La position orthodoxe face à la crémation des corps
1/ Situation actuelle
La crémation des corps ne fait pas partie des traditions des trois religions du Livre et elle n'a fait son apparition dans nos pays que récemment: en France elle n'est autorisée que depuis la fin du XIX (loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles) et, en Russie, elle a fait son apparition après la révolution bolchévique (remarquer le style stalinien du premier crématorium sur la photo). Mais cette pratique est de plus en plus usitée:

- En France le taux de crémation approche 28% en 2007 selon l'Association française d'information funéraire (AFIF), alors qu'il était 1% en 1979, et 51 % des personnes interrogées désirent des obsèques avec crémation (19 % en 1977-1978).

- En Russie, après la période soviétique qui en a fait un moyen de lutte contre la religion, les chiffres sont encore plus importants: d'après le site d'information sur les obsèques de Moscou, cette pratique représenterait prés de 60% des obsèques à Moscou, et ce chiffre croitrait principalement du fait de manque de place dans les cimetières et du coût élevé des enterrements.

Un article d'Intefax d'août dernier indique que le nombre de crémations croit aussi à Minsk (il représente 1/3 des enterrements), et donne des informations sur l'accompagnement religieux: les adeptes des religions orientales accompagnent le défunt avec des cierges et des rites jusqu'à la mise à la flamme, en regardant l'incinération par le hublot. Des prêtres orthodoxes acceptent aussi d'accomplir l'office funéraire (отпевание), même si l'Église réprouve la crémation et parle de "rite païen".

La position orthodoxe face à la crémation des corps
2/ Une position orthodoxe en débat

En fait il n'y a pas, à ma connaissance, de véritable doctrine sur ce grave sujet, de position unanime qui aurait une force canonique au sein de l'orthodoxie. Il y a clairement une tradition qui s'oppose à la crémation, mais chaque Église semble avoir sa propre approche. Dans la suite de l'article je ne traiterai que de la position de l'Église russe, car je n'ai pas d'informations sur les autres Églises.
Mais l'Église russe non plus il ne semble pas avoir de position doctrinale tranchée: si la majorité des prêtres et évêques semble réprouver cette pratique, il n'y a pas de règle absolue et nombre de prêtres acceptent d'accomplir l'office funéraire avant la crémation, en Russie comme en Occident. D'ailleurs le site d'information cité plus haut indique (sans donner de source) que "le patriarche Alexis II a déclaré que la crémation n'est pas en contradiction avec les canons orthodoxes".

Et en effet, il est surprenant de constater qu'il n'y a rien ni dans les Écritures ni dans les canons qui interdise la crémation, alors qu'il y a nombre d'autres interdits précis; cela parait d'autant plus surprenant que, si la crémation n'était pas pratiquée chez les Hébreux, elle était largement rependue chez les Grecs et les Romains.

3/ Éléments de réflexion

Un débat sur ce thème s'était déroulé l'an dernier sur le site Moinillon et je lui emprunte les éléments suivants

Un débat ancien: comme je l'ai écrit, l'incinération était répandue chez les Grecs et les Romains et, comme ni le Écritures ni les canons ne formulent aucun interdit précis, le sujet a été débattu dès les premiers temps de la chrétienté comme le montre l'extrait suivant d'une apologie du début du IIIe siècle (1):

- Tout d'abord, le païen Cecilius évoque la question des funérailles en ces termes (Octavius, 11): Les Chrétiens "promettent l'éternité à des cadavres qui ont un commencement et une fin. De là vient qu'ils ont nos bûchers en horreur, et qu'ils condamnent l'usage de brûler les morts : comme si les corps, pour être dérobés à la flamme, ne laissent pas avec le temps de tomber en poussière ! Et qu'importe, en effet, que notre corps soit la proie des bêtes féroces ou des monstres de la mer ; qu'il soit couvert de terre ou consumé par le feu ? Si les cadavres ont quelque sentiment, toute sépulture doit leur être un supplice ; s'ils n'en ont point, la plus expéditive est la meilleure. Cependant les chrétiens, abusés par cette erreur, se promettent à eux seuls, après la mort, comme s'ils étaient des gens de bien, une vie heureuse et sans fin, et nous menacent, comme si nous étions des méchants, de tourments éternels."

Et un peu plus loin:

"Mais, dites-moi, je vous prie, si c'est avec ou sans corps que vous ressusciterez? Sera-ce sans corps? mais, si je ne me trompe, sans corps il ne peut y avoir ni âme, ni sentiment, ni vie. Sera-ce avec votre corps? mais il y aura alors longtemps qu'il aura été détruit. Sera-ce avec un autre corps? il naîtra donc alors un nouvel homme qui sera différent du premier."
- A quoi le chrétien Octavius répond (Octav. 34):"Disputer à Dieu, qui a fait l'homme, le pouvoir de lui rendre sa première forme, soutenir qu'après sa mort l'homme rentre dans le néant d'où il était sorti, et vouloir qu'ayant pu naître de rien, il ne puisse de nouveau être créé de rien, ne serait-ce pas le comble de l'extravagance et de la stupidité? n'est-il pas plus difficile de donner l'être à ce qui n'est point que de reproduire ce qui a déjà existé? Croyez-vous que ce qui se dérobe à la faiblesse de notre vue se trouve anéanti pour la divinité? tout corps, soit qu'il se réduise en cendres ou en poussière, soit qu'il s'exhale en vapeurs ou en fumée, est soustrait à nos sens, mais il existe pour Dieu, qui en conserve les éléments."

Il continue ensuite :

"Nous ne redoutons rien, quoi que l'on puisse dire, de la sépulture par le feu; mais nous suivons la meilleure et la plus ancienne coutume, celle d'inhumer les corps."
Ainsi, il ne condamne pas en tant que telle la crémation, mais lui préfère comme meilleure pratique l'ensevelissement. Il est vrai, par ailleurs, que l'ensevelissement est une très ancienne coutume chrétienne, puisqu'elle remonte (au moins) à Abraham qui acquit un caveau (enfin, une caverne) de famille pour y ensevelir Sara (Genèse 23.17-20). Cette pratique juive - à laquelle le Seigneur lui-même a été soumis avant de ressusciter - est tout naturellement restée la pratique de l'Eglise naissante. Cependant - et Octavius le fait bien remarquer à son interlocuteur - il n'y a pas (à son époque) d'empêchement théologique, seulement la volonté de suivre une (la) coutume "meilleure et plus ancienne".

Quelques arguments:

Pour présenter les arguments les plus fréquents je me sers du commentaire très synthétique de "Hiéromoine Nicolas"
a) La crémation empêche la résurrection des corps. Mais alors quid des saints martyrisés par le feu (très concrètement les néomartyres Marie et Alexis, dont les restes incinérés viennent d'être authentifiés)? Des victimes d'incendie?.
b) La crémation va contre la volonté de Dieu: "Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière." (Gn. 3,19). Mais le corps incinéré retourne à la terre aussi bien que le cadavre pourri ou mangé par les vers. C'est le même procédé d'oxydation que la décomposition, mais accéléré.
c) La crémation est une procédure horrible: en quoi le délitement du corps en terre est-il plus sympathique? Voir en particulier les longues descriptions des cadavres en décomposition faites par certains des Pères pour détourner de la luxure.
d) La crémation empêche l'obtention de reliques et interdit la manifestation de la sainteté d'un personnage par l'incorruption de son corps. Mais les cendres dans un reliquaire sont aussi des reliques et pour l'incorruption , selon que l'on se place, dans telle ou telle partie de l'Orthodoxie, elle s'appréciée différemment. Pour certains, c'est le signe de la sainteté, pour d'autres c'est le signe que la terre refuse d'accueillir le corps d'un pécheur.
e) Et, bien entendu, la crémation ne nécessite aucune modification du rite des funérailles puisqu'elle a lieu après le отпевание, la "mise à la flamme remplaçant la mise en terre.

Deux prises de positions importantes:

* Le Concile des Evêques de l'Eglise Russe Hors Frontières avait fait une déclaration à ce sujet en 1932. Il fut décidé à l'époque de ne pas permettre l'incinération des chrétiens orthodoxes dans des crématoriums en considération du fait que les adeptes de cette pratique sont habituellement des athées, hostiles à l'Eglise, et l'Eglise Hors Frontière refuse tout rite funéraire avant une crémation et interdit même les prières pour le défunt incinéré (панихида) avant le 40ème jour". In Orthodox Life No3, 1989 - Traduit de l'anglais par M. de Castelbajac
Mais c'est là une décision d'une Église particulière, qui n'a pas été étendue, à ma connaissance. Elle ne s'applique donc qu'à ses fidèles.

* Une prise de position très ferme du métropolite Cyrill (qui n'était pas encore patriarche(2)): "la crémation se trouve hors de la tradition orthodoxe. Nous croyons qu'à la fin de l'histoire les morts ressusciteront comme a ressuscité notre Sauveur Jésus Christ, c'est-à-dire non seulement dans leur âme, mais aussi dans leur corps. Si nous acceptons la crémation, par cela même nous refusons symboliquement cette foi. Bien entendu il n'est pas question ici simplement de symboles, car le corps humain mis en terre se transforme aussi en cendre, mais Dieu, par Sa puissance' rétablira le corps de chacun à partir de la cendre et de la poussière" La crémation, c'est-à-dire l'anéantissement volontaire du corps de défunt, montre un refus de la foi en la Résurrection universelle".

Voilà évidement un avis de poids. Toutefois cela reste une "opinion théologique" et il sera intéressant de voir si patriarche Cyrille la confirmera en un texte canonique qui, alors, s'imposera à l'Église russe.

1. L'Octavius ; je cite une contribution d'"Albocicade" dont le site érudit mérite le détour!
2. Citée par plusieurs sites russes qui ne donnent pas la source.

Traduction VG

Lénine: des églises transformées en fours crématoires

Rédigé par Vladimir Golovanow le 10 Novembre 2013 à 18:37 | 36 commentaires | Permalien


Commentaires

1.Posté par makarios le 26/11/2009 16:58
Sujet intéressant mais la conclusion s'impose d'elle-même me semble-t-il : la crémation n'est pas généralement souhaitable même si effectivement ce n'est pas un point de doctrine. L'argument principal en faveur de la crémation est l'argument financier puisque cela revient moins cher...Mais sauf circonstances très particulières je ne vois pas pourquoi les chrétiens du XXIème siècle ne suivraient pas la pratique de ceux des premiers siècles.

2.Posté par Nikita Krivocheine le 29/11/2009 13:42
Dans les années soixante j’ai assisté, dans l’édifice sur la photo, à plusieurs crémations. La mise aux flammes du cercueil était obligatoirement accompagnée, après les discours d’adieu, par l’hymne soviétique interprété par un orchestre constitué exclusivement de musiciens aveugles.
A partir de 1936 ce crématorium était de nuit systématiquement utilisé par le NKVD comme lieu d’exécutions à la chaîne. C’est là qu’été tué le général Miller kidnappé à Paris. Les bourreaux disposaient les cendres des victimes dans une fosse commune. Une plaque commémorative a été récemment inaugurée sur son emplacement.
Soljenitsyne décrit ces exécutions dans son « Archipel ». Un très grand nombre de « serviteurs du culte » ont fini leurs jours dans ce lieu abominable.

Faut-il rappeler que la technique de l’incinération a beaucoup servi les nazis ?

Voilà, semble-t-il, des arguments convaincants contre l’incinération des chrétiens.
Les hindouistes convaincus de l’immédiate réincarnation de leurs défunts mettent leurs dépouilles au bûcher sans craindre que cela rendra plus difficile la résurrection des morts…

3.Posté par Anna Rotnov le 29/11/2009 17:34
L' énorme problème de manque de place fait qu' en Europe , à un moment donné , même si on a tout réglé sur le coup , on se retrouvera dans une fosse commune .
En Italie les cercueils sont scellés et mis en étages dans un immeuble et non en terre , ce qui m' a paru étonnant . Les milliards de personnes peuplant la Terre ne peuvent tous se retrouver sous la Terre . Je ne crois pas que Christ a dit quoi que ce soit à ce sujet ? Dans la mort l' impératif , à mes yeux est de respecter la volonté du défunt et faire tous les rites religieux - c' est important pour ceux qui restent , car dans l' autre monde tout a une autre dimension et importance : si les Nouveau Martyres de la révolution bolchévique ont été incinéré ( dans ce bâtiment entre autre ) , mais toujours Martyrs et Saints , ils sont tous à la droite du Christ . Si j' ai tout faux merci de me reprendre .

4.Posté par genovieva le 29/11/2009 18:51
La conclusion s'impose d'elle-même, il me semble à moi aussi, mais je ne rejoins pas la conclusion de Makarios. Si l'Eglise n'a jamais pris de position officielle sur la crémation, alors que la pratique existait déjà dans l'Antiquité, c'est que le problème n'est pas là. Comme le montre bien la position du concile des évêques de l'Eglise Hors Frontières, la crémation est réprouvée "en considération du fait que les adeptes de cette pratique sont habituellement des athées, hostiles à l'Eglise". Ce qui compte, c'est la motivation du choix de la crémation : un rejet explicite de l'idée de Résurrection? un rapport au corps qui n'est pas chrétien? Peut-être y a-t-il d'autres motivations, plus justifiables?
C'est là que doit se faire le travail pastoral. Se limiter à la question de la crémation n'est-il pas une façon d'éviter les vrais problèmes?

5.Posté par Tchetnik le 29/11/2009 20:38
Le seul endroit où l'Église, par économie accepte une telle pratique est le Japon, effectivement par manque criant de place tant pour les vivants que pour les défunts.

Le problème de certaines personnes qui justifient cette pratique autrement est qu,elles invoquent le fait que cette question "ne serait pas dogmatique". Alors que pour l'Église, Tout est dogmatique ne serait-ce qu,indirectement, même si tout n,est pas à mettre au même niveau. Le dogme incarne la Vérité dans le langage de l'intelligence des hommes. A ce titre, il concerne la totalité de la Personne et de la Vie.

Un aspect de la vie (en l'occurence de la mort) humaine peut ne pas être décrit de façon directe par les décisions conciliaires ou les témoignages de foi des Pères, mais dépendent tout de même de la compréhension de Dieu et du sens de salut et de Sainteté qu'Il donne à nos vies. Ceci est le cas de la crémation, qui a effectivement existé depuis l'antiquité (comme les sacrifices humains pourait-on dire...) mais qui trahit une conception du devenir humain et de la confiance en la Divine providence qui ne sont pas Chrétiennes, lorsque cette pratique procède notamment de la volonté humaine de contrôler en totalité un corps dont il n'est ni propriétaire, ni créateur. Volonté de se créer un Christ et une église selon ce qui les arrange, à leur image.

Cela ne signifie pas qu'une personne décédée en incemdie ne sera pas sauvée, naturellement. mais un acte volontaire de cette nature traduit effectivement un manque de foi dans la resurrection du corps. Sinan Pacha avait détruit les reliques de Saint Sava à Savinac en 1595 pour ce motif, entre autre.(Le défunt patriarche paul s'était d'ailleurs exprimé négativement sur ce sujet.).

Cette pratique est essentiellement d'origine paienne (Viking), reprise d'ailleurs par les philosophies politiques souhaitant remettre le Paganisme au goût du jour (Groupe Thulé entre autre) et, comme souligné par la décision ERHF, diffusée et encouragée par les officines philosophiques athées.

Il existe hélas de nombreux prêtres orthodoxes, voire certains évêques qui cèdent de plus en plus aux sirènes de la "démocratie", aux exigences de la foule, sans se préoccuper de leur légitimité effective et qui de ce fait, formatent l'Église selon les desideratas du monde et la nivellent par le bas. C'est ceci qui dans cette question, apparait comme le plus contestable.

6.Posté par Theophylactere le 29/11/2009 21:02
Je suis forcé de faire une remarque de taille. L'expression "religion du livre" pour parler de l'islam, du christianisme et du judaïsme est une expression purement musulmane! Quel Père a dit que le christianisme était une religion du livre? A moins que vous en considériez Mahomet comme un Père de l'Eglise. Le christianisme n'est pas une religion du livre basé sur un livre seule, à moins bien sûr que vous ne vous ralliez à la sola scriptura.

7.Posté par vinika le 30/11/2009 08:29
dans ""Moinillon au quotidien"" il y a un débat d ' il y a quelques mois maintenant sur " après la mort " et très passionnant, vous le voyez affiché sur le côté droit...- billets et liens choisis "

8.Posté par vladimir le 30/11/2009 18:37
Je vais répondre à quelques-unes des remarques suscitées par ce billet:
@vinika: c'est bien à ce débat que je cite comme source et dont je donne le lien

@ Theophylactere: vous avez parfaitement raison si on prend "religions du Livre" au sens musulman, ce que je ne fais évidement pas. Nos 3 religions ont le même Livre au départ, mais elles divergent ensuite: nous n'intégrons pas le Coran, les Musulmans refusent le Nouveau Testament et les Juifs refusent les deux (citons encore les Samaritains, qui refusent aussi le Talmud…). Et puis nous ajoutons évidement le reste de la Tradition, que refusent les protestants… Il n'en reste pas moins que notre base commune est le Pentateuque avec ses règles… dont l'inhumation.
@ Tchetnik: je ne vous suis pas totalement sur le sens du mot "dogme". Dans l'Église catholique le sens est très précis: "ce que l'Église a défini comme vrai". Pour les orthodoxes cela parait plus flou et je dirais (mais j'aimerais que quelqu'un me corrige, tellement j'en suis peu sur!) "ce que l'Église m'a pas défini comme "faux". Pour l'incinération/crémation nous ne sommes ni dans un cas ni dans l'autre… c'est une "tradition" (avec "t" minuscule…).
Et si c'est bien une pratique païenne, elle n'est pas réservée au Viking (qui l'importèrent en Russie… à moins que les Slaves l'aient déjà pratiquée avant?) car elle existait dans tout le Moyen Orient (à l'exception d'Israël et de l'Egypte), le monde gréco-romain, l'empire Perse (les bûchers de Babylone), etc. Mais je trouve excellente votre comparaison avec les sacrifices humains: oui ils existaient chez les païens, et la Bible s'est nettement prononcé contre, puis le Christianisme a clairement rejeté tout sacrifice autre que Celui du Christ… mais rien sur l'incinération!

Je rejoins personnellement les positions d'Anna et genovieva: le reproches fait à la crémation sont basées sur des raisons QUE L'ON PRETE aux défunts ("les adeptes de cette pratique sont habituellement des athées, hostiles à l'Eglise", " manque de foi dans la résurrection du corps. ") Et s'il y avait d'autres raisons, nées du monde moderne avec des entassements d'êtres humains comme l'histoire n'en avait jamais connu? Et si, comme dit Marie, " les milliards de personnes peuplant la Terre ne peuvent tous se retrouver sous la Terre "? Le fait que des Chrétiens s'en rendent compte n'est-il pas un signe d'en Haut?

9.Posté par Leez Bira le 01/12/2009 22:17
Crémation
L'Eglise a pendant longtemps interdit l'incinération des corps. C'était pour elle une coutume barbare et brutale.
Le corps du Christ avait été descendu de la croix par ses disciples.
Revêtu d'un linceul, il avait été mis au tombeau.
Le matin de Pâques , les femmes devait l'embaumer selon la coutume juive. Un grand respect avait entouré ce corps mort. La foi chrétienne a donc repris cette tradition du respect du corps, de sa lente décomposition en terre avant de revivre d'une vie nouvelle.
Aujourd'hui, l'incinération est de plus en plus courante : manque de place dans les cimetières, désir de "disparaître" dans la nature. Les raisons sont nombreuses.
Depuis 1963 l'Eglise ne fait plus obstacle à l'incinération. Sauf si celle ci est le signe d'un rejet de la foi en la résurrection . Elle conseille néammoins d'accomplir ce rite dans un grand respect du défunt et de sa famille.
Elle demande aussi de ne pas disperser les cendres, ni de les garder chez soi dans une urne, mais de les déposer en terre, dans un lieu précis où la famille pourra se recueillir.

10.Posté par vladimir le 01/12/2009 23:02
@Leez Bira: Merci pour cette information précise et concise. L'Église catholique a donc pris position récemment (1963). Il serait intéressant de savoir si, au delà de ces "raisons nombreuses", il y a une véritable approche théologique: Dieu a-t-il changé d'avis sur la question ou son intention a-t-elle été mieux comprise dans un nouveau contexte?
Pour ce qui concerne l'Orthodoxie il me semblerait aussi nécessaire que le sujet fasse l'objet d'un véritable consensus théologique. Qu'il dépasse les opinions personnelles aussi respectables soient-elles, d'autant que nous avons 2 opinons importantes qui se contredisent, comme je l'écris ci-dessus: Sa Sainteté
Alexis II, de bienheureuse mémoire, aurait déclaré "que la crémation N'EST PAS en contradiction avec les canons orthodoxes" et son successeur, Sa Sainteté Cyrille I, disait le contraire avant d'être élu…

11.Posté par Tchetnik le 02/12/2009 16:51
@Vladimir

Il est vrai que tout n'a pas la même importance et ne peut être mis au même niveau.

Cependant, le dogme est la traduction dans le langage des hommes de la vérité. Il permet à leur intelligence de reconnaitre Dieu et de l'accepter dans la vie humaine. Sans lui, la réalité Divine ne serait perçue que comme un vague sentiment.

Les définitions dogmatiques, inspirées par l'Esprit Saint, consacrées lors des Conciles, sont par conséquent aussi immuables que la Vérité qu,elles traduisent. Ce d'autant plus qu'elles sont le fruit de ce qui, au sein de l'Église, en incarne la voix universelle.

En dehors de ces décisions consacrées, il existe des témoignages patristiques, confirmés par une pratique régulière et générale au sein de l,Église.

Les premieres comme les seconds sont considérés comme l'expression de la vérité (de la même manière que dans l'Église Catholique, même si nous ne poussons pas aussi loin le degré de formalisme), et donc à ce titre doivent susciter allégeance et fidélité.

Et en ce qui concerne la crémation, disons que cette question renvoie aussi de façon générale au traitement du corps, à son contrôle plus ou moins légitime ou de son abandon à la Providence Divine.

Il est vrai qu'il n,y a pas de position générale officielle sur cette question mais un usage aussi général et régulier, dans une église Orthodoxe qui, justement refuse le formalisme catholique, ne saurait être dénué de sens.

Mais comme le disait Saint Augustin, "In Essentialis Unitas, in Dubiis Libertas, In omnibus Caritas".

Cette question dépend-elle de l'"essentialis"? Personnellement je crois que oui, ne serait-ce qu'indirectement.

12.Posté par DAUBREN le 22/03/2010 21:56
C'est ma fois vrai, pas facile de faire son choix devant la Mort !
La dradition du cerceuil ou la Crémation ?
On se dit on a tout le Temps.
Mais, voilà le temps nous rattrape très vite, qu'il faut faire au plus vite.
Et, souvant ce n'est le défunt qui choisi ce choix.
Les places sont de plus chères.
Et, après des années 50 - 100 ans que devient le corp ?
Dans bons nombre de cimetirères on relève les tombes à l'abandon.
N'ayant plus de Famille à y aller !

13.Posté par Daniel le 23/03/2010 09:09
Juste une remarque l'expression "Religions du livre" est une expression musulmane empruntée au coran qui considère que l'islam, le judaïsme et le christianisme sont des religions du livre. Mais le christianisme ne se considère pas lui-même comme une religion du livre; notre foi n'est pas basée sur un livre descendu des cieux, et comme nous ne pratiquons pas la sola scriptura, nous ne pouvons être une religion du livre. L'emploi de ce terme par un chrétien (j'ignore qui est l'auteur de cet article) montre une certaine islamisation des esprits inconsciente ou pas. Elle est à bannir.

14.Posté par Daniel le 23/03/2010 11:16
Je vois qu'un intervenant avait évoqué l'expression religion du livre et que Wladimir avait répondu. Il déclare : "Nos 3 religions ont le même Livre au départ, mais elles divergent ensuite: nous n'intégrons pas le Coran, les Musulmans refusent le Nouveau Testament et les Juifs refusent les deux (citons encore les Samaritains, qui refusent aussi le Talmud…). Et puis nous ajoutons évidement le reste de la Tradition, que refusent les protestants… Il n'en reste pas moins que notre base commune est le Pentateuque avec ses règles… dont l'inhumation. "

Excusez-moi mais l'islam n'a pas le même livre de départ que le christianisme et le judaïsme. Il a une révélation descendu du ciel entre autre pour corriger les erreurs et falsifications introduites par les Juifs et Chrétiens dans leurs livres... Il faut aussi noter que la Bible massorétique des Juifs exclut des livres acceptés par les orthodoxes et les catholiques (les Macchabées, Judith etc).

15.Posté par vladimir le 23/03/2010 17:30
@ Daniel,

Je suis l'auteur de cet article. La mention "Traduction VG" s,est trouvée mal placée: elle ne concerne que la citation de Mgr Cyrill...

Merci pour vos précisions. Elles sont très justes et je ferai plus attention à cette expression puisque les connaisseurs lui donnent un sens précis auquel je ne pensais pas. Pour moi le Christianisme est aussi sorti de l'Ancien Testament, que nous devons accomplir en suivant le Christ. C'est en ce sens que je le comprends comme religion du Livre; l'Islam aussi, à mon sens, a le Bible comme source essentielle, même si Mahomet l'a "corrigée" à sa façon. Et je répète que, pour ce qui concerne l'inhumation, notre base commune est le Pentateuque à partir duquel les différentes traditions ont évolué différemment.

16.Posté par Daniel le 24/03/2010 09:42
L'islam ne doit pas avoir la Bible comme source mais peut-être un lectionnaire syriaque. C'est la thèse la plus aboutie actuellement par le linguiste Luxenberg. Mais sur les origines de l'islam, étudiées de façon sérieuse, en sortant de l'histoire officielle musulmane, il y aurait bien des choses à fouiller et refouiller. On trouve dans le coran des récits d'apocryphes chrétien (comme Jésus enfant qui donne la vie à des oiseaux en argile), des mots qui viendraient du perse alors que le coran serait en pure langue arabe... Je doute d'ailleurs que le premier coran historique soit similaire à celui disponible aujourd'hui... C'est un sujet très compliqué.

17.Posté par vladimir le 18/02/2011 14:26
Orthodoxie.com. lundi 14 février 2011
Lancement de l'Esoref en région parisienne, un service de pompes funèbres orthodoxes

Le 12 novembre dernier, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France a donné sa bénédiction au projet suivant : la mise en place d’une entreprise de pompes funèbres pour la communauté orthodoxe de la région parisienne. Attendu depuis longtemps, ce projet se concrétise aujourd’hui grâce à l’aide de l’ACER-MJO, qui héberge la structure et permet aux services funéraires Esoref de voir le jour.

Sur le plan professionnel, les services funéraires Esoref sont une entreprise de pompes funèbres comme il en existe d’autres à Paris : ils assurent les inhumations, les rapatriements, les départs à l’étranger, le transport funéraire et les exhumations.

Ce qui les distingue de leurs concurrents est la dimension orthodoxe que revêt toute la démarche. En effet, les aspects commerciaux liés aux obsèques détournent souvent le regard de ce qui est essentiel, à savoir l’accompagnement des personnes en deuil et la vision chrétienne orthodoxe concernant la mort et la résurrection. En conformité avec la foi orthodoxe concernant la résurrection des corps et contrairement aux idées reçues – qui présentent la crémation comme moins chère, plus hygiénique et moins encombrante – les services funéraires Esoref ne proposent pas de crémation, mais un service d’inhumation en accord avec les principes de chacun et quels que soient ses moyens.

Lien vers la présentation de l'ESOREF
source: Orthodoxie.com. lundi 14 février 2011

18.Posté par Tchetnik le 18/02/2011 16:56
Il existe hélas des "ententes" illicites entre certains prêtres peu délicats et certaines entreprises de pompes funèbres pour se partager des commissions et faire du business.

Qu'une entreprise accréditée, patentée et reconnue existe, peut eéviter ce genre de chose.



19.Posté par edelweiss le 13/04/2011 22:11
Une personne martyrisée par le feu n'a absolument pas choisi de passer par le feu
Une personne qui choisit la crémation n'est en rien à comparer
La première souffre au nom de sa foi car elle y est attachée
La deuxième est plus attachée aux traditions paiennes que chrétiennes.
C'est Jésus Christ Notre Sauveur qui est à imiter dans son mode de sépulture et pas les paiens

Lisez les Saintes Ecritures . Il est question uniquement de mise en terre pour les chrétiens.

Moderniser la foi chrétienne à la sauce nouvel âge ne conduira qu'à détruire la foi chrétienne.

Pourquoi les gens se font incinérer ?
La réponse est simple. C'est par méconnaissance des Saintes Ecritures
Le motif de plus économique et plus écologique est un faux motif
La crémation est plus couteuse que la mise en terre avec une tombe très simple dans les campagnes.
La pollution occasionnée par des prothèses ou des médicaments ou le traitement du bois du cercueil peuvent dégager des produits nocifs pour la santé en brûlant.
Les chaudières à faire monter à de très hautes températures sont très polluantes aussi.

Revenons aux enseignements du Christ au lieu de suivre des pratiques d'origine non chrétiennes

20.Posté par vladimir le 14/04/2011 12:05
Bien cher edelweiss,

Je pense que le débat qui précède votre courrier a bien montré les arguments des uns et des autres. Certains de vos arguments ont déja été cités et je n'y reviens pas. D'autre sont plus nouveaux:

"Lisez les Saintes Ecritures . Il est question uniquement de mise en terre pour les chrétiens." Oui, mais il n'y a rien qui interdise la crémation alors même que bon nombre de choses sont interdites dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. De plus le feu n'a rien de sacrilège: Dieu apparait sous forme de buisson ardent ou de colonne de feu...

"La crémation est plus couteuse que la mise en terre avec une tombe très simple dans les campagnes.": oui mais en France, on ne peut se faire enterrer que dans la commune où on réside (en dehors de concession familiales anciennes). Ceux qui habitent les grandes villes n'ont donc pas le choix.

Je n'ai jamais rencontré l'argument écologique et il est certain que la crémation est anti-écologique: elle demande beaucoup d'énergie et provoque évidement une pollution de l'air par dégagement de CO2 .

"au lieu de suivre des pratiques d'origine non chrétiennes": l'enterrement des morts a toujours été largement pratiqué par les "non chrétiens". Il est même largement plus répandu que la crémation...

Pour moi la conclusion est celle que donnait déjà Octavius au IIIe siècle: "Nous ne redoutons rien, quoi que l'on puisse dire, de la sépulture par le feu; mais nous suivons la meilleure et la plus ancienne coutume, celle d'inhumer les corps." Et chacun reste en définitive libre de se déterminer, sauf si on appartient à l'Église Hors Frontières seule à avoir expressément interdit la crémation.

21.Posté par edelweiss le 15/04/2011 12:06
Bien Cher Vladimir,
Vous écrivez :
" Oui, mais il n'y a rien qui interdise la crémation alors même que bon nombre de choses sont interdites dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. De plus le feu n'a rien de sacrilège: Dieu apparait sous forme de buisson ardent ou de colonne de feu... "

L'incinération était réservée aux paiens dans l'Ancien Testament donc c'était une évidence pour le monde juif de ne pas se faire incinérer. C'est pourquoi nous ne trouvons pas d'interdiction

Une évidence qui s'est imposée dans les trois grandes religions monothéistes jusqu'en 1983 lors de la parution du nouveau code de droit canonique dans le catholicisme.

Qui étaient en France ceux qui pratiquaient la crémation avant 1983 ? Seulement les adeptes de l'athéisme et de la libre pensée pour manifester que rien n'existe après la mort.

Il y a aussi un problème qui se pose dans les églises qui vénèrent les reliques.
Vont elles vénérer des reliques qui ont été brûlées volontairement pour les supprimer ?
Un martyr brûlé lors d'un supplice ou un saint mort d'un accident n'est pas du tout la même chose.

La seule exception admissible serait de vénérer un saint incinéré contre sa volonté.


Les cendres d'un vivant brûlé contre sa volonté
Les cendres d'un mort brûlé selon sa volonté
C'est deux choses totalement différentes

Nous devons faire la différence entre un vivant brûlé (contre sa volonté) et un mort brûlé.

Les Saintes Ecritures sont remplies d'indices qui condamnent la crémation.
Simplement le mode de sépulture de Notre Seigneur lui-même est à prendre en considération.

22.Posté par vladimir le 15/04/2011 18:34
Bien cher edelweiss,

Comme je vous l'écrivais, tous ces arguments ont bien été pris en considération dans le débat, qui dure depuis les début du Christianisme. Mais il est quand même important de constater que ni la Loi de Moïse, qui interdit plein de choses, ni aucun prophète, ni le Nouveau Testament, qui en précisent beaucoup, ne mentionnent l'incinération comme un péché et aucun concile ne l'a décidé. Pourtant, comme vous l'écrivez, l'incinération était largement pratiquée dans le monde romain, où le Christianisme s'est développé: si le Christ, les Apôtres ou les Pères avaient voulu l'interdire, ils l'auraient fait, comme ils l'ont fait, par exemple, pour lever les interdictions alimentaires ou l'obligation de la circoncision...

Je ne vois donc aucune raison d'en faire plus maintenant et de stigmatiser ceux qui se décident pour l'incinération, même si "la meilleure et la plus ancienne coutume /est/ celle d'inhumer les corps."

Bonne fête de la résurrection de Lazare!
Voilà évidement un exemple contre l'incinération...

23.Posté par Tchetnik le 15/04/2011 22:31
Le patriarche Paul de Serbie avait également prononcé une homélie contre l'incinération et les monastères du Mont Athos rappellent aussi régulièrement la force d'une loi qui, pour ne pas avoir fait l'objet d'une décision conciliaire, n,en reste pas moins coutumière.

Quand elle procède d'une volonté de contrôler son corps ou de le considérer comme un simple rebut, cette pratique reste effectivement condamnable, en tous les cas contraire à notre Weltanschauung.

Or le choix de l'incinération est trop souvent fait par "convenance personnelle", et non par fidélité à l'église dont on se prétend membre.


24.Posté par vladimir le 16/04/2011 10:05
Il me semble important de distinguer l'essentiel de l'accessoire: cette "coutume", comme vous écrivez si bien, est si peu essentielle qu'elle n'a jamais fait l'objet d'aucune mention canonique. Et ces monuments funéraires que l'on érige dans les cimetières ne sont-ils pas trop souvent le signe d'un orgueil familial mal placé? Seul le pharaon avait droit à une pyramide, puis les princes en ont eu aussi... etc.
Une incinération peut aussi, pour moi, avoir du sens: en évitant au corps la pourriture et les vers qu'aiment tellement les représentations médiévales, nous le faisons directement et proprement passer à son état originel de poussière en attendant la résurrection. Et cela se fera alors comme dans la Genése (2.7 L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant) et non comme chez Ézéchiel...

25.Posté par Tchetnik le 16/04/2011 20:15
Pour les monuments funéraires grandiloquents, il y aurait effectivement beaucoup à redire, je suis bien d'accord.

En revanche, pour la coutume, il n,est pas nécessaire qu,elle ait fait l'objet d'une décision canonique pour avoir force de loi dans l'Église (ceci étant dit pour le sujet qui nous occupe, mais aussi pour bien d'autres enjeux au sein de l'Église en particulier et de la vie en général). L'Église connait aussi son "droit coutumier", ce d'autant plus que l'aspect "légaliste", s'il y existe, reste cependant moins marqué que dans l'Église catholique. Une pratique considérée comme régulière et universelle finit par être considérée comme la règle, en quelque sorte.

Dans les monastères, les moines sont inhumés dans leur rasson, cousu comme des langes, sans cercueil (ou alors un cercueil très basique) et leurs ossements sont exhumés tous les 7 ou 8 an pour être placés dans un ossuaire où ils achèvent de retourner en poussière.
Cette façon de faire permet à la fois de répondre à certaines nécessités physiques d'espace et à l'idéal de simplicité d'une inhumation qui marque une présentation devant Dieu.

A noter d'ailleurs que lorsque les pillards révolutionnaires saccagèrent Saint Denis en 1793, ils eurent la surprise de découvrir que, à quelques exceptions rares, les rois étaient inhumés dans de simples chemises blanches.

"Et Yannios devint tout blanc et s'endormit sous la neige pour ne pas se présenter nu et débraillé, lui, sa vie et ses actes, devant le Juge, l'Ancien des Jours, le Trois-Fois-Saint". (Alexandre Papadiamantis).




26.Posté par edelweiss le 17/04/2011 20:16
Je suis de votre avis un monument funéraire grandiose ne sert strictement à rien.
Un trou au fond de mon jardin me suffirait grandement

La cendre dans la symbolique biblique
1° Elle représente la mort
Les cadavres des ennemis étaient brûlés pour marquer leur destruction totale.

2° Elle symbolise le néant
Ézéchiel 28:18 Par la multitude de tes fautes, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore, je te réduis en cendres sur la terre, sous les yeux de tous ceux qui te regardent.

3° Elle est utilisée pour le repentir et la pénitence
Job 42:6 C’est pourquoi je renonce : je me repens sur la poussière et la cendre.
Daniel 9:3 Je me tournai vers le Seigneur Dieu, en quête de prières et de supplications, par le jeûne, le sac et la cendre.
Jonas 3:6 La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre.

4° Elle accompagne le jugement de Dieu
2 Pierre 2:6 Il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et Gomorrhe, les donnant aux impies comme exemple de ce qui les attend,

1 Corinthiens 4.6 nous demande de ne pas aller au-delà de ce qui est écrit.

Certaines églises de nos jours pour humilier et rappeler la séparation d'avec Dieu à cause du péché répandent le mercredi de la quinquagésime de la cendre sur la tête. C'est un signe de pénitence, d'humiliation et d'abnégation et pas une incitation à la crémation.
Si le célébrant dit : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » ce n’est pas pour nous montrer le chemin de l'incinérateur mais bien celui de la pénitence et de la prise de conscience de ses péchés.
Il ne dit pas: « tu es cendre et tu retourneras à la cendre »

La cendre n'est pas de la poussière naturelle mais elle est le fruit d'une combustion.
En grec cendre et poussière n'est pas le même mot :
Cendre τέφρα poussière σκόνη

En hébreu cendre et poussière n'est pas le même mot :
Cendre אפר poussière אבק

Job 30:19 Il m’a jeté dans la boue, je ressemble à la poussière et à la cendre.
Cendre et poussière sont nommées d‘une manière distincte dans le verset.

Les cimetières restent les seuls lieux où la mort n'est pas dissimulée dans notre société.
Une croix, un crucifix, un verset biblique angoissent, inquiètent au sujet de son propre devenir.
Les cendres rassurent car elles donnent l'image d'un anéantissement total, d'une destruction définitive.
Une croix inspire le jugement de Dieu mais des cendres inspirent la fin et le néant.
C'est pour cette symbolique que les athées choisissent la crémation.

QUE DISENT LES TRES SAINTES ECRITURES ?
1° importance de l'ensevelissement dans la Bible
Genèse 23:4 pour que je puisse ensevelir le corps de ma femme hors de ma vue.
Genèse 23:6 Ensevelis le corps de ta femme dans le plus beau de nos tombeaux ; aucun de nous ne te refusera son tombeau pour ensevelir le corps de ta femme.
Genèse 50:5 « Mon père m’a fait prêter serment, en disant : “Je vais mourir. Tu m’enseveliras dans le tombeau que j’ai creusé en Canaan.” Maintenant, je te prie, laisse moi monter ensevelir mon père ; après quoi je reviendrai. »
Genèse 50:7 Joseph monta ensevelir son père. Avec lui montèrent tous les gens de la cour du pharaon, les anciens de sa maison, tous les anciens de l’Egypte,
1 Rois 11:15 Au temps où David était en Edom, Joab, le chef de l’armée, qui était monté ensevelir les morts,
1 Rois 13:29 Le prophète souleva le cadavre de l’homme de Dieu, le déposa sur l’âne et le ramena. Le vieux prophète rentra dans la ville pour se lamenter et l’ensevelir.
2 Rois 13:21 On était en train d’ensevelir un homme quand on vit une de ces troupes. On jeta l’homme dans le tombeau d’Elisée ; l’homme alla toucher les ossements d’Elisée, il reprit vie et se leva.
Jérémie 14:16 Quant aux gens du peuple pour qui ils parlent en prophètes, ils seront jetés dans les rues de Jérusalem par la famine et l’épée ; il n’y aura personne pour les ensevelir, ni eux, ni leurs femmes, ni leurs fils, ni leurs filles ; je ferai retomber sur eux le mal qu’ils font.
Jérémie 19:11 Ainsi parle le Seigneur (YHWH) des Armées : C’est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville, comme on brise une poterie qui ne peut plus être réparée. Et on ensevelira même au topheth, faute de place pour ensevelir.
Matthieu 8:21 Un autre, parmi ses disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.
Matthieu 27:7 Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour y ensevelir les étrangers.
Luc 9:59 Il dit à un autre : Suis-moi. Celui–ci répondit : Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.

2° Importance de la tombe dans l'Ancien Testament
2 Samuel 19:37 Laisse moi, je te prie, retourner mourir dans ma ville, près de la tombe de mon père et de ma mère
2 Rois 23:17 C’est la tombe de l’homme de Dieu qui est venu de Juda et qui a crié contre l’autel de Beth–El
Job 3:22 Qui se réjouiraient, transportés d’allégresse et d’exultation, s’ils trouvaient la tombe
Esaïe 14:19 Mais toi, tu as été jeté hors de ta tombe comme un rameau abominable, comme la dépouille des gens tués à coups d’épée et précipités sur les pierres du gouffre, comme un cadavre piétiné.

3° importance du corps dans le Nouveau Testament
1 Corinthiens 6:19 Ne le savez vous pas ? Votre corps est le sanctuaire de l’Esprit saint qui est en vous et que vous tenez de Dieu ; vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes,
1 Corinthiens 6:20 car vous avez été achetés à un prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps.
2 Corinthiens 4:10 nous portons toujours avec nous, dans notre corps, la mort de Jésus, pour que la vie de Jésus aussi se manifeste dans notre corps.
Philippiens 1:20 selon ce que j’attends avec impatience, ce que j’espère, je n’aurai honte de rien. Avec une entière assurance, maintenant comme toujours, le Christ sera magnifié dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort.
Jacques 2:26 Tout comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans œuvres est morte.

4° Témoignages au sujet de l'inhumation et de la résurrection de Jésus-Christ
Marc 6:29 A cette nouvelle, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le mirent dans un tombeau.
Marc 14:8 Elle a fait ce qu’elle a pu ; elle a d’avance embaumé mon corps pour l’ensevelissement.
Luc 24:3 elles entrèrent, mais elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Luc 24:23 n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles avaient eu une vision d’anges qui le disaient vivant.
Jean 2:21 Mais le sanctuaire dont il parlait, lui, c’était son corps.
Jean 19:40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir.

5° « jeter au feu » est considérée par la Bible comme un châtiment, une punition au péché et une interdiction
Genèse 19:24 Alors le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu
Lévitique 7:19 La viande qui a touché quelque chose d’impur, on ne la mangera pas, on la jettera au feu.
Deutéronome 7:25 Vous jetterez au feu les statues de leurs dieux.
Deutéronome 12:31 Tu n’agiras pas ainsi à l’égard du Seigneur, ton Dieu ; car elles faisaient pour leurs dieux toutes sortes d’abominations que le Seigneur déteste, allant jusqu’à jeter au feu leurs fils et leurs filles pour leurs dieux.
Deutéronome 18:10 Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie,
Josué 7:15 Celui qui sera désigné pour l’anathème sera jeté au feu, lui et tout ce qui lui appartient : il a passé outre à l’alliance du Seigneur, il a commis une folie en Israël !
2 Rois 23:10 Le roi rendit impur le topheth qui est dans la vallée du Fils de Hinnom, afin que personne ne fasse plus passer son fils ou sa fille par le feu au Molek.
1 Chroniques 14:12 Ils abandonnèrent là leurs dieux. David ordonna de les jeter au feu.
Psaumes 11:6 Il fait pleuvoir sur les méchants des braises, du feu et du soufre ; un vent brûlant, c’est la coupe qu’ils ont en partage.
Psaumes 21:9 (21:10) Tu les rendras comme une fournaise ardente, le jour où tu te montreras ; le Seigneur les engloutira dans sa colère, et le feu les dévorera
Psaumes 106:18 le feu a dévoré leur communauté, les flammes ont embrasé les méchants.
Jérémie 43:12 Je mettrai le feu aux maisons des dieux de l’Egypte ; il les brûlera, il les emmènera captifs, il s’enveloppera de l’Egypte comme le berger s’enveloppe de son vêtement, et il en sortira victorieux.
Ézéchiel 20:31 En présentant vos dons, en faisant passer vos enfants par le feu, vous vous rendez impurs avec toutes vos idoles, jusqu’à aujourd’hui.
Ézéchiel 21:32 (21:37) Tu seras dévoré par le feu ; ton sang restera au milieu du pays ; on ne se souviendra plus de toi –– c’est moi, le Seigneur (YHWH), qui ai parlé.
Ézéchiel 22:31 Je répands sur eux ma fureur, je les extermine par le feu de ma colère, je fais retomber leur voie sur leur tête –– déclaration du Seigneur Dieu.
Matthieu 5:22 Mais moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement. Celui qui traitera son frère de rakasera passible du sanhédrin. Celui qui le traitera de fou sera passible de la géhenne de feu.
Matthieu 18:8 Si ta main ou ton pied doivent causer ta chute, coupe les et jette les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou infirme que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel
Matthieu 25:41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez vous en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges. »
Marc 9:22 souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr.
Marc 9:43 Si ta main doit causer ta chute, coupe la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie que d’avoir tes deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas.
Luc 3:9 Maintenant déjà la hache est prête à attaquer les arbres à la racine : tout arbre donc qui ne produit pas de beau fruit est coupé et jeté au feu.
Jean 15:6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent.
Hébreux 10:27 mais une attente terrifiante du jugement, l’ardeur du feu qui va dévorer les rebelles.
Apocalypse 20:15 Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de la vie fut jeté dans l’étang de feu.
Apocalypse 21:8 Mais pour les lâches, les infidèles, les êtres abominables, les meurtriers, les prostitués, les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort.

6° L'homme tombe en pourriture et pas en cendre
Job 13:28 Et l’homme tombe en pourriture, comme un vêtement dévoré par les mites.
Actes 2:31 il a vu d’avance la résurrection du Christ et il en a parlé, en disant qu’il n’a pas été abandonné au séjour des morts et que sa chair n’a pas vu la décomposition.
Actes 13:34 Qu’il l’ait relevé d’entre les morts de telle sorte qu’il ne retourne pas à la décomposition,
Actes 13:37 Mais celui que Dieu a réveillé n’a pas vu la décomposition.
2 Pierre 2:12 Mais eux, semblables à des animaux dépourvus de raison et destinés par nature à être capturés et à tomber en pourriture.



CONCLUSION
La Bible ne parle pas de la crémation.
Le motif est que l'incinération était réservée au peuple païen et que les Saintes Écritures s'adressent aux croyants.
Mais elle parle des centaines de fois de tombes et d'enterrements.

Jésus-Christ condamné comme un des pires criminels n'a pas été brûlé bien que ce soit la coutume pour un condamné sous l'occupation romaine.
Pourquoi ?
Cette exception permise par Dieu à elle seule devrait nous éclairer sur le bien fondé de défendre l'inhumation.
Dans l'Ancien Testament et le Nouveau Testament les païens et les croyants n'avaient pas les mêmes pratiques comme c'est devenu le cas dans notre société.

La résurrection est pour tous que nous soyons incinérés ou inhumés mais ce n'est pas une raison pour adopter des pratiques étrangères au christianisme.


27.Posté par Fabre Daniel le 23/04/2011 08:01
lu sur blog saint Materne : notre Seigneur Jésus Christ cache la vie en nous par Sa propre chair et y met comme une semence d’immortalité qui écarte toute la corruption que nous portons en nous. Ce n’est donc pas seulement par Sa parole qu’Il réalise la résurrection des morts. Pour montrer que Son corps donne la vie, comme nous l’avons dit, Il touche les cadavres et par Son corps Il donne la vie à ces corps déjà en voie de putréfaction. Si le seul contact de Sa chair sacrée rend la vie à ces morts, quel profit ne trouverons-nous pas en Son Eucharistie vivifiante quand nous la recevrons ! Il ne suffirait pas que notre âme seulement soit régénérée par l’Esprit pour une vie nouvelle. Notre corps épais et terrestre aussi devait être sanctifié par sa participation à un corps aussi consistant et de même origine que le nôtre et devait être appelé ainsi à l’incorruptibilité.
Saint Cyril d'Alexandrie
Commentaire sur l’évangile de Jean, 4 (PG 73, 560)

L'Ancien Testament connaît aussi le miracle de la résurrection d'un mort au contact de reliques d'un saint, en l'occurence celles du prophète Élisée:
"Élisée mourut et on l’enterra. Des bandes de Moabites faisaient incursion dans le pays chaque année. Il arriva que des gens qui portaient un homme en terre virent la bande; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée: il reprit vie et se dressa sur ses pieds."
2ème Livre des Rois, ch. 13, vv 20-21"

28.Posté par vladimir le 26/04/2011 17:36
L'étude proposée par edelweiss est la justification la plus complète que je connaisse de "la meilleure et la plus ancienne coutume".

Mais je ne vois pas pourquoi nous devrions en faire une loi ou un dogme, alors que de Moïse aux Pères personne n'a pas été jugé utile de le faire. L'argument "c'était réservé aux païens" ne me convainc pas, puisque Saint Paul, "l'apôtre des Gentils", s'adressait justement à eux: il a bien levé l'obligation de la circoncision ou les interdits alimentaires... Je pense donc que si la crémation n'a pas été interdite alors, comme le précise Octavius, nous n'avons pas à le faire maintenant!

29.Posté par Fabre Daniel le 27/04/2011 05:46
tout à fait d'accord avec Vladimir, si on le fait, que ce soit avec de vrais arguments théologiques sinon si c'est par habitude ou coutume ou parceque ailleurs l'on ne pouvait faire autrement...alors non, ce n'est pas suffisant comme " obligation ".

30.Posté par vladimir le 27/04/2011 10:03
Pour compléter, je viens de penser que, si la crémation n'existe pas dans la Bible, c'est simplement... par manque de bois en Palestine et en Égypte!

31.Posté par edelweiss le 29/04/2011 15:40
Mon étude proposée sur ce forum n'est qu'un extrait d'une longue étude que j'ai réalisée pour défendre la tradition chrétienne dans ce domaine.

Je suis de votre avis. La tradition ne suffit pas pour interdire la crémation. Il faut avant tout une argumentation théologique.

Mais la meilleure argumentation théologique n'est elle pas l'imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ ?

32.Posté par Vladimir.G le 11/11/2013 23:51
Je trouve que c'est une bonne idée de rappeler ce document et le débat qui a suivi pour illustrer le questionnaire en ligne actuellement. Ce document reste d'actualité pour le fond mais peut être actualisé sur deux points:

1. LA POSITION DE L’ÉGLISE RUSSE: La Commission Interconciliaire (1) de l'Eglise Russe a préparé et a mis en débat générale en septembre 2013 le projet de document "Sur l'enterrement chrétien des défunts" (2), qui définit en particulier la position de l'Église sur la pratique de la crémation. Comme il est dit dans ce projet, les traditions funéraires des chrétiens sont définies "sur la base de la Révélation Divine et l'Eglise proclame la foi en la résurrection corporelle des morts" et "considère le corps du Chrétien comme le temple de Dieu" a commenté l'archimandrite Savva (Toutounov), adjoint au chef du service administratif du patriarcat, en présentant le document

"En se fondant sur la Tradition de l'Eglise, le Concile épiscopal ne peut pas accepter que la crémation soit reconnue comme un acte normal envers les corps des Chrétiens défunts et correspondant à la foi de l'Église; il appelle les pasteurs à l'expliquer comme il convient aux croyants" dit le projet publié.

Toutefois, le document mentionne aussi que "l'Église croit que Dieu peut ressusciter tout corps à partir de n'importe quel forme". Et nombre de martyrs sanctifiés par l'Église, "n'ont pas reçu d'enterrement chrétien … ce qui ne les prive pas du Salut éternel et de la Gloire du Règne Céleste".

"Gardant cela en mémoire, l'Église orthodoxe Russe ne prive pas de l'office des défunts les chrétiens qui, pour des raisons diverses, n'ont pu être enterrés conformément à la tradition ecclésiale. Ceci vaut en particulier pour les pays où la crémation fait partie des traditions prédominantes de la culture locale, comme par exemple au Japon, où l'organisation de tombes enterrées est extrêmement difficile pour la plupart des citoyens" — dit le document.

On peut remarquer que ce document ne comporte pas de condamnation formelle de la crémation et ne prive pas les Chrétiens qui ont choisi cette forme d'obsèques des offices traditionnels, en quoi il diffère de la déclaration du Concile des Évêques de l'Eglise Russe Hors Frontières de 1932.

2. LA STATISTIQUE FRANÇAISE indique que la crémation a été choisie pour 33% des obsèques en France en 2012, ce qui montre que la croissance de ce type de choix continue. (Curieusement (ou non?), c'est la même proportion qui ressort actuellement du sondage de PO...)

Références
(1) http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/La-raison-en-Eglise-une-Presence-a-propos-de-la-Commission-interconciliaire_a1411.html
(2) http://mpr.livejournal.com/20574.html

33.Posté par Nikolas le 19/11/2013 18:54
De nombreuses Eglises orthodoxes ont pris position sur cette question récemment, en plus de l'Eglise de Russie et de l'ERHF que vous évoquez :

- Eglise de Roumanie
* http://www.orthodoxie.com/actualites/leglise-roumaine-respecte-la-liberte-individuelle-mais-reste-fidele-a-ses-propres-usages/#more-41436
* déclaration du saint-Synode :
http://www.orthodoxie.com/actualites/le-saint-synode-de-leglise-orthodoxe-roumaine-condamne-fermement-la-cremation/#more-21220
* édition d'un livret sur le sujet (tiré d'un livre de JC Larchet) diffusé dans toutes les paroisses
http://www.orthodoxie.com/actualites/pourquoi-leglise-orthodoxe-naccepte-pas-lincineration-un-petit-livre-de-jean-claude-larchet-diffuse-dans-toutes-les-paroisses-de-leglise-roumaine/#more-44346

- De l'Eglise de Chypre
* déclaration du saint-Synode
http://www.orthodoxie.com/actualites/declaration-du-saint-synode-de-leglise-orthodoxe-de-chypre-au-sujet-du-projet-de-loi-du-gouvernement-chypriote-concernant-la-cremation-des-defunts/

- De l'Eglise de Grèce
* Déclaration de son primat
http://byztex.blogspot.fr/2013/05/cremation-in-greece.html

- De l'Assemblée des évêques orthodoxe du Canada
http://www.orthodox-canada.com/the-annual-meeting-of-the-canadian-conference-of-orthodox-bishops/

34.Posté par Tchetnik le 19/11/2013 22:07

Si certains martyrs n'ont pas reçu une inhumation Chrétienne, ils le doivent à des circonstances indépendantes de leur volonté et non à un choix clair et conscient qui aurait été opposé à la compréhension Chrétienne du devenir de l'être humain après la mort.

C'est la différence qui fait que ces martyrs ne sont effectivement pas privés de Salut éternel.
Les reliques de Saint Sava ont été brûlées par les oppresseurs Turcs, ce qui n'a rien à voir avec une personne qui, de son vivant, fait clairement ce choix en sachant qu'il est opposé à la Tradition de l'Église.

35.Posté par Vladimir. G: le saint Synode de l''''Église russe a approuvé le 5 mai 2015 le document final concernant "l''''enterrement chrétien de défunts" le 27/09/2015 14:21
Après plus d'un an de débats nourris dans les diocèses et sur Internet, le saint Synode de l'Église russe a approuvé le 5 mai 2015 le document final concernant "l'enterrement chrétien de défunts". Le paragraphe sur la crémation est rédigé ainsi:

"Dans le cas où l'enterrement n'est pas prévu par la loi locale, s'il faut transporter le défunt sur une longue distance, ou si l'enterrement est impossible pour toute autre raison objective, l'Eglise peut traiter la crémation du corps du défunt avec l'indulgence, sans l'approuver en la considérant comme indésirable. Après la crémation les cendres doivent être rendues à la terre. Les pasteurs doivent aussi rappeler la position de l'Église sur la crémation à la famille du défunt et aux personnes responsables de l'organisation de l'enterrement." (http://www.orthedu.ru/news/12724-o-hristianskom-pogrebenii-usopshih.html )

Puis le document mentionne la foi de l'Église que Dieu peut ressusciter les corps même s'ils ont été détruits ou n'ont pas reçu de sépulture chrétienne, tout en insistant sur la différence entre destruction volontaire (par crémation) et les différentes formes de destruction involontaire.

Ce document ne prévoit aucune forme de "punition" pour les crémations, en dehors du rappel à la règle de l'Église, contrairement à la décision de l'Eglise Hors Frontière qui refuse tout rite funéraire (отпевание) avant une crémation et interdit même les prières pour le défunt incinéré (панихида) avant le 40ème jour conformément à la déclaration de son concile en 1932 (cf. article).

36.Posté par Vladimir.G: Actualité: Différentes réactions orthodoxes à la crémation en Russie le 27/04/2016 12:05
Actualité: Différentes réactions orthodoxes à l'incinération en Russie

- Novossibirsk: l'évêque interdit toute participation de prêtres de son diocèses à des cérémonies dans le crématorium et suspend toute relation avec sa direction en raison de mises en scène blasphématoires sur des thèmes démoniaques qui ont lieu dans le musée de la culture funéraire attenant au crématorium (http://www.pravmir.ru/novosibirskaya-mitropoliya-obvinila-gorodskoy-krematoriy-v-koshhunstve/).

- Le diocèse de Pyatigorsk-Tcherkesk (kraï de Stavropol, dans le sud de la Russie d'Europe, au pieds du Caucase) s'oppose à la construction d'un crématorium à Pyatigorsk. Le projet était proposé pour palier le manque place pour les enterrements en ville mais n'a pas été soutenu par les autorités locales (http://www.pravmir.ru/eparhiya-vyistupila-protiv-stroitelstva-krematoriya-v-pyatigorske/).

- A Barnaoul (Sibérie orientale), une chapelle orthodoxe sera érigée avec un prêtre à demeure qui célébrera les rites orthodoxes des obsèques et commémorations. "Oui, l'orthodoxie n'approuve pas la crémation; notre devoir est de prendre soin de l'âme du défunt et toutes les prières des obsèques ne visen que son ascension. L'incinération est un choix purement personnel du défunt ou de sas proches et nous ne pouvons pas nous y opposer. La construction de la chapelle est dans tous les cas une bonne chose," a déclaré le père Vladislav Laperdin au nom du diocèse de Barnaoul.

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