Le 19 août 2026, fête de la Transfiguration de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, l’Exarque patriarcal en Europe occidentale, le métropolite de Chersonèse et d’Europe occidentale Marc, a célébré la Divine Liturgie en la cathédrale de la Sainte Trinité à Paris.
Le hiérarque était entouré du prêtre Maxim Politov, secrétaire de l’administration diocésaine, ainsi que du clergé de la cathédrale. L’archiprêtre Vladimir Chibaeff, recteur de l’église Saint-Nicolas à Saint-Louis, a également assisté à la Liturgie.
Les chants liturgiques et les écphonèses ont été psalmodiés en slavon et en français.
Après l’hymne des Chérubins, le métropolite Marc a ordonné prêtre le diacre Igor Volmer, clerc de l’église Saint-Nicolas à Saint-Louis.
Lors du chant des tropaires des martyrs et accompagné des prêtres, le diacre Igor a fait trois fois le tour du sanctuaire. L’Exarque patriarcal a ensuite récité la prière d’ordination, puis conduit le nouveau prêtre sur l’ambon où, au chant antiphoné de l’« Axios », il lui a remis les vêtements presbytéraux.
À l’issue du canon eucharistique, le métropolite Marc s’est adressé au nouveau prêtre dans le sanctuaire en ces termes : « Reçois ce Dépôt et garde-le entier et intact jusqu’à ton dernier souffle ; il te sera redemandé lors du second et redoutable avènement de notre grand Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ », puis il lui a remis une part de l’Agneau, c’est-à-dire le Corps du Christ.*
*Saint Syméon de Thessalonique donne l’explication suivante de cette pratique liturgique : « Lorsque l’évêque a scellé et consacré les Saints Dons par l’invocation de l’Esprit Saint, celui qui vient d’être ordonné [prêtre] est appelé de nouveau auprès de lui. Prenant alors de la main droite le second Pain, désormais entièrement consacré, l’évêque le remet à l’ordonné, dont les mains sont disposées en forme de croix, en signe de la divine Passion et du fait que le Crucifié a été cloué pour nous par les mains, et lui dit : “Reçois ce Dépôt et garde-le jusqu’à la venue du Seigneur, car Il te le redemandera.” Ces paroles sont remplies d’une profonde crainte, car elles montrent que [le prêtre] devient l’intendant des Mystères de Dieu et qu’il reçoit pour le ministère sacré non pas quelque chose d’autre, mais le Pain vivant, Jésus, ainsi que Son sacerdoce ; que le Christ Lui-même lui est confié comme un Dépôt et que, par conséquent, celui qui est ordonné doit garder sans tache ce dépôt, c’est-à-dire le sacerdoce et sa propre personne, car c’est cela même que le Seigneur lui redemandera » (Sym. Thessal. De sacris ordinationibus, 182 // PG 155, col. 389-392).
A la fin de la Liturgie, le métropolite Marc a chaleureusement salué le nouveau prêtre, puis s’est adressé aux participants à l’office par une exhortation archipastorale :
« Aujourd’hui, chers frères et sœurs, nous glorifions le Christ transfiguré. Devant nos yeux se trouve l’icône du Christ Sauveur transfiguré, c’est-à-dire illuminé, rayonnant de la gloire céleste et des énergies divines.
Le tropaire de la fête souligne un détail important : le Christ ne s’est pas transfiguré pour Lui-même, mais afin de manifester Sa gloire à Ses disciples, Pierre, Jacques et Jean. Ce sont précisément ces disciples les plus proches que le Christ prend avec Lui sur le mont Thabor.
Nous pourrions nous demander : pourquoi donc le Seigneur ne se transfigure-t-Il pas devant tous les hommes, devant tout le peuple, devant toutes ces foules qui venaient L’écouter, qu’Il nourrissait et enseignait ?
À cette époque, l’attente du Messie était très forte en Israël. Mais le Messie était conçu comme un roi terrestre. Si le Christ s’était transfiguré devant le peuple, devant les foules de ceux qui L’admiraient, ils L’auraient certainement saisi pour Le proclamer roi terrestre.
Il Lui aurait alors été difficile d’accomplir Sa mission, c’est-à-dire de donner Sa vie pour la vie du monde (Jn 6,51).
Le Christ n’emmène pas tous Ses disciples sur le mont Thabor. Il n’en prend pas douze, mais seulement trois : ceux-là mêmes qui avaient été témoins de la résurrection de la fille de Jaïre (cf. Mc 5,37). C’est également en présence de ces trois disciples que le Christ prie dans le jardin de Gethsémani (cf. Mt 26,37).
Quel est donc le sens de cette Transfiguration, puisqu’elle s’accomplit à l’insu de la majorité des hommes ?
Le Christ se transfigure devant Ses disciples les plus proches afin de les encourager et de leur inspirer assurance et résolution. Nous nous souvenons tous du reniement de l’apôtre Pierre, qui avait affirmé sa fidélité au Sauveur et qui, pourtant, Le renia. Le Seigneur prévoyait tout cela et Se transfigura devant Ses disciples les plus proches pour les fortifier et leur permettre de mieux comprendre qui Il était véritablement.
Qui est-Il en réalité ? Non pas un juste, ni un prophète, ni même seulement le Roi-Messie, mais bien davantage. Il est Dieu par nature. Et la voix céleste, en présence de Moïse le législateur, proclame : “Écoutez-Le” (Mt 17,5), c’est-à-dire : écoutez le Christ. Le temps de Moïse et des prophètes est passé ; le temps de la Nouvelle Alliance est venu, celui où il faut écouter le Fils de Dieu incarné, Jésus Christ.
Le Seigneur se transfigure afin de fortifier Ses disciples avant leurs martyres à venir. Pourtant, tous ne traversèrent pas de la même manière l’épreuve de la passion. Nous savons que Pierre fut ébranlé et renia le Christ. L’apôtre Jean, au contraire, demeura au pied de la Croix avec les femmes-myrrhophores.
Aujourd’hui, nous glorifions le Christ transfiguré en ayant déjà la connaissance sur la Passion et la Résurrection du Christ Sauveur. Le Seigneur transfiguré nous révèle également Sa gloire. Et par cette contemplation du Sauveur transfiguré, le Seigneur nous adresse un message clair : il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas manquer de foi, il ne faut pas craindre. “Relevez-vous et soyez sans crainte” (Mt 17,7).
Le Christ nous délivrera de toutes les épreuves et de tous les malheurs ; l’essentiel est que nous ne L’oubliions pas.
Cette expérience de la Transfiguration est appelée à nous fortifier tous au milieu de nos tentations, de nos difficultés et des problèmes de notre vie terrestre. Elle doit nous apporter le repos, la paix de l’âme et la joie au milieu des flots agités de la mer de cette vie.
Que la contemplation du Christ transfiguré nous apporte la paix et nous donne une claire conscience de la puissance de Dieu, ainsi que de la protection et de la sollicitude de notre Sauveur. Amen. »
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Monseigneur Marc a présidé la célébration des vigiles de la Transfiguration du Seigneur