RYAZAN, le 8 mars 2026 - Le deuxième dimanche du Grand Carême est consacré à la mémoire de saint Grégoire Palamas. Ce jour-là, Son Éminence Marc, métropolite de Ryazan et de Mikhaïlov, administrateur de l'Exarchat en Europe occidentale et du diocèse e Chersonèse, a présidé la Divine Liturgie en la cathédrale de la Nativité du Christ à Ryazan.
L'homélie du métropolite Marc, prononcé ce jour-là, était consacré à l'oeuvre et à la doctrine de saint Grégoire Palamas :
" Chaque fois, chers frères et sœurs, que nous utilisons des innovations techniques, des téléphones, des ordinateurs, nous devons comprendre que derrière tout ce progrès technique se cache le travail de nombreuses générations de savants, qui ont étudié les lois de l’univers et découvert quelque chose de nouveau et d’important.
En parlant de la spiritualité orthodoxe, nous devons, nous aussi, comprendre que la vision orthodoxe du monde s’est formée grâce à de nombreuses générations d’ascètes orthodoxes, de penseurs et d’homme d’Église.
Aujourd’hui, comme la veut la tradition, la Sainte Église propose à notre attention la mémoire de saint Grégoire Palamas, appelé le prédicateur de la grâce. Qu’est-ce que cela signifie et pourquoi l’enseignement de saint Grégoire Palamas est-il si important ? Pourquoi suscite-t-il un si grand intérêt parmi les théologiens, les chercheurs et les savants, tant en Orient qu’en Occident ?
Nous nous souvenons, à travers les textes de l’Ancien Testament, de la manière dont les hommes, dans les temps anciens, considéraient Dieu : ils Le percevaient comme le Créateur du monde, comme un Être redoutable, incompréhensible, envers lequel il fallait avoir une extrême révérence et crainte.
Dans le Nouveau Testament, en revanche, comme nous le disons, l’Église perçoit Dieu de manière différente. Le Christ, en s’incarnant, a brisé la séparation entre le ciel et la terre, ouvrant aux hommes la porte et le chemin vers le Père céleste. Et désormais, contrairement à l’Ancien Testament, nous nous adressons à Dieu en Lui disant : « Toi, Seigneur », et nous L’appelons notre Père. Et non seulement nous Le prions : des centaines et des milliers de moines, au cours de l’histoire de l’Église chrétienne ont prié, ont travaillé et L’ont connu par l’œuvre intérieure, par la prière au cours de longues heures de supplication dans leur cellule.
Les moines du Mont d’Athos disaient qu’ils connaissaient Dieu comme Lumière. Bien sûr, ce n’est pas la lumière que nous voyons avec nos yeux physiques. C’est une Lumière spirituelle, qui devient accessible aux ascètes dans la prière et la contemplation. Saint Grégoire Palamas, en fondant théologiquement cette expérience du monachisme oriental, disait que Dieu est inconnaissable et inaccessible dans Sa nature, tout en Se révélant au monde par Ses énergies. Ces énergies, ces actions divines, nous les appelons aussi la grâce. D’une manière générale, le mot « grâce » signifie avant tout un don, car c’est ainsi que se traduit le terme grec « χάρις ».
La grâce est avant tout un don, qu’il est impossible d’acheter et impossible de s'accaparer par la force, et qui dépend uniquement de Dieu. Bien entendu, l’homme peut aspirer à ce don, le demander, et ainsi le rapprocher de lui. Ce don a un caractère universel : il nous apporte la joie, une paix étonnante, l’apaisement ; la grâce nous donne l’illumination. Nous nous souvenons que de nombreux ascètes, parmi lesquels sainte Marie l’Égyptienne, citaient l’Écriture sainte sans avoir jamais consulté. La grâce donne aussi tous les autres fruits de l’Esprit, comme le dit l’apôtre Paul : l’amour, la paix, la patience. La grâce nous donne des forces spirituelles et physiques… En un mot, c’est un don divin universel que le Seigneur accorde à l’homme en réponse à sa prière. Et ce don, cette grâce, cette énergie divine, ne sont pas de simples fantaisies humaines, ni quelque chose d’imaginaire, ni de simples émotions, comme le disent les incroyants. Tous ces états sont le résultat de la communication de la grâce à l’homme, le résultat de l’action des énergies divines.
C’est de tout cela que parlait et qu’enseignait saint Grégoire Palamas, en défendant l’expérience des moines du Mont d’Athos contre des théologiens étrangers, qui considéraient l’exploit de la contemplation des moines athonites comme quelque chose d’inutile, de sans importance et d’inexistant.
Aujourd’hui, nous glorifions la mémoire de saint Grégoire. L’Église enseigne que le monde tient par les prières, et avant tout par les prières des ascètes inconnus du monde, qui prient dans le silence de l’Athos, dans les profondeurs des forêts russes, dans les montagnes du Caucase et en bien d’autres lieux, cachés au monde, non reconnus par lui, et en même temps méprisant les biens de ce monde et priant pour lui.
Que Dieu nous accorde aussi, chers frères et sœurs, d’apprendre la prière et la contemplation, de demander à Dieu que, dans notre vie aussi, nous ne soyons pas privés des dons divins et avant tout du don de la grâce du Saint-Esprit ".
Galerie
Chronique du diocèse
Diocèse de Chersonèse









La cérémonie de clôture de l’exposition « La grande route russe du Nord. Le fil d’or des siècles »