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Fête onomastique de la cathédrale de la Sainte Trinité à Paris



Le 31 mai 2026 – fête de la Pentecôte (jour de la Sainte Trinité) – fête onomastique de la cathédrale de la Sainte Trinité à Paris, église principale de l’Exarchat d’Europe occidentale.
 
Les festivités patronales et la célébration de la Divine Liturgie en la cathédrale située quai Branly furent présidées par Son Éminence Marc, Exarque patriarcal en Europe occidentale, métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale.
 
Selon la pieuse tradition, l’église avait été ornée de fleurs et de branches d’arbres.
 
Au cours de l’office, Son Éminence étant entouré de : prêtre Maxim Politov, secrétaire de l’administration diocésaine de Chersonèse, ainsi que des clercs de la cathédrale : l’archiprêtre Igor Trofim, le prêtre Daniel Naberejny, le prêtre Anton Sidenko, le prêtre Euphrassiy Desanlis, le protodiacre Nicolas Rehbinder, le diacre Roman Onica et le hiérodiacre Denis (Volkov).
 
La Divine Liturgie fut célébrée en slavon et en français.
 
Après le renvoi de la Liturgie, le métropolite Marc et le clergé célébrèrent les grandes vêpres avec les prières de génuflexion. 
 
Au début des vêpres, la prière au Saint-Esprit « Roi céleste » fut chantée par toute l’assemblée. Ensuite, conformément au Typikon, des intentions particulières ont été ajoutées aux demandes habituelles de la grande litanie : « pour le peuple ici présent et attendant la grâce du Saint-Esprit » et « pour ceux qui inclinent leurs cœurs devant le Seigneur et fléchissent les genoux ». Puis fut proclamé le prokimenon festif sous forme de dialogue : « Quel Dieu est grand comme notre Dieu ? Tu es le Dieu qui opère des merveilles » (Ps 76), par lequel la Sainte Église, grâce à la voix du diacre, glorifie la grandeur de Dieu.
 
La principale particularité des grandes vêpres de la Pentecôte est la lecture des prières de génuflexion composées par saint Basile le Grand au IVe siècle.
 
Dans la première prière, adressée à Dieu le Père, sont reconnues la condition pécheresse de la nature humaine et exprimée la gratitude pour la venue dans le monde du Fils de Dieu.
 
Dans la deuxième, les fidèles demandent à Dieu le don du Saint-Esprit, qui les guide et les fortifie dans l’accomplissement des commandements divins et dans la quête de la vie bienheureuse.
 
Dans la troisième, adressée au Fils de Dieu qui a accompli toute l’œuvre du salut du genre humain, l’Église, par la voix du clergé, prie pour le repos des âmes de nos pères et frères défunts. Cette prière, la plus longue des trois, contient également une supplication « pour ceux qui sont retenus dans les enfers » et afin que le Seigneur leur accorde le repos « dans un lieu lumineux, un lieu verdoyant, un lieu de fraîcheur ».
 
Les vêpres festives s’achèvent par un congé particulièrement poétique : « Toi qui T’es dépouillé du sein paternel et divin et qui es descendu du ciel sur la terre… ». Dans cette longue formule introductive sont glorifiées toutes les œuvres salvatrices du Seigneur, depuis l’Incarnation jusqu’à la mort sur la Croix et à l’envoi du Saint-Esprit sur les Apôtres.
 
À l’issue des grandes vêpres, tous effectuèrent une procession autour de l’église. Puis l’Exarque patriarcal s’adressa aux fidèles réunis en la cathédrale par une homélie archipastorale:
 
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Aujourd’hui, chers frères et sœurs, nous célébrons la Pentecôte, fête que nous appelons jour de naissance de l’Église chrétienne. Mais qu’est-ce que l’Église ? Réfléchissons-nous réellement au sens de ce mot ? Nous prononçons souvent le mot “Église”, mais comprenons-nous sa véritable nature ?

Lorsque nous voyons un édifice religieux, nous disons : “Voilà une église.” Pourtant, l’Église n’est ni pierre, ni brique, ni même croix ou icônes. L’Église est une réalité bien plus profonde. L’Église est le Corps du Christ (cf. 1 Co 12, 27).

L’Église, ce sont les hommes. Non pas simplement des hommes, mais ceux que le Seigneur Lui-même appelle. En grec ancien, le mot ἐκκλησία signifie précisément l’assemblée des appelés. L’Église est constituée de ceux qui ont été appelés non par nous, mais par Dieu.

C’est Dieu Lui-même qui a appelé les apôtres ; les Évangiles nous racontent comment Jésus Christ a appelé les Douze. Et c’est par les apôtres du Christ, grâce au don du Saint-Esprit, que l’Église est fondée. Elle naît lorsque la communauté des disciples est unie par un seul Esprit : le Saint-Esprit.

Le Saint-Esprit donne la vie. Le Christ l’appelle le Consolateur (cf. Jn 14, 16). Mais le Saint-Esprit n’est pas seulement un consolateur. Lorsque le Seigneur Jésus Christ fait ses adieux à Ses disciples, Il ne dit pas que le Saint-Esprit les consolera simplement parce qu’ils sont séparés de leur Maître. Bien au contraire. Que fera donc le Saint-Esprit, que le Christ appelle le Paraclet ?

Le mot “Paraclet” signifie littéralement “celui qui se tient à proximité”, “celui qui est appelé à l’aide”. On le traduit parfois par avocat, assistant, protecteur, défenseur ou maître.

Jésus Christ dit que le Saint Esprit rappellera aux disciples tout ce que leur a enseigné leur Maître. Il leur apprendra toutes choses.

L’Église est là où est le Saint Esprit. Car le Saint Esprit est notre Protecteur, notre Guide, notre Défenseur et, bien sûr, notre Consolateur. Et nous tous, en tant que membres de l’Église, sommes nés spirituellement au Cénacle de Sion lorsque le Saint Esprit est descendu sur les apôtres.

L’Église est une communauté qui n’a pratiquement pas de frontières. Ce sont des hommes dispersés dans le monde entier, professant une même foi et animés par le même Saint Esprit. L’Église comprend aussi ceux qui ont quitté ce monde et se trouvent désormais auprès de Dieu. Tous sont membres du Corps du Christ.

Les hommes de notre temps ne comprennent pas toujours ce qu’est l’Église. Ils la réduisent parfois à une société terrestre limitée et affirment que l’Église peut pécher ou que les hommes sont en mesure de jeter l’ombre sur l’Église. Mais lorsqu’un membre de l’Église commet un péché, c’est un péché contre l’Église elle-même ; il se place ainsi, en quelque sorte, en dehors d’elle.

Il ne faut pas penser que si quelqu’un, même portant une croix ou une encolption, prononce des paroles contraires à l’enseignement de l’Église, qu’il exprime pour autant l’opinion de l’Église ou compromet celle-ci. Non. L’Église est bien au-dessus de l’opinion de tout individu. Elle est sainte, universelle et apostolique, comme nous le proclamons dans le Symbole de foi. 

L’Église est une école de piété. Elle est le lieu où nous apprenons à connaître Dieu. C’est ce dont on ne parle pas à l’école civile et ce que l’intelligence artificielle n’enseigne pas.

L’Église nous enseigne la vérité. Lorsque nous prions en l’Église, au milieu des fidèles, elle nous permet de comprendre Qui est Dieu et ce qu’est la vérité. C’est dans l’Église que nous pouvons trouver le salut.

L’Église ressemble à un navire qui nous accueille tous – si différents, si complexes, si indignes et pécheurs – et nous conduit vers le salut. Efforçons-nous donc, chers frères et sœurs, de demeurer attachés à l’Église, à ce navire du salut. Car c’est seulement à bord de ce navire que nous pourrons atteindre le port paisible du Royaume des Cieux.

Bonne fête ! Joyeux anniversaire à l’Église du Christ ! 

 
Ensuite, le hiérarque, le clergé et les fidèles ont partagé un repas festif.
 

Dimanche 31 Mai 2026