Grand a délimité, entre liberté et sens de l’Etat, le territoire de l’intelligence russe. Et comme tous les Russes le savent par cœur, il a délimité aussi l’âme nationale. Vient pour lui la disgrâce posthume : les nihilistes ne l’aiment pas, « Une paire de bottes vaut mieux que tout Pouchkine disait l’un d’eux, le très intelligent et paradoxal Pisarev.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 6 Mai 2009 à 09:41 | 4 commentaires | Permalien

Du site du diocèse de Chersonèse, les propos du patriarche Cyrille de Moscou à l'assemblée plénière de la Commission théologique synodale de l'Église orthodoxe russe:

"L'un des devoirs de la théologie aujourd'hui est de manifester la présence du Seigneur Jésus-Christ et de son Église dans la vie actuelle, dans notre contexte", a affirmé le patriarche, ajoutant que "nous avons besoin d'une pensée théologique créatrice", adaptée "à notre époque dynamique".

"Il convient aujourd'hui de contribuer par tous les moyens à la renaissance de la théologie russe afin qu'elle devienne effectivement un fondement intellectuel pour la vision du monde de nos contemporains", considère le patriarche Cyrille.

"Nous devons poursuivre le développement et l'ajustement de la doctrine sociale orthodoxe. Le temps passe, de nouveaux problèmes apparaissent, ils inquiètent nos fidèles et nos contemporains. Nous devons y donner une réponse ecclésiale, orthodoxe, traçant ainsi la voie que l'Église suivra pour aller prêcher et servir, dans l'accomplissement de sa mission dans le monde et la culture contemporaine". Selon le patriarche, cette mission "ne peut être accomplie si l'Église s'enferme dans un ghetto, dans l'isolement, derrières les murs érigés par la négation et le rejet de tout ce qui ne relève pas de notre propre subculture".

Rédigé par l'équipe de rédaction le 5 Mai 2009 à 11:22 | 3 commentaires | Permalien

Sainte Elisabeth : Princesse allemande, martyre russe
Un livre que l’on peut commander :
Sainte Élisabeth : Princesse allemande, martyre russe (Broché)
de Lioubov Miller, Editions « Temps et périodes »


L'auteur de l'ouvrage, Lioubov Miller, vit en Australie. Elle est née en Chine, en Mandchourie, dans une famille de réfugiés russes blancs qui, après avoir vécu la guerre civile de 1918-1922, puis les persécutions communistes, ont dû fuir jusqu'en Australie. Cet ouvrage, déjà traduit en plusieurs langues et plusieurs fois réédité, très documenté et écrit avec beaucoup d'émotion, est un salut rendu à une femme hors du commun, dont les bienfaits prodigués à ceux qui souffrent et le sacrifice de son existence continuent de porter leurs fruits. Ecoles, hôpitaux, associations d'aide aux enfants et aux adultes dans le besoin sont autant d'institutions caritatives qui se sont développées de par le monde à son instigation. Morte en martyre pendant la révolution russe, la grande-duchesse Élisabeth (1864-1918) a été canonisée par l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger en 1981, puis par le patriarcat de Moscou en 2000. Sa vie d'abnégation, son courage, sa foi et son amour absolu de l'autre ont profondément marqué son époque et continuent de marquer, dans le monde entier, des générations de croyants et de non-croyants, à qui elle offre simplement l'exemple de l'espoir et de l'amour infini.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 5 Mai 2009 à 09:37 | 0 commentaire | Permalien

Selon les études publiées par Amnon Ramon, de Jerusalem Institute for Israel Studies, et citées par l'agence de presse Interfax, au cours des soixante dernières années, le nombre des chrétiens vivant à Jérusalem a diminué de deux fois. Actuellement, la ville accueille 14 000 chrétiens, dont 2 600 religieux. En 1946, les chrétiens de Jérusalem était au nombre de 31 000 personnes. Ainsi, aujourd'hui, les chrétiens constituent 2 % de la population de Jérusalem, contre 20 % il y a soixante ans.

En revanche, le nombre de musulmans s'est beaucoup accru dans la Ville sainte. En 1946, ils étaient 30 000; actuellement, ils sont 230 000.

Parm les chrétiens, les plus nombreux à Jérusalem sont les catholiques (4 500). Les orthodoxes viennent à la deuxième place (3 500).

Rédigé par l'équipe de rédaction le 4 Mai 2009 à 12:10 | 7 commentaires | Permalien

Le père Lev Gillet signe souvent « un moine de l'Église d'Orient », homme d'une grande culture scientifique et littéraire, s'est trouvé mêlé à l'évolution de l'Église orthodoxe en Europe, en France et en Angleterre surtout, mais aussi à l'Est et au Liban. Ce catholique, qui devient orthodoxe sans renier le catholicisme et pour faire avancer l'œcuménisme, fut aussi un homme de haute spiritualité, comme en témoignent ses ouvrages et l'influence de ses séjours en France, au Liban (parmi la jeunesse) et en Angleterre. En novembre 1928 il devient le recteur de la paroisse Sainte-Geneviève-de-Paris, la première paroisse orthodoxe francophone. En 1938 il quitte Paris pour s’installer à Londres, dans le cadre du Fellowship of Saint Alban and Saint Sergius, organisme œcuménique voué au rapprochement entre l’Église anglicane et l’Église orthodoxe. Il reste en Angleterre jusqu’à son décès, faisant de nombreux voyages à l’étranger, notamment en France, en Suisse et au Liban, où il participe au renouveau spirituel de l’orthodoxie antiochienne.

http://www.oecumene.radiovaticana.org/

Rédigé par Nikita Krivochéine le 3 Mai 2009 à 06:49 | 0 commentaire | Permalien

L'Église russe et l'Islam
L'Église russe est fière à bon droit de ses bonnes relations avec l'Islam car la Russie constitue un cas exceptionnel de bonne entente pendent plus de 450 ans entre une forte minorité musulmane et une majorité chrétienne. Cela peut d'ailleurs constituer un exemple intéressant pour nos sociétés occidentales actuelles.

Tout commence avec l'annexion des khanats de Kazan et Astrakhan par Ivan le Terrible en 1552 et 1556, puis c'est toute la côte nord de la Caspienne, la côte de la mer Noire avec la Crimée, le Caucase et l'Asie Centrale qui sont conquis du XVII au XIXe siècles avec leurs populations musulmanes, si bien que les musulmans représenteront jusqu'à 30% des sujets de l'Empereur orthodoxe puis de l'URSS. La prise de Kazan entraînera bien la destruction des mosquées du kremlin, mais la Grande Catherine édictera les oukases de tolérance (1782 et 87)(1), autorisant la construction de mosquées en pierre et faisant éditer le Coran en arabe pour qu'il soit distribué gratuitement au Kirghizes. A partir de là il n'y aura plus de problème avec l'Islam en Russie, en dehors de l'exode des Tcherkesses à la fin de la conquête du Caucase, les Musulmans ayant moins de restrictions dans l'empire que les Juifs, en particulier au niveau militaire (pensons à la garde techerkesse de l'empereur, dont a fait partie le futur shah d'Iran, ou à la "division sauvage" de Kornilov), et ils résistent mieux que les chrétiens au pouvoir athée des Soviets. Ils seront d'ailleurs instrumentalisés par l'état soviétique pour servir sa politique au Proche Orient et dans le Tiers Monde et M. Vladimir Poutine continue: il a réussi le tour de force d’être le premier chef d’un État à majorité non musulmane invité à prendre la parole au sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe cinquante-sept États musulmans, le 10 octobre 2003. Un succès politique et diplomatique. En faisant valoir que la Fédération de Russie compte plus de 15 % de musulmans (2) et que huit de ses vingt et une républiques autonomes portent le nom de peuples musulmans (3), la Russie a obtenu le statut de membre observateur de cette organisation internationale. Et ce grâce à l’appui plutôt paradoxal de l’Arabie saoudite et de l’Iran (4).

Il faut dire que l'Islam russe est particulièrement modéré: sans remonter à Omar Khayam (qui a passé une grande partie de sa vie à Samarkand et dont les "rubaiyat", quatrains sont traduits et appréciés depuis longtemps en Russie), des spécialiste de l'Islam que j'ai rencontrés à Kazan m'ont expliqué que des théologiens du Tatarstan ont conseillé Ata Turk, dans les années 1920, et que leur école de théologie, au début du XXe siècle, avait développé la pensée que même les "infidèles" iraient au paradis car Allah, dans sa miséricorde infinie, supprimerait l'enfer… Thèse qui rappelle celle d'Isaak le Syrien chez les chrétiens!

Pour tout dire, Église Russe et Islam de Russie prennent souvent des positions communes contre les dérives du sécularisme actuel, en particulier au sein du Conseil interreligieux. De même le Conseil de muftis de Russie avait approuvé officiellement la déclaration de Sa Sainteté Alexis 2, de bienheureuse mémoire, devant le parlement de Strasbourg en octobre 2007.

Notes:

(1) Notons ce modernisme de la souveraine: 100 ans avant, le Roi Soleil avait révoqué l'Edit de Nantes (1685), en application du principe "Cujus Regio, Ejus Religio" (un prince, une religion) qui datait de Guerres de religion. Mais il est vari que la discrimination des Juifs est abolie en Europe Occidentale à cette époque là: Angleterre, Pays bas, puis France (1891, encore Louis XVI!).

(2) D'après le dernier recensement (2002), il y aurait 14,5 millions de musulmans en Russie, soit 10% de la population, mais le conseil des muftis conteste ce chiffre et considère qu,il y en a au moins 20 millions, soit 15% (cf. http://demoscope.ru/weekly/2003/0135/perep02.php). De plus, selon des analystes russes et occidentaux, la forte natalité des communautés musulmanes et l’immigration des républiques indépendantes d’Asie centrale devraient conduire à une nette augmentation dès 2010. Lire Dmitry Shlapentokh, « Islam and orthodox Russia : From eurasianism to islamism », Communist and Post-Communist Studies, Londres, n° 41, 2008, p. 27-46.

(3) Tchétchénie, Ingouchie, Daghestan, Adyghés, Kabardino-Balkarie, Karatchaevo-Tcherkessie, Bachkortostan et Tatarstan. Les plus importantes et les plus peuplées sont le Tatarstan et le Bachkortostan. Plus de la moitié des Tatars vivent à l’extérieur du Tatarstan ; à elle seule, la région de Moscou compterait un peu plus de musulmans que le Bachkortostan.

(4) "Le Monde diplomatique" cf. http://www.monde-diplomatique.fr/2008/12/LEVESQUE/16592

Rédigé par Vladimir Golovanow le 2 Mai 2009 à 17:51 | 4 commentaires | Permalien

Le site Orthodoxie.com a publié une recension de Jean-Claude Larchet sur l'ouvrage de Mgr Hilarion (Alfeyev), «L'Orthodoxie», tome 1, «Histoire et structures canoniques de l'Église orthodoxe». Très élogieuse pour l'ouvrage recensé, bien que non dépourvue de critiques fondées, cette recension lance plusieurs réflexions sur notre situation ecclésiologique. Je vous en propose ci-dessous un extrait qui a trait à la primauté et à la situation de la diaspora orthodoxe, que nous avons abordées sur ce blog dans plusieurs notes. En commentant les deux positions qui s'opposent, celle de Moscou et celle de Constantinople, et en soulignant leurs insuffisances canoniques réciproques, Jean-Claude Larchet nous permet, je trouve, d'approfondir ce débat en apportant des arguments intéressants. Voici ce texte:

La deuxième partie /du livre de Mgr Hillarion/, qui traite de "l'organisation canonique de l'Église dans le monde", se fonde sur le principe de l’Église locale qui est à la base de l’ecclésiologie orthodoxe traditionnelle, et c’est à bon droit que, après un exposé historique sur l'organisation canonique de l'Église orthodoxe à l'origine du christianisme et dans les siècles passés, elle formule des critiques sévères à l’encontre de l’ecclésiologie actuelle du Patriarcat de Constantinople. Il apparaît en effet que celle-ci est devenue, au cours des dernières décennies, très proche de l’ecclésiologie catholique romaine, notamment 1) par l’idée que l’Église aurait besoin d’un centre d’unité visible (le patriarche de Constantinople pour les Églises orthodoxes, et le pape pour toutes les Églises en cas d’un retour à l’unité); 2) par la prétention du patriarche de Constantinople à une juridiction universelle, qui le fait intervenir intempestivement en divers endroits du monde (y compris sur le territoire canonique des autres Églises orthodoxes) et souvent y doubler les hiérarchies orthodoxes existantes (ce qui fut le cas en Estonie ou en Ukraine, mais aussi en Amérique du Nord, «où existait déjà une Église orthodoxe, présidée par un évêque russe» et où «la création d’une juridiction dépendant de Constantinople divisa l’orthodoxie américaine» [p. 295]); 3) par l’affirmation que la primauté du patriarche de Constantinople doit être non pas une primauté d’honneur mais une primauté de droit et de pouvoir (voir par exemple les déclarations du métropolite Jean de Pergame à Rome en mai 2003, lors du colloque sur «Le ministère pétrinien»). L’auteur doute même que dans les conditions actuelles le patriarche de Constantinople soit apte à jouer «le rôle d’arbitre suprême» dans la mesure où «la plupart des conflits inter-orthodoxes tournent autour du Patriarcat de Constantinople», et note que son rôle n’est pas indispensable : les différends entre les Églises peuvent en fait être aussi bien réglés par des pourparlers entres elles, par la médiation d’une troisième Église (quelle qu’elle soit) ou par des assemblées inter-orthodoxes (p. 294).L'auteur rejette, comme l'a fait récemment dans un document officiel le patriarche Alexis II (mais aussi comme le font de nombreux canonistes), la prétention du patriarche de Constantinople, se fondant sur une interprétation abusive du canon 28 du IVe Concile œcuménique, à exercer sa juridiction en dehors de son territoire canonique qui comporte l'actuelle Turquie, la Grèce du Nord et certaines îles méditerranéennes (p. 295).

Cependant l’ecclésiologie présentée ici reflète aussi pour une part les positions écclésiologiques récentes de l’Église russe (développées surtout sous l’égide du mentor de Mgr Hilarion, l’ex-métropolite, actuel patriarche Kirill), qui poussées dans leurs conséquences logiques (qui n’apparaissent pas ici, mais que l’on trouve dans les déclarations de l’ex-métropolite, actuel patriarche Kirill, et dans certaines déclarations officielles de Mgr Hilarion lui-même), paraissent également problématiques sur plusieurs points.

1) La notion de territoire canonique reste assez floue et paraît assez largement dépendante de frontières politiques variables au cours du temps. Ainsi, peut-on dire que le territoire canonique de l’Église serbe est constitué «par les pays ayant fait partie de l’ex-Yougoslavie» (p. 296) alors que celle-ci est une création de la première moitié du XXe siècle, réalisée pour une part par la monarchie serbe et pour une autre part par Tito, et qu'elle a maintenant disparu? Peut-on étendre le territoire canonique de l’Église russe à tous les pays de l’ex-empire russe ou de l’ex-URSS (cf. p. 296) alors qu’il s’agit, pour beaucoup, de pays ayant leur culture, leur langue et leur histoire propres avant qu’ils n’aient été, à une époque relativement récente, annexés à l’empire russe ou à l’ex-URSS telle qu’elle a été constituée par Staline, et que leur unité, réalisée artificiellement, n'a jamais été une unité proprement territoriale?

2) Ces positions n’apportent pas une solution satisfaisante au problème de la diaspora, qui est située en dehors du territoire des Églises orthodoxes locales actuelles. L’affirmation de l’ex-métropolite, actuel patriarche Kirill selon laquelle «les diocèses du Patriarcat de Moscou dans la diaspora n’ont pas le statut de diocèses ordinaires, et n’entraînent donc pas de juridiction locale» (Moscou, 02.12.2007) paraît en contradiction avec les principes de l’ecclésiologie fondée sur le principe de territorialité qu’il développe par ailleurs en le considérant comme une norme absolue.

3) Ces positions amènent dans la pensée de leurs promoteurs, par une sorte de logique interne, mais aussi en vertu de divers facteurs de politique ecclésiastique, la reconnaissance de l’Europe comme territoire canonique de l’Église de Rome, ce qui paraît étrange dans la mesure où l'Église catholique n'est pas en communion avec l'Église orthodoxe et où les deux Églises ne se reconnaissent même pas mutuellement comme Église (voir infra). L’Église russe a développé cette ecclésiologie depuis la chute du communisme a) en espérant d’une part échapper aux prétentions du Patriarcat de Constantinople qui, depuis qu’il a été réduit à quelques milliers de fidèles sur son principal territoire propre (l'actuelle Turquie), a développé, au moyen de ses prélats (en charge pour la plupart de diocèses fictifs «in partibus» et entièrement disponibles pour des activités diplomatiques), une politique active de conquête de nouveaux territoires dans le monde entier, et notamment auprès de pays de l’ex-URSS, mettant à profit la volonté d’indépendance vis-à-vis de Moscou d’une partie de la population locale; b) en pensant, d’autre part et surtout, contrer la politique d’uniatisme de l’Église catholique romaine qui s’est redéployée lors de la chute du communisme. L’Église russe a tenté de conclure un marché tacite avec l’Église de Rome dont les termes peuvent être ainsi résumés: «Vous arrêtez votre politique d’uniatisme et cessez de créer des diocèses et d’envoyer des missionnaires sur le territoire de l’ex-URSS; en échange, nous ne nommons pas d’évêques locaux sur votre territoire historique que nous reconnaissons comme étant votre territoire canonique, et nous n’y faisons aucun prosélytisme». Ce principe a été appliqué scrupuleusement par l’Église russe qui, par exemple 1) a continué à nommer en Europe des évêques titulaires de diocèses dont la dénomination est sans rapport avec leur territoire pastoral réel ; 2) n’hésite pas à affirmer que ses propres églises en Europe relèvent du territoire canonique de l’Église de Rome (rappelons cette stupéfiante déclaration du métropolite Kirill à l’évêque catholique du lieu lors de la consécration de la première église du Patriarcat de Moscou en Espagne le 11.11.2007: «Étant donné que nous sommes dans ce diocèse dont vous avez la charge, je vous demande de bien vouloir procéder à la bénédiction de cette église»); 3) limite son activité pastorale à ses propres ressortissants, cultive son identité ethnique et linguistique et ne fait d’effort significatif ni pour s’adapter aux cultures locales et s’exprimer dans leurs langues propres, ni pour y contribuer à la formation d’Églises orthodoxes locales. Ce marché, cependant, ressemble fort à un «marché de dupes», puisque le Vatican : 1) ne reconnaît pas à l’Église russe (ni aux autres Églises orthodoxes) la qualité d’Église (voir les documents de la Congrégation pour la doctrine de la foi : «Sur l’expression “Églises sœurs”» [30.06.2000] et «Subsistit in» [29.06.2007]); 2) continue à créer des diocèses sur les territoires canoniques des Églises locales orthodoxes ; 3) encourage le prosélytisme en Russie comme dans tous les autres territoires orthodoxes, en faisant un devoir aux fidèles catholiques d’évangéliser tous les non-catholiques quels qu’ils soient, donc aussi les orthodoxes (voir le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi: «Note doctrinale sur l’évangélisation» [14.12.2007]).

Il est assez difficile de dire, en l’état actuel, si ces principes de l’ecclésiologie de l’Église russe (avec toutes leurs conséquences logiques et pratiques) vont être maintenus par le nouveau patriarche et par Mgr Hilarion, devenu son successeur dans la gestion des relations avec les autres Églises. L’actuel patriarche Kirill a, par le passé, su parfois exprimer des positions fermes face à l’arrogance du pape Benoît XVI. Après le refus par ce dernier de reconnaître la qualité d’Église à l’Église orthodoxe, le métropolite Kirill a déclaré sans ambages: «L'Église orthodoxe est l'héritière de plein droit, selon la ligne apostolique, de l'Église Une et ancienne. C'est pourquoi nous rapportons avec plein droit à l'Église orthodoxe tout ce qui a été formulé dans le document catholique [«Subsitit in»]». Mgr Hilarion a quant à lui, lors de la dernière réunion de la commission mixte catholiques-orthodoxes à Ravenne, fait, de manière éclatante, la preuve de sa capacité de résister aux prétentions de type catholique-romain du Patriarcat de Constantinople et, à travers cela, aux fausses conceptions de l’unité et de l’universalité de l’Église et de la primauté en son sein, que soutient depuis plusieurs siècles l’Église latine et, avec une vigueur nouvelle, le pape Benoît XVI.

Notes:

(1) http://www.orthodoxie.com/2009/04/recension-%C3%A9v%C3%AAque-hilarion-alfeyev-lorthodoxie-tome-1-histoire-et-structures-canoniques-de-l%C3%A9glise-or.html#more

(2) Laïc orthodoxe, Jean-Claude Larchet est docteur es lettres et sciences humaines, docteur en théologie, et docteur d'État en philosophie. Théologien connu, auteur de nombreux livres et articles en particulier sur la patristique et St Maxime le Confesseur.

Rédigé par Vladimir Golovanow le 1 Mai 2009 à 23:13 | 15 commentaires | Permalien

Plusieurs lecteurs nous demandent où en est le dialogue officiel entre les orthodoxes et les catholiques en France. Il y existe un Comité mixte catholique-orthodoxe. En réalité les informations sont difficiles à obtenir ! Il est presque impossible de savoir qui fait partie de ce comité et de quoi on y parle en ce moment. Pourtant il semblerait que ce soit le seul Comité de ce genre en Europe. Et on se plaint après que l’œcuménisme soit devenu une affaire de spécialistes…

Une chose est sûre : ce Comité est sous la haute main du patriarcat de Constantinople. Son coprésident orthodoxe est imposé à vie par ce même patriarcat , semble-t-il sans aucune consultation des membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Ce coprésident de Constantinople en nomme seul les membres orthodoxes (qui sont évidemment presque tous du patriarcat de Constantinople), nomme le secrétaire (devinez de quel patriarcat…). Lorsque l’on connaît les différences d’ecclésiologie (surtout en ce qui concerne la question des « diasporas » ou la question de la primauté) entre Constantinople et les autres Églises orthodoxes (les Russes, Roumains et Serbes contestant de plus en plus ouvertement les positions de Constantinople), cela laisse songeur…

C’est dommage, car le dialogue théologique est important. Ici encore, l'instrumentalisation du dialogue au profit d'une seule juridiction nuit à son efficacité et à sa justesse.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 1 Mai 2009 à 18:14 | 13 commentaires | Permalien

Une dépêche de l'Agence France Presse:

TBILISSI, 28 avr 2009

Le patriarche orthodoxe géorgien Élie II a rencontré mardi les chefs de l'opposition géorgienne, pour tenter de mettre fin aux manifestations de protestation qui se poursuivent à Tbilissi depuis le 9 avril.

"J'espère que la situation dans notre pays se calmera bientôt et que la joie remplacera le chagrin", a déclaré le patriarche, qui a proclamé mardi une journée de "repentir national", lors d'un sermon transmis par la télévision géorgienne.

Pour sa part, le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a assisté au sermon, a appelé les leaders de l'opposition à mettre de côté leur rivalité politique et commencer les négociations.

"Nous devons être libre de haine. Nous pouvons avoir des opinions différentes, ne pas être d'accord sur certaines demandes radicales, mais notre patrie doit être au-dessus de toutes ces divergences", a dit Mikheïl Saakachvili, selon les images télévisées.

Après la rencontre avec le patriarche, un dirigeant de l'opposition, Irakli Alassania, ancien ambassadeur géorgien à l'ONU, s'est déclaré prêt à entamer un dialogue avec le président géorgien, si cela pouvait aboutir à des "résultats concrets".

"Un dialogue n'est pas exclu. Nous sommes prêts à une rencontre", a dit M. Alassania, considéré comme un opposant modéré.

Les autres chefs de l'opposition ne se sont pas montrés enclins à parler d'un éventuel compromis sur leur exigence principale qui est la démission de Mikheïl Saakachvili.

Les opposants occupent la place centrale de Tbilissi depuis le 9 avril. Les manifestants appellent au départ du chef de l'Etat, accusé de dérive autoritaire et d'avoir mal géré la guerre en août avec la Russie.

M. Saakachvili a à plusieurs reprises rejeté ces appels, proposant en revanche des négociations sur des réformes démocratiques.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 1 Mai 2009 à 18:04 | 21 commentaires | Permalien

La question posée par notre nouveau sondage (en gardant en esprit les réserves techniques formulées précédemment), nous pose évidement un problème fondamental sur la manière de vivre notre foi. La Liturgie est en effet au centre de notre foi, de notre vie de chrétien, de la vie de l'Église, comme le montre en particulier le livre du père Alexandre Schmemann que j'avais déjà cité (1) (il le fait de façon magistrale et, je crois, pour la première fois avec cette approche et en ces termes accessibles à chaque croyant). Il est donc évident à tous, je pense, que la question posée est essentielle; elle fait d'ailleurs l'objet de débats passionnés dans tout le monde orthodoxe. Pourtant, pour ce qui me concerne, aucune réponse proposée ne me semble satisfaisante. Peut-être, ce sujet complexe ne peut-il être ainsi simplifié?

Je vous propose ci-dessous un petit extrait du livre de p. Alexandre (p. 87) qui a directement trait à la question posée:

Une fonction essentielle de la tradition liturgique est de garder en plénitude la vision et la doctrine chrétiennes du monde, de l'Église, de I'homme, une plénitude qu'aucun individu ni aucune époque ni aucune génération ne sont capables à eux seuls de comprendre et de conserver. Tout de même que le fait chacun de nous, chaque culture ou société "choisi", inévitablement dans le christianisme ce qui correspond à ses "besoins" , ou à ses problèmes. Aussi est-il d'une importance majeure que la "Tradition", I'organisation, les définitions dogmatiques et la rège de prière de l'Église ne permettent d'identifier avec le plérome de la révélation chrétienne aucun de ces choix ni les jugements et adaptations qui les accompagnent immanquablement.

Or il se produit sous nos yeux, dans le christianisme occidental, un processus de réévaluation de la tradition en fonction de sa correspondance avec les "besoins du temps" et les. "problèmes de I'homme d'aujourd'hui". Et ce sont justement cet "homme" et la culture "moderne" qui représentent les critères d'appréciation de ce qui serait permanent et de ce qui serait caduc dans le christianisme, à peu près sans discussion. Pour mieux servir cette ' modernité ', certains sont disposés à évacuer de l'Église tout ce qui leur paraît "non pertinent","inactuel", (irrelevant). C'est la sempiternelle tentation du modernisme qui secoue périodiquement I'organisme ecclésial. Aussi, quand il est question de telle ou telle coutume ou tradition "désuètes'' est-il indispensable de faire preuve de Ia plus grande prudence et de se demandent non pas si elles correspondent à Ia " modernité", mais si elles expriment quelque chose de constant et de substantiel dans le christianisme, quand même elles sembleraient "dépassées".


(1) P. Alexandre Schmemann. L'EUCHARISTIE Sacrement du Royaume. Traduit par Constantin Andronikov. L'Échelle de Jacob. Editions ŒIL - YMCA.PRESS.

Rédigé par Vladimir Golovanow le 30 Avril 2009 à 16:33 | 0 commentaire | Permalien

Nouvelle page dans les relations entre le patriarcat de Moscou et l'Etat ukrainien?
La rencontre entre Ioulia Tymochenko, premier ministre de l'Ukraine, et le patriarche Cyrille au monastère Saint-Daniel de Moscou va-t-elle appaiser les relations un peu tendues ces dernières années entre le patriarcat de Moscou et l'État ukrainien?

Selon le site officiel de l'Église russe, le patriarche Cyrille s'est réjoui de cette rencontre, soulignant que la Russie et l'Ukraine "ne sont pas seulement deux pays orthodoxes, mais deux pays liés par une tradition commune, par la même histoire et par une seule Église".

"Pour l'Église orthodoxe russe, Kiev est notre Constantinople, avec sa Saint-Sophie. C'est le centre spirituel de l'orthodoxie russe. C'est ainsi que nous percevons Kiev, comme la capitale méridionale de l'orthodoxie russe", a affirmé le patriarche. Il a déclaré aussi son intention à faire tout ce qui était en son pouvoir "pour contribuer à développer les relations entre la Russie et l'Ukraine, pour que toutes les difficultés soient surmontées". Il a ajouté qu'il ne s'agissait pas là, pour lui, d'une tâche secondaire, mais d'un devoir de première importance.

De son côté, Ioulia Tymochenko a assuré que l'Église orthodoxe russe trouvera toujours un soutien amical auprès du gouvernement ukrainien. Elle a invité le patriarche à se rendre à Kiev et proposé son aide dans l'organisation de cette visite.

On peut voir une vidéo de cette visite à cette page.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 30 Avril 2009 à 13:21 | 1 commentaire | Permalien

Selon l'agence de presse Interfax, la conférence récente de l'Organisation des Nations Unies à Genève a finalement mentionné la discrimination des chrétiens dans le document sur la lutte contre le racisme et la xénophobie.

Dans la déclaration finale, les participants se disent préoccupés par "la croissance de l'intolérance raciste et religieuse, y compris l'islamophobie, l'antisémitisme, la christianophobie et l'anti-arabisme".

Récemment, sur notre blog, il y a eu un petit débat sur les propos du père Georges Riabykh, vice-président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, au sujet de la nécessité de condamner la christianophobie au même titre que la discrimination contre les autres religions. Cet article se trouve ici.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 30 Avril 2009 à 13:13 | 1 commentaire | Permalien

N'est-il pas encore plus nécessaire à la lumière de ces tristes statistiques de resserrer les liens entre les deux Églises les plus nombreuses du monde moderne, catholique romaine et orthodoxe russe? Cela dans le respect des dogmes de chacun. Pour mieux, ensemble, faire front face à l'avancée de la sécularisation.


VARSOVIE, 28 avr 2009 (AFP) - La baisse des vocations se confirme dans l'Église catholique de Pologne, affirme l'Agence France Presse.

L'Église catholique de Pologne, qui a longtemps connu un boom des vocations sacerdotales, a enregistré en 2008 une nouvelle baisse du nombre de nouveaux séminaristes, selon un rapport du Conseil épiscopal aux vocations, publié mardi.

Cette baisse de 10% intervient après une chute de 25% enregistrée en 2007.

Pour l'année scolaire 2008-2009, les séminaires diocésains ont accueilli 695 nouveaux adeptes, contre 786 un an plus tôt. Le nombre total des séminaristes est passé en un an de 4.257 à 4.029.

Le nombre de nouveaux candidats à la vie monastique est aussi en baisse, 653 contre 708 il y a un an chez les hommes et 362 contre 424 chez les femmes.

Le chef du Conseil des vocations, Mgr Wojciech Polak, attribue cette baisse à quatre facteurs principaux: un creux de la courbe démographique, l'émigration de nombreux Polonais à la recherche de travail à l'étranger, une image négative de l'Eglise présentée, selon lui, par les médias, ainsi qu'une "culture anti-vocations" qui domine chez les jeunes aujourd'hui.

En Pologne, pays de 38 millions d'habitants, plus de 90% de la population se déclare catholique.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 29 Avril 2009 à 10:00 | 9 commentaires | Permalien

Le premier ministre bulgare reconnaissant à l'Eglise russe pour le soutien à l'Eglise canonique de Bulgarie
A l'issue de la rencontre le 28 avril avec le patriarche Cyrille de Moscou, le premier ministre bulgare Sergueï Stanichev a remercié l'Église russe pour le soutien à l'Église orthodoxe de Bulgarie, confrontée à un schisme. Récemment, la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu les prétentions de "l'Église" dissidente bulgare à un certains nombre de lieux du culte. "Le côté bulgare a fait appel à la Cour européenne des droits de l'homme et je remercie les experts de l'Église orthodoxe russe pour leur aide", a déclaré S. Stanichev.

Le premier ministre a rappelé que le schisme au sein de l'orthodoxie bulgare, survenu dans les années 1990, avait un caractère politique et qu'actuellement "il n'y a qu'une Église orthodoxe sous la direction du patriarche Maxime". Il s'étonne d'ailleurs que cette question soit soulevée par le tribunal de Strasbourg: "La question de l'unité de l'Église orthodoxe de Bulgarie ne peut pas être soulevée. Il y a eu un schisme dans les années 1990 qui était politique... Il a été résolu par les moyens canoniques, c'est-à-dire par un concile, soutenu ouvertement par toutes les autres Églises orthodoxes". Ce n'est donc pas aux tribunaux internationaux d'y revenir.

Source: Interfax

Rédigé par l'équipe de rédaction le 28 Avril 2009 à 18:45 | 0 commentaire | Permalien

Patriarche Cyrille: "Les biens matériels de l'Eglise doivent servir aux fidèles"
Le dimanche 26 avril, le patriarche Cyrille de Moscou, en concélébration avec le métropolite Jonas, primat de l'Église orthodoxe autocéphale en Amérique, a présidé la première ordination épiscopale depuis son élection. Ils ont ordonné Mgr Tikhon (Zaïtsev), ancien chef de la Mission russe à Jérusalem, nommé le 30 mars dernier auxiliaire du diocèse de Moscou et président de la commission financière et économique du patriarcat.

En remettant au nouvel évêque la crosse pastorale, le patriarche Cyrille a rappelé que "l'évêque est avant tout le gardien de la pureté de la foi et de l'unité de l'Église". "La parole de l'évêque doit aujourd'hui être particulièrement convaincante, a ajouté le patriarche, et son exemple moral fort et irréprochable". Il a appelé également le nouvel évêque à "servir les faibles et les pauvres et à porter secours aux groupes les plus démunis de la société".

Le patriarche a dénoncé "la corruption largement répandue aujourd'hui" et exhorté Mgr Tikhon dans son activité financière à "donner l'exemple de l'acquisition et de la dépense honnête des moyens à sa disposition." "Les biens matériels de l'Église, a conclu le patriarche Cyrille, doivent servir aux fidèles, contribuant à leur croissance spirituelle".

Rédigé par l'équipe de rédaction le 27 Avril 2009 à 14:10 | 0 commentaire | Permalien

Dépêche de l'Agence France Presse:

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko a été reçu lundi par le pape Benoît XVI au Vatican, dans le cadre de sa première visite en Europe occidentale depuis 1996, a annoncé le Saint-Siège dans un communiqué.

"Nous nous verrons au Bélarus si Dieu le veut", a déclaré le président Loukachenko, à l'issue de la rencontre qui a duré une vingtaine de minutes.

Le Vatican n'a pas donné d'indication sur le contenu des discussions.

Le président Loukachenko avait indiqué samedi qu'il avait l'intention de transmettre une série de questions préparées avec le patriarche Cyrille de Moscou au pape Benoît XVI.

Il s'agit de la première rencontre entre M. Loukachenko et Benoît XVI. Le président bélarusse s'était entretenu à Minsk en juin 2008 avec le numéro deux du Vatican le cardinal Tarcisio Bertone.

Les rapports entre le Vatican et l'Église orthodoxe russe sont tendus depuis de longues années, le patriarcat de Moscou accusant les catholiques de prosélytisme en Russie, un reproche que ces derniers rejettent.

Mais le nouveau patriarche russe, intronisé début février, paraît apte à améliorer ces épineuses relations: comme "ministre des Affaires étrangères" du patriarche Alexis II, mort en décembre, il a rencontré trois fois le pape Benoît XVI.

Le président du Bélarus, longtemps qualifié de "dernier dictateur d'Europe", doit être reçu à dîner dans la soirée par le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a-t-on par ailleurs indiqué de source diplomatique.

Rome appellera le président Loukachenko à respecter "les droits et libertés fondamentales", a indiqué le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini dans une lettre ouverte publiée lundi par le Corriere della Sera.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 27 Avril 2009 à 12:44 | 1 commentaire | Permalien

BERLIN, 26 avr 2009 (Agence France Presse)

Les Berlinois ont rejeté dimanche lors d'un référendum local une revalorisation des cours de religion dans les écoles de la capitale allemande, qui continueront donc à organiser des leçons d'"éthique" obligatoires pour tous les élèves, quelles que soient leurs origines. 51,3% des votants ont rejeté une réforme qui prévoyait que les élèves aient le choix entre ce cours d'éthique et un cours portant sur la religion de leur choix, selon des résultats définitifs communiqués à 19h00 GMT. Ces résultats montrent un très net clivage entre l'ancien Berlin-Est communiste, très peu religieux, et les quartiers plus bourgeois et conservateurs de l'ancien Berlin-Ouest.

Ainsi, le "oui" a recueilli 66,3% des voix dans le quartier de Steglitz-Zehlendorf ou 69,2% à Spandau, dans l'ouest de la capitale. A l'inverse, le "non" s'est imposé à plus de 77% à Marzahn ou à Lichtenberg, dans l'ancien Berlin-Est. Du fait d'une participation très faible (29,2%), les partisans de la réforme auraient de toute façon échoué, même si le "oui" l'avait emporté de justesse, car le texte devait être approuvé par au moins 25% des 2,4 millions d'électeurs inscrits. Or, seuls 14,2% des inscrits ont finalement voté "oui". Soutenue par des partis politiques de droite, par les Eglises catholiques et protestantes, par la communauté juive et par une partie de la communauté musulmane, l'association "Pro Reli", à l'origine de ce scrutin, espérait imposer cette réforme à la municipalité de gauche, qui n'en voulait pas.

L'archevêque Robert Zollitsch, chef de l'Eglise catholique d'Allemagne, a regretté dans un communiqué le "résultat douloureux" de la consultation. Mais il s'est félicité que, grâce à celle-ci, la foi et la religion ont été présentes dans les rues et dans le débat public comme jamais auparavant". Ce débat complexe ne portait pas sur la place de la foi dans l'espace public - l'Allemagne ne connaît pas la notion de laïcité - mais plutôt sur la manière de transmettre des valeurs dans une ville multiculturelle et de moins en moins religieuse, notamment dans l'ancien Berlin-Est. Après un sanglant crime dit "d'honneur" au sein de la communauté turque, qui avait ému tout le pays, la mairie avait imposé en 2006 un cours d'éthique obligatoire pour tous, avec l'idée affichée de rassembler dans une même classe les élèves de toutes origines et de toutes confessions. Le cours de religion, lui, reste une option, que les élèves peuvent suivre, s'ils le souhaitent, en plus de l'éthique. C'est justement ce que contestaient les membres de "Pro Reli": ils voulaient que les élèves aient le choix entre l'éthique et la religion, comme c'est le cas dans la plupart des autres Etats régionaux (Länder) d'Allemagne. "Un cours d'éthique obligatoire, imposé par l'Etat, démontre un manque de tolérance", ont-ils martelé. Le référendum a été précédé d'un débat public et d'une campagne électorale animée. Ces dernières semaines, des milliers d'affiches pour le "oui" et le "non" avaient recouvert les murs de la capitale, dont certaines à l'effigie de stars de la télévision ou du football, engagées dans l'un ou l'autre camp. La chancelière Angela Merkel, fille de pasteur, était elle-même intervenue dans la campagne, quoique tardivement, en faveur du "oui". "Je souhaite que le plus possible de Berlinoises et de Berlinois votent oui", avait-elle dit vendredi.

Rédigé par Nikita Krivochéine le 27 Avril 2009 à 08:15 | 0 commentaire | Permalien

Le Bon Dieu sans confession?
Une nouvelle initiative (cf. le blog Moinillon.net): « Selon l'instruction du Patriarche <Cyrille de Moscou> — qui est parvenue au clergé par le biais des doyens ecclésiastiques : la nuit de Pâques, il faut autoriser la communion sans confession.» «Согласно доведенному до духовенства отцами-благочинными распоряжению Святейшего, на пасхальную ночь всех допускать до причастия без исповеди.»
(source : pretre-philippe.livejournal.com)

Cette innovation fait, en Russie, l'effet d'une révolution mais, en allant à la source, on trouve des précisions: les instructions précisent qu'on ne doit pas faire communier les personnes en état d'ébriété, mais des prêtres se demandent comment les reconnaître de loin, et que faire avec ceux qui affichent leur péché sans montrer aucune contrition?..

Conclusion: il serait important de connaître la teneur exacte de cette recommandation…

Est-ce le premier signe de ces "changements sans réformes" que prônait Mgr Cyrille avant son élection comme patriarche et que certains appellent de leurs vœux?

Rédigé par Vladimir Golovanow le 27 Avril 2009 à 02:45 | 4 commentaires | Permalien

Vous avez été plusieurs centaines à répondre à notre question sur le calendrier pascal. Merci beaucoup de cette participation ! Voici les résultats de ce sondage:

Pour 50 % de répondants, il faut laisser le calendrier pascal tel qu'il est, avec ses différences.

Pour 42 %, il est nécessaire pour tous les chrétiens d'arriver à célébrer Pâques le même jour.

Pour 5 %, il faut suivre le calendrier pascal du pays où l'on vit (par exemple, orthodoxe en Russie, occidental en France).

Pour 2 %, la fête de Pâques devrait été fixe.

Rédigé par l'équipe de rédaction le 27 Avril 2009 à 02:29 | 3 commentaires | Permalien

Alexandre Avdéev, ministre de la culture de la Fédération de Russie, a déclaré que le statut des biens de nature religieuse se trouvant en possession des musées du pays doit être déterminé conformément à la loi. L'Église, de même que les musées doivent agir de sorte à ce que l'avenir de chacun des musées soit déterminé dans le respect de la législation. Il arrive, a dit le ministre, que des conflits surviennent entre les et l'Église, cela rend très difficile le partage des collections. Dans l'ensemble les représentants du clergé et les responsables des musées perviennent à s'entendre. Les biens meubles ont commencé il y a longtemps à être transmis à l'Église. Q'il s'agit d'icône nous exigeons des paroisses des conditions de conservation satisfaisantes. Un projet de loi portant sur la transmission à l'Église des biens de nature religieuse se trouvant dans les musées est en cours d'élaboration. Il sera bientôt soumis à la Douma. Il est important, a conclu M. Avdéev, d'éviter toute manifestation d'extrémisme.

Source: Interfax

Rédigé par Nikita Krivochéine le 26 Avril 2009 à 16:37 | 1 commentaire | Permalien

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