Le Pape en Terre Sainte et l’Église orthodoxe russe:  rencontre prévue et  arrêt imprévu
La rencontre prévue le 25 mai entre le pape François et le patriarche œcuménique Bartholomée suscite l’enthousiasme chez les différentes communautés chrétiennes, l’Église orthodoxe russe ne compte pas rejoindre le mouvement.

Se proclamant apolitique, François froisse de nombreuses susceptibilités

Le premier avec le roi de Jordanie: le Pape a décliné son invitation à dîner, samedi soir. Le second avec les chrétiens de Galilée, à Nazareth en particulier: ils ne digèrent pas le fait que François ait exclu de visiter la ville où Jésus passa l'essentiel de sa vie. Le troisième avec Israël, à qui le Pape accorde le même temps, un peu plus de 24 heures, qu'aux Palestiniens. Le quatrième , avec les orthodoxes russes: ils n'apprécient pas - et boycottent - la rencontre du Pape avec le patriarche orthodoxe de Constantinople, dimanche soir près du calvaire et du tombeau du Christ.

Avec l'Église orthodoxe, rien ne se fera de sérieux dans un rapprochement avec les catholiques sans que l'Église russe, donc le Patriarcat de Moscou, n'y soit associée. Le mécontentement actuel des orthodoxes russes, s'il prend le prétexte de ce voyage, est nourri par l'Ukraine. Ces orthodoxes accusent Rome de soutenir l'Église gréco-catholique, dite uniate, qui milite pour la totale indépendance face à la Russie. La distance Moscou-Rome se creuse donc....Suite Le Figaro

Arrivé en Terre Sainte le 24 mai, le pape François rencontre dimanche le patriarche œcuménique de Jérusalem. Le P. Patrice Mahieu, moine de l’abbaye de Solesmes, est un spécialiste du dialogue œcuménique avec l’orthodoxie. Il est l’auteur de Paul VI et les orthodoxes (1). Entretien "On peut rêver que le pape François invite tous les patriarches"...Suite

Lors de son voyage en Terre Sainte, le pape François a fait dimanche le 25 mai un arrêt imprévu à Bethléem.
Le souverain pontife s'est attardé au pied de la barrière de séparation édifiée par Israël en Cisjordanie. Le pape est descendu de sa voiture découverte pour effectuer une halte de quelques minutes au pied de ce haut mur de béton, portant par endroits des graffiti, dont certains recouverts de peinture il y a quelques jours par une entreprise israélienne, à l’emplacement d’une tour de guet.

François a accompli ce geste impromptu sur le chemin de la place de la Mangeoire, où il doit célébrer une messe, peu après une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas qui l’avait pris à témoin du « mur hideux que construit Israël par la force brutale sur notre terre ».
Plus tard, François a célébré une messe face à une foule de Palestiniens, sur la place de la Mangeoire, non loin de l'église de la Nativité. Il a plaidé pour les droits des enfants. Il a évoqué "ces enfants trop nombreux qui continuent à vivre dans des situations inhumaines, aux marges de la société".... Source Reuters
Le Pape en Terre Sainte et l’Église orthodoxe russe:  rencontre prévue et  arrêt imprévu

Photo : Le pape François a concrètement touché du doigt dimanche à Bethléem la réalité du conflit israélo-palestinien en posant ses mains sur la barrière de séparation israélienne
..............................
Les persécutions contre les chrétiens sont sans précédent et vague de vandalisme en Israël avant la visite du Pape

Un couvent vandalisé en Israël: "Mort aux chrétiens" et "Le prix à payer"

Le 26 mai - Le pape François s'est recueilli lundi devant le Mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem, où il a glissé un message dans les interstices des pierres du lieu le plus saint du judaïsme.

Le pape argentin, qui s'est approché seul du Mur, y a posé une main durant plusieurs minutes de silence. Puis il a ouvert une enveloppe blanche, a déplié une feuille où se trouvait écrit un court message, qu'il a lu devant le mur, hors micros. Selon la radio publique israélienne, il y est écrit: "Je suis venu ici pour prier Dieu afin qu'il fasse régner la paix". Une courte séquence montre les trois hommes représentant les trois relations monothéistes et quelque 3 milliards de fidèles, se tenant ensemble affectueusement par les bras. BFM tv

Le pape François s’est fait l’avocat des chrétiens de Terre Sainte en demandant, devant le président israélien Shimon Peres, qu’ils puissent «accéder librement» aux Lieux Saints, le 26 mai 2014. Reçu au palais présidentiel à Jérusalem, le pape a renouvelé son appel à la paix dans la région en souhaitant «qu’on ne se lasse pas de poursuivre la paix avec détermination et cohérence». Peu avant, le président israélien lui avait indiqué qu’il acceptait l’idée lancée la veille par le pontife d’une prière pour la paix. Apic
Le Pape en Terre Sainte et l’Église orthodoxe russe:  rencontre prévue et  arrêt imprévu

Avant de s'envoler pour Rome au départ de Tel-Aviv, le Pape a célébré une messe à Jérusalem, au Cénacle

Une messe dans « un lieu très blessé »
Cette salle du Cénacle est au coeur d'enjeux diplomatiques complexes. Propriété de l'Etat israélien, car elle est située au-dessus de la tombe du roi David selon la tradition juive, elle est en même temps sous la juridiction du Waqf, le custodie des lieux saints islamiques de Jordanie, sous la protection du souverain jordanien, le roi Abdallah II. La célébration de la messe y est donc un évènement exceptionnel. Au fil des siècles, plusieurs églises et basiliques érigées sur les lieux du Cénacle avaient été détruites au fil des invasions persanes et musulmanes.

Dans son discours de remerciements au Pape, le frère franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode des lieux saints de Terre Sainte pour l'Eglise catholique latine, a d'ailleurs présenté le Cénacle comme l'un « l'un des lieux les plus blessés » de Jérusalem, tout en se réjouissant qu'ait pu s'y tenir cette eucharistie, « signe de fraternité et de communion ».

Texte complet de l'homélie du Pape au Cénacle : ICI


Rédigé par Parlons D'orthodoxie le 25 Mai 2014 à 15:50 | 40 commentaires | Permalien