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Les métropolites Marc et Nestor célébrèrent la Divine Liturgie en la cathédrale de la Sainte Trinité à Paris



Le 10 mai 2026, cinquième dimanche après Pâques, celui de la Samaritaine, l’Exarque patriarcal en Europe occidentale, le métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale Marc, et le vicaire de l’Exarque patriarcal, le métropolite Nestor de Stoupino, ont célébré la Divine Liturgie en la cathédrale de la Sainte Trinité à Paris.

Les hiérarques ont été entouré du : prêtre Maxim Politov, secrétaire de l’Administration diocésaine, archimandrite Varlaam (Bournos), ainsi que clergé de la cathédrale.

Au cours de l’office, célébré en slavon et en français, des prières ont été élevées pour la paix sur la terre ukrainienne.

Après le Chant des Chérubins, le diacre Euphrassiy Desanlis, clerc de la cathédrale, a été ordonné prêtre par le métropolite Marc.

Au chant des tropaires des martyrs, le diacre Euphrassiy a été conduit trois fois autour de la table d’autel. Puis l’Exarque patriarcal a lu la prière d’ordination et a conduit le nouveau prêtre sur l’ambon, où, au chant antiphoné de l’« Axios », il a remis au père Euphrassiy les ornements sacerdotaux.

À la fin du canon eucharistique, Monseigneur Marc s’est adressé au nouveau prêtre dans le sanctuaire par ces paroles : « Reçois ce Gage, et garde-le entier et sans dommage jusqu’à ton dernier souffle ; il te sera redemandé lors du second et redoutable avènement de notre grand Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ », puis il lui a remis une part de l’Agneau (du Corps du Christ)*.

L’homélie avant la communion des fidèles a été prononcée par le hiéromoine Giovanni (Guaïta).

À l’issue de la Liturgie, le métropolite Marc s’est adressé aux fidèles réunis dans l’église par l’homélie archipastorale :
 
« Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Le Christ est ressuscité !

En lisant le Divin Évangile, chers frères et sœurs, nous portons notre attention sur la place que le Sauveur accorde à la foi. Le Seigneur accomplit des guérisons, opère des miracles, appelant les hommes à l’exploit spirituel de la foi. Dans l’Évangile selon saint Jean, nous rencontrons cette expression du Sauveur : “le péché du monde” (Jn 1, 29).

En quoi consiste donc ce péché du monde ? Il consiste dans l’incrédulité envers le Christ, dans l’incrédulité envers le Fils de Dieu. Le Sauveur déplore souvent le peu de foi des hommes, le fait qu’ils ne veulent pas croire au Christ. De la bouche du Sauveur jaillissent souvent ces paroles : “Ô génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous supporterai-je ?” (Mt 17, 17). Dans l’Évangile selon saint Jean, avant la guérison du fils de l’officier royal, le Christ prononce avec amertume ces paroles : “Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas” (Jn 4, 48).

Et, en effet, dans les Évangiles, nous voyons que les hommes viennent à la foi principalement parce qu’ils voient les grands miracles accomplis par le Seigneur. Et le plus grand événement public, la rencontre du Christ à Jérusalem, eut lieu après que le Seigneur eut ressuscité des morts Lazare, qui était au tombeau depuis quatre jours.

Le Christ parle le langage de l’Ancien Testament, le langage des anciens prophètes juifs. Il en appelle à l’autorité des Écritures. Et pourtant, nous voyons avec quelle difficulté les anciens Juifs parviennent à la foi.

Aujourd’hui, nous avons entendu le récit du voyage du Sauveur en Samarie. Du point de vue des habitants de l’ancienne Judée, les Samaritains étaient des gens impies, des hérétiques. Beaucoup les considéraient comme des personnes impures, répugnant à manger leur pain et à utiliser leurs ustensiles de cuisine.

Le Sauveur, au contraire, en conversant avec la Samaritaine, manifeste une disposition étonnante envers les Samaritains. Il ne répugne pas à parler avec une femme samaritaine. Il ne répugne pas à lui demander de l’eau pour étancher Sa soif. Et la Samaritaine répond par une foi étonnante.

Ayant entendu les paroles du Sauveur, qui parlaient prophétiquement de sa situation, elle L’appelle prophète. Puis elle reconnaît en Lui le Messie, le Fils de Dieu. Et tout cela se produisit sans signes, ni miracles. Le Christ n’accomplit devant elle aucune guérison. Elle crut au Christ en voyant en Lui un Homme suprême, qui prononçait des paroles merveilleuses.

Mais la Samaritaine ne fut pas la seule à croire au Christ comme Sauveur du monde : les habitants de la ville de Sychar crurent eux aussi en Lui. D’abord, ils prêtèrent attention au Sauveur grâce aux paroles de cette femme, qui témoigna qu’Il lui avait dit tout ce qu’elle avait fait. Puis, ayant eux-mêmes entendu Ses paroles, ils furent remplis de foi en Christ.

Tels sont les paradoxes de l’histoire ! Les anciens habitants d’Israël, qui gardaient la foi dans le Dieu véritable et par lesquels le salut est venu dans le monde — c’est le Sauveur Lui-même qui le dit —, parvenaient très difficilement à la foi. Et la Samaritaine, une femme presque païenne, crut aussitôt au Christ et confessa cette foi devant tout son peuple.

C’est pourquoi, en communiquant avec des personnes différentes, efforçons-nous de ne mépriser personne, pas même ceux qui, peut-être, mènent une vie répréhensible. Car nous ne savons pas comment la vie tournera, ni comment une personne se comportera à l’égard du Christ.

Et si l’homme croit, alors l’essentiel s’est déjà accompli, et tout le reste viendra de soi-même. Ce n’est pas par hasard que le Christ parle avec la Samaritaine de l’importance de la foi. Que Dieu nous accorde, chers frères et sœurs, de croire en Dieu et de cultiver en nous une foi pure, qui n’aurait pas besoin d’être affermie par quelque signe que ce soit, mais qui se fiera au Christ comme notre Créateur, notre Providence et notre principal Bienfaiteur en ce siècle. Amen. »

* Saint Syméon de Thessalonique donne l’explication suivante de cette pratique liturgique : « Lorsque l’hiérarque a signé et accompli les Saints Dons par l’invocation de l’Esprit divin, l’ordonné [prêtre] est de nouveau appelé auprès de lui. Prenant alors de sa main droite le second Pain, pleinement consacré, l’hiérarque le remet à l’ordonné, qui tient les mains croisées, en signe de la Passion divine et du fait que le Crucifié a été cloué par les mains pour nous, et il dit : “Reçois ce Gage et garde-le jusqu’à l’avènement du Seigneur, car Il te le redemandera.” Cela est rempli de toute crainte, car cela montre que [le prêtre] devient l’intendant des Mystères de Dieu et reçoit, pour l’accomplissement du saint ministère, non pas autre chose, mais le Pain vivant – Jésus –, ainsi que Son sacerdoce ; et que, sous la forme d’un Gage, c’est le Christ Lui-même Qui lui est confié. C’est pourquoi celui qui est consacré doit garder cela, à savoir le sacerdoce et lui-même, sans tache, car c’est précisément cela que le Seigneur Lui-même lui redemandera » (Sym. Thessal. De sacris ordinationibus. 182 // PG. 155. Col. 389-392).

Dimanche 10 Mai 2026